• ROSE

    Trois semaines avant Pâques, on fête le Laetare, qui signifie "réjouis-toi"...

    À cette occasion, c'est la fête dans beaucoup d'endroits. Pendant trois jours et trois nuits, les gens vivent au rythme de leur carnaval. 

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    Une tradition qui se perpétue, parce qu'elle répond à une envie de voir la vie en rose, qui évoque la fleur mais est aussi la couleur des ornements liturgiques de ce dimanche. Parce que, en dépit des épines inévitables de la vie, chacun a un besoin viscéral de gaieté. Et si on cherchait une formule de joie au goût de tous les jours? Comme celle que propose Maurice Bellet :

    Et moi, je dis : gaieté; cette bonne lumière de la bonne humeur et de la bonne entente, l'agapè de tous les jours, le quotidien de la tendresse divine. Alors que, par ma faute et celle d'autrui, nous buvons tristement la coupe d'amertume.

    Je choisis la gaieté, celle-là qui vient justement d'après l'inondation du mal – colombe d'après le déluge – et qui est incroyablement sérieuse. Elle est le sérieux même de la vie, quand la vie surgit d'entre les morts.

    C'est la façon humble, quotidienne, servante de participer à cette immense Kara, la joie du Christ, dont il témoigne à l'entrée du Supplice.

    Gaieté industrieuse et patiente; elle suppose immédiatement qu'on renonce à toute revendication, tout règlement de comptes, tout reproche, tout jugement. Elle est le don même, qui ne réclame rien. Elle passe par-dessus la loi de l'échange, do ut des. Elle donne, elle ne mesure pas.

    Je choisis la gaieté. N'y voyez pas la légèreté de l'inconscience. Si la gaieté plane au-dessus de mes misères, c'est à la façon dont le grand Oiseau, l'Esprit, planait au-dessus des eaux, dans l'imminence du chaos. C'est un choix de combat : préférer la lumière à la ténèbre.

    Que soit bénie la voix, la voix humaine, où quelque chose s'entend de la délicieuse bonté qui vient à nous de par-delà le mur de l'invisible. Car ce n'est pas moins. Et nommer l'invisible, ce n'est évidemment pas l'attraper et crisper la main dessus, fût-ce par quelque artifice du religieux. C'est au contraire se dessaisir. La douce voix humaine, où coule la divine douceur, elle donne, il n'y a rien à prendre, il n'y a même pas à demander, sinon pour que vienne au jour, mais sans réclamation, sans âpreté, le grand désir, la grande faim humaine, la faim d'amour.

     (Maurice Bellet)

     

  • UN "OUI" D'ESPÉRANCE

    Ce jour de fête de l'Annonciation nous invite à emboîter le pas au "oui " de Marie ...

     Chant : Marie, Tendresse dans Nos Vies 

    Cliquer sur l'image pour entre dans la vidéo:BarocciNativite.jpg

     

    Merci à toi, Marie, pour ce  "Oui " d'espérance ! 

     

  • BIEN -VEILLER, PAS SUR-VEILLER

     

    Mardi dernier j'ai assisté à une conférence de Lytta Basset, dont le sujet était "Au risque de la bienveillance"...

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    Voici un résumé de ce qui a été dit par l'auteur de"oser la bienveillance":

    Conditionné par la culture d'une faute originelle collective, l'Occident véhicule une image désastreuse de l'être humain. Il en résulte une difficulté d'accueillir le regard bienveillant posé sur soi. Le dogme du péché originel a été adopté en 418 par l'Église catholique sous l'influence de St Augustin, et a duré quatre siècles. Les séquelles de ce bourrage de crâne sont encore présentes dans l'inconscient collectif. Les gens d'aujourd'hui restent imprégnés d'une vision dénigrante sur eux et ont difficile d'intégrer le message de Jésus, qui annonce clairement être venu sauver tout être humain sans condition. Par conséquent, on manque de confiance envers les autres, il y a hypertrophie de l'accusation et dé- responsabilisation: puisqu'on est tous coupables, personne n'est responsable.

    Il est à remarquer que les Orthodoxes n'ont jamais cautionné le dogme d'Adam et Ève. Irénée ne pensait pas que l'homme est mauvais, mais qu'il est en progression continue. Selon leur entendement (que je partage à 100%!!), le péché désigne une faute personnelle, et de ce fait, les nouveaux-nés sont sans péché.  

