• PASSAGES

    Toute date du calendrier, quelle qu'elle soit, marque toujours une étape. On ne s'attarde pourtant qu'à quelques-unes, auxquelles on donne plus de sens, et qui nous permettent de fixer un temps d’arrêt...

    En cette saison où le froid de l'extérieur et le manque de lumière invitent à se réchauffer et à s'éclairer douillettement à l'intérieur de nos logis, l'événement le plus important est Noël. On se réjouit de la transformation de la nature, qui sort de la nuit pour aller vers la lumière. Cette fête vient aussi nous éclairer intérieurement: Jésus nous encourage à vivre un nouveau départ radical comme une nouvelle naissance, possible en cette vie même, dès maintenant.

    Après avoir vécu Noël, qui nous a fait ressentir la joie d’être vivants et contents d’être tous ensemble à l’aube d'un nouveau cycle de 12 mois, voici le moment de saluer l'entrée de 2013...

     

    imgres-4.jpeg

    On fait des projets, on prévoit des aménagements divers... Pourquoi donc ce désir de changer? Peut-être parce que l'on cherche comment alimenter le mieux possible les petites graines d'Amour déposées dans notre coeur à Noël? Quoi qu'il en soit, fêter l’An Nouveau, c’est accueillir un nouveau parcours de vie avec l’espoir qu’il apportera du renouveau positif. 

    En entrant dans une nouvelle année, on se sert une bonne louche d’optimisme et on s'échange les voeux en souhaitant à tous le meilleur possible. "Bonne et Sainte Année! Le paradis à la fin de vos jours!", disait-on jadis. La formule des voeux a évolué, et est maintenant figée dans une "Bonne et Heureuse Année!". On espère rien de moins que le bon-heur -augurium: chance- pour tous. C'est déjà ça!

    Je vous souhaite donc de fêter ce passage de l'année nouvelle dans la joie et l’amour.

    IMG_9600_3.JPG


  • DÉBUT D'UNE FIN?

    Le 21 décembre n'aura pas signé la fin du monde prédite par le calendrier Maya...

    Tout dépend de quoi on parle, d'ailleurs. Parce que je suis preneuse pour la fin d'un monde de profit, qui marque le début de réponse à la faim d'un changement profond de société.  

    noel_europe_accueil.jpg

    Le temps des fêtes de fin d'année est très utile si l'on considère qu'il ranime l'amitié, fait renaître la vie, apporte lumière et chaleur dans les coeurs. Et si nous voulons vraiment nous laisser convaincre par le message de Noël -Nativité, Nouel, Novel-Nouveau-, ce sera fête toute l'année.

    IMG_9595.JPGIl ne tient qu'à nous de bâtir l'humanité en remplaçant la peur par l'amour et le partage. Gandhi disait : "il faut vivre simplement afin que d’autres puissent simplement vivre". Ceci est d'autant plus vrai pour ceux qui croient que Noël vient rappeler que nous sommes aimés de Dieu et invités à vivre de cet Amour. Un Amour qui se donne pour construire un monde nouveau, qui fait rêver à la justice et à une paix possible, vécues à l'échelle de la planète. Chacun autour de soi, et tout l'espace sera assuré. 

    podcast
    Caribaris (auteur inconnu)

    C'est Henri Nouwen qui conclura: "plus je pense aux souffrances humaines de ce monde et à mon désir de les soulager, plus je prends conscience à quel point il est important de ne pas me laisser paralyser par des sentiments d’impuissance et de culpabilité.

    Il me faut plus que jamais être fidèle à ma vocation : je suis appelé à bien faire les petites choses qui me sont confiées et à goûter la joie et la paix qu’elles m’apportent.

    Je dois résister à la tentation de laisser les forces des ténèbres m’entraîner vers le désespoir et faire de moi une autre de leurs nombreuses victimes. Je dois garder mon regard fixé sur Jésus et sur ceux qui l’ont suivi, confiant que je saurai suivre pleinement ma mission : être dans le monde un signe d’espérance.


  • TEMPS NOUVEAU

    Pour un chrétien, le temps commence de nouveau avec la Nativité...

