• IL ÉTAIT UNE FOIS

     

    Charles Perrault, évoquant les contes, disait que « tant que, dans le monde, on aura des enfants, des mères et des mères-grand, on en gardera la mémoire ». Aux personnes citées, j'ajouterai les marraines. Et la liste n'est pas exhaustive, messieurs...

     Ma journée de lundi dernier était consacrée à  Cl, mon petit filleul, âgé de 7 ans, et adaptée aux conditions climatiques: dîner spaghettis dans un resto sympa, passage au rayon jeunesse dans une librairie, voir le film ''Raiponce" de Disney, puis retour à la maison pour un goûter-cougnous avec les parents de Cl et sa grande soeur.

    Notre circuit a débuté en fin de matinée, par la visite d'une exposition,   "Il était une fois... Les contes animés",( qui dure encore jusqu'au 09 janvier 2011), aux galeries du beffroi de Namur. À travers des oeuvres originales, les visiteurs pénétrent dans des scènes issues de quatre célèbres contes de Charles Perrault : le Petit Chaperon Rouge, le Chat Botté, Cendrillon et le Petit Poucet.  Au vu de l'intérêt des petits visiteurs que nous avons croisés en compagnie... de leurs mamans. (Encore un effort, les papas!), ces histoires intemporelles écrites au XVIIe siècle sont restées vivaces dans l'imaginaire collectif. Et dans le mien! Au point de me laisser bercer, puis transporter ailleurs, chez un autre auteur, auprès de la Petite fille aux allumettes...

    Qui est la Petite Fille aux allumettes? On la découvre dans un superbe conte de Hans Christian Andersen, publié le 18 novembre en 1845. En bref: C'est le soir du réveillon de la Nouvelle année. Tandis que des personnes, bien au chaud, mangent et boivent copieusement autour d'un sapin de Noel illuminé, une petite fille est seule, perdue, en guenilles. Elle a faim et froid, mais ne trouve aucune compassion, aucun geste d'accueil, et finit par mourir...

    J'ai lu et relu des quantités de fois cette histoire, des larmes plein les yeux, la gorge nouée d'émotion, le coeur serré devant tant de misère, l'estomac ulcéré par l'indifférence et l'égoïsme des gens favorisés. Je me sentais si proche de la pauvre petiote que chaque allumette qu'elle allumait me procurait une lueur d'espérance. En même temps, je frémissais à l'idée de ce que l'enfant allait subir plus tard de la part de son ivrogne de père. Puis, je grelottais avec elle lorsque la faible flamme s'éteignait, et me sentais anéantie lorsque le dernier bâtonnet était consumé. J'aurais tant aimé traverser la page qui décrivait cet insoutenable calvaire! Hélas, j'étais bien impuissante! Le dénouement me soulageait, même si mon désir eût été une autre tounure: celle qui était désormais mon amie était enlevée, emportée au ciel dans les bras de sa grand-mère, venue la sauver. Enfin la délivrance! La seule réponse d'amour venait du Ciel, qui avait entendu et compris sa détresse. Rassurée, je fermais le livre avec un sentiment mélangé de tristesse, de résignation, de paix, et d'espérance...

    Cette période froide et enneigée, proche du Nouvel An, remplit les conditions pour pénétrer dans l'univers de cette pauvrette, à travers une misère d'aujourd'hui qui nous parle. Son histoire du dix-neuvième siècle est encore actuelle, nous sommes invités à l'entendre -> podcast, mais à y répondre...

    Pour preuve, une actualité récente, qui m'a bouleversée:

      
    Joyeux réveillon, en introduction à une année 2011 emplie d'une multitude de petites joies au quotidien! La vie devrait être un cadeau pour tous...

     


     

     

  • NAISSANCE ET RÉSONNANCES

    Est-ce dû à cette période de naissance, de renouveau, mais...

    Dans "audio-clés" du site de "nouvelles clés", un entretien avec Claire d’Hennezel m'a fort intéressée : Raconte-moi ta naissance… pour comprendre ta vie : ->

    Yvan Amar Psychothérapeute, Claire d’Hennezel s’est lancée voici une dizaine d’années dans la redaction de petits livres très originaux. Le premier s’intitulait Raconte-moi la mort… et  racontait comment les humains pouvaient commercer avec leur finitude. Le second, dont il est question dans l’enregistrement que nous vous présentons ici, est titré Raconte-moi ta naissance... pour connaître ta vie.

