• TEMPS PRÉSENTS

    Nous ne pouvons pas garantir l’avenir à ceux qu’on aime

    Mais on peut leur offrir notre présence attentive au présent.


    metronome

     

    Seul celui qui est capable d’accepter les présents de chaque moment

    est vraiment capable de donner.


    Le présent est la résidence des miracles…


    Meilleurs voeux de bonne année 2010 à tous,

    emplie de beaux présents au quotidien!

     

  • Y'A PIS QU'ÇA

    Le temps est le médecin de tous les maux inévitables. (Méandre)

    après pluie beau temps

    Depuis une quinzaine de jours, un hôte indésirable, une vilaine aphtose, fait des ravages dans ma bouche. Il m'est très difficile de manger, sauf absorber du liquide ou semi-liquide. Comme un bébé ou comme une petite vieille, mais le résultat est du pareil au même. Parler, une de mes activités préférées, je ne l'apprends pas à ceux qui me connaissent, m'est pénible à certains moments, parce que les plaies intérieures, présentes dans toutes les zones possibles, se réouvrent. Là où il n'y a pas lésion, il y a tuméfaction. Imaginez la jouissance du brossage des dents! Durant plusieurs nuits, j'ai dû me relever et refaire des bains de bouche, puis attendre que le sommeil revienne! Je le dis au passé en croisant les doigts, car cette nuit n'a pas été interrompue. Si j'étais une oie, ce n'est pas cette année que je serais élue meilleure productrice de foie gras. Au régime où je suis, la balance marque le poids à la baisse. Il me reste de quoi rivaliser avec un petit poussin de Pâques!

    Par bonheur, je n'ai que ça, alors que tant d'autres personnes ont la même chose, consécutive à un traitement de chimio. De quoi me plaindrais-je donc, même si j'aspire, bien sûr, à rapidement récupérer "la normalité"? D'autant que tout ceci ne m'empêche heureusement pas de fonctionner socialement et d'apprêter tout ce qu'il faudra pour les fêtes. Au bilan final, tout ne va donc pas si mal que ça. Je sens même monter en moi une intense émotion de pouvoir dire : "Je suis bien en vie ! J'aime la vie!"...

  • DON ET ABANDON

    Aujourd'hui, fête de la Sainte Famille

    En un sens, l’expérience de la Sainte Famille est aussi celle de toutes les familles. Le bien le plus précieux de tous les parents, ce sont leurs enfants.

    famille-cb

    Voici ce que je retiens surtout des lectures de la messe...

    De la 1ère lettre de Jn 3,1-2.21-24 =>" Voyez comme il est grand, l'amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu - et nous le sommes.(...). Tout ce que nous demandons à Dieu, il nous l'accorde, parce que nous sommes fidèles à ses commandements, et que nous faisons ce qui lui plaît. Or, voici son commandement : avoir foi en son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l'a commandé."

    Et de Lc, 2,41-52 =>"(...) Sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m'ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C'est chez mon Père que je dois être. »"

    Je comprends ce passage sans transition entre le récit de la naissance de Jésus et son adolescence comme un rappel... 

    La vie ne nous appartient pas, nous ne pouvons pas la contrôler ni la posséder. quand bien même il s'agit de celle d'un bébé fragile à protéger. L’enfant n’est pas uniquement celui des parents, mais il est un don que Dieu leur confie. Ils ne peuvent que l’accueillir pour l’offrir à leur tour, comme Joseph et Marie.

    Le rôle des parents est de permettre à leurs enfants de se construire dans un espace de liberté, mais aussi avec un accompagnement affectueux, attentif, plein de confiance et de compassion. C’est grâce à ses parents que Jésus peut grandir de la plus belle façon en taille, en grâce et en sagesse, devant la face de Dieu et dans la société des hommes.

    Le rôle de Joseph, qui endosse la paternité de Jésus, est celui qui incombe à tout père: il est celui qui apprend à son fils les choses de la vie et du travail. Il est le protecteur juste et affectueux dont Jésus a besoin pour se structurer dans son humanité.

