• CHERCHER AVEC TOI

    Depuis la semaine passée à la Mariapolis, un chant me revient régulièrement en tête. Je ne sais trop pourquoi, les paroles m'ont bouleversée là-bas, alors que je les entendais pour la nième fois...

    CHERCHER AVEC TOI, MARIE

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    Paroles et musique Jean - Claude Gianadda

    Ref : Chercher avec toi dans nos vie les pas de Dieu Vierge Marie
    Par toi accueillir aujourd'hui le don de Dieu Vierge Marie

    1 - Puisque tu chantes avec nous
    Magnificat Vierge Marie
    Permets la Pâque sur nos pas
    Nous ferons tout ce qu'il dira

    2 - Puisque tu demeures avec nous
    Pour l'Angelus, Vierge Marie
    Guide nos pas dans l'inconnu
    Car tu es celle qui a cru

    3 - Puisque tu souffres avec nous
    Gethsémani, Vierge Marie
    Soutiens nos croix de l'aujourd'hui
    Entre tes mains voici ma vie



  • TOUT AUTRE

    Ce n'est pas l'abondance du savoir qui rassasie l'âme et le satisfait, mais de sentir et de goûter les choses intérieurement. Il faut pour cela prendre le temps de se laisser imprégner du lieu et de l'espace...

    IMG_5560.JPGQuelques jours passés à la Mariapolis m’ont permis de faire le vide à l'intérieur de moi- même. J'ai d'abord ressenti presque douloureusement l’absence de Guy (qui m’a amenée à destination et est venu me rechercher), avec qui j’aimerais beaucoup partager ce genre de démarche, mais qui reste réfractaire, tout en étant sympathisant du mouvement des Focolari. C'est ainsi, et je le respecte, tout en constatant que c'est dans de telles circonstances que des tensions entre coeur et spirituel sont mises « à nu ».

    Plutôt que de me laisser saisir par le dépit, je me suis plongée dans un recueillement intérieur qui a cédé la place à la méditation et à la prière. Ceci m’a permis de me laisser visiter plus sensiblement par Dieu jusqu’à écouter attentivement sa respiration dans mon silence, au point de pouvoir répondre ensuite à cette manifestation imperceptible au-delà du bruit du dehors en le réentendant en chacun que je croisais.IMG_5499.jpg Car, bien sûr, il ne suffit pas de se rassembler au nom de l’Amour, pour que tout fonctionne bien ! Chez les Focolari comme partout dans l'humanité, il y a du bon et du mauvais, des frottements, des impatiences, des divergences. Ce qui nous rassemble est une perpétuelle volonté de toujours choisir « par-dessus » en fonction de Dieu, de chercher à se mettre en sa présence, et d’essayer de trouver en soi et hors de soi la réalité que nous vivons au-delà des masques et des apparences.

    La Mariapolis a renforcé ma conviction qu’il est essentiel de dépasser son "soi", non pas en refoulant nos émotions et nos sensibilités, mais en s'en servant pour se laisser aller dans une communion plus intense avec le divin. Par notre seule présence à la Présence, nous pouvons susciter la vie, faire tomber les murs de séparation, être un évangile vivant. Le seul témoignage que nous puissions donner est celui qui se manifeste à travers notre vie, pour susciter en l'autre le sentiment qu'il y a quelque chose en lui qu'il n'a pas encore découvert et qu'il va découvrir « maintenant » parce que, à notre approche, à travers notre visage, il voit luire « le Visage » déjà imprimé dans son coeur.

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    « Je découvre que je regarde avec plus de douceur les gens que je rencontre ces derniers jours après la semaine à Saint-Vith », m’écrit P., à qui j’ai envoyé des photos de la Mariapolis.

    Méditer sur l'autre et plus encore, le Tout-Autre, c'est appréhender et recevoir la manifestation d'un Mystère qui nous dépasse et nous unit...

