bonheur

  • MODE- ET- RATION

    Vivre sans excès est un choix individuel et libérateur, dans la mesure où l'on rêve à la mesure du possible...

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    Bien entendu, ceci n'est vrai que si l'on peut régler ses désirs sans être réduit à des restrictions imposées par la pauvreté ou par l’idéologie inégalitaire.

    Il est frappant de voir à quel point certaines personnes deviennent aigries parce qu’elles n’ont pas atteint les objectifs qu’elles s’étaient fixés: scolaires, professionnels, familiaux, sociaux... Pourtant, ne pas vouloir toujours plus permet d’être heureux en ne ressentant pas de jalousie envers ceux qui possèdent davantage.

    La modération est la cerise sur le gâteau! Elle apaise nos ambitions, nos soifs affectives, notre besoin de valorisation. Elle inspire à accepter l’ordre des choses. Elle n'est pas résignation, mais décision. Sans se replier sur soi, on laisse sans amertume les autres s’agiter et les plus voraces prendre la place qu'ils convoitent. 

    Au fur-et-à mesure que l’on avance dans la vie, le fait de réajuster ses aspirations au regard de la réalité permet de se libérer du rôle que l'on s'était initialement imposé, ou voulu par les autres. On se détache de la pression sociale, on cesse d’être dans la comparaison. On arrête d’être dans l'effervescence, la course, de vouloir remplacer chaque désir satisfait par un nouveau désir. On organise ses priorités et on apprécie le bonheur de petites choses. Ça simplifie la vie et c’est reposant. On rêve petit, par choix, mais on rêve encore! 

    La modération est tout un travail sur soi, qui permet de vivre en "mode- et- ration". Ses "fans" cherchent à "parvenir", mais pas au sens mondain: en se sentant utiles, en goûtant un "vivre tranquille" en se donnant les moyens de jouir d’un bonheur accessible.

    Plus je vieillis, plus je prône la modération. Elle me semble être est la voie qui mène à une vie heureuse...

  • PLAISIR

    La plupart des gens tendent par-dessus tout au plaisir. Nous sommes en effet créés pour le bonheur, et le plaisir y contribue...

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    Tous les plaisirs ne rendent pourtant pas heureux, car si certains sont bons, d'autres deviennent ravageurs pour soi ou pour les autres à qui on fait subir ses caprices. Quels sont les plaisirs que j'accueille dans ma vie, en moi, sont-ils humanisants ou hypertrophiants? Pour être libérateur, le plaisir demande la culture du don de soi pour ne pas rester au stade de l'égoïsme. Le bonheur provient de l'équilibre judicieux entre les plaisirs immédiats et le bien-être durable. Ceci suppose d'évaluer les situations, de se connaître, d'avoir la capacité à se projeter, à anticiper les événements. Je travaille mon jardin pour la satisfaction de la récolte qui suivra et le plaisir d'en faire profiter les autres. Même si mon blog est beaucoup moins alimenté qu'au début de sa création, je continue à y publier des articles pour apporter quelque chose qui intéressera ceux qui le lisent encore...

    Un "moi" suprême est en chacun de nous, en paix. Tout serait simple si la nature humaine était en tandem avec la nature spirituelle. Mais elles sont fréquemment en rivalité, et c'est en nous détournant de l'égo que nous parvenons à la communion au divin. Il ne s'agit pas d'anéantir notre esprit, mais de trouver un moyen, un lieu, où être en paix avec lui. Il est capital de ne pas idolâtrer le plaisir au point de se fourvoyer dans la spirale de faux-plaisirs auxquels nous sommes constamment invités d'adhérer par des publicités, sous prétexte de profiter "à fond" de la vie, alors qu'ils mènent hors d'elle! Le plaisir comme don de Dieu s'éduque. Il est le couronnement d'un désir qui apprend à partager pour se mettre au rythme de l'autre, un désir qui va jusqu'à l'abandon, la "démaîtrise", la vulnérabilité, l'humilité, l'Amour. Le plaisir "juste" nous dit quelque chose de la plénitude que nous sommes appelés à vivre dans l'Éternité et en même temps de la finitude de nos expériences terrestres... 

