mort

  • MORT, OÙ EST TA VICTOIRE ?

     

    Pâques, une espérance pour tous (extrait de texte).

    Par Enzo Bianchi.

     

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    (...) Ô mort, où est ta victoire ? Ô mort, tu n'es plus

    le dernier mot pour les hommes, mais tu es devenue un passage, l'heure de

    l'exode de la vie terrestre à la vie éternelle, de ce monde au

    règne de Dieu... Voilà ce qui devrait être le chant du

    chrétien en ce jour de Pâques, la fête des fêtes.

    Parce que Christ est ressuscité, prémices de nous tous. Parce que

    la vie règne définitivement et qu'en toute créature a

    commencé un processus secret mais réel de rédemption, de

    transfiguration.

    La mort est une dominante qui pèse sur tous les hommes, une

    véritable puissance efficace : non seulement parce qu'elle inspire la

    peur et l'angoisse, contredisant la vie des hommes, mais aussi parce que,

    à cause d'elle, les hommes deviennent mauvais, et pèchent. Le

    péché est toujours égoïsme, qui contredit la

    communion avec les hommes et avec Dieu. Et c'est précisément la

    présence de la mort qui déchaîne ce besoin de « se

    » sauver, voire de vivre sans les autres ou contre les autres. La mort

    n'est pas seulement « le salaire du péché » (Rm 6,

    23) ; elle est aussi instigation au péché... Si les hommes sont

    poussés à pécher, c'est à cause de l'angoisse de la

    mort, de cette peur qui rend les hommes esclaves pour leur vie tout

    entière (cf. Hé 2, 14-15). En raison de l'angoisse et de la peur,

    le désir de vie des hommes devient haine, méconnaissance de

    l'autre, concurrence, rivalité, violence. L'angoisse peut tout

    défigurer, même l'amour. La mort apparaît ainsi active et

    présente, non seulement au moment où la vie physique du corps

    humain s'éteint, mais aussi auparavant : elle est une puissance qui

    réalise des incursions dans la sphère de l'existence et porte

    atteinte à la plénitude des relations et de la vie. Telle est la

    mort contre laquelle Jésus a lutté jusqu'à remporter la

    victoire (...).

     

    « On ne meurt pas chacun pour soi, 

    mais les uns pour les autres, 

    ou même les uns à la place des autres,

    qui sait ? »

     Georges Bernanos,

    Dialogue des carmélites

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  • NOUVELLE DATE ANNIVERSAIRE

    Papa est décédé il y a eu juste 3 ans hier...

    Désormais le 14 mai est la date où je lui souhaite un bon anniversaire, puisque c'est elle qui marque son entrée dans sa vie nouvelle.

    Bon anniversaire, Papa! 

    Ce que nous devenons après la mort est un bien grand mystère. Je ne connais rien de l'après-mort. Tout au plus j'imagine...Que ceux qui ont quitté notre terre s'installent dans un au-delà qui m'est encore inconnu, mais auquel je crois, qui se nomme Paradis, où j'espère me retrouver un jour. En attendant, je communique au quotidien avec papa, bien mieux que de son vivant au cours duquel les circonstances nous ont privés des échanges que nous aurions aimé entretenir. 

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    Puisque papa était sensible à l'art, avec une prédilection pour la musique classique, et qu'il appréciait beaucoup l'humour, je lui offre cette vidéo. 

    Cliquer sur le lien pour voir et écouter:

    ->http://youtu.be/BKezUd_xw20

    Je ne doute pas que, de là-haut, papa va se régaler de la prestation de ces musiciennes à la fois drôles et époustouflantes de virtuosité ...

  • VIVRE "AU PÈRE"

    Notre culture occidentale, sécularisée, vit dans la peur ...

    Le plus bel exemple concerne les deux extrêmes de l'existence humaine. L'élargissement de la loi de l'euthanasie a récemment été voté en Belgique. Par ailleurs, l'acharnement pro-créatif se banalise : AMP, Clonage, DPI, DPN, Fivette, GIFT, IAC, IAD, ICSI, Sexage, Thérapie génique... On accepte de moins en moins l'échec. On refuse ce qui n'est pas maîtrisé, programmé. 

