societe

  • DÉFINITIF IMPARFAIT

    La vie est du définitif en accord avec l'évolution. Vaste sujet qui suppose des choix...

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    On reconnaît une bonne décision parce qu'elle contribue à notre unité intérieure, quitte à intégrer un certain nombre de tensions jugées indépassables. Notre contexte social incite à tout le contraire! Il tend à banaliser, voire encourager, les ruptures de tous genres, et fragilise les personnes qui traversent une crise. Sans soutien pour oser tenir bon, elles capitulent et vont voir ailleurs ou au pire mettent fin à leurs jours. Pour se délivrer, on ne se soucie plus, ou guère, de la détresse des autres...

    Nous avons peur de ce qui est définitif. Pour toute vocation, « civile » ou non, comme le mariage, le célibat, la vie consacrée, le sacerdoce,..., on doit choisir dans la perspective de quelque chose de définitif, or c’est à cela que la culture du provisoire s’oppose. C’est une partie de la culture à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui mais que nous devons vivre et vaincre.(Selon une allocution du Pape François le 30 juin 2014, à des jeunes en chemin de discernement)

    Il est courant de rechercher le bonheur à travers le funPascal BRUCKNER (dans L’euphorie perpétuelle, Paris 2000) le définit comme un allégement total qui permet toutes les voluptés en esquivant tous les malheurs. Avec lui la vie devient un jeu pour lequel nous n’avons aucun prix à payer

    Cette quête frénétique du bonheur, cette légère exaltation du fun, a pour conséquence de rendre notre génération allergique à l’idée même de souffrance. D’un côté, on l'évacue, mais d'un autre côté, étant donné que le risque "0" n'existe pas, on la réintroduit chaque fois que le Nirvana est absent ! Lorsque le but de la vie est le bien-être, la moindre contrariété est exacerbée, considérée comme un insupportable malheur, une agression personnelle. 

    Puisque nous sommes définitivement imparfaits, notre définitif correspond à notre imperfection. Le choix n’est pas à trancher entre le parfait et l’imparfait, mais entre l’imparfait heureux et le parfait malheureux. ...

    "Le défi  (...) est peut-être d'apprendre la persévérance, cette fidélité à long terme, face à sa propre fragilité et à ses angoisses. Nos maisons de formation devraient être des écoles de fidélité où nous apprenons à persévérer, à rester dans le même endroit, même si nous connaissons l’échec, les malentendus, les crises relationnelles (…). Il faut défaire nos valises et les jeter (Timothy RADCLIFFE, dans "Que votre joie soit parfaite, Paris 2002")

    Les difficultés que l'on rencontre en cours de route ne devraient pas surprendre. Il est souvent possible de procéder à quelques aménagements pour poursuivre un engagement que l'on veut définitif. La persévérance dans la fidélité à une promesse, à une parole donnée, au cœur des turbulences de la vie, ne sont pas des comportements ringards. Au risque de paraître "mal branchée" à notre époque, je persiste à croire que notre humanité a soif de ces valeurs plus qu'on ne l'imagine...

  • CULT(E)URE...

    La culture individualiste dans laquelle nous vivons est considérée par beaucoup comme une promotion. À tort, ou à raison?...

    Nous sommes dans l'ère multi-cultes: le culte du corps, le culte psy et relationnel, le culte du marché, le culte de la consommation... En fait, nous plongeons dans une cult(e)ure qui s'accompagne de l’effondrement des valeurs "normatives" sur lesquelles la société était construite jusqu'aux années 1960-1970. Au nom de sa liberté, on fait aujourd'hui usage des droits acquis en recourant au self-service pour soi et tout ce qui tourne autour, avec les dérives qui accompagnent. Chacun fait sa loi selon ses normes, sans trop tenir compte des autres, ou de manière très inégale, ce qui n'est pas sans problème, parce que ça court-circuite la communication, les exigences réciproques, le rapport au travail, la construction identitaire. Tant que le pouvoir et l'argent nous gouverneront, il en sera ainsi. Il faut que l'humain soit replacé au centre des préoccupations et des décisions collectives... 

