abandon

  • ON VERRA...

    Dans les brouillons de Vivance sommeillent des notes, des billets presque prêts à être édités. Mais actuellement, l'envie me manque d'aller plus loin...

    01PagesBlanches_AliceEtc_Chiquita.jpg

    Pourtant, je continue à observer la vie, à m'intéresser, à m'interroger, à chercher des nuances, à m'étonner, à m'émerveiller, à m'amuser, à frémir, à redouter, à espérer, à organiser, à participer... 

    Le blog reste ouvert et peut reprendre du service à tout moment.

    On verra... 

    C'est dans cette dimension que je vis de plus en plus. Toujours aussi active, mais autrement: dans l'accueil de ce qui se présente et devient souvent plus prioritaire que mes priorités. Et ce n'est pas mon petit Parkinson "tremblant" qui m'en empêche, Dieu merci! Ce sera ainsi aussi longtemps que mes facultés le permettront.

    Le train-train qu'adoptent certains retraités me terrorise! Il me rendrait frileuse par rapport à ce que la vie me demande. 

    Curieusement, j'ai le sentiment que cet abandon aux circonstances me prépare à accepter ce qui suivra, quand bien même je deviendrais dépendante des autres. Inutile de m'inquiéter! 

    On verra...

  • ADVIENNE QUE POURRA...

    Plus j'avance, plus je m'aperçois, et je l'accepte volontiers, que la vie m'oriente vers des aventures que je n'envisageais pas... 

    sérénité,confiance,abandon,inconnu,espérance,foi,circonstances,projets

    Je ne les souhaitais pas non plus, parce que j'avais d'autres projets, conçus à partir de ma connaissance ou de mon imagination. Mais les circonstances en décident régulièrement autrement. En acceptant de me laisser guider par elles, même si de prime abord elles sont contrariantes, je découvre finalement une vie bien plus formidable que celle que j'avais programmée, plus intéressante, qui ne cesse de me surprendre à propos de moi, des autres, du monde...

    C'est comme ça! La place sereinement laissée à l'inattendu m'aide à ne pas me laisser abîmer par ce qui me plaît moins, ni me perdre dans des regrets inutiles. Pourquoi m'inquiéterais-je, puisque cet inconnu, c'est la nouveauté que Dieu m'apporte, et qu'il ne veut que mon bien?

    "Advienne que pourra", telle est devenue ma devise, qui me permet de lâcher prise sans considérer l'imprévu comme une catastrophe. Il n'y a là aucun sentiment d"à-quoi-bon?" défaitiste, mais une manière d'appréhender "C'est comme ça" dans l'espérance de la grâce du moment. Ma seule détermination est de me servir de ce qui survient pour contribuer à rendre le monde plus beau, avec l'aide de Dieu, et selon son projet. Ce que c'est reposant!!!...

    Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours.

     Gandhi

  • CONFIANCE-ABANDON

    En triant mes archives, j'ai retrouvé une lettre envoyée en réponse à quelqu'un qui se demandait comment tenir bon dans le mariage.

    En ce jour où mon mari et moi fêtons nos 42 ans de mariage, je confirme ce que j'avais écrit il y a 9 ans...

     

    1.jpg

    Mariée depuis 33 ans, le chemin parcouru a été jalonné de beaux et mauvais jours. Comme dans toute vie, quelle que soit la situation. L'important est de se rappeler sans cesse le pourquoi de ce qu'on s'est choisis et de ne pas laisser étouffer ces raisons essentielles, plus fortes et plus belles que les petits travers qui ne manquent pas de se révéler au cours du temps.

    Un autre point important est de ne pas porter un regard accusateur sur l'autre, parce qu'il ne répond pas aux désirs personnels, qu'il n'est pas le personnage pré-fabriqué par nous. De l'imaginaire qu'on a créé, il y a la réalité à affronter, moment crucial au cours duquel tout risque de basculer si on ne s'y prépare pas. On ne peut pas changer l'autre. Souvent, mais on a du mal à l'admettre, il ne fait que nous renvoyer à notre "moi". Ce n'est qu'en travaillant sur soi qu'on est assuré de faire bouger les choses, par notre propre transformation. L'altérité prend alors place et laisse libre chaque membre du couple. 