    Marie est celle qui engendre, qui nourrit, accompagne les premiers pas, les premières rencontres, celle qui se soucie, voit, invite, jusqu'à encourager son fils à agir dans la profondeur de son âme, lors du premier miracle aux noces de Cana. Elle est celle qui compatit, qui est toujours là, discrètement, mais très présente, jusqu'à la Croix.

    Les lectures proposent aussi un regard élargi sur l’esprit de famille, qui n’est pas exclusivement réservé à la famille biologique. Bien sûr, pour devenir autonome, il faut d’abord appartenir à sa famille, le temps de se faire une identité. Cependant, la conscience de soi réduite à l’esprit de famille ne peut à la longue que s’étioler, voire s’aliéner. Les parents doivent accepter l’ouverture de leurs enfants à d’autres sociétés, leur engagement dans d’autres groupes, des échanges avec d’autres mondes.

    « Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être. » Pour Jésus, c’est la priorité absolue et il s’y tiendra fidèle tout au long de sa vie...

  • PLUS COMME AVANT

    Après l’Avent, plus rien n’est comme avant. Il y a Noël!

    Comme Marie qui s’est demandée: “Comment cela pourrait-il se faire?”, c’est dans une Foi qui nous fait oser nous abandoner complètement en Lui que Dieu vient (peut!) enfanter en nous...

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    En ce jour de Noël, nous fêtons le Mystère de la naissance de l’Enfant-Dieu. Il se présente à nous, dans une crèche, et s’offre nu, abandonné à notre merci. Il a besoin que nous lui permettions de vivre, mais ne réclame rien, parce qu’il a confiance en nous. Comme tout bébé, celui que l’on nomme “le Verbe” ne parle pas.

    “Il est”, simplement, immuablement, et son devenir dans l’humanité dépend de notre ré-action. Sa fragilité fait toutefois résonner les paroles du Christ sur la Croix: “J’ai soif!”. Plus question de faire la sourde oreille! Comme à la Samaritaine, nous savons que Jésus demande de notre eau de vie, telle quelle, sans faire d’analyse de potabilité.

    Le miracle de l’Emmanuël venu habiter parmi nous peut se célébrer chaque jour, à chaque instant, par l’accueil de sa Présence vivante en chacun que nous croisons dans notre vie. Quoi que nous  vivions, de notre coeur ouvert peut toujours jaillir de l’eau vive où viendront puiser les assoiffés de la terre…

     

     

     

     

  • LUMIÈRE, SOURIRES, MUSIQUE

    Noël, c'est célébrer le plus beau cadeau que Dieu a fait au monde: l'Amour! Que votre Noël soit illuminé par les sourires, le vôtre, ceux des personnes qui vous entourent, et que les rires s'unissent en une seule âme pour résonner au coeur des festivités...

    Nativite_marguerite

    Pour que la fête soit plus belle, voici une superbe page musicale...

    Goode Christemas Musicke by Stephane Potvin and the Con Brio Choir

     

  • INOUÏE ET INOUBLIABLE

    Jade est une petite fille de qui je vous ai déjà parlé sur ce blog...

    Elle se passionne pour les choses spirituelles et s'émerveille devant les mystères de la vie. Elle met tout son cœur à chercher le lien entre sa petite graine de vie et le grand bouquet de l’infini.

    Jade est inouïe et inoubliable!

    jadeorange


     Jade et les sacrés mystères de la vie,

    de François Garagnon


     Je trouve ce livre tellement beau que je voudrais le transmettre à tout le monde ! Toutefois, il s'adresse particulièrement à un public "jeunes ados".

    Voici quelques extraits qui vous donneront peut-être le goût de le découvrir ou de le faire découvrir. Si vous êtes en panne d'idée pour les cadeaux de fin d'année, pensez-y!