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    "Il ne faut pas confondre individualité et personnalité. En cherchant à se séparer le plus possible des autres, l’élément s’individualise; mais, ce faisant, il retombe et cherche à entraîner le monde en arrière... Pour être pleinement nous-mêmes, c’est dans le sens d’une convergence avec tout le reste, c’est vers l’Autre qu’il nous faut avancer. Le bout de nous mêmes, le comble de notre originalité, ce n’est pas notre individualité, c’est notre personne; et celle-ci, de par la structure évolutive du monde, nous ne pouvons la trouver qu’en nous unissant." 

    Pierre Teilhard de Chardin

  • PORTES OUVERTES

    La Pentecôte (après-demain) est une sorte d'opération "portes ouvertes"...

    L'Esprit-Saint nous est envoyé pour nous donner la force de quitter nos sécurités et de vivre dans le monde en vrais témoins de l'Évangile. Il nous pénètre pour nous faire sortir de nous-mêmes. Il vient nous libérer de ce qui est enfermement, de nos peurs, en ouvrant la porte vers la lumière et la joie de croire. Il fait naître la confiance et l’espérance, afin que nous soyons porteurs d'Amour quoi qu’il en coûte, des témoins engagés pour construire une société plus juste et plus fraternelle.  

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    Être Église, être Peuple de Dieu, selon le grand dessein d’amour du Père, cela signifie être le ferment de Dieu dans notre humanité, cela signifie annoncer et apporter le salut de Dieu dans notre monde, qui est souvent égaré, qui a besoin d’avoir des réponses qui encouragent, qui donnent de l’espérance, qui donnent une nouvelle vigueur sur le chemin. Que l’Église soit un lieu de miséricorde et d’espérance de Dieu, où chacun puisse se sentir écouté, aimé, pardonné, encouragé à vivre selon la bonne vie de l’Évangile. Et pour faire sentir l’autre écouté, aimé, pardonné, encouragé, l’Église doit garder les portes ouvertes, afin que tous puissent entrer. Et nous devons sortir de ces portes et annoncer l’Évangile. (Pape François) 

  • VIVRE "AU PÈRE"

    Notre culture occidentale, sécularisée, vit dans la peur ...

    Le plus bel exemple concerne les deux extrêmes de l'existence humaine. L'élargissement de la loi de l'euthanasie a récemment été voté en Belgique. Par ailleurs, l'acharnement pro-créatif se banalise : AMP, Clonage, DPI, DPN, Fivette, GIFT, IAC, IAD, ICSI, Sexage, Thérapie génique... On accepte de moins en moins l'échec. On refuse ce qui n'est pas maîtrisé, programmé. 

    Dans ce monde en émoi qui ébranle nos certitudes, on ne sait plus très bien qui croire, que croire, et surtout qui nous sommes, quelle est notre identité. Chacun de nous n’est souvent guère plus qu’un « effet de système ». Étant agis, déterminés, pré-fabriqués par les structures, nous sommes de moins en moins sujets de notre action et de notre vie. Nous devenons, et c'est dramatique, des marionnettes suspendues au bout d'un fil, articulées par quelques dictateurs de la pensée. 

     

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    Ce phénomène provient, me semble-t-il, du fait que de plus en plus de gens rejettent la foi en Dieu! Le ressort spirituel de notre société devient le désir d'autonomie par rapport au Dieu créateur, ce qui aboutit à l'inhumaine loi du plus fort.

    Notre société n'a pas compris que Jésus est venu révéler un Père de douceur aux hommes. Rien à voir avec la notion d’un Dieu qui, par son omnipotence, dicterait et imposerait à ses créatures une ligne précise de conduite. C'est pourquoi je préfère la traduction moins confuse du Notre Père qui entrera en vigueur en novembre prochain : "Ne nous laisse pas entrer en tentation'", en lieu et place de "Ne nous soumets pas à la tentation". 

