• PRÉSENCE AU PRÉSENT

    Survoler ou vivre le présent? Tout dans la société actuelle nous pousse à laisser filer le temps entre les doigts...

    Comme tout le monde, je fais parfois l'expérience de l'instant qui chasse l'autre sans que je ne m'imprègne vraiment d'aucun moment. Mais j'évite ce genre de situations et je préfère de loin vivre le présent, qui est bien autre chose que la fuite du temps!

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    Vivre le présent c’est quelque chose qui ne va pas de soi et qui a comme un goût d'éternité. C'est faire le choix de me préparer le coeur pour faire "un" avec ce que, ou avec qui, je vais rencontrer. Lorsque je travaillais, et que je voyais une file de gens dans la salle d'attente, mon premier réflexe était de les voir tous à la fois. Puis, je remettais tout en ordre dans ma tête en pensant: "Une personne à la fois, et rien qu'elle pendant le temps où je m'en occuperai. Les autres auront tous leur tour". Non seulement je perdais finalement moins de temps, parce que plus calme et plus efficace, et la courte durée du soin donnait le sentiment à chacun d'être resté plus longtemps, parce qu'il ne s'était pas senti expédié: je l'avais réellement reçu!

    Passé, présent et avenir sont inséparables, et l'aujourd'hui ne se cueille jamais qu'avec les mains de la mémoire et de l'attente (Réussir sa mort- Fabrice Hadjadj

    Il est pourtant tentant de surfer sur les événements, de zapper d’une activité à l’autre, d'essayer tout sans se confronter à rien, pour se retrouver finalement dans l’insatisfaction la plus totale. Y résister requiert un certain apprentissage. C'est pourquoi, lorsque mes fils étaient enfants, je les ai aidés à ne pas se disperser, mais les ai habitués à garder du temps "à ne rien faire". Comme tous les jeunes de leur âge, ils étaient bien sûr sollicités par un tas d'activités tentantes. En réalité, ce "rien"que je préconisais était nécessaire pour préserver leur capacité de rêver, de faire une éclipse sur l'extérieur pour vivre leur vie intérieure, sans se soucier du temps qui passait. Impossible de communiquer dans une dimension profonde avec les autres si on ne la découvre pas en soi! Aujourd'hui, je pense qu'ils m'en sont gré. Il ont d'ailleurs choisi l'imaginaire comme sujet, l'un de travail de fin d'études, et l'autre de thèse. C'est tout dire...



  • MÉDIAS EN FÊTE

    Le dernier dimanche de septembre (aujourd'hui, donc) est consacré aux médias catholiques

    Zenit nous en informe dans un article que vous pouvez lire entièrement en cliquant sur l'image ci-dessous, ou partiellement, par ce billet:

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    Le Dimanche des médias devient une occasion de fête pour tous ceux qui soutiennent les médias catholiques, souligne un communiqué de l'Église catholique en Belgique, sur son site.

     C'est « la fête de la communication. La fête des convictions les plus intimes, des témoignages de vie, et de la croissance. Au service d'une communication durable ».

    Selon le père jésuite Tommy Scholtes, coordinateur de la journée, la communication est aujourd'hui « essentielle ». « Dire la vie, dire ce qui fait vivre. Partager les peines et les joies en vérité, cela fait du bien ». Et « la foi fait partie de la vie pour les croyants. Nous devons rendre compte de l'espérance qui est en nous », ajoute-t-il.

     

     

  • PLUS UN

    En ce jour qui fait avancer d'un an le boulier compteur de mon âge, j'emprunte une citation qui date de mon année de naissance:

    « Je n'existe que dans la mesure où j'existe pour autrui, et, à la limite : être, c'est aimer. » Emmanuel Mounier, Le Personnalisme, 1949.

    Ceci résume si bien le fond de ma pensée qu'il n'y a rien à y ajouter. Il me reste à encore en vivre ...

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  • NOS VÎ NAMEUR

    Peut-être est-ce dû à l'âge, mais Guy et moi avons perdu le goût des grandes sorties aux fêtes de Wallonie de Namur...

