• ÉMERVEILLEMENT DU DÉBUTANT

    Tout être humain après avoir connu l’insouciance de l’enfance, est obligatoirement confronté un jour à la vie du monde, avec son âpreté, ses luttes, ses souffrances, ses drames...

    Parvenu à cette étape inévitable, deux voies sont alors possibles : se refermer sur soi-même à la suite de ce choc ou au contraire demeurer ouvert. Quand la deuxième option l’emporte sur la première, le fait de conserver la capacité d'émerveillement est une victoire, une sorte de nouvelle naissance. Il n'y a pas de révolte, pas de désespoir. On laisse sa chance à la vie sans devenir indifférent. 

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    Le sage n’admire rien, il tient son intelligence en éveil.

    On admire souvent trop, on omet de discerner ! Le drame de beaucoup de nos contemporains est de vivre dans le "tout tout de suite", de décider dans la précipitation, d'éviter les nécessaires mises au point pour mieux continuer. Je pense entre autres aux couples qui cassent parce que les ou l'un des partenaires refuse(nt) l'exercice de la persévérance. Je pense aussi au nombre croissant de parents qui tuent leurs enfants, puis se suicident, ayant perdu toute confiance dans la vie. Notre système éducatif n'encourage plus (ou trop peu) les jeunes au goût à l'effort là où ce serait utile, et on les soumet à l'épreuve là où ils ont besoin d'être sécurisés. On les sur-protège, on les mal-protège, et on oublie d'en faire des adultes!.

    S’il faut de l’émerveillement pour rentrer dans la vie, il faut un recul critique pour s’y maintenir. Accueillir joyeusement le sérieux de la responsabilité après avoir connu la fraîcheur de l'insouciance, c’est ce que doit expérimenter et accepter l’adulte pour accéder à la maturité.

    Plutôt que s'enfermer dans le chagrin, le regret, l'amertume, après avoir vécu, lutté, souffert, certaines personnes âgées conservent la capacité de s'émerveiller comme des enfants, avec la même magie, mais enrichie par l’expérience de la vie. Ce qui prouve que, loin d'être une perte, renoncer à l'émerveillement béat d'enfant pour accéder à celui d'adulte, mature et intelligent, est un gain.

    L'émerveillement est un enjeu, pas simplement un tendre moment de l’existence réservé aux enfants...

    Si l’on n'est pas vigilant, on oublie facilement son émerveillement. Il est la source vive qui nous relie à la vie, à la raison, à la réalité ouverte de l’existence. On le perd quand on n’a pas grandi en passant d’un émerveillement d’enfant à un émerveillement d’adulte. Il s’agit là de la grande épreuve de la vie, mais qui n'a rien de redoutable... 

    Lors de notre récente rencontre "Familles nouvelles", l'animateur a lu un texte sur "l'attitude du débutant". On entend par là l'attitude de quelqu'un qui regarde ce qu'il a déjà vu avec un regard toujours neuf qui lui permet de progresser dans ce qu'il n'avait en fait qu'ébauché. Car on ne sait jamais tout! 

    Mais l’esprit humain se sent en insécurité quand il ne peut pas contrôler quelque chose, alors il se rassure en tranchant, disant qu’il sait, ou aussi qu'il ne veut pas savoir. Dommage, car on ferme ainsi la porte à la vie. Or, rien n'est figé! Lorsque mon fils aîné était au conservatoire, sa prof de violon rappelait régulièrement :"regarde ta partition comme si tu la découvrais pour la première fois!". De fait, en pratiquant de la sorte, il évitait de reproduire les erreurs qu'il commettait en jouant machinalement. Par la suite, j'ai repris cette consigne, pour lui, pour son frère, ou pour moi, dans d'autres situations de vie, et ça a porté du fruit. 

    "L’attitude du débutant laisse la porte ouverte à beaucoup de possibilités;

    celle de l’expert les limite à très peu."

    (Suzuki,1970)

     

  • RETRAITE

    La vraie question​ de la retraite​ est dans la définition de l’activité que l’on cesse d’exercer. Et ce n’est certainement pas la vie en soi...

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    La retraite ne se résume pas forcément à un rythme passif entre le dodo et la télé. Mon mari et moi faisons partie des exemples qui confirment que la vie de certains retraités peut être bien remplie. 

    Pour moi, il n’y a jamais vraiment eu de difficulté à passer d’un projet à un autre, et je ne me suis à aucun instant sentie mise​​ au rencard. Ce qui a changé – en bien –, c’est que, depuis ​bientôt sept ans, j’ai la chance de pouvoir organiser mon emploi du temps et de choisir la plupart de mes occupations en fonction de mes goûts, de mes urgences, de mon énergie, et de mes envies. 

    Pour mon mari, l'expérience est plus récente, et remonte à 1 an. Il n'aura cependant pas fallu tout ce temps pour le convaincre que la nouvelle qualité de vie à laquelle il goûtait était décidément plus épanouissante qu'auparavant. 