    La peur isole, la solidarité console, et c’est Dieu qui juge les cœurs. Il ne m'appartient pas de juger quelqu'un qui m'effraye, parce qu'il agit différemment de ce que je pense. Mais le danger de succomber à cette tentation est parfois là. Je ne suis capable d'aider une personne qui souffre, dépassée par ce qu'elle doit affronter et prête à des choix qui sont aux antipodes des miens, qu'en étant à l’écoute de Dieu par une prière intérieure, lui demandant de m’inspirer dans mes paroles et dans ma manière d'être. Il peut me conduire vers une démarche d'accueil qui me délivre, ainsi que ceux pour qui je reste disponible.

    Demander de ne pas entrer en tentation, c’est demander à ne pas douter de la présence de Dieu au milieu de nous, dans le monde tel qu'il est. Cette certitude me rassure et m'encourage à ne chercher que des réponses d'amour à des situations qui me heurtent de prime abord...

  • VOYAGE EN ALPHÉIDE

    Cette année, ma semaine "FIFF"(28ème édition!) a débuté par un voyage en Alphéide...

    Plus précisément, il s'agissait de la projection du film "Alphée des étoiles". Le public a été invité à entrer pendant une heure trente dans les chaussures d'une ravissante fée qui, d'un coup de sa baguette magique, a rappelé des choses essentielles de la vie. 

    Dans la reproduction humaine, l'organisation des cellules peut se faire de manière inattendue. Il arrive qu'une aberration génétique survienne, et ce dans tous les types de familles. Ce phénomène de « la biologie, la vie, ou le grand je-ne-sais-quoi » est tombé sur la famille de Hugo Latulipe (documentariste et réalisateur) et de Laure Waridel. Leur petite fille est née avec le syndrome de Smith-Lemli-Opitz (SLO), dû à une anomalie de la synthèse du cholestérol. Il s'agit d'une maladie génétique rare qui compromet le développement neurologique et musculaire de la personne atteinte. 

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    Souffrance, désarroi, tristesse, culpabilité, angoisse, désir de mort ou d'abandon, colère, incompréhension, sentiment d'injustice, compassion, font partie des réactions fréquentes et compréhensibles. Coup de foudre pour l'enfant, courage, acceptation, font partie du possible aussi, et c'est ce programme qui a été suivi par les parents d'Alphée en quittant le Canada pour un an (qui est devenu deux ans) pour se retirer en Suisse, dans le village d'origine de LaurePour accepter son enfant tel qu'il est ou tel qu'il deviendra, pour le voir au-delà du handicap, pour découvrir tous les possibles et toutes les ressemblances, il faut prendre le temps de marcher avec lui, à son rythme, d'apprendre ses codes. Il en est sorti un film, Alphée des étoiles, un documentaire splendide, simple, authentique, qui bouscule nos peurs et replace certaines priorités de la vie, au-delà des différences. Une véritable ode à l’amour, souriante et emplie d'espérance dont voici un extrait >ICI

    À la sortie du cinéma, des réflexions me viennent à l'esprit:

    Chacun est confronté à sa propre expérience du monde. Il n'y a personne qui se réjouisse du handicap de son enfant. Il faut déjà être fort, pour réagir comme Le papa et la maman d'Alphée! Cependant, le plus gros problème de tels parents est de devoir affronter le regard des passants et de préparer une place à leur enfant dans une société souvent impitoyable pour les "anormaux", même si elle prône la tolérance.

    Il faut certes beaucoup d'amour pour assurer la prise en charge d'un enfant 'différent" à l'image de ce qu'ont fait les parents d'Alphée. Mais ceci suppose aussi de disposer de solides moyens financiers, qui manquent à beaucoup de gens. Comment peut-on, en tant que société, offrir à ces petits et à leur entourage la meilleure qualité de vie possible?

