• GARDER L'ESPÉRANCE

    Un année se termine. Une autre recommence.

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    On élabore des projets, on a des pensées, on concocte des choses. Voici ce que je retiens de 2011...

    Garder l'espérance, mais sans se tromper d'espérance!

    Nous espérons parce que nous avons des raisons humaines de faire confiance à l'avenir. Sans doute parce que les aspirations profondes de notre cœur nous stimulent, nous poussent vers l'avant. On s'imagine que cela va se passer comme on a pensé, et cela se passe rarement comme on avait pensé. Mais le fossé se creuse parfois douloureusement entre ce que nous attendons et ce que nous devons affronter. Et la tentation est de se lasser d'espérer. Par manque de patience, mais souvent parce que nous nous trompons d'espérance: nous voyons déjà des chemins, des moyens, des assurances.

    L'optimisme de la Bible n'est pas une attitude d'inconscience exaltée, mais un état d'esprit de sérénité, qui naît de la confiance placée dans la bienveillance de Dieu en toute circonstance, et non sur nos propres forces. "Voir ce qu'on espère, ce n'est plus espérer"(Rm 8,24). Espérer, c'est attendre avec constance ce qui viendra de Dieu, de croire en la force de son amour fidèle, même si c'est à travers des efforts de pensée et d'ac­tion. Dieu nous demande de se fier au chemin par lequel Il nous fait passer, de croire qu'il est le bon. 

    "Chacun s'abrite à l'ombre de ses actes", dit un proverbe africain. Nous sommes appelés à avancer dans un "entre chien et loup".

    Le meilleur de ce que je souhaite à chacun pour parcourir 2012 est de persévérer dans sa marche, même si c'est en ne distinguant pas clairement le chemin devant soi... 


  • ALPHA & OMÉGA

    Entendre parler de Jésus dans la crèche le jour de Noël, et hier, deux jours plus tard, du tombeau vide, m'a paru être un paradoxe. Mais finalement pas, puisque tout naît et tout finit. L'être humain aussi, quelle que soit sa durée de vie. Mais avec l'espérance, tout change...

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    Benedetto Bonfigli, Adoration des mages

    À Noël, il est question de la naissance d'un bébé, déposé par sa mère dans une mangeoire d’animaux. Sa venue est d'abord passée totalement inaperçue, comme le rappelait le prêtre dans son homélie de la messe de minuit. Seuls les petits: les pauvres, les bergers, les mécréants, ont répondu à l’appel de l'ange et sont allés à la crèche de Bethléem. Les mages, les savants et les influents ne viendront que plus tard. Or, ce petit que l'on nomme avec un brin d'attendrissement « le petit Jésus », est le Fils de Dieu qui « s’est fait chair» pour venir habiter parmi nous. Il n'est pas facile de croire que Dieu puisse s’abandonner entre nos mains comme un enfant fragile et vulnérable, que Celui que nous appelons « le Tout-Puissant » s’est fait « le Tout-Proche »! Pourtant, le mystère de Noël, c'est Dieu le Fils venu assumer notre condition humaine, qui sera jugé et condamné par les hommes, mourra crucifié, et ressuscitera au matin de Pâques. C'est l’Alpha et l’Oméga de l’histoire humaine: le Christ est né d'une femme qui n'est pas touchée par la mort parce qu'elle appartient entièrement à Dieu, et le tombeau vide montre que sa mort a été vaincue, anéantie. 

    Dans la nuit du monde tel qu’il est, dans les ténèbres de notre société en manque de repères, en dépit de ce qui peut nous révolter, il y a quelqu’un qui ne nous abandonne pas. Jésus vient à nous, il vit ce que nous vivons, il sait ce que nous traversons, il pleure avec nous dans nos détresses. Il est notre feu et notre lumière. Laissons-nous transfigurer par lui, disait aussi le célébrant à la messe de minuit. Comment est-ce possible, avec les situations absurdes auxquelles nous sommes confrontés? Malgré elles, pour naître spirituellement, il faut mourir à soi, laisser de la place pour écouter tout au fond de nous-mêmes la « vérité qui se heurte à nos protestation »et découvrir la certitude que nous sommes aimés de DieuLa joie de Noël est de savoir que nous sommes habités par l'Amour de Dieu« Ne craignez pas! », dit l'ange aux bergers, mais aussi à nous. 

