• VOYAGEURS, PAS PIGEONS!

    Lundi, mon mari et moi revenions d'une semaine passée en Turquie...

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    L'attrait principal du circuit auquel nous étions inscrits était de passer quatre jours "sur les traces de St-Paul et des apôtres" à travers la Cappadoce. Le bilan de notre expédition est positif, mais elle aurait pu nous laisser un goût amer si nous nous étions laissés entraîner dans des achats coûteux et inutiles.  

    Le principe de ce genre d'organisation ne se comprend bien q'une fois sur place. Quelques explications, que dis-je?, des insistances en ce qui concerne notre guide, sont fournies au cours du trajet qui nous mène de l'aéroport à l'hôtel, précisant que l'on peut opter pour une version "royale" ou une plus souple, qui ne comprend pas les repas de midi, ni trois acrtivités plus spéciales. Le discours menaçant du guide cherchait à nous signifier que l'on n'avait finalement pas le choix. Sur 41 personnes, nous avons été quatre couples à malgré tout décider de la formule plus souple, préférant conserver plus de liberté. Outre cet aspect pratique, on n'a pas tardé pas à s'apercevoir des enjeux commerciaux qui expliquaient le coût modique de notre voyage. Le phénomène est général, à en croire les forums que nous avons consultés après notre retour à la maison. 

    Le voyageur se révèle souvent être un personnage complexe, qui transporte aussi avec lui ses désirs et ses rêves. Les organisateurs de voyages ne s'y trompent pas et exploitent à fond le côté influençable de leurs clients, donnant pour mission aux guides de bien formater les groupes dont ils sont responsables pour les inciter à faire des achats, voire à les culpabiliser s'ils semblent hésiter. 

    La plupart des gens de notre groupe, y compris ceux qui ont affirmé mordicus qu'on ne les y prendrait pas, n'ont pas résisté aux assauts des vendeurs bien entraînés des différentes entreprises visitées. Nous faisions partie de l'exception. Guy, parce qu'il n'est par nature pas dépensier pour les articles proposés (tapis, vêtements en cuir, bijoux), et moi parce qu'il suffit que l'on cherche à me forcer pour que je me cabre et oppose un refus catégorique, quand bien même je serais tentée par des propositions de plus en plus alléchantes.

    Ceci dit, je n'accuse personne. Chacun a tenu son rôle. Même si certains aspects de notre guide nous ont paru déplaisants, il nous appartenait de décider malgré lui. Mon mari et moi avions accepté certaines règles, annoncées dans notre contrat. Pas davantage.

    Pigeons, peut-être, mais voyageurs seulement! Telle était notre intention, nous nous y sommes tenus, et n'avons aucun regret...


  • ARGENT DE POCHE

     Idéalement, donner de l'argent de poche à un enfant devrait être une façon de lui apprendre progressivement à avoir une juste relation avec l'argent...

    Cela permet aussi de lui transmettre des notions comme l'épargne, la gestion d'un budget, le don, le gaspillage, le choix. Si, au-delà de la dimension économique, on apprend à l'enfant à faire usage de ce qu'il possède en se souciant des autres, l'argent de poche est un bon moyen d'"autonomie responsable".

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    À partir du moment où mes fils ont su compter suffisamment (autour de 5 ans) nous avons commencé à leur octroyer de l'argent de poche. Ils disposaient d'abord d'un minuscule versement mensuel, qui a été majoré à chaque date anniversaire d'une somme convenue à l’avance. Cet argent était destiné à des achats adaptés à leur âge. Devenus adolescents, leur pécule devait leur servir à acheter eux-mêmes leurs vêtements, financer leurs sorties, acheter les cadeaux qu'ils offraient, et à des divers que nous ne prenions pas en charge, ainsi qu'il avait été convenu entre nous.

    Le montant fixé leur permettait de pallier à leurs besoins, mais sans extravagances. Nous partions de l'idée que: - De trop fortes sommes risquent d'habituer le jeune à trop d'exigence et à sous-estimer la valeur de l'argent (puis le sens de l'effort lorsqu'il sera en âge de travailler). - Trop peu risque aussi de ne pas lui permettre un réel apprentissage de la valeur de l'argent et de la gestion d'un budget, tant ses dépenses seront nécessairement réduites.

