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  • MORT, OÙ EST TA VICTOIRE ?

     

    Pâques, une espérance pour tous (extrait de texte).

    Par Enzo Bianchi.

     

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    (...) Ô mort, où est ta victoire ? Ô mort, tu n'es plus

    le dernier mot pour les hommes, mais tu es devenue un passage, l'heure de

    l'exode de la vie terrestre à la vie éternelle, de ce monde au

    règne de Dieu... Voilà ce qui devrait être le chant du

    chrétien en ce jour de Pâques, la fête des fêtes.

    Parce que Christ est ressuscité, prémices de nous tous. Parce que

    la vie règne définitivement et qu'en toute créature a

    commencé un processus secret mais réel de rédemption, de

    transfiguration.

    La mort est une dominante qui pèse sur tous les hommes, une

    véritable puissance efficace : non seulement parce qu'elle inspire la

    peur et l'angoisse, contredisant la vie des hommes, mais aussi parce que,

    à cause d'elle, les hommes deviennent mauvais, et pèchent. Le

    péché est toujours égoïsme, qui contredit la

    communion avec les hommes et avec Dieu. Et c'est précisément la

    présence de la mort qui déchaîne ce besoin de « se

    » sauver, voire de vivre sans les autres ou contre les autres. La mort

    n'est pas seulement « le salaire du péché » (Rm 6,

    23) ; elle est aussi instigation au péché... Si les hommes sont

    poussés à pécher, c'est à cause de l'angoisse de la

    mort, de cette peur qui rend les hommes esclaves pour leur vie tout

    entière (cf. Hé 2, 14-15). En raison de l'angoisse et de la peur,

    le désir de vie des hommes devient haine, méconnaissance de

    l'autre, concurrence, rivalité, violence. L'angoisse peut tout

    défigurer, même l'amour. La mort apparaît ainsi active et

    présente, non seulement au moment où la vie physique du corps

    humain s'éteint, mais aussi auparavant : elle est une puissance qui

    réalise des incursions dans la sphère de l'existence et porte

    atteinte à la plénitude des relations et de la vie. Telle est la

    mort contre laquelle Jésus a lutté jusqu'à remporter la

    victoire (...).

     

    « On ne meurt pas chacun pour soi, 

    mais les uns pour les autres, 

    ou même les uns à la place des autres,

    qui sait ? »

     Georges Bernanos,

    Dialogue des carmélites

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  • ESPRIT SPORTIF

    Religieux, social, politique, éthique, économique. Tout semble magnifique dans l'univers du football (la vedette en ce moment du mondial!). Sauf un hic: l'argent! Le phénomène de ce sport est finalement complexe...

    Jusqu'à être devenu une sorte de « nouvel opium du peuple », de par sa capacité de mobilisation des masses. Pas difficile, car aujourd'hui il faut bien admettre que nuls loisirs, nuls événements sociaux, ne sont encore capables de mobiliser autant que celui que l'on nomme aussi « soccer », au point que certains le qualifient de véritable « religion ».

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    Nouvelle religion de substitution? Avec pour caractéristique que ses héros, des hommes ordinaires, sont principalement aspirés (et inspirés!) par une spirale de la réussite. Les supporters qui les suivent dans leurs déplacements y trouvent probablement une représentation rassurante de leur identité, de leur appartenance à un groupe, correspondant à un idéal égalitaire. Cette sorte de religiosité est sans conteste fédératrice en reliant les hommes et les femmes des quatre coins du monde entre eux, mais ne connaît pas de dieu, car la transcendance y est absente. Ce genre de démarche reste donc à l'horizontale, au niveau d'un terrain et ce qui gravite autour. Mais on n'est pas obligé de rester à ce stade...

    La semaine dernière, un article de catho.be (http://info.catho.be/2014/06/12/la-religion-du-ballon-rond/#.U6Fdk5R_sZA) rappelait qu'« en 1985, Joseph Ratzinger écrivait un livre dans lequel il expliquait que le football et le sport en général pouvait créer l’unité et même offrir une forme de liberté. « Aucun autre événement n’est capable d’opérer un mouvement d’une telle ampleur dans le monde ».

