amour

  • T'AIMER SANS ME PERDRE

    Nouvel anniversaire pour notre couple: 43 ans de mariage aujourd'hui...

    Cet été, nous avons assisté à 4 mariages. Autant d'occasions pour revivre le jour où nous nous sommes dit "oui" pour la vie. 43 ans de vie commune ont amplement eu le temps de balayer toutes nos illusions, toutes vaines attentes. Placées dans l'Espérance, ces années nous ont apporté bien mieux: des certitudes qui font que nous sommes en pleine confiance de ce que la vie nous apporte, même si c'est difficile à vivre. Parce que l'expérience nous a prouvé que, quoi qu'il survienne, nous ne manquons jamais de ce qui nous est nécessaire. Notre bien le plus précieux est de pas douter que Dieu veille sur nous!  

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    Le texte qui suit a été lu lors d'un des mariages auxquels nous avons été invités. Il est extrait d'un livre de Jacques Salomé "apprivoiser la tendresse"

    Il s'agit du prolongement d'un poème de VIRGINIA SATIR)

       

    T'AIMER SANS ME PERDRE

       

      Je veux pouvoir t'aimer

      sans m'agripper

      t'apprécier sans te juger

      te rejoindre sans t'envahir

      t'inviter sans insistance

      te laisser sans culpabilité

      te critiquer sans te blâmer

      t'aider sans te diminuer

       

               oui

       

      tout cela et plus encore dans le respect de nos différences

      et l'amplification de nos possibles

             

               oui

       

      mais ce faisant

      je prends le risque de mes imprudences

      de toutes mes peurs anciennes

      et le risque de tes réticences

      je prends le risque de mes contradictions

      et le risque de tes déceptions

      je prends le risque de mes démesures

      et le risque de tes blessures

      je prends le risque de te donner

      plus que tu ne désires

      et celui de recevoir moins que je ne voudrais

       

               à moins que celà ne soit l'inverse!

       

      je prends le risque du silence

      celui de la parole,

      de la distance

      et celui des gestes proches

      je prends le risque de l'absence

      et aussi celui du manque

      oui je prends même le risque de te fuir

      à (trop) ou à (mal) t'aimer.

       

      Mais je ne prends pas le risque

      de garder des fleurs fanées

      de refuser des fleurs demandées

      d'abîmer les fleurs reçues

       

      et surtout

      je ne prends pas le risque

      de me renier

      en reniant la vie

      qui me contient.

       

      Je peux ainsi rester moi, relié à toi

      et peut-être reliée à moi...

      pour tant et tant de partages à vivre.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • MIEUX QUE TOUTES LES LOIS...

    Un seul commandement pour vivre en chrétien
    " Aimez-vous, les uns, les autres, comme je vous aime " -> (Jn;15:12-18)

    Parce qu'il est Amour, Jésus se donne gratuitement et ne tient pas de livre de comptabilité de nos actions, de nos mérites. Il ne juge personne, ne condamne personne, ne punit personne, mais par-donne sans rien exiger en retour. Il nous a confié son commandement d'Amour pour que nous l'imitions. Cela vaut mieux que toutes les lois, car seul l'Amour sauve et rend libre!...

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    À propos de lois, certains chrétiens se consacrent davantage que d’autres à une action au sein de la société, et notamment dans la politique. C'est vers eux que mon choix de vote ira dimanche. Pour ceux qui seront élus, le vrai défi sera de vivre pleinement les fonctions dans lesquelles Dieu les aura placés, avec les liens fraternels et d’humanité inspirés par leur foi. 

    "La politique est le domaine de la plus vaste charité", rappelait le Pape François peu avant Pâques. Les chrétiens ne peuvent déserter les réalités politiques, puisque le politique est un des lieux où se joue la vie des hommes et des communautés humaines.  

    Outre le fait de voter en âme et conscience, il est important de prier afin que le Seigneur éclaire les électeurs sur le choix des candidat qui auront leur faveur. En collaboration avec tous les hommes de bonne volonté, les élus devront enrichir la vie des personnes qu'ils représenteront. Demandons en grâce que le ferment évangélique travaille en eux..

     

     




     

  • LUMIÈRE

    On dit souvent que certaines personnes rayonnent. Elles brillent de sérénité, d’une force intérieure et spirituelle, d’une merveilleuse joie de vivre... 