    Ce temps de Carême devrait servir à rejoindre Dieu. Ce qui Lui plaît, c'est que l'homme vive, qu'il habite cette vie qui lui est donnée, à travers son corps qui est l'expression de sa personne et le lieu du don de soi et à partir duquel on ressent ou on ne ressent pas le plaisir. 

  • UN ART DE VIVRE...

     

    « Tous les hommes font la même erreur, de s’imaginer que le bonheur veut dire que tous les voeux se réalisent » (Léon Tolstoï)

     

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     Nourrir un trop grand espoir de voir les voeux se réaliser peut entraîner manque et frustration de ce que nous ne possédons pas et de ce que nous ne sommes pas. Pourtant, le bonheur n’est pas qu’une illusion. C’est un idéal qui sert d'émulation, un objectif qui nous invite à prendre en main notre propre existence.

    Le bonheur s'obtient lorsque l'on parvient à discipliner sa pensée et qu'on ne le cherche plus là où il n'est pas. Il est dans des plaisirs ponctuels que l'on peut vivre. 

    Le bonheur est un véritable art de vivre, une manière d'aborder l'a vie sans se laisser affecter outre mesure par les désagréments. C'est un équilibre à trouver, qui dépend de nous...

  • POUR ÊTRE HEUREUX

    Alors que je me proposais de préparer un billet pour nourrir le ventre affamé de Vivance...

    ... j'y ai renoncé après avoir lu cet article, paru sur le site de Notre Dame  du Web, et que je reprends intégralement ici...

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    Pierre Teilhard de Chardin fut un jésuite français (1881-1955). Paléontologue et géologue reconnu, il fut aussi théologien et philosophe.

    Le texte suivant nous présente sa vision du bonheur.

     

    (Vous pouvez lire la biographie de Teilhard sur cette page).

     L'auteur s'exprime bien mieux que moi  au sujet du bonheur, qui est un sujet sur lequel j'ai  beaucoup médité ces deux derniers mois, et que j'allais aborder (NDLR)...

    1. Pour être heureux, premièrement, il faut réagir contre la tendance au moindre effort qui nous porte, ou bien à rester sur place, ou bien à chercher de préférence dans l’agitation extérieure le renouvellement de nos vies.Dans les riches et tangibles réalités matérielles qui nous entourent il faut sans doute que nous poussions des racines profondes. Mais c’est dans le travail de notre perfection intérieure, – intellectuelle, artistique, morale –, que pour finir le bonheur nous attend. La chose la plus importante dans la vie, disait Nansen1, c’est se trouver soi-même. L’esprit laborieusement construit à travers et au-delà de la matière – Centration.

    2. Pour être heureux, deuxièmement, il faut réagir contre l’égoïsme qui nous pousse, ou bien à nous fermer en nous-mêmes, ou bien à réduire les autres sous notre domination. Il y a une façon d’aimer, – mauvaise, stérile –, par laquelle nous cherchons à posséder, au lieu de nous donner. Et c’est ici que reparaît, dans le cas du couple ou du groupe, la loi du plus grand effort qui déjà réglait la course intérieure de notre développement. Le seul amour vraiment béatifiant est celui qui s’exprime par un progrès spirituel réalisé en commun. –Décentration.

    3. Et pour être heureux, – tout à fait heureux, troisièmement – il nous faut, d’une manière ou de l’autre,indirectement ou à la faveur d’intermédiaires graduellement élargis (une recherche, une entreprise, une cause…) transporter l’intérêt final de nos existences dans la marche et le succès du Monde autour de nous.Comme les Curie, comme Termier2, comme Nansen, comme les premiers aviateurs, comme tous les pionniers dont je vous parlais plus haut, il faut, pour atteindre la zone des grandes joies stables, que nous transférions le pôle de notre existence dans le plus grand que nous. Ce qui ne suppose pas, rassurez-vous, que nous devions pour être heureux faire des actions remarquables, extraordinaires, mais seulement, ce qui est à la portée de tous, que, devenus conscients de notre solidarité vivante avec une grande Chose, nous fassions grandement la moindre des choses. Ajouter un seul point, si petit soit-il, à la magnifique broderie de la Vie ; discerner l’Immense qui se fait et qui nous attire au cœur et au terme de nos activités infimes ; le discerner et y adhérer : – tel est, au bout du compte, le grand secret du bonheur… – Surcentration.