    Comme Marie, nous sommes appelés à porter Jésus dans le silence, la confiance, la patience, et la foi...

     

    ELLE LUI A DONNÉ LA VIE

    podcast

    Elle lui a donné la vie

    L’a bercé dans ses bras

    Elle a chéri son petit

    Guidé ses premiers pas

    Elle l’a aidé à grandir

    Consolé bien des fois

    Elle était fière de lui

    Bien qu’étonnée parfois

     

    Son enfant venait de Dieu 

    Mais a vécu comme eux

    Elle le savait

    Il était pleinement homme 

    Et pleinement Dieu

    Il le fallait

    Je suis ta servante mon Dieu 

    Qu’il me soit fait comme tu veux

    Selon ton plan parfait

     

    Elle l’a vu quitter la maison

    Et partir pour un ailleurs

    Dont le seul horizon

    C’est de toucher les cœurs

    Elle vibre au son des rumeurs

    Il enseigne, il guérit 

    La foule et ses clameurs

    Et Marie s’en réjouit

     

    Son enfant venait de Dieu 

    Mais a vécu comme eux

    Elle le savait

    Il était pleinement homme 

    Et pleinement Dieu

    Il le fallait

    Je suis ta servante mon Dieu

    Qu’il me soit fait comme tu veux

    Selon ton plan parfait

     

    Mais l’angoisse a saisi son cœur

    L’atmosphère a changé

    La violence et la fureur

    Contre lui déchaînées

    C’est cloué sur une croix 

    Qu’elle le revoit

     

    Son enfant venait de Dieu 

    Mais a vécu comme eux

    Elle le savait

    Il était pleinement homme 

    Et pleinement Dieu

    Il le fallait

    Lui seul était la rançon

    Pour rapprocher l’homme et son Dieu

    Selon son plan parfait

    Selon son plan parfait

     

      © 2003. Paroles & musique : Denis & Isabelle HEY


     

  • LA TERRE A TOUCHÉ LE CIEL

    « Elle -Marie- enfanta son fils premier-né; elle l’enveloppa dans des langes et le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie» (Lc, 2:7)

     

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    Dieu se fait enfant! C'est le cadeau de l'Amour infini du Père pour nous, ses enfants. Peut-être parce qu'il sait qu'il est plus facile de s'émerveiller devant un bébé. Mais surtout parce qu'il veut démontrer à quel point il se livre à nous et nous fait confiance, par-delà toutes nos défaillances. Il vient nous sauver et nous apporter du courage et une nouvelle lumière sur notre chemin. Il est nu, les mains vides de cadeaux inutiles, mais le coeur plein de tendresse. Parce qu'il a décidé de partager notre condition humaine dans la pauvreté et la simplicité.

     

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    "Telle est l’icône de Noël: un fragile nouveau-né, que les mains d’une femme protègent avec de pauvres vêtements et déposent dans une mangeoire. Qui peut penser que ce petit être humain est le «Fils du Très-Haut» (Lc 1, 32) ? Seule sa Mère connaît la vérité et en garde le mystère.

    En cette nuit, nous pouvons, nous aussi, passer par son regard pour reconnaître en cet Enfant le visage humain de Dieu. À nous aussi, hommes du troisième millénaire, il est possible de rencontrer le Christ et de le contempler avec les yeux de Marie.

