pensée

  • UN ART DE VIVRE...

     

    « Tous les hommes font la même erreur, de s’imaginer que le bonheur veut dire que tous les voeux se réalisent » (Léon Tolstoï)

     

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     Nourrir un trop grand espoir de voir les voeux se réaliser peut entraîner manque et frustration de ce que nous ne possédons pas et de ce que nous ne sommes pas. Pourtant, le bonheur n’est pas qu’une illusion. C’est un idéal qui sert d'émulation, un objectif qui nous invite à prendre en main notre propre existence.

    Le bonheur s'obtient lorsque l'on parvient à discipliner sa pensée et qu'on ne le cherche plus là où il n'est pas. Il est dans des plaisirs ponctuels que l'on peut vivre. 

    Le bonheur est un véritable art de vivre, une manière d'aborder l'a vie sans se laisser affecter outre mesure par les désagréments. C'est un équilibre à trouver, qui dépend de nous...

  • QUAND LEURS YEUX S'OUVRIRONT...

    Je ne crois pas tellement à la parole, je crois beaucoup plus à l’expérience, à l’exemple, disait Anne Philippe...

    Voici un court texte du même auteur, qui complète parfaitement mon sujet de vendredi en mettant l'accent sur le fait que les enfants sont de fameux maîtres pour les parents:

    Quand leurs yeux s’ouvriront...
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    Qui des parents ou des enfants enseignent le plus à l’autre? Sans doute les adultes cherchent-ils plus consciemment à inculquer les valeurs qu’ils tiennent pour justes, et les enfants ignorent-ils les leçons qu’ils donnent. Tels des miroirs ils reflètent longtemps, même quand ils croient s’insurger contre ce qu’ils leur a été donné. Ils sont de sévères maîtres à vivre, l’exemple les influence davantage que les discours. Ils obligent à prolonger la pensée en action. Mais ils ont soif d’absolu. Ne nous réjouissons pas quand leur amour, pour un temps confiant et aveugle nous idéalise. Et souhaitons plutôt qu’ils continuent à nous aimer quand leurs yeux s’ouvrent, et leur laissent voir qui nous sommes.

         Anne Philippe

     

                                                          

  • PERSONNALISME

    Depuis que le hasard (???) m'a fait découvrir Emmanuel Mounier (1905-1950), je me suis intéressée à sa pensée, qui me plaît de plus en plus. Elle me semble répondre aux grandes questions qui se posent dans notre société en ce début du XXIème siècle...

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    En bref, le personnalisme est toute doctrine, toute civilisation, affirmant le primat de la personne humaine sur les nécessités matérielles et sur les appareils collectifs qui soutiennent son développement. Il n'est ni un spiritualisme, ni un matérialisme, car il refuse la coupure entre le corps et l'esprit. L’homme personnaliste est à la fois instinct, raison et amour.

    Le concept de base du personnalisme, c’est la personne, qui est avant tout un être spirituel. "Ma personne n’est pas mon individu". Le personnalisme est communautaire par définition. La personne est essentiellement amour et gratuité. Cependant un tel don n’est pensable qu’au regard d’une communauté que la personne contribue à créer et animer tout en lui appartenant. La personne est ainsi inséparable de la communauté.

    "Dans ma condition d'homme, c'est grâce à mon corps que je suis, que je communique avec le monde et avec autrui, grâce à lui j'agis". Chez Mounier, la personne humaine est le contraire de l’individu recroquevillé sur lui-même, c'est l'être-dans -le-corps. La personne est une médiation. En "Être corporel", elle s’offre à une communauté, se révèle par son engagement, c’est-à-dire par une action où elle s’incarne. Le véritable engagement n’est pas orgueilleux. Il ne part pas gagnant, il part confiant. "Nous ne nous engagerons jamais que dans des combats discutables sur des causes imparfaites. Refuser pour autant l’engagement, c’est refuser la condition humaine", affirmait Mounier. L’engagement ne donne pas la paix, il prend des risques, donc il s’expose à l’erreur.

    Ainsi en est-il de la technique dont on ne peut dire a priori si elle est monstrueuse ou porteuse d’espoirs libérateurs étant donné qu’elle est potentiellement les deux. C’est le système politique, économique et spirituel dans lequel elle s’inscrit qui dictera la vérité de la technique. Mounier ne la condamne donc pas en soi, mais affirme simplement qu’elle est mal employée, le capitalisme libéral la poussant à aller au contraire de ce à quoi elle devrait conduire : l’humanisation de l’homme.

    Mounier avait lu Charles Péguy : "Tout commence en mystique et finit en politique". Mais il est moins pessimiste que son aîné. Il se laisse interpeller par l’événement. "L’événement sera notre maître intérieur", écrit-il dans la revue "Esprit". Il a des idées précises sur les causes de la crise économique qui, pour lui, est tout autant politique, morale et spirituelle et le remède qu'il propose est une réforme radicale de la civilisation capitaliste découlant d'une certaine  idée de l'homme: il est une "personne" dont la nature est profondémenrt spirituelle. Ce besoin d'envisager la société avec un regard nouveau me paraît encore brûlante d'actualité!

