• LETTRE OUVERTE

     

    La publication du livre « Question(s) royale(s) » n'est certainement pas innocente!

     

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    Frédéric Deborsu, quoiqu'il s'en défende, cherche visiblement la polémique. Il sait pertinemment bien que la Belgique est dans une position politique délicate et que, à l'instar des autres pays européens, elle est plongée dans une crise économique et sociale! L'attitude de celui qu'il me sera désormais difficile de qualifier de journaliste, ne lui donne certainement pas de titre de noblesse. La déontologie la plus élémentaire aurait dû le conduire à s’interroger sur l’impact que pouvait avoir la publication de ce qui se révèle en fait un inutile et indécent déballage public. Son livre fait partie d'une presse-poubelle qui rassasie sans doute les amateurs de potins de bas-étage, avides de voyeurisme, et dégoûte souverainement (sans jeu de mot) les gens comme moi, ou comme les auteurs du courrier qui suit, qui autorisent la publication élargie de leur lettre: 

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  • DERNIÈRES VOLONTÉS

    La notoriété d’Alexandre Le Grand, dit Le Conquérant, s’explique par son ambition à la fois illusoire et partiellement concrétisée...

     

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    Alexandre le Grand, buste réalisé au XVII° siècle, conservé au Musée National du château et des Trianons de Versailles.

    Il rêvait de gloire et de victoires. L'Occident et L'Orient connurent gâce à lui une unité politique jamais retrouvée par la suite. Ce fut de courte durée: il mourut subitement le 28 Dæsios au soir (c'est-à-dire le 13 juin -323) à l’âge de 33ans, alors qu'il était de retour d'une guerre. 

    Selon la légende, voyant sa mort prochaine, Alexandre réalisa à quel point ses conquêtes, sa grande armée, son épée aiguë, et toutes ses richesses, avaient été sans conséquence. Il ne lui restait plus que l'envie de rentrer chez lui pour revoir sa mère, et lui dire son dernier adieu. Mais, conscient que son état de santé ne lui permettrait pas d’atteindre sa lointaine patrie, il convoqua ses généraux et leur communiqua ses dernières volontés.

    Voici ses trois ultimes exigences :

    1 - Que son cercueil soit transporté à bras d'homme par les meilleurs médecins de l'époque. 

    2 - Que les trésors qu'il avait acquis (argent, or, pierres précieuses... ), soient dispersés tout le long du chemin jusqu'à sa tombe, et... 

     3 - Que ses mains restent à l'air libre se balançant en dehors du cercueil à la vue de tous. 

    L'un de ses généraux, étonné de ces requêtes insolites, demanda à Alexandre quelles en étaient les raisons.

    Alexandre lui expliqua alors ce qui suit : 

    1 - Je veux que les médecins les plus éminents transportent eux-mêmes mon cercueil pour démontrer ainsi que face à la mort, ils n'ont pas le pouvoir de guérir...

    2 - Je veux que le sol soit recouvert de mes trésors pour que tous puissent voir que les biens matériels ici acquis, restent ici-bas... 

    3 - Je veux que mes mains se balancent au vent, pour que les gens puissent voir que, les mains vides, nous arrivons dans ce monde et, les mains vides, nous en repartons quand s'épuise pour nous le trésor le plus précieux de tous : le temps... 

    Si ce n'est que légende, peu m'importe, j'aime ces dernières volontés...

     

     

     

     

  • UN PUR RÉGAL!

     

    Hier après-midi, je suis allée voir le film :"Les Saveurs du palais"...

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    Un pur régal! Le scénario, d'Étienne Comar et de Christian Vincent, est inspiré par l'histoire de Danièle Mazet-Delpuech qui fut la cuisinière personnelle de François Mitterrand pendant deux ans, lors de son séjour à l'Elysée.

