pâques

  • MORT, OÙ EST TA VICTOIRE ?

     

    Pâques, une espérance pour tous (extrait de texte).

    Par Enzo Bianchi.

     

    14-04-Paques-blog.jpg

     

    (...) Ô mort, où est ta victoire ? Ô mort, tu n'es plus

    le dernier mot pour les hommes, mais tu es devenue un passage, l'heure de

    l'exode de la vie terrestre à la vie éternelle, de ce monde au

    règne de Dieu... Voilà ce qui devrait être le chant du

    chrétien en ce jour de Pâques, la fête des fêtes.

    Parce que Christ est ressuscité, prémices de nous tous. Parce que

    la vie règne définitivement et qu'en toute créature a

    commencé un processus secret mais réel de rédemption, de

    transfiguration.

    La mort est une dominante qui pèse sur tous les hommes, une

    véritable puissance efficace : non seulement parce qu'elle inspire la

    peur et l'angoisse, contredisant la vie des hommes, mais aussi parce que,

    à cause d'elle, les hommes deviennent mauvais, et pèchent. Le

    péché est toujours égoïsme, qui contredit la

    communion avec les hommes et avec Dieu. Et c'est précisément la

    présence de la mort qui déchaîne ce besoin de « se

    » sauver, voire de vivre sans les autres ou contre les autres. La mort

    n'est pas seulement « le salaire du péché » (Rm 6,

    23) ; elle est aussi instigation au péché... Si les hommes sont

    poussés à pécher, c'est à cause de l'angoisse de la

    mort, de cette peur qui rend les hommes esclaves pour leur vie tout

    entière (cf. Hé 2, 14-15). En raison de l'angoisse et de la peur,

    le désir de vie des hommes devient haine, méconnaissance de

    l'autre, concurrence, rivalité, violence. L'angoisse peut tout

    défigurer, même l'amour. La mort apparaît ainsi active et

    présente, non seulement au moment où la vie physique du corps

    humain s'éteint, mais aussi auparavant : elle est une puissance qui

    réalise des incursions dans la sphère de l'existence et porte

    atteinte à la plénitude des relations et de la vie. Telle est la

    mort contre laquelle Jésus a lutté jusqu'à remporter la

    victoire (...).

     

    « On ne meurt pas chacun pour soi, 

    mais les uns pour les autres, 

    ou même les uns à la place des autres,

    qui sait ? »

     Georges Bernanos,

    Dialogue des carmélites

     ************************************

     

  • LA GRANDE SEMAINE

    Nous allons entrer dans la Semaine Sainte, dite aussi la grande Semaine...

    Manque de temps? Manque d'inspiration? Manque de ? Sans motivation? Sans doute un peu tout à la fois, qui explique la rareté de mes billets sur le blog en ce moment. Néanmoins, je voulais partager quelque chose à l'occasion de la Semaine Sainte. Pas du blabla, mais pour rappeler que Pâques approche à grands pas.

    Ceux pour qui ça a un sens se préparent à accueillir le Ressuscité. Au préalable, ils vont accompagner Jésus dans ses derniers moments et faire des pas avec Lui sur le Chemin de la Croix.

    Quelques jours pour se rappeler combien le comportement de l'homme est souvent injuste et contradictoire, passant des acclamations envers quelqu'un pour le condamner peu après sans qu'il n'ait démérité en quoi que ce soit, sinon en étant trop parfait! Sept jours sont bien nécessaires pour se réajuster avant de repartir avec la Vie dans l'âme et la distribuer partout où l'on ira. Bonne Semaine Sainte!

    semaine sainte,lamartine,pâques

     

    Ce texte de Lamartine aide à approfondir la réflexion:

     

    La Semaine Sainte à la Roche-Guyon

    Alphonse de Lamartine (Méditations poétiques)

     

    Ici viennent mourir les derniers bruits du monde 

    Nautoniers sans étoile, abordez ! c'est le port :

    Ici l'âme se plonge en une paix profonde,

    Et cette paix n'est pas la mort.

     

    Ici jamais le ciel n'est orageux ni sombre ;

    Un jour égal et pur y repose les yeux.

    C'est ce vivant soleil, dont le soleil est l'ombre,

    Qui le répand du haut des cieux.