    La nuit de Noël devient ainsi école de foi et de vie". (extrait de l'homélie de JPII à Noël 2002)

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    La terre a touché le Ciel

    paroles & musique : Denis & Isabelle Hey


    Il n'a pas eu des conditions royales

    Il n'est pas né au sec ni bien au chaud

    Non pas à l'hôtel, mais dans une étable

    Son arrivée n'est pas de tout repos


    Emmailloté et couché dans la paille

    Il n'est pas né comme dans un joli conte

    C'est ça Noël et ce n'est pas banal

    C'est la naissance qui va changer le monde


    Sainte nuit, sainte nuit, nuit de Noël

    C'est une bonne nouvelle

    Cette nuit, cette nuit, nuit de Noël

    La terre a touché le ciel


    Beaucoup de gens ont refusé de croire

    À cette naissance, à cette réalité

    Ils résistent, ils ne veulent pas recevoir

    Le vrai repos que Dieu a préparé


    Noël, c'est le début de ce repos

    Pour qui a mis en Dieu toute sa confiance

    Pour qui comprend qu'il vit un temps nouveau

    Et qui donne à cette fête tout son sens


    Sainte nuit, sainte nuit, nuit de Noël

    C'est une bonne nouvelle

    Cette nuit, cette nuit, nuit de Noël

    La terre a touché le ciel


    Comme Dieu s'est reposé le septième jour

    Alors qu'il venait de créer le monde

    Il nous envoie Jésus dans son amour

    C'est le repos, pour que personne ne tombe


    C'est le repos pour le peuple de Dieu

    Une vie nouvelle pour qui croit en Noël

    Pour les femmes et les hommes en tous lieux

    Après Israël, c'est bien nous qu'il appelle


    Sainte nuit, sainte nuit, nuit de Noël

    C'est une bonne nouvelle

    Cette nuit, cette nuit, nuit de Noël

    La terre a touché le ciel

  • RECEVOIR

    «...Marie enfanta son fils premier-né. Elle l'emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie» (Lc, 2:7)

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    Une fois de plus, nous fêterons, et plus précisément la nuit prochaine, un anniversaire de première importance pour les Chrétiens. Celui de la venue au monde de Jésus, Fils de Dieu! Comment allons-nous commémorer cet événement? Lorsqu'il est né, il n'y avait pas de place pour ce nouveau-né dans les maisons de la ville de Bethléhem. On parle beaucoup de lui à cette période de l'année, mais par la suite, y aura-t-il une place prévue dans nos vies, dans nos programmes, nos activités, pour lSauveur de l'humanité? 

    Et voici que, -hasard pour qui le veut, mais pas pour moi!-, pendant que je rédige ce post, un message me parvient, contenant la réponse à ma question! Une lettre naïve, mais juste, dont le signataire est.. Mais lisez plutôt:

    Comme vous le savez tous, la date de mon anniversaire approche. Tous les ans, il y a une grande célébration en mon honneur et je pense que cette année encore cette célébration aura lieu. Pendant cette période, tout le monde fait du shopping, achète des cadeaux, il y a plein de publicité à la radio et dans les magasins, et tout cela augmente au fur et à mesure que mon anniversaire se rapproche.
    C’est vraiment bien de savoir, qu’au moins une fois par an, certaines personnes pensent à moi. Pourtant je remarque que si au début les gens 
    paraissaient comprendre et semblaient reconnaissants de tout ce que j’ai fait pour eux, plus le temps passe, et moins ils semblent se rappeler la raison de cette célébration. Les familles et les amis se rassemblent pour s’amuser, mais ils ne connaissent pas toujours le sens de la fête. Je me souviens que l’année dernière il y avait un grand banquet en mon honneur. La table de la salle à manger était remplie de mets délicieux, de gâteaux, de fruits et de chocolats. La décoration était superbe et il y avait beaucoup de magnifiques cadeaux emballés de manière très spéciale.
    Mais vous savez quoi ? Je n’étais pas invité…J’étais en théorie l’invité d’honneur, mais personne ne s’était rappelé de moi et ils ne m’ont pas envoyé d’invitation. La fête était en mon honneur, mais quand ce grand jour est arrivé, on m’a laissé dehors, et ils m’ont fermé la porte à la figure…et pourtant moi, je voulais être avec eux et partager leur table.
    En réalité, je n’étais pas surpris de cela car depuis quelques années, toutes les portes se referment devant moi. Comme je n’étais pas invité, j’ai décidé de me joindre à la fête sans faire de bruit, sans me faire remarquer. Je me suis mis dans un coin, et j’ai observé. Tout le monde buvait, certains étaient ivres, ils faisaient des farces, riaient à propos de tout. Ils passaient un bon moment. Pour couronner le tout, ce gros bonhomme à la barbe blanche est arrivé, vêtu d’une longue robe rouge et il criait sans arrêt : »ho, ho, ho ! » il s’est assis sur le sofa et tous les enfants ont couru autour de lui, criant : «père noel !père noel ! » comme si la fête était en son honneur ! A minuit, tout le monde a commencé à s’embrasser ; j’ai ouvert mes bras et j’ai attendu que quelqu’un vienne me serrer dans ses bras et…vous savez quoi…personne n’est venu à moi.
    Soudain ils se sont tous mis à s’échanger des cadeaux. Ils les ont ouverts un par un, en grande excitation. Quand tout a été déballé, j’ai regardé pour voir si peut-être, un cadeau était resté pour moi. Qu’auriez-vous ressenti si le jour de votre anniversaire, tout le monde s’échangeait des cadeaux et que vous n’en receviez aucun ? j’ai enfin compris que je n’étais pas désiré à cette soirée et je suis parti silencieusement. Tous les ans ça s’empire.
    Les gens se rappellent seulement de ce qu’ils boivent et mangent, des cadeaux qu’ils ont reçus, et plus personne ne pense à moi.
    J’aurais voulu pour la fête de Noël, cette année que vous me laissiez rentrer dans vos vies.
    J’aurais souhaité que vous vous rappeliez qu’il y a plus de 2000 ans de cela, je suis venu au monde dans le but de donner ma vie pour vous, et en définitive pour vous sauver.