    Teilhard de Chardin (1881-1955)
    texte extrait de 
    Sur le bonheur.

    1 Fridjdoft Nansen (1861 – 1930) fut un grand explorateur, un éminent scientifique et un grand diplomate norvégien ; il reçut le prix Nobel de la paix en 1922.

    2 Pierre Termier, (1859-1930) est un géologue français. Spécialiste de la tectonique et de la synthèse structurale des Alpes, il a étudié les mouvements tangentiels de la chaîne.

  • TOP 10 DU BONHEUR

    Le Top 10 du bonheur selon le Pape François...

    ARTICLE du magazine "famille chrétienne"| 31/07/2014 | Par Ary Waldir Ramos DiazShare on facebooShare on twitter

     
    Pape blagueur

    Pape François

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    Le 27 juillet dernier, la revue dominicale argentine Viva du quotidien Clarin a publié une nouvelle interview du pape François, signée du journaliste Pablo Calvo. 

    Lors d'une rencontre qui aura duré pas moins de 77 minutes à la résidence Sainte-Marthe, au milieu d'un groupe d'émigrés argentins en Suède, le 7 Juillet dernier, le Pape a notamment déclaré que le Prix Nobel de la Paix ne l’intéressait pas particulièrement, a exprimé ses préoccupations au sujet des guerres en cours, la protection de la nature et les dangers de ne pas profiter du temps libre pour les relations personnelles et familiales. Il a évoqué les jeunes et la nécessité de les aider à trouver un emploi décent.   

    Le décalogue du ’bien vivre’ selon le Pape François

    -1- Vivre  et laisser vivre, le premier pas vers le bonheur. « Vis et laisses vivre, voilà le premier pas vers la paix et le bonheur ». Dans la vidéo publiée sur le journal Clarín, le Pape explique que les Romains ont un dicton : « Allez et laissez les gens aller de l’avant ».

    -2- Se donner aux autres, pour ne pas laisser le cœur s’endormir. «  Quelqu’un qui s’arrête court le risque de devenir égoïste. Et l’eau stagnante est la première à se corrompre ».  

    -3- Se mouvoir avec humilité, lentement, au milieu des personnes et des situations. Le Pape emploie le terme « stagnant »,  repris d’un classique de la littérature argentine «  Dans Don Segundo Sombra (roman de Ricardo Güiraldes), il y a un passage très beau, quelqu’un qui relit sa vie. Le héros raconte que, jeune, il était  un torrent de montagne qui emportait tout sur son passage; adulte, il était un fleuve qui allait de l’avant;  et devenu vieux, il se sentait en mouvement, avançait, mais lentement, en stagnant. J’utiliserais cette image du poète et romancier Ricardo Güiraldes, ce dernier adjectif, stagnant. La capacité à se mouvoir avec bienveillance et humilité, l’eau stagnante de la vie » a-t-il affirmé  en tournant ses pensées vers les aînés qui « ont cette sagesse, ils sont la mémoire du peuple ».  

    -4- Préserver le temps libre comme « une saine culture du loisir».Le Pape exhorte à profiter de la lecture, de l’art et des jeux avec les enfants. « Le consumérisme nous a amené l’angoisse  de perdre la saine culture du temps libre » fait-il observer.  Aujourd’hui, je confesse peu, mais à Buenos Aires je confessais beaucoup et aux jeunes mères qui venaient, je demandais : « Combien d'enfants avez-vous? Jouez-vous avec vos enfants? » . Une question inattendue, mais je leur disais que jouer avec les enfants est essentiel, la clé d’une culture saine ». C’est difficile pour  les parents qui vont travailler tôt et reviennent parfois quand les enfants sont endormis, mais il faut le faire ».  

    -5- Le dimanche est pour la famille. « L'autre jour, à Campobasso (Italie), je suis allé à une rencontre entre le monde de l'université et le monde du travail, tous réclamaient le dimanche chômé.  Le dimanche, c’est pour la famille ».  

    -6- Aider les jeunes à trouver un emploi décent. « Il faut se montrer créatifs avec cette frange de la population. Faute d’opportunités, ils peuvent tomber dans la drogue. Et le taux de suicide est très élevé chez les jeunes sans travail. L’autre jour, j’ai lu, mais il ne s’agit pas d’une donnée scientifique, qu’il y aurait  75 millions de jeunes de moins de 25 ans en chômage. Cela ne suffit pas de les nourrir: il faut inventer pour eux des cours d’une année pour être plombier, électricien, couturier. La dignité permet de ramener du pain à la maison ».  

