• INCENDIES

    Jeudi dernier, j'ai assisté à un véritable chef-d'oeuvre, en allant voir "Incendies"...

    Cette pièce de 2h45, écrite et mise en scène par Wajdi Mouawad, raconte une histoire bouleversante qui amène le public à réfléchir autour de la question de l'origine, et à méditer longuement sur les beautés et les atrocités du genre humain.

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    Un notaire lit à deux jeunes gens, Jeanne et Simon, frère et soeur jumeaux, le testament de leur mère Nawal. Elle leur a laissé deux lettres. L'une pour un père qu'ils croyaient mort, l'autre pour un frère dont ils ne savent rien. À partir de ce noeud dramatique, on pénètre dans des terres déchirées par la guerre. Traversé par de nombreux incendies ravageurs, le récit est remarquable dans son acuité d'analyse des coeurs et des âmes.

    On entend le cri muet d'une femme, Nawal, celui d’une amoureuse, d’une mère, d’une fille. Il est aussi l'expression du chaos et du sang, celui d’un pays où l'on se tue. Jusqu’où l’horreur peut-elle aller? Jusqu’à quel point les mots peuvent-ils l’exprimer? Jusqu'à vouloir se taire...

    Horrifié par ce qu'il voit, entend, ou n'entend pas, le spectateur ne comprend pas comment l’humain peut obéir à des ordres inhumains. «Comment vivre après avoir répandu la terreur?», se questionne-t-on. La réponse est clairement donnée  dans la pièce: en essayant de sortir de l'engrenage de la haine, afin de conserver sa dignité! «Il faut couper le fil», «La vengeance ne mène à rien».

    Cliquez sur le lien suivant pour regarder une vidéo:

    http://www.dailymotion.com/video/k28vRyqbm0UQXN1dDP6

    Il me semble impossible de sortir "indemme" de ce spectacle grandiose. Le message qui y est véhiculé ne peut que s'imprégner dans le coeur du public.

    Il reste à espérer qu'à force d'être touchés par l'absurdité du mal, les gens posent plus facilement des gestes de paix...

  • PÉPITE D'OR

    Lors de mon voyage en Bretagne, une libraire m'a conseillé le livre "No et moi", de Delphine de Vigan. Je lui ai fait confiance, et en ai fait l'achat, que je suis loin de regretter...

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    No et moi- Delphine de Vigan
    Le Livre de Poche - 256 pages.

    Lou Bertignac est une jeune surdouée de treize ans, vivant entre une mère ravagée par le chagrin de la perte d'un enfant, et un père dévoué...

    La gamine éprouve de la difficulté à s'intégrer à ses camarades de classe de qui elle se sent très différente, et en souffre. Elle fréquente volontiers les endroits publics, pour y observer Monsieur et Madame "Tout le monde", noter leurs réactions, essayer de décoder leurs émotions. Là, elle découvre No, une fille de la rue âgée de dix-huit ans, livrée à elle-même et avec ses propres règles, qui fume, boit de l'alccol, et crache à terre. Rien qui les assimile, en apparence. Puis, subitement, par le hasard d’un exposé scolaire, une amitié va se créer entre elles, et la vie immobile de Lou se met à frémir devant les injustices sociales, et la vie qui n’a pas de sens. 

    Lou, Pépite pour Lucas, n'est pas une pépite qui dort, mais une véritable pépite d'or, une enfant merveilleuse "qui rêve éveillée", les yeux scintillants d'humanité. Et ça donne un récit poignant, émouvant, qui raconte la difficulté d'aider quelqu'un malgré lui et malgré le destin.

    - Il y a des silences aussi, chargés de toute l’impuissance du monde…
    - Tous ces mots qui se bousculent dans ma tête comme un immense carambolage…

    - On est capable d'envoyer des avions supersoniques et des fusées dans l'espace, d'identifier un criminel à partir d'un cheveu ou d'une minuscule particule de peau, de créer une tomate qui reste trois semaines au réfrigérateur sans prendre une ride, de faire tenir dans une puce microscopique des milliards d'informations. On est capable de laisser mourir des gens dans la rue…

    - Alors j'ai compris que, parmi les questions que je me pose, le sens de la rotation de la langue n'est pas la plus importante...