    Parmi les séquelles, la pire est la violence éducative.

    Le nouveau-né vit un véritable cataclysme en naissant. Il tombe dans la différence et a besoin d'un correspondant natal qui l'accueille dans une bienveillance qui va lui faire retrouver la totalité originelle qu'il connaissait in-utero. Il a une capacité innée de se défendre, qui n'a rien de méchant. Il a aussi un besoin instinctif d'attachement, de lien. Il est disposé à la collaboration. Or, auparavant, on corrigeait le bébé (déjà dit porteur du péché originel!) dès le berceau, et le mot "mal-traitance" n'existe que depuis la fin du XXème siècle. Or, ce qui est la chute, c'est détruire la confiance d'un enfant. Il se construit en relation étroite avec ses proches, leur regard sur lui, l'image qu'ils lui renvoient de lui-même. Adolescent, il agit en conformité avec ce qu'on lui a dit qu'il était. Le regard malveillant tue sans bruit. IL coupe la personne de ses ressources et de son potentiel de progression.

    Il est nécessaire de mesurer la malveillance dont on a été victime et de se dépolluer de ce regard (injuste!) d'autrui posé sur soi, qu'on a fini par intérioriser, auquel on s'est assimilé, à partir duquel on s'est identifié. Non pas pour se venger, mais  pour laisser son propre regard devenir bienveillant, sur soi-même et sur les autres. C'est le'B-A-BA' du respect indispensable au bien vivre ensemble. 

    La condition humaine est un mélange inextricable de malheurs et de malveillance. Le mal existe ici-bas, mais tout peut concourir à l'épanouissement de l'homme et à le faire parvenir au très bon. Jésus refuse radicalement de départager les bons et les mauvais. Le "mauvais" est d'abord malheureux, puis mal-faisant, et ensuite méchant. Fondamentalement faibles, nous choisissons souvent le mal, mais nous sommes capables de collaborer à l'action libératrice de Jésus.

    Les trois points qui forment la confusion de base de l'humain sont les suivants:

    1- L'esclavage (Ex. 20:2) -> est la réalité de la condition initiale de l'humain

    2- Le "Tohu-bohu" (début de la genèse): Au début, il y a le cahot sur la terre, mais aussi dans la vie des hommes.

    3- L'exil: "Le fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer la tête".

    La Bible appelle ces trois poins "Péché". Le péché n'est rien d'autre que se couper de l'autre, de la relation. 

    "Dieu vit tout ce qu'il avait fait : cela était très bon" (Gn, 1:31). C'est là une proposition encourageante et optimiste pour l'humanité. Malgré la misère, les malheurs, les fautes, la création est bonne. Qu'on se le dise! 

    Tous les symboles qui vont suivre ont un point commun: l'absence de vis-à-vis.

    - Enfermement -> 

    - Errance -> 

    - Aveuglement ->          }   ->  Tendance à se couper des autres. 

    - Maladie ->

    - Division ->

    Dans notre société à la recherche du bonheur, ce n'est pas la création qu'il faut accuser, mais les méthodes que nous utilisons. Ne nous laissons pas désenchanter, prendre par l'inquiétude. Ayons une vue plus longue, pour voir la bienveillance divine sur nous. Mais le Paradis ne se gagne pas sans risque ni sans effort. Il est indispensable de retourner à l'autre, non pas pour devenir bon, mais parce que c'est le seul chemin de Vie.

    La bienveillance de Dieu doit passer par la bienveillance des humains (équivalent utérin). Une personne bienveillante est dans le dénuement de sa propre relation. C'est quelqu'un qui sollicite le meilleur de moi, qui ne fait pas pression sur moi, qui ne me culpabilise jamais dans mon "être", quels que soient mes actes. Cette personne me donne la sécurité! (Lire Jésus avec Zachée -> Lc; 19: 1-10). On est bienveillant quand on est à la quête de l'autre, de son désir, indifférent aux apparences. Jésus était en quête de la part perdue de Zachée, de cette part où il s'est soustrait à la relation. Être bienveillant c'est traiter autrui d'égal à égal, dans une relation qui dure. Jésus va demeurer dans l'intérieur (intériorité) de Zachée, même après avoir quitté de chez lui. La bienveillance de Jésus a mis Zachée debout, l'a restauré dans son "être". 