    CRÈCHE NOËL -> POUR VOEUX.jpg

    Aujourd'hui c'est Noël. Le grand public marque l'événement avec toutes sortes de festivités. Beaucoup sont attendris devant le Bébé de la crèche, mais leur réflexion s'arrête à la sensiblerie. Pourtant, si les Églises célèbrent la naissance de Jésus dans la joie, c'est pour bien autre chose qu'une question d'émotion. 

    Chaque fois que nous fêtons Noël, chrétiennement s'entend, c'est un temps nouveau qui se célèbre. Un enfant nous est donné, et cet avénement n'est pas la répétition d'un passé révolu. C'est un acte historique, certes, mais bien actuel, qui fait renaître chacun dans la mesure où on le reçoit. Par Jésus, le temps et l'éternité se sont réconciliés. Ceci explique que pour un chrétien, l'éternité est une forme positive du temps: un présent qui ne se mesure pas avec une durée, ni une fin, parce qu'il est ouvert sur l'infini.

    podcast
    Noël éternel (Noël au Québec)

    Il faut pourtant bien admettre que la notion d'éternité dépasse notre entendement. Nous n'en avons qu'une faible perception. Car même si nous croyons que « nous irons tous au Paradis », nous savons aussi que nous mourrons tous humainement. Où donc trouver l’infini de la vie, là-dedans? Noël apporte la réponse. Le Salut c’est quelqu’un qui s'offre à nous. 

    Le Sauveur est né! C'est l’enfant de la Crèche, Jésus, visage humain de Dieu, visage divin de l’homme et de la vraie vie humaine ! Il vient nous apprendre à penser et regarder la vie actuelle comme étant porteuse de nouvelles possibilités d'épanouissement et d’avenir. 

    Parfois, accueillir la vie, ou simplement vivre, nous angoisse. Laissons nos « oui » dépasser nos peurs et ouvrir ce chemin par lequel Dieu donne mystérieusement sa vie en abondance, nous restituant ainsi notre humanité originelle. 

    Fëter Noël, c'est s'agenouiller auprès du bébé Jésus de la crèche, l'Emmanuël venu sauver les hommes, et s'organiser pour qu'il grandisse au milieu de nous afin de devenir de jour en jour plus visiblement « Dieu avec nous ». 

    Joyeux Noël à tous...

  • ENTRE TERRE ET CIEL

    Même si on y croit, il faut bien reconnaître qu'il est difficile de comprendre le miracle de Noël... 

    images.jpeg

    Dieu s'y entend pour nous faire perdre notre latin. Il se fait chair, c'est-à-dire comme le plus commun des mortels. Passe encore. Mais on attendait la venue d'un roi riche et puissant, un sauveur castard qui allait mettre de l'ordre dans le monde, et voici qu'un Bébé nous est envoyé, n'ayant qu'une étable pour naître, déposé sur la paille. Un petit être fragile et sans défense qui a besoin de notre attenion, de nos soins, est notre prétendu Sauveur. Il y a un mystère, mais lequel? 

    Presque tout le monde aime Noël car il répond au besoin de merveilleux, d’innocence et de bonté qui dort en chacun. Mais encore... 

    22669_apercu.gif

    podcast

    La terre a touché le ciel
    Den-Isa & Pierre Lachat

    PLus que quelques heures d'attente pour que sonne minuit. L'approche de la nuit de Noël est une bonne nouvelle: le miracle de l'Incarnation se renouvelle, la terre va toucher le Ciel aujourd'hui encore! Dieu vient nous visiter, à la crèche, à travers Jésus, tout petit et accessible à tous, abandonné au bon vouloir de ceux qui l'approchent. Il ne menace en rien notre liberté. "Dieu avec nous" met sa vie entre nos mains et n'exige rien. La certitude de sa présence ne devrait-elle pas nous aider à voir le monde avec des yeux différents? Pas parce qu'il vient gommer toutes nos tracasseries, mais apporter l'espérance par-delà ce qui empoisonne l'existence. 

    Même lorsque le présent devient difficile, Noël nous encourage à aller de l’avant avec confiance. Pour qui y croit et le désire profondément, l'Amour de Dieu vient jusqu'à nous sous la forme d'un Bébé venu nous sauver...

     

    BON NOËL À TOUS!