    "Les biens de la création doivent être mis en abondance à la disposition de tous, selon la règle de la justice, qui est inséparable de la charité" (Gaudium et Spes », § 69 ).

    « Quand les enfants sont perdants, la société est perdante aussi »

  • QUIES

    Le silence serait-il devenu un luxe inaccessible à la majorité du commun des mortels? N'est-il pas urgent d'en retrouver la trace?

    Ce sont les questions que je me suis posée en lisant l'info suivante dans le Journal "En Marche":

    La Mutualité chrétienne (MC) est présente cette année dans différents festivals afin de vous sensibiliser aux risques liés à une exposition prolongée à des volumes sonores importants et pour ne pas « s’éclater les oreilles » ! A cette occasion, la MC distribuera gratuitement des bouchons d’oreille aux festivaliers et prêtera des casques antibruit aux enfants, sur simple remise d'une carte d'identité...

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    Destructeur et perturbant, le bruit est reconnu comme menace pour l’équilibre humain, tant pour le comportement, que pour la santé physique et psychique des individus. En raison de son agression constante, il est classé parmi les nuisances et les polluants. 

    Il n'est sans doute pas innocent d'avoir baptisé "Quiès", qui signifie "quiétude", les traditionnelles boules en cire, enveloppées d’ouate, qu’il faut malaxer pour les introduire dans le conduit auditif. Mais ces fameuses petites boules ne sont pas magiques, et n'agissent que pour les sons extérieurs auxquels on tente d'échapper. La gestion du bruit est une question de société mais aussi d’ordre spirituel. Il devient aussi urgent de se donner des temps de silence intérieur pour faire taire tout ce qui peut nuire à une qualité de présence à soi, aux autres, au monde et à Dieu.

    La période des vacances est idéale pour s'y exercer. Ça commence par prendre conscience que le bruit occasionne la fuite de soi-même, alors que le silence devient chemin d’intériorité. Loin de l'agitation, on découvre que, loin d'être néant, le silence est en réalité un lieu de présence, un lieu de Parole.

    Je souhaite à chacun de trouver de belles plages de silence au cours de ses vacances, là où on peut écouter le bruit fertile du silence. Bonnes vacances à tous, et où que vous soyez, que ce soit dans la quiétude...

     

     

  • OISIVETÉ CRÉATRICE

    On assimile souvent l'oisiveté à la paresse. Elle peut pourtant être créatrice... 

    Lorsque j'étais petite fille, j'aimais rester de longs moments à rêvasser, ce qui faisait réagir mon grand-père maternel lorsque j'étais chez lui. "L'oisiveté est la mère de tous les vices", aimait-il répéter! Mon inactivité était pourtant très active, si l'on considère qu'elle m'a appris à apprécier le temps à ne rien faire, à déguster le temps occupé à contempler, à prendre soin du temps qui passe! Par opposition aux gens qui ont la hantise de ne pas "perdre leur temps", je persiste à croire que les moments d’oisiveté sont indispensables. Libérer du temps et de l'espace apprend à plonger dans le vide, à se laisser pénétrer par le silence pour entendre la voix qui est en soi, pour méditer et prier. Aujourd’hui encore, très régulièrement, j’éprouve le besoin de me retirer à l’intérieur de moi, quelque part où je ne fais rien d’autre qu’être présente à moi-même, à Dieu, et au monde. Bien vivante, dans toutes mes dimensions! 

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    De nos jours, l'emploi de temps de beaucoup d'enfants rivalise avec celui des ministres ou des P.D.G! À force d’accomplir des performances dans de nombreuses disciplines, ils n’ont plus le temps de rêver, de désirer, et de développer leur curiosité. Pire, ils n’ont plus d’espace pour éprouver leurs émotions et découvrir leurs ressources intérieures. Formatés, pré-emballés dans leur devenir, ils vivent en dehors d’eux-mêmes, dans le regard des adultes qui les congratulent pour leurs exploits. Je les plains!

