• QUI EST QUI?

     

    Qui sont les prêtres? Quelle est leur spécificité?

    Les uns les voient comme des remplaçants de Jésus sur terre, d’autres comme des “fonctionnaires de Dieu”, certains comme des opportunistes qui cherchent à se faire protéger, à obtenir un statut social ou accéder au pouvoir, tandis que les plus négatifs vont jusqu'à annoncer purement et simplement leur disparition. L’Église pourrait-elle vivre encore sans eux? Que peut-on comprendre de leur ministère et… de son mystère?

    Ces questions sont d'actualité, en ce surlendemain d'ordinations à Namur. Anatole, Damien, Gonzague et Vincent, quatre nouveaux prêtres, dont deux pour le diocèse...

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    Au cours de la célébration, l'Évêque et les membres du presbyterium imposent les mains aux futurs prêtres, signifiant par ce geste qu'ils reçoivent le don du Saint-Esprit pour la charge qui leur est conférée.

    Après la vêture et avant la remise de la patène et du calice, les ordinands reçoivent l'onction, uniquement de l'Évêque, avec l'huile bénie lors de la messe chrismale. Le Saint Chrême, celui qui est entre autres aussi utilisé pour le sacrement des malades duquel j'ai parlé la semaine dernière, fortifie le prêtre pour qu’il continue à mettre la Parole qu’il annonce au cœur de ses choix et de ses actions quotidiennes.

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    Je laisse le soin du reportage de la longue cérémonie de dimanche aux professionnels. Par contre, je m’octroie une pause sur une question essentielle de l’Évangile (je n’ai plus en mémoire la référence du texte, et n’ai pas conservé le livret) de ce 27 juin qui retentit encore en moi, celle que Jésus posait à ses apôtres: « Pour vous, qui suis-je ? », qui s’adresse depuis lors à tous les baptisés. Elle engage l’expérience spirituelle de chacun, et pas seulement celle des personnes consacrées. Cette interpellation, toutes proportions gardées, me renvoie à la question du début de ce billet à propos du prêtre. Par son baptême, il est comme tout chrétien, appelé à la suite du Christ. Il est ordonné pour le peuple de Dieu, non pas en raison d’un statut ou d’une situation sociale, mais pour la spécificité de sa foi. À l’instar de toute personne créée et limitée, il est susceptible de péché, et ne peut donc incarner totalement le Christ. En tant qu’administrateur des sacrements c’est toutefois à lui qu’on se réfère parce qu’il demeure le configuré du Christ.

    Comme chaque fois que quelqu’un s’ose dans un engagement de vie important, on espère toujours que le prêtre « tienne le coup » dans le long terme, une fois que l’effervescence du début retombe, que la lassitude menace. Pour y parvenir, il lui est nécessaire de sentir un soutien fidèle autour de lui. Il a besoin des laïcs, comme ils ont besoin de lui. Dans le corps du Christ, tous les Chrétiens n’ont pas le même rôle, mais nous sommes les membres les uns des autres. L’histoire du prêtre est par conséquent celle de tout un peuple chrétien. Si nous croyons, en réponse à son « Pour vous, qui suis-je ? » que le nom de Jésus est le seul par lequel nous puissions être sauvés, il n’est possible de lui rester fidèles qu’en repoussant la tentation d’évacuer la Croix, parfois très lourde, même en Église, c'est vrai!, ou de chercher à ne la faire porter que par quelques-uns!

    Célébrer une ordination, c'est donc non seulement se réjouir communautairement de l’événement, mais c'est entrer dans la dynamique de l'Amour de Dieu. C’est surtout être prêts à aider ceux qui avancent difficilement, ou qui n’avancent plus du tout, à porter leur croix, jusqu’à aussi accompagner certains prêtres qui, pour diverses raisons, renoncent définitivement à leur ministère.

    Vivre en Église, c’est expérimenter ensemble, vitalement, radicalement, qu'il n'y a qu'une vérité à laquelle l'Esprit-Saint veut conduire toute l’humanité: aimer et être aimé, à l'écoute de Jésus, qui est le chemin vers le Père…

     

     

     

     

     

     

     

  • LA VIE EN DÉSORDRE

    Je viens de terminer la lecture d'un livre très intéressant: "La vie en désordre", ou Voyage en adolescence, du Pr Marcel Rufo, paru aux éditions Anne Carrière, et que j'ai acheté en livre de poche.

