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  • OUTRE-MER

    À plusieurs reprises, j’ai déjà eu envie de vous parler d’un patient, habitué de notre labo. Je m’en suis abstenue, pour je ne sais quelle raison. Et aujourd’hui, je me décide…

    Ce monsieur, que je nommerai Théo pour la facilité de l’histoire, est un commandant au long cours à la retraite âgé de 74 ans.
    Au long de nos conversations, j’ai découvert sa sensibilité et sa profondeur.

    IL m’a raconté que durant ses voyages, il restait parfois seul sur le pont durant des heures. Les matelots savaient alors qu’il était interdit de le déranger, sauf pour motif impérieux.
    C’est de là que, plongé dans une immensité, il a beaucoup devisé sur la vie, sur l’Éternité, et qu’il s’est le mieux laissé rejoindre par Dieu.
    C’est de là aussi qu’il communiquait en pensée avec son épouse, de qui il était et est encore éperdûment amoureux, qu’il échaffaudait tout un programme pour les après, ceux des retrouvailles en famille entre les missions professionnelles, et le tout long après, celui d’une vie de couple dès l’heure de la pension.
    Seulement, voilà, c’était sans compter avec la maladie d’Alzheimer de laquelle est atteinte sa femme depuis quelques années.

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    Cette maladie dégénérative du système nerveux central, est caractérisée cliniquement par l’apparition d’une démence progressive.…
    Tous connaissent de près ou de loin cette pathologie incidieuse qui touche aussi bien le malade que son entourage. Elle impose un long apprentissage à tous les proches, qui doivent modifier leur approche avec la personne affectée et affectionnée. L’ amour pour elle ne doit plus être que tendresse empreinte de patience et de persévérance, l’ angoisse est appelée à devenir espérance et l’ espérance apprend à ne plus se contenter que d'un instant fugitif, d'un regard, d'un sourire.

    Pour Théo qui a parcouru les mers, le monde se transforme, mais pas comme il l’avait pensé. Un seul regard lui manque, celui qui, naguère, le touchait et l’encourageait de loin, et voici que tout devient sans objet. Il perd sa raison d’être, la vie n’a plus guère de sens pour lui. Il se sent abandonné, perdu devant son épouse partie en voyage dans un univers qu’il ne connaît pas.

    Pour Théo, l’autre, elle, l’épouse grâce à qui le quotidien était promesse d’un avenir palpitant parsemé de partages complices, s’est retirée.
    Dissoute dans son ailleurs, elle s ’est faite insaisissable, ne laissant derrière elle que le vide. Et la plainte de cet homme désespéré me fait comprendre la béance d’une proximité physique accompagnée d’ un mal qui sépare, emplie d’une présence qui se fait absence.
    Le vide chargé de silences exacerbe sa nostalgie, fait remonter des souvenirs dont il voudrait faire le deuil pour mieux supporter ce qui devient parfois insupportable. Car, lorsqu’il parvient à revivre les bons moments du passé, ils le replongent ensuite plus douloureusement dans la réalité d’aujourd’hui!
    La mémoire d’un hier mort est pour lui le rappel insoutenable de ce dont il est privé, qui rend encore plus insolente la réalité de maintenant.

    Courageusement, il apprend progressivement à habiter seul un espace aménagé pour deux places. Faisant peu à peu le deuil d’une attente insensée, il berce sa peine dans la douceur de toutes les attentions que lui apportent ses deux fils, et leur famille. Pourtant…

    Hier matin, avant de venir à la clinique, Théo venait de déposer sa femme au home de jour, ainsi qu’il a pris l’habitude( à contre-coeur!) de procéder une fois par semaine. Lorsque je l’ai introduit dans le local de prélèvements, j’ai deviné beaucoup de vague à l ‘âme en lui. Je dirais même plus: j’ai ressenti une véritable tempête d’incompréhension.
    Dans ses yeux bleus, de la couleur du ciel, un océan de larmes était prêt à déborder.

    80-01Dans son regard, j’ai capté l’appel de détresse de celui qui cherche et ne trouve pas. Ce regard qui s’est tant exercé à scruter au-delà de l’horizon, se heurte inlassablement contre un mur du silence qui l’angoisse. Devant cette peine et cette déroute, je me suis tue pendant que les larmes coulaient enfin. Puis j'ai laissé passer des mots. Les siens d'abord, qui se résumainet en une litanie de "Que c'est dur, que c'est dur!", ensuite les miens, desquels je n'ai pas la souvenance exacte...