     

  • LE LAIT DE DIEU


    Voici une belle histoire sur la confrontation entre la nécessité de science et la nécessité de foi...
    C'était il y a longtemps. Moïse parcourait le désert d'Egypte. Il était déjà un prophète grand devant Dieu et devant les hommes. Un jour, il demande l'hospitalité à un berger qui l'accueille avec joie. Et tout naturellement Moïse participe aux travaux de la bergerie, soigne les brebis, s'occupe des agneaux.

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    Très vite Moïse remarque une chose qui l'intrigue : chaque soir le berger met un peu de lait dans une écuelle, se recueille, va déposer l'écuelle sur une pierre plate à 50 mètres de son campement et revient très concentré comme s'il avait prié… Chaque matin, il va rechercher l'écuelle, constate qu'elle est vide et revient avec un air radieux comme s'il avait rencontré un ami. Moïse lui demande :

    - Qu'est-ce que tu fais avec cette écuelle ? 

    - Ça, c'est le lait de Dieu !

    - Le lait de Dieu ? 

    - Mais oui, c'est le lait de Dieu ! 

    - Explique-moi donc !

    - C'est très simple. Chaque soir, je prends un peu du meilleur lait de mes brebis, je le verse dans une écuelle et je dépose celle-ci sur une pierre. Et la nuit, Dieu vient boire le lait ! 

    - Dieu vient boire le lait ?

    - Oui, Dieu vient boire le lait que je lui offre. 

    - Mais Dieu n'a pas de bouche, il ne peut donc boire le lait que tu lui offres…

    - Je sais que Dieu n'a pas de bouche, mais je sais aussi que c'est Dieu qui vient boire le lait !

    - Écoute, berger, souhaites-tu progresser dans la connaissance de Dieu ?

    - Oh, oui ! Prophète grand devant Dieu et devant les hommes !

    - Alors, je dois te dire que Dieu ne peut venir boire ton lait puisqu'il n'a pas de corps et donc pas de bouche !

    - Tout cela est possible, mais moi je sais que c'est Dieu qui vient boire mon lait et qu'il l'apprécie puisqu'il revient chaque nuit…

    - Écoute, berger, le mieux est peut-être que tu vérifies toi-même. Reste donc ici et veille toute la nuit. Tu verras ainsi qui boit le lait que tu offres…

    - C'est une bonne idée, dit le berger avec un grand sourire. Peut-être qu'ainsi je verrai Dieu…

    Moïse va dormir. Le berger dépose l'écuelle à l'endroit habituel. Il s'assied à l'entrée de la hutte, se calfeutre dans son manteau, car, vous le savez, les nuits sont froides dans le désert. Tout s'endort. Les sons d'abord, puis les couleurs, enfin les parfums eux-mêmes. Il y a juste un petit vent qui vient du désert et qui caresse doucement le visage du berger… Jusqu'à minuit, il ne se passe rien. Tout- à- coup, le berger aperçoit une petite ombre souple qui s'approche avec prudence. Un petit renard. Il s'arrête oreilles pointées, nez frémissant et, ne sentant pas la présence du berger, se précipite sur l'écuelle et boit le lait. Goulûment ! Puis il repart comme il était venu.

    Le lendemain, Moïse trouve le berger tête basse :

    - Tu avais raison, prophète grand devant Dieu et devant les hommes, ce n'est pas Dieu qui vient boire le lait, c'est un petit renard…

    - Il y avait tant de douleur dans la voix du berger que Moïse s'est aussitôt retiré dans la montagne et a prié. Dieu lui a dit : 

    - Qu'as-tu fait au berger ? 

    - Seigneur, j'ai essayé de le faire progresser dans la connaissance de Dieu.

    - Non ! Tu lui as enlevé la seule façon qu'il avait de me dire son amour ! Ce que tu as fait est très grave! C'est vrai que je n'ai pas de corps et donc pas de bouche, mais j'appréciais beaucoup le lait qu'il m'offrait, parce que ce don venait du coeur ! Et je collaborais avec le petit renard auquel je laissais volontiers ma part… Retourne chez le berger. Dis-lui que j'aime ses offrandes. Tu lui diras aussi que la première fois que je me rendrai visible aux hommes, c'est à des bergers comme lui que je me montrerai… Va !
    Pierre-Paul DELVAUX , dans Il était une Foi, tome 2, édit. CRJC-Liège

  • UN RIEN CONTAGIEUX

    La vocation chrétienne est une vocation à la persévérance. C'est ce en quoi les lectures de la messe d'hier m'ont le plus parlé ...