    Nous avons conservé l'un comme l'autre d'excellents contacts avec nos ex-collègues, non par besoin mais par amitié. Notre tissu social est si étoffé que nous sommes sans cesse sollicités, pour des rencontres amicales, festives, participer à des projets, ou apporter de l'aide... À tel point qu'il faut jongler avec beaucoup d'adresse pour synchroniser le tout en maintenant les quelques activités culturelles auxquelles nous tenons. 

    Saisissant les rares espaces restant libres, nous attaquons enfin ce qui avait été mis de côté pendant de nombreuses années: trier, ranger, un tas de "brols" mis de côté "en attendant". Il reste encore du pain sur la planche!

    C'est la vie telle que nous l'aimons, et nous rendons grâce pour ce cadeau qui nous est offert au quotidien et qui nous pousse à aller résolument de l'avant...

  • ESPRIT SPORTIF

    Religieux, social, politique, éthique, économique. Tout semble magnifique dans l'univers du football (la vedette en ce moment du mondial!). Sauf un hic: l'argent! Le phénomène de ce sport est finalement complexe...

    Jusqu'à être devenu une sorte de « nouvel opium du peuple », de par sa capacité de mobilisation des masses. Pas difficile, car aujourd'hui il faut bien admettre que nuls loisirs, nuls événements sociaux, ne sont encore capables de mobiliser autant que celui que l'on nomme aussi « soccer », au point que certains le qualifient de véritable « religion ».

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    Nouvelle religion de substitution? Avec pour caractéristique que ses héros, des hommes ordinaires, sont principalement aspirés (et inspirés!) par une spirale de la réussite. Les supporters qui les suivent dans leurs déplacements y trouvent probablement une représentation rassurante de leur identité, de leur appartenance à un groupe, correspondant à un idéal égalitaire. Cette sorte de religiosité est sans conteste fédératrice en reliant les hommes et les femmes des quatre coins du monde entre eux, mais ne connaît pas de dieu, car la transcendance y est absente. Ce genre de démarche reste donc à l'horizontale, au niveau d'un terrain et ce qui gravite autour. Mais on n'est pas obligé de rester à ce stade...

    La semaine dernière, un article de catho.be (http://info.catho.be/2014/06/12/la-religion-du-ballon-rond/#.U6Fdk5R_sZA) rappelait qu'« en 1985, Joseph Ratzinger écrivait un livre dans lequel il expliquait que le football et le sport en général pouvait créer l’unité et même offrir une forme de liberté. « Aucun autre événement n’est capable d’opérer un mouvement d’une telle ampleur dans le monde ».

    Durant mon adolescence, j'ai pratiqué beaucoup de sport, et aujourd'hui encore, même si j'ai tout abandonné, j'ai conservé cet « esprit sportif » qui m'a maintes fois secourue pour surmonter des situations difficiles sur mon parcours existentiel. Ma scolarité s'est déroulée dans des établissements « libres » catholiques. J'y ai pratiqué le volley-ball et participé aux compétitions « inter-scolaires » (réseau libre), ce qui m'a permis d'aller à deux reprises en demi-finale (ce sont chaque fois les flamandes qui ont été finalistes, et nous étions les premières wallonnes).

    Je conserve un souvenir ému du moment du rassemblement au cours duquel les consignes étaient rappelées, surtout parce qu'on récitait la prière du sportif. Je ne connais plus toutes les paroles de cette prière, mais j'ai retenu qu'on offrait le match à Dieu, à qui on demandait l'aide pour rester courtoises et respectueuses, envers toutes, honnêtes, bonnes gagnantes ou bonnes perdantes (au féminin, car notre enseignement n'était pas mixte à cette époque). Pour moi, le fait de prier solennisait le moment que l'on vivait. Je me sentais liée par un contrat de confiance envers l'arbitre, mes partenaires et mes adversaires de jeu, mais aussi avec Dieu. Ce tremplin m'a servi pour fonctionner pareillement par la suite dans la vie. C'est pourquoi je peux affirmer que le sport m'a enseigné une manière d'être socialement, mais aussi une discipline spirituelle!

    Un chrétien ne peut avancer dans la vie sans certaines qualités, entre autres développées par le sport -la conscience et la maîtrise de soi, la connaissance et l'acceptation de ses propres limites, la persévérance dans l'effort, la volonté de réussir dans le respect du, ou des, partenaire(s)-. Dans la vie courante du chrétien, ces qualités permettent de se remettre sur pied quand on tombe, sachant que l'on est pardonné et que l'on ne peut rien faire sans l'aide de Dieu.

    Puisque je n'ai plus le texte de cette prière d'avant le match que nous récitions, je vous en propose une superbe de Michel Quoist, qui s'adresse à tous les partenaires sportifs...

    En ce monde, Seigneur, nous avons chacun notre place ;

    Entraîneur prévoyant, depuis toujours, Tu nous la destinais.

    Tu as besoin de nous ici, nos frères ont besoin de nous

    et nous avons besoin de tous.

     

    Ce n'est pas le poste que j'occupe, Seigneur, qui est important,

    mais la perfection et l'immensité de ma présence.

    Qu'importe que je sois avant ou arrière,

    si je suis au maximum celui que je dois être.