    Il avait besoin de puiser de la force en s’épanchant auprès d’oreilles attentives et compréhensives, en buvant des paroles d’encouragement. C’est ce que j’ai essayé d’ offrir afin que, restant incontournablement seul dans une part de son coeur, il se sache aimé par la vie.
    Je pense que ce petit moment a été revivifiant, et a un peu estompé en lui la marée noire du doute, de la culpabilisation.

    À ma manière, j’ai tâché de transporter Théo sur les rives d’un abandon paisible qui accepte mieux le moment présent. Je pense y avoir en partie réussi.

    En me quittant, il m’a embrassée affectueusement, comme un père qui remercie sa fille. Puis, tel l' enfant qui se console, il a blotti pendant un instant sa tête sur mon épaule.

    Je l ‘ai assuré de ma prière pour lui, pour son épouse et pour les leurs. Et j’invite ceux qui le désirent à marcher avec moi vers la crèche. Ensemble, allons déposer Théo et sa famille, mais aussi toutes les misères de notre humanité. Jésus les attend pour leur donner la Vie…

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    L’histoire de Théo me confirme que, décidément, même quand on se croit le maître à bord, à part la direction à suivre, nul ne peut programmer fermement l’itinéraire de son voyage sur terre…

  • CADEAU

    Cette année, il m’a fallu du temps pour entrer dans l’ambiance des fêtes. Est-ce dû à la température douce, à la lumière du dehors, à l’Avent qui est raccourci d’une semaine? Un peu tout à la fois, sans doute.

    Vendredi dernier, le sapin et la crèche étaient enfin présentables et créaient l’ ambiance que tout le monde attendait. Si bien que samedi matin, il m’a semblé naturel de me mettre à faire des cougnous. (La recette suivra bientôt).cadeau-noel

    Avec Noël qui approche, revient aussi le temps des cadeaux ! Nous avons pris l’habitude de ne pas multiplier les achats. Chacun tire au sort le nom du bénéficiaire du seul cadeu à offrir.
    Normalement, tout reste dans le secret jusqu’au moment de la distribution. J’aime ce suspens, qui fait partie d’un jeu durant lequel chacun observe les moindres “trahisons” qui permettraient de trouver une piste.Généralement, je connais la clé de l’énigme avant Noël, parce que plusieurs m’appellent au secours pour avoir de l’inspiration. Cette fois-ci, je reste dans le flou, une seule personne ayant eu recours à moi jusqu’à présent.

    J’ignore comment les autres guident leur choix. Pour ma part, j’ai horreur des cadeaux convenus, achetés “vite fait bien fait”.
    Tout au long de l’année, je suis attentive à des détails, des réflexions, des indices, qui me donnent une piste au cas où je “tomberais” sur telle ou tel. Je conserve en mémoire la liste des particularités concernant chacun.
    C’est ainsi que mon destinataire aura un cadeau insolite autant qu'inattendu, qui montrera que je suis à son écoute et que je réponds à un de ses besoins, pas forcément matériel. Par ce que je vais offrir, je veux exprimer toute mon affection. Ce petit grain de folie symbolisera mon état d’esprit: je ne crains pas de ménager mes peines pour rejoindre une personne que j’aime et qui occupe une place de choix dans ma vie.
    Ce moment du présent sera un clin d’oeil qui devrait se prolonger dans le temps et devrait renforcer des liens déjà forts, car il sera réponse à des partages et ouverture pour de nouvelles découvertes…

    Après la messe de minuit, nous mangerons la bûche et nous nous échangerons les cadeaux.
    Quel sens ceci aurait-il si ce n’était pas surtout le moment de fêter l’Avénement?