    Dans ce monde en émoi qui ébranle nos certitudes, on ne sait plus très bien qui croire, que croire, et surtout qui nous sommes, quelle est notre identité. Chacun de nous n’est souvent guère plus qu’un « effet de système ». Étant agis, déterminés, pré-fabriqués par les structures, nous sommes de moins en moins sujets de notre action et de notre vie. Nous devenons, et c'est dramatique, des marionnettes suspendues au bout d'un fil, articulées par quelques dictateurs de la pensée. 

     

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    Ce phénomène provient, me semble-t-il, du fait que de plus en plus de gens rejettent la foi en Dieu! Le ressort spirituel de notre société devient le désir d'autonomie par rapport au Dieu créateur, ce qui aboutit à l'inhumaine loi du plus fort.

    Notre société n'a pas compris que Jésus est venu révéler un Père de douceur aux hommes. Rien à voir avec la notion d’un Dieu qui, par son omnipotence, dicterait et imposerait à ses créatures une ligne précise de conduite. C'est pourquoi je préfère la traduction moins confuse du Notre Père qui entrera en vigueur en novembre prochain : "Ne nous laisse pas entrer en tentation'", en lieu et place de "Ne nous soumets pas à la tentation". 

    La peur isole, la solidarité console, et c’est Dieu qui juge les cœurs. Il ne m'appartient pas de juger quelqu'un qui m'effraye, parce qu'il agit différemment de ce que je pense. Mais le danger de succomber à cette tentation est parfois là. Je ne suis capable d'aider une personne qui souffre, dépassée par ce qu'elle doit affronter et prête à des choix qui sont aux antipodes des miens, qu'en étant à l’écoute de Dieu par une prière intérieure, lui demandant de m’inspirer dans mes paroles et dans ma manière d'être. Il peut me conduire vers une démarche d'accueil qui me délivre, ainsi que ceux pour qui je reste disponible.

    Demander de ne pas entrer en tentation, c’est demander à ne pas douter de la présence de Dieu au milieu de nous, dans le monde tel qu'il est. Cette certitude me rassure et m'encourage à ne chercher que des réponses d'amour à des situations qui me heurtent de prime abord...

  • PITIÉ?

    6198225_orig.jpgDernièrement​, suite à l'appel au jeûne et à la prière pour éclairer les consciences par rapport au projet d'élargissement de la loi de l'euthanasie, ​Mme Herremans a dénoncé​ ​une 'terrible pression' de l’​É​glise catholique, qui utilise "des armes qui ne sont pas celles du débat démocratique"...

    ​Tiens, tiens! Cette personne reconnaîtrait-elle l'efficacité de la prière au point de la redouter comme un ennemi? Elle a raison, du point de vue que: « Dieu est fidèle, il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces » (1 Co 10, 13). Et aussi : « Si deux d'entre vous, sur terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père » (Mt 18, 19)

    Voici le lien d'un message poignant envoyé à notre Roi de Belgique par une fillette québécoise de 4 ans. L'enfant est aidée par ses parents pour intervenir, et je ne sais pas s'ils sont ou non chrétiens, mais leur démarche est clairehttp://youtu.be/kuiTu3JrR9E

    Ma conviction est que tôt ou tard, les démarches spirituelles vaincront, quand bien même l'extension de la loi de l'euthanasie serait votée, car: « Par la prière, tout ce qui pourrait nous nuire est mis en fuite » écrit saint Augustin.

    Piété et pitié ne s'accordent pas forcément! Aujourd'hui, ​on veut tout peser, tout maîtriser​, mais ​la prière échappera toujours au contrôle des ​lois humaines. Dieu permettra peut-être que la loi s'élargisse, mais, fidèle et compatissant, il répondra à ceux qui l'implorent et à tous ceux qui plaident en faveur de la vie, en les aidant à ne pas recourir à cette loi lorsqu'ils seront confrontés à des situations pénibles. 