    Un enfant qui n’a pas été confronté à l’oisiveté finit par dépendre de la volonté des autres. Il est tellement programmé qu'il ne reste plus d'espace pour créer par lui-même. À cela s’ajoute un culte de l’efficacité selon lequel seules les activités rentables sont admises ! Devenu adulte, il ne supporte pas d’être seul avec lui-même et recherche sans cesse des stimulations extérieures, souvent toxiques. Il s’engage dans un nombre impressionnant d’activités sans se demander si celles-ci répondent réellement à ce qu’il désire. Normal, puisqu'il ne connaît pas ses goûts personnels et ses besoins profonds, et qu'il ne sait pas ce qu’il souhaite. Il consomme ce qu’on lui propose! 

    Il y a une énorme différence entre "action-soumission" et action-libération". C'est pourquoi j'ai inculqué à mes fils lorsqu'ils étaient petits que "l’excès d'activités est le père de toutes les soumissions", comme disait A. Jacquard dans une conférence. Je voulais qu'ils expérimentent le vide et y découvrent leurs propres ressources. Je savais qu'ils allaient avoir besoin de leur imagination pour participer à la construction du monde à venir, in-fini, construit sur le nôtre, mais différent. Ils ont si bien saisi le message que leur travail de fin d'études a largement traité de l'imaginaire. Professionnellement, ils "ont une belle place" selon l'expression qui ne veut finalement pas dire grand-chose, avec un emploi stable, mais ne sont pas des carriéristes acharnés. Pour eux, la réussite consiste d'abord à vivre en harmonie en eux et tout ce qui les entoure. Ils ne sont pas prêts à vendre leur âme pour des promotions, et j'en suis très heureuse.

    L’oisiveté créatrice est libératrice, dans le sens où elle permet d'acquérir un mode de fonctionnement qui ose prendre de la distance dans la course à la performance et à l'esclavage... 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • LETTRE OUVERTE

     

    La publication du livre « Question(s) royale(s) » n'est certainement pas innocente!

     

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    Frédéric Deborsu, quoiqu'il s'en défende, cherche visiblement la polémique. Il sait pertinemment bien que la Belgique est dans une position politique délicate et que, à l'instar des autres pays européens, elle est plongée dans une crise économique et sociale! L'attitude de celui qu'il me sera désormais difficile de qualifier de journaliste, ne lui donne certainement pas de titre de noblesse. La déontologie la plus élémentaire aurait dû le conduire à s’interroger sur l’impact que pouvait avoir la publication de ce qui se révèle en fait un inutile et indécent déballage public. Son livre fait partie d'une presse-poubelle qui rassasie sans doute les amateurs de potins de bas-étage, avides de voyeurisme, et dégoûte souverainement (sans jeu de mot) les gens comme moi, ou comme les auteurs du courrier qui suit, qui autorisent la publication élargie de leur lettre: 

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  • PLUS VITE...

    Au cours de ces dernières décennies, le temps s’est accéléré...

    Nous nous informons plus vite. Nous apprenons plus vite. Nous nous formons plus vite. Nous changeons plus vite. Nous nous lassons plus vite. 

    Nous vivons dans une société très individualiste. Ce n'est pas entièrement négatif, si l'on considère que nous avons acquis un sens développé de liberté personnelle, qui fait que nous avons plus qu'avant la possibilité d'être nous-mêmes et de développer ce qui fait notre originalité. Cependant, l'individualisme exacerbé comporte le risque d'une auto-suffisance qui donne l'illusion de n'avoir pas besoin des autres, et amène à un repli sur soi sans plus se soucier d'autrui.  

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    Les techniques dites de communication se banalisent, et il faut apprendre à fonctionner "avec", le plus positivement possible. Nous disposons de la possibilité d'être reliés à une multitude de réseaux, de découvrir en direct l'actualité internationale. Ce phénomène requiert la vigilance, car il faut pourtant admettre que nous restons encore bien impuissants par rapport à des changements de fond qui seraient nécessaires à une société plus juste. 

