• DE LA VRAIE LIBERTÉ



    De la vraie Liberté


    Ceux qui pensent ici posséder quelque chose

    Le possèdent bien moins qu’ils n’en sont possédés ;
    Et ceux dont l’amour-propre en leur faveur dispose
    Sont autant de captifs par eux-mêmes gardés.

    Les appétits des sens ne font que des esclaves ;

    La curiosité comme eux a ses liens :
    Et les plus grands coureurs ne courent qu’aux entraves
    Que jettent sous leurs pas les charmes des faux biens.

    Ils recherchent partout les douceurs passagères,

    Plus que ce qui conduit jusqu’à l’éternité ;
    Et souvent pour tout but ils se font des chimères,
    Qui n’ont pour fondement que l’instabilité.
    Hors ce qui vient de Dieu, tout passe, tout s’envole,

    Tout en son vrai néant aussitôt se résout ;
    Et, pour te dire tout d’une seule parole,
    Quitte tout, mon enfant, et tu trouveras tout.


    Pierre CORNEILLE
    Extrait de L'imitation de Jésus-Christ, Livre III.

  • TÉMOINS NUMÉRIQUES

    Le pape Jean-Paul II a qualifié les médias de « premier aréopage des temps modernes »...

    Il est indéniable que l'expérience humaine est devenue une expérience médiatique dans une large mesure. Les innombrables possibilités qu'offre Internet facilitent en effet le dialogue entre les internautes du monde entier. Ils peuvent aussi renforcer les liens d'unité entre tous les chrétiens, s'ils parviennent à éviter de tomber dans le piège de Babel. L'enjeu est que la communication entre eux reste centrée sur Jésus, à travers l'action de l'Esprit-Saint...

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    Samedi 24 avril, le Pape a reçu les participants d'un congrès organisé par la conférence épiscopale italienne (CEI) sur le thème : « Témoins numériques. Visages et langages à l'ère cross-media ». Benoît XVI s'est adressé plus spécialement aux professionnels de la communication:

    "(...) Ce congrès vise  à reconnaître des visages, donc à surmonter ces dynamiques collectives qui peuvent nous faire perdre la perception de la profondeur des personnes et rester à leur superficie : lorsque cela se produit, elles restent des corps sans âmes, des objets d'échange et de consommation.

    Chers amis sur la toile, vous êtes vous aussi appelés à vous situer en tant qu' « animateurs de communautés », attentifs à « préparer les chemins qui mènent à la Parole de Dieu » et à exprimer une sensibilité particulière pour ceux qui « sont découragés et ont dans le cœur des désirs d'absolu et de vérités non éphémères » (ibid.). La toile pourra ainsi devenir une sorte de « parvis des gentils » où « ouvrir un espace à ceux pour qui Dieu est encore inconnu » (ibid.)"

    Texte intégral: Benoît XVI souhaite que la communication soit intégrée dans la pastorale

    Le Père Antonio Spadaro, un Jésuite impliqué dans les liens entre l'Église et le web est aussi intervenu:

    « le réseau peut-il être un modèle, certes non exhaustif, qui nous aide à mieux comprendre l'Eglise ? » pousse à la réflexion sur l'Eglise elle-même. Même si de nombreuses analogies entre ces deux réalités sont possibles (une dimension universelle, l'importance des relations pour former un corps), la réponse du jésuite est claire : le réseau fonctionne sur un mode horizontal, autoréférentiel, tandis que l'Eglise ne se contente pas de relations immanentes, mais vit une dimension transcendante parce qu'elle possède « un principe et un fondement "externe" ». D'ailleurs, complète-t-il, « l'agir communicatif de l'Église lui vient de l'Esprit- Saint » qui est l'acteur principal de la communion.

    Pour le texte entier: Internet peut-il être un modèle qui nous aide à mieux comprendre l’Eglise ?

    Les moyens de communication ont fameusement changé en quelques années, mais pour nous chrétiens, c'est le Christ qui est le parfait communicateur, aujourd'hui et à jamais le même qu'hier, et c'est son message que nous sommes appelés à faire connaître par-delà les ondes et les frontières...

  • SAUVÉS

    On a beau être chrétien, on demeure humain ...

    Aussi croyant soit-on, le chemin de la foi traverse des tensions, passe par des nuits au bout desquelles des impasses deviennent passages de la mort à la Vie.