     

  • CHACUN SA PART

    À peine rentrée de Saint-Vith, je suis encore tellement emplie de ce que j'ai vécu ces derniers jours à la Mariapolis qu'il m'est impossible d'en extraire un résumé. Ce sera pour après. En attendant, voici un texte qui "colle" parfaitement à mon état d'esprit actuel...

    Dieu seul peut donner la foi,
    Mais tu peux donner ton témoignage.

    Dieu seul peut donner l'espérance,
    Mais tu peux rendre confiance à tes frères.

    Dieu seul peut donner l'amour,
    Mais tu peux apprendre à l'autre à aimer.

    Dieu seul peut donner la paix,
    Mais tu peux semer l'union.

    Dieu seul peut te donner la force,
    Mais tu peux soutenir un découragé.

    Dieu seul est le chemin,
    Mais tu peux l'indiquer aux autres.

    Dieu seul est la lumière,
    Mais tu peux la faire briller aux yeux de tous.

    Dieu seul est la vie,
    Mais tu peux rendre aux autres le désir de vivre.

    Dieu seul peut faire ce qui paraît impossible,
    Mais tu pourras faire le possible.

    Dieu seul se suffit à lui-même,
    Mais il préfère compter sur toi...


    Une prière brésilienne

  • UN HYMNE POUR TROIS LANGUES

    21 Juillet 2010. Comme chaque année, n'en déplaise aux séparatistes, c'est bel et bien aujourd'hui la fête nationale de notre petite Belgique, cette mère encore chérie par le plus grand nombre de ses habitants...

    Le nom de l’hymne national est "la Brabançonne" (paroles en 1830 de Louis-Alexandre Dechet modifiées en 1860 par Charles Rogier, musique de François Van Campenhout.)...

    La musique de La Brabançonne a été si souvent modifiée que le ministre de la guerre belge, par un arrêté du 5 juin 1873, a prescrit aux musiques militaires d'avoir à se conformer à une partition arrangée par Bender, inspecteur des musiques de l'armée belge (source : site des arquebusiers de Visé -> À voir ICI)

    Écouter la Brabançonne en version tri-lingue: ->


    Ô Belgique! Ô Mère chérie! A toi nos coeurs, à toi nos bras,
    A toi notre sang, ô Patrie Nous le jurons, tous, tu vivras,
    Tu vivras, toujours grande et belle, Et ton invincible unité, Aura pour devise immortelle
    Le Roi, la Loi, la Liberté

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    Carte physique de la Belgique


     

     

  • ENTRE DEUX EAUX

    Ce billet pourrait aussi s’intituler « Entre deux ’M’»…

    Lundi dernier, je passais une journée « coup d’œil » au Château des Thermes de Chaudfontaine, le cadeau génial offert par mon fils aîné à Noël, et aujourd’hui, je pars à Saint-Vith, me ressourcer jusqu’en fin de semaine à la Mariapolis, la rencontre familiale annuelle des Focolari. Deux manières régénérantes de me tremper dans une ambiance touchant deux dimensions faisant partie intégrante de ma personne. C’est l’Évangile d’hier qui m’a suggéré ce lien…

    p23.jpgMarthe. Marie. Deux figures emblématiques et opposées, celle de la foi active représentée par Marthe, et celle de la foi contemplative représentée par Marie. Dans Lc, 10 : 38-42, on a l'impression que Marthe a tout faux, et que Marie a tout bon. Est-ce ainsi qu'il faut vraiment le comprendre ?

    Il est exact que Jésus dit que Marie a choisi « la bonne part ». Mais il ne dit pas que « la part » de Marthe est mauvaise. Prise littéralement et dans le langage d’aujourd’hui, on pourrait interpréter comme suit la réponse de Jésus à l’interpellation de Marthe à propos de sa soeur : « Ne te mêle pas de ses affaires. Ce n’est pas ton problème. Elle a le droit de faire ce qu’elle veut. Laisse tomber ! ». Or, il me semble que Jésus veut surtout faire prendre conscience à Marthe que les soucis quotidiens qui l’accaparent risquent d’étouffer l’essentiel, qui est de se mettre à l’écoute de sa Parole comme le fait Marie. S’il invite à distinguer l’action de l’agitation, c’est pour indiquer une priorité, mais il s’abstient de faire un choix sélectif.