    Aujourd’hui je souhaite seulement que vous croyiez à cela de tout votre cœur.
    Comme nombreux, sont ceux qui ne m’ont pas invité à leur fête l’an passé, je vais cette fois organiser ma propre fête et j’espère que vous serez nombreux à me rejoindre.
    En guise de réponse positive à mon invitation, envoyez ce message au plus grand nombre de personne que vous connaissez. Je vous en serai éternellement reconnaissant.
    Je vous aime très fort
    Jésus

    La Vierge enceinte nous révèle la capacité de la nature humaine à recevoir Dieu en sa chair. À l’heure où tant de gens "se cherchent, Marie nous apprend, ou nous rappelle, que la finalité de toute vie humaine est de participer à un mystère d’enfantement. Comment est-il possible que nous, pauvres pécheurs, soyons appelés à une telle destinée? Devant notre perplexité, il me semble entendre l’Ange envoyé du Ciel. Tout comme il s'est adressé à Marie, puis comme il l'a fait avec les bergers près de la crèche (LC, 2:8), il rassure chacun de nous : "Sois sans crainte, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu" : le mystère de ta 'participation à la vie divine' (2 P 1, 4) n’est ni ton œuvre, ni la récompense de tes mérites, mais le don gratuit du Dieu de miséricorde".

    podcast

    Viens dans la crèche de mon coeur 

    (Danielle Sciaky)

    Noël réaffirme que tout homme est destiné à porter Jésus en lui, par la grâce de l’action de l’Esprit-Saint... 

  • MISSION ACCOMPLIE!

    Ces derniers temps, j'ai beaucoup eu affaire avec de petits bonshommes sans rire...

    Sans rire, mais très sympas, et à cuire avec le sourire. Mission accomplie: plus de 150 ont été confectionnés au cours des trois dernières semaines, et attendent de sortir du congélateur où ils reposent. Ils ne tarderont plus à découvrir le sort qui leur est réservé. 

    De qui s'agit-il au juste? Les habitués du blog l'auront deviné: voici revenue la période des cougnous, et pour la troisième année de suite, j'assure le ravitaillement du goûter de Noël de l'école fondamentale, dite de "discrimination positive", où enseigne Gi, mon fils cadet.

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    Contrairement à ce que beaucoup pourraient le penser, fabriquer ces personnages est devenu un jeu d'enfant depuis que je maîtrise bien la technique. Un maître-mot comme impératif: organisation! En laissant un espace pour les possibles imprévus, ce qui s'est avéré bien utile cette année, tout est prêt en temps voulu. 