    Au cours de ces dernières semaines, attente, stérilité, confiance, fécondité, naissance, sont les mots clés qui ont le plus retenu mon attention et ma méditation. Aussi, le plus beau cadeau que j’ai besoin de recevoir, c’est celui de la Vie. J’aimerais tellement la porter partout autour de moi! Pas seulement au cours d’une soirée, à une personne, mais à chaque moment, à tous ceux qui seront placés sur ma route, connus ou inconnus. images_75

    Je demande au Seigneur qu’il me donne la grâce de trouver les gestes qui conviennent, qui soient signes d’ un je ne sais quoi qui annonce une fête, celle de la Lumière de Noël qui vient éclairer toutes les nuits de l'humanité, à tous les instants de la vie…images_76

  • AU-DELÀ

    " Au dedans de toi est la source du bien, une source qui peut toujours jaillir, si tu creuses toujours." (Marc Aurèle)

    La rencontre de l'autre devrait idéalement conduire vers logol'Autre...

    Dans le quotidien, c’est un vrai défi, notamment dans le couple. Car si l’altérité attire, elle fait peur aussi. L’autre peut être ressenti comme une menace parce qu’au fond de soi se profile la peur de ne plus exister. Surgit alors la tentation de fuite ou, à l’inverse, de domination, parce que les différences dérangent les certitudes, la manière de faire ou de penser.
    C’est au coeur même des difficultés que surgit un appel toujours neuf à dépasser les incompréhensions, les oppositions, pour aller vers un « au-delà » qui entraîne dans le don de soi. 04

    Tendre à aller « au delà de son être pour l'autre », c’est se vider soi-même pour accueillir l'autre dans son humanité.

    « Au delà » du désir premier vient le temps de l'attente, de la patience, voire de la distance. Le bonheur éphémère cède alors sa place à la grâce du don de soi.

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    Puis, en découvrant l'existence de cet Autre qui pré-existe au désir premier, et qui offre une relation « au-delà » de l'approche "humaniste", l'amour conjugal s'engage dans une dimension plus vaste, celle du mariage-sacrement.
    L'alliance humaine devient réponse à une alliance « au-delà », réponse à l’ Amour présent en soi. Dieu purifie le regard et montre le chemin de l’éternelle gratuité, signe d’une rencontre véritable.6030p

    Dans le couple qui se veut chrétien, l’altérité est une respiration « à deux soi », au service d’actes humains placés « au-delà », en un nous inspiré par l’ Amour de L’Un...

    Cette dimension dépasse la relation entre époux, qui deviennent expression d’Amour dans le monde qu’ils fréquentent.

  • HOMMES ET ÉGALITÉ

    Mercredi dernier, j’ai assisté à un colloque dont le sujet était « L’égalité (sous-entendu entre hommes et femmes) fait-elle fuir les hommes ? »

    L’impact de l’ évolution sociale qu’est la libération des femmes, est la remise en question de l’identité des hommes, leur place dans la société, dans le couple, dans la famille, et dans les structures professionnelles.

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    Entrés tardivement dans la marche vers l'égalité de genre, les hommes doivent donc trouver de nouveaux modèles d'être, de vivre, de dire... Sans doute ont-ils encore quelques privilèges à perdre, mais auront-ils le choix ?
    La bonne volonté égalitaire ne suffit pas…

    Parmi les intervenants de mercredi, je retiens surtout Jean-Michel Longneaux, docteur en philosophie et chargé de cours aux Facultés ND de la Paix à Namur, de qui je me suis sentie la plus proche .
    Pour lui, l’égalité hommes-femmes est un réel progrès. Tout progrès amène une nouvelle valeur, ce qui n’est pas sans poser de problèmes. L’enjeu ne signifie pas qu’il faille retourner en arrière, mais demande de la vigilance.

    Comment vivre ensemble ?

    Face à quelqu’un, soit je le comprends à partir de moi, réduisant l’autre à mon désir, à ce que je suis, ou bien je comprends cet autre à partir de lui, parce que je renonce à mes désirs pour lui faire plaisir. Dans ces deux cas, je reste maître selon la logique de sujet à sujet. C’est en effet moi qui mets l’autre à la place que je décide.

    Renoncer à mes désirs suppose faire un deuil et renoncer à trois choses: la toute-puissance, la fusion et croire que des choses me sont dues.
    Jean-Michel Longneaux dit qu'il faut accepter sa FINITUDE, sa SOLITUDE et son INCERTITUDE.