    9782253125570FS

    Cet ouvrage m'a plu par son approche claire et perspicace des pathologies adolescentes de notre époque. Chef de service à l'espace Arthur, hôpital de la Timone, à Marseille, puis directeur médical de la Maison de Solenn - Maison des adolescents, hôpital Cochin, à Paris, l'auteur plaide pour  une psychiatrie humaniste, inventive et optimiste, loin des dogmes et du psychiatriquement correct.
    De lui, en tant que thérapeute, il dit:

    Je suis un vieux pédopsychiatre, un «archéopsy», dis-je parfois. Mais il se pourrait bien que l'âge, considéré trop souvent comme un handicap, représente un atout dans ce métier si particulier. Parce qu'il est synonyme de temps, il permet l'expérience, une expérience faite de rencontres, d'interrogations, de doutes, d'erreurs, de progrès, d'échecs, de remises en question, d'approfondissements, de chan­gements... et de quelques succès aussi, quand même.(...) le psychiatre n'est pas celui qui met de l'ordre dans le psychisme : il aide chaque patient à apprivoiser son propre désordre qui fait toute sa richesse et sa singularité.

    Je partage absolument sa manière de parler du comportement des parents face à leurs grands enfants:

    Plutôt que de toujours chercher des explications aux conduites de leurs adolescents, les parents feraient mieux de trouver pourquoi ces excès retentissent de façon si importante en eux, pourquoi ils acceptent en quelque sorte de leur servir de caisse de résonnance. Être supporter ne supppose pas de tout supporter. Il faut pouvoir se montrer cohérents, radicaux à l'occasion, et assez autonomes pour ne pas guetter sans cesse l'assentiment de l'adolescent. Si celui-ci les attaque, c'est pour éviter de réfléchir à lui-même: lui poser des limites est donc un moyen de le remettre dans son propre questionnement, différent du leur. Se sentir attaqués, dire que l'ado fait des "conneries", c'est ne pas comprendre son impossibilité à être lui-même et à se contenir, sa difficulté à être soi en cohérence avec un monde qui lui échappe.  (...)

    Les parents sont indispensables à l'adolescent, ne serait-ce que pour lui servir de punching-ball. Celui-ci a un besoin presque vital de se rebeller, de les critiquer, de les détester, de leur reprocher tout et son contraire.(...)

    Face à son agressivité, les parents doivent tenir bon et s'efforcer de trouver cette fameuse "bonne distance" qui n'est jamais fixe. Il leur faut s'adapter sans cesse, être parfois plus proches, plus contenants, parfois au contraire plus éloignés, afin de répondre au mieux à ce que l'adolescent réclame par ses comportements davantage que par des mots. Mais l'essentiel est bien qu'ils soient là, toujours présents, et conscients que malgré les apparences, il les aime.

  • UN NOM, UNE FEMME, UNE MÈRE

    Dimanche dernier, j'ai participé à une messe pour les malades et personnes âgées avec le sacrement des malades ...

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    Ce sacrement ne se réduit pas au terme d'extrême-onction, qui était anciennement réservée dans les cas de mort imminente. Il est signe de la tendresse de Dieu envers toute personne souffrante et a pour fonction d'apporter la paix, le réconfort, et le courage, au chrétien qui éprouve des difficultés liées à son état de santé, à son âge, ou à un autre passage pénible dans sa vie. S'il est vrai qu'il prépare à la Vie éternelle, il est réservé à tout vivant qui éprouve un besoin de guérison et qui demande la grâce de pouvoir la vivre spirituellement.