    Nous avons opté pour un ordre permanent mensuel, qui nous semblait avoir plus de vertus éducatives. Nos fils ont dû commencer par faire l'apprentissage de l'attente, ayant tout dépensé avant la fin du mois, puis ils ont commencé à gérer de manière à mieux répartir leurs dépenses. Car, ils le savaient, il n'était pas question de donner un euro (franc à l'époque) de plus. De même, au vu des dégâts que provoque la tendance de nombreux parents à combler immédiatement les désirs de leurs enfants, voire à les précéder, nous n'accordions pas de crédit: on ne dépense pas ce que l'on n'a pas! Il leur appartenait de gérer leur argent et d’économiser, si par chance il lui restait quelques pièces, ou, ô miracle, un ou des billets. Nous ne contrôlions cependant pas leurs comptes, préférant jouer la carte "confiance", et du respect, les extraits bancaires (dès 12 ans, ils ont eu un compte à vue personnel) étant leur propriété privée. Ils ont maintes fois fait de mauvais choix (selon nos critères), qu'ils ont dû assumer, puis en ont tiré des conclusions et adapté leurs dépenses en conséquence. Librement, j'insiste, ce qui veut dire que nous devions parfois ronger notre frein! Le montant de leur "pécule" n'a jamais été soumis au chantage: pas majoré en guise de récompense, ni raboté par mesure disciplinaire. Le choix de donner de l'argent de poche n'a bien sûr pas empêché que nous inculquions à nos enfants que "l'argent ne tombe pas du ciel". Leur papa et moi en étions d'ailleurs une belle preuve vivante!

    Chez nous, la notion de gratuité est sacrée lorsque l'on rend des services en famille ou à des proches, le "salaire" consistant au plaisir que l'on éprouve à faire plaisir. Pour des achats qui dépassaient les "revenus" de La. et Gi, le temps de cadeaux (anniversaires, Noël) réalisait certains de leurs souhaits. Ils ont aussi usé d'ingéniosité pour trouver des solutions peu ruineuses en réponse à leurs "besoins", puis ont cherché des jobs d'étudiants une fois qu'ils ont atteint l'âge requis. Ça leur a donné un aperçu des réalités du monde du travail, et motivés s'il le fallait, à persévérer dans les études.

    Tout en ne voulant pas être gestionnaires du "capital" de nos fils, il est bien entendu que nous intervenions pour les aider à devenir des consommateurs responsables, en réservant des moments agréables en famille, en privilégiant des loisirs simples et gratuits (promenade dans la nature, discussion autour de la table, jeux de société, lecture commune...), en les mettant en garde des mécanismes de la publicité du marketing nous incitant à consommer plus. Nous les encouragions ainsi à canaliser leurs envies, à réfléchir avant d’acheter, à faire preuve d’un certain courage face "aux autres" qui n'ont pas les mêmes codes de fonctionnement, sans être complexés. Avant tout, notre mode de vie se devait évidemment d'être cohérent avec notre discours! Le passage par le scoutislme leur a été très profitable, à travers des activités sollicitant la débrouillardise pour fabriquer soi-même à partir de matières premières rudimentaires, sans grand confort, dans le partage et la joie de vivre, et sans avoir le sentiment de manque.

    En conclusion, il n’est pas facile, dans la société actuelle, d’éduquer les jeunes à la frustration, mais c'est un excellent service à leur rendre pour qu'ils sachent borner leurs désirs et chercher le bonheur dans des valeurs plus nobles et à portée de tous, quels que soient les moyens. Je pense que c'est d'autant plus urgent que la crise économique actuelle remet en question l’hyperconsommation. Le nouveau consommateur va devoir chercher les prix bas, le retour vers la simplicité et le plaisir accessible, une attitude qui sera d'autant plus facile pour ceux qui y ont été préparés. L'ère du meilleur rapport avec le matérialisme a peut-être sonné? C'est ce que je souhaite...

    L'argent que l'on possède est l'instrument de la liberté, celui qu'on pourchasse est celui de la servitude (J.J. Rousseau, Confessions, 1782)


  • HELLEPATHIE

    Souffrez-vous d"Hellepathie"? En voici les symptômes... 

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    Si un café vous empêche de dormir 

    Si une bière vous envoie directement aux toilettes 

    Si tout vous paraît trop cher 

    Si n'importe quelle bêtise vous met en rogne 

    Si un léger excès fait monter l'aiguille de la balance 

    Si vous arrivez à l'Âge des Métaux (cheveux d'argent, dents en or, pacemaker en titane) 

    Si la viande vous fait mal à l'estomac, et le poivre vous irrite

    Si le sel fait monter votre tension 

    Si vois demandez au maître d'hôtel une table loin de la musique et des gens 

    Si attacher vos lacets vous fait mal au dos 

    Si la télé vous endort 

    Si vous devez vous servir de plusieurs paires de lunettes (de près, loin, soleil...) 