    Ils sortirent et montèrent dans une barque, et cette nuit-là ils ne prirent rien. (Jn 21, 3)
    La nuit est le symbole de l'insécurité et seuls, comme les apôtres, nous travaillons souvent en vain. 

    La nuit met fin au travail du corps fatigué,
    Le jour appelle aux oeuvres que tu aimes,
    Nous apprend à fuir les ténèbres, à nous hâter
    Vers ce jour qui n'aura plus de nuit.

    (St Grégoire de Nazianze -330-390-;Hymne 32)

    Pour ceux qui ont relu les divers récits qui parlent des apparitions du Christ depuis Pâques, Jésus ne peut qu’être vivant, et encore merveilleusement présent parmi nous, non pas en récompense à nos mérites, mais gratuitement, par grâce. L'Évangile de ce dimanche (Jn, 10: 27-30) rappelle qu'il est le bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. Tous ceux qui croient qu'il est l'envoyé du Père sont déjà entrés dans la vie éternelle! Une telle nouvelle ne se garde pas pour soi. Elle se partage en premier lieu à tous ceux qui ont besoin de témoins, d'icônes vivantes pour découvrir l'espérance.

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    « Il faudrait qu'ils me chantassent de meilleurs chants pour que je croie en leur Dieu. Il faudrait que ces disciples du Sauveur aient un air plus sauvé. »(Nietzsche-  Ainsi parlait Zarathoustra)

    L'humanité manque souvent, il est vrai, d’«espérance surnaturelle», qui allège et soulève le monde entier. Ici-bas, le bien et le mal sont récurrents, tout être humain en fait le constat. Le signe attendu des chrétiens, c’est qu'ils vivent en «sauvés».

    En nous associant à lui après s'être assimilié à nous, le Christ a besoin que nos gestes humains reflètent le don de Dieu dans les réalités de notre époque. Aussi le croyant ne devrait pas en rester à l'écrasement causé par les problèmes de société, mais tenter d'apaiser par la force d’aimer qui lui vient de Dieu. Si l’anxiété ne lui est pas étrangère parce que il est tout simplement humain, elle devrait faire place en lui, non pas à une joie béate, mais à une paix profonde et durable, celle d’un Dieu qui habite son coeur et tous les cœurs avec amour.

    Dieu peut faire les changements sans nous, mais il respecte notre liberté. Comme chrétienne, mon désir est de m'engager au grand air, et de transpirer de la joie intense de vivre à la suite de Jésus. Compter les points de tout ce qui ne va pas n'est pas mon truc! Ça m'assombrit, m'anémie, me dévitalise, m'entraîne dans l'enfer!

    Il faut que mon âme reste ensoleillée, pour que brille en moi une flamme qui illumine, qui réchauffe, qui ranime! Je choisis d'utiliser mon ardeur pour embraser les gens d'un feu d'Amour...

     

  • FAMILLE NOUVELLE

    Un temps pour chaque chose, et chaque chose en son temps, dit l'adage. Ceci est notamment vrai dans la relation parents-enfants...

    Mon mari et moi avons essayé de construire une famille qui fonctionne dans une relation fondée sur le respect, où il n'y a pas systématiquement un gagnant et un perdant, où il n'y pas un vainqueur et un vaincu. Il a aussi été très important pour nous de comprendre nos fils, de ne pas les juger, et de remettre les pendules à l'heure quand nécessaire. Les années vécues ensemble avec un tel lien familial font que nous avons acquis une connaissance mutuelle suffisante pour vivre bien séparés, avec la juste mesure qui fait que chacune de nos retrouvailles devient un plaisir évident. Notre nouvelle distance est discrètement attentive et crée finalement un rapprochement entre nous, mais surtout une force, un soutien, non seulement dans le réel de la vie, mais aussi dans la représentation de chacun, qui se sent membre d'un nouvel ensemble. Le fait de se savoir bien intégrés dans la nouvelle version de la structure familiale est très précieux pour Guy et moi.

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    Sans avoir atteint le stade où le don s'inverse entièrement entre les générations, il est évident que notre couple-parents vit un changement de rôle par rapport à Gi et La. Nous répondons présents quand ils nous sollicitent, et inversément, en toute liberté. Personnellement, je vis cette période d'échanges entre personnes responsables comme une des plus belles de ma vie. Je bénis cette phase tranquille, où les relations familiales sont plus détendues, parce qu'elles reposent non plus sur la codépendance parents-enfants, mais sur l’"interdépendance", et où les échanges avec nos nos beaux-enfants sont très harmonieux. Ces moments-tendresse sont une sorte de printemps familial, un cadeau fleuri d'Amour que je ne voudrais pas échanger contre tout l'or du monde...