    En plus explicite, le texte rappelle que toute activité peut se vivre dans un esprit relié à Dieu pour autant qu’on  se dispose à l’accueillir. Il revalorise plutôt le service, et lui restitue ses lettres de noblesse en lui donnant du sens, qui est de permettre à l’amour de se répandre à travers lui, et de rendre heureux ceux que l’on sert, et soi-même.

    Il y a en chacun de nous du Marthe et du Marie. En dépit des apparences, il ne s’agit pas d'une opposition irréconciliable, mais d'une disposition à donner et à recevoir qui peut nous garder dans une paix profonde au cœur même de notre action. « La meilleure part », Jésus l’offre à tous. Dès qu’Il entre dans une maison, c'est-à-dire dans une vie, en quelqu’un, il désire y demeurer. La question est de savoir au service de qui on s’active, ou pour écouter et contempler qui on s’arrête, plutôt que de trancher entre une attitude qui serait  bonne et l’autre mauvaise. Jésus a d’ailleurs besoin que l’on se mette à l’ouvrage pour être au service du prochain. L'important est de discerner la bonne hiérarchie. Il demande que l’on se mettre à son écoute, comme Marie l'a fait, pour d'abord recevoir, et ensuite parler et agir comme Marthe, dans un donner selon ce qui a été reçu. Toutefois, il préfère une besogne moins « parfaite », qui échappe à l’épuisement. Même au milieu de nos multiples occupations, nous pouvons lever les yeux vers lui, prendre le temps de le consulter avant de foncer dans nos idées. Il s'invite aujourd'hui chez moi, chez vous, chez  nous, dans l'étroitesse de nos vies et de nos espérances.

    En chacun Marthe et Marie, appelées à accueillir conjointement Jésus. « M » et « M », deux « j’aime » entre lesquels « Dieu Amour fait homme » assure la rencontre en un « J’aime » paisible...

     

  • PLAISIR

    Nous sommes créés pour le bonheur, et le plaisir participe à l'aptitude d'être heureux...

    Ce billet, sans être une copie, fait écho à un article sur le plaisir que m'a dernièrement demandé un ami pour une revue.

    La recherche du plaisir est une réponse au désir. Ce dernier a pour fonction bien claire de combler un besoin, et c'est lui qui guide nos comportements. L'intensité du plaisir varie selon l’importance du sentiment de besoin (même si c'est un caprice!), et du degré de satisfaction qui en découle. Je me limiterai ici à envisager le plaisir en tant que moyen d'enrichissement personnel et de qualité de vie meilleure pour tous, un plaisir qui n'est pas égoïste et ne rend pas passif. Dans ce cas, la récompense, qui est de nature spirituelle dans le sens large, n’est pas de l’ordre de l’avoir mais de l’être.

    chemin-du-plaisir

    C’est dans mon corps, lieu de l'expression de "moi", que je ressens du plaisir, que je n’en ressens pas, (ou que je m’interdis d’en ressentir?). Voici quelques questions qui me paraissent fondamentales pour aborder ce vaste domaine:

    - Où est-ce que je puise mon plaisir ?

    - Est-ce que j'agis vraiment en vue du plaisir, le mien, celui des autres, même lorsque je l'affirme?

    - Quels plaisirs est-ce que j’accueille en mon être, dans ma vie ? Sont-ils réellement humanisants ?

    - Le plaisir réside-t-il pour moi dans la possession d’un objet (ou pis, d'un être!) "cher" à mes yeux, et à obtenir "à tout prix", ou est-il paisiblement fécondé par le désir ?

    - Ma recherche de plaisir se fait-elle au détriment de personnes de qui j'use (et abuse?) à mon seul profit, et que je délaisse par la suite?

