• ÉGRENAGE

    Ce mois de mai a débuté sur ce blog avec des billets consacrés à la Vierge Marie, de qui je me sens de plus en plus proche, et je le termine sur le même ton  ... 

    EN ÉGRENANT LE CHAPELET...

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    Prenant le chapelet qui s’use sous mes doigts, 
    Ce soir, j’ai récité l’Ave dix fois, vingt fois.
    Ayant péché, j’étais d’une tristesse amère.
    Mais, simplement, ainsi qu’un fils devant sa mère,
    Mains jointes, à genoux, les yeux mouillés de pleurs,
    J’ai répété : « Priez pour nous, pauvres pécheurs ! »
    Et dans mon coeur je sens la paix renaître.
    Je crois, j’espère en Dieu, je sais qu’il est un maître
    Miséricordieux, bon, clément, paternel.
    Pourtant il est aussi, sur son trône éternel,
    Mon juge, et quand je songe à ma vie, il me semble
    Que je suis bien souillé, bien coupable, et je tremble.

    Oui, mais la Bonne Vierge est là, qui me défend.
     

    Souvenez-vous. Jadis, quand vous étiez enfant
     
    Et, pour vous châtier de quelque grave faute,
    Quand le père irrité se levait, la main haute,
    Votre mère arrêtait le bras prêt à frapper.

    Or, dans le saint récit qui ne peut nous tromper,
     
    Jésus-Christ sur la croix, montrant Jean à Marie,
    Lui dit : « Voilà ton fils ! » C’est pourquoi je la prie,
    À l’heure de la mort, d’implorer mon pardon.
    Car, quand Jésus lui fit ce mystérieux don,
    Il lui léguait ainsi l’humanité chrétienne 
    Tout entière, et ta mère, ô Seigneur, est la mienne.

    Ma mère, intercédez donc pour moi, s’il vous plaît.
     
    Dans le creux de ma main, je vois mon chapelet,
    Et, pour moi, ses grains noirs sont comme une semence
    Qu’avec un grand espoir je jette au ciel immense.
    Chaque Ave va bientôt, miracle merveilleux !
    S’épanouir aux pieds de la Reine des Cieux
    Et, suave parfum, ma prière fleurie
    Montera doucement vers la Vierge Marie.


    François COPPÉE.

  • UN MILLÉNAIRE

    Ce billet est dédié au millénaire du village de Saint-Sauveur. Guy et moi y partons ce soir pour fêter l'inauguration de cet événement avec nos amis, qui en sont les principaux promoteurs...

    Que les amateurs de découvertes n'hésitent surtout pas à faire un détour vers ce bel endroit peu connu des touristes. Un clic sur la photo met en lien avec le programme complet, qui s'étale sur plusieurs mois: ->

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    Les festivités figurent dans un vaste projet repris dans le site du festival dit "des Trois Abbayes", que vous pouvez consulter en cliquant sur l'affiche ci-dessous: ->


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    Sur le plan symbolique, le millénaire de Saint-Sauveur est une belle opportunité pour faire connaître le petit village, créer des liens au delà de ses bornes, informer le public de la richesse de ce patelin et de sa région tant pour les espaces naturels que pour le patrimoine culturel.

    De l'ancienne abbaye de Bonmoutier et ses voisines, de Senones, St- Dié, Moyenmoutier et Étival à l'abbaye de St-Sauveur, du VIIIe au XVIIIe siècle... Cinq abbayes qui formeront ce que l'on appelle la Croix monastique de Lorraine...


  • FAIRE MÉMOIRE

     

     

    Nul n’est jamais totalement maître de son destin, mais cette vérité ne devient généralement évidente qu’à la lumière de certains événements...

    Parmi nos connaissances, un couple a récemment été touché par un dramatique accident duquel l'un d'eux n'avait quasiment aucune chance de survivre. Par discrétion, je tairai tout autre détail, l'essentiel étant de dire que la "chance" a miraculeusement tourné du bon côté, contre tout espoir. À tel point que plus d'un en a été bouleversé, moi avec, ce qui m'a plongée dans une longue méditation. Elle pourrait s'appliquer à toute autre expérience difficile que celle qui l'a suscitée. Je vous la partage:

     

    Nous sommes tous des pèlerins en route pour le grand voyage de la vie vers la Vie, invités à rejoindre les pas du Christ, « le chemin, la vérité, la vie », venu nous sauver. L’homme n’est pas libéré par ses œuvres, il lui faut encore devenir lui-même œuvre qui répond au projet du Créateur.