    À la sortie de l'église, une image de la Vierge était remise à chacun, au dos de laquelle figurait cette belle prière:

    Marie
    Marie, un nom de femme, un nom de mère, parce qu'un jour, un jeune femme de Palestine s'est ouverte à l'accueil du désir de Dieu, sans calculs, sans discussions, dans le fol élan d'un amour sans condition. Marie, tu dis en toi ce que je porte de meilleur.
    Marie, une femme comme toutes les femmes du monde, pétries de larmes, de sueur et de sang. Dans ton corps, vierge de toute malice, Dieu est venu  se nicher pour écrire en lettres de chair la promesse tant attendue. Marie, tu vis en moi ce que je rêve de meilleur.
    Marie, mère de souffrance et de douleur aussi, mère des ruptures et des séparations, mère brisée au coeur, tu nous fais naître à la croix, celle qui porte, comme un arbre, le fruit mûr de tes entrailles. Marie, tu espères en toi ce que j'attends de meilleur

    D'après Robert Riber, fenêtres ouvertes, Les Presses d'Ile de France

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    Sous le sourire de Marie se trouve mystérieusement cachée la force de poursuivre le combat contre le mal être et la lutte pour la vie...

  • UN LONG PRINTEMPS


    L'été est enfin là, avec du soleil plein les yeux, et pourtant, je fais un retour au printemps, le temps de vous présenter ce billet...

    "Le printemps de Mélie" est un dessin animé, plus précisément un film d'animation, pour enfants, que j'ai découvert par hasard, dont voici le résumé utilisé par la plupart des blogs qui en parlent: C’est Carnaval au pays du roi Balthasar et le vilain Boniface ambitionne de détrôner Léon pour devenir le roi bidon. Toutefois, parions que Mélie Pain d’Épice et sa complice sauront déjouer le félon et sauver toute la population. Ce film d’animation de marionnettes, réalisé par Pierre Luc Granjon, met en scène une fable médiévale sublime dans la plus pure tradition.

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    Je vous propose de visionner quelques images:

     Cliquer ici: ->EXTRAIT DU PRINTEMPS DE MÉLIE

    Dessinateurs, graphistes, comédiens, techniciens de son et d’image et autres animateurs, sont nécessaires pour parvenir à la création d'un dessin animé, un des arts les plus originaux, qui marie cinéma et dessin, crayon et ordinateur. Dans le générique, j'ai relevé pas moins de 95 postes, avec parfois la même personne qui tient plusieurs rôles, mais le total d'intervenants reste tout de même impressionnant.

    Plus jamais je ne verrai encore un dessin animé comme auparavant, après avoir vu le reportage que vous pouvez consulter en cliquant ici: ->CRÉATION DU PRINTEMPS DE MÉLIE

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  • RESTER JEUNE

    Ce dimanche, ce sera la fête à la maison, puisque mon "Chou" souffle une bougie supplémentaire sur son gâteau d'anniversaire ...

    Ce changement est surtout important pour l'état civil et l'administration, parce que en définitive, on fonctionne d'abord avec une disposition d'esprit qui ne se calcule pas vraiment. On peut ne pas s'encombrer pas du poids des ans et accueillir tous les changements inévitables du vieillissement, explorer de nouvelles facettes de soi et renoncer sans regret à certaines pour encore se sentir fécond. Celui qui vieillit en restant ouvert aux autres et enthousiaste devant la vie n'a pas un âge bien défini, parce qu'il est adapté à, et adopté par, tous les âges. Cette forme de "pas-âge" se passe des liftings ou autres techniques de rajeunissement artificiel, parce qu'elle ne répond pas à la tyrannie du jeunisme. En fait, qu'est-ce que rester jeune, sinon simplement bien vieillir et accéder à une maturité rayonnante?

    Anniv.rester jeune

    Dernièrement, un de mes frères a rappelé un texte que citait souvent notre papa. Il est bien connu de tout le monde, mais ça ne fait pas de tort de le relire. Le voici:


    RESTER JEUNE

    de Douglas Mac Arthur

    La jeunesse n'est pas une période de la vie,
    elle est un état d'esprit, un effet de la volonté,
    une qualité de l'imagination,
    une intensité émotive,
    une victoire du courage sur la timidité,
    du goût de l'aventure sur l'amour du confort.
    On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années : on devient vieux parce qu'on a déserté son idéal.
    Les années rident la peau; renoncer à son idéal ride l'âme.
    Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.
    Jeune est celui qui s'étonne et s'émerveille.
    Il demande, comme l'enfant insatiable : Et après ?
    Il défie les événements et trouve de la joie au jeu de la vie.
    Vous êtes aussi jeune que votre foi.
    Aussi vieux que votre doute.
    Aussi jeune que votre confiance en vous-même.
    Aussi jeune que votre espoir.
    Aussi vieux que votre abattement.
    Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif.
    Réceptif à ce qui est beau, bon et grand.
    Réceptif aux messages de la nature, de l'homme et de l'infini.
    Si un jour, votre coeur est mordu par le pessimisme et rongé par le cynisme, puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.

