• FORÊT NOIRE

    Freiburg im Breisgau, Sankt Peter, Donaueschingen, Triberg...

    Des lieux qui évoquent peut-être quelque chose à certains, et ne disent rien du tout à d'autres. Ils nous ont récemment enchantés, Guy, nos "enfants", ainsi que deux de nos amis. Nous avons quitté pour deux jours les Vosges françaises où nous étions en vacances, pour rejoindre la Forête Noire. Après un départ sous un ciel menaçant, et avoir cassé la croûte à l'abri de la voiture pendant qu'il pleuvait à seaux, nous avons eu la chance de visiter la région sous le soleil. Une splendeur! Les plus curieux trouverons de quoi alimenter leur intérêt en consultant des albums ou certains sites sur internet. Ceci dit, rien de tel que de se rendre compte sur place Clin d'œil.

    Quant à moi, plutôt que de vous raconter, je vous propose un diapo contenant les photos qui dévoilent une infime partie de ce que nous avons vu (cliquer sur la photo)

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  • OFFRIR QUOI?

     

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    Seigneur, que t’offrirai-je pour te remercier
    de tous tes bienfaits ? Tu me réponds :
    Offre-moi tes mains vides : je les comblerai
    de biens surabondants.

    Seigneur, que t’offrirai-je pour te remercier
    de la force que tu m’as donnée ? Tu me réponds
    Offre-moi tes ignorances : je les changerai
    en sagesse sans pareille.

    Seigneur, que t’offrirai-je pour te remercier
    de la sagesse que tu m’as léguée ? Tu me réponds
    Offre-moi tes misères : je les changerai
    en salut pour autrui.

    Seigneur, que t’offrirai-je pour te remercier
    de ton précieux salut ? Tu me réponds
    Offre-moi tes péchés : je les changerai
    en amour qui ne s’éteint pas.

    Oui, Seigneur, je t’offre tout cela,
    en toute confiance.
    Sois remercié, sois béni, sois loué !

    Chant Malgache

    Prière proposée pour la semaine missionnaire mondiale 2009

  • MIROIR EXPRESSIF

    citjerome

  • QUI SUIS-JE? (Zundel)

     

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    Il faut aller jusqu'au coeur de la pauvreté pour entendre le mystère de Jésus: il ne s'agit pas d'une humanité qui est devenue un mythe et qu'on a porté dans un ciel imaginaire, c'est au contraire cette humanité qui nous guérit de tous les mythes, parce qu'elle a ramené le Ciel au dedans de nous...

    L'Incarnation du Christ, ce n'est pas que la Divinité ait été changée en la chair, mais c'est l'humanité qui a été assumée à Dieu, c'est l'humanité qui a été élevée

    Maurice Zundel (Pour toi, qui suis-je?)

  • PASSE-PAROLE

    Pour poursuivre mon billet précédent...

    Il est évident que je n'ai pas approfondi le sujet sur la pauvreté sur tous ses aspects possibles. Je ne me hasarde pas à dire davantage parce que je suis incompétente. D'autres que moi se sont penchés sur la richesse, la pauvreté, la misère, la justice, la répartition des biens et leur utilisation, et ça ne date pas d'aujourd'hui! Je passe parole à certains d'entre eux:

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    Les sentiments des bien pensants!

    […] La plus désarçonnante des énigmes n'était-elle pas encore celle de l'argent ?

    Car enfin, on se trouvait là en face d'une loi primordiale, d'une loi organique atroce, édictée et appliquée depuis que le monde existe.

    Ses règles sont continues et toujours nettes. L'argent s'attire lui-même, cherche à s'agglomérer aux mêmes endroits, va de préférence aux scélérats et aux médiocres; puis, lorsque par une inscrutable exception, il s'entasse chez un riche dont l'âme n'est ni meurtrière, ni abjecte, alors il demeure stérile, incapable de se résoudre en un bien intelligent, inapte même entre des mains charitables à atteindre un but qui soit élevé. On dirait qu'il se venge ainsi de sa fausse destination, qu'il se paralyse volontairement, quand il n'appartient ni aux derniers des aigrefins, ni aux plus repoussants des mufles.