     

  • RIEN N'EST SI BEAU

    Les saints Innocents sont fêtés aujourd'hui, comme chaque 28 décembre, et Péguy en parle si bien que je lui cède le crachoir...

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    Le mystère des Saints Innocents
    Fragment

    Rien n'est beau comme un enfant qui s'endort en faisant sa prière, dit Dieu.
    Je vous le dis, rien n'est aussi beau dans le monde.
    Je n'ai jamais rien vu d'aussi beau dans le monde.
    Et pourtant j'en ai vu des beautés dans le monde.
    Et je m'y connais. Ma création regorge de beautés.
    Ma création regorge de merveilles.
    Il y en a tant qu'on ne sait pas où les mettre.
    J'ai vu des millions et des millions d'astres rouler sous mes pieds comme les sables de la mer.
    J'ai vu des journées ardentes comme des flammes.
    Des jours d'été de juin, de juillet et d'août.
    J'ai vu des soirs d'hiver posés comme un manteau.
    J'ai vu des soirs d'été calmes et doux comme une tombée de paradis.
    Tout constellés d'étoiles.

    J'ai vu les coteaux de la Meuse et ces églises qui sont mes propres maisons.
    Et Paris et et Reims et Rouen et des cathédrales qui sont mes propres palais et mes propres châteaux.
    Si beaux que je les garderai dans le ciel.
    J'ai vu la capitale du royaume et Rome capitale de la chrétienté.
    J'ai entendu chanté la messe et les triomphantes vêpres.
    Et j'ai vu ces plaines et ces vallonnements de France.
    Qui sont plus beaux que tout.
    J'ai vu la profonde mer, et la forêt profonde, et le coeur profond de l'homme.
    J'ai vu des coeurs dévorés d'amour.
    Pendant des vies entières
    Perdus de charité.
    Brûlant comme des flammes.
    J'ai vu des martyrs si animés de foi
    Tenir comme un roc sur le chevalet
    Sous les dents de fer.
    (Comme un soldat qui tiendrait bon tout seul toute une vie
    Par foi
    Pour son général (apparemment) absent.)
    J'ai vu des martyrs flamber comme des torches
    Se préparant ainsi les palmes toujours vertes.
    Et j'ai vu perler sous les griffes de fer
    Des gouttes de sang qui resplendissaient comme des diamants.
    Et j'ai vu perler des larmes d'amour
    Qui dureront plus longtemps que les étoiles du ciel.
    Et j'ai vu des regards de prière, des regards de tendresse,
    Perdus de charité
    Qui brilleront éternellement dnas les nuits et les nuits.
    Et j'ai vu des vies touts entières de la naissance à la mort,
    Du baptême au viatique,
    Se dérouler comme un bel écheveau de laine.

    Or je le dis, dit Dieu, je ne connais rien d'aussi beau dans tout le monde
    Qu'un petit enfant qui s'endort en faisant sa prière
    Sous l'aile de son ange gardien
    Et qui rit aux anges en commençant de s'endormir.
    Et qui déjà mêle tout ça ensemble et n'y comprend plus rien
    Et qui fourre les parole du Notre Père à tort et à travers pêle-mêle dans les paroles du Je vous salue Marie
    Pendant qu'un voile déjà descend sur ses paupières
    Le voile de la nuit sur son regard et sur sa voix.
    J'ai vu les plus grands saints, dit Dieu. Et bien je vous le dis.
    Je n'ai jamais rien vu de si drôle et par conséquent je ne connais rien de si beau dans le monde
    Que cet enfant qui s'endort en faisant sa prière
    (Que ce petit être qui s'endort de confiance)
    Et qui mélange son Notre Père avec son Je vous salue Marie
    Rien n'est aussi beau et c'est même un point
    Où la Sainte Vierge est de mon avis.
    Là-dessus.
    Et je peux bien dire que c'est le seul point où nous soyons du même avis. Car généralement nous sommes d'un avis contraire.
    Parce qu'elle est pour la miséricorde.
    Et moi il faut bien que je sois pour la justice.