  • UN IGNORANT SAUVAGE

    Le Noël d'un « ignorant sauvage » en religion
    Une « visitation » pendant le chant du Magnificat

    Paul-Claudel.jpgROME, mercredi 21 décembre 2011 (ZENIT.org)

    L'écrivain et diplomate français Paul Claudel a été comme consolé - on le sait souvent, sans avoir pourtant eu accès à son récit - par la lumière de Noël à Notre-Dame de Paris en 1886. Il a ensuite raconté lui-même cet événement intérieur, avouant qu’il était alors « d’une ignorance sauvage » pour ce qui est de la religion. C'est, écrit-il, Rimbaud qui a ouvert le premier une « fissure » dans son « bagne matérialiste ». Puis, l’Enfant de la crèche l'a visité dans son « état habituel d'asphyxie et de désespoir », pendant le chant du Magnificat.

    Voici le récit (éditions Gallimard) que l’on peut trouver sur le site de la Société Paul Claudel :

    « Ma conversion », par Paul Claudel

    (…) J'avais complètement oublié la religion et j'étais à son égard d'une ignorance de sauvage. La première lueur de vérité me fut donnée par la rencontre des livres d'un grand poète, à qui je dois une éternelle reconnaissance, et qui a eu dans la formation de ma pensée une part prépondérante, Arthur Rimbaud. La lecture des Illuminations, puis, quelques mois après, d' Une saison en enfer , fut pour moi un événement capital. Pour la première fois, ces livres ouvraient une fissure dans mon bagne matérialiste et me donnaient l'impression vivante et presque physique du surnaturel. Mais mon état habituel d'asphyxie et de désespoir restait le même.

    Tel était le malheureux enfant qui, le 25 décembre 1886, se rendit à Notre-Dame de Paris pour y suivre les offices de Noël. Je commençais alors à écrire et il me semblait que dans les cérémonies catholiques, considérées avec un dilettantisme supérieur, je trouverais un excitant approprié et la matière de quelques exercices décadents. C'est dans ces dispositions que, coudoyé et bousculé par la foule, j'assistai, avec un plaisir médiocre, à la grand'messe. Puis, n'ayant rien de mieux à faire, je revins aux vêpres.

    Les enfants de la maîtrise en robes blanches et les élèves du petit séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet qui les assistaient, étaient en train de chanter ce que je sus plus tard être le Magnificat. J'étais moi-même debout dans la foule, près du second pilier à l'entrée du chœur à droite du côté de la sacristie.

    Et c'est alors que se produisit l'événement qui domine toute ma vie. En un instant mon cœur fut touché et je crus. Je crus, d'une telle force d'adhésion, d'un tel soulèvement de tout mon être, d'une conviction si puissante, d'une telle certitude ne laissant place à aucune espèce de doute, que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d'une vie agitée, n'ont pu ébranler ma foi, ni, à vrai dire, la toucher. J'avais eu tout à coup le sentiment déchirant de l'innocence, l'éternelle enfance de Dieu, une révélation ineffable. (…)

    (1913)


    Paul Claudel, Contacts et circonstances, Œuvres en Prose
    Gallimard, La Pléiade, pp.1009-1010.

    Source www.zenit.com

  • MOMENT DE VÉRITÉ

    À entendre les sociologues, le passage à l'inactivité est l'occasion de redéfinir sa vie, ses repères, ses priorités. C'est sans doute moins facile pour les couples...

    Au Moyen Âge, vu la faible espérance de vie, les conjoints vivaient en moyenne seize ans ensemble. Au XIXe siècle, la vie conjugale durait environ vingt-cinq ans. Aujourd'hui, la longévité de la vie fait qu'un couple peut être uni pendant cinquante ans, et parfois plus (G. et moi totalisons déjà 41 ans!).

    Savoir_affronter_la_vie_de_retraite_275x207.jpg

    Il y a une trentaine d'années, les hommes arrêtaient de travailler vers 65 ans, et avaient une espérance de vie qui dépassait rarement les 68 ans, ce qui réduisait leur retraite à une courte durée. Lorsque l'on vit en couple, il s'agit de recommencer à deux une nouvelle existence à l'heure de la retraite. Une étape-test qui demande de la souplesse pour sauter, ou plutôt de ressauter, le pas ensemble. C'était prévu chez nous pour juillet 2013, mon mari atteignant l'âge canonique de la mise à la retraite en fin juin. L'accroc de santé suite auquel il est en incapacité de travail depuis la mi-juillet a quelque peu précipité nos prévisions. Ces derniers mois ont été une période-test précieuse. Ils ont en quelque sorte servi de moment de vérité venu répondre à des questions que je me posais. Comment continuer à étonner l'autre après tant d'années ? Comment évoluer soi-même, tout en faisant participer l'autre à sa mutation ? Comment concilier vie à deux et autonomie personnelle ? Difficiles dilemmes, pensais-je. En fait, il n'en n'est rien, et on s'en réjouit ensemble...