     



  • MONDE UNI

     

    Cette année, les jeunes pour un monde uni se retroussent à nouveau les manches et proposent de vivre un moment inoubliable ...

    Voir sur le site  www.do-it4peace.com !!!
    Voous y trouverez la liste des groupes qui participent cette année !
    Il y aura aussi des animations pour les enfants...
    La danse, la musique, l'animation des enfants, les faits vécus dans la vie de tous les jours seront le signe concret pour dire que le langage culturel et religieux, ainsi que la diversité des activités artistiques sont une richesse pour chacun de nous ...
     
    On vous'attend ! Venez nombreux !!!
    Un seul but : démontrer que
    LA PAIX EST POSSIBLE !!!
  • RITE ET VIE

     

    Un de mes fils en déplacement à l’étranger, a assisté dimanche dernier à une messe qui l’a véritablement nourri...

    « Grâce à une liturgie soignée, de beaux chants, un superbe jeu d'orgue, et avec la participation active de nombreux fidèles » a-t-il précisé, après laquelle il s’est senti plus fort en sortant qu’en entrant. C’est ce qui a suscité le sujet de ce billet...

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     « Vatican II » a provoqué des chamboulements dans tous les sens au sein de l’Église, y compris dans la célébration de la messe, que l’on a voulu débarrasser de « vieilleries », vite remplacées par de nouvelles prières eucharistiques et du bavardage à travers des rajouts inutiles. Le rituel, avec tout le sybolique qui l'accompagne, a été laissé au libre arbitre de la subjectivité et l’idéologie des prêtres, des animateurs, ou des équipes paroissiales, ce qui, pour beaucoup, a abouti à entrer dans un « faire », plutôt que dans un « être », ou un « laisser faire par Dieu ! Étant enfant à cette époque, j’ai pris pour argent comptant ce que déclaraient ceux qui avaient autorité sur moi. Je ne suis pas seule dans le cas! Or, selon ce que j'ai ensuite compris, le but des Pères conciliaires n’était pas de faire naître quelque chose d’absolument nouveau en rejetant tout l'ancien, mais de redonner de la vigueur à la liturgie par un retour aux sources, tout en considérant bien sûr le contexte de vie actuelle des gens.  

    Il m’a fallu du temps, et assister à combien de messes?, avant que je ne saisisse à quel point la liturgie est une pédagogie qui devient chemin de foi en me reliant avec l’Absolu. Revers de la médaille, une plus grande sensibilité à l’esthétique liturgique m’a aussi rendue plus exigeante. Pourtant, ce n’est que dans de rares occasions que je rencontre ce qui répond à mon besoin de « belle messe » : une  véritable solennité soutenue par la présence d’une assemblée rassemblée, « pleine et priante », des temps de prières, de célébration « qui se risque » par des gestes et des actes concrets qui n’ont rien de théâtral et s’effacent pour faire humblement place au Mystère de salut communiqué par le Christ. Une « belle messe » m’enracine dans une ferveur qui ne dépend pas que de moi, mais aussi d'une communauté avec qui je rentre dans une histoire où, ensemble, nous sentons la présence réelle du Christ, de qui nous « épousons la Vérité ». Il est palpable dans des gestes qui nous touchent, mais aussi dans des mots que nous recevons en communion. Une messe « bien construite » permet de comprendre un message qui nous dépasse : nous sommes tous convoqués par la Parole du Christ qui se donne, nous unit, et fait de nous des chrétiens envoyés en mission « du don de nous –mêmes ». La messe est un « devenez ce que vous recevez » qui se conclut par un envoi encourageant, dans la liberté de baptisés qui est la nôtre, et invite à faire de notre vie une liturgie, à annoncer l'Évangile …

    Cliquer ICI- >  Cene1


    Le rite sacramentel parle dans une existence, dans une histoire qui s’ouvre à cette parole. On peut célébrer rituellement la messe sans la laisser prendre forme dans l’histoire. En ce cas le rite devient religieux et sacré, et l’histoire devient profane. Paul Tillich appelait cela le démonique ! L’un et l’autre y perdent leur vocation : l’histoire à être une histoire sainte et le rite à engendrer à la vie vécue en Christ. Car le rite et l’existence renvoient à la même réalité de manière différente.