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    Les chrétiens vivent aujourd'hui dans l'allégresse de la lumière de Pâques. ALLÉLUIA! L'étoile reçoit sa lumière de l'astre solaire pour la refléter, et le soleil du chrétien, c’est le Christ ressuscité, le Vivant, qui roule toutes les pierres qui nous empêchent de vivre. Il nous invite à regarder plus loin que nos deuils, nos peurs. En vidant nos tombeaux, il ouvre nos coeurs! Son unique désir est de dynamiser nos vies par la force de son amour, de nous extirper de nos morts pour nous faire entrer dans une vie nouvelle, avec lui et avec les autres.

    La vie du Christ nous est donnée, débordante, dans le partage du pain et de la Parole, prête à rejaillir dans le monde, dans la rencontre authentique avec l'autre, à travers un sourire, un pardon, une bénédiction, donnés en son nom. 

     "Dans un monde qui souvent le méconnaît et, de fait, le refuse, vous êtes invités à vous approcher du Christ et à adhérer à lui toujours plus profondément. C’est un appel continuel à suivre le Christ et à lui être conformé. Ceci est d’une importance vitale dans notre monde si désorienté, « parce que, lorsque sa flamme [de la lumière de la foi, ndlr] s’éteint, toutes les autres lumières finissent par perdre leur vigueur » (Lumen fidei, 4)".(Extrait du message adressé le 22 août dernier par le Pape François au prieur général de l’Ordre des Frères de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel, à l’occasion de leur Chapitre général.)

    "Vous êtes la lumière du monde". Jésus exprime clairement que les hommes ne voient notre lumière qu'à travers notre conduite, nos actions, et nos paroles...

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  • BIEN -VEILLER, PAS SUR-VEILLER

     

    Mardi dernier j'ai assisté à une conférence de Lytta Basset, dont le sujet était "Au risque de la bienveillance"...

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    Voici un résumé de ce qui a été dit par l'auteur de"oser la bienveillance":

    Conditionné par la culture d'une faute originelle collective, l'Occident véhicule une image désastreuse de l'être humain. Il en résulte une difficulté d'accueillir le regard bienveillant posé sur soi. Le dogme du péché originel a été adopté en 418 par l'Église catholique sous l'influence de St Augustin, et a duré quatre siècles. Les séquelles de ce bourrage de crâne sont encore présentes dans l'inconscient collectif. Les gens d'aujourd'hui restent imprégnés d'une vision dénigrante sur eux et ont difficile d'intégrer le message de Jésus, qui annonce clairement être venu sauver tout être humain sans condition. Par conséquent, on manque de confiance envers les autres, il y a hypertrophie de l'accusation et dé- responsabilisation: puisqu'on est tous coupables, personne n'est responsable.

    Il est à remarquer que les Orthodoxes n'ont jamais cautionné le dogme d'Adam et Ève. Irénée ne pensait pas que l'homme est mauvais, mais qu'il est en progression continue. Selon leur entendement (que je partage à 100%!!), le péché désigne une faute personnelle, et de ce fait, les nouveaux-nés sont sans péché.  

    Parmi les séquelles, la pire est la violence éducative.

    Le nouveau-né vit un véritable cataclysme en naissant. Il tombe dans la différence et a besoin d'un correspondant natal qui l'accueille dans une bienveillance qui va lui faire retrouver la totalité originelle qu'il connaissait in-utero. Il a une capacité innée de se défendre, qui n'a rien de méchant. Il a aussi un besoin instinctif d'attachement, de lien. Il est disposé à la collaboration. Or, auparavant, on corrigeait le bébé (déjà dit porteur du péché originel!) dès le berceau, et le mot "mal-traitance" n'existe que depuis la fin du XXème siècle. Or, ce qui est la chute, c'est détruire la confiance d'un enfant. Il se construit en relation étroite avec ses proches, leur regard sur lui, l'image qu'ils lui renvoient de lui-même. Adolescent, il agit en conformité avec ce qu'on lui a dit qu'il était. Le regard malveillant tue sans bruit. IL coupe la personne de ses ressources et de son potentiel de progression.

    Il est nécessaire de mesurer la malveillance dont on a été victime et de se dépolluer de ce regard (injuste!) d'autrui posé sur soi, qu'on a fini par intérioriser, auquel on s'est assimilé, à partir duquel on s'est identifié. Non pas pour se venger, mais  pour laisser son propre regard devenir bienveillant, sur soi-même et sur les autres. C'est le'B-A-BA' du respect indispensable au bien vivre ensemble. 