    Aussi, dit Dieu, comme je comprends mon fils. Mon fils le leur a assez dit. (Or il faut entendre toutes les paroles de mon fils au pied de la lettre). Sinite pervulos. Laissez venir.
    Sinite parvulos venire ad me. Laissez les tout-petits venir à moi.
    Les petits enfants.
    Alors lui furent offerts des tout-petits pour qu'il leur imposât les mains, et priât. Or les disciples les rabrouaient.
    Mais Jésus leur dit: Laissez les tout-petits, et ne les empêchez pas de venir à moi: talium est enim regnum caelorum. De tels en effet est le royaume des cieux. Aux tels, aux comme eux appartient le royaume des cieux.

    Charles Péguy

  • FAMILLE

    Un article que j'ai récemment rédigé sur la famille m'a fait prendre conscience de la multitude de modèles familiaux existants.
    Le thème de la famille est un vaste sujet. Elle est présente dans toutes les sociétés, qu'elles soient primitives ou développées. Cette universalité ne signifie pas que sa forme soit toujours la même. La réalité familiale que nous connaissons tous ne doit pas nous éloigner de la diversité qu'elle représente dans le temps et dans l'espace, ai-je écrit dans l'introduction.
    sainte-famille.jpgLa "sainte famille", que l'on fête ce dimanche, où se situe-t-elle?
     Marie, Joseph, chargés d’introduire Jésus dans le monde, et à s'effacer pour laisser agir le mystère de Dieu sur leur fils, telle est cette sainte famille, qui révèle le modèle d'une petite Trinité terrestre. Jésus, Marie, Joseph, la « famille-source », le prototype de la nouvelle création, où les personnes sont unies en Dieu, et où chacune se donne et se reçoit de l'autre dans une dynamique d'amour et de communion. 
    Y a-t-il une spécificité de la famille chrétienne, puisque les chrétiens "se marient comme les autres, ont des enfants comme les autres"?  
    Elle est, à toute époque et dans toutes les cultures, semblable à toutes les familles, et en même temps différente, car sa vocation à la sainteté demeure. Elle est Église domestique. L'accueil, l'hospitalité, le partage et l'entraide sont des traits caractéristiques de la spiritualité familiale. Ils témoignent de l'Amour trinitaire qui l'habite et l'entraîne à partager la bonne nouvelle de l'Amour qui se fait chair. Puisque l'amour humain est un formidable témoin, il est aussi un merveilleux vecteur d'évangélisation!  

    Ma famille affective, famille et amis, est le premier lieu d'apprentissage de l'amour de l'autre.   Les membres d'une famille chrétienne sont reliés entre eux dans une relation à Dieu qui est autre que celle l'on a avec la famille bilogique. Une famille chrétienne n'est pas bonne parce que famille, mais parce que pleine d’amour, généreuse, patiente, ouverte à ce qui est différent, dans un agir humano-divin fécond. Quel que soit son état civil, sa situation de vie familiale, la difficulté de son cheminement quotidien, toute personne peut participer à l'Amour de Dieu dans la dimension de ses rapports aux gens. Pour former ce que j’appelle la grande Église du monde. 

    L’histoire de Noël continue, c'est l'histoire d’un amour créateur qui tire l’humanité vers la pleine communion, l’histoire d’un amour rédempteur


    podcast

    O Dieu, de qui vient tout paternité au ciel et sur la terre,
    Toi, Père, qui es Amour et Vie,
    fais que sur cette terre,
    par ton Fils Jésus-Christ, "né d'une femme" et par l'Esprit-Saint, source de charité divine,
    chaque famille humaine devienne un sanctuaire de la vie et de l'amour
    pour les générations qui se renouvellent sans cesse.
    Que ta grâce oriente les pensées et les actions des époux 
    vers le plus grand bien de leurs familles,
    de toutes les familles du monde.
    Que les jeunes générations
    trouvent dans la famille un soutien inébranlable
    qui les rende toujours plus humaines
    et les fasse croître dans la vérité et dans l'amour.

    Que l'amour, affermi par la grâce du sacrement du mariage,
    soit plus fort que toutes les faiblesse et toutes les crises 
    que connaissent parfois nos familles.