     

    Comme un homme éveillé longtemps avant l'aurore

    Jeunes, nous avons fui dans cet heureux séjour,

    Notre rêve est fini, le vôtre dure encore ;

    Eveillez-vous ! voilà le jour.

     

    Coeurs tendres, approchez ! Ici l'on aime encore ;

    Mais l'amour, épuré, s'allume sur l'autel.

    Tout ce qu'il a d'humain, à ce feu s'évapore ;

    Tout ce qui reste est immortel !

     

    La prière qui veille en ces saintes demeures

    De l'astre matinal nous annonce le cours ;

    Et, conduisant pour nous le char pieux des heures,

    Remplit et mesure nos jours.

     

    L'airain religieux s'éveille avec l'aurore. ;

    Il mêle notre hommage à la voix des zéphyrs,

    Et les airs, ébranlés sous le marteau sonore,

    Prennent l'accent de nos soupirs.

     

    Dans le creux du rocher, sous une voûte obscure,

    S'élève un simple autel : roi du ciel, est-ce toi ?

    Oui, contraint par l'amour, le Dieu de la nature

    Y descend, visible à la foi.

     

    Que ma raison se taise, et que mon coeur adore !

    La croix à mes regards révèle un nouveau jour ;

    Aux pieds d'un Dieu mourant, puis-je douter encore ?

    Non, l'amour m'explique l'amour !

     

    Tous ces fronts prosternés, ce feu qui les embrase,

    Ces parfums, ces soupirs s'exhalant du saint lieu,

    Ces élans enflammés, ces larmes de l'extase,

    Tout me répond que c'est un Dieu.

     

    Favoris du Seigneur, souffrez qu'à votre exemple,

    Ainsi qu'un mendiant aux portes d'un palais,

    J'adore aussi de loin, sur le seuil de son temple,

    Le Dieu qui vous donne la paix.

     

    Ah ! laissez-moi mêler mon hymne à vos louanges !

    Que mon encens souillé monte avec votre encens.

    Jadis les fils de l'homme aux saints concerts des anges

    Ne mêlaient-ils pas leurs accents !

     

    Du nombre des vivants chaque aurore m'efface,

    Je suis rempli de jours, de douleurs, de remords.

    Sous le portique obscur venez marquer ma place,

    Ici, près du séjour des morts !

     

    Souffrez qu'un étranger veille auprès de leur cendre,

    Brûlant sur un cercueil comme ces saints flambeaux;

    La mort m'a tout ravi, la mort doit tout me rendre;

    J'attends le réveil des tombeaux !

     

    Ah ! puissé-je près d'eux, au gré de mon envie,

    A l'ombre de l'autel, et non loin de ce port,

    Seul, achever ainsi les restes de ma vie

    Entre l'espérance et la mort !

     

  • LE BUT DE LA VIE EST "EN HAUT"

     L'Ascension c'est quoi ? 

    - Un long week-end, un pont, un jour férié. C'est vrai, pour certains seulement. Mais encore?

    - C'est une escalade vers un sommet. Lequel?

    - Une ascension nécessite des efforts, et devrait procurer un grand bonheur à ceux qui atteignent leur but. Pourtant, que de "parvenus" sont encore déçus par la vie! Parce qu'ils se sont trompés de direction...

    ascension-icon.jpg

     

    L'Ascension est une fête religieuse, toujours un jeudi, les chrétiens fêtent le retour de Jésus "aux cieux" auprès de son Père. Avant de quitter ce monde, pendant  les 40 jours qui ont succédé à Pâques, le Christ ressuscité est apparu à ses amis. Il n'est plus physiquement au milieu de nous, mais on peut continuer à vivre avec lui parce qu'il est avec nous, toujours et partout, dans une relation comme celle qu'il entretenait avec son Père ici-bas. 

    Extraits d’un Sermon de Saint Augustin, Évêque d’Hippone, pour l’Ascension (source->ICI)

    En transportant la nature humaine dans les cieux, il a montré que le ciel peut s’ouvrir aux croyants. Aujourd'hui notre Seigneur Jésus Christ monte au ciel ; que notre cœur y monte avec lui.