    La condition humaine est un mélange inextricable de malheurs et de malveillance. Le mal existe ici-bas, mais tout peut concourir à l'épanouissement de l'homme et à le faire parvenir au très bon. Jésus refuse radicalement de départager les bons et les mauvais. Le "mauvais" est d'abord malheureux, puis mal-faisant, et ensuite méchant. Fondamentalement faibles, nous choisissons souvent le mal, mais nous sommes capables de collaborer à l'action libératrice de Jésus.

    Les trois points qui forment la confusion de base de l'humain sont les suivants:

    1- L'esclavage (Ex. 20:2) -> est la réalité de la condition initiale de l'humain

    2- Le "Tohu-bohu" (début de la genèse): Au début, il y a le cahot sur la terre, mais aussi dans la vie des hommes.

    3- L'exil: "Le fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer la tête".

    La Bible appelle ces trois poins "Péché". Le péché n'est rien d'autre que se couper de l'autre, de la relation. 

    "Dieu vit tout ce qu'il avait fait : cela était très bon" (Gn, 1:31). C'est là une proposition encourageante et optimiste pour l'humanité. Malgré la misère, les malheurs, les fautes, la création est bonne. Qu'on se le dise! 

    Tous les symboles qui vont suivre ont un point commun: l'absence de vis-à-vis.

    - Enfermement -> 

    - Errance -> 

    - Aveuglement ->          }   ->  Tendance à se couper des autres. 

    - Maladie ->

    - Division ->

    Dans notre société à la recherche du bonheur, ce n'est pas la création qu'il faut accuser, mais les méthodes que nous utilisons. Ne nous laissons pas désenchanter, prendre par l'inquiétude. Ayons une vue plus longue, pour voir la bienveillance divine sur nous. Mais le Paradis ne se gagne pas sans risque ni sans effort. Il est indispensable de retourner à l'autre, non pas pour devenir bon, mais parce que c'est le seul chemin de Vie.

    La bienveillance de Dieu doit passer par la bienveillance des humains (équivalent utérin). Une personne bienveillante est dans le dénuement de sa propre relation. C'est quelqu'un qui sollicite le meilleur de moi, qui ne fait pas pression sur moi, qui ne me culpabilise jamais dans mon "être", quels que soient mes actes. Cette personne me donne la sécurité! (Lire Jésus avec Zachée -> Lc; 19: 1-10). On est bienveillant quand on est à la quête de l'autre, de son désir, indifférent aux apparences. Jésus était en quête de la part perdue de Zachée, de cette part où il s'est soustrait à la relation. Être bienveillant c'est traiter autrui d'égal à égal, dans une relation qui dure. Jésus va demeurer dans l'intérieur (intériorité) de Zachée, même après avoir quitté de chez lui. La bienveillance de Jésus a mis Zachée debout, l'a restauré dans son "être". 

    Bienveillant est celui qui donne à autrui l'envie de poser des actes responsables. Zachée a pris le chemin du retour à l'autre sans y être contraint. 

    Bienveillant est celui qui rencontre l'autre dans les limites du moment. Zachée donne la moitié de son avoir. Jésus ne lui reproche rien, lui montre de la tendresse, et se met à son pas. 

    Bienveillant est celui au contact de qui l'autre devient plus clairvoyant sur lui-même, de ce qui le coupe d'autrui, et a alors envie de renouer. Nous sommes "en autrui" quand on réveille en l'autre sa capacité relationnelle. 

    Bienveillant est celui grâce à qui l'autre lâche sa culpabilité et son perfectionnisme. Jésus dit qu'un salut est arrivé dans la maison de Zachée: une personne va mieux, et ça rejaillit sur toute la communauté. Il faut lâcher le système 'pécher-punir' en se tournant vers l'autre: peu importe sa valeur, l'important étant sa relation.

    Bienveillant est celui qui aide l'autre à restaurer son tissu social. La foule,"tous", est toujours irresponsable, parce que personne ne parle en "je".