    Cette distance concerne seulement l'effervescence d'une foule en recherche de réjouissances que nous ne considérons pas authentiquement wallonnes. Bon sang ne pouvant mentir, nous restons toutefois aimantés à certaines festivités. C'est ainsi que le lundi, traditionnellement désigné comme étant "le jour des Namurois", nous nous fixons rendez-vous et retrouvons avec bonheur le coeur battant de "nos vî Nameur". Hier, comme chaque année sur le temps de midi, juste après la messe en wallon célébrée à l'église St Jean, les Quarante Molons ont offert un concert sentant bon notre terroir, sur la place du Marché aux Légumes. Un clic sur la photo vous donnera un échantillon de leur répertoire...

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  • RÉCONFORT

    Nombreux sont ceux qui accompagnent des personnes en souffrance, qui sont malades, handicapées, marquées par le grand âge, et de manière plus générale certaines pour qui la traversée d'un passage existentiel est particulièrement accablant...

    À la maison, nous sommes aussi confrontés à des cas semblables. Certains rentrent plus dans la logique de l'évolution de la vie, tandis que d'autres viennent heurter de plein fouet nos prévisions humaines, basées sur de savantes mais toutefois incertaines statistiques, et remettent davantage en question le sens de la vie.

    Les expériences vécues, même si j'en suis personnellement "involontairement bénéficiaire", et aussi pénibles soient-elles, ne me paraissent pas inutiles, n'en déplaise à ceux qui se demandent pourquoi Dieu "laisse faire". Parce que, à travers la souffrance, Il m'exerce à l’endurance, non par cruauté, mais pour me permettre ensuite de reconnaître, comprendre, accompagner, ceux qui traversent le même genre de situations que celles que j'ai connues.

    Aimer jusqu'à savoir quand il faut "laisser aller", et ne pas m'investir dans un travail qui n'est pas le mien! C'est un exercice d'humilité que j'ai dû apprendre. Ça se limite parfois à seulement réconforter quelqu'un sur son chemin de souffrance. Ne rien faire, sinon l'encourager à accepter une réalité qu’il n'a pas désirée, afin que sa faiblesse consentie devienne une force pour accueillir avec joie l’amour d’autrui et découvrir des trésors humains que seule la fragilité met en lumière.

    Aimer jusqu'au renoncement à faire davantage ne veut pas dire que j'abandonne la personne ou que je néglige mes responsabilités envers elle. Cela implique un abandon de "mon droit", qui n'en est en réalité pas un, pour faire place à Dieu, qui peut tout.  

    Le site NDWeb offre une vidéo dont le sujet est une belle méditation sur la guérison: Pour la visionner, cliquer sur l'image ci-dessous

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  • TOURNAI ET SA PROCESSION

    La journée de dimanche dernier a été superbe, agrémentée par le soleil, mais surtout par la chaleur d'une amitié qui n'est pas prête, je crois, à tiédir... 
    Ce 12 septembre s'est déroulé pour Guy et moi sous le charme de tout ce que nous ont offert Serge (l'optimiste de qui le blog figure dans mes liens) et Charlotte, son épouse: resto typique, richesses historiques, Grande Procession, découverte des alentours,...,  de leur très belle ville. Lorsqu'un terroir nous est présenté par des amoureux tels qu'eux, on ne peut d'ailleurs qu'être contaminés à notre tour. Ils nous ont donc convaincus, et Tournai fait désormais partie de nos cités favorites.

    Un clic sur la photo permet l'accès à la vidéo des photos que j'ai prises. Elles sont loin d'être "pro", mais reflètent bien l'ambiance de la procession pendant les préparatifs et au cours du défilé:

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  • DES HOMMES ET DES DIEUX

    Une mise en scène forte et sobre, une qualité d’interprétation exceptionnelle...