    Écoutons ce que nous dit l'Apôtre : "Vous êtes ressuscités, avec le ChristRecherchez donc les réalités d'en haut : c'est là qu'est le Christ, assis à la droite de Dieu. Le but de votre vie est en haut, et non pas sur la terre". De même que lui est monté, mais sans s'éloigner de nous, de même sommes-nous déjà là-haut avec lui, et pourtant ce qu'il nous a promis ne s'est pas encore réalisé dans notre corps.
     
    Ascension du Seigneur dans une 
    mandorle d'Anges.
    Il a déjà été élevé au-dessus des cieux ; cependant il souffre sur la terre toutes les peines que nous ressentons, nous ses membres. Il a rendu témoignage à cette vérité lorsqu'il a crié du haut du ciel : "Saul, Saul, pourquoi me persécuter ?" Et il avait dit aussi : "J'avais faim, et vous avez donné à manger".

    Pourquoi ne travaillons-nous pas, nous aussi, sur la terre, de telle sorte que par la foi, l'espérance, la charité, grâce auxquelles nous nous relions à lui, nous reposerions déjà maintenant avec lui, dans le ciel ? Lui, alors qu'il est là-bas, est aussi avec nous ; et nous, alors que nous sommes ici, sommes aussi avec lui. Lui fait cela par sa divinité, sa puissance, son amour ; et nous, si nous ne pouvons pas le faire comme lui par la divinité, nous le pouvons cependant par l'amour, mais en lui.
     
    Lui ne s'est pas éloigné du ciel lorsqu'il en est descendu pour venir vers nous ; et il ne s'est pas éloigné de nous lorsqu'il est monté pour revenir au ciel. Il était là-haut, tout en étant ici-bas ; lui-même en témoigne : "Nul n'est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme, qui est au ciel". ~
     
    Il a parlé ainsi en raison de l'unité qui existe entre lui et nous : il est notre tête, et nous sommes son corps. Cela ne s'applique à personne sinon à lui, parce que nous sommes lui, en tant qu'il est Fils de l'homme à cause de nous, et que nous sommes fils de Dieu à cause de lui.
     
    C'est bien pourquoi saint Paul affirme : "Notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, bien qu'étant plusieurs, ne forment qu'un seul corps. De même en est-il pour le Christ". Il ne dit pas : le Christ est ainsi en lui-même, mais il dit : "De même en est-il pour le Christ" à l'égard de son corps. Le Christ, c'est donc beaucoup de membres en un seul corps.
     
    Il est descendu du ciel par miséricorde, et lui seul y est monté, mais par la grâce nous aussi sommes montés en sa personne. De ce fait, le Christ seul est descendu, et le Christ seul est monté ; non que la dignité de la tête se répande indifféremment dans le corps, mais l'unité du corps ne lui permet pas de se séparer de la tête.
     

     

  • ABSENCE N'EST PAS INEXISTENCE

    Dans notre monde désorienté, où Dieu ne répond plus aux aspirations de beaucoup de gens, son absence tel qu'ils le conçoivent signifie inexistence...

    Pas pour le croyant, pour qui Dieu est omniprésent, même s’il échappe à la perception et à l’entendement des humains. Pâques est venu récemment encourager à résister aux "lapidations"(ou épreuves) et au découragement. De la mort de Jésus surgit l'insaisissable et le sentiment du mystère de la Résurrection. Celui qui se laisse porter dans cette espérance ne craint pas l'invisible. En scrutant plus attentivement le monde, il se rapproche des choses et ose voir la vie sans la redouter. Il comprend que 'invisible, l'absence, est ce qui donne du prix au sensible.

    02.jpg

    "Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance, il est venu l'habiter de sa présence" (Paul Claudel)

    La présence de Dieu au monde peut se révéler grâce au détachement de soi et à une disponibilité intérieure. Plus intense que la simple rêverie, la contemplation est approche désirante, ouverture à partir de laquelle l'invisible prend un sens sacré parce qu'il est Présence réelle...

