plaisir

  • PLAISIR

    La plupart des gens tendent par-dessus tout au plaisir. Nous sommes en effet créés pour le bonheur, et le plaisir y contribue...

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    Tous les plaisirs ne rendent pourtant pas heureux, car si certains sont bons, d'autres deviennent ravageurs pour soi ou pour les autres à qui on fait subir ses caprices. Quels sont les plaisirs que j'accueille dans ma vie, en moi, sont-ils humanisants ou hypertrophiants? Pour être libérateur, le plaisir demande la culture du don de soi pour ne pas rester au stade de l'égoïsme. Le bonheur provient de l'équilibre judicieux entre les plaisirs immédiats et le bien-être durable. Ceci suppose d'évaluer les situations, de se connaître, d'avoir la capacité à se projeter, à anticiper les événements. Je travaille mon jardin pour la satisfaction de la récolte qui suivra et le plaisir d'en faire profiter les autres. Même si mon blog est beaucoup moins alimenté qu'au début de sa création, je continue à y publier des articles pour apporter quelque chose qui intéressera ceux qui le lisent encore...

    Un "moi" suprême est en chacun de nous, en paix. Tout serait simple si la nature humaine était en tandem avec la nature spirituelle. Mais elles sont fréquemment en rivalité, et c'est en nous détournant de l'égo que nous parvenons à la communion au divin. Il ne s'agit pas d'anéantir notre esprit, mais de trouver un moyen, un lieu, où être en paix avec lui. Il est capital de ne pas idolâtrer le plaisir au point de se fourvoyer dans la spirale de faux-plaisirs auxquels nous sommes constamment invités d'adhérer par des publicités, sous prétexte de profiter "à fond" de la vie, alors qu'ils mènent hors d'elle! Le plaisir comme don de Dieu s'éduque. Il est le couronnement d'un désir qui apprend à partager pour se mettre au rythme de l'autre, un désir qui va jusqu'à l'abandon, la "démaîtrise", la vulnérabilité, l'humilité, l'Amour. Le plaisir "juste" nous dit quelque chose de la plénitude que nous sommes appelés à vivre dans l'Éternité et en même temps de la finitude de nos expériences terrestres... 

    Ce temps de Carême devrait servir à rejoindre Dieu. Ce qui Lui plaît, c'est que l'homme vive, qu'il habite cette vie qui lui est donnée, à travers son corps qui est l'expression de sa personne et le lieu du don de soi et à partir duquel on ressent ou on ne ressent pas le plaisir. 

  • TRÈVE À TRÊVES

    Normalement, je devais partir en France dimanche soir, pour rentrer chez moi mercredi soir. Changement de programme, suite à des aménagements de dernière minute qui permettaient de prolonger un We placé sous le signe de l'amitié...

    C'est ainsi que je me suis finalement retrouvée en Allemagne hier, à Trêves plus exactement, avec des amis et mon fils aîné. Une journée bien plaisante! En cliquant sur la photo, une vidéo vous permettra d'apprécier quelques coins de cette superbe ville chargée d'histoire...

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    Bien évidemment, le projet pour la France n'est que différé. Si tout va bien, ce sera pour la mi-mai, avec en prime quelques jours de plus. Tout est donc pour le mieux...

     

  • DU VOIR AU DIRE

    Dimanche dernier, je suis allée voir le film Poetry en VO, de Lee Chang-Dong, qui a reçu le prix du scénario au Festival de Cannes 2010. Une œuvre toute en intériorité, au charme mystérieux…

    Un film lent, un film long, un film touchant. Un drame qui est aussi un hymne à la vie avec son mélange déconcertant de petits plaisirs et de grandes peines. Touchante et attachante dans le rôle de Mija, Yun Junghee émeut par sa simplicité, sa spontanéité, sa délicatesse, et sa sensibilité. Je peux assurer aux lecteurs de ce blog que s’ils vont voir Poetry, ils ne regretteront pas les 2h19 de ce film d’exception qui fait réfléchir avec sérénité sur notre condition humaine. Qui a eu cet effet-là sur moi, du moins !

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    D’un œil, on découvre Mija, une grand-mère un peu excentrique qui vit dans une petite ville de Corée et élève seule son petit-fils qu’elle aime voir manger avec bon appétit (engloutir est plus juste !), et avec lequel elle joue volontiers au badminton. Par ailleurs, elle commence la maladie d'Alzheimer. En suivant des cours de poésie, elle apprend à regarder le monde autrement, de façon aérienne, en flânant.