    IL n'y a pas de vie sans souffrance, ni sans désir inassouvi, donc pas sans insatisfaction, pas sans effort vers un mieux, pas sans lutte contre le mal. Nous sommes tous imbriqués dans l'oeuvre de Dieu, si infime soit notre rôle. La bienveillance est une attitude qui consiste à établir le contact avec Dieu pour participer à son projet créateur. C'est se laisser pénétrer par la bienveillance de Dieu et s'ouvrir aux autres, au monde. Nous sommes tous créatures d'un même Dieu, également aimés par lui, y compris les plus démunis.

    La bienveillance ne méprise pas, ne condamne pas. C'est un appel à l'humanité: Dieu ne se révèle à nous qu'à travers son oeuvre. On peut être bienveillant sans être en amour.  Seuls comptent les actes. Peu importe l'état d'âme qui nous anime, l'important étant l'attitude d'accueil à l'autre qui l'ouvrira à la relation. Même le plus malfaisant garde toujours le pouvoir de commencement où il va sortir du cahot.

    Toutefois, être bienveillant n'est pas dire que 'tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil'. Comme des brebis, nous pouvons être confrontés avec des loups, être abusés dans notre bienveillance! "Soyez rusés et prudents comme le serpent, simples et doux comme la colombe", ce qui revient à être lucide, vigilant, en restant "entier" en soi. 

    Il faut reconnaître notre faiblesse, les limites de nos possibilités, non pour nous aigrir, mais pour au contraire nous retourner avec confiance vers le Père. Prendre conscience de la bienveillance de Dieu fait tomber les masques. Devant lui, tout est limpide. Dans son amour, il n'y a plus honte ni vanité. Le contact avec lui fait naître une clairvoyance apaisée, sereine, qui donne sens à la vie au-delà de l'événement, qui remet nos soucis et nos errements à leur place. 

    Les hommes finiront-ils par s'incliner un jour devant le mystère du monde qu'ils habitent ? Deviendront-ils enfin assez matures pour accepter l'Amour de leur Créateur? Ils ne trouveront le bonheur qu'en cessant de le chercher égoïstement.

    Remercier! Admirer! S'ouvrir à la bienveillance! C'est ainsi que l'humanité deviendra enfin adulte et ira pleine d'espoir vers son avenir...

     

     

  • DÉSIRS, SOUPIRS, SOURIRES

     « Mieux vaut souffrir d’avoir aimé que de souffrir de n’avoir jamais aimé » dit un proverbe anglais... 

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    La fête de la St-Valentin inspire les romantiques. Pendant quelques moments seulement, on se plaît à rêver. Souvent à l'impossible! Parce que dans la réalité, en amour, tout n'est pas toujours tout rose, et les sentiments oscillent régulièrement entre illusions- désillusions, espérance- découragement. Dans la majorité des cas, le temps des désirs oblige à franchir le "pont des soupirs" pour retrouver le temps des sourires...

    "On commence vraiment à aimer quand on cesse d'être amoureux"Eric Emmanuel Schmitt

    Il y a quelques jours, j'ai visionné un film superbe. Il m'a fait penser aux vieux couples comme le nôtre (qui ont passé les obstacles de leurs différences, de leurs impatiences, de leurs exigences), et à notre plus jeune fils qui dirige un choeur quasi composé de "cheveux blancs". Je vous recommande vivement de le regarder (cliquer sur l'affiche ci-dessous). Préparez vos mouchoirs! 

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    Moins on cherche à s'aimer dans l'autre, plus on l'aime pour lui-même. C'est ça le bonheur.

    Aimer, c’est être vulnérable. Qui que vous aimiez, votre coeur sera certainement déchiré et probablement brisé. Si vous voulez être sûr de conserver votre coeur intact, ne le donnez à personne, pas même à un animal. Emballez-le soigneusement dans des hobbies et des petits luxes. Évitez-lui toute attache. Enfermez-le en sécurité dans le cercueil de votre égoïsme; on y est tellement en sécurité! Pas de lumière, pas de mouvements, pas d’air. Là, au moins, votre coeur ne court pas le risque d’être brisé! Il deviendra même incassable, irrécupérable. Le choix est entre la tragédie – ou au moins le risque de tragédie – et la damnation. Le seul endroit, en dehors du ciel, où l’on est à l’abri des dangers et des perturbations que suscite l’amour, c’est l’enfer. Aussi nous approcherons-nous de Dieu, non pas en essayant d’éviter les souffrances inhérentes à toute forme d’amour, mais en acceptant ses tourments, en les offrant en retour à Dieu, après avoir jeté bas toute armure protectrice. Puisque nos coeurs doivent être brisés et puisque c’est Dieu qui choisit comment ils le seront, que sa volonté se réalise en nous!