    Durant mon adolescence, j'ai pratiqué beaucoup de sport, et aujourd'hui encore, même si j'ai tout abandonné, j'ai conservé cet « esprit sportif » qui m'a maintes fois secourue pour surmonter des situations difficiles sur mon parcours existentiel. Ma scolarité s'est déroulée dans des établissements « libres » catholiques. J'y ai pratiqué le volley-ball et participé aux compétitions « inter-scolaires » (réseau libre), ce qui m'a permis d'aller à deux reprises en demi-finale (ce sont chaque fois les flamandes qui ont été finalistes, et nous étions les premières wallonnes).

    Je conserve un souvenir ému du moment du rassemblement au cours duquel les consignes étaient rappelées, surtout parce qu'on récitait la prière du sportif. Je ne connais plus toutes les paroles de cette prière, mais j'ai retenu qu'on offrait le match à Dieu, à qui on demandait l'aide pour rester courtoises et respectueuses, envers toutes, honnêtes, bonnes gagnantes ou bonnes perdantes (au féminin, car notre enseignement n'était pas mixte à cette époque). Pour moi, le fait de prier solennisait le moment que l'on vivait. Je me sentais liée par un contrat de confiance envers l'arbitre, mes partenaires et mes adversaires de jeu, mais aussi avec Dieu. Ce tremplin m'a servi pour fonctionner pareillement par la suite dans la vie. C'est pourquoi je peux affirmer que le sport m'a enseigné une manière d'être socialement, mais aussi une discipline spirituelle!

    Un chrétien ne peut avancer dans la vie sans certaines qualités, entre autres développées par le sport -la conscience et la maîtrise de soi, la connaissance et l'acceptation de ses propres limites, la persévérance dans l'effort, la volonté de réussir dans le respect du, ou des, partenaire(s)-. Dans la vie courante du chrétien, ces qualités permettent de se remettre sur pied quand on tombe, sachant que l'on est pardonné et que l'on ne peut rien faire sans l'aide de Dieu.

    Puisque je n'ai plus le texte de cette prière d'avant le match que nous récitions, je vous en propose une superbe de Michel Quoist, qui s'adresse à tous les partenaires sportifs...

    En ce monde, Seigneur, nous avons chacun notre place ;

    Entraîneur prévoyant, depuis toujours, Tu nous la destinais.

    Tu as besoin de nous ici, nos frères ont besoin de nous

    et nous avons besoin de tous.

     

    Ce n'est pas le poste que j'occupe, Seigneur, qui est important,

    mais la perfection et l'immensité de ma présence.

    Qu'importe que je sois avant ou arrière,

    si je suis au maximum celui que je dois être.

     

    Voici, Seigneur, ma journée devant moi...

    Ne me suis-je pas trop réfugié sur la touche,

    critiquant les efforts des autres, les deux mains dans mes poches ?

    Ai-je bien tenu ma place, et quant tu regardais notre terrain

    m'y as tu rencontré ?

    Ai-je bien reçu la "passe" de mon voisin et celle de l'autre

    tout au bout de la pelouse ? Ai-je bien servi mes équipiers

    sans jouer "trop personnel" pour me mettre en valeur ?

    Ai-je "construit" le jeu pour que la victoire soit obtenue

    et que tous y contribuent ?

    Ai-je lutté malgré les échecs, les coups et les blessures ?

    N'ai-je pas été troublé par les manifestations

    des équipiers et des spectateurs,

    découragé par leur incompréhension et leurs reproches,

    enorgueilli par leurs applaudissements ?

    Ai-je pensé à prier ma partie, n'oubliant pas qu'aux yeux de Dieu

    ce jeu des hommes est le plus religieux des offices ?

     

    Je rentre maintenant me reposer au vestiaire, Seigneur ;

    Demain, si Tu donnes le coup d'envoi,

    je jouerai une nouvelle mi-temps,

    Et ainsi chaque jour...

    Fais que cette partie célébrée avec tous mes frères

    soit l'imposante liturgie que Tu attends de nous,

    afin que Ton dernier coup de sifflet interrompant nos vies,

    nous soyons sélectionnés pour la Coupe du Ciel.

