st valentin

  • AMOUREUX OU AIMANTS?

    Comme chaque année, ce 14 février, dit "la St Valentin", est le jour des amoureux, terme auquel je préfère "aimants"...

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    Il y a une différence fondamentale entre "aimer" et "être amoureux". Si j'en parle aujourd'hui, ce n'est pas pour être rabat-joie, mais parce que j'assiste à trop d'échecs dans les couples! Être amoureux, c'est ressentir, c'est une émotion, subir un état qui ne dure pas. C'est inéluctable! Beaucoup de personnes font fausse route en l'ignorant, et nombreuses sont les unions qui éclatent pour cette confusion. On observe souvent que le sentiment de n'être plus amoureux, puisqu'on ne ressent plus le "grand frisson", s'accompagne d'envie de séparation, voire de rupture. Au risque, mais on s'en rend malheureusement compte trop tard, d'entrer dans un cercle infernal d'éternelle recherche des premiers émois avec un "autre produit", ailleurs, où avec le temps la relation s'étiolera à nouveau, et il faudra recommencer. Lorsque le lien avec autrui doit être jouissance, on entre dans une sorte d'addiction. Dommage pour les impatients, parce que ça les prive de la plus belle part! Pour qui sait attendre vient alors la place d'Aimer, qui révèle combien il est passionnant de s'émanciper ensemble. Même si ce n'est pas de tout repos...

    "Le couple, c'est la grande chance du travail" (Christiane Singer)

    Aimer, c'est vouloir, c'est décider. IL est ridicule de chercher l'impossible, croyant vivre la symbiose avec l'autre. Un amour appelé à durer n'est pas du domaine du sensible. Il intègre bien sûr encore le coeur, mais aussi la raison. C'est réfléchi, volontaire et progressif. L'Amour vrai a besoin de temps. Il doit mûrir. C'est un travail de jardinier responsable, qui ne redoute pas les peines et les difficultés qu'il va rencontrer parce qu'il ne pense qu'à la belle récolte qui suivra... Parmi les quelques personnes que l'on pourrait aimer, on s'engage avec une (eh oui, choisir, c'est obligatoirement renoncer) avec qui on entre dans la gratuité de la rencontre. On ne choisit plus son partenaire pour remplir son propre besoin d'aimer, mais pour ce qu'il est et que l'on veut son bonheur.

    "Tel que tu es, je t'aime. Sans illusion, sans projections". Ce n'est pas un sentiment, mais un acte posé consciemment. Il n'est ni rêvé, ni idéalisé, et il tire vers le haut (l'inverse de "tomber" amoureux). Il paraît que la lune de miel aveugle disparaît après 3 ans. En ouvrant alors les yeux, on s'aperçoit que les besoins des deux ne coïncident pas vraiment. Si on renonce à l'illusion du "grand amour" passionné, la relation vraie avec l'autre peut commencer dans la richesse des différences assumées et acceptées, parce que comprises comme des occasions de se laisser surprendre par le partenaire, qui reste intéressant et attirant. 

    Dimanche dernier, un ami chez qui nous étions nous a rapporté la réponse d'un papa à ses enfants qui l'interrogeaient au sujet de son couple: "C'est seulement quand j'ai cessé d'être amoureux que j'ai pu commencer à aimer". 

    "Apprends à me connaître, découvre qui je suis, comme moi je vais apprendre à te connaître", dit la Rose au Petit Prince.

    Bonne fête à tous les "Aimants"!Sourire

     

  • DÉSIRS, SOUPIRS, SOURIRES

     « Mieux vaut souffrir d’avoir aimé que de souffrir de n’avoir jamais aimé » dit un proverbe anglais... 

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    La fête de la St-Valentin inspire les romantiques. Pendant quelques moments seulement, on se plaît à rêver. Souvent à l'impossible! Parce que dans la réalité, en amour, tout n'est pas toujours tout rose, et les sentiments oscillent régulièrement entre illusions- désillusions, espérance- découragement. Dans la majorité des cas, le temps des désirs oblige à franchir le "pont des soupirs" pour retrouver le temps des sourires...

    "On commence vraiment à aimer quand on cesse d'être amoureux"Eric Emmanuel Schmitt

    Il y a quelques jours, j'ai visionné un film superbe. Il m'a fait penser aux vieux couples comme le nôtre (qui ont passé les obstacles de leurs différences, de leurs impatiences, de leurs exigences), et à notre plus jeune fils qui dirige un choeur quasi composé de "cheveux blancs". Je vous recommande vivement de le regarder (cliquer sur l'affiche ci-dessous). Préparez vos mouchoirs! 

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    Moins on cherche à s'aimer dans l'autre, plus on l'aime pour lui-même. C'est ça le bonheur.

    Aimer, c’est être vulnérable. Qui que vous aimiez, votre coeur sera certainement déchiré et probablement brisé. Si vous voulez être sûr de conserver votre coeur intact, ne le donnez à personne, pas même à un animal. Emballez-le soigneusement dans des hobbies et des petits luxes. Évitez-lui toute attache. Enfermez-le en sécurité dans le cercueil de votre égoïsme; on y est tellement en sécurité! Pas de lumière, pas de mouvements, pas d’air. Là, au moins, votre coeur ne court pas le risque d’être brisé! Il deviendra même incassable, irrécupérable. Le choix est entre la tragédie – ou au moins le risque de tragédie – et la damnation. Le seul endroit, en dehors du ciel, où l’on est à l’abri des dangers et des perturbations que suscite l’amour, c’est l’enfer. Aussi nous approcherons-nous de Dieu, non pas en essayant d’éviter les souffrances inhérentes à toute forme d’amour, mais en acceptant ses tourments, en les offrant en retour à Dieu, après avoir jeté bas toute armure protectrice. Puisque nos coeurs doivent être brisés et puisque c’est Dieu qui choisit comment ils le seront, que sa volonté se réalise en nous!

    C. S. Lewis, The Four Loves (Londres: Collins, 1977).