    Le rite de manière rituelle fait jouer, met en scène la vie. L’existence est le lieu où le rite se déploie dans l’histoire. L’offrande rituelle de l’existence dans le pain et le vin dans la célébration de l’eucharistie n’a pas de sens en dehors de l’offrande réelle de ma vie. Réciproquement l’offrande de la vie réelle, le sens en est révélé dans le rite. Le rite et l’existence se renvoient l’un à l’autre et s’éclairent l’un par l’autre. L’un et l’autre en dialogue conduisent au mystère de la vie en Christ. Une vie qui ne se célèbre pas tombe dans le désenchantement, la perte de sens et se disperse dans la superficialité. Une célébration qui n’atteint pas la vie tombe dans le religieux, autre forme de l’insignifiance. 

    (Jean-Noël Dumont, professeur de philosophie à Lyon)

     

     

     

     

  • TEMPS PAS TANT PERDU QUE ÇA

    Les oeuvres complètes de Marcel Proust comprennent 18 volumes, que j'ai récemment offerts à un de mes fils, en livres d'occasion pareils à ceux de la photo qui illustre ce billet... Ceci m'a donné envie de découvrir davantage cet auteur que je connais très peu. Si, comme moi, vous désirez vous attarder à quelques passages de la série de "À la recherche du temps perdu", vous pouvez cliquer ICI  ou ci-dessous:  ->

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    Dans ce vaste ouvrage, Proust évoque des souvenirs personnels, et analyse finement ses sentiments ainsi que ceux des personnes qu'il a rencontrées. L’incessant retour du passé dans le présent, le flux de la vie qui jamais ne s’arrête, rend son récit hors du temps.

    "Un homme qui dort tient en cercle autour de lui le fil des heures, l'ordre des années et des mondes".

    "Les jours sont peut-être égaux pour une horloge, mais pas pour un homme. Il y a des jours montueux qu'on met un temps infini à gravir, et des jours en pente qui se laissent descendre à fond de train, en chantant".

    "Mon esprit s’agitant pour chercher, sans y réussir, à savoir où j’étais, tout tournait autour de moi dans l’obscurité, les choses, les pays, les années".

    La mémoire involontaire interroge le passé pour se retrouver une idéntité perdue:

    "Nous ne savons jamais si nous ne sommes pas en train de manquer notre vie".

    "Il semble que les événements soient plus vastes que le moment où ils ont lieu et ne peuvent y tenir tout entiers".

    "Ou bien en dormant j’avais rejoint sans effort un âge à jamais révolu de ma vie primitive".

    "Notre mémoire ne nous présente pas d’habitude nos souvenirs dans leur suite chronologique mais comme un reflux où l’ordre des parties est renversé".

    "Les paradoxes d'aujourd'hui sont les préjugés de demain".

    Dans une lettre adressée à sa mère, Proust mentionne la fugacité du temps:

    "Dis-toi que cette lettre est l'expression d'une réalité fugitive qui ne sera plus quand tu la liras".

    C'est le mystère de l'homme qui intrigue Proust, et le sujet de sa quête n'est pas Dieu. Il cherche la transcendance ailleurs, dans le culte de la beauté, de la création artistique. Même s'il dit que "Si beau que soit l'ostensoir, ce n'est qu'au moment où on ferme les yeux qu'on sent passer Dieu", on ne trouve Dieu nulle part, hormis des allusions à la religion à travers une piété extérieure de la part de certains protagonistes, à situer dans un cadre social et politique.

    Cette sorte de spiritualité sans Dieu ne l'a toutefois pas empêché de mandater Mauriac pour demander à Francis Jammes de prier afin qu’il ait une mort douce:" bien que je me sente fort le courage d’en avoir une très cruelle "



    La sagesse populaire affirme que le temps perdu ne se rattrape jamais. Contrairement à Proust, tout en aimant l'évoquer, je ne m'accroche pas à retrouver un "moi" que je ne renie surtout pas et que j'aime encore, étant toutefois consciente qu'il est révolu, dépassé, perdu, parce qu'il ne sera jamais plus d'actualité. Je préfère utiliser mon temps à continuer à découvrir, à trouver, ce "moi" en continuelle voie d'achèvement, destiné à devenir selon ce que Dieu m'a créée. 