    Nous vivons un moment de crise qui touche différents secteurs de l’existence, non seulement celui de l’économie, de la finance, de la sécurité alimentaire, de l’environnement mais également celui du sens profond de la vie et des valeurs fondamentales qui l’animent. (...) Le caractère missionnaire de l’Église n’est pas un prosélytisme mais un témoignage de vie qui illumine le chemin, qui porte espérance et amour(...) (Pape François)

  • LUMIÈRE!

     

    Lumière! C'est le mot important de ce jour, pour ceux qui fêtent la Chandeleur...

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    Et Dieu dit : « Que la lumière soit ! » et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne. Dieu sépara la lumière de la ténèbre. Dieu appela la lumière « Jour » et la ténèbre, il l’appela « nuit ». Il y eut un soir, il y eut un matin : premier jour (Gn 1, 3-6).

    Lors de l’Incarnation, Jésus devient lumière: «Je suis la lumière du monde. Celui qui vient à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres ; il aura la lumière qui conduit à la vie »Jn 8, 12).

    La Chandeleur est une nouvelle théophanie. Dieu est lumière et sa clarté guide le fidèle dans la nuit : « C’est toi qui allumes ma lampe. Le Seigneur mon Dieu illumine mes ténèbres » (Ps 18[17], 29).

    La lumière et la nuit / La vie et la mort. Un thème épineux en ces moments où l'on penche vers l'élargissement de la loi pour l'euthanasie...

    Le temps me manque pour prolonger ce billet, mais je vous invite à poursuivre la réflexion à ce sujet...

  • AU NOM DU PROGRÈS...

    L'attitude de nos sociétés par rapport à la vie humaine est en train de changer de façon à la fois rapide et radicale...

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    "Nous vivons en Occident dans une étrange société où l’on voudrait que les gens ne meurent plus. Même ceux qui choisissent volontairement le danger", lisais-je dernièrement dans un article du journal Le Vif

    Aux limites de la science-fiction et des avancées médicales, certaines recherches bio-technologiques actuelles promettent l'immortalité grâce à des implants dans le cerveau qui transformeraient les hommes en robots pensants, des êtres intelligents artificiels. Même en greffant une multitude d'implants cérébraux, l'homme restera cependant toujours inquiet face à son destin. Il lui restera toujours à définir le sens de la vie. Et à cet égard, tôt ou tard l'humanité devra s'interroger sur ses fins dernières. 

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    Dans le même temps, les partisans de l’euthanasie militent pour l’instauration d’un véritable «droit à choisir sa mort», y compris dans le cas de personnes qui, sans être malades, sont moralement «lasses de la vie». En Belgique, il est fortement question d'étendre la loi relative à l'euthanasie aux mineurs et aux personnes atteintes d'une affection cérébrale incurable.

    La règle est simple: on a le droit de vivre, le plus longtemps possible, pour autant que ça ne gêne personne. On a le devoir de mourir proprement, sans bruit, discrètement, rapidement! Dit plus crûment: on préfère les morts aux mourants.

    Rendre la parole aux personnes qui souffrent? Ce serait formidable! Mais... Parce que leurs plaintes et leurs gémissements, on n'en veut plus, on leur force la parole en les retranchant dans le seul choix possible, qui est de se taire à jamais au plus vite.

    Permettre de mourir dans la dignité? Tiens donc! Serait-il indigne de souffrir? Indigne d'attendre l'heure du dernier soupir sans trafiquer la vitesse des aiguilles? D'ailleurs, une seule aiguille suffit encore, celle qui injectera la dose létale. Pour rester dans le chapitre de la dignité, et ce n'est pas moi qui l'affirme, mais un médecin oncologue qui travaille en soins palliatifs depuis des années dans un hôpital de Tournai, on dispose à l'heure actuelle d'une variété suffisante de médicaments pour soulager toute douleur, et lorsque la souffrance demeure insupportable, elle est généralement d'ordre moral ou affectif, ce qui demande une présence aimante, à l'écoute, réconfortante. 