    C. S. Lewis, The Four Loves (Londres: Collins, 1977).

  • LÉGENDE OU RÉALITÉ?

    Une des questions les plus cruciales auxquelles toute personne est confrontée dans son existence est :"Est-ce que tout se termine pour nous avec l'instant de notre mort ou y a-t-il un au-delà de la mort, un au-delà de la tombe?"

    C'est vraisemblablement à cette question que tend de répondre Jean d'Ormesson à travers le texte qui suit... 

    C'est à Vous maintenant que je m'adresse, Dieu du ciel et de la terre, origine et soutien des idées et des choses, maître du temps et de l'éternité. J'ai toujours pensé que je Vous devais tout et d'abord ce passage dans ce monde dont j'ai cru avec force que Vous l'avez créé et qu'il ne durait que par Vous. 

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    Il n'est pas exclu, je suis si faible et si bête, que je me sois trompé et que Vous n'existiez pas. Parce que mon rêve aura été beau et qu'il m'aura empêché de sombrer dans l'absurde et dans le désespoir, parce que, légende ou réalité, Vous m'aurez fait vivre un peu au-dessus de ma bassesse inutile, je n'en bénirai pas moins Votre grand et saint nom.

    Mais si Vous existez, d'une façon ou d'une autre, dans votre éternité... ah! si Vous existez, alors, quand je paraîtrai devant Vous et votre gloire cachée, l'esprit encore tout plein de Marie et m'inclinant à Vos pieds, je Vous dirai seulement: Merci. Et Vous, si Vous existez, et si Vous le voulez bien, dans Votre amour sans bornes pour tout ce qui a été, Vous vous pencherez vers moi qui ne serai plus qu'un souvenir et Vous me direz avec bonté et peut-être un sourire: Je te pardonne.

    Jean d'Ormesson, Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit (Laffont, 2013)

  • RENARD - REGARD

     "Ne regardez pas le renard qui passe, regardez plutôt quand il est passé!", dit la comptine entonnée par tous les enfants depuis plusieurs générations...

    Pourtant, l'inverse est beaucoup plus enrichissant, à certaines conditions! C'est en regardant quelqu'un sans idée préconçue à son sujet qu'on peut le voir tel qu'il est, que l'on apprend à le connaître autrement que sous son apparence extérieure. On devient "un" avec lui à tel point qu'on continue à le sentir vivant en soi lorsqu'il est passé...


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    Renard, regard...

    S'il te plaît... apprivoise-moi, dit le renard au Petit Prince. Une fois apprivoisé, le renard se sait aimé.

    Renard, départ

    Son Petit Prince parti, le Renard pleurera pour la première fois de sa vie à cause de leur séparation. Ces pleurs proviennent d'un coeur éveillé, capable d'éprouver de la tendresse !

    Mais sa force est qu'il "sent" en regardant seulement les blés d'or la présence de son ami pour toujours, et il sait que l'Amour est partout, puisque ressenti, donc Vivant.

    Dernièrement, j'ai regardé une superbe vidéo sur la nature "revisitée" à travers le Petit Prince. Vous pourrez la voir en cliquant sur l'image ci-dessous:

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    Grand prix du meilleur film catégorie amateur du Festival Nature Namur 2011 (Belgique)

    Les hommes prétendent aimer la nature, mais ils se montrent présomptueux lorsqu'il cherchent à la dompter. Pour mieux la respecter, il s'agit plutôt de l'apprivoiser. Tout un art qui demande de répondre aux attentions particulières qu'elle nécessite. On ne peut pas violer impunément les droits du monde vivant, sinon  il finit par se venger! La Vie est sacrée, elle nous est confiée, mais elle ne nous appartient pas. 

  • VOYAGE EN ALPHÉIDE

    Cette année, ma semaine "FIFF"(28ème édition!) a débuté par un voyage en Alphéide...

    Plus précisément, il s'agissait de la projection du film "Alphée des étoiles". Le public a été invité à entrer pendant une heure trente dans les chaussures d'une ravissante fée qui, d'un coup de sa baguette magique, a rappelé des choses essentielles de la vie. 