    Ceci est valable pour tous, mais pour les couples chrétiens, la force de Dieu est une aide précieuse, car Il relie au-delà de ce qui divise. C'est le miracle de l'Amour qui prend progressivement la place de l'amour. C'est un apprentissage qui n'a jamais de fin, et qui rend palpitante l'aventure d'un mariage en quête de l'existence-Ciel. 

    Bonne route, dans la confiance et l'abandon d'un seul Verbe: AIMER 

    Marie

    PS: Pour compléter le partage de mon expérience, voici le titre de 2 livres qui m'ont bien aidée à une certaine époque: " le corps de l'esprit" de Xavier Lacroix, et "une seule chair", de Michel Laroche. 

  • SELON TA VOLONTÉ


    « Que tout se fasse pour vous selon votre foi ! » (de Mt, 9:27-31)

    Cette parole est d'autant plus percutante si on la met à la suite de l'évangile d'hier (MT;7:21.24_27), où Jésus déclare qu'il ne suffit pas de crier "Seigneur, Seigneur", pour entrer dans le Royaume des cieux.

     02_12.jpg

    L'amour miséricordieux de Jésus est respectueux de notre liberté. Il n'intervient que si l'on décide du fond du coeur de le suivre, et pas seulement du bout des lèvres. Il n'est pas question de réaliser un bilan quelconque sur nos actions bonnes et mauvaises, mais bien de parvenir à l'abandon sincère, total, en confiance "aveugle" dans Celui que l'on croit.

    La période de l'Avent est un chemin vers la rencontre avec Jésus, un temps pour apprendre ou réapprendre à dire à Dieu "Qu'il soit fait selon ta volonté", à l'instar du Fiat de Marie...

    Ce que nous contemplons, nous le sommes, et ce que nous sommes, nous le contemplons (Ruysbroeck)

  • FAIRE PLACE

    Je suis rentrée hier soir d’un WE Focolari. Pendant un entretien, une courte histoire a attiré mon attention :

    Une dame est en visite chez une amie. Tout en parlant, elles se retrouvent dans la cuisine. À un certain moment, l’hôtesse ouvre le frigidaire, et la visiteuse s’exclame : « Ben dis donc. Il est rempli à fond ! Il n’y a même plus de place pour la Providence ! »…

    36

    Nous sommes dans un monde qui prône la force, l’épanouissement, l’autonomie, où chacun doit savoir gérer, prendre sa destinée en main et se réaliser lui-même par lui-même. Il y a en nous comme une peur viscérale de dépendre d’un autre, de lâcher les rênes, qui conduit à des excès d’appétit, de calcul, d’organisation, de prévoyance.

    L’un des grands ennemis est la crainte du vide, du manque, par un instinct de défiance et de défense. Parvenir à vivre dans l’abandon à la Providence nécessite une fameuse dose de confiance. Ce n'est pourtant qu'ainsi que l'on éloigne la tentation de se croire plus fort que Dieu. Aller droit à Lui, c'est être simple et pauvre, laisser humblement creuser un espace à l’intérieur de soi en étant persuadé qu’il ne nous manquera rien, que la Providence subviendra à tous nos besoins réels et nous donnera au-delà même du nécessaire.

    Quand je veux tout vaincre dans la vie par moi-même, il n’y a plus de place pour l’Esprit-Saint. Dans ma relation aux autres, Il est pourtant tellement plus décisif que ce que je peux faire ou dire! En lâchant le vouloir faire, le vouloir convaincre, j’entre dans une « passivité consentante » à l’action divine en moi. Mon abandon est ma vraie force.

    « Rien qu’aujourd’hui, je croirai fermement, même si les circonstances prouvent le contraire, que la Providence de Dieu s’occupe de moi comme si rien d’autre n’existait au monde.

    Rien qu’aujourd’hui, je ne craindrai pas. Et tout spécialement, je n’aurai pas peur d’apprécier ce qui est beau, et de croire en la bonté. » (Jean XXIII)

     

     

  • DÉPOUILLEMENT

     

    Pour tenter de saisir, ne serait-ce qu’un court instant, la grâce du quotidien, le dépouillement du connu est un passage obligé. Il faut de l'endurance pour s'y exercer, une patience infinie, un don de soi particulier dans la confiance de ce qui est...