     

    M. Quoist

    Avant de conclure, je voudrais préciser que tout en n'étant pas une fan du foot, je serai derrière le petit écran dimanche, et diablement contente si notre équipe belge gagne encore. 

    Allez les Rouges!

    Solidaire et chauvine sont deux traits de mon tempérament:-)

     

     

  • LE BUT DE LA VIE EST "EN HAUT"

     L'Ascension c'est quoi ? 

    - Un long week-end, un pont, un jour férié. C'est vrai, pour certains seulement. Mais encore?

    - C'est une escalade vers un sommet. Lequel?

    - Une ascension nécessite des efforts, et devrait procurer un grand bonheur à ceux qui atteignent leur but. Pourtant, que de "parvenus" sont encore déçus par la vie! Parce qu'ils se sont trompés de direction...

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    L'Ascension est une fête religieuse, toujours un jeudi, les chrétiens fêtent le retour de Jésus "aux cieux" auprès de son Père. Avant de quitter ce monde, pendant  les 40 jours qui ont succédé à Pâques, le Christ ressuscité est apparu à ses amis. Il n'est plus physiquement au milieu de nous, mais on peut continuer à vivre avec lui parce qu'il est avec nous, toujours et partout, dans une relation comme celle qu'il entretenait avec son Père ici-bas. 

    Extraits d’un Sermon de Saint Augustin, Évêque d’Hippone, pour l’Ascension (source->ICI)

    En transportant la nature humaine dans les cieux, il a montré que le ciel peut s’ouvrir aux croyants. Aujourd'hui notre Seigneur Jésus Christ monte au ciel ; que notre cœur y monte avec lui.

    Écoutons ce que nous dit l'Apôtre : "Vous êtes ressuscités, avec le ChristRecherchez donc les réalités d'en haut : c'est là qu'est le Christ, assis à la droite de Dieu. Le but de votre vie est en haut, et non pas sur la terre". De même que lui est monté, mais sans s'éloigner de nous, de même sommes-nous déjà là-haut avec lui, et pourtant ce qu'il nous a promis ne s'est pas encore réalisé dans notre corps.
     
    Ascension du Seigneur dans une 
    mandorle d'Anges.
    Il a déjà été élevé au-dessus des cieux ; cependant il souffre sur la terre toutes les peines que nous ressentons, nous ses membres. Il a rendu témoignage à cette vérité lorsqu'il a crié du haut du ciel : "Saul, Saul, pourquoi me persécuter ?" Et il avait dit aussi : "J'avais faim, et vous avez donné à manger".

    Pourquoi ne travaillons-nous pas, nous aussi, sur la terre, de telle sorte que par la foi, l'espérance, la charité, grâce auxquelles nous nous relions à lui, nous reposerions déjà maintenant avec lui, dans le ciel ? Lui, alors qu'il est là-bas, est aussi avec nous ; et nous, alors que nous sommes ici, sommes aussi avec lui. Lui fait cela par sa divinité, sa puissance, son amour ; et nous, si nous ne pouvons pas le faire comme lui par la divinité, nous le pouvons cependant par l'amour, mais en lui.
     
    Lui ne s'est pas éloigné du ciel lorsqu'il en est descendu pour venir vers nous ; et il ne s'est pas éloigné de nous lorsqu'il est monté pour revenir au ciel. Il était là-haut, tout en étant ici-bas ; lui-même en témoigne : "Nul n'est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme, qui est au ciel". ~
     
    Il a parlé ainsi en raison de l'unité qui existe entre lui et nous : il est notre tête, et nous sommes son corps. Cela ne s'applique à personne sinon à lui, parce que nous sommes lui, en tant qu'il est Fils de l'homme à cause de nous, et que nous sommes fils de Dieu à cause de lui.
     
    C'est bien pourquoi saint Paul affirme : "Notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, bien qu'étant plusieurs, ne forment qu'un seul corps. De même en est-il pour le Christ". Il ne dit pas : le Christ est ainsi en lui-même, mais il dit : "De même en est-il pour le Christ" à l'égard de son corps. Le Christ, c'est donc beaucoup de membres en un seul corps.
     