    Il est plus singulier encore quand, par extraordinaire, il s'égare dans la maison d'un pauvre; alors il le salit immédiatement s'il est propre; il rend lubrique l'indigent le plus chaste, agit du même coup sur le corps et sur l'âme, suggère ensuite à son possesseur un bas égoïsme, un ignoble orgueil, lui insinue de dépenser son argent pour lui seul, fait du plus humble un laquais insolent, du plus généreux, un ladre. Il change, en une seconde, toutes les habitudes, bouleverse toutes les idées, métamorphose les passions les plus têtues, en un clin d'œil.

    Il est l'aliment le plus nutritif des importants péchés et il en est, en quelque sorte aussi, le vigilant comptable. S'il permet à un détenteur de s'oublier, de faire l'aumône, d'obliger un pauvre, aussitôt il suscite la haine du bienfait à ce pauvre; il remplace l'avarice par l'ingratitude, rétablit l'équilibre, si bien que le compte se balance, qu'il n'y a pas un péché de commis en moins.

    Mais où il devient vraiment monstrueux, c'est lorsque, cachant l'éclat de son nom sous le voile noir d'un mot, il s'intitule le capital. Alors son action ne se limite plus à des incitations individuelles, à des conseils de vols et de meurtres, mais elle s'étend à l'humanité tout entière. D'un mot le capital décide les monopoles, édifie les banques, accapare les substances, dispose de la vie, peut, s'il le veut, faire mourir de faim des milliers d'êtres !

    Lui, pendant ce temps, se nourrit, s'engraisse, s'enfante tout seul, dans une caisse; et les deux mondes à genoux l'adorent, meurent de désirs devant lui, comme devant un Dieu.

    Eh bien ! ou l'argent qui est ainsi maître des âmes, est diabolique, ou il est impossible à expliquer. Et combien d'autres mystères aussi inintelligibles que celui-là, combien d'occurrences devant lesquelles l'homme qui réfléchit devrait trembler !

    (Joris-Karl HUYSMANS, Là-bas (1891).)


    Ne privilégie pas l’enrichissement matériel sur l’épanouissement intime ! Quitte le troupeau des arrivistes. Quand leur cœur dépérira, le tien exultera. Choisis la liberté pour profiter de la nature, accueillir en toi la beauté. La poésie te convient merveilleusement !

    En effet, la saine jeunesse est, comme toi, instruite autant que besogneuse : elle ne dédaigne aucunement le labeur physique qui l’inscrit dans le réel, en confrontant ses forces au fer et au feu, à la plante et à la pierre ; elle s’applique à la sculpture de soi, au rythme lent des saisons ; elle enfante de vigoureux surgeons à l’écart des projets professionnels mais pas du savoir des sages de l’Antiquité !

    Je voudrais tellement que pour toi, par toi, l’utopie d’un monde moralement délivré de l’argent se réalise. Car la société moderne valorise inconsidérément la propriété exige des renoncements hypocrites, oublie la simplicité. On t’empêche d’être véritablement au monde quand on te pousse à bâtir des empires cannibales et t’endoctrine pour que tu deviennes docile, prêt à tuer. La mort pour certains est une source de profits… pour toi, qui construis ton bonheur avec ce qui est donné à tous, elle ne doit être qu’un dernier accomplissement.

    « Ils bâtissent avec des pierres et ils ne voient pas que chacun de leurs gestes pour poser la pierre dans le mortier est accompagné d'une ombre de geste qui pose une ombre de pierre dans une ombre de mortier. Et c'est la bâtisse d'ombre qui compte.