    La FINITUDE consiste à accepter de ne pas être parfait, tout-puissant, mais limité et finalement mortel. Ce n'est que dans la mesure où on accepte cela qu'on peut devenir responsable de sa vie.
    Celui qui se croit tout-puissant s'impose, écrase, mais n'est pas vraiment responsable de sa vie, car il ne s'accepte pas vraiment lui-même.

    La SOLITUDE consiste à accepter d'être seul, à assumer sa solitude, à ne pas se servir de l'autre par insécurité, à ne pas fusionner.
    Ce n'est que dans la mesure où on accepte sa solitude qu' on est capable d'entrer tous-egauxdans une relation vraie avec un autre, en le libérant, en respectant et en favorisant son altérité.

    Ce que J-M Longneaux appelle INCERTITUDE, c'est le fait d'accepter que rien ne nous soit dû. On ne nous doit rien, absolument rien.
    Ce n'est que dans cette mesure que nous pouvons recevoir tout ce qu'on nous donne comme une grâce.

    Le prix à payer pour être en relation d’égalité avec l’autre est la mise en place de ce quelqu’un d’autre. Il s’agit d’un jeu par lequel on s’échappe et on se rejoint en permanence.
    Se projeter sur l’autre est forcément inégalitaire.
    Il faut donc trouver une égalité par rapport à un tiers, ce qui permet une inégalité horizontale. La relation à deux offre alors une possibilité de création.

    Grâce à la différence, on peut trouver merveilleux de vivre avec l’autre, quand il y a un enrichissement d’être ensemble.
    Mais la différence peut aussi sembler terrible quand, par le fait d’avoir le sentiment que l’autre échappe, il devient insupportable de vivre avec lui.
    Vivre la différence, ce n’est pas du tourisme, ce n’est pas toujours pittoresque! Not_223_a quoi joues-tu

    Quels que soient les essais pour recréer un monde à sa mesure, la sécurité n’est jamais que provisoire.
    Il faut chercher sa sécurité personnelle sans qu’elle ne soit dans la relation à l’autre dans le sens d’attendre de lui : « sauve-moi ». Parce que l’autre échappe toujours

    L’amour, c’est le lieu où je maintiens la distance avec l’autre et où je lui confirme son aspect unique pour moi. Il faut accepter une notion de gratuité dans la relation, faire sienne l’incertitude de la vie, être conscient que l’on peut tout perdre, tout en sachant que l’on conserve l’essentiel: on continue à vivre!

  • JOIE!

    Dans le prolongement de la pensée de Jean Baptiste qui nous invitait à préparer le chemin du Seigneur, en ce troisième dimanche de l’Avent, Paul nous incite à la joie:

    « Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; laissez-moi vous le redire : soyez dans la joie. Que votre sérénité soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche » (Philippiens 4,4-7).
    La joie dont parle St Paul est un véritable cadeau de Dieu, une belle boule de Noël aux multiples facettes. Aussi brillante que du cristal, je la contemple pour qu’ensuite mes yeux reflètent le bonheur qui habite mon cœur de fille de Dieu.

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    Cette joie n’est pleine que si elle se partage, se sème, se communique, devient contagieuse.
    Cette joie n’exclut pas la souffrance, les erreurs, les difficultés, les doutes, les pannes, mais elle ne les craint pas.
    Cette joie s’appuie sur ma foi en Jésus venu nous sauver, sur l’ espérance en un Dieu plus fort que tout.
    Cette joie, c’est l’amour que je reçois à tout instant du Seigneur et que je m’efforce de distiller aux autres comme la lumière du soleil, comme le parfum d’une rose.

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    Comment faire? La réponse est dans l'Évangile de ce dimanche: (Luc 3,10-18.)

    "Les foules lui demandaient : « Que devons-nous faire ? » Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu'il partage avec celui qui n'en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu'il fasse de même ! » Des publicains (collecteurs d'impôts) vinrent aussi se faire baptiser et lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « N'exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. » A leur tour, des soldats lui demandaient : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites ni violence ni tort à personne ; et contentez-vous de votre solde. »"

  • MON BEAU SAPIN

    MON BEAU SAPIN..