    L’autre œil voit cette dame élégante et éprise de poésie faire la rencontre funeste d'un corps flottant dans le fleuve Han, ce qui est loin d’être poétique ! D’autant qu’elle va être mêlée à ce drame…

    Lee Chang-Dong pose la question de la survie de la poésie dans le monde actuel, mais aussi de la survie des gens grâce à la poésie. Ce faisant, il propose de regarder la fin du film avec un troisième œil. Il donne des pistes et confie aux spectateurs d’en dégager le mystère de Mija, cette femme troublée dans sa conscience parce qu'elle possède le sens de la justice et de la charité. La poésie lui a sans doute enseigné un sens plus aigu de la vérité, et avant de se retrouver dans l’admiration muette des fleurs, le jour où elle aura perdu les mots pour les dire, elle trouve encore les moyens de fleurir la vie à sa manière!

    Les mots trompent constamment, ils sont toujours incomplets. Comment dire que ce monde est beau ? Car il y du beau partout, pour celui qui ouvre les yeux. Une goutte de rosée, brillant au soleil du matin sur une jeune pousse verte, quelle merveille ! Il y a aussi des couleurs à voir et à dire, et surtout à vivre. De curieux mélanges colorés qui permettent de survivre. Il y a d’abord le blanc. Pureté d’une page encore intacte qui attend la création. Tout est là ! Car dans la poésie, tout est dans la suite: trouver des paroles pour passer « justement » du voir au dire. Plutôt que de tomber, (et parfois en succomber) dans un réel illusoire qui refuse d’admettre ce que l’on ne peut supporter, c’est avoir la capacité d’exhumer la beauté de là où on n'a pas coutume d'aller la chercher, et de louer la vie par-delà l’insupportable. Notre nature humaine fait que les épreuves nous permettent d’avancer vers un amour irraisonné de la vie. Le déséquilibre qu’elles provoquent nous pousse en avant, en dépit d’elles, dans un optimisme serein. Celui-ci nous permet de conserver le souci du détail du beau de l’instant, du passé, des lieux, des couleurs et des images. Beauté qui nous incite à faire confiance, malgré tout, à la vie et aux hommes. Cette vision du monde sensible confère une «faculté d'émerveillement» qui sert à pénétrer dans « la vie des choses », d'entrer en communion avec les êtres, avec la vie. Ce réalisme conduit à une expérience quasi mystique, à une transcendance qui transforme le poète en une sorte d’interprète de Dieu auprès des hommes…

    Cliquer ->

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     Vivre pleinement, c’est finalement apprendre à devenir poète. C’est faire des pauses pour mettre la vie en proses, donner de l’intensité et de la consistance à des phrases inertes. C’est parvenir à nuancer et à donner un accent à des mots qui révèlent ce qui s’est imprimé au fond de l’âme, et les laisser s’articuler dans l’ordre qu’ils choisissent, afin qu’ils se côtoient sans trop se chamailler... 

     

     

  • PLAISIR, JOIE ET BONHEUR

    Le commencement et la fin se rencontrent un jour dans la montagne...

    - Bonjour, dit le commencement.

    - Salut, répond la fin. Il paraît, ajoute-t-elle, que les hommes cherchent encore et toujours. Ils pensent que, début et fin, nous sommes deux entités séparées...

    - Moi, je ne comprends pas à quoi cela sert de se torturer le cerveau sur cette question. Nous ne sommes en réalité qu'un. Car après tout, la fin est le début du commencement et le commencement est le début de la fin...

    - Mais que font les hommes sur cette terre ? C'est là, pour moi, objet de grande préoccupation.

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    Il existe une multitude de conceptions du bonheur. On peut avoir bien du plaisir sans être heureux pour autant. On peut aussi éprouver de la joie pour un moment. Serait ça, le bonheur?

    Le plaisir correspond à un sentiment de bien-être agréable. Il est de l'ordre du sensible, est très personnel, et varie selon les besoins qui évoluent.

    Profonde et plus intérieure que le plaisir, enjouée ou tranquille, la joie est un état émotionnel de plénitude que l'on ressent quand on a le sentiment d'être comblé affectivement, moralement. 

    Proche de la paix profonde, le bonheur n'est pas de l'ordre émotionnel, mais il peut néanmoins se manifester par différentes émotions. C'est l'état intérieur dans lequel on se trouve lorsque "tout va bien" dans les domaines essentiels de la vie. Il n’est pas indifférent aux plaisirs et aux joies, puisqu'elles  concourent à le faire surgir.

    Didier Van Cauwelaert, l’écrivain français a des passe-partout pour mieux vivre. Son credo: ne se priver de rien. J'aime sa manière d'expliquer pourquoi il préfère la joie au bonheur: ->

    http://rss.omegatv.tv/services/player/bcpid19517953001?bclid=0&bctid=25303584001

  • ÉLOGE DE LA SINCÉRITÉ(2)

       

    Barbe


     
    On croit, par la douceur de la flatterie, avoir trouvé le moyen de rendre la vie délicieuse...