    Et elle (la misère) est partout dans le monde, mêlée à une sorte de folie. Les hommes ont créé une planète nouvelle: la planète de la misère et du malheur des corps. Ils ont déserté la terre. Ils ne veulent plus ni fruits, ni blé, ni liberté, ni joie. Ils ne veulent plus que ce qu'ils inventent et fabriquent eux-mêmes. Ils ont des morceaux de papier qu'ils appellent argent. Pour avoir un plus grand nombre de ces morceaux de papier ils décident subitement de faire abattre et d'enterrer cent soixante mille vaches parmi les plus fortes laitières. Ils décident d'arracher la vigne car, si on ne l'arrachait pas, le vin serait trop bon marché, c'est-à-dire ne pourrait plus produire des morceaux de papier en assez grand nombre. A choisir entre les morceaux de papier et le vin, ils choisissent les morceaux de papier.(…)

    La société construite sur l'argent détruit les récoltes, détruit les bêtes, détruit les hommes, détruit la joie, détruit le monde véritable, détruit la paix, détruit les vraies richesses.

    Vous avez droit aux récoltes, droit à la joie, droit au monde véritable, droit aux vraies richesses ici-bas, tout de suite, maintenant, pour cette vie. Vous ne devez plus obéir à la folie de l'argent ».

    (Extrait de la préface de ‘Les Vraies Richesses’, de Jean Giono, 1937 - Cahiers Rouges, Grasset)

    « Le riche est celui qui possède suffisamment pour se satisfaire aisément de ce qui permet une vie digne, celui qui ne demande, ne vise, ne souhaite rien de plus » (Cicéron)

     

  • JUSTE RICHESSE

     

    Suite des deux commentaires à propos de « Pleins à plaindre »…

    Je remercie leurs auteurs, de qui l’intervention m’a incitée à une nécessaire précision sur l’argent tel que je le conçois, qui varie selon la nature qu’on lui accorde, ce qu’il offre, et ce qu’il demande de céder en retour...

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    L’argent et la détention de biens matériels ne font pas le bonheur, mais j'admets qu'ils y contribuent, selon l'usage que l'on en fait. Le problème est qu'ils sont souvent sacralisés au point de devenir des dieux terrestres, comme si l’instinct de possession était génétiquement inscrit chez un grand nombre d’humains.

    On ne peut pas vivre sans argent, et on a paradoxalement souvent du mal à vivre avec! Il n'empêche que l’économie et l’argent ne sont pas mauvais en eux-mêmes, et voir des gens riches ne me dérange pas en soi. Parmi ces derniers, il y en a que je classe d'instinct comme 'sentant mauvais l'argent', tandis que d'autres 'sentent bon l'argent'. Je plains ceux qui ont les mains refermées, raidies sur leurs trésors périssables, et me réjouis pour ceux qui ont les mains ouvertes en geste souple de don et d’accueil. Il me semble que le paradoxe entre le « riche pauvre » et « le pauvre riche » peut pourtant se dénouer, à condition d’être attentif à ce que veut dire réellement, dans différentes situations concrètes, prendre ou donner, acheter ou échanger, conserver ou dépenser.

    La richesse est dramatique lorsque l’argent représente le moyen absolu de réussir sa vie et devient par là même une fin absolue. La peur de manquer et de ne plus être autonome sert souvent d’alibi à la thésaurisation, au point de craindre la moindre dépense qui empêche l’accumulation de capitaux. Celui qui éprouve ainsi la jouissance de posséder, décuplée par le fait d’amasser sans utiliser, sans « jouir » de sa richesse, sans en profiter, sans en user, devient possédé, son esprit se soumet avec de moins en moins de résistance au pouvoir de l'argent qui devient valeur en soi, et sa conscience s'arrête définitivement à une valeur inerte.

    Par contre, dès que la pauvreté apparaît comme idéal moral au point d’en devenir une obsession, elle n'est plus très vertueuse non plus! Le refus de possession de richesses a alors tellement d’emprise qu’elle accorde également une valeur absolue à l’argent.