    Certains moments à traverser sont particulièrement éprouvants, mais si extraordinairement percutants et signifiants qu'ils forcent un regard nouveau sur la Vie ! C’est seulement à partir d’une situation de détresse que, pauvre et abandonné, l’homme confie à Dieu l’initiative absolue de sa vie et par là, de son salut !

    Lorsque la vie impose « outrageusement » des épreuves surhumaines, il est réconfortant de savoir qu'elle réserve sûrement des grâces inespérées, que j’appelle surnaturelles. Il ne nous est jamais demandé d’affronter des obstacles que selon nos capacités. À celui qui possède beaucoup, il est demandé beaucoup, ce n’est pas une punition, mais une confirmation de notre « capital ».

    Patience, confiance, espérance, abandon, Amour, sont les maîtres-mots qui détiennent la clé de beaucoup de mystères, apportent la solution à beaucoup d’énigmes, ouvrent des portes à la compréhension de l’incompréhensible, offrent la perception de l’utile dans l’inutile, encouragent à l’acceptation de l’inacceptable.

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    Certains parcourent une distance inouïe en un temps record, en expérimentant coup sur coup le drame humain du néant et le miracle divin de la re-naissance, l’épreuve et la libération en un mode « accéléré » qui permet de mieux comprendre leur association. S'ils dépassent leurs craintes par la foi, ils sont forts d’une perception puisée dans la profondeur de leur « être », faisant « un » en leur « corps et âme », et découvrent alors un appel irrésistible à regarder plus loin que l’épreuve, parce que leur vie peut dorénavant s’ouvrir largement à l’Espérance en Dieu, dans la certitude qu'Il ne leur laissera manquer de rien de ce qui leur sera indispensable. Ils sont en quelque sorte « embauchés » pour participer plus activement au chemin de Croix du Christ, qui les entraîne aussi clairement vers sa Résurrection, par une sorte de transhumance qui les transforme en êtres nouveaux, plus libres, donc plus vivants.

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    Il faut certes du temps pour reprendre entièrement confiance et retrouver des marques bien tracées, mais il n’y a jamais d’urgence. Il n’y a aucun délai, aucune échéance, seulement des fragments d’Éternité à repérer et à explorer au cours d'un chemin de croissance.

    « Ceux qui sèment dans les larmes moissonnent en chantant », dit le Psaume 126.

    Faire mémoire, ce n’est pas se retrouver enfermé dans un passé qui ne peut être que stérile, c’est rendre présente, par un acte de mémoire, l’action passée du Seigneur dans l’aujourd’hui de la vie...





  • PRÉSENCE MYSTÉRIEUSE

    La liturgie de l'Église associe éroitement Pâques, Ascension et Pentecôte, cette dernière marquant le couronnement du temps pascal..

    «L’espoir déçu rend le cœur malade, mais un désir exaucé est un arbre de vie » (Proverbes 13 :12).

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     Après avoir quitté les hommes à l'Ascension pour les précéder dans la gloire, Jésus leur communique la vie même de Dieu par l'envoi du Saint-Esprit à la Pentecôte, dont c'est aujourd'hui la fête, pour ne pas les laisser orphelins. Il reste à chacun d'apprendre à le reconnaître, à le connaître, et à le prier...

     « Je prierai le Père et il vous donnera un autre Paraclet. ».

    Le Paraclet, que l'on nomme aussi l'Esprit de vérité, le défenseur, le conseiller, le consolateur, s'est  manifesté récemment à moi comme une douce lumière au soir de l'Ascension. Ou du moins, telle est mon interprétation à travers une suite d'événements qui m'ont fait sentir concètement combien nous sommes aimés de Dieu. C'est le genre de journée qui marque mon existence en me montrant que le pont entre l'humain et le divin n'est pas dans l'imaginaire.