    Le film Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, inspiré de l'assassinat des moines cisterciens de Tribhirine en Algérie en 1996, par des terroristes islamistes, est sorti en salle le 8 septembre. Je suis allée le voir samedi dernier avec  Am., une de mes nièces. Am. n'est pas très branchée religion, et tout en étant à la recherche de réponses à ses nombreuses questions existentielles, elle est assez frileuse vis-à-vis du catholicisme. Elle a été très touchée par le film, sûrement autant que moi, si pas davantage. Peut-être le serez-vous déjà à travers l'extrait que vous découvrirez en cliquant sur la photo ci-dessous: ->

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    Un film qui n'a rien à voir avec un western mis à la sauce spirituelle, même si on y entend un extrait de l'air célèbre de "Il était une fois dans l'Ouest" au moment de l'enlèvement des moines!

    Un film sur la fidélité et l'engagement, qui célèbre l'homme et la vie à travers la mémoire des moines disparus.

    Un film qui, au delà de la religion, parle de nous et de notre humanité, et interpelle sur ce qui reste de nous après notre mort.

    Un film qui ne se concentre pas sur les hommes qui ont vécu le drame, mais qui dépeint la vie quotidienne de religieux qui sont des hommes à part entière: journées ponctuées par les prières, les chants, et différentes activités humanitaires, mais aussi envahies par le doute et la peur lorsque le danger menace. Des détails qui illustrent que chrétienté s'apparente avec humanité, que l'espérance s'enracine dans la réalité du présent, mais aussi que l'unité d'une communauté décuple les forces de chacun.
    Un film qui montre que les moines de cette histoire ne sont pas des héros, et ne se rêvent pas en martyrs. Ils avaient choisi de vivre! L'hypothèse de leur mort remet d'ailleurs en question le sens de certaines choses. Dans les derniers moments du film, ils partagent un repas festif qui témoigne de leur attachement aux plaisirs d'un monde qu'ils n'ont pas du tout envie de quitter.

    Je vous propose une dernière lecture:

     Le Testament spirituel de Christian de Chergé:

    "Quand un A-Dieu s'envisage..."


  • POUR LE MEILLEUR

     Le 11 septembre 1971, Guy et moi nous unissions "pour le meilleur et pour le pire"...

    Trente-neuf années pendant lesquelles on a eu des projets communs pour bâtir une vie à deux, puis avec les enfants, mais que nous avons aussi choisi de construire avec d'autres.

    Trente-neuf ans à remuer terre et ciel (merci, mon Dieu!) pour trouver des formules d'amour en réponse aux nuisances de la vie.

    Trente-neuf ans pour continer à penser qu'on est bien ensemble, mais pour aussi oser dire qu'on est bien sans l'autre, parce que chacun est en bon compagnonnage avec soi-même. 

    Trente-neuf ans à lutter contre des habitudes tenaces, pour désamorcer les tensions qui en découlent, pour trouver le juste milieu, pour adresser de doux reproches.Bouche cousue

    Un couple qui dure n'est pas toujours le fait du hasard, mais de choix à faire et à refaire parmi beaucoup de possibles. Par exemple avec la question d'ordre et de désordre...

    Mon mari laisse régulièrement traîner des choses un peu partout, comme pour marquer son territoire. Pas n'importe comment, mais dans un soigneux "rangé toujours à la même place 'en attendant', jamais rangé à la bonne place". Ce qui m'exaspère au plus haut point Déçu

    Dernièrement, je me suis défoulée avec les divers effets, sacs, livres, abandonnés dans notre chambre là où ça ne manquait pas de heurter mon regard depuis plusieurs semaines. Ma patience a des limites! Après avoir tout rassemblé - avec l'énergie de mon irritation-, j'ai posé le tas sur notre lit. Mon intention était de rappeler pour je ne sais la quantième fois qu'il ne faut pas plus de temps pour mettre chaque chose à sa place que de le "flanquer" n'importe où! Comment l'exprimer clairement et sans hargne? L'idée m'est alors venue de composer un message parlant sur le ton humoristique. Voici la copie du document "explicatif" qui attendait  Guy: 

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    Aucune réaction de la part de Guy, après qu'il soit passé dans notre chambre pour se changer en rentrant du travail. Je n'ai fait aucune allusion non plus. Le soir, comme d'habitude, je suis allée au lit dans le noir pour ne pas réveiller mon mari qui dormait déjà. Ce n'est que le lendemain matin que j'ai pu constater... que plus rien, absolument rien, ne traînait Sourire. Évidemment, je n'ai pas exploré le contenu des tiroirs, ni de la garde-robe, côté "lui", zones strictement réservées à leur utilisateur. Ce que je ne vois pas, je ne le sais pas Clin d'œil.