      Traduction d'un extrait du discours d'adieu du Général Mac Arthur,
    Intitulé "Duty Honor Country" aux étudiants de l'école Militaire de West Point. 1962

     

  • VÉNÉRABLE SUREAU

    Le sureau noir fleurit entre mai et juillet. Ses fleurs blanches dégagent un parfum bien reconnaissable et persistant. C’est à partir du mois d’août que les baies noires font leur apparition...


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    Le sureau noir est le plus répandu dans nos régions. On le trouve à l’état sauvage mais également dans les jardins privés. Il est connu pour ses vertus curatives. Jadis, on l'appellait  d'ailleurs “le remède du pauvre”, (il se trouve un peu partout dans la nature), et servait de remède pour de nombreux maux, à moindre frais.

    On s'en sert encore aujourd'hui pour préparer de la tisane ou du sirop. Son efficacité est reconnue dans les indications suivantes : Fièvre (fleurs), toux (fruits ou baies), refroidissement (fleurs et fruits), maux de gorge, rhume et certaines affections virales (fruits ou baies et fleurs)...

    Toutefois, la prudence est recommandée. Il faut en effet savoir que l'on peut confondre les ombelles avec celles du "Faux sureau" ou "Sureau hièble "(ce petit arbuste qui longe les fossés est toxique, et ses fleurs se dressent vers le haut, tandis que celles du vrai Sureau retombent vers le bas)

    Pour l'heure, puisque les ombelles sont dans toute leur splendeur, voici le moment de penser au sirop de sureau. Il existe plusieurs recettes, et je vous donne celle que j'utilise depuis plusieurs années, qui a beaucoup de succès et se conserve très bien.

     Ingrédients

    - 20 belles ombelles

    - 2 Kgs sucre fin

    - 1L500 eau

    - 50 Gr acide citrique

    - 1 citron

    Préparation

    - Mettre l'eau dans une casserole ou un grand plat creux

    - Faire fondre le sucre, l'acide citrique, dans l'eau

    - Ajouter le jus du citron

    - Placer les ombelles en les faisant bien tremper

    - Laisser macérer durant 5 jours, en mélangeant bien matin et soir

    - Filtrer et placer en bouteilles refermables

    - Utiliser un bouchon qui ferme bien

    - Conserver au frais

    Délai de péremption approximatif
    1 an au moins

    Utilisation comestible
    Boissons diverses, desserts, cocktails, cuisine,...

    - 1 partie de sirop dilué dans 5 parties d’eau, plate ou pétillante (meilleur!)

    - Peut servir à faire un kir

    - Laissez courir votre imagination...

    Valeur nutritive (pour les traqueurs de calories) 
    100 g contiennent

    Energie

    221 kJ  (52 kcal)

    Protéines

    0 g

    Glucides

    13 g

    Lipides

    0 g

    Autre usage, pour l'écriture

    Les baies produisent de l'encre dont la couleur varie du bleu au violet selon les recettes. Pour faire de l'encre, il faut broyer les baies dans l'eau puis les laisser macérer pendant une journée afin que les fruits dégorgent. Pendant la macération, adjoindre deux sachets de thé. Le thé est riche en tanin et ce dernier fixe très bien les couleurs.
    Filtrer la décoction et la faire réduire en la faisant bouillir. Ajouter de l'alun réduit en poudre et de la gomme arabique finement broyée.
    Mélanger et recommencer à faire réduire pour que le liquide soit très concentré.

    Le sureau et ses nombreuses légendes
    Nombreuses sont les traditions anciennes qui refont surface depuis quelques décennies sur le sureau. Il jouit d’une grande réputation pour sa capacité de protéger les lieux et les gens. Planté au jardin, il protège la maison de la foudre et ses habitants de la maladie

    Étymologie : "Sureau" vient du latin "sambucus", nom d'une harpe.