    Bienveillant est celui qui donne à autrui l'envie de poser des actes responsables. Zachée a pris le chemin du retour à l'autre sans y être contraint. 

    Bienveillant est celui qui rencontre l'autre dans les limites du moment. Zachée donne la moitié de son avoir. Jésus ne lui reproche rien, lui montre de la tendresse, et se met à son pas. 

    Bienveillant est celui au contact de qui l'autre devient plus clairvoyant sur lui-même, de ce qui le coupe d'autrui, et a alors envie de renouer. Nous sommes "en autrui" quand on réveille en l'autre sa capacité relationnelle. 

    Bienveillant est celui grâce à qui l'autre lâche sa culpabilité et son perfectionnisme. Jésus dit qu'un salut est arrivé dans la maison de Zachée: une personne va mieux, et ça rejaillit sur toute la communauté. Il faut lâcher le système 'pécher-punir' en se tournant vers l'autre: peu importe sa valeur, l'important étant sa relation.

    Bienveillant est celui qui aide l'autre à restaurer son tissu social. La foule,"tous", est toujours irresponsable, parce que personne ne parle en "je".

    IL n'y a pas de vie sans souffrance, ni sans désir inassouvi, donc pas sans insatisfaction, pas sans effort vers un mieux, pas sans lutte contre le mal. Nous sommes tous imbriqués dans l'oeuvre de Dieu, si infime soit notre rôle. La bienveillance est une attitude qui consiste à établir le contact avec Dieu pour participer à son projet créateur. C'est se laisser pénétrer par la bienveillance de Dieu et s'ouvrir aux autres, au monde. Nous sommes tous créatures d'un même Dieu, également aimés par lui, y compris les plus démunis.

    La bienveillance ne méprise pas, ne condamne pas. C'est un appel à l'humanité: Dieu ne se révèle à nous qu'à travers son oeuvre. On peut être bienveillant sans être en amour.  Seuls comptent les actes. Peu importe l'état d'âme qui nous anime, l'important étant l'attitude d'accueil à l'autre qui l'ouvrira à la relation. Même le plus malfaisant garde toujours le pouvoir de commencement où il va sortir du cahot.

    Toutefois, être bienveillant n'est pas dire que 'tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil'. Comme des brebis, nous pouvons être confrontés avec des loups, être abusés dans notre bienveillance! "Soyez rusés et prudents comme le serpent, simples et doux comme la colombe", ce qui revient à être lucide, vigilant, en restant "entier" en soi. 

    Il faut reconnaître notre faiblesse, les limites de nos possibilités, non pour nous aigrir, mais pour au contraire nous retourner avec confiance vers le Père. Prendre conscience de la bienveillance de Dieu fait tomber les masques. Devant lui, tout est limpide. Dans son amour, il n'y a plus honte ni vanité. Le contact avec lui fait naître une clairvoyance apaisée, sereine, qui donne sens à la vie au-delà de l'événement, qui remet nos soucis et nos errements à leur place. 

    Les hommes finiront-ils par s'incliner un jour devant le mystère du monde qu'ils habitent ? Deviendront-ils enfin assez matures pour accepter l'Amour de leur Créateur? Ils ne trouveront le bonheur qu'en cessant de le chercher égoïstement.

    Remercier! Admirer! S'ouvrir à la bienveillance! C'est ainsi que l'humanité deviendra enfin adulte et ira pleine d'espoir vers son avenir...

     

     

  • DEBOUT!

    La Transfiguration, qui se fête aujourd'hui, est la manifestation de l'Esprit-Saint qui illumine les yeux intérieurs des apôtres et leur révèle la divinité de Jésus...

     

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    Le souffle divin fait contempler ce que l'oeil ne voit pas, écouter ce que les oreilles n'entendent pas, comprendre ce qui parvient difficilement au coeur de l'homme, souvent trop accroché à sa condition terrestre.

    La Transfiguration annonce la victoire de la Lumière divine sur les ténèbres de ce monde. Elle nous révèle notre capacité de rayonner de Dieu comme Jésus, "Le Fils bien-aimé du Père", selon qu'on se laisse éclairer par l'Esprit-Saint. Elle nous rassure sur les épreuves à affronter: la Croix est inévitable, mais ouvre la porte du Ciel...

