• LE NOËL DU RICHE HONTEUX

    Joyeux Noël! Jésus est venu pour tous...

    Je vous laisse en compagnie d'un beau conte de circonstance...

     

    LE NOËL DU RICHE HONTEUX

    (D'après Marie Noël)

    Écouter ->ICI

    Nativité Honthorst.jpg

    Et ses frères le prirent en haine(Genèse, 37-4).

     La veille de Noël, cette année-là, la vieille Mère Rachel se prépara comme tous les ans à conduire ses fils à la Crèche. Elle appela Simon qui travaillait la terre, Lazare l’ouvrier forgeron et André qui allait encore à l’école. C’étaient ses trois plus jeunes fils, ceux qu’elle préférait parce qu’elle les avait eus dans son vieil âge.

    Elle avait encore un autre fils, Joseph, qui lui était né d’un premier lit et qui était âgé lui-même, il marchait mal et ne voyait plus bien clair. C'était un homme qui avait beaucoup travaillé, beaucoup épargné, et il était riche. Il avait reconstruit et entretenu de ses deniers la maison de famille et aidé Mère Rachel à élever ses frères. Aussi ses frères ne l’aimaient pas car ils trouvaient injuste qu’il eût de quoi leur faire du bien en abondance et eux pas de quoi se passer de lui. Ils le tenaient à l’écart et, quand ils le croisaient en chemin, aussitôt l’un raillait et disait à l’autre : « Voici notre Bourgeois qui vient... » Et lui vivait modestement, silencieusement, dans son logis, sans oser faire grande dépense,  comme  un  homme  un  peu  honteux  qui  ne  sait  comment se  faire pardonner l’inimitié de ses proches.

    Mais en cette veille de Noël, Mère Rachel frappa à sa porte:

    - Joseph, dit-elle, je pars tout à l’heure adorer Jésus avec mes fils. Mais la route est longue jusqu’à Bethléem et je n’ai pas assez de vivres. Toi, tu as des provisions. Fais en sorte qu’elles nous servent.

    - Va, Mère Rachel, répondit Joseph. Tout ce qui est à moi est à toi. Voici mes clefs, celle du grenier, celle du cellier, celle de la cave. Prends tout ce qu’il te faut et même plus. Mes frères ne doivent manquer de rien en ce voyage de grande fête. 

    Mère Rachel prit les provisions et s’en fut. Mais aussitôt elle revint :

    - Le manteau de ton frère Simon est tout troué et il aura froid en route. Toi, tu en as plusieurs. Donne-moi un vêtement pour lui.

    - Va, Mère Rachel, répondit Joseph, prends mon manteau du dimanche. Ce sera une grande joie pour mon manteau d'aller à Bethléem sur les épaules de mon frère. 

    Mère Rachel prit le manteau et, peu après, revint encore :

    - Les souliers de ton frère Lazare ont de mauvaises semelles. Ils ne pourront pas faire tout le chemin. Toi, tu en as de rechange et tu ferais aussi bien de m’en donner une paire pour lui. II est jeune, plus fort que toi et s’en emparerait sans peine pour peu qu’il en ait l’idée.

    - Va, Mère Rachel, dit Joseph, prends mes souliers du dimanche. Ce sera une grande joie pour mes souliers d’aller à Bethléem avec les pieds de mon frère.  

    Mère Rachel s’en fut avec les souliers, et le bruit du départ s’éleva dans la cour. Alors Joseph parut timidement sur le seuil.

    - Mère Rachel, dit-il, ne m’emmèneras-tu pas avec vous pour adorer Jésus ? 

    Mais aussitôt les frères s’indignèrent :

    - Jésus n’a pas besoin de riche... Jésus n’est pas venu pour les riches... Jésus a maudit les riches... 

    - D’ailleurs, dit Mère Rachel, tu es trop vieux pour nous suivre. Tu marches mal, tu n’avances pas. Tu nous retarderais. 

    Alors Joseph retira de son doigt son anneau d’or :

    - Tiens, frère André, dit-il, toi qui es jeune, prends mon anneau. Tu le remettras en cadeau de fête à notre Petit Seigneur.

    - Non, répondit André. Pauvre je suis et ne porterai à Jésus que des cadeaux de pauvre, les seuls qu’il aime. Ton or ne vaut rien devant Lui.