    Dans les traditions celtiques :
    Le sureau est l’arbre des morts. En effet, les druides confectionnaient avec son bois les flûtes leur servant à converser avec les âmes des disparus.
    Dans la Chrétienté :

    C’est à la branche d’un sureau noir que s’est pendu Judas, depuis ses baies sont petites et flétries par la honte
    Dans la mytologique grecque
     :ses baies sont une nourriture des dieux. Les Celtes lui attribuaient le pouvoir de chasser les mauvais esprits et de protéger les maisons

    Dans la mythologie nordique :
    Le sureau est consacré au dieu du tonnerre Thunar.
    Avec les fées :
    Une légende veut que chaque fleur de sureau soit en fait une fée venue se réfugier entre les pétales.
    Tradition campagnarde :
    Il porte bonheur.
    Croyances populaires : Dormir sous le feuillage d’un sureau donne des rêves érotiques et charnels.
    En Allemagne :
    Nos voisins d’outre Rhin lui attribuent le pouvoir de mettre fin à la stérilité d’un homme ou d’une femme.

    Après toutes ces indications, je parie qu'à l'avenir vous contemplerez le Sureau avec plus d'intérêt, voire avec admiration, et en tous les cas jamais plus comme un vulgaire arbuste...

     


  • HYMNE À LA VIE


    La semaine dernière était plutôt lugubre. Elle aurait pu l'être, plus exactement, mais heureusement, des touches de lumière d'Espérance sont venues éclairer les moments de tristesse...

    Comme cet "hymne à la vie" de Mère Teresa, qui a servi de première lecture au cours de la messe d'un des enterrements auxquels j'ai participé...

    Musique - Hymne a la vie - Huile

    La vie est une chance, saisis la.
    La vie est beauté, admire la.
    La vie est béatitude, savoure la.

    La vie est un rêve, fais en une réalité.
    La vie est un défi, fais lui face.
    La vie est un devoir, accomplis le.
    La vie est un jeu, joue le.
    La vie est précieuse, prends en soin.
    La vie est une richesse, conserve la.

    La vie est amour, jouis en.
    La vie est mystère, perce le.
    La vie est promesse, remplis la.
    La vie est tristesse, surmonte la.
    La vie est un hymne, chante le.
    La vie est un combat, accepte le.
    La vie est une tragédie, prends la à bras le corps.
    La vie est une aventure, ose la.
    La vie est bonheur, mérite le.
    La vie est la vie, défends la.

  • MONDIAL

    Ce 11 juin 2010, le coup de sifflet a retenti en Afrique du Sud pour le départ du Mondial 2010...
    Gâce à la technologie, il a résonné partout dans le monde, et nous pourrons assister de chez nous aux matchs en direct.
    Cet événement autour du foot va provoquer le bonheur et la peur, l’espoir et la déception, la joie et l’échec. Chaque équipe ne peut qu'espérer la victoire qui lui vaudrait la coupe du monde, mais il faudra forcément des vainqueurs et des perdants. Toutefois, tous, joueurs, supporters et spectateurs, proches ou lointains, pourraient être gagnants après le coup de sifflet final du 11 juillet, pour autant que le Mondial contribue à rapprocher les peuples, les langues, les religions, les cultures et les ethnies. Ceci me fait songer à une chanson de mon adolescence, " SI TOUS LES GARS DU MONDE...", que je vous propose chantée par les Compagnons de la chanson:

    Michel Quoist a écrit une superbe prière à réciter avant un match:

    En ce monde, Seigneur, nous avons chacun notre place ;
    Entraîneur prévoyant, depuis toujours, Tu nous la destinais.
    Tu as besoin de nous ici, nos frères ont besoin de nous
    et nous avons besoin de tous.

    Ce n'est pas le poste que j'occupe, Seigneur, qui est important,
    mais la perfection et l'immensité de ma présence.
    Qu'importe que je sois avant ou arrière,
    si je suis au maximum celui que je dois être.

