• JE QUITTE LE "PRÉ"

    Cette fois, ça y est: je quitte le "pré". L'heure de la retraite est arrivée depuis ce 24 septembre...

    En fait, ça ne change pratiquement pas grand chose. Les revenus seront à la baisse, c'est vrai, mais les besoins le sont aussi, j'en ai fait la constat durant les 7 années de pré-retraite. Par contre, il est mathématiquement certain que l'espérance de vie diminue. À la lecture de la nécrologie, je prends conscience de ma propre finitude, même si rien d'alarmant n'annonce le glas pour bientôt. Philosophiquement, il s'agit de se préparer à renaître du souffle de Dieu. 

     

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    Tout se passe dans la tête. Depuis que mon mari est à la retraite, ça fait 15 mois, c'est le besoin de prendre notre temps et d’avoir du plaisir sans souci du lendemain qui importe surtout pour nous deux. Nous nous consacrons à nos enfants et à notre (bientôt nos!) petit-fils, notre famille, nos amis, à certains loisirs et à diverses occupations qui relèvent principalement de nos propres décisions. Lorsque des préoccupations sérieuses s'imposeront à nous, nous aviserons. En attendant, nous remercions le Ciel pour chaque jour vécu dans la sérénité. Ce qui compte dorénavant c'est chercher la proximité à Jésus à travers ce que nous faisons, et se laisser entraîner par lui sans faire de résistance...

    Il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose sous le ciel : 

    un temps pour engendrer, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, et un temps pour arracher. 

    Un temps pour tuer, et un temps pour soigner ; un temps pour détruire, et un temps pour construire. 

    Un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour gémir, et un temps pour danser (...)

    Un temps pour aimer, et un temps pour haïr ; un temps pour faire la guerre, et un temps pour faire la paix. 

    Quel profit le travailleur retire-t-il de toute la peine qu'il prend ?(...)

    ( Du Livre de l'Ecclésiaste 3,1-11.)

  • CULT(E)URE...

    La culture individualiste dans laquelle nous vivons est considérée par beaucoup comme une promotion. À tort, ou à raison?...

    Nous sommes dans l'ère multi-cultes: le culte du corps, le culte psy et relationnel, le culte du marché, le culte de la consommation... En fait, nous plongeons dans une cult(e)ure qui s'accompagne de l’effondrement des valeurs "normatives" sur lesquelles la société était construite jusqu'aux années 1960-1970. Au nom de sa liberté, on fait aujourd'hui usage des droits acquis en recourant au self-service pour soi et tout ce qui tourne autour, avec les dérives qui accompagnent. Chacun fait sa loi selon ses normes, sans trop tenir compte des autres, ou de manière très inégale, ce qui n'est pas sans problème, parce que ça court-circuite la communication, les exigences réciproques, le rapport au travail, la construction identitaire. Tant que le pouvoir et l'argent nous gouverneront, il en sera ainsi. Il faut que l'humain soit replacé au centre des préoccupations et des décisions collectives... 

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    "Il ne faut pas confondre individualité et personnalité. En cherchant à se séparer le plus possible des autres, l’élément s’individualise; mais, ce faisant, il retombe et cherche à entraîner le monde en arrière... Pour être pleinement nous-mêmes, c’est dans le sens d’une convergence avec tout le reste, c’est vers l’Autre qu’il nous faut avancer. Le bout de nous mêmes, le comble de notre originalité, ce n’est pas notre individualité, c’est notre personne; et celle-ci, de par la structure évolutive du monde, nous ne pouvons la trouver qu’en nous unissant." 

    Pierre Teilhard de Chardin

  • T'AIMER SANS ME PERDRE

    Nouvel anniversaire pour notre couple: 43 ans de mariage aujourd'hui...