    27229

    Par-delà les gens, les objets, les activités, que j’aime, j’éprouve régulièrement le besoin de me laisser envelopper par une atmosphère de calme et de tranquillité. En remplissant cette mission, les quelques jours passés en Suisse, qui se sont clôturés le Mercredi des Cendres, ont été un bel avant-goût de Carême. Je partais sans programme, avec pour seule certitude l'identité de la personne que je rejoignais, et l'adresse de mon hébergement, tout en ignorant le lieu précis, et le genre d'installation dont je disposerais. Et tout s'est mis en place avec une "orchestration" magistrale!

    Dans la méditation de "retraite dans la ville", je lis:

    "Nous n'avons pas à craindre de suivre un chemin qui ne mène nulle part, puisque le Chemin est déjà le but : la Vérité et la Vie. Nous n'avons pas à craindre d'aspirer à un but auquel nul chemin ne conduirait, puisque le but lui-même, Dieu, s'est fait chemin pour nous".

    Goûter la vie, c’est m’obliger à prendre le temps nécessaire, c’est arrêter le tic-tac de ma montre, respirer, me tenir disponible. C'est accepter de mettre un frein à la fureur des jours, me laisser"capturer" par la douce et prenante tranquillité des événements. La distance qui m'éloigne des habitudes me permet de faire un vide dans lequel retrouver une présence unique qui se révèle peu à peu dans l’absence immédiate de ce qui m’entoure généralement. Impossible d'y pénétrer d'un seul coup d'oeil. Ce qui me surprend, c’est que, informe, cette présence me parle et m'informe! C’est-à-dire qu'elle n'affirme pas, ne conceptualise pas, ne se solidifie pas dans telle thèse ou telle croyance. Aérienne, souple, légère, conciliante, elle me ramène à l'innocence du bébé qui s'éveille au monde et à lui-même. C'est alors que "j'entends ce que je vois", qui ne m'a pas été dit avec des mots, en "lisant" à coeur ouvert, le visage, la voix, le corps, de chaque autre que je croise, qui est à n'en plus douter mon semblable, qui qu'il soit, quoi qu'il fasse.

    "Reprendre mes esprits", comme dit l'expression, c'est surtout les quitter, pour me laisser surprendre et reprendre par l'Esprit-saint! Lorsque je cesse tout effort pour identifier le passant que je vois, et que je l'accueille tel qu'il m'est présenté, dans la pleine ouverture de l'âme abandonnée à Dieu, je deviens confiante dans l'inconnu, et rejoins la part essentielle du Créateur en L'homme.

    Je ne crains plus rien, forte de la certitude que je ne manquerai de rien...

     




  • PLUS COMME AVANT

    Après l’Avent, plus rien n’est comme avant. Il y a Noël!

    Comme Marie qui s’est demandée: “Comment cela pourrait-il se faire?”, c’est dans une Foi qui nous fait oser nous abandoner complètement en Lui que Dieu vient (peut!) enfanter en nous...

    cra-che-pour-blog

    En ce jour de Noël, nous fêtons le Mystère de la naissance de l’Enfant-Dieu. Il se présente à nous, dans une crèche, et s’offre nu, abandonné à notre merci. Il a besoin que nous lui permettions de vivre, mais ne réclame rien, parce qu’il a confiance en nous. Comme tout bébé, celui que l’on nomme “le Verbe” ne parle pas.

    “Il est”, simplement, immuablement, et son devenir dans l’humanité dépend de notre ré-action. Sa fragilité fait toutefois résonner les paroles du Christ sur la Croix: “J’ai soif!”. Plus question de faire la sourde oreille! Comme à la Samaritaine, nous savons que Jésus demande de notre eau de vie, telle quelle, sans faire d’analyse de potabilité.

    Le miracle de l’Emmanuël venu habiter parmi nous peut se célébrer chaque jour, à chaque instant, par l’accueil de sa Présence vivante en chacun que nous croisons dans notre vie. Quoi que nous  vivions, de notre coeur ouvert peut toujours jaillir de l’eau vive où viendront puiser les assoiffés de la terre…

     

     

     

     

  • INOUÏE ET INOUBLIABLE

    Jade est une petite fille de qui je vous ai déjà parlé sur ce blog...