    C'est parti! PICT0118Jeudi, deux jours plus tôt que prévu, le sapin est enfin sorti de sa boîte.
    Il est resté dépouillé et grelottant toute une nuit. J'ai entamé son toilettage hier matin, pour terminer le gros -oeuvre en début de soirée.

    C'est l'arrivée d'amis de mes fils et de l'amie de Gi hier en fin de journée, qui m'a motivée. Ils logent à la maison, et j'avais envie de déjà leur offrir un avant- goût de fête.

    Il reste encore les finitions à faire, comme camoufler des fils, poudrer un peu les branches. Un peu partout dans le living, je vais ajouter des ...Aïe, aïe, aïe! Je vois déjà frémir mon mari. Il fait une fixation contre les ...bougies, (Ça y est. J'ai osé prononcer le mot!) et ne partage absolument pas mon romantisme à ce sujet. Il voit plutôt tous les risques que peuvent causer ces sources lumineuses, allant toutes les compter (plus de cinquante, paraît-il) dans le but d' alourdir "ma faute" d'en allumer dans tous les coins. Pas tout le temps, rassurez-vous! Juste quand je veux créer une atmosphère chaleureuse autour d'un repas, au cours d'une soirée....
    Encore un point de divergence! L'un se sent menacé là où l'autre est rassuré.

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    Mais revenons à nos moutons. Ils nous mènent tout droit vers la crèche. Sur un côté, une boule de Noël est placée à côté de Jésus, qui attend le moment de sa joyeuse entrée. Laide, de style artisanal très rudimentaire, c'est une boule en frigolite dans laquelle sont plantées des petites pièces multicolores. Pas du tout mon style! Sauf si...

    PICT0119Cette boule m'a été offerte par une dame, il y a de ça quatre ou cinq ans. Âgée d'une quarantaine d'années, elle était atteinte d'un cancer, et venait régulièrement au labo, où le "hasard" faisait que c'était presque chaque fois moi qui me chargeais de sa prise de sang. Elle était invariablement accompagnée par son mari. Au cours du temps, des liens se sont créés. Le couple, je le savais, attendait autant de mes encouragements et de ma bonne humeur que de mes soins. La situation s'est dégradée de plus en plus, et la dame a fréquenté le centre occupationnel de jour des soins palliatifs. Un jour, elle m'a apporté fièrement une de ses "oeuvres". Je vois encore son sourire et ses yeux qui brillent! Depuis lors, cette boule de Noël fait partie de ma décoration annuelle.

    Elle est moche, et pourtant si belle! Surtout depuis que les yeux de la dame sont définitivement clos.
    Posée religieusement auprès de la crèche, la boule me révèle beaucoup de choses. Comme ne pourraiit le faire une consoeur de cristal! C'est un conte merveilleux. Il me parle d'une personne qui, désormais, vit Noël dans l'Éternité de Dieu. Il me raconte qu'une étoile brille dans mon ciel. Elle m'encourage à continuer à donner la vie ici-bas, et m'invite à me préparer pour aller la rejoindre dans la Vie...

  • Amour d'AMOUR

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    Attendre Noël, c’est tâcher de me mettre dans la dimension qui me permet de partager la vie de Jésus, de mieux prendre conscience d’être appelée et envoyée exactement là où je me trouve ici et maintenant.
    Cette conscience me fait sentir physiquement et « cordialement » que mon être tout entier est saisi par les moindres petites tâches, même peler les pommes de terre et laver la vaisselle.
    Quand je suis ainsi disposée, toute petite action devient la source d’une joie qu’aucune circonstance ne peut ternir. C’est alors que je peux aimer par- dessus tout.

    Mardi, paradoxalement, mon attitude négative s’est manifestée alors que nous venions de nous réunir entre focolari! C'est beau, de parler d'amour, mais en vivre est encore mieux! Après cette réunion, sans doute n’étais-je pas suffisamment dans l’abandon à Dieu, parce que trop sûre de moi? Sûrement, même !Img25

    Attendre Noël, c’est suivre Jésus, c’est un acte de foi à la parole de Celui qui (m ‘)appelle et (m’)envoie (Mc 3, 14), c’est le « recon-naître » dans chaque instant présent, quel que soit son contenu, qui devient ainsi le lieu où s’exerce la confiance et l’abandon qui engendrent l’Amour.