    Enfin, nous te demandons, par l'intercession de la Sainte Famille de Nazareth,
    qu'en toutes les nations de la terre 
    l'Église puisse accomplir avec fruit sa mission dans la famille et par la famille,

    Toi qui es la Vie, la Vérité et l'Amour,
    dans l'unité du Fils et du Saint-Esprit.

    AMEN.
    Prière de Jean-Paul II pour la famille
     
  • OFFRIR QUOI?


    Quel cadeau offrir?

    Conte d'après Noël...

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    Lorsque les bergers s'en furent allés et que la quiétude fut revenue, l'enfant de la crèche leva sa tête et regarda vers la porte entrebâillée. Un jeune garçon timide se tenait là... tremblant et apeuré.

    - Approche, lui dit Jésus. Pourquoi as-tu si peur ?
    - Je n'ose... je n'ai rien à te donner, répondit le garçon.
     - J'aimerais tant que tu me fasses un cadeau, dit le nouveau-né.

    Le petit étranger rougit de honte.

    - Je n'ai vraiment rien... rien ne m'appartient ; si j'avais quelque chose, je te l'offrirais... regarde.
    Et en fouillant dans les poches de son pantalon rapiécé, il retira une vieille lame de couteau rouillée qu'il avait trouvée.
    - C'est tout ce que j'ai, si tu la veux, je te la donne.
    - Non, rétorqua Jésus, garde-la. Je voudrais tout autre chose de toi. J'aimerais que tu me fasses trois cadeaux.
    - Je veux bien, dit l'enfant, mais que puis-je pour toi ?

    - Offre-moi le dernier de tes dessins.
    Le garçon, tout embarrassé, rougit. Il s'approcha de la crèche et, pour empêcher Marie et Joseph de l'entendre, il chuchota dans l'oreille de l'enfant Jésus :
    - Je ne peux pas... mon dessin est trop moche... personne ne veut le regarder !
    - Justement, dit l'enfant dans la crèche, c'est pour cela que je le veux... Tu dois toujours m'offrir ce que les autres rejettent et ce qui ne leur plaît pas en toi.

    Ensuite, poursuivit le nouveau-né, je voudrais que tu me donnes ton assiette.
    - Mais je l'ai cassée ce matin ! bégaya le garçon.
    - C'est pour cela que je la veux... Tu dois toujours m'offrir ce qui est brisé dans ta vie, je veux le recoller...

    Et maintenant, insista Jésus, répète-moi la réponse que tu as donnée à tes parents quand ils t'ont demandé comment tu avais cassé ton assiette... Le visage du garçon s'assombrit, il baissa la tête honteusement et, tristement, il murmura :
    - Je leur ai menti... J'ai dit que l'assiette m'avait glissé des mains par inadvertance ; mais ce n'était pas vrai... J'étais en colère et j'ai poussé furieusement mon assiette de la table, elle est tombée sur le carrelage et elle s'est brisée !
    - C'est ce que je voulais t'entendre dire ! dit Jésus. Donne-moi toujours ce qu'il y a de méchant dans ta vie, tes mensonges, tes calomnies, tes lâchetés et tes cruautés. Je veux t'en décharger... Tu n'en as pas besoin... Je veux te rendre heureux et sache que je te pardonnerai toujours tes fautes.

    Et en l'embrassant pour le remercier de ces trois cadeaux, Jésus ajouta :
    - Maintenant que tu connais le chemin de mon Cœur, j'aimerais tant que tu viennes me voir tous les jours...

     Anonyme 


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     "Nous ne pouvons reconnaître vraiment notre péché que si nous croyons vraiment que l'amour dont Dieu nous aime est toujours plus fort que notre faute..." 

    Pierre Van Breemen, Jésuite

    podcast

    Renaissance (Soeur Sourire)

    J'ai dernièrement lu qu'en Chine, quand une tasse se casse, on ne jette pas les débris, mais on recolle délicatement chaque morceau avec... de l’or fin. Ainsi, plus une tasse se casse, plus on la répare, et plus on la répare, plus elle prend de la valeur ! Du moins, était-ce ainsi jadis. Parce que les temps changent.