    Catherine Frot tient le rôle d'Hortense Laborie, une cuisinière périgourdine embauchée pour la cuisine privée du Président de la République. Elle est passionnée par son métier, qu'elle exerce avec un grand art, tout en étant exaspérée par la jalousie et le machisme des hommes de la cuisine centrale. Suite à des difficultés et des chicaneries rencontrées dans l'exercice de ses fonctions, elle rompt son contrat et s'exile pendant un an comme Chef de cuisine dans une mission scientifique en Antartique.

    Hortense (ne dites pas "Chef", ni "La du Barry", SVP!) nous permet de goûter à un film savoureux, bien dosé en rires et en émotion, assaisonné de répliques parfois bien épicées. Elle est entourée de bons comédiens qui complètent la saveur de l'histoire: Arthur Dupont et Jean d'Ormesson. Ce dernier s'en tire très honorablement pour un premier rôle au cinéma, et est assez crédible en Mitterrand. 

    Si on est entré dans la salle avec l'estomac en veilleuse, sachez qu'on en ressort avec un appétit d'ogre, et qu'on se contentera difficilement d'un fast-foodCe film est en effet une véritable ode à la cuisine du Sud-Ouest qui donne une envie irrésistible d'aller dans un restaurant, et un bon, après avoir vu défiler des mets succulents. Un risque à prendre si vous allez voir "Les Saveurs du palais"...

     

     
  • FORCE DOUCE

    Aie au fond du cœur la racine de l'amour (Saint Augustin)

    Comment faire preuve de miséricorde et témoigner de l'Amour évangélique alors que l'on est confronté à l'égoïsme, l'injustice, le mensonge, la manipulation, l'agressivité? « Ne jugez pas », dit Jésus dans le Sermon sur la Montagne (Mt 7, 1). Dans les relations entre personnes, il est vrai que juger est un comportement qui s'oppose à la douceur, puisqu'il "attaque" autrui. Cependant, j'avoue avoir un peu de mal à suivre radicalement le conseil de Jésus. Je le nuance : il me semble normal de juger un acte, mais aussi la personne faisant cet acte. Par contre, je ne la comdamne pas hors de cet acte.

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    "Heureux les doux"!

    Pourtant, la douceur est plutôt mal vue, voire suspecte, dans le contexte actuel de notre société, car on l’associe spontanément au comportement du mouton de Panurge, ce qui équivaut à être entièrement passif. Mais la douceur enseignée par Jésus n’est pas synonyme de "bonasserie" ou de faiblesse, de caractère mal trempé. Les doux sont parfois durs! La bonne dose se trouve en restant dans l'esprit de cette béatitude qui déclare heureux les doux. Elle m'apprend que pour vivre à la manière de Jésus, il ne faut pas me laisser emporter devant les contradictions de la vie, et rester patiente dans l'attente d'être apaisée. Consciente de ma faiblesse, de mes élans de révolte, je sais que ma force ne viendra pas facilement de ma personne. Elle se trouve en Dieu, ainsi que le dit le Psaume 36 1-22:

    "(....) Repose-toi sur le Seigneur et compte sur lui. Ne t'indigne pas devant celui qui réussit, devant l'homme qui use d'intrigues. Laisse ta colère, calme ta fièvre, ne t'indigne pas : il n'en viendrait que du mal ; les méchants seront déracinés, mais qui espère le Seigneur possédera la terre. (...)"

    Pour parvenir à apprivoiser mes émotions, les dompter, les accueillir sans crainte, je me pose la question : "Qu’est-ce que je fais avec?". L'exemple de Jésus m'encourage à ne pas m'acharner. Je cherche seulement à fonctionner dans la vérité, et non vaincre à tout prix. Il s'agit d'éradiquer ce qui détruit sans atteindre le destructeur dans sa dignité, avec une douceur qui n'est pas de l'indifférence dans le sens du "je m'en foutisme". Quand il s’agit de trancher entre ce qui nourrit la vie et ce qui la pourrit (qui est mortel!), je n'hésite pas à provoquer la discussion, et suis capable de résister jusqu'à être sans concession au point de paraître intraitable, ce qui est faux. Il est évident que pour rester dans la vérité, certaines situations ne peuvent pas se dénouer autrement que par la fermeté. Je ne souhaite néanmoins pas me nourrir intérieurement de violence à l'égard de ceux qui me nuisent, ni m'acharner envers eux comme s'ils étaient des ennemis à écraser. Pour rester patiente, j'exerce mon âme à attendre. C'est ainsi que je parviens à accepter le temps et la manière de Dieu. 