    Si on vous donne du Monsieur ou du Madame 

    Si vous avez des douleurs d'origine inconnue 

    Si vous pleurez pour rien 
      
    Si vous avez ces symptômes... ATTENTION ! 

    C'est sûr, vous souffrez d'HELLEPATHIE  
      
    Eh Oui! HELLEPATHIE, votre jeunesse...

    Mais rassurez-vous, il vous reste la vie! 

    Quel que soit l'âge, le temps qu’il reste à vivre est toujours improbable, et il convient de le savourer lentement. Chaque moment est un précieux cadeau de vie, chaque instant mérite toute notre considération, car il contient son trésor de vitalité. La vie mérite de se goûter lentement et qu’on en puise toute la substance...

  • OISIVETÉ CRÉATRICE

    On assimile souvent l'oisiveté à la paresse. Elle peut pourtant être créatrice... 

    Lorsque j'étais petite fille, j'aimais rester de longs moments à rêvasser, ce qui faisait réagir mon grand-père maternel lorsque j'étais chez lui. "L'oisiveté est la mère de tous les vices", aimait-il répéter! Mon inactivité était pourtant très active, si l'on considère qu'elle m'a appris à apprécier le temps à ne rien faire, à déguster le temps occupé à contempler, à prendre soin du temps qui passe! Par opposition aux gens qui ont la hantise de ne pas "perdre leur temps", je persiste à croire que les moments d’oisiveté sont indispensables. Libérer du temps et de l'espace apprend à plonger dans le vide, à se laisser pénétrer par le silence pour entendre la voix qui est en soi, pour méditer et prier. Aujourd’hui encore, très régulièrement, j’éprouve le besoin de me retirer à l’intérieur de moi, quelque part où je ne fais rien d’autre qu’être présente à moi-même, à Dieu, et au monde. Bien vivante, dans toutes mes dimensions! 

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    De nos jours, l'emploi de temps de beaucoup d'enfants rivalise avec celui des ministres ou des P.D.G! À force d’accomplir des performances dans de nombreuses disciplines, ils n’ont plus le temps de rêver, de désirer, et de développer leur curiosité. Pire, ils n’ont plus d’espace pour éprouver leurs émotions et découvrir leurs ressources intérieures. Formatés, pré-emballés dans leur devenir, ils vivent en dehors d’eux-mêmes, dans le regard des adultes qui les congratulent pour leurs exploits. Je les plains!

    Un enfant qui n’a pas été confronté à l’oisiveté finit par dépendre de la volonté des autres. Il est tellement programmé qu'il ne reste plus d'espace pour créer par lui-même. À cela s’ajoute un culte de l’efficacité selon lequel seules les activités rentables sont admises ! Devenu adulte, il ne supporte pas d’être seul avec lui-même et recherche sans cesse des stimulations extérieures, souvent toxiques. Il s’engage dans un nombre impressionnant d’activités sans se demander si celles-ci répondent réellement à ce qu’il désire. Normal, puisqu'il ne connaît pas ses goûts personnels et ses besoins profonds, et qu'il ne sait pas ce qu’il souhaite. Il consomme ce qu’on lui propose! 

    Il y a une énorme différence entre "action-soumission" et action-libération". C'est pourquoi j'ai inculqué à mes fils lorsqu'ils étaient petits que "l’excès d'activités est le père de toutes les soumissions", comme disait A. Jacquard dans une conférence. Je voulais qu'ils expérimentent le vide et y découvrent leurs propres ressources. Je savais qu'ils allaient avoir besoin de leur imagination pour participer à la construction du monde à venir, in-fini, construit sur le nôtre, mais différent. Ils ont si bien saisi le message que leur travail de fin d'études a largement traité de l'imaginaire. Professionnellement, ils "ont une belle place" selon l'expression qui ne veut finalement pas dire grand-chose, avec un emploi stable, mais ne sont pas des carriéristes acharnés. Pour eux, la réussite consiste d'abord à vivre en harmonie en eux et tout ce qui les entoure. Ils ne sont pas prêts à vendre leur âme pour des promotions, et j'en suis très heureuse.

    L’oisiveté créatrice est libératrice, dans le sens où elle permet d'acquérir un mode de fonctionnement qui ose prendre de la distance dans la course à la performance et à l'esclavage... 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • STREU EN WALLON

    "Les effets néfastes du stress sont prouvés scientifiquement", annonçait un article de "l'avenir.net" -> ICI, déjà ancien, mais toujours d'actualité...

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    En anglais, "stress" veut dire la pression, la charge produisant une tension.