    Ce qui ne change pas, c'est que Dieu connaît notre coeur humain, et nous rejoint au coeur de nos brisures. Il se donne à nous à travers Jésus venu pauvre, petit et nu, pour ne pas nous effrayer. Confions-lui sans fausse-pudeur nos médiocrités, nos infidélités, nos souffrances, nos inquiétudes, notre mal. Il ne nous demande pas la perfection, mais seulement que nous lui donnions tout ce que nous sommes comme un cadeau. Il ne désire que nous. Tout nous! Il répare nos coeurs et recolle les morceaux brisés de nos vies avec l’or pur de sa miséricorde et de son amour.

  • GRANDE JOIE!

     

    IL EST NÉ!

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    podcastQuittez, Pasteurs (Choir Of King's College Cambridge)  


    La grande nouveauté de Noël est que cet avénement divise en deux l’histoire de l’humanité, et ma petite histoire personnelle aussi. Pour comprendre ce mystère, il faut s'approcher de Jésus avec la simplicité de la foi et de l’amour, comme Marie et Joseph, les bergers et les Mages, qui ont reconnu Dieu en cet enfant fragile et désarmé.
    "Je vous annonce une grande joie" (Lc 2, 10). Dieu s’est fait homme pour signifier à tout être humain que sa vie, aussi difficile et douloureuse puisse-t-elle paraître, a une valeur infinie à ses yeux. Noël nous rappelle que Dieu veille sur nous, qu’il est tout proche de nous, qu’il nous aime personnellement, sans conditions. Nous sommes ses enfants!
    La Nativité nous invite à répondre à ce don d’amour en nous faisant don pour les autres, nous mettant à la disposition de tous comme Dieu pour nous avec l’Enfant de la crèche. Jésus est venu nous apprendre à vivre pour servir et non pour être servis (cf Mt 20, 28).

    Dans mon "Joyeux Noël!", j'exprime pour chacun le souhait qu'il fasse l'expérience de l’amour infini de Dieu...

  • DU SANS RIRE AU SOURIRE

    « La neige continue de tomber. Les intempéries bloquent la Belgique », annoncaient tous les communiqués de presse de chez nous jusque hier encore...

    La neige ? Bonne nouvelle pour les nostalgiques des hivers « comme au bon vieux temps », et pour ceux qui languissent après un vrai Noël blanc. Pour les adeptes du soleil, il reste à prendre le mal en patience en attendant le retour de la belle saison. De toute façon, il n’y a pas de quoi faire une montagne de ces quelques centimètres de poudre blanche. Mais, pourquoi pas, des bonhommes de neige !

    En parlant de bonhommes, si Guy et moi avions joué à « Dix petits bonhommes sans rire » dimanche après-midi, j’aurais rapidement été éliminée, tandis que mon cher époux serait sorti grand vainqueur. Il aurait même pu figurer en tête du hit-parade des râleurs du jour.

    Nous sommes allés à la messe de 10H, après laquelle j’ai proposé de faire « un tour » en ville, et de dîner dans un petit resto avant de rentrer à la maison. La route était plutôt praticable lorsque nous sommes partis. En revanche, en début d'après-midi, la blanche poudreuse a repris du service sans discontinuer, ce qui a compliqué le trajet du retour, avec l'effet « boule de neige » d'une hausse du taux d'adrénaline de mon mari.

    Il est vrai que parcourir de Namur jusque chez nous, soit 5 Kms, en deux heures–trente, a de quoi faire perdre patience. Mais à quoi bon s’irriter, lorsque ce ralentissement est dû aux intempéries? Allez faire comprendre ça à Guy ! J’y ai renoncé, et, résignée, ai contemplé paisiblement l’impassible manège (comme le chantait Adamo), des flocons. Guy a enfin interrompu le jeu du « sans rire », grâce à quelques âmes compatissantes venues au secours des automobilistes en difficulté. À leur vue, son visage s'est littéralement illuminé, et il les a gratifiées d'un large sourire. La belle humeur était de retour! 

    En définitive, la longue file d’attente dans laquelle nous étions engagés provenait de deux passages de la chaussée où quasiment chaque véhicule bloquait. Deux équipes se sont organisées aux endroits fatidiques pour pousser une auto après l’autre jusqu’au redémarrage. Attendri par cette solidarité spontanée et totalement gratuite, mon mari a du coup retrouvé la pensée positive, balayant tous les griefs qu’il nourrissait quelques instants auparavant. Comme quoi il n’y a pas que le baromètre qui oscille rapidement 

    Rentrés à la maison, Guy, redevenu poétique, m’a suggéré de prendre des photos de notre jardin enseveli sous la neige pour envoyer à notre fils Gi, qui a si souvent questionné le ciel dans l’espoir d’assister à ce spectacle féerique. Il les a de fait appréciées, et ce d'autant plus qu'une grippe l'empêchait de sortir...