    - Certains de mes plaisirs sont-ils hypertrophiés, au risque de devenir assuétude?

    Fugitif, le plaisir dit à la fois quelque chose de la plénitude à laquelle nous sommes appelés dans l’Éternité, et en même temps de la finitude de nos expériences terrestres. Comme tout don de Dieu, la vie se reçoit, mais s'apprend aussi. Le temps m'a enseigné que le bonheur n'est pas un hasard, et qu'on ne le trouve pas dans dans la recherche irréfléchie du plaisir. Il convient d'arbitrer vers quel plalsir me tourner, pour que ce qui est immédiat ne devienne pas tourment et ne porte préjudice à personne. Le plaisir durable repose en effet sur un subtil équilibre entre la satisfaction de mes propres besoins et celui des autres, dans une véritable entraide mutuelle où personne ne cherche à exploiter quelqu'un à une fin intéressée.

    Jésus est venu faire connaître Dieu au monde, et a donné l'exemple que la vie n'est parfaitement accomplie qu'en allant jusqu'à l'abandon de soi. C'est, me semble-t-il, dans cette dimension que l'on atteint le plaisir absolu et permanent. Plus de manque, plus de désir, c'est la plénitude. C'est le paradis! Comment y accéder?

    Le monde physique est fait pour que nous en jouissions, mais de notre manière d'appréhender la matérialité dépend notre élévation spirituelle. Pour certains, la recherche frénétique de toujours plus de plaisir jusqu’à l’extase est supposée donner sens à l’existence, alors qu’elle mène hors d’elle, elle emprisonne en conduisant à la dépendance, elle dévitalise le monde en détournant l’homme de sa vocation de co-créateur. Or, Dieu nous a rendus capables de choisir la vie, et d’être féconds. Il nous veut vivants! Il est normal et légitime, de chercher une vie agréable, mais l'idéal est de ne pas garder pour soi le bien-être éprouvé, et de le transformer en capacité d'amour et de créativité qui profite à tous.

    Consciente d'avoir reçu la vie comme un merveilleux cadeau à parachever, ma plus grande source de bonheur est de donner la vie à mon tour, en me risquant à la vulnérabilité jusqu'à "payer" de ma personne pour offrir quelque chose d'agréable aux autres, jusqu'à accepter autant que possible la perte de contrôle de ce qui arrive.

    Mon plus grand plaisir est le couronnement d’un désir qui apprend à patienter, à partager, à pardonner, à renoncer, à espérer, pour me mettre au rythme de l’autre. Pour aimer…

  • BARBAPAPA

    Le titre de ce billet va évoquer des heures tendres aux nostalgiques d'une certaine enfance...

    Ce n'est pourtant pas de lui qu'il s'agit ici, mais du violoncelle de notre fils Gi, qui doit son surnom ... à sa forme, bien sûr! 

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    Samedi dernier, Gi et Va sont venus loger à la maison, au retour d'un mariage d'amis. Ils faisaient partie de la chorale qui animait la messe de mariage, et Gi y a aussi joué du violoncelle, ce qui explique la présence de l'instrument dans notre hall d'entrée lorsque je me suis levée le dimanche matin. Mon coeur a bondi de joie à sa vue ! Subitement, la boîte inerte s'est ouverte, laissant s'échapper une volée de notes, et a fait vibrer en moi une mélodie peu banale. Elle m'a fredonné une chanson douce qui a fait renaître tant et tant de moments partagés autour de la musique, fait réaparaître des personnes rencontrées à travers elle, fait revivre des efforts: ceux de notre fils au cours d'un long apprentissage, et les nôtres, pour persévérer dans nos encouragements alors que nous aurions parfois préféré tout laisser tomber. Puis mon regard s'est attardé sur le costume de Gi, soigneusement posé sur un cintre suspendu au porte-manteau, et sur sa paire de chaussures bien alignées par terre. Des indices qui dénotent que le petit garçon d'hier qui, épuisé, aurait probablement tout "flanqué " négligemment pour se précipiter au lit, a fameusement changé. Au-delà de son application directe, la discipline musicale a contribué à préparer notre fils à devenir un homme plus solide et plus soucieux d'un travail bien fait.