    Depuis que je connais Dieu, j'ai beaucoup changé. Oh! de l'extérieur je n'ai pris que quelques centimètres, mais j'ai peuplé mon royaume intérieur de plusieurs milliers de sujets d'intérêt, et je suis bien décidée à ne pas en rester là ! Avant, je n'étais qu'un petit bout de femme de rien du tout; maintenant, je suis une créature unique, parmi des milliers de milliers. C'est une sacrée métamorphose qui est à la portée de tout le monde, à une condition : aimer et se sentir aimé. Pour de vrai, et pour toujours.


    Dieu ne force jamais ton cœur : tu peux lui faire la tête un jour, il ne t’en voudra pas le lendemain. C’est un sacré chic type, au fond. Il est là pas seulement quand il a envie d’être là, mais quand on a besoin de lui, même dans les pires moments. Et ça, c’est drôlement rare. Quand il dit je t’aime, ce n’est jamais du bout des lèvres, c’est à pleine tendresse, avec de l’amour du monde et puis aussi sa manière de fabriquer en un clin-Dieu des instants d’éternité.

     

    Dieu, c'est difficile à expliquer, c'est quelqu'un qui ressemble à personne, on ne l'entend pas avec les oreilles et on le voit pas avec les yeux. On le sent, c'est tout.(...). Le Saint-Esprit, c'est un peu comme un allumeur de réverbères, il illumine tout ce qu'il approche. Donc, la présence de l'Esprit, c'est facile à reconnaître : on respire un parfum d'harmonie, d'équilibre et de transparence. C'est simple, c'est comme si l'homme ressentait une connivence. Une connivence entre sa petite graine de vie et le grand bouquet de l'infini, entre le visible et l’invisible. Comme si Monsieur Saint Esprit serrait la main de Monsieur Homme.

     

    Ce qui est bien avec maman, c’est qu’elle apprend à contempler la beauté même quand il fait pas beau : j’ai compris comme ça qu’une personne, c’est un peu comme un paysage. Si vous l’aimez vraiment, vous n’avez pas besoin qu’elle soit tout le temps au beau fixe pour l’aimer.

     

    Tu sais, ça m'est déjà arrivé d'être hier malheureuse. Eh bien, je me suis aperçue que la seule façon de chasser le brouillard qui plane à l’intérieur c'est de faire briller un moment des rayons de sourire. Tu me diras : c’est difficile de sourire quand on est malheureux. En fait, on apprend. Et on s'aperçoit vite qu'il est encore plus difficile d'être malheureux quand on sourit.

     

    Moi, j'ai compris un grand secret...  approche-toi, je vais te le glisser dans le creux de l'oreille... là où il y a de l'abandon, il y a de l'amour, et là où il y a de l'amour, il y a Dieu. Voilà, voilà. Il faut savoir choisir, et puis tout donner, sans se retenir, s'abandonner au courant après s'être assuré de la pureté de sa source, se laisser porter par son propre élan, sentir le rythme, l'équilibre et l'harmonie, savourer le goût de la vie, et dans un grand soleil de tendresse, dire merci à Dieu, merci de nous guider vers des mondes inconnus et de nous porter sans se lasser, sans se fatiguer, sans ralentir sa course, loin, loin, loin... Laisser Dieu couler en nous comme une source. Tout simplement. Quand tu auras compris ça, tu verras : la vie, ça coule de source...

     

    Dieu  créé l’homme libre. Il ne veut pas avoir l’air de s’occuper de ce qui ne le regarde pas... Alors peut être bien qu’il donne des rendez-vous à l’homme en cours de route, au cours de la vie, à travers ce qu’on appelle des hasards ou des coïncidences.

     

    Dieu a laissé l’homme libre de conduire sa vie comme il l’entend. Dieu a mis en lui quelques graines, et il attend qu’il les cultive, qu’il en prenne soin. Libre à lui de faire mûrir ou de les laisser mourir ! Il y a comme ça de nombreuses graines étouffées dans leur germe. C’’est çà la liberté de l’homme : le pouvoir de dire oui ou non, d’entretenir ou de laisser périr, de faire fructifier ou de massacrer.