    Normalement, G. reprendra ses activités professionnelles en début 2013, du moins à mi-temps, pour six mois. Le temps de liquider certains dossiers, de transmettre encore le fruit de son expérience professionnelle, de faire ses adieux aux collègues, de fermer la porte à toute une carrière qui aura été riche et parfois fort mouvementée. C'est à la fois très heureux, puisqu'il ira jusqu'où il avait envisagé d'aller, et par ailleurs, nous allons, je le pense, attendre impatiemment de voir juillet se profiler, quand on pourra dire ensemble: "Ça y est! Nous y voici enfin, à ce programme à deux".
    Pour une durée indéterminée, comme la vie en décidera, mais nous avons la ferme intention de profiter pleinement de tout ce qui nous sera donné... 

     

  • COMME DES BERGERS

    Pour participer à la joie de la naissance de Dieu, l'Avent nous invite à découvrir ce berger, cette bergère qui sommeille en nous...

     9782831100241_1_75.jpg

    Vivre l'Avent, c'est entrer dans la patience, dans l’espérance et dans la confiance. Dieu l’a promis: il viendra. Pourquoi ne lui laisserions-nous pas organiser la façon dont il veut se révéler à nous ? Il suffit d'être simplement présents, humblement, dans une attitude de bergers, à la fois passive et attentive, pour laisser Jésus apporter lui-même la lumière, la joie et la paix de notre Noël.

    Noël n'est pas une parenthèse artificielle où on veut tout de suite mettre de la lumière partout. Ne craignons pas la réalité qui nous entoure. N’ayons pas peur de rester dans la nuit, de faire silence, de guetter le moment où un ange passera. Si nous l'écoutons comme l'ont fait les bergers, il nous fera sortir à travers le noir pour trouver la secrète lumière de l'étable. Cette lumière qui changera notre regard, qui illuminera notre vie.

    Bien sûr, préparons aussi nos repas, nos lumières, nos cadeaux, pour faire la fête. Mais ceci vient après la vraie joie, quand nous aurons reçu Dieu qui se donne à nous.

  • SANS HONTE

    Même s'il est devenu inconfortable d'être croyant aujourd'hui, c'est dans cette époque-ci qu'il faut oser témoigner de sa foi. En aimant et en espérant...

    croyant,espétant,foi témoigner,religion,racines,traditions,culture,ëvangilesMardi soir, mon mari et moi avons assisté à un spectacle, ''Au nom de la mère'' à l'église St Jean de Namur. Il s'agit d'une réécriture de la Nativité à partir du livre d'Erri de Luca, remarquablement interprété par Philippe Vauchel, accompagné par le guitariste Pascal Chardome. Le thème, celui de la Nativité, nous met en présence d'une jeune femme juive, Myriam, ''spitante'', amoureuse, charnelle. C'est aussi l'histoire d'une transgression, celle de Iosef qui contre l'évidence de l'adultère, la pression sociale et l'obéissance à la loi hébraïque, défend son épouse avec l'obstination de la grâce. 

    C'est encore l'histoire d'un artiste qui ose proclamer sa foi en se servant de son talent. Philippe Vauchal ne se cache en effet pas pour dire qu'il est catholique et pratiquant. Fait assez rare dans le monde du show business. Il a ainsi souvent droit à des réactions du style: ''quelqu'un qui va à la messe ne peut pas être un vrai artiste". Pas de quoi déstabiliser le croyant qu'il est. Il aime ce pari fou, ce ''oui'' de Marie à ce qui est plus grand que nous!