    C'est aujourd'hui le jour 'J", d'autant plus attendu que l'an dernier, on avait dû supprimer la festivité (restés au frais, les cougnous avaient été consommés au moment du Mardi Gras) pour cas de force majeure, les routes étant impraticables avec le verglas. Ce qui explique que, en dépit des grèves annoncées pour ce jeudi, y compris dans le secteur enseignement, le projet de la fête de Noël reste d'actualité à l'école de Gi. Il est primordial de ne pas déstabiliser des élèves dont la plupart sont socialement et financièrement défavorisés, en touchant à des repères semblables, déterminants dans leur progression de vie.

    Imaginer la binette radieuse d'enfants que je ne verrai sans doute jamais suffit amplement pour participer à la fête avec eux. Mon coeur résonne au rythme de leurs petits coeurs, et tout se mélange au son des tambourins qui annoncent la venue de l'Enfant Jésus.

    C'est déjà Noël pour moi! Un Noël que chacun espère au fond de soi. Un Noël venu du Ciel. Un Noël d'Amour...

    "Les étoiles de Noël, ne brillent pas dans les nuages,

    Elles éclairent comme un soleil, tous nos gestes de partage.

    Ces étoiles de Noël, comme un espoir dans le ciel,
    Annonceront la naissance d'un monde plus fraternel !"
     

    (Du chant:"Les étoiles de Noël"Groupe Totem  Paroles et musique : Georges Nihoul )



     

     


  • ÉVÉNEMENT-AVÉNEMENT

    Cette année, la vie m'a apporté beaucoup de bonheur, mais m'a aussi confrontée à de plus dures réalités..

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    "D’un événement malheureux, il faut faire un avènement", lisais-je dernièrement dans un article, qui disait aussi que: "L’Africain ne fuit pas la douleur et la mort, il les intègre à sa vie, les regarde en face et les insère au quotidien. En Afrique et dans d’autres parties du globe, la mort fait partie de la vie".

    Il est vrai que, en Occident, nous somme assez dépourvus face à la mort. On la dissimule, la calfeutre, la maquille, à l’inverse des Africains qui la placent bien en vue et l'intègrent à la vie de tous. Chez nous, les réactions face à la souffrance sont assez semblables à celles vis-à-vis de la mort: elle se présente d’abord comme une indésirable, une intruse, une ennemie, et nous déstabilise parfois jusqu'à nous plonger dans le désarroi. 

    La souffrance interroge, fait brusquement prendre conscience de notre fragilité, de notre imperfection, de notre misère et de celle du monde. Ceci n'est pas forcément tout négatif, puisque ça oblige à un travail sur soi en introduisant le doute dans ce que l'on croit définitif et bien construit. Elle dévoile nos fondements intérieurs véritables, nos motivations existentielles, mais révèle parfois aussi le vide d’une vie irréfléchie, illusoire, bâtie dans le désordre d'un paraître instable, puisque "obligé" de satisfaire aux "goûts" du moment. Elle nous montre de toute évidence que nous ne sommes pas toujours maîtres, et que nous avons encore beaucoup à apprendre. 

    La souffrance est sans doute le problème qui touche le plus le cœur de l'homme. Chacun a été confronté à une situation dont il dit: "Comment Dieu peut-il tolérer cela?". Dieu n'apporte pas forcément de réponses visibles à tous les problèmes, mais il est touché par ceux qui l'appellent au secours, et apaise leur âme.  

    En lisant l'Évangile d'hier (Lc, : 26-38), un passage a retenu plus particulièrement mon attention: "L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu."

     

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    Marie est entrée directement dans l'ontologie, c'est-à-dire dans le mystère de la nature de l'homme, et de sa capacité à épouser le divin qui l'habite.

    Selon Annick de Souzenelle, qui parle si bien de la fécondité intérieure, "Le corps n'est pas simplement la chair. Il est le joyau de l'homme, toute sa force 'érotique' qui, comme la montée de sève dans l'arbre, le pousse, l'élève vers son devenir-dieu. Le corps est l'entité qui nous ramène à notre vocation première : devenir Homme, ce que nous ne sommes pas encore, et qui demande à être reliés au Souffle divin".