    « Relevez-vous et n'ayez pas peur ! » (Mth,17:9)

  • VIVRE "AU PÈRE"

    Notre culture occidentale, sécularisée, vit dans la peur ...

    Le plus bel exemple concerne les deux extrêmes de l'existence humaine. L'élargissement de la loi de l'euthanasie a récemment été voté en Belgique. Par ailleurs, l'acharnement pro-créatif se banalise : AMP, Clonage, DPI, DPN, Fivette, GIFT, IAC, IAD, ICSI, Sexage, Thérapie génique... On accepte de moins en moins l'échec. On refuse ce qui n'est pas maîtrisé, programmé. 

    Dans ce monde en émoi qui ébranle nos certitudes, on ne sait plus très bien qui croire, que croire, et surtout qui nous sommes, quelle est notre identité. Chacun de nous n’est souvent guère plus qu’un « effet de système ». Étant agis, déterminés, pré-fabriqués par les structures, nous sommes de moins en moins sujets de notre action et de notre vie. Nous devenons, et c'est dramatique, des marionnettes suspendues au bout d'un fil, articulées par quelques dictateurs de la pensée. 

     

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    Ce phénomène provient, me semble-t-il, du fait que de plus en plus de gens rejettent la foi en Dieu! Le ressort spirituel de notre société devient le désir d'autonomie par rapport au Dieu créateur, ce qui aboutit à l'inhumaine loi du plus fort.

    Notre société n'a pas compris que Jésus est venu révéler un Père de douceur aux hommes. Rien à voir avec la notion d’un Dieu qui, par son omnipotence, dicterait et imposerait à ses créatures une ligne précise de conduite. C'est pourquoi je préfère la traduction moins confuse du Notre Père qui entrera en vigueur en novembre prochain : "Ne nous laisse pas entrer en tentation'", en lieu et place de "Ne nous soumets pas à la tentation". 

    La peur isole, la solidarité console, et c’est Dieu qui juge les cœurs. Il ne m'appartient pas de juger quelqu'un qui m'effraye, parce qu'il agit différemment de ce que je pense. Mais le danger de succomber à cette tentation est parfois là. Je ne suis capable d'aider une personne qui souffre, dépassée par ce qu'elle doit affronter et prête à des choix qui sont aux antipodes des miens, qu'en étant à l’écoute de Dieu par une prière intérieure, lui demandant de m’inspirer dans mes paroles et dans ma manière d'être. Il peut me conduire vers une démarche d'accueil qui me délivre, ainsi que ceux pour qui je reste disponible.

    Demander de ne pas entrer en tentation, c’est demander à ne pas douter de la présence de Dieu au milieu de nous, dans le monde tel qu'il est. Cette certitude me rassure et m'encourage à ne chercher que des réponses d'amour à des situations qui me heurtent de prime abord...

  • CURE SALUTAIRE

    Nous venons de vivre deux jours successifs qui symbolisent les contrastes à partir desquels l'unité de la nature humaine se réalise ... 

    Comme chaque année, le "mardi gras", durant lequel on festoie et on se déguise, a précédé le "mercredi des Cendres" qui marque le début du Carême au cours duquel le chrétien mange "maigre" et se prépare à se présenter "vrai", sans fard, face à Dieu, aux autres et à lui-même. Ils nous mènent tous deux vers la Résurrection, qui se fêtera le jour de Pâques

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    "La lutte de Carême et de Mardi gras" : tableau de Pierre Bruegel (dit

    l’Ancien) peintre flamand (vers 1525/1530- Bruxelles 1565).

    «Est-ce là le jeûne auquel je prends plaisir, un jour où l’homme humilie son âme? Courber la tête comme un jonc, et se coucher sur le sac et la cendre, est-ce là ce que tu appelleras un jeûne, un jour agréable à l’Éternel? Voici le jeûne auquel je prends plaisir: détache les chaînes de la méchanceté, dénoue les liens de la servitude, renvoie libres les opprimés, et que l’on rompe toute espèce de joug; partage ton pain avec celui qui a faim, et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile; si tu vois un homme nu, couvre-le, et ne te détourne pas de ton semblable» (És 58:5-7).