    L'absence de Dieu n'est qu'apparente. Quand on l'invite à s'associer à nous, il est vraiment là, Présence mystérieuse au milieu de nous, par laquelle se réalise la promesse de ne pas nous laisser seuls. Il suffit de lâcher le besoin de tout contrôler, de lui faire vraiment confiance, et il prend le relais en nous envoyant son Esprit qui transforme notre vie. Je vous raconte...

    Avant de partir en Bretagne, j'avais consulté les horaires de messe à Dinan en prévision de l'Asension et du dimanche suivant. Ma préférence penche pour celle de 9h à la Basilique de Saint-Sauveur, en mémoire de mes grands-parents paternels qui s'y sont mariés. Seulement voilà, jeudi matin nous ne sommes pas prêts pour nous y rendre, comme je le craignais, pour ne pas dire le prévoyais, au vu des réticences de Guy la veille. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, je ravale ma déception, et sur un ton très détaché, annonce la messe de 18h30, toujours à la Basilique. Sinon qu'un dernier contrôle sur internet me détrompe. La célébration est effectivement signalée dans cette paroisse, mais à la chapelle Sainte Catherine. Raté pour le cadre esthétique, auquel s'associait le côté affectif! Tant pis! L'essentiel n'est pas là! Par contre, je propose que nous alliions repérer la chapelle tout en explorant la ville. Pas si simple que ça à trouver, à cause des renseignements imprécis ou contradictoires que nous recevons...

    Chemin faisant, Guy a bien envie de déclarer forfait et me le suggère en remarquant que, à force de patrouiller, c'est comme si j'avais déjà eu"MA" messe. "Le bon Dieu ne sera pas fâché si tu la rates", insiste-t-il. Il a raison sur ce dernier point, mais il se trompe en pensant que mon obstination est induite par une notion de devoir à accomplir. En ce jour de fête, j'éprouve l'ardent désir de dénicher l'endroit où célébrer avec d'autres "frères" la Présence de mon meilleur ami, l'unique qui m'invite toujours à sa table, où que j'aille, même en vacances. Ma réponse ne tarde pas: "Hier, nous avons fait bien des détours avant de trouver le restaurant qui te convienne. Tu aurais pu considérer avoir soupé après toutes ces "courateries". Pourtant ton appétit est resté intact, et n'a été satisfait qu'après avoir être passé à table". Argumentation qui fait admettre à Guy : "Chacun sa nourriture, celle du corps pour moi et la spirituelle pour toi" (discours caricaturé, parce qu'il faut des deux à chacun!). Puis, il m'emboîte le pas avec plus de conviction, comme j'avais fait la veille pour lui.

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    Nous voici enfin en face de l'édifice. Il est fermé, à cause de restaurations paraît-il, et aucun avis ne précise quoi que ce soit pour la messe de 18h30. D'où le doute: la messe se fait-elle ici, et a-t-elle bien lieu? Nous interrogeons des passants qui ont l'air "du coin", mais les informations floues que nous recevons indiquent clairement que la messe ne préoccupe pas grand monde. Par contre, je remarque que nos questionnements rappellent discrètemement aux gens que ce jour est spécial. En dernier recours, nous atterrissons au syndicat d'initiative, où on nous assure que la chapelle sera ouverte pour la messe. 

    Retour à la chapelle vers 18H15, où les portes sont effectivement ouvertes, et on y prépare visiblement un office. Impossible d'apprécier la beauté des lieux, étant donné les travaux en cours. Il faudra que l'on revienne plus tard... Mais pour l'heure, voici qu'un dame s'approche de nous, et demande à Guy de faire la première lecture. Il est honoré, je le sais, et accepte. Je souris intérieurement, remerciant le Seigneur pour ce "clin Dieu". En sortant, "mon Chou" est content, et trouve que le prêtre a dit des choses très justes (l'homélie était un message percutant, résumé en trois mots-clés qui me travaillent encore: "Proclamation - Présence mystérieuse - Mission."), et que la liturgie était parfaite. Il conclut par :"Tu l'as eue, TA messe, tu vois, et peut-être mieux qu'ailleurs". Il ne croit pas si bien dire: je jubile!

    Nous réintégrons notre chambre d'hôtel vers 23h, après avoir assisté à la pièce "Mort d'un commis-voyageur", et nous nous apprêtons à un sommeil des justes. Quoique! Ce n'est pas encore dit...