    Dans Rm, 8: 18-25, Paul dit: (...) voir ce qu'on espère, ce n'est plus espérer : ce que l'on voit, comment peut-on l'espérer encore ? Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l'attendons avec persévérance. 

    Dans Lc, 13:18-21, Jésus compare le règne de Dieu à une graine de moutarde qui devient un arbre. Et aussi à du levain qu'une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine, jusqu'à ce que toute la pâte ait levé.

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    La foi, c’est la réalité de ce qu’on espère, et l’attestation de choses qu’on ne voit pas encore, desquelles on ne doute pourtant pas. La persévérance, c'est la patience mise à l'épreuve. La patience c'est la foi dans l'attente. La persévérance est contagieuse. Celui qui la possède encourage aussi les autres à aller jusqu’au bout. Tout se tient!

    Mais l’école de Jésus est aussi une école d’humilité. Plus les disciples apprennent, et plus ils réalisent qu’ils ne savent pas. Alors ils se tournent vers le maître, et lui posent la bonne question: Augmente en nous la foi.

    En chimie, des quantités infimes d’un composant suffisent à donner de nouvelles propriétés à un produit. La foi, c’est ce petit rien insaisissable dont les effets sont sans mesure. C’est comme une minuscule graine de moutarde avec toute sa puissance de vie et d’espérance d’avenir. Elle donne de la saveur à la vie, nous permet de discerner le projet de Dieu pour nous-mêmes et pour notre humanité. La Bonne nouvelle, c'est qu'une pincée de foi est comparable à une petite semence qui peut devenir un grand arbre.

    Jésus continue à nous encourager dans le même sens. La foi est quelque chose qui germe, qui pousse, peut tout bouleverser et vraiment contribuer à recréer le monde. Si nous avons ne fût-ce qu'une infime parcelle de foi, nous pouvons planter la vie là où il y a la mort, l’espérance au cœur du désespoir, le courage au coeur de la peur, l’amitié au cœur de la solitude...

     

  • SIÈGE HISTORIQUE

    Même s'il y est question de siège, ce billet n'a aucun lien politique. Il relate simplement le parcours d'un vieux fauteuil Napoléon III qui vient d'être restauré, après des années de mise "hors service"...

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    L'histoire qui me relie à lui remonte à un peu plus de trente-huit ans. Un de mes frères l'avait racheté pour la somme de 800 FB à une dame âgée pour qui nous avions beaucoup d'affection. Elle possédait quelques beaux meubles de famille que, la mort dans l'âme, elle avait été contrainte de revendre, tout en veillant à les "confier" à des personnes soigneuses.

    Quelques mois après son acquisition, mon fère étant plutôt à sec dans ses finances, nous proposa de choisir parmi ses antiquités en guise de cadeau de noces. C'est ainsi que le "Napoléon III" prit place dans notre mobilier. Le recouvrement n'était pas neuf, mais il était dans un bon état, puis l'usure du temps eut raison de la résistance du tissu, qui fut camouflé d'un plaid. Ce "cache-misère" n'empêcha pas la dégradation interne de l'assise, dans laquelle on s'enfonçait de plus en plus, jusqu'à ce que, percée de part en part, elle soit inutilisable.

    Les frais de rénovation représentaient un budget qui nous faisait reculer, d'autres priorités venant toujours s'interposer! Il n'empêche que de temps à autre, je poussais un long soupir de désolation en voyant la vieille carcasse condamnée à l'inanition dans notre chambre, attendant une opération sauvetage. Secrètement, je nourrissais le voeu que la première "folle dépense" qui n'engagerait que moi serait en faveur de cette piteuse épave languissante.

    L' occasion m'a été fournie dernièrement lors de mon anniversaire. La famille et les amis présents à la fête organisée par Guy se sont cotisés et m'ont offert une "enveloppe" pour un cadeau de mon choix. Prise au dépourvu, je n'ai pas pu préciser de suite quelle destination aurait ce coquet pécule. Ce n'est que le lendemain, avec l'esprit plus reposé, que j'ai cogité. Je tenais à l'investir dans quelque chose qui profite par la suite aux donateurs, question de leur marquer ma gratitude. Toutes les conditions pour passer à l'action avec le fauteuil étaient réunies. Aucune raison de laisser passer pareille opportunité!