    Peu importe que le comédien soit un homme pour tenir le rôle d'une gestation et d'un accouchement, ce qui compte est qu'il soit parvenu à faire partager son ressenti d'enfant de Dieu au point d'avoir transmis de l’émotion au public à travers des mots, des gestes, de la musique, des silences. Et qu’on soit repartis un peu plus légers. Plus encouragés aussi, hommes ou femmes, à oser dire "oui" comme Marie ...

    croyant,espétant,foi témoigner,religion,racines,traditions,culture,ëvangiles

    Philippe Vauchel a terminé en disant que lorsqu'il exprime son étonnement de voir une crèche auprès du sapin, chez des connaissances qui se prétendent non croyantes, leur réponse est :"C'est pour les enfants"!

    Aux yeux de beaucoup, la foi est en effet pour les enfants, ou bien une béquille utile aux plus faibles, et elle a si mauvaise presse qu'on lui préfère le 'spirituel'.

    L'idée me séduit, d'utiliser le vocable 'croyant' non pas comme un substantif qui désigne ce que l'on est, ou que l'on n'est pas, mais comme un participe présent qui sous-entend la participation active. Il s'agit de cultiver le désir, d'accueillir sa soif spirituelle et de l'habiter. Je crois urgent de multiplier les occasions de se former pour grandir dans sa foi.

    Il ne faut pas avoir honte de nos racines chrétiennes. Il y a des gens qui voudraient tout reconstruire à partir d'eux-mêmes. Ils sont sincères, je n'en doute pas un instant. Mais je crois important de se recevoir d'une tradition. Nous sommes les héritiers et les porteurs d'une riche culture, une histoire d'espérance! 

    Je suis sûre que l'Évangile n'a pas dit son dernier mot à l'humanité, mais il revient aux Chrétiens de creuser dans leur créativité pour lui donner un visage original. Cela demande des hommes et des femmes courageux, qui ne craignent pas de se retrouver à la charnière d'une disparition et d'un commencement.

    Être croyant, ça veut dire 'être espérant'. Or, si on est espérant, on est aimant. Et c'est en aimant que l'on devient davantage espérant... 


  • FÊTES ET TRADITIONS

    Un rituel est la répétition d’un geste ou d’une célébration à laquelle on accorde un temps plus solennel…

    Chez nous, les occasions sont réparties tout au long de l'année, pour les anniversaires ou des occasions plus marquantes. À pareille époque, Saint-Nicolas est l'invité d'honneur à un dîner ou un souper. C'était samedi soir.

    fêtes,rituels,traditions,cohésion,histoire,famille

    L'événement aurait eu un air de très connu s'il n'y avait pas eu un nouvel observateur. Et pas des moindres! J'ai bien sûr nommé B., mon petit-fils, qui était trop petit l'an dernier pour réaliser quoi que ce soit. Il commence à répéter des mots, et "A Colas" fait partie de son vocabulaire depuis qu'il a rencontré Saint-Nicolas "pour de vrai" (et a été impressionné!). C'est même devenu son sujet de "conversation" favori. Toute personne de passage chez lui a droit à voir la photo du saint sur une pochette de CD que B. exhibe fièrement, et en prime, à en écouter les chansons, dont le petit raffole et redemande en boucle : "Enco'". 

    En suivant scrupuleusement le calendrier, le sapin et la crèche devraient sortir des cartons pour le premier dimanche de l'Avent. Cependant, le commerce ne tenant plus compte de la chronologie des fêtes, j'ai prévu d'entreprendre cette opération seulement aujourd'hui, pour ne pas semer la confusion dans la tête de notre petit bonhomme. Comme je procédais déjà pour mes fils, afin qu'ils distinguent bien la spécificité de chaque fête.

    Samedi, lorsqu'il a vu Saint-Nicolas planté au milieu de notre table, B. s'est exclamé en le montrant comme un vieil ami de longue date: "A Colas"! Il a aussi été fasciné à la vue des friandises éparpillées sur la nappe. Pour son ventre, bien sûr. Même s'il a reçu deux petits cadeaux de notre part: un jeu sonore (aïe, les oreilles), et un livre de Barbapa, il a été davantage intéressé par l'assiette qui lui était destinée, contenant des nic-nac, des compotines, des biscuits secs et une mandarine. Et une lettre, de laquelle il ne s'est forcément pas soucié! À laquelle nul n'échappe pourtant, il le comprendra vite. Ces moments de découverte ont été d'autant plus plus plaisants pour nous, les adultes, que B. est très expressif. 