    Pour elle, "L’arbre de la connaissance que nous sommes, n’est pas celui du bien et du mal. Il est celui de ce qui s’accomplit de nous, de ce qui émerge à la lumière, au conscient, de ce qui est encore dans le potentiel. C’est qu’il y a en nous toute une information, comme le gland qui contient toute la promesse du chêne, et comme nous ne le savons pas, nous contrevenons continuellement à cette information. D’où les maladies, d’où les drames, d’où toute la souffrance !"...

    La foi n'est pas un "vaccin" contre la souffrance, la maladie, les injustices, mais elle permet de tenir dans l'épreuve. Il est indispensable que les chrétiens s'encouragent entre eux "pour tenir le coup", en se rappelant les promesses de Dieu. "Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle (Jn, 3:16)"... 

     


  • L'icône endommagée

    À moins de regarder une personne et de voir la beauté en elle, nous ne pouvons l'aider en rien...

    On n'aide pas une personne en isolant ce qui ne va pas chez elle, ce qui est laid, ce qui est déformé.

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    Le Christ regardait toutes les personnes qu'il rencontrait, la prostituée, le voleur, et voyait la beauté cachée en eux. C'était peut-être une beauté déformée, abîmée, mais elle était néanmoins beauté, et Il faisait en sorte que cette beauté rejaillisse. C'est ce que nous devons apprendre à faire envers les autres. Mais, pour y parvenir, il nous faut avant tout avoir un coeur pur, des intentions pures, l'esprit ouvert, ce qui n'est pas toujours le cas... afin de pouvoir écouter, regarder et voir la beauté cachée. Chacun de nous est à l'image de Dieu, et chacun de nous est semblable à une icône endommagée. Mais si l'on nous donnait une icône endommagée par le temps, par les événements, ou profanée par la haine des hommes, nous la traiterions avec tendresse, avec révérence, le coeur brisé. C'est à ce qui reste de sa beauté, et non à ce qui en est perdu, que nous attacherions de l'importance. Ainsi, nous devons apprendre à réagir envers chacun...


    Anthony Bloom
    moine orthodoxe
    extrait de la revue "Ombres et Lumière", n° 114, juin 1996

  • SANS HISTOIRE...

    Suis-je plus sensible ? Plus attentive? Toujours est-il que, même s'il ne sont pas devenu banaux, j'entends de plus en plus souvent parler de drames familiaux. Le schéma est classique: un parent tue son enfant avant de se supprimer lui-même...

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    Nous connaissons tous la tragique histoire de cet homme qui a récemment assassiné son épouse et leurs deux jeunes enfants, alors que rien dans son attitude ne laissait présager qu’il commettrait un tel méfait. Une famille « sans histoire » peut-elle expliquer l'inexplicable?

    Sans histoire? Tout n'est sans doute pas tout rose, pour en arriver à une telle extrémité! On est frappé par la répétition de ces drames familiaux au cours desquels des parents se donnent la mort de manière souvent spectaculaire, après avoir tué leur(s) enfant(s). Comment les expliquer ?

    Généralement, la cause qu’on leur attribue est un trouble mental (ou du moins une crise) typique qui se présente comme un moment de profond désespoir. Cette situation survenant chez des personnes apparemment équilibrées qui, jusqu’à leur crime, étaient considérés comme des gens « sans histoire » et paisibles, est tellement déroutante que chacun a envie de se demander si un jour, sous le coup d’une profonde détresse, il n’en viendrait pas à son tour à perdre le contrôle et à commettre l’irréparable. Dans chacun de ces drames, il y a toujours ce même point commun : la famille, les proches, les voisins, sont désemparés, car ils ne s’attendaient vraiment pas à ça.

    Ceci amène à se questionner sur la vulnérabilité de l’être humain, sur ses aptitudes ou inaptitudes à garder la maîtrise de soi lorsqu’il est, ou pense être, frappé durement par la vie, et de croire à son malheur et à sa solitude au point de ne pas pouvoir s'en sortir. Il me semble que le fait d'être « sans histoire » est dramatique, à partir du moment où il ne reste plus, pour se sentir exister, que l'alternative d'appartenir à l'histoire d'un monde duquel on appréhende l'avenir. Un monde que l'on croit plus proche de l'enfer que du paradis, et qu'il vaut mieux quitter le plus tôt possible! Il serait par ailleurs injuste d'accuser la presse, qui n'est pas responsable de tous les maux, même si elle les diffuse au grand public et devrait le faire en filtrant, de manière à ne pas démoraliser les lecteurs.