    Le mot "stress" vient du latin, "stringere" qui signifie serrer, étreindre. 

    En vieux français, "estresse" donne l’étroitesse.

    En wallon, "streu" veut dire étroit.

    Tout le monde parle de stress, mais chacun a sa propre définition. Sans recourir à une étude poussée, on peut se rendre à l'évidence que nous en souffrons tous à des degrés variables. Notre corps en paie souvent la facture: tensions, raideurs de tête, des mâchoires, des épaules, gestes brusques et rapides, voix qui s’étrangle... 

    Comme toute émotion humaine, l’anxiété est positive si elle demeure à l’intérieur de certaines limites et permet de rester vigilant sur ce qui nous menace. La tension du corps est un signal d'alarme en réponse à des dangers qu’il perçoit, qui sont la plupart du temps symboliques. Étant déterminé par la capacité d’adaptation face à des situations d'origines très diverses, le stress varie selon le profil psychologique, en augmentant chez l'anxieux ou le perfectionnisme. Lorsqu’il devient chronique, il peut mener à des problèmes majeurs de santé. Il vient en tête de liste des facteurs de risques à supprimer quand on veut récupérer une bonne hygiène de vie, ainsi que je le mentionnais dans mon billet précédent. 

    Il est facile de dire qu'il faut passer outre de nos inquiétudes, mais encore faut-il trouver comment y parvenir! Une caractéristique de la personne anxieuse est d'être affairée dans tout ce qu'elle fait, comme si seule cette attitude pouvait lui apporter de la consistance!l Une fois bien installé, le stress agit en effet comme une drogue, et il faut déprogrammer les fausses informations installées en soi pour redevenir maître de sa vie. Car au fond de nous-mêmes, nous cherchons tous à « être bien dans notre peau ».

    Le meilleur remède pour se décrisper est d'accepter ce qui vient, ce que l’on vit, ce que l’on ressent, et de réagir selon ses moyens, posément et sans aucune honte. « Être bien dans sa peau » s'associe avec prendre le temps de vivre, passer posément d'une activité à l'autre. Sans pouvoir éliminer toute anxiété, nous pouvons la réduire à un niveau acceptable en mettant un peu de lumière sur ce qui déclenche notre stress. 

    Impossible d'ordonner sa vie sans s'organiser, autrement dit en faisant preuve de vigilance pour y mettre de l'ordre. Ce n'est pas difficile, et ça facilite beaucoup l'existence! Personnellement, j'ai acquis le réflexe de petits gestes bien simples qui ont apporté beaucoup de souplesse dans ma vie: un agenda correctement rempli, une liste quotidienne de choses à faire, une mise en ordre de mon espace vital, en moi et autour de moi. Curieuse et intéressée, je laisse venir les événements, capte le meilleur de ce qu'ils m'apportent, et m'attarde le moins possible au plus mauvais. Ceci signifie que l'ordre qui m'est salutaire n'est pas absolu, il est toujours à mesurer à comment je me sens et à ce que je privilégie. 

    J'aime beaucoup la vie, et y participe avec zèle, paisiblement, en prenant soin des autres sans me croire leur indispensable sauveur, et en sachant recevoir d'eux aussi... 

     


     

     

     

     

     

  • TROIS PONTS PLUS LOIN


    Le coeur et les vaisseaux sanguins ont toujours fasciné les êtres humains... 

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    Les poumons sont des organes vitaux au même titre que le cœur. Ce dernier détient cependant un statut plus important dans notre inconscient.

    Dans l'Antiquité, les traités d'anatomie considéraient le cœur comme le siège des émotions, des passions, de la volonté, du courage, de la pensée, de l'intelligence et de la mémoire.

    Pour les Chrétiens, le Sacré-Cœur est le Cœur royal de Jésus-Christ.

    Dans le langage courant, il a acquis une place primordiale, en représentant l'amour, la générosité, la franchise, la bravoure... Il suffit de penser à un tas d'expressions familières, telles que: avoir le coeur brisé; avoir le sang qui se glace dans les veines; avoir mal au coeur; laisser parler son coeur; se faire du sang de cochon; avoir le coeur sur la main; etc, etc...

    Si le coeur est le symbole même de la vie, c'est parce que c'est lui que l'on sent battre sans arrêt dans notre poitrine, lui qui permet au sang de circuler dans tout le corps, lui qui s'emballe lorsqu'on est amoureux, lui qui s'affole lorsqu'on a peur, lui qui est brisé lors de grande peine. En résumé, c'est lui qui nous permet de vivre.