    La richesse c'est, avant tout, être heureux. Il est donc nécessaire de mesurer la différence entre le besoin et le surplus, entre le manque réel et la suffisance...

    « L'amour de l'argent est une racine de tous les maux. » Et « le développement ne se réduit pas à la simple croissance économique. Pour être authentique, il doit être intégral, c'est-à-dire promouvoir tout homme et tout l'homme. » (Jean-Paul II – Populorum Progressio - § 14)

    Les richesses sont injustes lorsqu’on se les accapare au détriment des plus faibles sur qui on veut garder le contrôle et à qui l'on consent à ne céder que de minables aumônes pendant que l'on vit soi-même, si pas dans le luxe effréné, de disposer de ses biens en les utilisant en toute liberté. Elles cessent de devenir injustes lorsqu’elles sont le fruit d'un honnête travail, ou sont loyalement acquises, et sont également mises au service des autres dans une équitable redistribution qui rétablit l'ordre social en assurant la dignité à chacun.

    L'essentiel est de ne pas pactiser avec l'avoir jusqu'à s'y agglutiner. Le dépouillement matériel n’est jamais qu’un symbole, une ascèse préparatoire au jeûne du cœur.

    Ce n'est pas en vue de mes besoins que je dis cela, car j'ai appris à être content de l'état où je me trouve.

    Je sais vivre dans l'humiliation, et je sais vivre dans l'abondance. En tout et partout j'ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l'abondance et à être dans la disette.

    Je puis tout par celui qui me fortifie.

    Cependant vous avez bien fait de prendre part à ma détresse. (Philippiens 4 : 11-14)

    Tout est question de quête d’équilibre et d’harmonie.



  • MATERNITÉ DU COEUR

    15 août, jour de la fête de l'Assomption. Autrement dit...

    Marie a été élevée au ciel corps et âme : même pour le corps, il y a une place en Dieu. Le ciel n'est plus pour nous un domaine très éloigné et inconnu. Dans le ciel, nous avons une mère. C'est la Mère de Dieu, la Mère du Fils de Dieu, c'est notre Mère... Le ciel s'est ouvert, le ciel a un cœur. (Benoît XVI)

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    L'amour maternel de Dieu

    Maurice Zundel

    Il y a dans l'amour maternel quelque chose de merveilleux. Mais l'amour maternel de la Très Sainte Vierge, qui est incomparable, qui est unique, qui nous enveloppe tous personnellement, nous appelant chacun par notre nom, cet amour nous révèle l'Amour maternel de Dieu, puisqu'il en procède.

    Tout ce qu'il y a de maternité dans le coeur de Marie jaillit du coeur de Dieu, qui est encore infiniment plus maternel qu'elle-même, et justement, pour que nous apprenions que Dieu est notre Mère, que nous Le connaissions au féminin, pas seulement au masculin : car Dieu est aussi féminin qu'il est masculin, comprenant dans son éminence tous les aspects de l'Être !

    Marie nous révèle Dieu au féminin. Elle nous révèle la Maternité de Dieu. Elle nous permet de prier Dieu au féminin, comme une maman ! C'est vrai ! Dieu est plus mère que toutes les mères ! Et nous pouvons l'appeler Maman !

    Finalement, quand nous ne savons plus que dire, quand la prière est dans notre bouche comme du sable, il reste ce cri, ce cri... ce cri qui dit tout, qui appelle tout, et qui donne tout : Maman !...

    Ce cri qui peut jaillir de notre coeur vers Marie, car dans notre inconscient, c'est une femme qui, justement est pour nous la révélation de cette Maternité de Dieu : ce cri va jaillir de notre coeur vers Marie, et à travers le coeur de Marie, il montera comme une fusée vers le coeur de Dieu, qui est encore infiniment plus Mère que toutes les mères !