    Il est indéniable que les problèmes de santé mentale augmentent en flèche. Le tout est de comprendre pourquoi la société est parvenue à un mal-être qui déstabilise et fragilise de plus en plus de gens. Culture du chacun pour soi, qui incite de ne pas se mêler de la sphère privée des autres? C'est seulement après le drame, que les spectateurs se précipitent pour voir, savoir, et essayer de comprendre. Mais il est trop tard...

    La Parole de Vie des Focolari de ce mois de décembre est: Préparez le chemin du Seigneur ; Rendez droits ses sentiers (Lc, 3:4) 

    L'Avent est un temps de retournement des coeurs. Le Christ est à notre porte, prêt à transformer le monde par son Esprit. Il appelle tous les hommes à sortir des brumes, des faux désirs, des espoirs déçus et à le reconnaître dans les signes qu’Il nous prodigue. Si nous sommes attentifs, nous nous laisserons toucher, vivant cette période avant Noël non pas dans une attente passive, inerte, mais dans une espérance active, qui se communiquera autour de soi... 

     


     

     

     

     


  • UN DE PLUS!

    Ces derniers mois, le moins que l'on puisse dire est qu'il y a du remue-ménage dans la famille. Avec des arrivées et des départs, le noyau auquel on s'était habitué pendant quelques années subit quelques transformations...

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    Un décès de plus! Aujourd'hui, je participerai à l'enterrement de ma Tante Y, l'épouse d'un frère défunt de maman. Ils habitaient le même village que nous, et j'ai été maintes fois accueillie chez eux. C'est là que j'allais "en pension", lorsque maman partait à la maternité, ou plus tard, était hospitalisée pour grave dépression. C'était là aussi que je m'esquivais parfois, lorsque l'ambiance était menaçante à la maison, et que je pressentais l'orage. Mon oncle et ma tante n'avaient qu'une fille, mon aînée de 6 ans, que je considérais un peu comme ma grande soeur, avec qui j'ai conservé des liens, ainsi que mes frères et soeurs. 

    Un tas de souvenirs avec ma tante rejaillissent. Entre autres, c'est elle qui m'a appris les astuces pour faire de la bonne pâte à galettes et comment bien les cuire. En confectionnant ces "gâteries" qui font beaucoup d'amateurs, il m'arrive souvent de penser à elle.

    Bien d'autres anecdotes me reviennent en mémoire.

    - Les crises d'ashme impressionnantes de tante Y, qui mettaient en colère son époux, tellement il paniquait, et l'odeur d'un encens spécial (introuvable en Belgique et acheté en France) qui brûlait pour rendre l'air plus respirable.

    - Le chemin de Bil(l)es -prononcé par les gens de chez nous avec 1 seul "L"- que nous empruntions à pieds pour aller à la messe à Salzinnes, ou à Namur.

    - Les vieilles chaussures à hauts talons fins, que j'enfilais pour m'exercer à tenir "plus tard" en équilibre sur des "échasses" qui ne m'ont plus tentée lorsque l'âge "convenable" de les adopter est venu.

    - Les bâtons "déclassés" de rouge à lèvres, que j'écrasais plutôt que l'étaler, espérant obtenir une bouche en forme de coeur.

    La liste est encore longue. Tous les faits qui me rattachent à cette tante, ordinaires en soi, signifient beaucoup pour moi. Ils m'ont touchée et ont eu une incidence certaine sur ce que je suis devenue, ce qui me fait revenir à d'inépuisables réflexions...