    On le met souvent à rude épreuve, et il arrive que le système cardiaque soit perturbé au point de devoir opérer. La chirurgie est palliative, mais n'enraye pas les causes de la maladie. Pour éviter une récidive, il est essentiel de corriger de mauvaises habitudes Parmi les facteurs de risque sur lesquels veiller, le stress est en tête de liste. Et en général, une bonne hygiène de vie est l’enjeu du suivi à long terme des personnes qui ont été opérées. 

    coeur,vie,opération,risques,hygnièneTrois mois après un triple pontage coronarien, les paramètres cardiaques de mon mari sont excellents, et la douleur cicatricielle a quasiment disparu. Aidé par les séances de rééducation auxquelles il se rend deux fois par semaine, il a très bien progressé: sa capacité respiratoire est améliorée, et du même coup, sa résistance à l'effort est nettement meilleure.

    Trois ponts plus loin, je pense que sa devise sera dorénavant: "Mieux vivre et vivre plus sereinement, en prenant ma vie à coeur!" 

     

     

  • SILENCE-PRÉSENCE (2)

    La parole est du temps, tandis que le silence est d'éternité...

    Nous avons du mal avec le silence! Nous supportons à la rigueur le silence isolé, le nôtre, mais celui de plusieurs personnes, et d'autant plus si c'est d'une foule, est un obstacle parfois insoutenable. Parce que nous sommes avares de silence, nous ne rechignons pas à perdre du temps pour chercher des lieux où règne le bruit! Pourtant, lorsque nous voulons réfléchir, nous parler intériieurement, il est indispensable de se taire... 

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    Pendant les premières semaines de son encore courte existence, mon petit-fils B. m'a rappelé combien on peut sentir la vie à travers le silence. Nous avons passé ensemble des moments sublimes dans un "sans rien faire" qui contenait un tout intense et indéfinissable. Ces instants m'ont permis d'entendre une autre âme, la sienne, venue réjouir la mienne dans un silence attentif, parce que j'étais disponible à l'écoute d'une voix profonce qui ne pouvait s'exprimer que dans le secret des mots.  

    Grâce à B., j'ai entendu des posésies célestes au creux de mon âme, emplies de mots que nulle bouche n'est capable de prononcer, que nul esprit ne peut inventer. La parole peut être d'or, mais trop souvent, elle est l'art d'étouffer et de suspendre la pensée. De sorte que, dès que l'on parle, quelque chose avertit que des portes divines se ferment quelque part. 

    Le silence est la forme la plus éloquente de la Révélation. Les moines chrétiens n'ont cessé d'attester la suprême valeur du silence et les mystiques de souligner que c'était la voie royale pour approcher Dieu...

     

  • SILENCE-PRÉSENCE (1)

    Est-ce le silence, que nous craignons dans la mort?

    "Accoutumons-nous à considérer la mort comme une forme de vie que nous ne comprenons pas encore. Apprenons à la voir du même oeil que la naissance. Il est tout à fait raisonnable et légitime de se persuader que la tombe n'est pas plus redoutable que le berceau". 

    (Robert Sabatier, Dictionnaire de la Mort, op. cit., p. 348)

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    Les paroles passent entre les hommes, mais le silence qui a été actif ne s'efface jamais. Je pense que la vie véritable, la seule qui laisse quelque trace, est faite de silence. Depuis que Papa est mort, je constate combien nous sommes redevenus proches, bien plus que pendant les dernières années de sa vie.

    "Le souvenir, c'est la présence dans l'absence,

    C'est la parole dans le silence,

    C'est le retour sans fin du bonheur passé

    Auquel le coeur donne l'Immortalité"

    Henri Lacordaire

    Mon adolescnce a été alimentée par de riches échanges "philosophiques" avec Papa. Ils ont duré jusqu'à environ mes 30/35 ans, puis se sont raréfiés de plus en plus, étant jugés inintéressants et ennuyeux par décret maternel.

    La bouche de Papa s'est fermée pour toujours, mais sa langue s'est déliée hors des opacités qui brouillaient notre communication. Nos conversations sont à nouveau à l'ordre du jour. D'anciens messages reprennent vie en moirésonnants, percutants, plus vibrants que jamais. En fait, le Papa perdu est maintenant retrouvé, sans chair mais consistant à travers un langage clair, trnsparent, exempt de mots et à l'accent d'Éternité.

    Qui sait si le silence ne serait

    l'unique intimité sans fond de tout

    ce qui naît et meurt

    Qui sait si le silence ne serait

    la racine et la floraison de toute

    langue

    Michel Camus