    La douceur se conquiert. Tout un programme! Plus qu’une question de tempérament, c'est une attitude à choisir à cause de Jésus qui proclame "Heureux les doux". Avec elle, on gagne à tous les coups, car si le mal nous touche, c'est en surface, et il ne parvient pas à nous empoisonner en profondeur... 

     

     

     

     

     

     


  • LE SECRET DE LA VIE

    « Voir sans aimer », a dit Maeterlinck (1862-1949), « c'est regarder dans les ténèbres »...

    Le secret de la vie se trouve dans la vie elle-même, dans la plénitude des banales activités du quotidien qui mettent en action le corps, l'esprit, le spirituel, l'intellectuel. Une personne, une famille, un groupe, le monde, peuvent être transformés à travers une vision, une attitude, des comportements, inspirés par l'amour. Hélas! Les hommes se laissent facilement piéger par des codes qui faussent la valeur de l'amour et incitent à ne pas se faire confiance les uns aux autres. Or, sans amour, ils continuent d'errer dans la détresse, en quête perpétuelle...

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    « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » (Mc 10: 17)

    Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l'aimer. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as,  donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ;  puis viens et suis-moi. » (Mc 10:21)

    Gandhi, à qui on demandait de résumer en trois mots ce qu'était pour lui le secret de la vie, disait: « Renoncez et profitez ! »

    La route qui mène au sommet de la montagne est à la fois dure et belle, et ceci est vrai pour tous. Nul n'échappe à la règle du sacrifice (dans le sens renoncement consenti), nécessaire à la progression en général, et sans lequel il n'y a pas d'ascencion spirituelle. En voulant tout s'approprier, on devient pesant jusqu'à être incapable de bouger! Devenir impotent, handicapé, à force d'avoir trop, ça pose problème, tout de même! Pour rester bien portant (bien se porter), il faut choisir à un certain moment entre le matériel et l'humain, refuser ou accepter d'obéir à la loi (dictature?) de la réussite selon une certaine mentalité du monde. Seul le détachement permet de discerner ce qui vaut la peine, et de s'y lancer corps et âme, sans jamais être déprimé, abattu, ou épuisé. 

    Aussi paradoxal que ça paraisse, le plus lourd fardeau à porter, et duquel il faut se détacher en premier lieu, c'est soi-même! Plus on avance dans l'âge, plus on comprend que ce sont les valeurs spirituelles qui nous apportent le plus la lumière et la joie. On laisse progressivement derrière soi ce qui est trop lourd, et on se réduit à l'essence de l'âme, l'Amour que nous propose Jésus. Cet Amour n'est pas une assurance tous risques, mais il permet de percevoir les tempêtes de notre existence comme des occasions d'exercer la force de nos ressources intérieures. Par-delà le répréhensible, il encourage à voir au-delà des apparences, des pensées, des règles, des lois, qui pourraient conduire à des attitudes trop radicales

    « Tu nous as fait pour toi Seigneur, et notre coeur est sans repos tant qu'il ne repose pas en toi » (St Augustin) 

    À chaque culture, chaque âge et chaque période, un contexte, des luttes, des armes, spécifiques, mais en définitive une même bataille: chercher comment affronter les problèmes de l'époque, surmonter les divisions apparentes, dépasser les antagonismes, par une force plus puissante que toutes les autres.

    Le secret de la vie, c'est la force de l'Amour. On devient ce que l'on regarde, on devient ce que l'on aime... 