    Le carême n'est pas proposé en pénitence, ni pour le plaisir de la mortification, mais comme un temps de transformation, de (re)conversion, de fortification, de régénération. Quarante jours annuels ne sont pas excessifs pour une cure salutaire de vitamines spirituelles, nécessaires à la fabrication des anticorps spécifiques des inévitables difficultés de la vie. Une nouvelle occasion de réfléchir à mes motivations de chrétienne, à ce que je veux vivre avec Dieu, en quoi il peut être si important dans ma vie, et de me re-conditionner à agir selon sa volonté jour après jour.

    Bonne route aux pèlerins qui choisissent de parcourir ce chemin de jeûne "terrestre" dans le but de participer pleinement à la joie de la Résurrection ..

     

  • DANS LA PEAU DE QUI ON VEUT

    Entre Épiphanie et carême, le carnaval est un moment où il est admis de "jouer à rentrer dans la peau de qui on veut"... 

    Avec le retour du printemps et de la lumière, on assiste au réveil de la nature. Après la stérilité et l'obscurité de l'hiver (image de mort), le carnaval est un rite de passage qui permet aux gens de s'associer à la renaissance qui les entoure. Sous un désordre apparent, la philosophie du carnaval est rigoureuse: on tourne en ridicule, l'espace d'une fête, les institutions comme la royauté, la religion, la famille, les études, le travail... 

    Goethe écrivait: « le carnaval est une fête qui, à vrai dire, n'est pas donnée au peuple mais que le peuple se donne à lui-même ». Le masque a pour effet que la personne qui le porte joue un nouveau rôle : son comportement change vis-à-vis des autres, et vis-à-vis de lui-même.

    Il n’existe pas un seul et unique carnaval, mais des carnavals à travers le monde.gilles.jpg

    En Belgique, le carnaval de Binche est classé au patrimoine immatériel de l'Unesco. Pendant les jours de carnaval, les Gilles frappent le sol de leurs sabots au cours de leur marche. Leur but est d’enterrer l’hiver sous les pavés de la ville, tandis que les clochettes des lourdes coiffes teintent au moindre mouvement pour appeler le printemps. La belle saison est aussi symbolisée par la couleur des oranges qu’ils lancent dans la foule.

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    Le carnaval inspire les poètes:

    Escapade au pays des masques 

    Par Marité Vendée 

    Coucou ! Qui suis-je ? Cherche-moi, devine-moi 

    Jeu de cache-cache, trouve-moi. 

    Imagination des enfants qui nourrit leurs rêves divers. 

    Etre un héros, se perdre dans un autre univers, 

    Se glisser dans un costume, s’évader vers l’avenir. 

    Au fil des années, dans le réel revenir. 

     

    Recherche d’esthétique, beauté offerte 

    A l’occasion de défilés, de fêtes. 

    Or, paillettes, confettis, costumes recherchés, 

    Extravagances, maquillages très élaborés. 

    Etre beau pour plaire, pour se plaire, 

    S’envoler quelques heures dans un ailleurs éphémère. 

     

    Masques d’autres cultures, grimaçants, effrayants 

    Qui matérialisent les angoisses ancestrales inquiétantes, 

    Les apprivoiser, totems qui marquent une appartenance. 

    Masques de guerre, faire peur, montrer sa puissance. 

    Coutumes qui se perdent dans bruits et lumières, 

    Coupées des racines, vie trépidante, sans mystère. 

     

    Dans la nature, les insectes se travestissent souvent, 

    Pour leur survie, se parent de couleurs ou motifs différents, 

    Echapper aux prédateurs de leur environnement, 

    Par les rayures, taches des fauves de la savane également. 

    Certaines fleurs sont des pièges mortels 

    Avec leurs odeurs, couleurs, formes attirantes, délétères. 

     

    Je suis l’un, je suis l’autre, dualité intérieure. 

    Selon les circonstances nous portons un masque évocateur, 

    Jouer un rôle, endosser une autre personnalité, 

    Se protéger du regard de l’autre, des failles de son moi caché. 

    Illusion ! On se heurte toujours à soi-même, rebelle. 

    Pourquoi ce désir d’ajouter au réel des effets d’aquarelle ?