    Illico presto, j'ai pris contact avec un garnisseur de qui j'avais déjà pu apprécier la qualité du travail réalisé pour une amie. Aspect non négligeable: suite à un accident de moto survenu il y a quelques années, l'artisan en question est paraplégique depuis l'âge de trente ans. Refusant l'assistanat, il a voulu exercer un métier, s'est recyclé, et est secondé par un beau-frère qui lui a promis de ne pas l'abandonner.

    Voici donc notre fauteuil remis à l'honneur dans notre salon. Il est inutile que j'insiste sur la valeur affective que ce meuble représente pour moi, qui importe bien au-delà de son esthétique ou de son estimation marchande. Ce siège authentiquement historique dans ma vie personnelle ne fera jamais partie des grandes collections, mais il méritait d'être réhabilité dans toute son honorabilité. Témoin d'un passé qu'il conserve en silence, celui qui appartient à ses premiers propriétaires, il nous rappelle un tas d'anecdotes vécues depuis notre mariage, et il doit sa renaissance à l'amitié de nos plus proches. Il est à nouveau disponible pour accueillir ceux qui voudront vivre avec nous des moments d'une histoire qui n'est pas terminée...

  • EMPEREUR OU MENDIANT?

    Le changement d'heure confirme que l'automne avance, et que bientôt viendra l'hiver...

    Ce qui se conçoit aisément dans la nature avec la succesion des saisons est plus difficile à intégrer dans les différentes étapes de la vie. Pourtant, selon la manière avec laquelle on l'appréhende, le changement est souvent un moyen de découvrir la richesse d'une solitude, celle par laquelle on apprend à être bien avec soi.

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    La solitude, c’est merveilleux, sauf quand on est seul (George Bernard Shaw)


    Selon Sudheer ROCHE (Psychologue clinicien) le changement n’est pas une amélioration (note personnelle: ni une dégradation) mais une mutation. Ce n’est pas la résolution du problème mais l’accès à un plan de conscience où le problème n’existe pas. Ce n’est pas une réponse à la question mais la dissolution de la question. Il dit:

    Le mendiant cache un Empereur
    Le mot solitude désigne deux états de conscience opposés.
    Il y a la solitude du mendiant et celle de l'Empereur.
    La première est un état de manque : Je me sens isolé, seul, je suis triste, je me sens vide sans l'autre. Je suis dépendant de tout ce qui peut combler ce douloureux sentiment de manque.
    La seconde est un état de plénitude : Seul, je suis heureux et satisfait d'être ce que je suis, sans besoin d'autre chose la vie me comble et cette joie irradie tout autour.
    Ces deux états ne sont pas sur le même plan : le premier est un sentiment d'ordre psychologique ; le second est existentiel, il appartient au plan de l'être.
    Le premier est à la périphérie de nous mêmes ; le second est notre centre.
    Nous pouvons traverser le premier pour entrer dans le second.
    Nous naissons seuls et nous mourrons seuls ; entre temps nous cherchons à oublier une solitude qui nous fait peur.
    Pour ne pas la sentir au fond de nous, nous restons occupés à l'extérieur. La télévision, le travail, les passe-temps de toutes sortes viennent nous distraire et nous divertir ; ils nous détournent de ce qui, au cœur de notre être, nous fait pressentir la mort. Toute rencontre profonde avec soi même est ainsi évitée. Nous restons dans la dépendance. Nous sommes continuellement et confusément en attente de recevoir. Une attente souvent inconsciente, à l'origine de nos déceptions. La pression intérieure est parfois très forte ; il faut faire quelque chose pour ne plus sentir le manque : ouvrir le frigo, manger n'importe quoi, boire une bière, fumer une cigarette, prendre une drogue, avoir du plaisir sexuel, etc.
    Toutes les dépendances ont la même source : le sentiment de solitude évité.
    D'où le rêve romantique : quelqu'un qui, par magie comble le manque une fois pour toutes ; un autre, un père, un dieu, un amant qui soit la source de notre bonheur. Dans la relation, la peur de la solitude crée l'attachement, la possessivité, le besoin de manipuler l'autre et de le contrôler.