     

     

     

  • PROMESSE

    Comment un homme pourrait-il naître, s'il est vieux? (Jn,3:4)

    On peut naître vieux, comme on peut mourir jeune (Jean Cocteau)

     

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    Le corps

    se fissure,


    le pas

    est moins sûr,


    mais le sable 

    de l'inéluctable


    pourrait cacher

    une parole


    qui serait parabole,


    d'un autre destin,

    d'un nouveau matin.


    l'appel est toujours 

    le même


    qui cherche

    sa route


    à travers 

    l'épaisseur du doute.


    C'est pourtant vrai

    qu'il y a promesse,


    sous la jeunesse 

    comme sous la vieillesse,


    de naître 

    à nouveau,


    pour ceux qui soignent

    leur racine d'en haut


    Source: "Vers l'inépuisable", de Francine Carillo- éd: Labor et Fides




  • EN 'FIFF' REMENT

    Comme chaque année à pareille époque, je viens de m' 'en "FIFF" rer' pendant une semaine...


    vie,mort,loisirs,cinéma,fiff,amourPour cette 27ème édition, le FIFF a eu le plaisir d’accueillir l’acteur français Benoît Magimel ! Il a tenu son premier rôle en entrant dans la peau de Momo Groseille dans «
     La Vie est un long fleuve tranquille » d’Étienne Chatiliez (1988), alors qu'il n'avait encore que douze ans.

    Alors que le festival ouvrait les portes dès le vendresi soir, je ne suis entrée dans le bain  cinématographique qu'à partir du lundi, étant retenue par des engagements familiaux durant tout le WE. Certains films m'ont mieux plu que d'autres, mais aucun ne m'a déçue. Voici ma programmation:  

    « Torpédo » de Matthieu Donck

    «Selon Matthieu » de Xavier Beauvois

    « Et si on vivait tous ensemble » de Stéphane Robelin, un film en auto-description proposé par « Les Amis des Aveugles »

    « Dead Man Talking » de Patrick Ridremont (qui a obtenu le prix du public Namurois)

    « C'était un géant aux yeux bruns » d'Eileen Hofer

    « Sous le figuier » d'Anne-Marie Étienne

    « Catimini » de Nathalie Saint-Pierre

    « La Pianiste » de Michael Haneke (qui a valu à Benoît Magimel le Prix d’interprétation à Cannes),

    « Hors les murs » de David Lambert

    « Dans la Maison » de François Ozon.

    Certains de ces films parlent de la mort en célébrant la vie jusqu'au dernier souffle, sans les peurs qu'elle suscite, ni minimiser le choc du départ. 

    Aimer la vie, c’est prendre le risque de souffrir, c'est accepter la mort et vivre jusqu'au bout en changeant profondément le regard des proches, de partir apaisé, et surtout entouré. 

    Quelles que soient les cartes de départ, il est possible d’ouvrir son jeu, il n'est jamais trop tard pour remplir sa vie à ras bord. Parfois, la fin est si intense qu'elle devient consistante au point de compenser le vide de tout ce qui a précédé.

    Psychiques ou physiques, les fragilités de l'âge réduisent l'autonomie des personnes âgées. Mais ensemble, tout peut changer! Dans la complémentarité, on parvient à mener une existence plaisante et sécurisante. 

    Quelques films abordent d'autres réalités, celles des blessés de la vie. Ils possèdent le nécessaire pour bien s'en sortir, mais ils n'y croient pas, ou plus. Ils se sentent si peu concernés par leur participation au monde, que leur existence leur semble sans intérêt. Ils se réfugient dans des paradis artificiels qui les emprisonnent en leur donnent l'illusion de vivre, ou qui les mènent droit au suicide. 

    Quelques arrêts sur images, glanés d'un film à l'autre au cours de cette semaine du FIFF, ont probablement rappelé à beaucoup de spectateurs que la mort, comme la vie, est plus supportable quand on est bien accompagné, que l'on se sent aimé, que l'on se sent capable, et autorisé, d'aimer.

    Arrêt sur images, mais pas sur le FIFF. Je me prépare déjà pour la 28 ème édition...