    En réalité, sous le faux prétexte de libérer la personne souffrante, le principal mobile des pro-euthanasie est leur incapacité de regarder en face ce qui les renvoie à leur propre histoire. Autrement dit, on passe au tri des humains, et on évacue"les encombrants" hors du champs de vision, parce que leur présence fait effet miroir sur ce que l'on veut occulter. Réflexe bien humain et compréhensible auquel on devrait répondre en accompagnant les proches d'une personne en phase terminale. Comme ça se pratique en soins palliatifs.  

    « Des machines à tuer permettront d’éliminer la vie, lorsqu’elle sera trop insupportable ou économiquement trop coûteuse. Je pense donc que l’euthanasie sera une règle de la société future. » (Jacques Attali- "L’Avenir de la vie", 1981).

    La société est devenue utilitariste. Nous glissons de plus en plus dans une logique selon laquelle il ne s’agit plus du droit de mourir, mais bien de l'interdiction d'encore vivre parce que le droit de tuer est admis, voire prôné. Nous sommes en plein dans le relativisme moral et le refus de reconnaître le vrai bien conforme à la dignité de l’être humain. Sous prétexte de sentiments, qui ne sont que sensiblerie, on assiste à la banalisation de penser qu'il existe des vies humaines qui ne valent pas la peine d'être vécues. Ne répondant plus à certains critères de qualité, elles ont dès lors moins de valeur que d'autres vies. 

    Des franges de plus en plus larges de la population (y compris des Chrétiens) estiment que certaines vies humaines, qu'il s'agisse d'embryons, de fœtus, de personnes souffrant de handicap profond ou de maladie grave, ne méritent plus d'être respectées et prises en charge en toute circonstance. Ces personnes défaillantes gênent le paysage des gens prétendus "normaux" en transgressant le monde dans lequel ils entendent vivre! Un odieux crime de lèse-majesté, tout de même, de s'imposer de la sorte!

    Pourtant... La vie de tout être humain quel que soit son état de santé, de handicap ou de souffrance, doit être respectée. Ceci implique que notre société, dans son ensemble et dans un esprit de solidarité, est tenue de prendre en charge de façon humaine et responsable, ce qui veut aussi dire sans acharnement, tous ceux qui se trouvent dans une situation de grande détresse.

    " C'est le diable qui fait bouillir la casserole, mais Dieu qui en tient le manche ", dit un proverbe italien. Dieu n'a pas créé le monde pour l'abandonner. Là est mon espoir et ma confiance...

  • SILENCE-PRÉSENCE (1)

    Est-ce le silence, que nous craignons dans la mort?

    "Accoutumons-nous à considérer la mort comme une forme de vie que nous ne comprenons pas encore. Apprenons à la voir du même oeil que la naissance. Il est tout à fait raisonnable et légitime de se persuader que la tombe n'est pas plus redoutable que le berceau". 

    (Robert Sabatier, Dictionnaire de la Mort, op. cit., p. 348)

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    Les paroles passent entre les hommes, mais le silence qui a été actif ne s'efface jamais. Je pense que la vie véritable, la seule qui laisse quelque trace, est faite de silence. Depuis que Papa est mort, je constate combien nous sommes redevenus proches, bien plus que pendant les dernières années de sa vie.

    "Le souvenir, c'est la présence dans l'absence,

    C'est la parole dans le silence,

    C'est le retour sans fin du bonheur passé

    Auquel le coeur donne l'Immortalité"

    Henri Lacordaire

    Mon adolescnce a été alimentée par de riches échanges "philosophiques" avec Papa. Ils ont duré jusqu'à environ mes 30/35 ans, puis se sont raréfiés de plus en plus, étant jugés inintéressants et ennuyeux par décret maternel.