    Pour en savoir davantage sur Mounier et le Personnalisme, cliquer -> ICI

    Je vous invite également à regarder cette vidéo du site de KTO: La Foi prise au Mot - Emmanuel Mounier

    Sans doute ai-je été attirée par le personnalisme parce qu'il a un lien avec l'économie de communion. Je l'ai réalisé en découvrant un livre qui associe les deux, et que recommande à votre lecture: Personnalisme et économie de communion", de Emmanuel Pic, et paru chez "Nouvelle Cité".

     

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    En voici le synopsis: La visée de cet ouvrage consiste en « une rencontre » entre la philosophie d’Emmanuel Mounier et la spiritualité de Chiara Lubich afin de déterminer s’il est encore possible, dans le contexte actuel, de définir la personne comme un être spirituel, c’est-à-dire non pas comme un individu dont la valeur se résumerait, par exemple, en des compétences et un pouvoir d’achat, mais comme un être de relation capable d’aller vers un au-delà de lui-même qui le relie aux autres en lui donnant force et cohérence.
    À première vue, un tel rapprochement entre Emmanuel Mounier et Chiara Lubich peut paraître suspect sur un plan historique, conceptuel ou spirituel. La difficulté majeure d’ailleurs ne porte pas tant sur ce retour à Emmanuel Mounier que sur la personnalité de Chiara Lubich. Peut-elle être considérée comme une des héritières du personnalisme communautaire d’Emmanuel Mounier ? Comment parvient-elle, au coeur de sa spiritualité de communion, à éviter l’écueil du communautarisme et de l’individualisme ? Quel est le parcours de ces deux auteurs et à quel niveau se situe leur rencontre ? La réponse à ces questions réside davantage dans la relation à définir entre un ancrage philosophique sur l’homme et la quête religieuse qui l’anime.
    Pour être pertinente, la présentation d’Emmanuel Mounier et de Chiara Lubich tient compte de l’articulation et de la distinction entre les mouvements auxquels ces deux personnalités ont donné naissance et les grandes idées dont ils sont les vecteurs : pour le premier, la revue Esprit et le personnalisme communautaire, pour la seconde, le mouvement des Focolari et la spiritualité de l’unité.

    En fait de hasard, il n'y en a pas, mais des liens, il en existe sûrement, et de solides. Dans mon hisoire personnelle, ils ont été tissés dès mon berceau, à travers les valeurs qui m'ont été transmises...

     

     


  • PASSIVITÉ

     
    « Chaque homme est une histoire qui n’est identique à aucune autre. »
    Albert Camus

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    Pourtant...


    « (...) très peu d'hommes savent se forger une opinion par eux-mêmes...

    Aussi répètent-ils ce que leur ont dit leurs parents, puis leurs professeurs et enfin ce qu'ils ont entendu aux informations du soir, et ils finissent par se convaincre qu'il s'agit là de leur opinion personnelle, au point de la défendre ardemment face à d'éventuels contradicteurs.

    Il suffirait pourtant qu'ils tentent d'observer par eux-mêmes, de penser par eux-mêmes et ils découvriraient le monde tel qu'il est et non pas comme on les conditionne à le voir.»


    "Nous, les dieux" de Bernard Werber

  • PENSÉE ET MOTS

    La pensée vole et les mots vont à pied. Voilà tout le drame de l'écrivain.
    [ Julien Green ]

    02-07

    C'est tout pareil à mon impression dans la vie. Même en mettant le turbo, je n'arrive généralement pas à suivre le galop de mes pensées. Je parviens à en rattraper certaines, et pendant ce temps, les autres s'enfuient. Puis, je prends le part de  "mettre en veilleuse" et de laisser émerger à nouveau. Les idées très importantes reviendront et d'autres, tout aussi intéressantes, prendront la place des disparues à jamais...


     

     

  • AU-DELÀ DES MOTS

    Ce qui est curieux, c'est que nous avons besoin d'un nom pour tout désigner. Même le ressenti...

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    Les mots ne sont que des mots, qui peuvent bien sûr pointer dans une certaine direction, mais qui ne sont pas cette direction. Le ressenti existe au-delà des mots. Il m'arrive de plus en plus souvent de n'avoir plus envie de chercher à nommer, parce que "c'est", tout simplement. Quel que soit le soin pris pour choisir le terme le plus juste, il correspond rarement à ce que je voudrais exprimer, qui n'a pas de mots... Cependant, pour transmettre, il faut que je continue à désigner ce que je vis en puisant dans le vocabulaire connu par mes interlocuteurs, ou en l'apprenant, ce qui n'est pas toujours facile...

    En fait, je voudrais me limiter à confier sans commenter. Car, comme le souligne Bergson: « Chacun de nous a sa manière d'aimer et de haïr, et cet amour, cette haine, reflètent sa personnalité toute entière. Cependant le langage désigne ces états par les mêmes mots chez tous les hommes ; aussi n'a-t-il pu fixer que l'aspect objectif et impersonnel de l'amour, de la haine et des mille sentiments qui agitent l'âme. Nous échouons à traduire entièrement ce que notre âme ressent : la pensée demeure incommensurable avec le langage. »...