     

    Lorsque tu t'éveilles le matin, songe que tu n'as aucune certitude d'être vivante au coucher du soleil... N'est-ce pas la meilleure des raisons pour dire chaque jour merci à Celui-quî-meut-l'univers et-ordonne-toute-chose, merci de faire que la Terre est parfois si jolie ? N'est-ce pas une raison pour t'émerveiller de la Vie, sous quelque forme qu'elle s'exprime — fût-ce l'imperceptible frémissement du brin d'herbe dans la brise du soir ? N'est-ce pas une raison pour rechercher les grandes occasions, les personnes de valeur et tout ce qui est digne d'espoir ? N'est-ce pas une raison pour vivre pleinement tes joies et supporter dignement tes peines ? N'oublie jamais de respirer le parfum de la vie, d'entretenir la flamme de l'allégresse intérieure, d'être sensible à la caresse de l'air lorsque  tu te déplaces, et d'emplir tous tes sens des images, des senteurs et des mélodies du monde. Oui, n'oublie pas de savourer le goût de la vie, son royal nectar butiné sur des fleurs à la splendeur intacte, ce miel à la tiédeur exquise, aux virtualités secrètes et magiques. »

     

    On reconnaît l’amour véritable à ce que le silence de l’autre n’est plus un vide à remplir, mais une complicité à respecter.

    Quand on aime quelqu’un, hé bien le quelqu’un qu’on aime : c’est un quelqu’un qui ressemble à personne, qui n’a pas besoin de parler pour être présent, qui est incapable de vous fabriquer de l’infini en un sourire et, quand vous pensez à lui très fort, de vous transporter dans un monde qui n’existe pas – ou qui existe seulement quelque part ailleurs.

     

    Il t’arrive d’aider les gens et, en échange, tu ne reçois au bout de tes peines que de l’indifférence ou de l’ingratitude ; à l’inverse, parce ce que tu as écouté quelqu’un qui avait besoin de parler, tu entends dire merci, comme si tu venais d’accomplir un miracle, alors que tu n’as rien dit, tu n’as pas fait autre chose qu’écouter.

     

    Je suis sûre que si Dieu faisait notre volonté ce serait catastrophique ! Il réaliserait tous nos caprices, et on s’apercevrait plus tard qu’on s’est trompé. Alors, on se tournerait vers Dieu, et on lui dirait : « Pourquoi tu m’as laissé faire ça ? » Donc il vaut mieux s’abandonner à la volonté de Dieu, rien désirer d’autre que ce qu’il veut lui.

     

    Prier ce n’est pas uniquement avec de mots, c’est en répandant de l’amour tout autour, chaque jour, comme quand on met de la lumière qui diffuse dans une pièce noire. Donc il faut être illuminé de l’intérieur pour éclairer l’extérieur.

     

    Aimer, ce n’est pas vouloir rendre l’autre heureux. C’est être heureux, et offrir son bonheur à l’autre.

     

     



  • DES RIENS QUI CHANGENT TOUT...

    En bref, voici de petits instants choisis de mes journées au cours de cette semaine...

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    Partie dimanche soir chez un ami, j'y suis restée jusque mardi en fin de journée, ce qui m'a permis de l'aider dans l'aménagement de son nouvel appartement.

    Il était prévu que je rentre chez moi en train, mais mon mari, en déplacement mardi dans la région, m'a fait la belle surprise de faire le détour pour venir me chercher.

    Mercredi, nous offrions un souper aux moules à un ami à la maison, à l'occasion de ses 70 ans. Drôle d'idée, à première vue, et menu assez ordinaire. Sauf quand on sait que l'épouse de notre jubilaire (à qui Guy avait préparé un filet américain -un tartare, pour ceux qui ne sont pas belges!- dont elle rafole) est allergique aux crustacés, qui ne figurent jamais au menu de chez eux. Le repas fut un festin pour nos deux amis...

    Après cogitations, hésitations, je crois avoir trouvé les cadeaux qui conviendront à la personne que j'ai tirée au sort pour Noël. Jeudi, tout en faisant les démarches nécessaires, je m'amusais à imaginer l'effet que ça produirait, en espérant bien sûr que je ne me sois pas trompée!