    Je ne dois pas m’attacher aux détails du quotidien (même pas aux manques d’amour !) au point qu’ils me préoccupent jusqu’à me faire oublier d’aimer. Je ne suis instrument d’amour que si mes actes et mes paroles sont des « oui » au « suis-moi » de Jésus.

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    Noël n’est qu’Amour ! L’Amour est en moi. Il m’attend. Avec patience, il me laisse le temps de choisir de ne plus vouloir vivre que pour lui, avec lui et en lui.
    La vraie vie, c’est vivre en amour, par amour d’Amour.

  • OMBRE PUIS LUMIÈRE

    Hier, sur le blog de Dydime était reprise une citation de Ste Thérèse de la sainte Face, dont voici un court extrait : « Ce n'est pas la valeur ni même la sainteté apparente des actions qui compte, mais seulement l'amour qu'on y met ». Voici mon commentaire : « "Aime, et fais ce que tu veux", dit aussi St Augustin. Pas besoin de grande théorie pour le comprendre, mais que d'amour il faut pour y parvenir, surtout pour accomplir les plus petites oeuvres à répéter sans cesse.. ».ras_le_bol

    Ne pas dire, ne pas faire, peuvent aussi devenir des oeuvres d'amour. Pas plus tard qu'avant-hier, j'ai raté mon coup, en rouspétant sur un de mes fils...

    Quand il rentre à la maison, il "range " systématiquement son sac contre un mur du living, ce qui me déplaît souverainement. Il le sait! L'amour me dicte de le lui redire pour la nième fois avec calme et douceur.
    Parfois, j'y arrive, mais pas mardi! Partant sur le mauvais ton, la suite de nos échanges est devenue aigre.

    Voici un bel exemple de mes actes manqués, car négociés dans un manque d’amour.
    Légitimement, j’ai raison de demander que soit respecté l’ordre de la maison, mais encore faut-il que j’aie la manière de l’exprimer. Guidée par une impatience mal contenue, un ras-le-bol de répéter sans cesse les mêmes choses, à des gens qui connaissent les consignes de la maison et par quoi elles sont motivées, je me suis engagée dans une réaction stérile. La mauvaise humeur qui m’a dominée a remplacé la lumière de la joie de voir Gi de retour par l’ombre de la tristesse .

    À des moments pareils, je me retrouve littéralement avec ce qui se nomme "la mort dans l’âme". C’est ridicule de s’empoisonner la vie pour des broutilles.

    Tout en sentant un malaise intérieur, l’amour qualifié de «propre» m ‘empêche de changer brusquement de programme. Il m’encourage à me remettre à « raisonner ». Si je l’écoute, ma logique reprend le dessus, car tout de même, : " J’ai un peu raison de…"Stop !

    Quelle valeur a un ordre obtenu dans le désordre des cœurs ?

    J’essayerai de faire mieux la fois prochaine, en aimant…
    Et toi, Gi, que dis-tu si tu me lis , ce qui tiendrait du miracle ;-)) ?imageNQA

    Heureusement, chez nous, les ombres ne durent jamais longtemps. Après avoir laissé décanter l’incident, les signes de la réconciliation se sont progressivement exprimés dans un silence qui s’allégeait, les regards qui s’adoucissaient, notre visage qui se détendait. La journée s’est terminée sous un air cordial et paisible!

    Ce genre de fait est courant et universel. Chacun peut l’associer à son vécu. Néanmoins, si on n’y prend pas garde, et que l’on ne désarticule pas rapidement le mécanisme, ça risque d’ouvrir la porte à l’escalade de la violence.

    Aussi, dans ces situations, je me répète une petite phrase fétiche :" Ne jamais laisser un problème à régler devenir plus important qu’une personne à aimer." Et c'est souvent chez moi, là où je me relâche le plus, que je dois la mettre en appllication!...

  • MA CRÈCHE

    Hier, je n’ai fait allusion qu’au sapin de Noël. Ce n’est bien sûr pas parce qu’il me semble plus important que la crèche. Mais cette dernière est dédoublée: une partie fait partie du décor, à côté du sapin, avec la même valeur symbolique, selon ce que chacun leur donne, tandis que la seconde est installée en moi, et ce à demeure! Mais il y manque le bébé Jésus définitivement bien formé!