    Un homme simple qui n'a que la vérité à dire est regardé comme le perturbateur du plaisir public. On le fuit, parce qu'il ne plaît point; on fuit la vérité qu'il annonce, parce qu'elle est amère ; on fuit la sincérité dont il fait profession parce qu'elle ne porte que des fruits sauvages ; on la redoute, parce qu'elle humilie, parce qu'elle révolte l'orgueil, qui est la plus chère des passions, parce qu'elle est un peintre fidèle, qui nous fait voir aussi difformes que nous le sommes. Il ne faut donc pas s'étonner si elle est si rare : elle est chassée, elle est proscrite partout. Chose merveilleuse! elle trouve à peine un asile dans le sein de l'amitié.

    Montesquieu - Éloge de la sincérité

  • DEVOIR OU DÉSIR?

    Hier, je lisais un article qui répondait grosso-modo à la question: "Et si nous remplacions le devoir par le plaisir ?"...

    imagesComme pour beaucoup de gens, une sorte de "parent intérieur" a continué à fonctionner en maître sur moi, même adulte, en persistant à me charger des obligations que l'on m'avait inculquées depuis ma naissance. L'éducation aidant, j'ai fonctionné longtemps sur le mode de " Je dois faire ceci; Il faut que je fasse cela ". Cette phrase excelle dans l'art du leitmotiv au point de maintenir une pression et de parfois ôter un peu de joie de vivre. Mais elle m'influence beaucoup moins aujourd'hui!...

    Parce que j'ai remplacé le devoir par la motivation.
    Lorsque je dis "Je dois", en réalité, personne ne m'oblige, sinon moi-même. Et si cette obligation me pèse, je peux décider de la vivre autrement, peut-être pas dans l'agir, mais dans la formulation. Au lieu de ruminer une phrase qui commence par  "Je dois… ", je peux penser : "J'ai envie de ….", ou "je décide de...".

    Je passe aussi au tamis les tâches que je m'impose sans raison valable. Pourquoi devrais-je me contraindre à des actes dont je n'ai pas réellement envie ?

    L'intérêt de ce changement est de chercher ma motivation profonde, qui puisse justifier le pourquoi de ce que je m'impose quelque chose. Lorsque je trouve, je décide soit de poursuivre selon mon intention première, soit je conclus que ça n'a aucun intérêt et je stoppe là, parce que, tout compte fait, le jeu n'en vaut pas la chandelle.

    En remplaçant le devoir par le plaisir, je dispose de beaucoup plus d'énergie pour accomplir les tâches que je choisis.

    Si le devoir répond à mon désir, je me sens à la fois plus libre et plus heureuse...


     

  • EAU DES FÊTES

    Hier, en éditant le post sur "mes Senbons", j'ignorais encore que le hasard (il est souvent là, celui-là!) m'apporterait un petit clin d'oeil très sympa, du même goût...


    PICT0006Le midi, je suis allée dîner avec Chr, maman de mon petit filleul Cl. Il était convenu que son mari viendrait nous rejoindre en fin d'après-midi à la maison avec les enfants. La veille, j'avais fait des cougnous à leur intention, de manière à les recevoir dans une ambiance de Noël.

    Le trio arrive ainsi que prévu, et ne tarde pas à s'attabler. À peine installés, Cl, 4 ans, sort délicatement un paquet soigneusement caché sous la table, et me l'offre avec un air ravi: "C'est pour toi!"

    Ses petits yeux brillaient de plaisir, et en même temps d'impatience: ce premier cadeau qu'il avait été lui-même choisir, et pour lequel il avait longuement hésité, cherchant vraiment à trouver ce qui me correspondait (je l'ai appris par la maman) me plairait-il? Déjà surprise, car je ne m'attendais à rien recevoir, je déballe lentemement, étape par étape, m'exclamant à la vue de chaque emballage: un sac superbe, provenant de l'Occitane, puis un sac en tissu rouge, et enfin du papier de soie, avant d'en arriver à... un flacon de parfum pour la maison, "Eau des fêtes", spécialement indiquée pour cette période.

    Le plus comique, c'est que le parfum est contenu dans un flacon vaporisateur, avec une poire, du même gabarit que celui que j'ai placé en photo hier. Tout simplement parce qu'il évoque pour moi un tas de bons souvenirs.

    Sans feindre du tout, j'ai manifesté mon ravissement et ai félicité Cl pour son bon goût, lui disant qu'il n'aurait pas pu mieux choisir. Vous imaginez sans peine la fierté du petit bonhomme!

    Cette anecdote est la petite histoire typique d'un parfum dont la  senteur  dépasse le contenu de son flacon. Elle vient embellir et embaumer ma crèche...