    Elle se passionne pour les choses spirituelles et s'émerveille devant les mystères de la vie. Elle met tout son cœur à chercher le lien entre sa petite graine de vie et le grand bouquet de l’infini.

    Jade est inouïe et inoubliable!

    jadeorange


     Jade et les sacrés mystères de la vie,

    de François Garagnon


     Je trouve ce livre tellement beau que je voudrais le transmettre à tout le monde ! Toutefois, il s'adresse particulièrement à un public "jeunes ados".

    Voici quelques extraits qui vous donneront peut-être le goût de le découvrir ou de le faire découvrir. Si vous êtes en panne d'idée pour les cadeaux de fin d'année, pensez-y!


    Depuis que je connais Dieu, j'ai beaucoup changé. Oh! de l'extérieur je n'ai pris que quelques centimètres, mais j'ai peuplé mon royaume intérieur de plusieurs milliers de sujets d'intérêt, et je suis bien décidée à ne pas en rester là ! Avant, je n'étais qu'un petit bout de femme de rien du tout; maintenant, je suis une créature unique, parmi des milliers de milliers. C'est une sacrée métamorphose qui est à la portée de tout le monde, à une condition : aimer et se sentir aimé. Pour de vrai, et pour toujours.


    Dieu ne force jamais ton cœur : tu peux lui faire la tête un jour, il ne t’en voudra pas le lendemain. C’est un sacré chic type, au fond. Il est là pas seulement quand il a envie d’être là, mais quand on a besoin de lui, même dans les pires moments. Et ça, c’est drôlement rare. Quand il dit je t’aime, ce n’est jamais du bout des lèvres, c’est à pleine tendresse, avec de l’amour du monde et puis aussi sa manière de fabriquer en un clin-Dieu des instants d’éternité.

     

    Dieu, c'est difficile à expliquer, c'est quelqu'un qui ressemble à personne, on ne l'entend pas avec les oreilles et on le voit pas avec les yeux. On le sent, c'est tout.(...). Le Saint-Esprit, c'est un peu comme un allumeur de réverbères, il illumine tout ce qu'il approche. Donc, la présence de l'Esprit, c'est facile à reconnaître : on respire un parfum d'harmonie, d'équilibre et de transparence. C'est simple, c'est comme si l'homme ressentait une connivence. Une connivence entre sa petite graine de vie et le grand bouquet de l'infini, entre le visible et l’invisible. Comme si Monsieur Saint Esprit serrait la main de Monsieur Homme.

     

    Ce qui est bien avec maman, c’est qu’elle apprend à contempler la beauté même quand il fait pas beau : j’ai compris comme ça qu’une personne, c’est un peu comme un paysage. Si vous l’aimez vraiment, vous n’avez pas besoin qu’elle soit tout le temps au beau fixe pour l’aimer.

     

    Tu sais, ça m'est déjà arrivé d'être hier malheureuse. Eh bien, je me suis aperçue que la seule façon de chasser le brouillard qui plane à l’intérieur c'est de faire briller un moment des rayons de sourire. Tu me diras : c’est difficile de sourire quand on est malheureux. En fait, on apprend. Et on s'aperçoit vite qu'il est encore plus difficile d'être malheureux quand on sourit.

     

    Moi, j'ai compris un grand secret...  approche-toi, je vais te le glisser dans le creux de l'oreille... là où il y a de l'abandon, il y a de l'amour, et là où il y a de l'amour, il y a Dieu. Voilà, voilà. Il faut savoir choisir, et puis tout donner, sans se retenir, s'abandonner au courant après s'être assuré de la pureté de sa source, se laisser porter par son propre élan, sentir le rythme, l'équilibre et l'harmonie, savourer le goût de la vie, et dans un grand soleil de tendresse, dire merci à Dieu, merci de nous guider vers des mondes inconnus et de nous porter sans se lasser, sans se fatiguer, sans ralentir sa course, loin, loin, loin... Laisser Dieu couler en nous comme une source. Tout simplement. Quand tu auras compris ça, tu verras : la vie, ça coule de source...