    La bouche de Papa s'est fermée pour toujours, mais sa langue s'est déliée hors des opacités qui brouillaient notre communication. Nos conversations sont à nouveau à l'ordre du jour. D'anciens messages reprennent vie en moirésonnants, percutants, plus vibrants que jamais. En fait, le Papa perdu est maintenant retrouvé, sans chair mais consistant à travers un langage clair, trnsparent, exempt de mots et à l'accent d'Éternité.

    Qui sait si le silence ne serait

    l'unique intimité sans fond de tout

    ce qui naît et meurt

    Qui sait si le silence ne serait

    la racine et la floraison de toute

    langue

    Michel Camus

     


     


     

     

  • DERNIÈRES VOLONTÉS

    La notoriété d’Alexandre Le Grand, dit Le Conquérant, s’explique par son ambition à la fois illusoire et partiellement concrétisée...

     

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    Alexandre le Grand, buste réalisé au XVII° siècle, conservé au Musée National du château et des Trianons de Versailles.

    Il rêvait de gloire et de victoires. L'Occident et L'Orient connurent gâce à lui une unité politique jamais retrouvée par la suite. Ce fut de courte durée: il mourut subitement le 28 Dæsios au soir (c'est-à-dire le 13 juin -323) à l’âge de 33ans, alors qu'il était de retour d'une guerre. 

    Selon la légende, voyant sa mort prochaine, Alexandre réalisa à quel point ses conquêtes, sa grande armée, son épée aiguë, et toutes ses richesses, avaient été sans conséquence. Il ne lui restait plus que l'envie de rentrer chez lui pour revoir sa mère, et lui dire son dernier adieu. Mais, conscient que son état de santé ne lui permettrait pas d’atteindre sa lointaine patrie, il convoqua ses généraux et leur communiqua ses dernières volontés.

    Voici ses trois ultimes exigences :

    1 - Que son cercueil soit transporté à bras d'homme par les meilleurs médecins de l'époque. 

    2 - Que les trésors qu'il avait acquis (argent, or, pierres précieuses... ), soient dispersés tout le long du chemin jusqu'à sa tombe, et... 

     3 - Que ses mains restent à l'air libre se balançant en dehors du cercueil à la vue de tous. 

    L'un de ses généraux, étonné de ces requêtes insolites, demanda à Alexandre quelles en étaient les raisons.

    Alexandre lui expliqua alors ce qui suit : 

    1 - Je veux que les médecins les plus éminents transportent eux-mêmes mon cercueil pour démontrer ainsi que face à la mort, ils n'ont pas le pouvoir de guérir...

    2 - Je veux que le sol soit recouvert de mes trésors pour que tous puissent voir que les biens matériels ici acquis, restent ici-bas... 

    3 - Je veux que mes mains se balancent au vent, pour que les gens puissent voir que, les mains vides, nous arrivons dans ce monde et, les mains vides, nous en repartons quand s'épuise pour nous le trésor le plus précieux de tous : le temps... 

    Si ce n'est que légende, peu m'importe, j'aime ces dernières volontés...

     

     

     

     

  • EN 'FIFF' REMENT

    Comme chaque année à pareille époque, je viens de m' 'en "FIFF" rer' pendant une semaine...


    vie,mort,loisirs,cinéma,fiff,amourPour cette 27ème édition, le FIFF a eu le plaisir d’accueillir l’acteur français Benoît Magimel ! Il a tenu son premier rôle en entrant dans la peau de Momo Groseille dans «
     La Vie est un long fleuve tranquille » d’Étienne Chatiliez (1988), alors qu'il n'avait encore que douze ans.