    Dans un monde en révolution permanente, ou tout s’accélère, ou la communication se fait à une vitesse prodigieuse, ou les modèles anciens sont contestés, ou la modernité s’entend comme une obligation d'abolir l’autorité du passé, il me semble qu'une tâche bien actuelle est de transmettre certaines traditions, et la famille est le lieu par excellence où ça devrait se passer. La construction de la personnalité, le sentiment d’appartenance à un groupe, à une région, à un pays, passent par des rites. Il est indispensable que ces valeurs soient transmises aux enfants afin que le relais soit assuré et que l’histoire se poursuive.

    fêtes,rituels,traditions,cohésion,histoire,famille

    Par des repas en famille semblables à celui de samedi, ainsi que ceux qui vont bientôt suivre: à Noël, au Nouvel An, à l'Épiphanie, on redonne de l’importance aux relations entre nous. Ils permettent de démontrer qu'une cohésion est possible entre personnes différentes qui se rassemblent pour partager momentanémént un même objectif. 

    Comme la fête s'associe avec préparatifs, ça travaille ferme à la maison en ce moment. D'autant que je me charge encore des cougnous pour la veillée de Noël de l'école de G. Puis ce sera au tour des croquettes de pomme de terre, et ensuite des galettes de Nouvel An, suivies de la galette des Rois. Du boulot, mais que de plaisir, puisque j'aime tous ceux pour qui je m'active.

    Dans les yeux et le cœur de l’enfant, puis de l'adulte, la magie imprègne une marque indélébile. Il est important que petit B. soit témoin de ces rituels familiaux qui nous relient, entre nous, mais aussi plus largement aux autres. Je pense que c'est bien parti pour lui, car ses parents s'insrivent à 100% dans ce programme de vie... 

    Au moment où je termine ce billet, me parvient le message d'une amie qui participe à "nos St-Nicolas". Elle dit entre autres quelque chose qui confirme ce que je viens de dire. Je lui laisserai donc le mot de la fin: "J'apprécie vraiment ces moments de partage, où l'on peut échanger des idées parfois différentes mais toujours avec beaucoup de respect les uns des autres."... 

     
  • C'EST DEMAIN SA FÊTE

    On connaît peu de chose de la vie de l’homme qui allait devenir "Saint Nicolas", sinon qu’il a vécu sous les empereurs romains Dioclétien, Maximilien, Constantin, à la fin du IIIe siècle et au début du lVe siècle...

    fêtes,saint nicolas,légende,histoire,coutumes

    Saint Nicolas”  Gheorges Tattarescu 1820 – 1894

    Saint Nicolas, dont le nom signifie "victoire" en grec serait né en 271 dans une riche famille chrétienne de Patras, en Asie Mineure. Quand il était encore un tout jeune homme, il fut consacré évêque de Myra, (en Lycie, au sud du Taurus occidental, Demre aujourd’hui au sud-ouest de la Turquie), une ville portuaire d’Asie Mineure occupée par les Romains, reprise, puis libérée par l’empereur Constantin. Il souffrit la persécution sous Dioclétien. Il fut l’un des 318 pères du concile de Nicée. Il mourut à Myre le 06 décembre de l'année 326 ap J-C (ou 342, ou 345 ap J.-C. selon d’autres sources), un 6 décembre.
    Lorsque les Sarrasins prirent la ville, en 1087, ses reliques auraient été sauvées et transportées à Ban, et au Monte Gargano en Italie, qui est un ancien centre de culte de saint Nicolas et où s’élevait, dans l’Antiquité, un temple païen très renommé (le Garganus, mont mentionné par Strabon, Ptoléméeet Lucain), qui devint alors un haut lieu de pèlerinage. Dès ce moment, son culte se répandit en Occident.

    Voir un article sur le sujet: -> ICI. On y lit entre autres que "Tout au long de sa vie, Nicholas a protégé la population contre les démons à plusieurs reprises. Il a été enterré à Myra et canonisé. L'église Saint-Nicolas est appelée par les Turcs Noel baba kilisesi (église du père Noël). Cet édifice byzantin, orné de fresques, a été partiellement restauré.

    Puisque la coutume de chez nous veut que, dans la nuit du 5 au 6 décembre, saint Nicolas distribue des friandises aux enfants sages, n'oubliez surtout pas de déposer votre assiette ce soir, accompagnée d'un verre d'eau à son intention, et d'une carotte pour son âne...