    Il n'empêche que dans cette vie où chaque minute file comme l'éclair, où chaque jour semble souvent  défiler plus vite que le précédent, il m' est déjà arrivé de me demander si prier n'est pas une perte de temps. Par ailleurs, si, fait rarissime, je ne prends pas quelques minutes de recueillement au lever, cela me manque. Et au cours d'une journée, j'ai régulièrement besoin d'un peu de temps pour dire quelques mots à Dieu, parfois presque rien, juste pour l'associer à ce que je fais, parfois lui expimer une grosse colère, un chagrin terrible, ou parfois une solitude passagère difficile à définir, mais aussi une grande joie, des louanges, ou encore des interrogations. Tous ces " peu de temps" avec Dieu sont nécessaires pour me laisser sensibiliser par son Esprit, essayer de comprendre ses désirs et d'y répondre.

    Décidément non, prier n'est pas "à perte"! Il est certain que les courts instants consacrés à rencontrer Dieu ne sont jamais du temps perdu. Ce sont des espaces qui m'ouvrent à l'Éternité...


  • FAIRE PLACE

    Je suis rentrée hier soir d’un WE Focolari. Pendant un entretien, une courte histoire a attiré mon attention :

    Une dame est en visite chez une amie. Tout en parlant, elles se retrouvent dans la cuisine. À un certain moment, l’hôtesse ouvre le frigidaire, et la visiteuse s’exclame : « Ben dis donc. Il est rempli à fond ! Il n’y a même plus de place pour la Providence ! »…

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    Nous sommes dans un monde qui prône la force, l’épanouissement, l’autonomie, où chacun doit savoir gérer, prendre sa destinée en main et se réaliser lui-même par lui-même. Il y a en nous comme une peur viscérale de dépendre d’un autre, de lâcher les rênes, qui conduit à des excès d’appétit, de calcul, d’organisation, de prévoyance.

    L’un des grands ennemis est la crainte du vide, du manque, par un instinct de défiance et de défense. Parvenir à vivre dans l’abandon à la Providence nécessite une fameuse dose de confiance. Ce n'est pourtant qu'ainsi que l'on éloigne la tentation de se croire plus fort que Dieu. Aller droit à Lui, c'est être simple et pauvre, laisser humblement creuser un espace à l’intérieur de soi en étant persuadé qu’il ne nous manquera rien, que la Providence subviendra à tous nos besoins réels et nous donnera au-delà même du nécessaire.

    Quand je veux tout vaincre dans la vie par moi-même, il n’y a plus de place pour l’Esprit-Saint. Dans ma relation aux autres, Il est pourtant tellement plus décisif que ce que je peux faire ou dire! En lâchant le vouloir faire, le vouloir convaincre, j’entre dans une « passivité consentante » à l’action divine en moi. Mon abandon est ma vraie force.

    « Rien qu’aujourd’hui, je croirai fermement, même si les circonstances prouvent le contraire, que la Providence de Dieu s’occupe de moi comme si rien d’autre n’existait au monde.

    Rien qu’aujourd’hui, je ne craindrai pas. Et tout spécialement, je n’aurai pas peur d’apprécier ce qui est beau, et de croire en la bonté. » (Jean XXIII)

     

     

  • PAROLE OU ANTI-PAROLE

    Le mal et le bien, le juste et l’injuste, existent en chacun de nous, ils co-existent dans nos relations, dans l'Église, dans notre société...

    Nous venons d'assister à une véritable campagne de calomnies médiatiques visant à attaquer l'Église et à salir l'image du Pape. De nombreuses personnes ont fort heureusement réagi à ces manoeuvres mensongères par des messages de soutien.

    "Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi" (Mat.5:11). Cette béatitude pourrait s'intituler "Chrétiens maltraités", accusés du délit de "Conviction chrétienne". 

    Avant tout, parler signifie créer des ponts ou en détruire. Il y a les bons mots, tendres, affectueux, qui peuvent devenir des petites fleurs poétiques. Il y a ceux qui dressent des murs, inspirant la peur du double sens, l’hésitation à reconnaître la bonne intention derrière eux, et rendent le partage difficileLes mots sont donc parole ou anti-parole, selon l'usage que l'on en fait.

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    Voici une histoire qui donne à réfléchir sur les conséquences de ce que nous disons:

    Une femme "pieuse", mais un brin bavarde, vient se confesser régulièrement à Saint Philippe Néri. C'est toujours la même chanson :

    - Mon Père, j'ai péché par médisance ... Mon Père j'ai calomnié.