    Il est descendu du ciel par miséricorde, et lui seul y est monté, mais par la grâce nous aussi sommes montés en sa personne. De ce fait, le Christ seul est descendu, et le Christ seul est monté ; non que la dignité de la tête se répande indifféremment dans le corps, mais l'unité du corps ne lui permet pas de se séparer de la tête.
     

     

  • ABSENCE N'EST PAS INEXISTENCE

    Dans notre monde désorienté, où Dieu ne répond plus aux aspirations de beaucoup de gens, son absence tel qu'ils le conçoivent signifie inexistence...

    Pas pour le croyant, pour qui Dieu est omniprésent, même s’il échappe à la perception et à l’entendement des humains. Pâques est venu récemment encourager à résister aux "lapidations"(ou épreuves) et au découragement. De la mort de Jésus surgit l'insaisissable et le sentiment du mystère de la Résurrection. Celui qui se laisse porter dans cette espérance ne craint pas l'invisible. En scrutant plus attentivement le monde, il se rapproche des choses et ose voir la vie sans la redouter. Il comprend que 'invisible, l'absence, est ce qui donne du prix au sensible.

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    "Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance, il est venu l'habiter de sa présence" (Paul Claudel)

    La présence de Dieu au monde peut se révéler grâce au détachement de soi et à une disponibilité intérieure. Plus intense que la simple rêverie, la contemplation est approche désirante, ouverture à partir de laquelle l'invisible prend un sens sacré parce qu'il est Présence réelle...

  • LUMIÈRE

    On dit souvent que certaines personnes rayonnent. Elles brillent de sérénité, d’une force intérieure et spirituelle, d’une merveilleuse joie de vivre... 

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    Les chrétiens vivent aujourd'hui dans l'allégresse de la lumière de Pâques. ALLÉLUIA! L'étoile reçoit sa lumière de l'astre solaire pour la refléter, et le soleil du chrétien, c’est le Christ ressuscité, le Vivant, qui roule toutes les pierres qui nous empêchent de vivre. Il nous invite à regarder plus loin que nos deuils, nos peurs. En vidant nos tombeaux, il ouvre nos coeurs! Son unique désir est de dynamiser nos vies par la force de son amour, de nous extirper de nos morts pour nous faire entrer dans une vie nouvelle, avec lui et avec les autres.

    La vie du Christ nous est donnée, débordante, dans le partage du pain et de la Parole, prête à rejaillir dans le monde, dans la rencontre authentique avec l'autre, à travers un sourire, un pardon, une bénédiction, donnés en son nom. 

     "Dans un monde qui souvent le méconnaît et, de fait, le refuse, vous êtes invités à vous approcher du Christ et à adhérer à lui toujours plus profondément. C’est un appel continuel à suivre le Christ et à lui être conformé. Ceci est d’une importance vitale dans notre monde si désorienté, « parce que, lorsque sa flamme [de la lumière de la foi, ndlr] s’éteint, toutes les autres lumières finissent par perdre leur vigueur » (Lumen fidei, 4)".(Extrait du message adressé le 22 août dernier par le Pape François au prieur général de l’Ordre des Frères de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel, à l’occasion de leur Chapitre général.)

    "Vous êtes la lumière du monde". Jésus exprime clairement que les hommes ne voient notre lumière qu'à travers notre conduite, nos actions, et nos paroles...

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  • LA PREMIÈRE EN CHEMIN

    Marie nous accompagne sur notre chemin de foi durant tout le mois de mai...

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    Elle est le modèle dans notre relation à Jésus et de notre confiance en Dieu. Elle est la première en chemin et son amour nous entraîne.

    Marie va jusqu’au bout de la route. Elle reste disciple de Jésus avec les apôtres déboussolés après l’Ascension. Elle obéit à Jésus qui invite à prier pour attendre l’Esprit promis. Elle encourage les apôtres à accueillir la venue de l’Esprit-Saint. Elle nous rejoint dans notre monde désorienté, et nous aide à accueillir le don de l’Esprit. 