     

    Dieu  créé l’homme libre. Il ne veut pas avoir l’air de s’occuper de ce qui ne le regarde pas... Alors peut être bien qu’il donne des rendez-vous à l’homme en cours de route, au cours de la vie, à travers ce qu’on appelle des hasards ou des coïncidences.

     

    Dieu a laissé l’homme libre de conduire sa vie comme il l’entend. Dieu a mis en lui quelques graines, et il attend qu’il les cultive, qu’il en prenne soin. Libre à lui de faire mûrir ou de les laisser mourir ! Il y a comme ça de nombreuses graines étouffées dans leur germe. C’’est çà la liberté de l’homme : le pouvoir de dire oui ou non, d’entretenir ou de laisser périr, de faire fructifier ou de massacrer.

     

    Lorsque tu t'éveilles le matin, songe que tu n'as aucune certitude d'être vivante au coucher du soleil... N'est-ce pas la meilleure des raisons pour dire chaque jour merci à Celui-quî-meut-l'univers et-ordonne-toute-chose, merci de faire que la Terre est parfois si jolie ? N'est-ce pas une raison pour t'émerveiller de la Vie, sous quelque forme qu'elle s'exprime — fût-ce l'imperceptible frémissement du brin d'herbe dans la brise du soir ? N'est-ce pas une raison pour rechercher les grandes occasions, les personnes de valeur et tout ce qui est digne d'espoir ? N'est-ce pas une raison pour vivre pleinement tes joies et supporter dignement tes peines ? N'oublie jamais de respirer le parfum de la vie, d'entretenir la flamme de l'allégresse intérieure, d'être sensible à la caresse de l'air lorsque  tu te déplaces, et d'emplir tous tes sens des images, des senteurs et des mélodies du monde. Oui, n'oublie pas de savourer le goût de la vie, son royal nectar butiné sur des fleurs à la splendeur intacte, ce miel à la tiédeur exquise, aux virtualités secrètes et magiques. »

     

    On reconnaît l’amour véritable à ce que le silence de l’autre n’est plus un vide à remplir, mais une complicité à respecter.

    Quand on aime quelqu’un, hé bien le quelqu’un qu’on aime : c’est un quelqu’un qui ressemble à personne, qui n’a pas besoin de parler pour être présent, qui est incapable de vous fabriquer de l’infini en un sourire et, quand vous pensez à lui très fort, de vous transporter dans un monde qui n’existe pas – ou qui existe seulement quelque part ailleurs.

     

    Il t’arrive d’aider les gens et, en échange, tu ne reçois au bout de tes peines que de l’indifférence ou de l’ingratitude ; à l’inverse, parce ce que tu as écouté quelqu’un qui avait besoin de parler, tu entends dire merci, comme si tu venais d’accomplir un miracle, alors que tu n’as rien dit, tu n’as pas fait autre chose qu’écouter.

     

    Je suis sûre que si Dieu faisait notre volonté ce serait catastrophique ! Il réaliserait tous nos caprices, et on s’apercevrait plus tard qu’on s’est trompé. Alors, on se tournerait vers Dieu, et on lui dirait : « Pourquoi tu m’as laissé faire ça ? » Donc il vaut mieux s’abandonner à la volonté de Dieu, rien désirer d’autre que ce qu’il veut lui.

     

    Prier ce n’est pas uniquement avec de mots, c’est en répandant de l’amour tout autour, chaque jour, comme quand on met de la lumière qui diffuse dans une pièce noire. Donc il faut être illuminé de l’intérieur pour éclairer l’extérieur.

     

    Aimer, ce n’est pas vouloir rendre l’autre heureux. C’est être heureux, et offrir son bonheur à l’autre.

     

     



  • RICHESSES

    Le temps de Dieu n'est pas le nôtre. Le jeune homme riche en est bien conscient, puisqu'il demande comment faire pour avoir la vie éternelle en héritage (Mc, 10:17-30)...


    tresor_coffre_en_bois2

    "Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel".

    Ce à quoi Jésus fait allusion, c'est l'usage des biens extérieurs : il s'agit de se défaire non pas d'un argent qui fait vivre, mais des forces qui en font mal user. Que l'on soit riche ou pas ne change rien au fait de devoir se décentrer de soi, de ses mérites, de ses possessions, afin de se retrouver pauvre et nu pour écouter l'appel de Jésus, qui s'adresse à nous comme au jeune homme riche :

    " Viens, suis-moi ".