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    Tout en parlant à Guy, je me tâte machinalement les oreilles, et patatra! Non! Ce n'est pas vrai! J'ai perdu une boucle d'oreille. Mon sang se glace. Catastrophe! Moins pour la coûteuse paire "Calvin Klein" qui me plaisait tant (la jumelle de celle de l'illustration), et maintenant dépareillée, que par le fait qu'il s'agit du cadeau offert dimanche dernier par mes fils et beaux-enfants à l'occasion de la fête des mères. Je cherche partout où pourrait se nicher la fugituive, secoue mes vêtements, vide mon sac à mains, examine le sol à quatre pattes, mais rien. Il reste un maigre espoir de la récupérer le lendemain, en retournant partout où nous sommes allés aujourd'hui, en commençant par la fin. Très triste, mais devenue étrangement calme, je prie: "Seigneur, aide-moi!". Je vais au renfort: "Saint Antoine rends-la moi, STP!". Et à tous deux: "Vous savez pourquoi elles ont du prix à mes yeux!". Avant de me mettre au lit, je branche le chargeur de mon GSM à une prise placée sous le bureau. Subitement, mon regard est intrigué par une forme discrète. Ça me fait penser... Serait-ce... Non, Marie, ce n'est pas possible! Sans trop y croire, je tends la main pour sentir dans la pénombre (Guy est déjà au lit, je ne veux pas l'éblouir par une grande lumière), et je saisis... la boucle d'oreille perdue!

    Mon bonheur est au comble. Je m'exclame tout haut: "Merci Seigneur! Merci Saint Antoine! ". Et à Guy, qui s'est à moitié relevé: "Il est bien là. C'est incroyable! Il m'envoie ce cadeau pour me redire de ne craindre de rien, en me montrant qu'il veille toujours. ". Quelle complicité! Quelle merveille! Je baigne dans une joie indescriptible, car doublement comblée, affectivement et spirituellement.

    Le souvenir de "mon soir de l'Ascension" ne sera gravé nulle part pour les touristes qui visiteront Dinan, et mes photos ne contiennent aucune trace visible, ne fût-ce qu'une ombre, de "ces choses", mais je les conserve en mémoire, un peu comme Marie qui gardait tout en son coeur.

    Non, vraiment, je ne doute pas de toi, mon Dieu. Comment le pourrais-je, alors que tu m'envoies tant de signes visibles de ta présence!

    « Celui que nous aimons n’est plus où il était. Il est maintenant où vous êtes » (Saint Jean Chrysostome)

     

  • D'HIER ET SANS RIDE

     

    Jeudi dernier, Guy et moi sommes allés voir "Mort d’un commis voyageur", (Death of a Saleman), le chef- d’oeuvre écrit par Arthur miller en 1949, qui a valu le prix Pulitzer et le Drama Critic’s Circle Award à son auteur...

    Nous avons appris fortuitement l'événement alors que nous terminions un repas au restaurant. Nous étions en conversation avec le patron, lorsque son frère est entré. Il s'est joint à nous, et tout en parlant de la culture dans la région, nous avons appris qu'il était le comédien principal de la pièce "Mort d'un commis voyageur", jouée ce soir-là sur la scène du théâtre des Jacobins de Dinan, situé juste en face de l'hôtel où nous logions. Nous n'avons guère hésité pour aller chercher nos places, et ne l'avons pas regretté!

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    Les comédiens-amateurs issus de la troupe "Le théâtre de l'Iff" ont interprété avec brio une histoire qui parle d'hommes et de femmes ordinaires en souffrance, victimes de la faillite du grand rêve américain de prospérité. Il s'agit d'une tragédie qui se passe autour des années 50 vers Brooklyn avec pour personnages Willy Loman, Linda, sa femme, et leurs deux grands enfants Biff et Happy. La pièce montre avec une justesse implacable le côté cynique d'une société matérialiste, où les hommes finissent par valoir davantage en étant morts que vivants:

    Willy Loman est un représentant de commerce qui sillonne avec dévouement les routes de son pays depuis plusieurs décennies pour le compte de la Compagnie Wagner. Il a, comme beaucoup, cru aux idéaux du libéralisme sans en voir le côté sournois. Il a payé avec patience et honnêteté les traites de sa maison, élevé ses enfants comme il le pouvait, mais en père trop souvent absent. Puis les temps ont changé et, à 60 ans, il n'est plus dans le coup. Son employeur lui signifie la suppression de son salaire fixe pour le retour à la commission comme un débutant. Ceci le déprime et l'amène à faire un bilan de vie. En définitive, cet homme de la classe moyenne, qui a accepté de soumettre sa vie aux exigences de la société de consommation, se retrouve brutalement confronté à la crise de l’économie du système capitaliste, et comprend que son assurance -vie fait de lui un personnage qui a plus de valeur mort que vif! Cet amer constat le conduit à préfèrer mourir plutôt que de perdre sa dignité...

    J'ai trouvé cette pièce écrite en 1949 restée très actuelle par les thèmes qu'elle aborde.

    Le diktat des valeurs matérialistes de nos sociétés (l'argent, l'apparence, l'efficacité), qui jettent comme de vieilles chaussettes des personnes comme Willy, incapables de s'adapter à un monde des affaires qui évolue, et de répondre à des exigeances deee performance toujours plus contraignantes. Il y a un côté "marche ou crève" dans cette pièce qui est toujours d'actualité. Cette idée qu'il faut toujours rester au top physiquement et moralement : être efficace, jeune et beau pour valoir quelque chose sur le marché du travail. L'auteur évoque ainsi le management par le stress qui pousse aujourd'hui des salariés vers l'épuisement moral, le burn-out, voire le suicide.

    L'importance de la cellule familiale est également soulignée. Ici, elle est sacrifiée au prix de la "réussite", avec le manque de communication qui en découle.

    Les thèmes de cette pièce ancrée dans l'Amérique du milieu du siècle dernier n'ont pas pris une ride et projettent un troublant écho sur notre vie d'aujourd'hui. À méditer...

     

     

     

     
  • DIGNITÉ

    Hier était la journée déclarée pour la lutte contre l'homophobie...

    J'ai été sollicitée pour me joindre à des listes de soutien, mais n'en ai rien fait, au même titre que je n'ai jamais voulu participer à une marche blanche ou à toute autre manifestation qui exhalte les foules sur un sujet précis, et le sort de son contexte...

    Digne parce qu'humain. Point final!

    Toute injustice (elles ne manquent pas, mais je ne m'y attarderai pas) doit être réexaminée à partir de cette règle essentielle qui concerne chaque personne, quel que soit son âge, son sexe, son origine, ses croyances, son histoire, etc. La dignité d'un groupe, d'une société, d'une nation ..., réside dans sa capacité à reconnaître cette règle fondamentale à chacun de ses membres.

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    Il est évident que je suis philosophiquement favorable à la lutte contre toutes les discriminations, mais sans stratégie concrète d’application, et surtout sans cibler à l'excès un groupe minoritaire particulier. Recréer des groupes génère souvent des dualités, déviant forcément d'un esprit d'unité.

    En outre, je ne prône pas pour une égalité dans la "mêmeté", et regrette que les lobbies contre l'homophobie revendiquent fréquemment l'égalité des personnes concernées en les calquant sur le modèle hétéro, ce qu'elles ne seront de toute manière jamais. Par contre, il me paraît très important de montrer la valeur de ce que l'on est dans la totalité de sa personne, et de forcer ainsi un changement de regard de la part de ceux qui en douteraient à cause d'une spécificité. Si elle est diluée dans une globalité, cette particularité devient finalement secondaire pour les autres, c'est -à-dire pas catastrophique tout en étant à prendre respectueusement en considération.

    Lorsqu'il était en primaires, un de mes fils a été le souffre-douleur de certains de ses congénères à cause de son intelligence supérieure. Consciente de ce qui se passait, je n'ai bien sûr pas été à l'école pour protéger "mon petit", et n'ai jamais diabolisé ses camarades de classe, mais j'ai saisi l'occasion pour l'aider à les rejoindre sans bassesse, tout en ne leur imposant pas ce qui était trop différent d'eux, à quoi ils ne pouvaient pas accéder, donc pas vraiment comprendre, et qui leur faisait peur. Sans le savoir, peut-être l'ai-je aidé à assumer "normalement" son homosexualité vis-à-vis des autres par la suite? Toujours est-il que jamais il n'a été humilié ni rejeté pour cette raison.