    -7- Prendre soin de la création, aimer la Nature. « Nous devons prendre soin de la création et nous ne le faisons pas. C’est un  de nos plus grands  défis ». Apparaît avec insistance la volonté du Pape de transmettre la valeur de l’écologie, probablement le thème de sa prochaine encyclique.

    -8- Oublier rapidement le mal qui affecte la vie. « Le besoin de dire du mal de l’autre trahit une faible estime de soi. Cela veut dire que je me sens tellement mal que, au lieu de me relever, j’abaisse l’autre. Il est sain d’oublier rapidement le négatif ».

    -9- Respecter la pensée de l’autre, sans prosélytisme religieux. “ On peut troubler l’autre par le témoignage, afin que les deux progressent ans ce dialogue. Mais la pire chose est le prosélytisme religieux, qui paralyse: « Je dialogue avec toi pour te convaincre », non. Chacun dialogue depuis son identité. L’Église croît par l’attraction, non par le prosélytisme ».  

    -10- Rechercher la paix est un engagement. Le dernier conseil du Pape est de tout faire pour rechercher la paix face aux conflits armés  qui affectent plusieurs régions du monde. « Nous vivons dans une époque où les guerres sont nombreuses. En Afrique, elles semblent des guerres tribales, mais sont quelque chose de plus. La guerre détruit. Et l’appel à la paix doit être crié. La paix évoque parfois le calme, mais la paix n’est jamais la quiétude, c’est toujours une paix active ».  

    Le Saint-Père a enfin affirmé que sa nomination pour le Prix Nobel de la paix n’est pas à l’ordre du jour, tout en confirmant que « tout le monde doit être engagé dans la question de la paix ». Et d’ajouter à propos du prix : « Je vous dis la vérité. Je n’ai jamais accepté de doctorats et tous ces prix qu’on vous offre, sans pour autant les mépriser. Je n’y pense jamais, et encore moins (il rit)  vais-je  penser à ce que je ferai avec tout cet argent, en toute franchise ». 

    Ary Waldir Ramos Diaz

     

     
  • AMBIANCE VACANCES

    De retour depuis avant-hier soir, après un peu plus de deux semaines d'absence ...

    Nos vacances ont commencé par l'Est de la France pour se terminer dans le Sud. Quelques jours en compagnie de nos enfants et d'amis, rythmés selon nos envies, en consultant rarement nos montres, sans internet, sans télévision. La formule idéale pour saisir l'extraordinaire de l'ordinaire, parce que l'on prend le temps de s'émerveiller sur certains détails. Une vie simple, tellement emplie de petits bonheurs que nous n'avions aucun autre besoin que nos partages. Notre seul luxe a été un modeste souper au resto en l'honneur de l'anniversaire de mon mari (20 juin), que nous n'avions pas encore pu fêter, faute de trouver une date qui convienne à tous.  

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    Tout en revenant sur les lieux des vacances de l'été dernier, les paramètres changent. Notamment, de par l'évolution de notre petit-fils, qui vient d'avoir 3 ans en juin, dans son langage, ses intérêts, ses ressentis, sa participation à la collectivité... Désormais, nous comptons un vaillant petit marcheur-cycliste (d'où le port du casque) en plus dans nos escapades. Il est prématuré de savoir s'il fréquentera une branche scoute plus tard, mais il est dans le "toujours prêt" lorsqu'il s'agit de s'évader dans la nature. Voici quelques bribes de notre séjour ci-dessous...

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  • ÉCHEC ET CHANCE


    9782220054810.jpgL'an dernier, lors d'une rencontre "familles nouvelles"
    (un groupe du mouvement des Focolari), nous avons lu quelques passages d'un livre de Anselm Grün intitulé "L'échec, une chance"...

    Est-ce dire que l'aptitude au bonheur passe par l'aptitude au malheur? Oui et non... Ça signifie qu'il faut apprendre à rebondir sur ses 'échecs' pour saisir sa chance.