    Cet été, nous avons assisté à 4 mariages. Autant d'occasions pour revivre le jour où nous nous sommes dit "oui" pour la vie. 43 ans de vie commune ont amplement eu le temps de balayer toutes nos illusions, toutes vaines attentes. Placées dans l'Espérance, ces années nous ont apporté bien mieux: des certitudes qui font que nous sommes en pleine confiance de ce que la vie nous apporte, même si c'est difficile à vivre. Parce que l'expérience nous a prouvé que, quoi qu'il survienne, nous ne manquons jamais de ce qui nous est nécessaire. Notre bien le plus précieux est de pas douter que Dieu veille sur nous!  

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    Le texte qui suit a été lu lors d'un des mariages auxquels nous avons été invités. Il est extrait d'un livre de Jacques Salomé "apprivoiser la tendresse"

    Il s'agit du prolongement d'un poème de VIRGINIA SATIR)

       

    T'AIMER SANS ME PERDRE

       

      Je veux pouvoir t'aimer

      sans m'agripper

      t'apprécier sans te juger

      te rejoindre sans t'envahir

      t'inviter sans insistance

      te laisser sans culpabilité

      te critiquer sans te blâmer

      t'aider sans te diminuer

       

               oui

       

      tout cela et plus encore dans le respect de nos différences

      et l'amplification de nos possibles

             

               oui

       

      mais ce faisant

      je prends le risque de mes imprudences

      de toutes mes peurs anciennes

      et le risque de tes réticences

      je prends le risque de mes contradictions

      et le risque de tes déceptions

      je prends le risque de mes démesures

      et le risque de tes blessures

      je prends le risque de te donner

      plus que tu ne désires

      et celui de recevoir moins que je ne voudrais

       

               à moins que celà ne soit l'inverse!

       

      je prends le risque du silence

      celui de la parole,

      de la distance

      et celui des gestes proches

      je prends le risque de l'absence

      et aussi celui du manque

      oui je prends même le risque de te fuir

      à (trop) ou à (mal) t'aimer.

       

      Mais je ne prends pas le risque

      de garder des fleurs fanées

      de refuser des fleurs demandées

      d'abîmer les fleurs reçues

       

      et surtout

      je ne prends pas le risque

      de me renier

      en reniant la vie

      qui me contient.

       

      Je peux ainsi rester moi, relié à toi

      et peut-être reliée à moi...

      pour tant et tant de partages à vivre.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • DÉFENSE LICITE

    Dans "Zenit" du 24 août, un article a retenu mon attention: 

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    Arrêter l’agresseur injuste est licite

    Le pape s'est également prononcé sur la réponse de la communauté internationale à apporter à cette situation : « Quand il y a une agression injuste, il est licite d’arrêter l’agresseur injuste. Je souligne le verbe : arrêter. Je ne dis pas bombarder, faire la guerre : l’arrêter. »

    Mais cette décision doit être réfléchie : « Les moyens avec lesquels on peut les arrêter devront être évalués... Combien de fois, sous prétexte d’arrêter l’agresseur injuste, les puissances se sont-elles emparé des peuples et ont-elles fait une véritable guerre de conquête ! »

    En outre, a-t-il mis en garde, « une seule nation ne peut pas juger de la façon dont on arrête un agresseur injuste. Après la seconde guerre mondiale, on a eu l’idée des Nations-Unies : c’est là qu’il faut discuter et dire : "C’est un agresseur injuste ? Il semble que oui. Comment pouvons-nous l’arrêter ?". Mais seulement cela. Rien de plus. »

    Le pape a souligné non seulement « le droit de l'humanité à arrêter l’agresseur injuste » mais aussi « le droit de l’agresseur à être arrêté pour ne pas faire de mal ».

    Il a exprimé en ce sens sa préoccupation pour les minorités quelles qu'elles soient : « C'est vrai, les chrétiens souffrent… et oui, il y a beaucoup de martyrs. Mais il y a aussi des hommes et des femmes, des minorités religieuses, pas toutes chrétiennes, et ils sont tous égaux devant Dieu. »