    Pour saisir le sens de la vie, il faut ressentir! Socrate a dit: "Connais-toi toi-même.", ce qui suppose savoir ce que l'on aime, ce que l'on désire, et ce que l'on veut. Il est en outre indispensable d'accepter les sentiments, les émotions, de les "légitimer". Ce qui ajoute du sens à ma vie, c'est ce qui fait me fait vibrer, qui fait que je me sens vivante dans un monde vivant. Ce sont tous ces petits instants de bonheur partagés, de moments privilégiés, où je peux savourer en toute sérénité des plaisirs simples. Ce sont parfois aussi des moments qui m'inspirent de la crainte, de la peine, de la révolte, où je dois admettre que la vie c'est ça aussi, mais "que ça va passer". Les enfants, la famille, les amis me fournissent puissamment ma raison de vivre. C'est grâce à eux et avec eux, que j'ai appris que, en dépit de tout, on peut vivre heureux.

    Dans les registres de l'état civil, ma tante a arrêté de compter parmi les vivants. Paradoxalement ce trou, ce vide, ce zéro, contient l'interrogation sur la place qu'elle a occupée. 

    "Vous aurez vécu si vous avez aimé.", dit Alfred de Musset. Tante Y. a vécu, parce qu'elle a assurément aimé. Comme toute personne qui a vécu, elle laisse des traces, et je la remercie pour celles qu'elle a inscrites en moi... 

     

     

  • BAIN TURC

    Saint Nicolas de Myre, que l'on fête aujourd'hui est un des saints les plus populaires de toute la chrétienté. Il contribue à faire connaître le nom de Myre dans des pays très éloignés de l'Anatolie...

    loisirs,patrimoine,richesse,féerique,voyages,fantastique,découverte,beautéOn connaît peu de chose de sa vie, sinon qu’il a vécu sous les empereurs romains Dioclétien, Maximilien, Constantin, à la fin du IIIe siècle et au début du lVe siècle. Saint Nicolas, (le nom signifie “victoire” en grec) serait né en 271 dans une riche famille chrétienne de Patras, en Lycie, située en Asie Mineure, au sud-ouest de l'actuelle Turquie. Alors qu'il était encore très jeune, il fut consacré évêque de Myra, une ville portuaire occupée par les Romains, reprise, puis libérée par l’empereur Constantin. Il souffrit la persécution sous Dioclétien. Il fut l’un des 318 pères du concile de Nicée. Il mourut à Myra en 326 ap J-C (342 selon d’autres sources), un 6 décembre. Saint Nicolas a la réputation d'avoir accopli de nombreux miracles. Sa vie réelle a été entourée de légendes qui ont peu à peu disparu, à l'exception de l'épisode conté par Saint Bonaventure au XIIIème siècle, selon lequel Saint Nicolas aurait rendu la vie à des enfants qui avaient été enlevés, tués, et mis au saloir. Ce récit a également été à l'origine d'une chanson: 

    podcastIls étaient trois petits enfants

    Du 19 au 26 novembre, j'ai participé à un circuit touristique en Turquie, pays que je ne connaissais pas, et où je retournerais volontiers. Le point d'orgue du voyage a été le spectacle de la Cappadoce, reconnue "Patrimoine Mondial" par l'UNESCO depuis 1985.

    Là, nulle trace de Saint Nicolas, sans doute déjà très occupé à d'autres cheminées que celles des fées. Pourtant, je n'ai pas perdu au change! Ce véritable musée en plein air témoigne du prodigieux travail de la nature conjugué à celui des hommes. Généreuse, la région offre un décor féerique aux spectateurs qui se laissent emporter par la magie des lieux. Tout simplement époustouflants!

    Je me suis laissée imprégner par l'ambiance comme si j'entrais dans une bande dessinée, à tel point que je m'attendais à tout moment à voir surgir de petits lutins ou autres créatures fantastiques! Si ce n'est pas là que Peyo a trouvé de l'inspiration pour ses schtroumpfs, je suis certaine que cet univers a travaillé l'imaginaire de beaucoup d'artistes.

    Quelques photos parleront mieux que mes mots de ce tonique bain turc d'une semaine. Mais rien de tel qu'aller se rendre compte sur place...

    LA RIVIERA TURQUE+CAPPODAC

    Pour les infos détaillées, je vous renvoie aux multiples guides ou aux pages intenet qui présentent la Turquie sur toutes ses coutures...