    Dans la reproduction humaine, l'organisation des cellules peut se faire de manière inattendue. Il arrive qu'une aberration génétique survienne, et ce dans tous les types de familles. Ce phénomène de « la biologie, la vie, ou le grand je-ne-sais-quoi » est tombé sur la famille de Hugo Latulipe (documentariste et réalisateur) et de Laure Waridel. Leur petite fille est née avec le syndrome de Smith-Lemli-Opitz (SLO), dû à une anomalie de la synthèse du cholestérol. Il s'agit d'une maladie génétique rare qui compromet le développement neurologique et musculaire de la personne atteinte. 

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    Souffrance, désarroi, tristesse, culpabilité, angoisse, désir de mort ou d'abandon, colère, incompréhension, sentiment d'injustice, compassion, font partie des réactions fréquentes et compréhensibles. Coup de foudre pour l'enfant, courage, acceptation, font partie du possible aussi, et c'est ce programme qui a été suivi par les parents d'Alphée en quittant le Canada pour un an (qui est devenu deux ans) pour se retirer en Suisse, dans le village d'origine de LaurePour accepter son enfant tel qu'il est ou tel qu'il deviendra, pour le voir au-delà du handicap, pour découvrir tous les possibles et toutes les ressemblances, il faut prendre le temps de marcher avec lui, à son rythme, d'apprendre ses codes. Il en est sorti un film, Alphée des étoiles, un documentaire splendide, simple, authentique, qui bouscule nos peurs et replace certaines priorités de la vie, au-delà des différences. Une véritable ode à l’amour, souriante et emplie d'espérance dont voici un extrait >ICI

    À la sortie du cinéma, des réflexions me viennent à l'esprit:

    Chacun est confronté à sa propre expérience du monde. Il n'y a personne qui se réjouisse du handicap de son enfant. Il faut déjà être fort, pour réagir comme Le papa et la maman d'Alphée! Cependant, le plus gros problème de tels parents est de devoir affronter le regard des passants et de préparer une place à leur enfant dans une société souvent impitoyable pour les "anormaux", même si elle prône la tolérance.

    Il faut certes beaucoup d'amour pour assurer la prise en charge d'un enfant 'différent" à l'image de ce qu'ont fait les parents d'Alphée. Mais ceci suppose aussi de disposer de solides moyens financiers, qui manquent à beaucoup de gens. Comment peut-on, en tant que société, offrir à ces petits et à leur entourage la meilleure qualité de vie possible?

    "Les biens de la création doivent être mis en abondance à la disposition de tous, selon la règle de la justice, qui est inséparable de la charité" (Gaudium et Spes », § 69 ).

    « Quand les enfants sont perdants, la société est perdante aussi »

  • L'EXEMPLE "VIENT D'EN HAUT"

    L'enfance ne devrait pas être une course aux exploits, mais un temps d'apprentissage dans l'insouciance !...

    Les causes du stress chez l'enfant sont en grande partie les pressions et les exigences propres à la vie scolaire (et ce déjà en maternelle!), les standards de réussite et même un excès d'activités, sportives ou artistiques, à l’intérieur desquelles, plutôt que la détente escomptée, on retrouve encore des demandes exagérées de performance. Mais le stress de l'enfant est aussi dû à l'inquiétude des parents quant à la bonne évolution de leur progéniture, à travers laquelle ils se sentent eux-mêmes évalués!

    Il ne faut pas confondre apprentissage et développement, performances académiques et réussite. L'enfant doit surtout apprendre à bien se développer. Il doit se sentir accepté sans condition, se savoir soutenu, encouragé, reconnu dans ses habiletés créatrices, sa débrouillardise, plutôt que d'être centré sur la performance à tout prix. Le rôle des parents est de favoriser le sens des responsabilités de leur enfant, l'aider à devenir motivé, à penser par lui-même, et le préparer au monde réel. 

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    L'enfant apprend par imitation, et l'exemple "vient d'en haut", comme le dit très bien l'expression. Il ne perd rien des réaction de ses parents ou éducateurs face aux multiples situations de la vie...

    Voici la liste suggérée par une enseignante, elle-même maman, de ce qu'un enfant de 4 ans devrait savoir:

    Il devrait savoir qu'il est aimé, totalement et de manière inconditionnelle, tout le temps.