    - C’est vrai, dit humblement Joseph. Garde l’anneau pour toi. Et à Jésus porte mon cœur pour qu’il me fasse miséricorde.

    - Son cœur !... Il a un cœur !... Bourgeois a un cœur !... un cœur de riche !... le cœur de Bourgeois !... Fameux! »

    Les frères riaient. Et l’homme riche baissa la tête parce qu’il était rejeté de la grâce de Noël.

    - Allons ! » dit Mère Rachel.

    Et elle partit avec ses fils, tous ses fils sauf celui-là. Quand ils arrivèrent à Bethléem, ce fut une grande fête dans l'étable. Mère Marie et Mère Rachel étaient si contentes de se revoir ! C’est qu’elles se connaissaient de longue date. Et tous les ans Mère Rachel refaisait le même chemin pour admirer de même avec de grandes louanges le Fils de Mère Marie, et Mère Marie s’informait avec amitié de tous les fils de Mère Rachel.

    - Les voici, dit la vieille Mère. Celui qui a la faucille, c’est Simon ; celui qui a le marteau, c’est Lazare ; celui qui n’a qu’un livre, c’est André. N’est-ce pas qu’ils sont jeunes et forts, pleins de beau courage ? Ah ! certes, nous ferons quelque chose de bon avec ces trois garçons-Ià  !

    - Il manque quelqu’un, dit Mère Marie.

    - Personne, dit André.

    - Bourgeois, dit Lazare.

    - C’est Joseph, expliqua Simon.

    - Je ne sais pas qui est Bourgeois dit Mère Marie, mais je connais Joseph. D’ici haut où je demeure je ne connais les hommes que par leur nom d’homme. Mais pourquoi Joseph n’est-il pas venu ? N’est-il pas une âme de bonne volonté ?

    - C’est un riche, dit Simon.

    - Un patron, dit Lazare.

    - Ton Fils a dit :  "Malheur aux riches !" lança André.

    - Il commence à avoir les jambes raides, dit Mère Rachel, il n’aurait pas pu marcher à notre pas. Et je ne voulais pas arriver en retard. 

    Mère Marie se détourna pour aller prendre son Enfant dans la Crèche.

    - Ah ! petite bouche, murmura-t-elle, jusqu’à présent tu n’as guère parlé qu’à des sourds et tu parleras, j’en ai peur, à bien des sourds encore. 

    Puis elle l’assit sur ses genoux pour qu’il reçût selon l’usage les adorations et les offrandes.

    - Venez, adorez-Le, dit Mère Rachel.

    Et les trois fils se prosternèrent.

    - Je t’adore, Jésus, dit Simon, Salut, ô Dieu des pauvres ! je suis le pauvre que tu aimes et je t’offre avec ma faucille ma peine des quatre saisons. 

    L’Enfant regardait, mais ne sourit pas.

    - Il n’a pas envie de ta faucille, dit Mère Marie, donne-Lui plutôt ton manteau.

    - Je t’adore, Jésus, dit Lazare. Salut, Christ ouvrier! Je suis ouvrier comme toi et je t’offre avec mon marteau ma fatigue de toute la semaine. 

    L’Enfant écoutait sans sourire.

    -  Il ne veut pas de ton manteau, dit Mère Marie, donne-Lui plutôt tes souliers.-

    - Je t’adore, Jésus, dit André. Salut, Roi des temps nouveaux ! Je suis celui qui détruira en ton nom la cité injuste pour établir dans le monde ton royaume qui n’y est pas et je t’offre avec mon livre ma colère fervente de toutes les nuits. 

    Mais l’Enfant détourna la tête,

    - Il a peur de ton livre, dit Mère Marie, donne-Lui plutôt ton anneau. 

    Les trois fils se relevèrent.

    Aux pieds de l’Enfant, dans l’étable, le manteau, les souliers, l’anneau luisaient d’une grande lueur et le Petit Seigneur riait, tendant les mains à leur lumière, comme un enfant qu’amuse la belle flamme du feu.

    Et Mère Marie dit doucement : 

    - Je te remercie, Mère Rachel, et je remercie tes fils d’avoir apporté au mien des présents de tel amour. Car en vérité il y a plus d’amour dans un seul de ces vêtements du dimanche que dans la sueur de toute une vie quand le fiel du cœur y est mêlé.