  • DE NOIR ET DE BLANC

    Lieu touristique estival, Dinan propose actuellement une exposition thématique, « Le Temps retrouvé», de Robert Doisneau. Profitant d'être sur les lieux la semaine dernière, nous avons parcouru avec grand intérêt la balade proposée dans l'univers populaire de ce grand artiste...

    IMG_5588.jpg Doisneau, mort en 1994 à l’âge de 82 ans, était un des photographes français les plus populaires d’après guerre, et fut l’un des principaux représentants du courant de la photographie humaniste francaise. Pourtant, on ne le connaît que par quelques photos célèbres. On se souvient tous de ses portraits noir et blanc du petit peuple, du « le Baiser de l’hôtel de ville », des clichés de la Libération de Paris, qui l'ont fait connaître dans le monde entier.

    Un lien vers sa biographie

     

    Quelques photos de l’artiste :

    En révélant une œuvre nettement plus complexe qu’il n’y paraît, la visite de l'exposition à Dinan m'a dévoilé le travail de l'artiste sous un angle nouveau, qui permet de s’apercevoir que le monde dans lequel vit le photographe existe vraiment. Doisneau voulait avant tout faire du réaliste. Il se levait à 4 heures du matin pour suivre les ouvriers aux halles, il accompagnait les gamins sur le chemin de l’école, et restait aux côtés des ménagères toute la journée. Avec beaucoup de sobriété, il laisse apparaître la vie telle qu'elle se vit, sans aucune nostalgie, mais une avec la volonté de rendre hommage à ces hommes et femmes et enfants qui l’entourent et qu’il connaît si bien. Pendant l'occupation, il témoigne à sa manière. Par exemple, Le Cheval tombé (1942) est considéré comme une métaphore de Paris écrasé sous la botte nazie.

    "Suggérer, c'est créer. Décrire, c'est détruire", disait-il. Photographier pour survivre était son but initial, et on peut dire que cette perspective fait sens avec cette magnifique exposition de 120 clichés parmi ses plus remarquables qui sont exposés à Dinan jusqu'au 30 septembre. Ne manquez pas de vous y arrêter si vous passez par là.

    Doisneau éprouvait le besoin de « fixer ce qui était en train de disparaître », de laisser « le souvenir de ce petit monde qu’il aimait tant ». Personne ne s'en plaindra...

     


     


  • HÉRITAGE

     

    C'est aujourd'hui l'anniversaire de notre plus jeune fils. Dernière étape avant la trentaine. Ça fait encore très jeune pour lui, mais ça ne rajeunit certainement pas ses parents...
    Au-delà du temps, à travers les âges, j'ai tourné déjà bien des pages. Même s'il en reste encore quelques vierges, je prépare la dernière de mon livre de vie. Qu'importe quand elle servira, mais je désire que ce volume se ferme sur une sorte de testament qui transmettra un dernier message d'amour en héritage. C'est le plus fabuleux trésor que j'aurai découvert tout au long de mon existence...

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    Cliquer sur l'image
    Nana Mouskouri le chante...

     

  • ENSEMBLE

    Mission accomplie pour Guy et moi en tant que parents...

    Ceci n’empêche pas que nous ayons à cœur de continuer à être un foyer d'amour, conjugal et parental, près duquel tous les proches, et en priorité nos enfants, peuvent trouver secours et chaleur. C'est en vivant pleinement les moments du présent que nous sommes les plus heureux, le plus à nous-mêmes et aux autres.