    Voici, Seigneur, ma journée devant moi...
    Ne me suis-je pas trop réfugié sur la touche,
    critiquant les efforts des autres, les deux mains dans mes poches ?
    Ai-je bien tenu ma place, et quant tu regardais notre terrain
    m'y as tu rencontré ?
    Ai-je bien reçu la "passe" de mon voisin et celle de l'autre
    tout au bout de la pelouse ? Ai-je bien servi mes équipiers
    sans jouer "trop personnel" pour me mettre en valeur ?
    Ai-je "construit" le jeu pour que la victoire soit obtenue
    et que tous y contribuent ?
    Ai-je lutté malgré les échecs, les coups et les blessures ?
    N'ai-je pas été troublé par les manifestations
    des équipiers et des spectateurs,
    découragé par leur incompréhension et leurs reproches,
    enorgueilli par leurs applaudissements ?
    Ai-je pensé à prier ma partie, n'oubliant pas qu'aux yeux de Dieu
    ce jeu des hommes est le plus religieux des offices ?

    Je rentre maintenant me reposer au vestiaire, Seigneur ;
    Demain, si Tu donnes le coup d'envoi,
    je jouerai une nouvelle mi-temps,
    Et ainsi chaque jour...
    Fais que cette partie célébrée avec tous mes frères
    soit l'imposante liturgie que Tu attends de nous,
    afin que Ton dernier coup de sifflet interrompant nos vies,
    nous soyons sélectionnés pour la Coupe du Ciel.


    Quant  à moi, je n'ai pas de préférence en faveur d'une équioe en particulier. Mon souhait est bien sûr "que les meilleurs gagnent", selon l'expression classique, mais surtout "que le meilleur de ce qui habite les hommes gagne"...

  • VOYAGE AUX EXTRÊMES

     

    La semaine dernière était réservée à des amis, à Nancy, ville dans laquelle j'ai pris l'habitude de me prélasser quelques jours au moins une fois l'an...

    Cette année, il devra y avoir une prochaine fois, parce qu'une indésirable rhinopharyngite a coupé mes élans, et j'ai juste été capable de me consacrer à de la lecture. Tout malheur a du bon, entre autres celui d'avoir découvert un livre récemment sorti de presse: L’origine de la violence, paru aux éditions « Le passage », mais aussi en livre de poche, format que j’ai choisi, est le troisième roman d’un jeune auteur, Fabrice Humbert, le lauréat du prix orange du livre 2010 (attribué par des internautes sous la direction d’Érik Orsenna).

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    Ce roman entraîne à un voyage aux extrêmes : au bout de la terre, au bout de soi-même, au bout de l’humanité. Il est si prenant qu’on ne le lâche plus jusqu’au mot « fin ». On pense en sortir après avoir tourné la dernière page, mais il continue à travailler en profondeur: 

    Au cours d’un voyage scolaire, un jeune prof de français d’un lycée franco-allemand visite le camp de concentration de Buckenwald avec ses élèves. Là, il trouve par hasard une photo sur laquelle un homme ressemble étrangement à son père. Qui est ce prisonnier ? Pas seulement lui, d’ailleurs. Qui sont ses bourreaux ? Qui ont été ses proches, ceux qui sont intervenus dans son histoire ? Quelle histoire ?

    Côté pile, Weiner, c'est charmant. On découvre les maisons de Goëthe et de Scheller. Côté face, à huit kilomètres, c'est Buckenwald: "53.000 morts", note le narrateur.

    « Ce fut pour moi la troisième et dernière chute de Satan, l’image-clef, à la fois enfantine et mythique, qui gouvernait le destin de notre continent comme l’histoire singulière que j’allais découvrir. »

    Il est à noter que si l'action principale de ce livre se déroule pendant la deuxième guerre mondiale, le narrateur fait partie d'une génération qui n'a pas été témoin de conflits desquels il ne subsiste que de rares combattants.

    Ce qui l’intéresse n'est pourtant pas seulement l'histoire de l'Histoire avec un début et une fin, mais d'une expérience qui n'occupe pas une place limitée sur la ligne du temps, et qui peut se répéter, parce que la violence est endémique, universelle, constante. Ceci favorise le lien entre deux époques qui semblent bien différentes. Pourtant, la dure réalité d'hier est encore possible aujourd'hui. La violence des bourreaux Nazis, des dénonciateurs de Juifs, rejoint celle de la troisième génération « d’après-guerre », celle de chacun en particulier, celle de collégiens, et plus largement de tout le monde, la brutalité sous de multiples formes, à travers de faux-semblants, des non-dits, des consentements, des indifférences, des idéologies...