  • LUMIÈRE

    On dit souvent que certaines personnes rayonnent. Elles brillent de sérénité, d’une force intérieure et spirituelle, d’une merveilleuse joie de vivre... 

    paques-resurrection-esperance-tombeau-vide_article_large.jpg

    Les chrétiens vivent aujourd'hui dans l'allégresse de la lumière de Pâques. ALLÉLUIA! L'étoile reçoit sa lumière de l'astre solaire pour la refléter, et le soleil du chrétien, c’est le Christ ressuscité, le Vivant, qui roule toutes les pierres qui nous empêchent de vivre. Il nous invite à regarder plus loin que nos deuils, nos peurs. En vidant nos tombeaux, il ouvre nos coeurs! Son unique désir est de dynamiser nos vies par la force de son amour, de nous extirper de nos morts pour nous faire entrer dans une vie nouvelle, avec lui et avec les autres.

    La vie du Christ nous est donnée, débordante, dans le partage du pain et de la Parole, prête à rejaillir dans le monde, dans la rencontre authentique avec l'autre, à travers un sourire, un pardon, une bénédiction, donnés en son nom. 

     "Dans un monde qui souvent le méconnaît et, de fait, le refuse, vous êtes invités à vous approcher du Christ et à adhérer à lui toujours plus profondément. C’est un appel continuel à suivre le Christ et à lui être conformé. Ceci est d’une importance vitale dans notre monde si désorienté, « parce que, lorsque sa flamme [de la lumière de la foi, ndlr] s’éteint, toutes les autres lumières finissent par perdre leur vigueur » (Lumen fidei, 4)".(Extrait du message adressé le 22 août dernier par le Pape François au prieur général de l’Ordre des Frères de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel, à l’occasion de leur Chapitre général.)

    "Vous êtes la lumière du monde". Jésus exprime clairement que les hommes ne voient notre lumière qu'à travers notre conduite, nos actions, et nos paroles...

    carte-joyeuses-paques-01.gif

     

  • CURE SALUTAIRE

    Nous venons de vivre deux jours successifs qui symbolisent les contrastes à partir desquels l'unité de la nature humaine se réalise ... 

    Comme chaque année, le "mardi gras", durant lequel on festoie et on se déguise, a précédé le "mercredi des Cendres" qui marque le début du Carême au cours duquel le chrétien mange "maigre" et se prépare à se présenter "vrai", sans fard, face à Dieu, aux autres et à lui-même. Ils nous mènent tous deux vers la Résurrection, qui se fêtera le jour de Pâques

    caremeg.gif

    "La lutte de Carême et de Mardi gras" : tableau de Pierre Bruegel (dit

    l’Ancien) peintre flamand (vers 1525/1530- Bruxelles 1565).

    «Est-ce là le jeûne auquel je prends plaisir, un jour où l’homme humilie son âme? Courber la tête comme un jonc, et se coucher sur le sac et la cendre, est-ce là ce que tu appelleras un jeûne, un jour agréable à l’Éternel? Voici le jeûne auquel je prends plaisir: détache les chaînes de la méchanceté, dénoue les liens de la servitude, renvoie libres les opprimés, et que l’on rompe toute espèce de joug; partage ton pain avec celui qui a faim, et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile; si tu vois un homme nu, couvre-le, et ne te détourne pas de ton semblable» (És 58:5-7).

    Le carême n'est pas proposé en pénitence, ni pour le plaisir de la mortification, mais comme un temps de transformation, de (re)conversion, de fortification, de régénération. Quarante jours annuels ne sont pas excessifs pour une cure salutaire de vitamines spirituelles, nécessaires à la fabrication des anticorps spécifiques des inévitables difficultés de la vie. Une nouvelle occasion de réfléchir à mes motivations de chrétienne, à ce que je veux vivre avec Dieu, en quoi il peut être si important dans ma vie, et de me re-conditionner à agir selon sa volonté jour après jour.

    Bonne route aux pèlerins qui choisissent de parcourir ce chemin de jeûne "terrestre" dans le but de participer pleinement à la joie de la Résurrection ..

     

  • CHERCHER, QUI? OÙ?

    Avec le retour du printemps, nous venons de fêter Pâques et tous ses rituels, chargés d'une riche symbolique: l’eau, le feu, la lumière, la vie. Comment expliquer le sens chrétien de ce jour aux plus petits ? ...