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    Ce que je retiens surtout de cet épisode, c’est que le naturel des gens est de secourir les personnes en difficulté. La solidarité n’est pas morte, n’en déplaise aux défaitistes! Depuis hier, une chanson de Claude Nougaro me revient en tête :
     
    La voici, interprétée par Mauranne:
    podcast

    L'espérance en l'Homme

    Au cours d'une vie

    Qui fut mouvementée

    Dans un siècle où l'horreur bâtit ses records

    Parmi les êtres qu'on a pu rencontrer

    Sur le seuil d'un grand rêve ou dans des corridors

    Au cours d'une vie

    De vertes et de pas mûres

    À se dire quelquefois que l'monde est foutu

    Que l'Homme est fou qu'il va droit dans le mur

    Il arrive que cette vie si cruelle et tordue

    S'ouvre sur un jardin d'odeurs

    Comme en avaient les fleurs

    Que l'on avait cru disparues

    S'ouvre mystère et boule de gomme

    Quand l'espérance en l'homme chantait

    Encore dans les champs et les rues ....dans les champs et les rues

    Au cours d'une vie

    Qui fut mouvementée

    Il arrive qu'un jardin

    Ou qu'un simple visage humain

    Une main ouvre un nouveau chemin

    Au cours d'une vie

    Qui fut mouvementée

    Traversée de voyages au bout de la nuit

    A s'dire suffit mais tout de même hantée

    Par la mort qui fait l'mort

    Et par le temps qui fuit

    S'ouvre tout un jardin d'odeurs

    Comme en avaient les fleurs

    Que l'on avait cru disparues

    S'ouvre mystère et boule de gomme

    Quand l'espérance en l'homme chantait

    Encore dans les champs et les rues ....dans les champs et les rues

    Au cours d'une vie

    Qui fut mouvementée

    Il suffit d'une voix

    D'un certain regard pour qu'on voit

    Un espoir toujours recommencer

    Que l'on croit en l'amour planté sans cesse et replanté

    Dans le cours d'une vie mouvementée

    Tout s'pardonne tout se gomme

    Et l'on voit soudain reverdir

    Refleurir notre espérance en l'Homme

    Il arrive qu''un jardin

    Ou qu'un simple visage humain

    Une main ouvre un nouveau chemin

    Tout se gomme se pardonne

    Et l'on voit soudain reverdir

    Refleurir notre espérance en l'Homme ...

    Claude Nougaro 

     

     

     

  • DANS CENT HEURES, QUELLES SENTEURS?

     Il est impossible de bien vivre sans découvrir petit à petit quelque chose de son histoire et sans en être fier...

    Il me semble important de conserver des moments où se raconter l’histoire de la famille, rappeler des lieux, des faits marquants. L’homme ne peut être lui-même que quand il prend conscience d’être héritier de « quelque chose de généreux ».

    IMG_6992.jpgPresque tout le monde a en mémoire un parfum si fortement lié à un évènement spécifique qu’ils deviennent indissociables. De la même manière, le souvenir d’une odeur peut faire ressurgir des scénarios entiers que l’on croyait oubliés. C’est ainsi que nous associons Noël avec des rituels qui ont bercé notre enfance.

    Puis il y a les éternelles questions : « Quel type de sapin avez-vous choisi cette année ? Un Épicéa, dont l'odeur envahira votre foyer ? Un Nordmann, dont les épines ne tombent pas ? Ou un sapin artificiel que vous pourrez ressortir du placard chaque année ? ».

    « Aurons-nous des flocons la nuit de Noël ? Imaginons déjà : le sapin scintillant, le Père Noël, les présents, les chants, la messe de Noël avec en plus la neige, ce serait un rêve pour les enfants ». Tel est le refrain habituel que l’on entend autour de soi aux environs de Noël.


    Noël, c’est dans 100 heures. À quelles senteurs ?