    Alors que le festival ouvrait les portes dès le vendresi soir, je ne suis entrée dans le bain  cinématographique qu'à partir du lundi, étant retenue par des engagements familiaux durant tout le WE. Certains films m'ont mieux plu que d'autres, mais aucun ne m'a déçue. Voici ma programmation:  

    « Torpédo » de Matthieu Donck

    «Selon Matthieu » de Xavier Beauvois

    « Et si on vivait tous ensemble » de Stéphane Robelin, un film en auto-description proposé par « Les Amis des Aveugles »

    « Dead Man Talking » de Patrick Ridremont (qui a obtenu le prix du public Namurois)

    « C'était un géant aux yeux bruns » d'Eileen Hofer

    « Sous le figuier » d'Anne-Marie Étienne

    « Catimini » de Nathalie Saint-Pierre

    « La Pianiste » de Michael Haneke (qui a valu à Benoît Magimel le Prix d’interprétation à Cannes),

    « Hors les murs » de David Lambert

    « Dans la Maison » de François Ozon.

    Certains de ces films parlent de la mort en célébrant la vie jusqu'au dernier souffle, sans les peurs qu'elle suscite, ni minimiser le choc du départ. 

    Aimer la vie, c’est prendre le risque de souffrir, c'est accepter la mort et vivre jusqu'au bout en changeant profondément le regard des proches, de partir apaisé, et surtout entouré. 

    Quelles que soient les cartes de départ, il est possible d’ouvrir son jeu, il n'est jamais trop tard pour remplir sa vie à ras bord. Parfois, la fin est si intense qu'elle devient consistante au point de compenser le vide de tout ce qui a précédé.

    Psychiques ou physiques, les fragilités de l'âge réduisent l'autonomie des personnes âgées. Mais ensemble, tout peut changer! Dans la complémentarité, on parvient à mener une existence plaisante et sécurisante. 

    Quelques films abordent d'autres réalités, celles des blessés de la vie. Ils possèdent le nécessaire pour bien s'en sortir, mais ils n'y croient pas, ou plus. Ils se sentent si peu concernés par leur participation au monde, que leur existence leur semble sans intérêt. Ils se réfugient dans des paradis artificiels qui les emprisonnent en leur donnent l'illusion de vivre, ou qui les mènent droit au suicide. 

    Quelques arrêts sur images, glanés d'un film à l'autre au cours de cette semaine du FIFF, ont probablement rappelé à beaucoup de spectateurs que la mort, comme la vie, est plus supportable quand on est bien accompagné, que l'on se sent aimé, que l'on se sent capable, et autorisé, d'aimer.

    Arrêt sur images, mais pas sur le FIFF. Je me prépare déjà pour la 28 ème édition...

  • DROITS? LIBERTÉ?

    Y'en a marre, d'entendre parler de droits et de liberté à toutes les sauces!

    Voici mon commentaire, suite à un article concernant l'élargissement de l'euthanasie aux personnes inconscientes et aux mineurs d'âge...

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    RÉACTION À LA PROPOSITION DU PS POUR ÉLARGISSEMENT DE LA LOI DE L'EUTHANASIE AUX MINEURS ET AUX  PERSONNES INCONSCIENTES: 

    Cette proposition me paraît incohérente dans la mesure où, pour justifier du droit à la liberté, on invoque le choix de personnes qui ne sont justement pas en mesure de décider. Et j'en conclus que la "mise à mort" deviendra une projection du propre système de pensée des décideurs, pour qui la vue des personnes en fin de vie est insoutenable. D'une part parce que leur temps est grignoté par une présence à assurer, d'autre part parce qu'ils sont face à la fragilité de l'être humain. Car finalement, le fond du problème n'est-il pas de rapidement évacuer tout ce qui gêne, et que l'on voudrait ignorer pour continuer à "vivoter" comme si tout devait fonctionner sans ombre. Or, vivre, c'est apprendre à regarder la mort en face, en l'apprivoisant et en l'acceptant telle qu'elle se présente. Mais nous sommes dans une culture qui nie de plus en plus le droit à la vie, et ce dès la conception. Comment est-il possible de faire simultanément mémoire du passé en se lamentant sur des massacres de tous genres, tout en s'octroyant de plus en plus le droit de tuer aujourd'hui???