    Le lien entre le Saint-Esprit et la Vierge Marie devrait être approfondi par chaque chrétien, tout spécialement en ce jour de Pentecôte, en vue de demander à Dieu de reproduire le miracle d’une « incarnation mystique ». Cela suppose chaque fois une intervention personnelle de Dieu lui-même, par Son Esprit-Saint, le donateur de vie par excellence...


     

     

  • CHERCHER, QUI? OÙ?

    Avec le retour du printemps, nous venons de fêter Pâques et tous ses rituels, chargés d'une riche symbolique: l’eau, le feu, la lumière, la vie. Comment expliquer le sens chrétien de ce jour aux plus petits ? ...

    Après avoir participé à la veillée pascale, des morceaux de bonheur flottaient dans l’air chez nous le jour de Pâques sur le temps de midi (il a fallu attendre l'arrivée de nos Liégeois). Cette année, l'événement revêtait d'autant plus d'importance pour nous que notre petit-fils B., 21 mois, allait connaître sa première chasse aux oeufs. Par chance, nous avons pu l'organiser dehors, en dépit du climat hivernal qui perdure. Un moment de joie où nous avons vu B. se lancer ardemment à la recherche des oeufs semés dans le jardin. Un dimanche de merveilleux partage !

    L'oeuf, considéré à la base de la vie et représentant la perfection, étant associé à la fête de Pâques, le rapprochement est évident entre la promesse de vie qu'il représente et la Résurrection du Christ qui est fêtée. «Pâques» signifie éthymologiquent «passage», mais aussi spirituellement : c’est le passage de la mort à la vie. Le fait d'associer les deux permet d'expliquer plus facilement aux enfants le sens de la vie, de la mort, et donne du sens aux rituels traditionnels. D'ailleurs, j'aime imaginer que Dieu, qui est Amour, nous a observés en souriant avec tendresse et amusement pendant que nous cherchions les oeufs et les petits cadeaux déposés par les cloches.

    B. A reçu deux sets de table avec Winnie et une brouette en plastique contenant des accessoires pour jardiner. Trois fois rien, question dépenses, mais juste ce qu'il fallait pour combler notre petit bonhomme ! Il a de suite été très habile pour se déplacer avec son véhicule à bras ! L'avenir nous apprendra s'il a la main verte. Ce disant, je pense bien sûr aussi à son jardin intérieur qu'il faut lui faire découvrir et lui apprendre à entretenir. Dans cet ordre d'idée, j'ai bien aimé l'homélie en commentaire d'EAQ de lundi, dont voici un extrait :

     « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Tu as celui que tu cherches, et tu l'ignores ? Tu as la vraie joie éternelle, et tu pleures ? Tu l'as en toi, celui que tu cherches dehors. Vraiment tu te tiens « dehors tout en larmes près d'une tombe ». Ma tombe, c'est ton cœur ; je n'y suis pas mort, mais j'y repose, vivant pour l'éternité. Ton âme est mon jardin. Tu avais raison de penser que je suis jardinier. Nouvel Adam, je cultive mon Paradis et je le garde. Tes larmes, ton amour et ton désir sont mon ouvrage. Tu me possèdes en toi sans le savoir : voilà pourquoi tu me cherches au dehors. Je vais donc t'apparaître là aussi pour te faire rentrer en toi-même afin que tu trouves à l'intérieur celui que tu cherches dehors ».( Extrait d'une Homélie monastique anonyme du 13e siècle - Méditation sur la Passion et la Résurrection du Christ, 38 ; PL 184, 766 -trad. Orval-) 

    Pourquoi nous agitons-nous si souvent en tous sens ? Sans doute parce que le désir de bonheur nous rend vulnérables. C'est la méditation sur les promesses de vie de l'Écriture qui nous apporte le plus de joie. Mais c'est en désirant plus profondément le Sauveur que son absence est aussi la plus douloureuse. Or, c'est seulement en traversant la ténèbre et le vide que l'on peut devenir témoin d’une vie qui nous dépasse.