    "Il s’en alla tout triste car il avait de grands biens". 

     Il doit encore apprendre à dépasser ses impatiences et ses attentes, à s'abandonner en Jésus, et croire que tout lui sera donné au moment opportun.

    Dans notre histoire, nos richesses nous incitent à nous auto-suffire et nous empêchent à être dans la position de celui qui reçoit totalement. Pourtant, je ne crois pas qu'il soit demandé de s'en débarasser, mais que, plus difficile que ça, tout en les conservant, on doit les remettre à leur place, afin d'être instruments utiles à l'oeuvre de Dieu. Seul le détachement intérieur de toutes nos possessions nous libère de la peur de manquer, et nous rend disponibles pour avancer vers la Vie sur la route de la vie. 

    Le salut ne se mérite pas, il se reçoit. Pour le recevoir, il ne faut rien faire, sinon se dé-faire ...

  • ENTENDRE ET COM-PRENDRE

    Dans l'Évangile de ce dimanche, (Mc 9, 30-37), Jésus marche avec ses apôtres et leur annonce pour la deuxième fois sa passion...

    J_sus_enfants_2

    Dans le secret de la foule, Jésus essaye d'instruire ses disciples. Cependant, leur préoccupation sur le chemin est loin d'essayer de comprendre le message de leur maître et ami: "Ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand."

    N'écouter que soi, et écouter les autres dans le seul but (souvent inconscient) de se comparer à eux dans un rapport de forces, permet de conserver (posséder) le contrôle. Accepter d'entendre un discours qui est à l'antipode des pratiques du monde, ça dérange, ça oblige à nuancer ce que l'on a bien ficelé en soi. Pensez donc: ça voudrait dire se dépouiller de "l'avoir, du savoir", pour s'oser dans la vulnérable nudité de ce que l'on est véritablement, hors de tout bien matériel et de la pensée des hommes. Pourtant, le seul moyen d'être vraiment libre est de cesser les compétitions puériles! 

    La lettre de Jacques (3, 16-4, 3) est éloquente: il dit en 4, 1 "D'où viennent les guerres, d'où viennent les conflits entre vous ? N'est-ce pas justement de tous ces instincts qui mènent leur combat en vous-mêmes ?"

    Les disciples surveillaient leurs éventuels intérêts et ils voulaient mettre au point les plans de la gestion du futur royaume. Or, Jésus annonce que c'est la mort du pouvoir qui introduit à la vie du royaume de Dieu. Quand on ne se soucie plus d’être le plus grand, on s’ouvre à l’autre, même au plus petit, tel l'enfant que l'on accueille sans regarder s’il le mérite, avant même qu’il puisse le mériter, simplement parce qu’il a besoin d’être accueilli.

    En Marc 9:30-37), Jésus finit par placer un enfant au milieux d'eux, le prend dans ses bras, et dit :"Quiconque accueille en mon nom un enfant, comme celui-ci, m'accueille moi-même". Il invite ainsi ceux qui l’écoutent à retrouver une âme d'enfant, afin de faire une descente au fond d’eux-mêmes avec la même naïveté que le ferait un petit, qui "sait" que "ça" vit en lui, mais est incapable de le nommer.

    Dans sa pleine spontanéité, un tout petit ne se préoccupe pas de faire des distinctions entre les gens. Au départ de sa vie, il a le même regard pour tous, avec la même transparence, comme s’il n’y avait ni méchant ou gentil, riche ou pauvre, beau ou laid, vertueux, proche ou étranger. Lorsqu'il se trouve face à une personne, il y a simplement deux vivants face à face.

    Cette leçon d'humilité me concerne aujourd'hui: "Qu'est-ce que je cherche? Mes petits succès humains, parfois mesquins, souvent limités? Ou Dieu tel qu'il vient se révéler à moi dans l'intimité?

    Il ne s'agit pas de me servir de la vie, mais de la servir, pas de me l'approprier mais de la recevoir, pas de la vendre mais de l'offrir.

    Les hommes sont faits pour s'entendre Pour se comprendre pour s'aimer (Paul Eluard)

    Comprendre, c'est déjà aimer (Georges Bernanos)