• LA GRANDE SEMAINE

    Nous allons entrer dans la Semaine Sainte, dite aussi la grande Semaine...

    Manque de temps? Manque d'inspiration? Manque de ? Sans motivation? Sans doute un peu tout à la fois, qui explique la rareté de mes billets sur le blog en ce moment. Néanmoins, je voulais partager quelque chose à l'occasion de la Semaine Sainte. Pas du blabla, mais pour rappeler que Pâques approche à grands pas.

    Ceux pour qui ça a un sens se préparent à accueillir le Ressuscité. Au préalable, ils vont accompagner Jésus dans ses derniers moments et faire des pas avec Lui sur le Chemin de la Croix.

    Quelques jours pour se rappeler combien le comportement de l'homme est souvent injuste et contradictoire, passant des acclamations envers quelqu'un pour le condamner peu après sans qu'il n'ait démérité en quoi que ce soit, sinon en étant trop parfait! Sept jours sont bien nécessaires pour se réajuster avant de repartir avec la Vie dans l'âme et la distribuer partout où l'on ira. Bonne Semaine Sainte!

    semaine sainte,lamartine,pâques

     

    Ce texte de Lamartine aide à approfondir la réflexion:

     

    La Semaine Sainte à la Roche-Guyon

    Alphonse de Lamartine (Méditations poétiques)

     

    Ici viennent mourir les derniers bruits du monde 

    Nautoniers sans étoile, abordez ! c'est le port :

    Ici l'âme se plonge en une paix profonde,

    Et cette paix n'est pas la mort.

     

    Ici jamais le ciel n'est orageux ni sombre ;

    Un jour égal et pur y repose les yeux.

    C'est ce vivant soleil, dont le soleil est l'ombre,

    Qui le répand du haut des cieux.

     

    Comme un homme éveillé longtemps avant l'aurore

    Jeunes, nous avons fui dans cet heureux séjour,

    Notre rêve est fini, le vôtre dure encore ;

    Eveillez-vous ! voilà le jour.

     

    Coeurs tendres, approchez ! Ici l'on aime encore ;

    Mais l'amour, épuré, s'allume sur l'autel.

    Tout ce qu'il a d'humain, à ce feu s'évapore ;

    Tout ce qui reste est immortel !

     

    La prière qui veille en ces saintes demeures

    De l'astre matinal nous annonce le cours ;

    Et, conduisant pour nous le char pieux des heures,

    Remplit et mesure nos jours.

     

    L'airain religieux s'éveille avec l'aurore. ;

    Il mêle notre hommage à la voix des zéphyrs,

    Et les airs, ébranlés sous le marteau sonore,

    Prennent l'accent de nos soupirs.

     

    Dans le creux du rocher, sous une voûte obscure,

    S'élève un simple autel : roi du ciel, est-ce toi ?

    Oui, contraint par l'amour, le Dieu de la nature

    Y descend, visible à la foi.

     

    Que ma raison se taise, et que mon coeur adore !

    La croix à mes regards révèle un nouveau jour ;

    Aux pieds d'un Dieu mourant, puis-je douter encore ?

    Non, l'amour m'explique l'amour !

     

    Tous ces fronts prosternés, ce feu qui les embrase,

    Ces parfums, ces soupirs s'exhalant du saint lieu,

    Ces élans enflammés, ces larmes de l'extase,

    Tout me répond que c'est un Dieu.

     

    Favoris du Seigneur, souffrez qu'à votre exemple,

    Ainsi qu'un mendiant aux portes d'un palais,

    J'adore aussi de loin, sur le seuil de son temple,

    Le Dieu qui vous donne la paix.

     

    Ah ! laissez-moi mêler mon hymne à vos louanges !

    Que mon encens souillé monte avec votre encens.

    Jadis les fils de l'homme aux saints concerts des anges

    Ne mêlaient-ils pas leurs accents !

     

    Du nombre des vivants chaque aurore m'efface,

    Je suis rempli de jours, de douleurs, de remords.

    Sous le portique obscur venez marquer ma place,

    Ici, près du séjour des morts !

     

    Souffrez qu'un étranger veille auprès de leur cendre,

    Brûlant sur un cercueil comme ces saints flambeaux;

    La mort m'a tout ravi, la mort doit tout me rendre;

    J'attends le réveil des tombeaux !

     

    Ah ! puissé-je près d'eux, au gré de mon envie,

    A l'ombre de l'autel, et non loin de ce port,

    Seul, achever ainsi les restes de ma vie

    Entre l'espérance et la mort !

     

  • MODE- ET- RATION

    Vivre sans excès est un choix individuel et libérateur, dans la mesure où l'on rêve à la mesure du possible...

    quote-l-ethique-d-aristote-comme-celle-de-platon-rappelle-la-medecine-grecque-vivre-dans-jostein-gaarder-147954.jpg

    Bien entendu, ceci n'est vrai que si l'on peut régler ses désirs sans être réduit à des restrictions imposées par la pauvreté ou par l’idéologie inégalitaire.

    Il est frappant de voir à quel point certaines personnes deviennent aigries parce qu’elles n’ont pas atteint les objectifs qu’elles s’étaient fixés: scolaires, professionnels, familiaux, sociaux... Pourtant, ne pas vouloir toujours plus permet d’être heureux en ne ressentant pas de jalousie envers ceux qui possèdent davantage.

    La modération est la cerise sur le gâteau! Elle apaise nos ambitions, nos soifs affectives, notre besoin de valorisation. Elle inspire à accepter l’ordre des choses. Elle n'est pas résignation, mais décision. Sans se replier sur soi, on laisse sans amertume les autres s’agiter et les plus voraces prendre la place qu'ils convoitent. 

    Au fur-et-à mesure que l’on avance dans la vie, le fait de réajuster ses aspirations au regard de la réalité permet de se libérer du rôle que l'on s'était initialement imposé, ou voulu par les autres. On se détache de la pression sociale, on cesse d’être dans la comparaison. On arrête d’être dans l'effervescence, la course, de vouloir remplacer chaque désir satisfait par un nouveau désir. On organise ses priorités et on apprécie le bonheur de petites choses. Ça simplifie la vie et c’est reposant. On rêve petit, par choix, mais on rêve encore! 

    La modération est tout un travail sur soi, qui permet de vivre en "mode- et- ration". Ses "fans" cherchent à "parvenir", mais pas au sens mondain: en se sentant utiles, en goûtant un "vivre tranquille" en se donnant les moyens de jouir d’un bonheur accessible.

    Plus je vieillis, plus je prône la modération. Elle me semble être est la voie qui mène à une vie heureuse...