    Ce qui précède me fait dire comme Henry de Montherlant que "On peut éprouver une telle joie à faire plaisir à quelqu'un qu'on ait envie de le remercier."

    Jeudi matin, deux techniciens sont venus installer un nouveau modem chez nous. Nous voici donc raccordés au système "VDSL2", par rapport auquel l'ADSL devient déjà un ancêtre. Profitant de la présence des spécialistes, je leur ai demandé s'ils pouvaient brancher aussi un nouveau décodeur pour la télé, que nous avions depuis la veille, et n'était pas encore déballé. Mais ils ont répondu que ceci n'entrait pas dans leur "mission", et qu'ils devraient dans ce cas me facturer le service, ce que j'ai admis sans discuter, tout en renonçant à cette solution de facilité! Puis, j'ai fonctionné comme d'habitude, m'intéressant à leur métier, leurs déplacements, leur statut par rapport à la "big société"pour laquelle ils étaient sous-traitants. Ensuite, j'ai proposé une tasse de café, qu'ils ont d'ailleurs refusée. Le travail se terminait, lorsque l'un a dit que finalement, plutôt que de rester à ne rien faire pendant que son collègue rangeait du matériel, il pourrait brancher notre modem, opération rapide, qui ne lui demandait pas d'effort. "Je peux bien vous faire ce plaisir-là", a-t-il ajouté! Et son collègue a approuvé. Mieux: ils ont ensuite réinitialisé la TV et nos deux ordinateurs...

    Sur le temps de midi, dîner dans une brasserie proche de mon ancienne clinique. J'y rejoins d'anciennes collègues et quelques médecins. C'est chaque fois un plaisir de se retrouver, et le fait d'être encore associée à eux montre que nos liens n'étaient pas purement professionnels.

    De là, je vais en ville, rejoindre une amie qui tient à me faire visiter les lieux de son nouvel emploi. En ce moment, le plateau de la balance penche du bon côté pour elle. Je partage d'autant plus son bonheur que je sais combien il était vital pour elle de voir ses compétences enfin reconnues, mais surtout de pouvoir les exercer dans un milieu qui correspond à ses valeurs morales!

    Pendant la soirée, alors que je suis au Séminaire à l'occasion de la veillée de Noël (messe, repas, sérieux, humour, chants, public élargi et varié, de tous âges [y compris les tout- petits] et nationalités, la fête s'est déroulée dans ambiance de belle communauté qui m'a donné le sentiment que nous faisions Église), Guy m'appelle à trois reprises. Il est pris dans un embouteillage. Je freine ses réactions agressives. Il se rassure à chaque fois, je l'entends à sa voix. Merci la technique qui permet de joindre quelqu'un en voiture! Rentrée à la maison, j'attends mon mari, qui arrive épuisé vers 1h du matin. Il vient de battre son record de lenteur: 6H 30 pour parcourir une soixantaine de Kms. Mais il ne râle plus trop...

    Vendredi, le temps intervient négativement sur mon humeur. J'aime la neige à travers la fenêtre, mais elle m'empêche d'aller à Leffe, où je me réjouissais de me rendre. Je démarre la journée sans beaucoup d'entrain. En fin de matinée, mon GSM signale l'arrivée d'un SMS. Il provient de Gi: "Super les cougnous. Tout le monde a apprécié. Une instit demande la recette. Encore un grand merci. Gros bisous". Tiens! Je les avais oubliés, ceux-là, et voici qu'ils me reviennent au bon moment, sous une autre forme. Comme quoi...Sourire

    Peu de temps après, c'est La. qui envoie un mail. Inhabituel de sa part! Il demande à ce qu'on l'accompagne prochainement son papa et moi pour une démarche qui n'entre pas "dans ses cordes". Sans hésiter, c'est affirmatif de ma part, et la réponse de Guy est pareille, lorsque je lui en parle au soir. Si ça peut aider notre fils...