    Il est évident que si on a connu le bonheur avec un être cher, nous sommes malheureux lorsque cet être nous quitte, parce que justement nous avons connu le bonheur. Faut-il pour autant pousser la rationalisation jusqu'à conclure que pour ne pas être malheureux, je n'aimerai plus personne et ainsi je n'aurai plus de chagrin du tout ? La sage réponse est dans ce que dit Le Tao Te King :

    Le malheur marche au bras du bonheur, le bonheur est au pied du malheur ...

     

     

  • JE SANS NOUS

    La pensée de beaucoup de nos contemporains devient: "J'en ai envie, j'y ai droit, je veux l'obtenir", négligeant ainsi  la notion du "nous"...

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    L’homme qui, pour être heureux, veut s’assurer qu’il aura perpétuellement les moyens d’obtenir la satisfaction de ses désirs, plonge au contraire dans l'anxiété. Passant de l'individualisme au matérialiste, il "doit" posséder, de suite bien sûr!, tous les biens possibles, qu’ils soient nécessaires ou non, afin de combler son égocentrisme. Il se soucie pour lui-même de son voisin, afin de savoir s’il possède autant de biens que ce dernier. Ce faisant, il construit son malheur! Cette description est certes une caricature, mais, mais... 

     

     

  • BON PLACEMENT

    Les lectures de la messe de ce dimanche invitaient à revenir à l’essentiel, à la vocation originaire de l’homme, celle de privilégier le rapport avec Dieu avant toutes choses... 

    « Vanité des vanités, disait l'Ecclésiaste. Vanité des vanités, tout est vanité ! » (du livre de l'Ecclésiaste 1,2.2,21-23.)

    « Gardez-vous bien de toute âpreté au gain ; car la vie d'un homme, fût-il dans l'abondance, ne dépend pas de ses richesses. » (de Lc, 12: 13-21)

    Des paroles emplies de sagesse, mais âpres à avaler pour des "bons vivants"! Hier, elles coulaient de source pour moi, car elles faisaient écho à ce que j'avais vécu vendredi lors des funérailles d'un ami, décédé à l'âge de 56 ans. Quelques objets accompagnaient son cercueil. Leur seule valeur était ce qu'ils symbolisaient. Parmi eux, le chapeau scout et une paire d'échasses (une avec les couleurs des Mélans et l'autre avac les couleurs des Avresses), étaient ce qui avait relié et reliait encore, au défunt, beaucoup de personnes de l'assemblée, entre autres un de mes frères, mon mari, et moi. Lors de cette cérémonie où la vie d'un homme a été retracée, il était très clair que l'essentiel de ce qu'il laisse après lui ne dépend pas de l'état de sa fortune.

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    Est-ce à dire qu'il faille cracher sur les possessions matérielles ? Surtout pas! J’aime vivre dans une maison agréable, de dormir dans mon lit moelleux, de trouver de la nourriture bien conservée dans un frigo, de surfer sur le net grâce à mon ordinateur, de disposer d'une voiture pour me déplacer à ma guise... Ça ne m’intéresse pas de jouer à la misérable quand je ne le suis pas, et j'apprécie les progrès apportés par des années de civilisation.

    Je ne crache pas non plus sur l’argent. Il n’est pas sale en soi, et il m'est nécessaire pour manger, payer mes factures, m’adonner à divers loisirs, recevoir des gens... Mais je ne sacralise pas mes possessions matérielles, et je considère que l'argent est un moyen, et non une fin. 

    Mon compte en banque représente mathématiquement une certaine richesse, mais ne sera jamais source de bonheur pour moi. Par contre, tous ceux qui sont chers à mon coeur représentent une richesse authentique, immatérielle, la véritable source de mon bonheur. Les actions bancaires ne sont pas à mon programme, et je spécule sur le seul placement qui soit sûr à long terme, en remplissant  au maximum ma vie d'actions porteuses d'amour. Car oui, je pense que l'adage dit vrai: "L'argent est un bon serviteur, mais un mauvais maître". 

    « Ne vous faites pas de trésors sur la terre...; faites-vous des trésors dans le ciel » (Matthieu 13,44-46)

    Tu es le geôlier de tes biens et non leur propriétaire, toi qui enfouis ton or dans la terre (Mt 25,25) ; tu en es le serviteur et non le maître. Le Christ dit : « Là où est ton trésor, là aussi est ton cœur » ; en cet or, c'est donc ton cœur que tu as enterré. (...)  « Si tu veux être parfait, vends ce que tu possèdes et donne le prix aux pauvres ; tu te feras ainsi un trésor dans les cieux » (Mt 19,21).