    En résumé, je pense donc:

    Ma dignité se lit aussi dans le regard que je propose à l'autre sur moi. Pour le chrétien elle se lit d'abord dans le regard de Dieu qui fait de chacun son fils, sa fille préférée, dans toute situation, pleinement humain du nouveau-né au vieillard grabataire...



  • JUMELAGE

    Guy et moi rentrons de cinq jours passés en Bretagne, à Dinan plus précisément, et je ne sais par quel bout commencer le récit de tout ce que nous y avons vécu, tant c'est dense... Aujourd'hui, je parlerai un peu des festivités organisées à l'occasion du jumelage Dinan-Dinant, un des plus vieux, si pas le plus vieux, d'Europe, qui remonte à il y a 57 ans. On trouve facilement plus de documentation en recherchant sur internet. Vous verrez des photos en cliquant sur la pancarte de bienvenue: ->

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    Plusieurs éléments relient ces deux villes jumelles: leur taille, leur configuration par rapport à un fleuve, les personnages célèbres qu'elles ont toutes deux engendrés... Mais le plus extraordinaire est l'esprit qui anime ces Français et ces Belges, perpétuant une complicité qui les pousse à se rencontrer depuis des décennies.

    C'est pourtant une autre histoire qui nous a guidés Guy et moi vers cette superbe ville des Côtes d'Armor, celle d'une alliance entre une Dinannaise et un Ardennais de Belgique, mes grands-parents paternels, qui se sont mariés il y a 91 ans à la basilique de St-Sauveur de Dinan.

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    En septembre, Guy m'avait offert l'heureuse surprise de m'y emmener pour mes 60 ans. Nous avions été conquis par ce court séjour, qui nous avait laissé un goût de "revenez-y". Fin mars, Guy en personne a fait la réservation d'une chambre d'hôtel pour le We de l'Ascension (c'est tout dire, pour ceux qui le connaissent!). Ce n'est que dans la semaine qui a précédé notre départ, lors d'une journée passée à l'Abbaye de Leffe, que j'ai appris qu'il y aurait la présence de 300 Dinantais à Dinan dans la même période que nous.

    Pour en revenir au WE de l'Ascension, nous avions projeté des dépacements, des visites, et finalement nous sommes restés sur place, sans déplacer une seule fois la voiture, profitant des défilés, des spectacles de rues, mais aussi en salle, où nous avons aussi écouté des concerts de choeurs et d'orchestres. Ceci nous a permis de découvrir le folklore dinantais aussi bien que dinannais, que je résume en un mot: Talentueux! Samedi matin, nous avons participé à une messe célébrée à l'Église Saint-Malo, très recueillie, chantée par la chorale mosane "Montferrant", dont la qualité dépasse largement l'amateurisme.

    Nous avons évidemment retrouvé des connaissances parmi les 300 compatriotes qui s'étaient déplacés. Mieux! Nous sommes entrés en contact avec un couple habitant la rue perpendiculaire à la nôtre. Nous nous connaissions de vue, sans plus. Le monsieur fait partie d'un trio excellent: "Les Tri-Marrants". De fil en aiguille, nous nous sommes trouvés des points communs, et avons eu très envie de nous revoir. Lundi prochain, nous passerons la soirée ensemble à la maison. Je pense bien que je cuirai des crèpes pour la circonstance, qui seront accompagnées d'une bolée de cidre. Breton, bien sûr tout droit ramené de Dinan...

  • APPEL À INCONNU

    A toi que je ne connais pas et ne puis connaître...
    J’adresse cette prière :

    Conduis-moi vers le meilleur de moi-même,
    Aide-moi à devenir une personne
    À qui la plupart des choses, des créatures,
    Et des plantes vivantes, accordent leur confiance,
    Fais que je respecte toujours le mystère
    Et le caractère de chaque forme de vie...



    Aide-moi à ne jamais renoncer à l’exercice vital,
    Celui qui consiste à protéger tous ceux qui respirent
    Et l’air que nous devons respirer,
    Tous ceux qui ont soif et l’eau qui désaltère,
    Tous ceux qui ont faim et la nourriture qui rassasie,
    Tous ceux qui souffrent et le réconfort,
    La compassion et le secours dont ils auraient besoin.