     

    Voici, Seigneur, ma journée devant moi...

    Ne me suis-je pas trop réfugié sur la touche,

    critiquant les efforts des autres, les deux mains dans mes poches ?

    Ai-je bien tenu ma place, et quant tu regardais notre terrain

    m'y as tu rencontré ?

    Ai-je bien reçu la "passe" de mon voisin et celle de l'autre

    tout au bout de la pelouse ? Ai-je bien servi mes équipiers

    sans jouer "trop personnel" pour me mettre en valeur ?

    Ai-je "construit" le jeu pour que la victoire soit obtenue

    et que tous y contribuent ?

    Ai-je lutté malgré les échecs, les coups et les blessures ?

    N'ai-je pas été troublé par les manifestations

    des équipiers et des spectateurs,

    découragé par leur incompréhension et leurs reproches,

    enorgueilli par leurs applaudissements ?

    Ai-je pensé à prier ma partie, n'oubliant pas qu'aux yeux de Dieu

    ce jeu des hommes est le plus religieux des offices ?

     

    Je rentre maintenant me reposer au vestiaire, Seigneur ;

    Demain, si Tu donnes le coup d'envoi,

    je jouerai une nouvelle mi-temps,

    Et ainsi chaque jour...

    Fais que cette partie célébrée avec tous mes frères

    soit l'imposante liturgie que Tu attends de nous,

    afin que Ton dernier coup de sifflet interrompant nos vies,

    nous soyons sélectionnés pour la Coupe du Ciel.

     

    M. Quoist

    Avant de conclure, je voudrais préciser que tout en n'étant pas une fan du foot, je serai derrière le petit écran dimanche, et diablement contente si notre équipe belge gagne encore. 

    Allez les Rouges!

    Solidaire et chauvine sont deux traits de mon tempérament:-)

     

     

  • 80 ANS, UN ROI, UN NOBLE PARCOURS D'HOMME...

    Cette semaine, j'ai suivi avec beaucoup d'intérêt l'émission de RTL à l'occasion des 80 ans du Roi Albert II...

    Ce reportage m'a beaucoup plu, parce que à travers ses souvenirs, le roi rappelle à ceux qui n'excusent ni sa fragilité, ni sa "supériorité", qu'il est pleinement incarné et de ce point de vue, pareil à tous. Bien entendu, il n'a pas été question que de lui, et les quelques interventions de la Reine, très spontanée, démontrent la belle complicité à laquelle le couple est parvenu. Ci-dessous la première partie (cliquer sur la photo) : ->

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    Lecture du deuxième document en cliquant sur la photo ci-dessous: ->

     AP_115817.jpg 

    Plutôt qu'être à l'affût de détails délicats de la vie privée des Souverains, les gens devraient retenir d'eux le témoignage d'un couple qui a été capable de faire un chemin intérieur qui l'a conduit à une nouvelle relation, visiblement emplie d'amour et d'affection. Un couple-parents qui n'a pas été parfait, comme tel est le cas de tous. Deux êtres bien humains qui ont fait "comme ils ont pu" et, plutôt que se lamenter sur les manques, ont continué à "aller de l'avant" pour quand même offrir le meilleur de ce qu'ils ont à tous ceux envers qui ils étaient engagés, parmi lesquels le peuple Belge. C'est ce que j'appelle de la vraie noblesse, et il serait à souhaiter que la plupart de nos responsables en prennent de la graine... Qui se sème idéalement dès la petite enfance à travers l'éducation, en priorité assurée par les parents.

    Merci à eux pour ce témoignage de vie. Je leur souhaite une encore longue et belle retraite bien méritée...! 

     

     

  • PORTES OUVERTES

    La Pentecôte (après-demain) est une sorte d'opération "portes ouvertes"...

    L'Esprit-Saint nous est envoyé pour nous donner la force de quitter nos sécurités et de vivre dans le monde en vrais témoins de l'Évangile. Il nous pénètre pour nous faire sortir de nous-mêmes. Il vient nous libérer de ce qui est enfermement, de nos peurs, en ouvrant la porte vers la lumière et la joie de croire. Il fait naître la confiance et l’espérance, afin que nous soyons porteurs d'Amour quoi qu’il en coûte, des témoins engagés pour construire une société plus juste et plus fraternelle.  

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    Être Église, être Peuple de Dieu, selon le grand dessein d’amour du Père, cela signifie être le ferment de Dieu dans notre humanité, cela signifie annoncer et apporter le salut de Dieu dans notre monde, qui est souvent égaré, qui a besoin d’avoir des réponses qui encouragent, qui donnent de l’espérance, qui donnent une nouvelle vigueur sur le chemin. Que l’Église soit un lieu de miséricorde et d’espérance de Dieu, où chacun puisse se sentir écouté, aimé, pardonné, encouragé à vivre selon la bonne vie de l’Évangile. Et pour faire sentir l’autre écouté, aimé, pardonné, encouragé, l’Église doit garder les portes ouvertes, afin que tous puissent entrer. Et nous devons sortir de ces portes et annoncer l’Évangile. (Pape François)