    Il devrait savoir qu'il est en sécurité et savoir comment se protéger en public, avec les autres et dans toutes sortes de situations. Il devrait savoir qu'il peut faire confiance à son instinct à propos des gens et qu'il n'est jamais obligé de faire quelque chose qui lui semble mal, peu importe qui le lui demande. Il devrait savoir quels sont ses droits, et que sa famille est prête à les défendre.

    Il devrait savoir comment rire, faire l'andouille, être irresponsable et utiliser son imagination. Il devrait savoir que ce n'est jamais un problème de peindre le ciel en orange et de mettre 6 pattes aux chats.

    Il devrait savoir quels sont ses propres centres d'intérêts et être encouragé à les suivre. S'il n'en a rien à faire d'apprendre à compter, ses parents devraient se rendre compte qu'il l'apprendra par mégarde bien assez tôt et le laisser se plonger dans les fusées, le dessin, les dinosaures et jouer dans la boue.

    Il devrait savoir que le monde est magique et que lui aussi. Il devrait savoir qu'il est sensationnel, brillant, créatif, compatissant et merveilleux. Il devrait savoir qu'il est tout aussi valable de passer la journée dehors à faire des bouquets de fleurs, des gâteaux de boue et des maisons de fées que de s'entraîner à déchiffrer. Non rayez ça - bien plus valable.

    Mais plus important, voici ce que les parents devraient savoir, insiste cette enseignante:

    Que chaque enfant apprend à marcher, parler et calculer à son rythme et que ça n'aura pas d'incidence sur comment il marche, parle ou calcule.

    Que le seul bon indicateur sur sa future réussite scolaire c'est le fait de lire à ses enfants. Pas de cartes de révision, pas de livres scolaires, pas de maternelles huppées, pas de jeux clignotants ou d'ordinateurs, mais papa ou maman prenant le temps chaque jour ou soir (ou les deux !) de s'asseoir et leur lire des livres merveilleux.

    Qu'être le plus intelligent ou le plus talentueux des enfants de sa classe n'a jamais eu un quelconque lien avec être le plus heureux. Nous voulons tellement donner à nos enfants des chances en plus que nous leur donnons des vies aussi surchargées et stressantes que les nôtres. L'une des plus grandes chances que nous pouvons donner à nos enfants est une enfance simple et insouciante.

    Que nos enfants méritent d'être entourés de livres, de nature, d'art et d'avoir la liberté de les explorer. La plupart d'entre nous pourrait se débarrasser de 90% des jouets de nos enfants et ils ne leur manqueraient pas, mais certaines choses sont importantes - des jeux de construction comme les Lego, des jeux créatifs comme tous types d'ustensiles artistiques (de bonne qualité), des instruments de musique (des vrais, et des multi-culturels), des déguisements et des livres, des livres et encore des livres (d'ailleurs la plupart de ces objets peut être achetée pour pas cher dans des boutiques d'occasion). Ils ont besoin d'avoir la liberté d'expérimenter les choses aussi : de jouer avec des poignées de haricots secs dans la chaise haute (sous surveillance ben sûr), de pétrir du pain et d'en mettre partout, d'utiliser de la peinture de la pâte à modeler et des paillettes sur la table de la cuisine pendant qu'on prépare le dîner, même si ça s'éparpille, d'avoir un coin dans la cour où c'est tout à fait autorisé de virer toute l'herbe et faire un trou dans la terre.

    Que nos enfants ont vraiment besoin de nous. Nous sommes devenus tellement forts pour dire qu'on a besoin de prendre soin de soi que certains d'entre nous le prennent comme une excuse pour laisser le reste du monde prendre soin de nos enfants. Oui nous avons tous besoin de prendre des bains tranquille, de temps avec nos amis, de pauses salutaires et d'une vie occasionnelle hors de la parentalité. Mais nous vivons à une époque où les magazines pour parents recommandent d'essayer de passer dix minutes par jour avec chaque enfant et de prévoir un samedi par mois comme moment en famille. Ce n'est pas normal! Nos enfants n'ont et de loin pas autant besoin de consoles, ordinateurs, activités extra scolaires, leçons de danse, groupes de jeu et d'entrainement de foot qu'ils ont besoin de NOUS. Ils ont besoin de pères qui s'asseyent et les écoutent raconter leur journée, de mères qui les rejoignent et font du bricolage avec eux, de parents qui prennent le temps de leur lire des histoires et de faire les idiots avec eux. Ils ont besoin que nous marchions avec eux sans se préoccuper des 160,9m/h de notre petit un soir de printemps. Ils méritent de nous aider à préparer le dîner même si ça prend deux fois plus de temps et demande deux fois plus de travail. Ils méritent de savoir qu'ils sont une priorité pour nous et que nous aimons vraiment être avec eux.