    Après avoir participé à la veillée pascale, des morceaux de bonheur flottaient dans l’air chez nous le jour de Pâques sur le temps de midi (il a fallu attendre l'arrivée de nos Liégeois). Cette année, l'événement revêtait d'autant plus d'importance pour nous que notre petit-fils B., 21 mois, allait connaître sa première chasse aux oeufs. Par chance, nous avons pu l'organiser dehors, en dépit du climat hivernal qui perdure. Un moment de joie où nous avons vu B. se lancer ardemment à la recherche des oeufs semés dans le jardin. Un dimanche de merveilleux partage !

    L'oeuf, considéré à la base de la vie et représentant la perfection, étant associé à la fête de Pâques, le rapprochement est évident entre la promesse de vie qu'il représente et la Résurrection du Christ qui est fêtée. «Pâques» signifie éthymologiquent «passage», mais aussi spirituellement : c’est le passage de la mort à la vie. Le fait d'associer les deux permet d'expliquer plus facilement aux enfants le sens de la vie, de la mort, et donne du sens aux rituels traditionnels. D'ailleurs, j'aime imaginer que Dieu, qui est Amour, nous a observés en souriant avec tendresse et amusement pendant que nous cherchions les oeufs et les petits cadeaux déposés par les cloches.

    B. A reçu deux sets de table avec Winnie et une brouette en plastique contenant des accessoires pour jardiner. Trois fois rien, question dépenses, mais juste ce qu'il fallait pour combler notre petit bonhomme ! Il a de suite été très habile pour se déplacer avec son véhicule à bras ! L'avenir nous apprendra s'il a la main verte. Ce disant, je pense bien sûr aussi à son jardin intérieur qu'il faut lui faire découvrir et lui apprendre à entretenir. Dans cet ordre d'idée, j'ai bien aimé l'homélie en commentaire d'EAQ de lundi, dont voici un extrait :

     « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Tu as celui que tu cherches, et tu l'ignores ? Tu as la vraie joie éternelle, et tu pleures ? Tu l'as en toi, celui que tu cherches dehors. Vraiment tu te tiens « dehors tout en larmes près d'une tombe ». Ma tombe, c'est ton cœur ; je n'y suis pas mort, mais j'y repose, vivant pour l'éternité. Ton âme est mon jardin. Tu avais raison de penser que je suis jardinier. Nouvel Adam, je cultive mon Paradis et je le garde. Tes larmes, ton amour et ton désir sont mon ouvrage. Tu me possèdes en toi sans le savoir : voilà pourquoi tu me cherches au dehors. Je vais donc t'apparaître là aussi pour te faire rentrer en toi-même afin que tu trouves à l'intérieur celui que tu cherches dehors ».( Extrait d'une Homélie monastique anonyme du 13e siècle - Méditation sur la Passion et la Résurrection du Christ, 38 ; PL 184, 766 -trad. Orval-) 

    Pourquoi nous agitons-nous si souvent en tous sens ? Sans doute parce que le désir de bonheur nous rend vulnérables. C'est la méditation sur les promesses de vie de l'Écriture qui nous apporte le plus de joie. Mais c'est en désirant plus profondément le Sauveur que son absence est aussi la plus douloureuse. Or, c'est seulement en traversant la ténèbre et le vide que l'on peut devenir témoin d’une vie qui nous dépasse.

    Le sens de la Résurrection est que ce qui était mort en nous, ou à moitié mort, revient à la vie. « Notre Résurrection » se passe au sein de notre humanité. Elle est faite des résurrections que nous expérimentons dans le quotidien de nos existences, et est différente de celle vécue par Jésus, qui est passé dans un autre monde. Nos limites ne disparaîtront pas, puisqu'elles font partie de la condition humaine. Il nous appartient de laisser Dieu accomplir en nous et avec nous le travail de résurrection, qui se manifeste de diverses façons : un pardon qui libère notre cœur, l'acceptation de l'autre dans sa différence, un nouvel élan vital, la délivrance d'un lien qui brouillait une relation, une joie très profonde...

    Nous ne guérirons jamais d'avoir des limites. Mais nous apprenons à les connaître, à les accepter, à les gérer, à nous situer par rapport à elles. Lorsque nous demandons l'aide de l'Esprit-Saint, il nous aide à découvrir notre mesure spécifique et à la déployer. C'est ce message d'espérance qu'il est capital de transmettre aux plus jeunes!