    Anticipant sur "plus tard", j'ai imaginé Barbapapa Gi et Barbama Va parents. À n'en pas douter, ils seront merveilleux dans ce rôle. Quant à savoir si leurs enfants deviendront amateurs de "Barbapapa"musicales, je m'abstiens de toute projection de ce genre! L'avenir nous l'apprendra, mais si petits-enfants il y a, je sais qu'ils parviendront sans peine à faire vibrer mes cordes sensibles...


  • TENDS LA MAIN

    "Tends la main", est le thème du Belgojam 2010 organisé par les F.S.E et les G.S.E , duquel vous aurez les détails en cliquant ici ->
    logo
    Tout en restant proches de certains d'entre eux, plus personne de chez nous n'est membre d'une fédération scoute. Ceci ne m'empêche pas d'y rester sensible, en souvenir de tout ce que nous avons vécu au sein des mouvements de jeunesse. Du bon et du moins bon, comme dans toutes les institutions humaines, mais avec un bilan positivement constructif.
    Prière

     

  • VOIR AILLEURS

    Comme les foules qui se pressaient autour de Jésus, nous avons de nombreuses demandes à adresser à Jésus, des maux de toutes sortes à lui présenter pour qu’il nous en soulage...

    La semaine dernière, après avoir laissé traverser la peur de la mort au cours de la tempête apaisée, l’enseignement de Jésus s’est poursuivi avec la résurrection de la fille du Centurion et la guérison de la femme atteinte d’hémorragie, qui n'ont pas craint de franchir l'obstacle d'un déterminisme culturel. Deux personnage, deux attitudes fort différentes face à Jésus, et pourtant la même la même miséricorde de sa part, où se révèle la puissance de vie de Dieu, en réponse à la même foi qui ose dépasser un déterminisme culturel.

    Nous aussi, nous connaissons ces heures de prière qui viennent de l'angoisse et de l'amour, du refus de l'irrémédiable et d'un appel crié lorsque l'espoir de la vie semble s'évanouir, et que après avoir épuisé toutes nos ressources humaines, Dieu est le seul vers qui on peut encore se tourner. Mais on ne peut rien lui dérober à l'arraché! Le contact par la foi est d'un autre ordre que le contact obtenu par de simples gestes humains. Toute démarche doit signifier une rencontre véritable, un échange vécu entre nous et lui « d’âme à âme ». En toute vérité! En toute foi!

    jesus

     

    Pour Jésus, nous ne sommes pas des personnes anonymes, perdues dans une foule. Il ressent chacun de nos appels, même si nous ne les lui exprimons pas ouvertement. Il les connaît parce qu'il est force vive de Dieu. Mais, et ce pour protéger l’humanité d’elle-même, il ne désire pas qu’elle en vienne à s’imaginer qu’il va sauver le monde entier d’un coup de baguette magique. En s’effaçant discrètement, il se fait insaisissable, laisse la foule dans le désarroi. Paradoxalement perdue dans son entière (chère, et parfois ruineuse!) liberté, elle se croit alors abandonnée ou trompée, et se révolte contre ce Dieu inopérant. « Il ne remplit pas sa mission de sauveur, puisqu’il n’exauce pas les prières (ne sont-elles pas injonctions ?) ». En réalité, Jésus les entend, mais est plus loin, nous devançant tous, et attend qu’on le rejoigne. Il veut nous conduire « ailleurs », vers le Père en qui il puise sa force, avec qui il est en intime communion lorsqu’il se retire seul. Il veut nous partager cette force, mais ce n’est possible que si nous prenons du recul, que nous quittons les prières de la foule (nos « légitimes revendications ») pour découvrir les merveilles qu’il nous réserve. Lorsque nous sommes capables de faire la part entre ce que le monde réclame et ce qui est vraiment bon pour l’homme, il semble peut-être que les situations demeurent pareilles que auparavant, mais par le fait que Jésus y est intervenu « passivement », nos besoins ont changé, et nos prières sont du coup exaucées. Par la grâce de Dieu, et grâce à notre foi ! Croire c’est toucher Jésus personnellement par notre confiance, et le laisser accomplir notre salut par l’effusion de son Amour vivifiant. Et après ?