    (...) Considère que la mort peut t'arracher ces biens, que la violence de quelqu'un de puissant peut te les enlever. En fin de compte, tu n'auras visé qu'à des biens minuscules à la place de grandes richesses ; ce ne sont que des trésors de monnaie au lieu d'être des trésors de grâce. Par leur nature même, ils sont périssables au lieu de demeurer à jamais.  

    Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l'Église 

    Nabaoth le pauvre, 58 (trad. coll. Pères dans la foi n°4, DDB 1978, p. 51 rev.)





     

  • FORCE DOUCE

    Aie au fond du cœur la racine de l'amour (Saint Augustin)

    Comment faire preuve de miséricorde et témoigner de l'Amour évangélique alors que l'on est confronté à l'égoïsme, l'injustice, le mensonge, la manipulation, l'agressivité? « Ne jugez pas », dit Jésus dans le Sermon sur la Montagne (Mt 7, 1). Dans les relations entre personnes, il est vrai que juger est un comportement qui s'oppose à la douceur, puisqu'il "attaque" autrui. Cependant, j'avoue avoir un peu de mal à suivre radicalement le conseil de Jésus. Je le nuance : il me semble normal de juger un acte, mais aussi la personne faisant cet acte. Par contre, je ne la comdamne pas hors de cet acte.

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    "Heureux les doux"!

    Pourtant, la douceur est plutôt mal vue, voire suspecte, dans le contexte actuel de notre société, car on l’associe spontanément au comportement du mouton de Panurge, ce qui équivaut à être entièrement passif. Mais la douceur enseignée par Jésus n’est pas synonyme de "bonasserie" ou de faiblesse, de caractère mal trempé. Les doux sont parfois durs! La bonne dose se trouve en restant dans l'esprit de cette béatitude qui déclare heureux les doux. Elle m'apprend que pour vivre à la manière de Jésus, il ne faut pas me laisser emporter devant les contradictions de la vie, et rester patiente dans l'attente d'être apaisée. Consciente de ma faiblesse, de mes élans de révolte, je sais que ma force ne viendra pas facilement de ma personne. Elle se trouve en Dieu, ainsi que le dit le Psaume 36 1-22:

    "(....) Repose-toi sur le Seigneur et compte sur lui. Ne t'indigne pas devant celui qui réussit, devant l'homme qui use d'intrigues. Laisse ta colère, calme ta fièvre, ne t'indigne pas : il n'en viendrait que du mal ; les méchants seront déracinés, mais qui espère le Seigneur possédera la terre. (...)"

    Pour parvenir à apprivoiser mes émotions, les dompter, les accueillir sans crainte, je me pose la question : "Qu’est-ce que je fais avec?". L'exemple de Jésus m'encourage à ne pas m'acharner. Je cherche seulement à fonctionner dans la vérité, et non vaincre à tout prix. Il s'agit d'éradiquer ce qui détruit sans atteindre le destructeur dans sa dignité, avec une douceur qui n'est pas de l'indifférence dans le sens du "je m'en foutisme". Quand il s’agit de trancher entre ce qui nourrit la vie et ce qui la pourrit (qui est mortel!), je n'hésite pas à provoquer la discussion, et suis capable de résister jusqu'à être sans concession au point de paraître intraitable, ce qui est faux. Il est évident que pour rester dans la vérité, certaines situations ne peuvent pas se dénouer autrement que par la fermeté. Je ne souhaite néanmoins pas me nourrir intérieurement de violence à l'égard de ceux qui me nuisent, ni m'acharner envers eux comme s'ils étaient des ennemis à écraser. Pour rester patiente, j'exerce mon âme à attendre. C'est ainsi que je parviens à accepter le temps et la manière de Dieu. 

    La douceur se conquiert. Tout un programme! Plus qu’une question de tempérament, c'est une attitude à choisir à cause de Jésus qui proclame "Heureux les doux". Avec elle, on gagne à tous les coups, car si le mal nous touche, c'est en surface, et il ne parvient pas à nous empoisonner en profondeur...