    Le sens de la Résurrection est que ce qui était mort en nous, ou à moitié mort, revient à la vie. « Notre Résurrection » se passe au sein de notre humanité. Elle est faite des résurrections que nous expérimentons dans le quotidien de nos existences, et est différente de celle vécue par Jésus, qui est passé dans un autre monde. Nos limites ne disparaîtront pas, puisqu'elles font partie de la condition humaine. Il nous appartient de laisser Dieu accomplir en nous et avec nous le travail de résurrection, qui se manifeste de diverses façons : un pardon qui libère notre cœur, l'acceptation de l'autre dans sa différence, un nouvel élan vital, la délivrance d'un lien qui brouillait une relation, une joie très profonde...

    Nous ne guérirons jamais d'avoir des limites. Mais nous apprenons à les connaître, à les accepter, à les gérer, à nous situer par rapport à elles. Lorsque nous demandons l'aide de l'Esprit-Saint, il nous aide à découvrir notre mesure spécifique et à la déployer. C'est ce message d'espérance qu'il est capital de transmettre aux plus jeunes!

     

     

     

     

  • JARDIN FLORISSANT

    Voici une dizaine de jours, je rentrais chez moi, après avoir participé à un congrès chez les Focolari, dont le thème central était "l'Amour du frère"...

    Le matin de ce même jour, loin des bruits du monde extérieur, les cardinaux de l’Église catholique avaient commencé leur conclave dans la prière et la méditation pour élire le nouveau successeur de l’apôtre Pierre.

    Moments intenses, programme riche, en cette période de carême qui est un temps de préparation pour la fête de Pâques. 

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    Pendant ce temps, dehors, alors que le printemps avait montré timidement le bout de son nez la semaine précédente, l'hiver lui brûlait la politesse en déversant des paquets de neige et en nous replongeant dans des températures atteignant jusqu'à -12°. Brrrr! Vivement que ça cesse! 

    Ainsi va la vie! Nous ne sommes pas les gardiens d'un musée contenant des objets inertes, où tout se déroule comme prévu, mais dans un jardin florissant où ça naît, ça vit, ça grandit, ça meurt, ça ressuscite. Patience, constance, espérance, sont les piliers auxquels s'appuyer pour dépasser la crainte de l'inconnu. Pourtant, notre espoir n’en reste pas moins limité de par notre dimension humaine. L'humilité, la fraternité, le souci des pauvres, sont des remèdes infaillibles pour se décentrer de soi et aller de l'avant. 

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    Chaque fois que je me rends à Rotselaar, je suis touchée par tous les petits détails qui sont signes d'amour de l'autre, notamment par la présence de fleurs un peu partout sur les lieux de passage. Dans l'auditoire où nous nous tenions pendant le Congrès, un vase contenant des branches de forsythia bourgeonnant était posé sur l'estrade. Et voici ma conclusion, à l'issue de ces quatre journées (qui coïncidait avec le départ du Conclave):

    Dans le vase posé sur l'estrade de l'auditoire, les branches de forsythia sont entièrement fleuries. Dehors, il neige. Je termine  pourtant ce congrès avec mon jardin intérieur abondamment enrichi d'une variété de fleurs glanées à travers les rencontres faites pendant ces quelques jours. L'hiver a repris les commandes à l'extérieur, mais en moi c'est l'Amour qui a gagné. Je rentre chez moi avec cette certitude que, même lorsque les événements du monde me refroidissent, un feu intérieur d'Amour brûle en moi. Je dois veiller à le garder bien allumé, afin d'inviter tous ceux que je croise à venir s'y réchauffer...

    1361922819597_ORIGINAL.jpgLe lendemain de mon retour à la maison, nous apprenions l'élection du nouveau Pape François. Sa devise, Miserando Atque Eligendo, qu'il avait déjà choisie lorsqu'il était archevêque, montre son intérêt pour le problème de la misère et est encourageante pour l'Église, mais aussi hors Église. Malgré toutes les "pourritures", il peut sortir des fleurs extraordinaires dans le monde!