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    La famille est a toujours été, et le demeure, au cœur de notre projet de vie. S’il nous semble important de préparer l’héritage destiné à nos enfants, notre souci dépasse quelques biens matériels et un peu d’argent, parce que ce que nous voulons léguer avant tout est notre amour, notre tendresse et un certain courage, de la générosité. Pour eux, nous n’avons pas hésité à sortir des sentiers battus, de dénoncer, éclairer, justifier, que le respect de la vie est un chemin de liberté et de bonheur, que son non respect est source d'aliénation et de mort. Nous avons utilisé les dons que nous avons reçus pour transmettre l'amour qui nous a été donné, en espérant qu’à leur tour ils fassent pareil. Le legs le plus précieux que j’espère avoir pu transmettre à La. et Gi. est l'audace de la raison, de la foi, de la vie, de l'amour, de l’espérance, tout simplement l’audace de l'Esprit -Saint qui donne la Vie. D'où l'importance que j’ai ressentie à me former, à faire place dans mon cœur, pour mieux connaître l'enseignement de l'Évangile et en témoigner...

    L’héritage de Dieu est son Amour, qui se partage et se donne tout entier à chacun. Il offre sa vie en sacrifice pour nous pécheurs, afin de nous faire héritiers de sa grâce. En Lui nous ne serons pas imposables sur nos signes extérieurs de richesse, car notre richesse principale devient intérieure...

    « Choisir entre paradis fiscal et paradis dans l'Éternité, tel est le lot de celui qui possède ou veut posséder » disais-je dernièrement.

    L'Amour ne donne pas de part d'héritage, il est comme une source qui coule sans cesse et s'offre continuellement. L’héritage de l’enfant est avant tout l’amour de ses parents, un amour entier, pareil et infini pour chacun, quel que soit le nombre d’enfants dans la famille. Nos fils faisant leur vie, indépendamment d’une distance nécessaire pour construire chacun son chez soi, nos vrais liens d'amour ne sont pas à couper mais au contraire à préserver.

    De la qualité de la relation entre celui qui transmet et celui qui reçoit découle un lien d'humanité, de culture, d'affection. Sans transmission, pas de dialogue ni de partage humain, chacun se retrouve face à son individualité, enfermé  en lui-même. Prisonnier de sa « carapace-corps », il  éprouve de la difficulté à s'ouvrir aux autres, à être poreux à leur amour.

    Il y a un héritage commun à tous les hommes, qu'il faut absolument transmettre à ceux qui nous succèderont, c'est la notion de partage.

    "Là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées."(de Lc, 12:32-48)

    Guy et moi sommes actuellement entourés de proches gravement malades, et nous avons envie de réussir les bons moments de vie « ensemble » tant que la santé nous le permet. La joie fait partie de cette transmission de soi aux autres. Être gai, c’est « rire avec ». Nous sommes partis jeudi pour un bref séjour en Bretagne, en compagnie de nos enfants, et sommes rentrés hier en fin de soirée. Je tenais très fort à leur faire découvrir Dinan, là où se trouve une partie de mes racines, mais je savais qu’il fallait  provoquer l’événement, sans quoi ça allait rester à l’état de projet sans suite. Lorsque j’en ai parlé à Guy, il a abondé dans mon sens. Nous avons décidé de proposer à nos enfants de leur offrir un cadeau –groupé à l’occasion de l’anniversaire de trois d’entre eux et de la réussite des études du quatrième. Il était bien entendu que nous prenions tous les frais à notre charge. Notre suggestion a été reçue sans hésitation avec enthousiasme.

    L’expérience a été concluante, dans une harmonie qui reflétait le bonheur d’être ensemble. De toute évidence, nous nous accordons sans difficulté, et la complicité entre nous est loin d’être estompée. Il est important d’entretenir les occasions qui permettent de ne pas en douter.

    Guy et moi avons été au Paradis pendant trois jours qui nous ont coûté autant que si nous étions partis à deux pendant dix jours, mais qui nous ont remplis d’une richesse incomparable, dans des moments d'Éternité.

    C’est lorsqu’on transmet avec amour, avec un bonheur visible, que ce quelque chose d’indicible qu’est la vie peut vraiment être transmis.

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    "La foi est le moyen de posséder déjà ce qu’on espère, et de connaître des réalités qu’on ne voit pas." (de la Lettre aux Hébreux, 11,1-2.8-19)