    Aide-moi à être la digne sentinelle
    Du corps qui m’est confié.
    Je ne peux disposer librement d’aucune vie,
    Ni même de la "mienne", car elle est,
    Comme un objet d’art, confiée à ma garde provisoire,
    Pour être rendue au cycle terrestre
    Dans le meilleur état possible,
    Afin que d’autres vies puissent se perpétuer.


     

  • PONTAGE

     

     

    Le Christ ressuscité, « Lumière du monde » symbolisée par le cierge pascal, qui monte au ciel, cela veut-il dire que l’humanité est désormais condamnée à vivre dans les ténèbres ? Sûrement pas …

    L’Ascension du Christ n’est pas un deuil, ni le souvenir nostalgique de son départ. Elle est au contraire la fête de son triomphe sur la mort dans la nuit de Pâques (Lc, 24:46-53), par lequel il a sauvé l'homme qui, à sa suite, est appelé à le rejoindre dans la gloire. 


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    L'Ascension est un passage entre le désir du ciel et le service des hommes, mais aussi un envoi adressé aux Apôtres. Jésus leur prescrit une mission précise de prédication par toute la terre après cet événement mystérieux qui les revêtira d'une Force venue d'en haut (Lc 24,49).

    Après l'Ascension, les Apôtres s'en retournèrent, comme il est dit dans l'Évangile, avec une grande joie (Lc 24, 52). Cette joie manifeste surtout leur conviction que Jésus, même invisible au regard, ne cesse d’être présent.

    À leur suite, l’Église, les chrétiens, sont chargés de prolonger eux-mêmes la présence et l’action du Christ dans le monde. Le "pontage" entre l'Humain et Dieu est une réalité! Chacun est invité à se faire l'allié de Dieu, et à devenir ce à quoi ma déformation professionnelle me porte à comparer à une sorte de scalpel qui opère par Amour dans le combat des souffrances humaines.

    Chant "Seigneur, tu comptais sur nous":écouter  ->ICI

    Fortifiés par l’Espit Saint, que nous fêterons plus particulièrement dans dix jours, n’ayons pas peur de ce monde, aimons-le coûte que coûte...

     

     

  • LA VIERGE À MIDI

    Décédé le 23 février 1955, Paul Claudel, catholique fervent, a écrit de nombreuses prières dans son abondante oeuvre poétique. En voici une, superbe et émouvante, extraite de son recueil "Poèmes de Guerre" (1914-1915).

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      LA VIERGE À MIDI

    Il est midi. Je vois l’église ouverte. Il faut entrer.
    Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.

    Je n’ai rien à offrir et rien à demander.

    Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.

    Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela

    Que je suis votre fils et que vous êtes là.

    Rien que pour un moment pendant que tout s’arrête

    Midi !
    Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.

    Ne rien dire, regarder votre visage,

    Laisser le coeur chanter dans son propre langage,

    Ne rien dire, mais seulement chanter parce qu’on a le coeur trop plein,


    Comme le merle qui suit son idée en ces espèces de couplets soudains.


    Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,

    La femme dans la Grâce enfin restituée,

    La créature dans son honneur premier et dans son épanouissement final,

    Telle qu’elle est sortie de Dieu au matin de sa splendeur originale.

    Intacte ineffablement parce que vous êtes la Mère de Jésus-Christ,

    Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance et le seul fruit.

    Parce que vous êtes la femme, l’Éden de l’ancienne tendresse oubliée,

    Dont le regard trouve le coeur tout– à-coup et fait jaillir les larmes accumulées,

    Parce que vous m’avez sauvé, parce que vous avez sauvé la France,

    Parce qu’elle aussi, comme moi, pour vous fut cette chose à laquelle on pense,

    Parce qu’à l’heure où tout craquait, c’est alors que vous êtes intervenue,

    Parce que vous avez sauvé la France une fois de plus,

    Parce qu’il est midi, parce que nous sommes en ce jour d’aujourd’hui,


    Parce que vous êtes là pour toujours, simplement parce que vous êtes Marie, simplement parce que vous existez,


    Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !


    Paul CLAUDEL