    Mais je ne me fais aucune illusion, prochaine fois il y aura. Ça restera incontournable tant que "mon chou" et moi partagerons la même vie. Chacun s'efforce pourtant de modérer ses petites "crises" de rébellion, qui ne sont autres que des manifestations d'individualisme. Heureusement, les choses qui nous rassemblent sont bien plus fortes que celles qui nous divisent. Et notre couple est parvenu à un équilibre qui lui permet d'échapper aux tentations du pouvoir et de l'aliénation.

    Après trente-neuf ans, ce qui compte finalement est qu'on s'aime encore beaucoup, "malgré ça", qui n'est pas la mer à boire...

    « L’amour, c’est quand la différence ne sépare plus » Bourbon Busset

     

  • RITES ...

     

     L'entrée de chaque période de la vie est toujours marquée par des rites...  

    Il semble fondamental pour les humains de sacraliser les moments essentiels de l'existence, même là où la croyance religieuse a à peu près totalement disparu. La naissance d'abord, avec les différentes étapes qui lui succèdent. Rites de l'initiation, rites de l'adolescence, rites des fiançailles, rites du mariage. Et bien entendu, il y a ceux qui marquent l'affrontement du dernier moment de l'existence humaine, la mort, avec les rites de funérailles dont les pratiques varient : inhumation, incinération..., actuellement laissées à la décision de chacun.

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    N'ayant connu que deux obsèques civiles, qui plus est, avec crémation, j'en avais une impression plutôt négative, à tel point que je n'étais pas allée jusqu'au crématorium. Celles de mon beau-père auxquelles j'ai dernièrement participé en entier m'ont toutefois paru dignes et sans aucune hostilité par rapport à une croyance quelconque. Hormis un court message affectueux d'une nièce de mon mari, le choix des textes a été confié aux organisateurs du crématorum. Les lectures étaient présentées avec classe, sur un ton juste et avec une parfaite élocution, par - on l'apprendra par la suite- un comédien et professeur de diction. Elles contenaient - ce qui m'a surprise- une dimension spirituelle, sans être toutefois de caractère religieux, mais plutôt d'un style "new-âge". De quoi contenter tout le monde. Bien que... Comme je le disais dans le billet précédent, personne n'a été empêché de vivre intérieurement cette cérémonie selon ses convictions.

     Y a-t-il une vie après la mort ? Certains le nient, d'autres en doutent, et les chrétiens y croient. Le rite chrétien se vit en communion entre humains unis en Dieu, par Dieu, et pas seulement entre eux par eux-mêmes. Le croyant a besoin de savoir que sa vie est remise entre les mains de Dieu. Il le chante ->ICI
    À la différence du rite laïque, le rite de l'Église n'est pas simplement quelque chose qui signifie, mais qui opère. Il transmet l'espérance de la résurrection finale à la suite de celle du Christ au matin de Pâques. Le chrétien croit que l'être corporel est transformé et devient corps glorieux. 
     

    Ce qui est commun à tous, c'est qu'il y a une vie avant la mort, et cela au moins nous rapproche ici-bas, ou le devrait !  Par la miséricorde du coeur à l'égard de l'univers entier. Par des gestes d'amour, comme le dit ce chant -> ICI

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    Plus besoin d'arrosoir pour abreuver des fleurs sur une tombe ou au columbarium. Il reste encore à s'asseoir sur un banc du cimetière pour s'y recueillir en respirant l'air ambiant...