    Être centré à la Source dit Maître Eckhart (XIIIe siècle), c’est participer de l’Énergie Créatrice, acte pur "d’éternel engendrement", qui jaillit de notre propre " Fond ".

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    En fait, je devrais pousser mon amour jusqu’à ne plus vouloir être qu’en Dieu, à ne jamais laisser vide la couche de ma crèche intérieure, à me laisser féconder spirituellement pour entrer dans l’enfance spirituelle…

    Élisabeth, du film de la Nativité que je suis allée voir dimanche, se superpose dans ma tête avec l’actualité de l’Avent. Cette image qui reste forte dans ma mémoire, me renvoie à ma stérilité spirituelle.

    Autant que possible, je m’efforce de rester éveillée au milieu de mes endormissements, de rendre fécondes mes envies stériles, de voir la lumière au milieu des ténèbres, de placer l'amour au milieu des rejets. Non pas que je souhaite devenir aveugle au négatif de la vie, mais je lui cherche un sens. Au croisement de réalités telles que la précarité de la santé, l’emploi stressant ou menacé, les difficultés matérielles ou relationnelles, des familles éclatées, et la litanie des misères humaines, je ne veux pas me contenter de me lamenter. Ce que nous sommes, ce que je suis, avec l'amour de Dieu et la présence de Jésus, est encore plus grand que tout cela.

    Qui me voit, voit le Père (Jn 14, 9).
    Dans l’abandon, chaque fois que, à l’image de Jésus, je me reçois du Père, je deviens fille de Dieu avec le Fils. Dans cette filiation, le Père m’ engendre par la grâce de l’Esprit. Il s’agit d’un enfantement qui sollicite une attitude de total réceptivité.

    Mon Noël serait que cette disposition de ma part soit continuelle. Mais elle n’est jamais que passagère! Oscillant entre périodes de fécondité et de stérilité, mes jours sont parsemés de petites vies et de petites morts…
    Mon Avent durera le temps de ma vie, ainsi que me le faisait remarquer très justement Didyme…

  • À SUIVRE...

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    Ce n’est pas encore aujourd’hui que le sapin de Noël trônera dans notre living!

    Il était prévisible qu’il soit tardivement installé, puisque nos fêtions seulement St Nicolas le 10 décembre. Il m’est impossible de mélanger les fêtes ensemble. Déjà, elles se suivent à une allure folle, ce qui demande de s’adapter en glissant d’une ambiance à l’autre en trouvant des liens entre chaque événement.

    Ensuite, il faudra trouver un moment propice pour procéder à l’installation. C’est que, mode de rien, il n’ s’agit pas d’une petite entreprise. C’est l’histoire d’au moins une demi journée. Ce rituel n’est réussi que si je ne me sens pas parasitée par des urgences, que je suis seule, avec une musique de Noël, en plein jour.

    J’y ai renoncé hier, car ma place était de soutenir un collègue qui subit de l’acharnement moral à la clinique, pour qui nous avions une réunion extraordinaire avec le permanent syndical.

    Aujourd’hui, travail le matin, comme les deux prochains jours, puis nous nous réunissons après-midi entre quelques focolari à la maison.

    Demain, peut-être? Quoique quelqu’un passera me chercher vers 16H30 pour une conférence.

    Jeudi kiné après-midi, courses en prévision du We, puis...?

    Vendredi, alors que j’aurai congé, je serai à la bibliothèque l’après-midi, mais j’assisterai par la même occasion à la messe de 11H45 et dînerai sur place.

    Samedi est prévue une rencontre avec une amie de longue date. Nous nous voyons rarement, ayant plutôt des contacts téléphoniques, mais avions décidé de nous voir absolument une fois cette année.

    Alors, ce sera dimanche au plus tard. Promis? Juré? Ça, l’avenir le dira! Un jour à la fois…

    Le sapin me manque un peu en ce moment, mais ce vide est empli de choses utiles et positives. Tout ce contenu de vie est invisible, et pourtant plus important qu’une décoration visible qui n’aura de vie que par ce qu’elle symbolisera à nos yeux.
    Affaire à suivre...

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La "Vivencia" est la vie en train de se vivre. La vivance représente plus que la simple expérience d'un phénomène...