    En début d'après-midi, moment stratégiquement propice pour faire les courses en évitant la cohue, je me décide à sortir de chez moi. Ma liste comprend déjà de quoi ravitailler les invités de Noël, mais aussi ceux que nous recevrons dimanche. Le chargement promet d'être lourd, mais j'ai le coeur léger.

    En soirée, j'écris, non pas sur ce blog, mais des adresses sur enveloppes. Le courrier par la poste est bientôt prêt à l'envoi: Guy n'a plus qu'à signer. Les voeux par internet vont suivre, mais le projet est terminé. Il fait bon, quand revient Noël, de repenser à tous ceux qui colorent ma vie, et j'aime leur envoyer des voeux pour leur signifier qu'ils comptent pour moi, pour nous, en dépit de rares rencontres avec certains.

    Ce soir, une amie passera la soirée chez nous. Comme chaque année, elle recevra l'assiette de St Nicolas préparée à son intention, ainsi qu'un petit cadeau symbolique en accompagnement. Un "pas grand chose" qui compte un peu.

    Et en l'attendant, je fais quoi, à votre avis? Ben... je prépare une nouvelle fournée de cougnous, et termine de la décoration de Noël Clin d'oeil

    Il est possible que vous trouviez ces détails insignifiants, et pourtant ce sont ceux qui sont surtout capables de changer ma vie...

     


     

  • L'ANGE EN CHOCOLAT


    Saison du chocolat, saison de fêtes, saison des anges dans nos campagnes... Humeur à de petites histoires...


    Il arriva qu’un jour, alors qu’ils faisaient les courses au supermarché, César demande à Jacques, à brûle-pourpoint:
    - Dis donc, mon vieux, est-ce que tu crois aux anges ?
    - Euh, bof... je ne sais pas trop, répondit le jeune homme, interloqué par une telle interrogation si déplacée dans un tel lieu.


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    Un paquet de lessive à la main, Jacques eut du mal à reprendre le cours de ses achats sans perdre des yeux la liste précise des choses à acheter, dressée par le vieil homme. Mais déjà, en posant un pot de moutarde « qui pique » dans le chariot, César ajoutait sans plus attendre :
    - Je te dis ça. . . parce que même si tu n’y crois pas. . . pourtant tu en as un ! Tu as un ange gardien !
    « Mais qu’est-ce qu’il raconte ? pensa Jacques. Où veut-il en venir, avec son histoire d’ange gardien ? Et pourquoi donc aurais-je un ange, même si je n’y crois pas ? »
    Tout en cherchant le chocolat noir, il commença vraiment à se demander s’il croyait aux anges. Mais César ne lui laissa pas le temps de réfléchir plus longtemps, et tout en poussant le chariot derrière son jeune ami, il ajouta encore :
    - Et en plus, tu vas rire, il se passe de ton accord pour veiller sur toi ! C’est un comble, tu ne trouves pas ?
    Un truc qui nous échappe à ce point !
    Mais où était donc ce maudit chocolat amer, « 1 00 % cacao » ? Était-ce à cause de la crise qui montait devant ce chocolat introuvable, ou bien de son énervement contre César, toujours est-il que soudain Jacques se retourna, quelque peu excédé :
    - Je ne sais pas si j’ai un ange ou pas ! Mais je me demande bien à quoi ça sert, en tout cas !
    César, accoudé au chariot, prit son air malicieux pour savourer la réponse qui tout d’un coup fusa :
    - Tu sais, je crois qu’il y a deux sortes d’hommes : les hommes mal inspirés, ceux qui n’écoutent que les commentaires issus de leur passé en toute circonstance, et les hommes bien Inspirés, ceux qui entendent les intuitions de leur ange ! Qu’est-ce qui te répond quand sans réfléchir tu as soudain une idée géniale, sinon l’ange...
    - D’accord, je veux bien ! Mais cela change quoi à ma vie que mes idées géniales soient en fait soufflées par un ange ?
    - Ah, mais ça change tout ! Car tout le monde a des idées géniales, puisque tout le monde a un ange gardien.
    Mais seulement ceux qui y croient peuvent les entendre ! C’est comme le chocolat 100 % cacao : il est toujours là, dans le magasin ! Mais seul celui qui le cherche vraiment, celui qui y croit, peut le trouver.