    Jorge Mario Bergoglio, jusqu'ici archevêque de Buenos Aires, a eu une formation de chimiste avant d'entrer au Séminaire. Avec lui, soyons alchimistes pour Dieu. Une de ses premières interventions publiques a été de demander que l'on prie pour lui. Le premier engagement missionnaire de chacun de nous est en effet la prière. C'est ainsi que l'on prépare la route à l'Évangile, que les cœurs s'ouvrent au mystère de Dieu, et que nous cultivons les fleurs du paradis...

  • MISÉRICORDE

    En Mars, la parole de vie des Focolari est extraite de l'Évangile de dimanche: 
    « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre ». 
    (Jn, 8:7)... 

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    La miséricorde de Dieu nous remet debout. C'est ce qui se passe lors de la Confession, qui n'est pas un sacrement de punition, mais de réconciliation. Cependant, malgré ça, nous demeurons fragiles, parce que humains. Que faire, pour reprendre un nouveau départ et rendre ainsi le sacerment valide ? Éprouver de la contrition, ce repentir qui permet d'expérimenter que la miséricorde de Dieu est un Amour tout particulier. Jésus ne veut pas que nous vivions enfermés dans la culpabilité, ce qui revient à décider de ce qui est le bien et le mal à la place de Dieu. Son Amour construit. Il nous fait confiance, il nous donne une vraie valeur. Dieu pardonne sans demander de jusification de nos fautes, et pour lui, nos erreurs ne sont pas graves. Bien sûr, il doit y avoir réparation, en rapport avec la faute. Jésus ne conteste pas le rappel de la loi, il demande qui sera le premier à jeter la pierre, celle qui tue, et appelle chacun de nous à faire la vérité dans sa propre vie. C’est une démarche de conversion. La foi, c’est la confiance dans le gardien qui nous libère de notre prison intérieure, nous ouvre la porte, et nous montre le nouveau chemin à suivre. 

    La contrition me fait comprendre les limites de mon amour, et la nécessité de le fortifier. Il est nécessaire que je pardonne à mon tour à mes frères, sans quoi Dieu ne me pardonnera plus. Par contre, si Dieu oublie, pourquoi devrais-je encore y penser ? Comment pardonner, oublier, et voir le nouveau possible en celui qui défaille ? Cela exige que j'aie plus de ferveur, plus de détermination, plus de miséricorde pour les autres. Mon regard renouvelé peut les aider à se remettre debout.

    Il faut, selon une de mes citations favorites « Envisager l'autre, pas le dévisager », ou aussi « espérer l'autre, pas le désespérer »

     

  • PAS GRENOUILLE

    Je ne suis pas la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf

    Peu m'importe la place qu'occupent les autres, pour autant que je me sente valorisée là où j'assure un service. Par exemple...

    Lea-Grenouille-et-le-Boeuf-.jpgInfirmière, à mi-temps par choix, j'ai eu une carrière "plane", sans espoir de promotion quelconque. Ma manière d'être a compté davantage que l'importance d'un poste que j'aurais occupé. Lorsque je retourne à la clinique, 5 ans 1/2 après l'avoir quittée, l'accueil que j'y reçois démontre toute l'estime et tout le respect que l'on m'accordait, sincères et durables, parce que basés sur des relations vraies. C'est en ça que je place tout mon pouvoir, qui n'a rien à voir avec des fonctions, des hiérarchies, des revendications d'être "pareille". Je n'ai pas à le revendiquer, puisque c'est mon "être"...

    Mon secret? Renoncer au pouvoir sur ma propre vie. Ne prétendant pas (plus) savoir ce que les choses doivent être pour que je sois heureuse, j'autorise la Vie à me surprendre. Ne vivant pas (plus) en fonction d'un objectif trop concret, je quitte la prison de mes illusions. Je me sens libre d'ouvrir largement les portes de mon âme pour mieux laisser enter Dieu dans ma vie, qui se manifeste sous la forme de l'imprévisible...

    Dieu habite où on le fait entrer (Martin Buber)

    Je ne suis pas non plus une grenouille de bénitier...

    Je vis ma foi comme une aventure faite d'une suite d'expériences qui me plongent, non pas dans le bénitier, mais dans la lumière de Dieu...