    Adieu, Simon, Lazare, André. Souvenez-vous. Que sert au pauvre d’être pauvre s'il vient à perdre l’amour? À l’an prochain, Mère Rachel. Retournez à la maison.

    Allez dire à Joseph:« Celui qui a été béni à la Crèche, c’est celui qui n’est pas venu ».

     

     

     

     

  • ATTENDRE AVEC CONSTANCE

    Le fossé se creuse parfois douloureusement entre ce que nous espérons et ce que nous devons affronter...

    On a des projets, des désirs, on s'imagine que cela va se passer comme on a pensé, et cela ne se passe pas forcément ainsi. Souvent, c'est parce que nous nous trompons d'espérance: nous espérons parce que nous avons des raisons humaines de faire confiance à l'avenir, que nous voyons déjà des chemins, des moyens, des assurances. Mais "voir ce qu'on espère, ce n'est plus espérer" (Rm 8,24).

     Avent-FR.jpg

    Sans entrer dans des détails d'ordre privé, je dirai simplement que cette année mon Avent se place comme jamais dans l'espérance en Dieu, en sa force et en son amour fidèle. J'attends avec constance ce qui viendra de Dieu à travers les efforts de pensée, de prières et d'ac­tion qui sont déployés pour trouver des solutions à ce qui est douloureux à vivre. Certains événements m'ont tellement déroutée qu'il ne me reste plus que ma foi inébranlable pour espérer. Beaucoup de larmes ont coulé sur mes joues, mais je regarde l'avenir avec la vigueur de la force de Dieu, que je laisse agir là où nul ne peut intervenir. Abandonnée en Lui, je reste confiante, car je sais que le chemin par lequel Il nous fait passer est le bon.

    Noël s'annonce et ma foi me pousse à pénétrer avec confiance dans le Mystère de l'Incarnation...

  • VIVRE EST ACTIF

    Vivre activement l'Avent, c'est faire une pause qui sert à préparer le chemin de notre coeur à recevoir la Vie, pour ensuite témoigner de la lumière d'espérance qu'est Jésus...

     

     

    i1x3rlnm.jpg

    Vivre est actif,

    Toujours au travail de l’enfantement.

    C’est une erreur de croire qu’il faut naître pour vivre,

    C’est exactement le contraire.

    Il faut vivre pour naître,

    Car vivre, c’est accoucher de soi-même.

    Vivre sans cesse ébruite le voyage,

    Tisonne un nouveau jour,

    Germe les commencements.

    Nous sommes nomades.

    Vivre est un chemin qui ne se fait qu’à pieds.

    Vivre, c’est le pouvoir de dire :

    « Je suis celui que je deviens ».

    Vivre, c’est le pouvoir de dire :

    « Je suis vivant »,

     Alors que je passe sans cesse par la mort.

    Vivre, c’est se recevoir soi-même comme un don,

    Qui n’est ni un objet tout fait,

    Ni un prêt à porter,

    Mais un « à venir » en train de naître.

     

     J. Debruyne

  • CHERCHER L'ÉTOILE

    Noël, c'est la venue secrète de Dieu que la plupart n’ont pas vu, n’ont pas su... 

    Un bébé qui s'annonce reste invisible pendant les premières semaines de gestation. Avant sa naissance, combien de nuits à attendre, à veiller, sans que rien ne se produise! Pour braver l'ennui de l'attente, on s'affaire, on fait des aménagements pour accueillir le nouveau-né. Parfois trop, au point que l'événement attendu devient  paradoxalement secondaire en perdant son sens profond! 

    attente,naissance,nuit,noir,étoile,patience,noël

    La lumière a brillé dans les ténèbres, mais les ténèbres ne l’ont pas reçue. 

    Comme les bergers d'hier, nous devons attendre Noël avec patience, entrer dans l’ennui de la longue nuit ou bien souvent il ne se passe visiblement rien. 

    Les étoiles ne sont bien visibles que lorsque la nuit est profonde. Finalement, on pourra voir l’étoile lorsque le noir nous enveloppera et nous empêchera de voir ce qui nous entoure. 

    La paix et la joie secrète que Dieu apporte ne se voient pas sous les néons des magasins ou à la lumière des spot de vitrines. 

    Les signes de la naissance du Christ sont à débusquer...