    © Bernard Montaud
    Bernard Montaud répond à ses lecteurs sur le site des éditions Editas : http://www.editas.fr

  • ROUTINE

    - Tu vas faire quoi aujourd’hui ?

    À cette question, je réponds:

    - Comme chaque année à pareille période, nous fêterons saint Nicolas à la maison. La routine, quoi...

    Entendons-nous bien, je n'ai pas dit l'ennui, la démotivation, dûs à une habitude usée!

    routine2

    Toute ressemblance avec moi est ailleurs que sur cette image Innocent


    Par ailleurs, je lis:

    "Il meurt lentement, celui qui devient esclave de l'habitude, refaisant tous les jours les mêmes chemins, celui qui ne change jamais de repère, ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements, ou qui ne parle jamais à un inconnu" (Pablo Neruda).

    D'accord, mais comment l’homme pourrait-t-il se construire et se développer sans un "minimum" de routine ? Qu’adviendrait-il de lui, s'il n’avait plus rien de fixe, plus rien qui garantisse une certaine stabilité ?

    D'abord, de quoi parle-t-on quand on évoque routine? On entend "route", que j'interprète ici dans le sens d'un chemin très connu parce que souvent fréquenté et toujours pareil, que l’on emprunte par habitude, sans se poser de question. Solution de facilité et d’abandon pour certains, la routine est synonyme d’efficacité pour d’autres. Notamment, en permettant de fonctionner sans trop réfléchir, elle fait économiser beaucoup d’énergie et de temps.

    Personnellement, je vois la routine comme une base solide sur laquelle m'appuyer pour faire face à l'imprévisible. En outre, en épargnant un tâtonnement inutile, elle me donne le courage de construire. Son automatisme m'autorise à me distraire dans la curiosité et dans l’étonnement. Ceci m'apporte des nuances incroyables à ce qui semble invariable, et génère l’allégresse de ressentir tellement la Vie en moi que j'ai envie de continuer à participer à la vie hors de moi.

    C'est pourquoi il me paraît nécessaire, et je ne m'en prive pas!, de sauvegarder un certain rituel dans la vie, pas pour le décorum, mais parce qu'il sert de fondement et de racine à la famille, aux groupes, à la société. C'est ainsi que les fêtes (religieuses ou pas) permettent aux hommes de se repérer, de se situer, et de se sentir solidaires entre eux.

    Pratiquement, une certaine routine m'octroie une faculté d'attention plus soutenue sur ce que la vie me présente là où je suis, et d'embellir mon regard sur le monde. Ce qui me fait dire que la vie est un miracle permanent, même dans une continuelle litanie de gestes répétitifs...

    N.B. pour ceux qui ne me connaissent pas: J'évite la routine des bigoudis sur la tête, grâce à Dame Nature, et ne suis jamais comme un zombie en me levant Clin d'oeil



  • PAS ÉTONNANT

     

    Pas étonnant, dit Dieu

     

    Francine Carillo

     

    Pas étonnant, dit Dieu, que votre histoire soit tissée de rendez-vous manqués ...

    dieu_2

     

    Vous m'attendez dans la toute -puissance, et je vous espère dans la fragilité d'une naissance !

     

    Vous me cherchez dans les étoiles du ciel, et je vous rencontre dans les visages qui peuplent la terre !

     

    Vous me rangez au vestiaire des idées reçues et je viens à vous dans la fraîcheur de la grâce !

     

    Vous me voulez comme une réponse, et je me tiens dans le bruissement de vos questions !

     

    Vous m'espérez comme un pain, et je creuse en vous la faim !

     

    Vous me façonnez à votre image, et je vous surprends dans le dénuement d'un regard d'enfant !

     

    Mais, dit Dieu, sous le pavé de vos errances, un Avent de tendresse se prépare, où je vous attends comme la nuit attend le jour.

     

    source : prier.be