    Le narrateur est lui-même habité par une violence inexpliquée, qu'il essaye de dominer autant que possible. La découverte de la photo le pousse à découvrir la face invisible qui se cache derrière le visage du sosie de son père. Les silences peuvent noyer le passé dans l’oubli, mais la vérité a besoin de les briser pour que la vie redevienne paisible et sans ombre menaçante.

    « À chacun de trouver la source et le lieu du Mal. Il ne semble pas vain de le découvrir, de l’arracher et de faire place nette. Là est l’espoir des fous, l’illusion des crédules et des démagogues mais c’est aussi la lutte suprême ».

    Le devoir de mémoire peut révéler des secrets violents, mais a le mérite d'expliquer, de nuancer, de relier, et permet de comprendre pour mieux se comprendre. Le parallèle entre la violence individuelle et collective est révélateur du meilleur et du pire en tout homme. Malgré les apparences, lâcheté et courage peuvent caractériser une même personne placée dans différentes circonstances.

    « Je suis mon grand-père livré aux bourreaux, je suis mon père frémissant d’une violence suicidaire, je suis l’héritier d’une violence qui traverse mes rêves et mes récits ».

    La petite histoire rejoint la grande histoire. Rien de tout blanc, rien de tout noir, ni personne ! Le roman montre bien que même les personnages les plus sinistres conservent une part d’humanité.

    La lucidité sur la nature humaine n’exclut pas l’optimisme, n’interdit pas l’espérance, parce que l’on sait qu’il y a toujours moyen de s’en sortir en dépit de situations meurtrières, quand on est capable d’utiliser l’énergie pour dominer une violence incontestable...

     

     

     

     

     

  • À LA BELGIQUE

    Assiste-t-on à la fin programmée de la Belgique? Que diront les prochaines élections? ...

    L’on comprend que le doute, si pas la panique, gagne les esprits. Particulièrement pour les derniers survivants parmi les anciens combattants, qui ont retenu pourquoi ils ont lutté lors des heures sombres: ils ont risqué leur vie pour cette patrie!

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    À la Belgique

    Émile VERHAEREN (1855-1916)

    (Les ailes rouges de la guerre)

    Hélas, depuis les jours des suprêmes combats,
    Tes compagnes sont la frayeur et l'infortune ;
    Tu n'as plus pour pays que des lambeaux de dunes
    Et des plaines en feu sur l'horizon, là-bas.

    Anvers et Gand et Liége et Bruxelles et Bruges
    Te furent arrachés et gémissent au loin
    Sans que tes yeux encor vaillants soient leurs témoins
    Ni que tes bras armés encor soient leur refuge.

    Tu es celle en grand deuil qui vis avec la mer
    Pour en apprendre à résister sous les tempêtes
    Et tu songes et tu pleures, mais tu t'entêtes
    Dans la terreur et dans l'orgueil de tes revers.

    Tu te sens grande immensément, quoique vaincue,
    Tu fus loyale et claire et ferme, comme au temps
    Où l'honneur sous les cieux s'affirmait éclatant
    Où la gloire valait vraiment d'être vécue.

    Ton pauvre coin de sol où demeure debout,
    Face à l'orage, un roi avec sa foi armée,
    Tu le peuples encor de canons et d'armées,
    Pour le tenir tragiquement jusques au bout.

    Tu te hausses si haut que tu es solitaire
    Dans la gloire, dans la beauté, dans la douleur
    Et que chacun t'exalte et t'admire en son coeur,
    Comme un peuple jamais ne le fut sur la terre.

    Qu'importe à cet amour l'angoisse de ton sort
    Et qu'Ypres soit désert, et Dixmude, ruine,
    Et qu'aussi vide et creux qu'une sombre poitrine,
    S'élève au fond du soir l'immense beffroi mort.

    À l'heure où cette cendre est encor la Patrie
    Nous l'aimons à genoux avec un tel élan
    Que de chacun des murs saccagés et branlants,
    Nous baiserions la pierre éclatée et meurtrie.

    Et si demain l'homme allemand sournois et fou
    Achevait de te mordre en son étreinte blême,
    Douce Belgique aimée, espère et crois quand même :
    Ton pays mis à mort est immortel, en nous.