    Les réponses à cette question sont aussi nombreuses que les personnes à qui on la pose. Parmi elles, on va sûrement citer la cannelle, les mandarines, la cire d’abeille, le vin chaud, le pain d’épices, les pommes caramélisées, ou encore le bois de sapin.

    Les préparatifs s'accélèrent, à 100 à l’heure, à 100 heures de Noël. Ah! Que cette période est belle! Les gens sont gentils, la saison de Noël est propice à ouvrir son cœur. On va se rassembler en famille et entre amis, échanger des cadeaux. Cette année, on pourra dire : « Enfin, une veille de Noël sous la neige! Ça fait des lustres qu’il n’est pas tombé de neige ainsi en décembre ». Tout arrive pour celui qui sait attendre.

    À Noël, c’est l’occasion de se retrouve dans une certaine atmosphère, certes, mais encore ?


    Noël dans 100 heures, à quelles senteurs ? IMG_6999.JPG

    Le vrai sens de Noël. Souvenons-nous…

    Une nuit fraîche et étoilée, une humble étable à la sortie de la ville. Quand on regarde par la porte ouverte de l’étable, on voit… De nouvelles images et réinterprétations de Noël se sont insinuées dans les esprits ! Chez beaucoup de personnes, tout se mélange et il est devenu très difficile, même parfois pour les chrétiens, de faire la distinction entre réalité et fiction. Cela ne s’est pas passé en une seule nuit, mais peu à peu, changeant notre vision de la naissance de Jésus et nous masquant le but de sa venue.

    Avoir un arbre, se rassembler, faire la fête … On dit que Noël est la fête des enfants… C’est la naissance du « petit Jésus » attendrissant, mignon... Ben oui, admettons. Mais c’est surtout la célébration de la naissance de Jésus, sapristi ! Si nous pouvons vivre un « Joyeux Noël » et espérer une « Bonne Nouvelle Année », selon la formule des voeux traditionnels, c’est à cause de ce qui fut annoncé il y a bien longtemps : « Mais l’ange leur dit :’ Ne craignez point ; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie : c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur’ ». (Lc, 2:10-11)

    Malgré les temps difficiles que nous traversons, le message de Noël résiste aux effondrements. Il nous rappelle que la naissance de Jésus est le signe de la vie qui ne cesse de se renouveler, telle une source permanente d'espérance pour le monde. Tout arrive pour celui qui sait attendre!

    Noël dans 100 heures, à quelles senteurs ?...


     

  • OUI

    L'annonce a été faite à Marie par l'ange. Sa réponse est un OUI radical..

    Ce oui n'est pas cependant pas irréfléchi: "Comment serait-ce posible?". Mais il est déterminé, et déterminant pour l'histoire du monde.

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    Le philosophe Jean Guitton propose une réflexion au sujet du "Oui" de Marie:

    Et ici, bien que nul ne nous le dise, nous supposons un silence. Il n'était pas nécessaire que ce silence fût long.

    Mais, long ou court, un moment était nécessaire. Moment de tremblement. Moment de mise en question. Moment où, les forces se recueillent. Et jamais peut-être n'y eût-il moment semblablé ni sur la terre ni dans les cieux ? Non pas moment de doute, d'hésitation. Mais moment de choix et de liberté. Moment qui précède le oui.

    Dans l'éternité immuable et vivante toutefois les Trois sont attentifs à ce tournant de leur, œuvre éternellement conçue. Voici la clé de voûte de cette architecture mobile du temps. Tout dépend de ce moment- là ; l'histoire halète vers ce moment-là ; les promesses divines se suspendent à ce moment. Et la délivrance des nations et le rachat dès hommes. Des milliards d'existences sont intéressées par ce qui va se passer dans un instant imperceptible...

    Dans la sphère humaine, Marie est seule. Nul ne sait ce qui se passe en elle. Elle est toute lucide, toute consciente, de plus en plus réfléchie et consciente, puisque, au cours de cet entretien avec l'Ange, tout en somme a été tiré au clair.
    Que va-t-elle dire ? Va-t-elle acquiescer ? Oui, sans doute, mais les Trois respectent son consentir. Tout est possible à la Toute-Puissance, certes, sauf de contraindre une liberté.