    Un jour, le Père Philippe, flairant la confession de routine sans grande contrition, lui donne comme pénitence d'acheter une poule, de la tuer, et de parcourir la ville en répandant les plumes en chemin. Très étonnée, la pénitente s'exécute. Une semaine plus tard, re-confession. Même routine. Le saint confesseur lui donne alors comme pénitence de refaire le même chemin que la semaine précédente en ramassant toutes les plumes qu'elle avait répandues.

    - C'est impossible, objecte la dame, elles se sont envolées !

    - C'est la même chose avec vos calomnies, madame. Une fois qu'on a dit du mal de quelqu'un, ça se répand et c'est impossible à rattraper !

    La langue peut être source de bénédiction, auquel cas parler permet non seulement de se découvrir, se dévoiler, mais de donner à l’autre l’occasion de s’exprimer et de le reconnaître avec son mystère, son trésor secret. Il arrive aussi qu'elle soit portée vers la destruction, et la parole devient alors source de malédiction.

    Les rumeurs, les doutes, les clichés, les ragots, les soupçons, le danger des racontars, les commérages, les calomnies... Tout un mélange pour se méprendre sur la vie des gens, duquel apparaît forcément un questionnement difficile à résoudre. Que sait-on des autres? Quel poids donnons-nous aux rumeurs? Dans le doute que fait-on? Quelle est la vérité? Sommes-nous en droit d'accuser et d'être certain de posséder la vérité? Là où il n'y a aucun doute, c'est que, "à force de fausses vérités, s’imprègnent les vrais mensonges"! Tout comme les plumes d'un oreiller qu'on déchire, une fois déclarées, les accusations ne peuvent plus être ravalées.

    Or, Dieu s'est servi de la Parole pour nous transmettre la vie et nous révéler la vérité. Il nous parle dans les Écritures, mais il est nécessaire qu'elles prennent corps dans une existence humaine, quand le Verbe se fait chair en Jésus de Nazareth, mais aussi en tous ceux en qui la Parole prend corps. L’un des plus grands défis des chrétiens d'aujourd'hui est de traverser la foule "passant leur chemin" en arrivant à porter sur les autres le même regard que Jésus, selon sa Parole: "Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements, et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur qui soit éternellement avec vous, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas" (Jn, 14:15-17).

    Là où il n'y a pas d'amour, semons des messages d'amour et nous verrons fleurir l'amour...

  • DÉLICATESSE DE MARIE

    Chose promise, chose due! Plusieurs d'entre vous s'en sont déjà lêché les babines et en attendent impatiemment la recette...

    Je préférais que le Carême se passe, pour ne pas jouer à la tentatriceClin d'oeil. Et croyez-moi, sa dénomination "Délicatesse de Marie" n'est que pure coïncidence avec mon prénom. C'est sous ce titre que j'ai fait sa découverte. Allez, je cesse le papotage et vous livre le secret de ce gâteau délicieux, et très facile à réaliser. Tout pour plaire et y revenir...

     

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    Gâteau du mariage civil de Gi et Va

    INGRÉDIENTS (Pour 6 à 8 parts)

    - 200 gr spéculoos

    - 75 gr beurre (ou margarine)

    - 1 ravier philadelphia (ou autre fromage frais) 200gr

    - 10 cl eau

    - 1 citron

    - 2 sachets sucre vanillé

    - 8 càs sucre fin

    - 1/4 L crème fraîche

    - 5 feuilles de gélatine (de 10 gr)

    -  Cerises, quartiers mandarines, etc... pour garnir


    PRÉPARATION

    . Écraser les spéculoos

    . Ajouter le beurre => mousse consistante

    . Garnir fond moule gâteau (à charnière, 20 cm de diam)

    . Étendre la pâte et bien la tasser

    . Faire tremper la gélatine dans 10 cl eau froide

    . Lorsqu'elle se rétrache, la chauffer à feu très doux (pas laisser bouillir!), puis faire refroidir.

    . Dans un autre plat, battre le fromage avec le jus de citron, le sucre et le sucre vanillé.

    . Ajouter la gélatine refroidie, et bien mélanger.

    . Battre la crème fraîche et l'incorporer au mélange

    . Verser le tout dans le moule

    . Laisser refroidir 24H au réfrigérateur, puis démouler et garnir.