     

     

     

     

  • PÂQUES EST ARRIVÉ

    Pâques est la plus grande fête des Chrétiens. Pourtant, par sensiblerie beaucoup de gens mettent Noël en première place...  

    croix-Ressuscit--francais.jpg


     

    podcast

    Pâques est arrivé

    Anny & J-Marc Versini

     

    À Pâques...

    Il n'y a pas de sapin, mais des oeufs, symboles de vie.

    Il n'y a pas de guirlandes, mais la foi de Noël ne se comprend qu'à la lumière de la Résurrection.

    Il n'y a pas nouveau-né à contempler dans une crèche, mais une croix vide, car tout se passe secrètement dans le coeur de chacun.

    À Noël, un Sauveur nous est né, Dieu s'est incarné dans nos vies. À Pâques, le Christ a vaincu la mort et nous offre la Vie.

    À Pâques, Dieu place l'humanité sous le signe de sa Vie et de sa présence, mais comme le disait Jean-Paul II, le seul problème qui existe toujours et partout est le problème de notre présence auprès du Christ res­suscité, le problème de notre permanence dans la vie du Christ, de notre intimité avec la vérité authentique de ses paroles et avec la puissance de son amour. 

    Le Ressuscité entre dans notre vie à travers les moments de joie intense et les moments de tristesse, semant l'espérance en toutes situations, même celles qui nous semblent être des voies sans issue. Soyons chacun ce que nous sommes, et soyons-le bien, en vérité, sans honte, humblement, en fidèles serviteurs de l'Amour. Jésus est toujours là, avec nous, pour pleurer, pour nous relever, pour nous rappeler que Pâques, c’est dans la vie! On ne ressuscite pas seulement après la mort biologique, mais aujourd’hui. Le Christ ressuscité nous communique son souffle de vie et nous permet de traverser les épreuves de l'existence dans la joie de l'espérance. 

    "Si l'espérance t'a fait marcher plus lloin que ta peur, tu auras les yeux levés.

    Alors, tu pourras tenir jusqu'au soleil de Dieu" (Hymne de la liturgie des heures)

    056_Alleluia_Filii.jpg

    Joyeuse fête de Pâques! 

  • SIMPLEMENT...

     

    IMG_8893.JPG

    Les personnes plus heureuses 

    N’ont pas nécessairement le meilleur de tout.  

    Simplement, elles exploitent au maximum 

    Tout ce qui se trouve sur leur route...

    Nous avons passé la Semaine Sainte en famille élargie, dans les Vosges. Sur le trajet de l'aller, je n'ai pas pu m'empêcher de photographier le tableau qui s'offrait à mes yeux. Il est fascinant de voir comment une route ennuyeuse devient chemin de plaisance en compagnie d'un merveilleux coucher de soleil! 

    Cette entrée en matière lumineuse était encourageante pour les jours suivants: nous partions avec un programme indéfini dans le contenu, mais avec un but précis qui n'avait rien de poétique. Il s'agissait d'évaluer les travaux à réaliser et à entamer de suite autant que possible, dans un semi-taudis dont nous avons fait l'acquisition voici une dizaine d'années. Après quelques expériences malheureuses avec des entrepreneurs, mon mari a perdu courage, et abandonné tout projet de rénovation pendant les trois dernières années. La participation de nos enfants, et d'un couple d'amis lui a rendu du baume au coeur. 

    Chacun a spontanément trouvé sa place, sans besoin de distribution "militaire". Tandis que la majorité du groupe s'attelait à des travaux manuels lourds, j'ai assuré le poste intendance et puériculture. Le fait de tout partager dans la bonne humeur et en parfaite harmonie a transformé ce qui aurait pu être corvée en moments palpitants. Ceci a donné l'impression d'avoir de vraies vacances, que nous n'aurions surtout pas voulu échanger contre un séjour du style "Club-Med". L'état des lieux, désolant à notre arrivée, était nettement plus optimiste à notre départ. Par le fait d'avoir largement nettoyé les alentours et à l'intérieur de la maison, ce qui semblait désespérant est devenu de l'ordre du possible en fin de semaine. Petit à petit, on y parviendra...