    Marie n'est pas sans pressentir ce qui est capital dans ce qu'elle va prononcer. Comme une épouse, elle sait que cet infini a deux branches : l'une de joie, de jouissance, de gloire, mais aussi une branche, une immensité invisible de peine, de rachat, de compensation pour tout. Accepter cet honneur, c'est accepter aussi la charge, la gloire avec le poids et des difficultés presque insurmontables.

    Elle sent qu'elle est choisie par celui qui va devenir son fils. Différente en cela de toutes les mères. Le temps se remonte.
    Dire : oui serait manquer de délicatesse, comme si elle était Une. part égale, comme si tout n'était pas déjà fait.
    Elle dira seulement : Que cela soit, que cela me soit fait ! comme si elle voulait faire comprendre qu'elle coulait sa liberté dans le dessein' de Dieu, aujourd'hui de joie et demain de souffrance. Fiat, c'est le mot de l'acceptation. Il est au delà de la joie et de la peine. Qu'il me soit fait ! que cela soi !

    Et, au même moment, cela fut. Elle le sut. Elle se tut. L'Ange s'éloigna. Tout devint comme auparavant. La campagne. Le ciel avec ses quelques nuages. Les bruits familiers. Et sans doute joseph, passant, et regardant la Vierge.

    (J. GUITTON : La Vierge Marie, Aubier, 1949, p.42-44)

     Comme toute femme, Marie avait besoin du soutien de l'amour d'un époux pour s'engager dans une maternité. Ceci explique pourquoi le dernier dimanche de l'Avent nous tourne vers Joseph : il nous sert de modèle pour accueillir le don que Dieu nous fait à Noël.

    "Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l'ange lui avait ordonné et prit avec lui son épouse." (Mt 1, 24)

    Cette phrase de l'évangile en dit long sur l'harmonie (la nouvelle Alliance) entre le Fiat de Marie et le Fiat de Joseph, choisis pour rétablir l’harmonie originelle entre Adam et Ève.

    Les_parents_de_Jesus__Marie_et_Joseph_-_Copie.jpg

    Joseph & Marie - Vitrail d'Aras

    Dieu a besoin du OUI de Marie et de Joseph pour que Jésus puisse venir au monde en tant qu’Homme. L'approche de Noël rappelle qu'il a aussi besoin du nôtre, afin que le jour qui remémore sa venue au monde ne soit pas seulement une festivité commerciale vide de son sens premier.

    « C’est par sa réponse à l’appel de Dieu contenu dans l’être des choses que l’homme prend conscience de sa dignité transcendante. Tout homme doit donner cette réponse, car en elle il atteint le sommet de son humanité, et aucun mécanisme social ou sujet collectif ne peut se substituer à lui » (Jean-Paul II)


  • JEU DE NOËL

     

    Ce jeu de Noël consiste seulement à répondre à une petite question...

    Suis-je empli(e) du monde, ou empli(e) de Dieu ?

     L’ange entra auprès d’elle et lui dit : « Réjouis–toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. »

    À ces mots, elle fut très troublée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
    L’ange lui dit : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
    Voici que tu vas être enceinte, tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus (LC, 1:28_31).

    Comme Marie, chacun est invité à enfanter de Jésus...

    vierge-marie-et-enfant-jsus.jpgVivre, c’est oser l’aventure, celle qui mène au-delà de moi, qui conduit à la rencontre avec Dieu qui m’a créée à son image.

    La vie n’est peut être jamais réellement plus difficile, mais le devient parce que je perds de vue le fait que les nuits obscures font partie de ma renaissance d’être vivant qui cherche la joie du royaume.

    La communauté de chrétiens n’est pas un lieu de survie, mais un endroit où l’on trouve la nourriture pour le voyage. Et on ne sait pas bien manger tant qu’on ne connaît pas la faim, ou qu’on n’a pas eu d’indigestion.

    Le pain de vie partagé en communauté fait partie du projet communautaire. Impossible de se partager en Dieu si on n’ose pas parler ensemble de ce qui touche le plus profondément, en tant qu'humains et comme croyants.

    Faire avec ferveur certaines choses par ferveur pour Dieu, c’est vraiment s’emplir du monde en étant empli de Dieu.

    Se poser la question du jeu d'aujourd'hui c'est déjà gagner...