     
  • DIFFICILE, MAIS POSSIBLE...

    "Que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ à laquelle vous avez été appelés pour former en lui un seul corps"

    Cette phrase est tirée d'une lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens (3,12-17), une des lectures de jeudi. Des messages bouleversants de simplicité, percutants, que vous pouvez lire en cliquant -> ICI

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    Des textes bien d'actualité, en cette période critique où des appels pressants pour la paix se font entendre à tous les points de la planète. C'est faux de penser que l'on n'a aucune influence dans les conflits qui se passent loin de chez nous. Pas besoin de se rendre sur place pour intervenir. Pour changer le monde, il suffit de vivre l'amour du prochain, autour de soi, au quotidien. Mais pas d'amour possible sans pardon. C'est là que le bât blesse souvent. Pourtant, la paix commence obligatoirement par soi. Difficile, mais possible! Comment faire?                  

    Le pardon n'est pas une simple démarche qui minimise le mal que l'on subit...

    Il n'est pas juste de dire "ce n'est rien, ce n'est pas grave", ou de continuer à fonctionner 'comme si de rien n'était'. Le silence et la dénégation ne sont jamais une  solution.
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    De par mon éducation, j'ai pourtant cru longtemps que "faire la paix" se résumait à "devoir" nier les blessures que l'on m'infligeait, à rentrer mes colères, à blanchir les fautes. Par la suite, j'ai compris que cette manière d'agir pouvait au contraire être un obstacle au vrai pardon libérateur. On ne peut pas pardonner en pratiquant l'amnésie pour faire l'économie de la vérité. Ceci implique l'honnêteté avec soi-même et avec sa propre histoire. Pardonner ne revient pas à innocenter un coupable qui doit répondre de ses actes, et le pardon n'est pas forcément la réconciliation, sauf si la démarche est réciproque.

    Dorénavant, voici comment je procède pour pardonner à quelqu'un: "Oui, tu m'as fait mal, et non, tu n'en avais pas le droit! Oui, je continuerai à penser que c'est injuste, mais je ne te traiterai pas pareillement. Oui, je suis blessée par toi, mais non, tu ne garderas pas le contrôle sur moi. Oui, je suis responsable du devenir de mes blessures, et je vais me protéger. Mais je renonce à te faire payer le prix réel de ma blessure, car je choisis de ne pas alimenter de sentiment de vengeance envers toi." 

    Je ne réussis cet exercice qu'en puisant ma force dans ma Foi, en confiant mes fragilités à Dieu. En lui demandant son aide pour changer mes pensées et mes sentiments, je peux modifer mes fonctionnements. Pardonner comme Jésus, c'est accorder le pardon avant que l'offenseur demande pardon ou réalise même le besoin d'être pardonné. Mon cœur ainsi préparé est apaisé et disposé à la grâce, même si la réconciliation n'est pas possible. Et je confie également ceux qui me font mal, à qui je ne souhaite pas de mal "parce qu'ils ne savent ce qu'ils font". 

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    Seule la justice de Dieu est juste. Lui seul connaît le coeur de chacun. Lui seul peut agir utilement en chacun...

    (...) Le pardon a donc une racine et une mesure divines. Mais cela n'exclut pas que l'on puisse aussi en saisir la valeur à la lumière de considérations fondées sur le bon sens humain. La première de ces considérations concerne l'expérience vécue intérieurement par tout être humain quand il commet le mal. Il se rend compte alors de sa fragilité et il désire que les autres soient indulgents avec lui. Pourquoi donc ne pas agir envers les autres comme chacun voudrait que l'on agisse envers lui-même ? Tout être humain nourrit en lui-même l'espérance de pouvoir recommencer une période de sa vie, et de ne pas demeurer à jamais prisonnier de ses erreurs et de ses fautes. Il rêve de pouvoir à nouveau lever les yeux vers l'avenir, pour découvrir qu'il a encore la possibilité de faire confiance et de s'engager (J.P.II, extrait du message pour la journée mondiale de la paix -2002).