    Malgré le contexte, ma ferme intention était de me rendre à l'office du Jeudi Saint. Pourtant, après avoir mûrement médité, j'y ai renoncé une heure avant le départ, estimant que ma place était plutôt de rester pour accueillir ceux qui allaient rentrer harassés, affamés, et auraient besoin de raconter leur emploi du temps. Même si la prière restait largement présente en moi, j'ai senti qu'elle devait se vivre dans le concrètement bien vivre ensemble. Nous avons partagé le repas du soir en véritable communion fraternelle, à travers laquelle je ne dois pas avoir été la seule à avoir fait un rapprochement avec la fraction de pain par laquelle le Christ se donne à nous. Comme dans Ac, 2:46, « nous avons pris notre repas avec allégresse et simplicité », et dans mon temple intérieur « je louais Dieu » .

    IMG_8943.JPG

    La Semaine Sainte 2012 a été peu ordinaire pour moi, étant donné que je n'ai pas participé aux offices habituels, mais au cours de laquelle j'ai ressenti combien la dimension de l'Église envoyée au milieu des hommes est le vrai signe du salut offert au monde en tenant compte de ses besoins. La foi, pour se communiquer, doit être contagieuse, et ça ne nécessite pas de vivre des choses extraordinaires. C’est un esprit de vie qui se transmet, qui dit « lève-toi » à celui qui craint d'avancer, parce que la vie vaut la peine d’être vécue et est plus forte que la peur, que la mort. 

    Sur le chemin du retour, mon coeur était brûlant de joie en pensant que Pâques approchait, que nous allions bientôt assister à la veillée pascale. Ce que nous venions de vivre donnait tout son relief à la fête de la Résurrection...


     



     


  • DÉPASSEMENT

    spiritualité,fêtes,croix,pâques,avenir,richesse,réponse,espérance,courage

    Pâques après Pâques, nous fixons les yeux vers la Croix et cherchons à en pénétrer le Mystère. Notre faiblesse humaine ne peut recevoir toute sa force en une fois, et notre pauvreté ne peut accepter d'emblée toute sa richesse...

    Sur la Croix, il y a eu une personne en chair, en os. Comme moi. Comme tout humain. Mais sa particularité était d'être à la fois Dieu et homme, ce qui a fait de lui le Nouvel Adam, l'éclaireur de l'humanité nouvelle, répondant au désir de son Père, qu'il nous invite à appeler "Notre Père".
    Perdue par l'homme, la création renaît par le Christ, condamné par l'homme à la Croix, qui devient chemin de Résurrection. Jésus nous révèle l'inépuisable miséricorde de Dieu, son amour plus fort que le péché. 
    Avec le Christ, l'humanité entière est appelée à devenir réponse à ce qui est sa destinée de toute éternité.

    Pâques se fêtait hier, mais c'est chaque jour que nous devons permettre au Ressuscité d'apporter sa paix et sa consolation, par notre manière de semer l'Espérance à ceux que nous côtoyons. 

    spiritualité,fêtes,croix,pâques,avenir,richesse,réponse,espérance,courageDieu est l'espoir et l'avenir de l'homme. Quand quelqu'un n'a même plus envie de lutter, qu'il décide une bonne fois pour toutes d'avoir atteint ses limites, il arrive que le Christ, qui est l'au-delà de l'homme, l'appelle encore au dépassement de lui-même. Quand on pêche, il faut parfois jeter le filet de l'autre côté que celui qui est utilisé habituellement. Pour retrouver l'espérance, il arrive qu'il faille aussi prendre un autre chemin que celui auquel nous avions pensé. Face à une impasse, l'espérance c'est oser croire  que la voie n'est pas sans issue, que Dieu peut donner le courage de chercher un nouvel itinéraire, un chemin nouveau.

    "L'espérance porte beaucoup de noms. L'espérance ne se conjugue pas au singulier. C'est toujours d'espoirs qu'il s'agit, tout l'éventail des espoirs doit rester ouvert" 

    Hans Küng ).



    NB: La Calligraphie provient de "LES CALLI DE NATHI"