    Après la crémation, les cendres de mon beau-père ont été semées dans la pelouse "du souvenir" du cimetière. Je n'avais jamais assisté à une dispersion. Ça m'a fait l'effet de voir saupoudrer le gazon comme on le ferait avec du sucre impalpable - sucre glace pour les Français Clin d'œil- sur un gâteau. Pour ma part, difficile à digérer!

    En fin de journée, nos fils nous ont instamment demandé de leur épargner cette épreuve quand nous mourrons (statistiquement avant eux). Ils ont été impressionnés par la brutalité du processus. Ça tombe bien, puisque Guy comme moi appréhendons ce type de décomposition à l'accéléré. Bien conscients que, étant poussière, nous retournerons en poussière, nous choisissons de laisser agir la nature à son rythme...

     

     

     

     

     

     

     


  • DERNIER VOYAGE


    Tout le monde est un théâtre, et tous les hommes et les femmes ne sont que des acteurs; ils ont leurs sorties et leurs entrées;
    et un homme dans son temps joue beaucoup de pièces. (Shakespeare, As you like it)
    Tout en faisant parfois allusion au jour où "il ne serait plus", on  n'y croyait presque plus qu'à moitié, tant nous finissions par imaginer mon beau-père éternel...
    Pourtant, vendredi, nous l'avons accompagné pour son ultime voyage terrestre. Rien de macabre, un dernier hommage de la part de sympathisants qui se souvenaient d'avoir encore récemment vu ou entendu parler de ce vieil homme de bientôt 96 ans resté "bon pied bon oeil" jusque bien tard dans sa vie.  
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    Lundi, lendemain de notre retour de vacances, Guy lui avait rendu visite, ainsi qu'il en avait l'accoutumée deux ou trois fois sur la semaine, et l'avait trouvé, je cite ce qu'il disait dans son message adressé le jour du décès à nos connaissances:"en pleine forme et discutait encore de manière alerte des sempiternelles péripéties entourant la formation d'un gouvernement. Il s'est éteint sereinement, comme s'il dormait, dans son fauteuil où il avait coutume de se reposer.
    Avec lui disparaît le dernier représentant le dernier de sa génération...ils étaient 13 frères et soeurs!"
    Guy ajoute également:  "Il s'en est allé, ce matin, entre 7 et 9 heures, sur la pointe des pieds, rejoindre maman (morte à 48 ans, alors que mon mari avait 13 ans et demi) et tous ceux qui nous ont précédés près du Père".
     Les funérailles se sont déroulées au cours d'une cérémonie laïque. La levée du corps a été accompagnée par deux chants sur CD: "Li bia bouquet", interprété par les Molons, et le chant socialiste: "Le chiffon rouge". Un cortège de voitures a ensuite pris la route vers le crématorium. Après la dispersion des cendres, qui a eu lieu vers midi, nous nous sommes rendus dans une salle pour partager une collation tout en remémorant des anecdotes à propos de celui qui nous réunissait.

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    Perdre un être cher est toujours une déchirure, même lorsque le disparu est âgé comme mon beau-père. Guy aurait préféré une cérémonie religieuse pour marquer l'ultime voyage de son papa, de qui la volonté était de se passer du réconfort de l’Église. Il n'était pas pour autant interdit de le confier spirituellement à nos proches, à qui j'ai transmis le message rédigé par Guy pour former une chaîne d'unité.

    Nous avons reçu de nombreuses réponses, qui nous assuraient de porter le papa de Guy dans la prière. Qui plus est, et sans qu'on ne leur demande, deux amis prêtres nous ont annoncé qu'ils célébraient une messe à son intention. Parmi les personnes venues faire des adieux, nous ne sommes sûrement pas les seuls à avoir prié intérieurement pour dire "à Dieu". Je me suis même surprise à le faire plus intensément que dans des circonstances plus convenues, comme pour puiser loin en moi des forces qui fassent place à l'Invisible au-delà des apparences.

    Je ne doute pas que cet homme qui se disait athée, plus par déterminisme culturel (issu d'une famille ouvrière socialiste "obligatoirement" anticléricale) que par réflexion philosophique, soit accueilli dans les bras du Père comme son enfant bien-aimé...