    Aujourd’hui, on lit dans Lc, 10 : 25-37 que, au cours d'une discussion, un docteur de la loi, espérant mettre Jésus dans l’embarras, l’interroge sur ce qu'il faut faire pour recevoir la vie éternelle. Jésus le renvoie aux deux grands commandements : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu et tu aimeras ton prochain ». Le théologien n’en reste pas là, et insiste : « Qui est mon prochain ? »

    Jésus raconte une histoire, celle d'un homme blessé au bord d'une route où passent successivement un sacrificateur, un lévite, un Samaritain. C’est le dernier, Samaritain, ce qui signifie le plus socialement suspect des trois, qui assure les premiers soins qui vont sauver l’inconnu croisé par hasard.

    Cette parabole invite à porter un regard d’amour sur notre prochain. Elle nous mobilise! La foi qui sauve est adhésion à la personne du Christ. L’Esprit qu’il nous transmet peut faire de nous le prochain de toute personne blessée. Le prochain c’est toujours l’imprévu sur notre route et souvent cet imprévisible nous entraîne sur des routes auxquelles nous n’aurions pas pensé. Faire vivre l’autre est ce qui nous rend véritablement vivants, car nous recevons toujours de ceux-là même que nous secourons.

    Chaque homme attend une rencontre  avec Dieu, même si parfois il la récuse et la repousse par crainte de perdre sa liberté. Nous sommes le prochain de Dieu, qui nous a aimés le premier et nous envoie : « Va, et toi aussi, fais de même ».

    La foi n’est décidément pas l’adhésion à une idéologie, aussi sublime soit-elle, ni à une loi appliquée sans miséricorde. Elle doit prendre chair en nos vies. C'est parce que Dieu s'est fait homme dans les gestes et les paroles de Jésus que nous saisissons qu'il est le Bon Samaritain. Tous membres d'un corps qui reçoit la vie, donne la vie, fait naître à la vie, sommes tour à tour assistants comme le Samaritain, assistés comme la femme atteinte d’hémorragies, ou intercesseurs comme le Centurion. C’est dans un tel partage d’Amour qu’il me plaît d'espérer mon Église... 

     

  • REMUE-MÉNAGE

     

     

    Nous ne sommes plus que deux à la maison, et pourtant ça continue à  remuer.

    Pas que Guy ou moi soyons forcément agités, mais parce que les « sortants » occupent encore un espace vital chez nous, et nous emportent dans un tourbillon qui ne nous permet sûrement pas de nous poser ! Nous ne comptons plus les trajets que notre brave Picasso a parcouru sur un an pour des déménagements et des travaux divers. Heureusement, les besoins de nos fils se synchronisent à merveille. Chacun son tour !

    demenagement

    L’an dernier, nous nous sommes investis pour le cadet, qui se mariait en fin août et aménageait avec sa jeune épouse. Cette année, c’est l'autre duo qui déménage, et nous revoici à l’ouvrage pour le soulager au maximum.

    Tous ces mouvements, invariablement variables selon des  besoins qui se manifestent au fil du temps, et auxquels nous répondons volontiers « présents », c’est finalement la vie telle que je l’aime. Rien n’est corvée, mais bien une fête, puisque c’est pour faciliter la vie de nos enfants !

    Que vive donc encore longtemps ce sympathique remue-ménage, qui nous offre en prime des occasions supplémentaires de partager de bons moments ensemble...