    Il y a des utilisateurs qui parviennent à rester pudiques, assurant une présence discrètement publique, mais efficace, à travers les divers réseaux sociaux. Il importe de trouver la juste mesure pour laisser de la place au dialogue. Et surtout ne pas prendre les gens en otage en se servant d'eux comme prétexte pour se mettre soi-même en point de mire.

    Nous sommes en permanence sollicités pour faire des choix, prendre des décisions, statuer. Tout est choix, alors qu’avant, notre parcours de vie était plus ou moins assigné ou subi. 

    Finalement, nous vivons à une époque ni pire, ni meilleure que les autres. C'est la nôtre! C'est dans celle-là que nous devons évoluer...

     

  • UN POUR TOUS

    Une société qui s’écroule, une économie qui régresse, toujours plus de contrôles politiques pour juguler le déclin, tel est est le tableau socio-économique actuellement vu par la majotité de nos concitoyens...

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    Dans quelle comédie jouons-nous? Une qui est digne de Balzac! Notre société contient des pseudo-intellectuels à la recherche de statut, des politiciens en quête de pouvoir en usant d'arguments soi-disant altruistes, des patrons véreux qui cherchent à se protéger de leurs concurrents grâce à leurs amis politiciens, et au milieu, des personnes intègres qui ont parfois du mal à comprendre ce qui se passe. La description que je viens de faire a un goût de déjà-vu, pour les plus âgés d'entre nous. Est-ce une raison pour réécrire l'histoire du passé?

    "Le gouvernement en appelle, plus que jamais, au sens des responsabilités et du devoir de chacun", a dit Elio Di Rupo en ce début 2012, alors que la nouvelle équipe en place lançait un vaste chantier de réformes socio-économiques et d'assainissement budgétaire. Bien que sociale, je ne suis pas de sensibilité politique socialiste, mais j'adhère pourtant à cet appel de notre Premier Ministre actuel.

    Les drames économiques me touchent beaucoup, j'estime toutefois que l'existence de l'homme ne se réduit pas à cette dimension. Mais mon idéalisme ne peut se concevoir qu'avec une certaine dose de réalisme. D'une façon générale, notre société manque de transcendance. Elle manque de projets rassembleurs et porteurs dans le temps. Or, on ne soude efficacement un peuple qu'en proposant des mesures qui mobilisent chacun dans un même but constructif, en partant des réalités incontournables et en hiérarchisant les besoins. 

    Encore faut-il, avant de se rallier aux autres dans des causes collectives, que l'on se redéfinisse personnellement pour se reconnaître capable de participer à la vie commune, et se sentir responsable du devenir de la société, quel que soit le statut que l'on a! Tout part de la conscience individuelle. On revient au personnalisme, une fois de plus...

     

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    L'objectif principal est de rompre le processus d'assistanat, d'irresponsables qui remettent toute la faute aux autres. Peu importe, que l'on appartienne à telle ou telle classe, chacun a sa part à apporter à la société, et en est un maillon. Il ne s'agit pas d'être « rentre dedans » en visant à supprimer les forts, mais à occuper sa juste place, (pas celle convoitée des autres), en tenant dignement un rôle spécifique, indispensable, et aussi important que n'importe quel autre. Et forcément, l'espace sera réparti plus équitablement entre tous, en dépit du désir des plus puissants de conserver leurs acquis.

    Une citoyenneté responsable implique en effet un engagement responsable de chacun pris en particulier. L’individu n’est pas au service de la société, il en est la pierre de construction. En cela, il a le droit fondamental de participer en âme et conscience au choix des règles qui répondront aux besoins de liberté, de justice et de paix pour tous. Nos limites nous ouvrent aux autres, à la solidarité et à la complémentarité des différentes approches.

    Envisager une action collective à partir de l’engagement individuel, c’est penser autrement le lien entre l’individu et le collectif pour prendre conscience que c’est en servant l’intérêt commun de manière désintéressée que l’on réalise pleinement sa dimension universelle...