    Rencontrer la solitude
    Cesser de fuir, s'arrêter, se poser, avoir le courage de faire face au manque, au lieu de chercher à le combler. Se donner le temps de connaître cette douleur d'être seul ; dans le désir de la rencontrer, pas de la changer.
    La ressentir, sans chercher à comprendre et rester dans le ressenti, sans rien faire.
    Je suis simplement le témoin du sentiment de solitude. Peu à peu, il s'évanouit ; il s'efface et disparaît dans le miroir de la conscience. Je suis surpris de ne plus me sentir isolé ; une sensation nouvelle est apparue, celle d'être mystérieusement relié ; le sentiment de faire partie d'un espace plus vaste, un espace en expansion.
    Un état de plénitude s'installe. Un état qui ne dépend plus de l'extérieur. Une solitude qui me comble. Le mendiant s'est transformé en Empereur.
    La relation à l'autre change : elle n'est plus fondée sur le besoin de recevoir de l'attention ou de l'amour, ni sur la peur de perdre l'autre. Il n'y a plus de désir de posséder, je me sens appartenir à quelque chose qui me dépasse.
    Avec patience, je transforme une à une toutes les sensations de manque en solitude assumée. Je sais retrouver l'Empereur sous le déguisement du mendiant.
    Seul dans la relation
    Ce travail de transformation, doit aussi s'accomplir dans la relation à l'autre.

    Revenir au ressenti.
    Je choisis de dire oui à ma tension et à mon sentiment d'exclusion. Je ressens la frustration, la tristesse de me retrouver seul. (...) Le moment où je ne peux pas rejoindre l'autre est une porte ; le passage est étroit : il consiste à rester dans la conscience de la séparation ; sans chercher à créer ou rétablir un contact perdu. L'impossibilité douloureuse de me fondre totalement dans l'autre m'invite à rechercher cette fusion en moi même. Dans cette fusion, le moi séparé disparaît et la conscience s'élargit… à l'infini.
    Voila la vraie dimension de notre solitude ; celle de l'Empereur. Elle peut s'accomplir au sein même de la relation et dans la joie.

  • VRAIE VIE

    Hier matin, je me suis rendue à l'enterrement d'un jeune de 33 ans. À un an près, l'âge de mon fils aîné...

    Je ne le connaissais que par personne interposée, sa soeur, qui parlait de la maladie de son frère, et donnait régulièrement des nouvelles de l'évolution de son état de santé. Jusqu'à mardi, où il est décédé. Impossible d'être témoin d'un événement pareil sans se poser ou entendre d'éternelles questions.

    «Si éclairants soient les grands textes, ils donnent moins de lumière que les premiers flocons de neige.»
     Christian Bobin (La plus que vive.
    Paris, Gallimard, 1999)

    Dans ce même livre, Christian Bobin a encore écrit à propos de la naissance : « Il nous faut naître deux fois pour vivre un peu, ne serait-ce qu’un peu. Il nous faut naître par la chair et ensuite par l’âme. Les deux naissances sont comme un arrachement. La première jette le corps dans le monde, la seconde balance l’âme jusqu’au ciel. »

    La naissance et la mort sont un mystère22342 insondable. En naissant, nous mourons. La fin vient du début. Il n'est sans doute pas plus facile de naître que de mourir. L’enfant qui s’apprête à naître ignore que la vie l'attend à la sortie tunnel obscur de l'utérus de sa maman. Pour lui, voici la première fin d'un monde! Tout comme la personne qui s’apprête à mourir conçoit difficilement sa vie au bout du passage ténébreux qu'elle va devoir franchir à son dernier souffle. Naître et mourir sont des phases essentielles de la vie. L’intervalle qui les sépare, de durée variable, s’appelle exister. Et chaque jour de l'existence conduit à la mort. Le dernier y parvient!

    Exister, c’est être voulu, être aimé, aimer, c’est agir, lutter, avoir et donner du sens. Celui qui veut vivre, au plein sens du mot, sait la nécessité des ruptures et des pseudo-morts de l'existence où l'on a l'impression de tout perdre. Est-il plus juste de vivre longtemps ou peu de temps? Celui qui a vécu ne serait-ce qu’un seul jour, a tout vu : un jour est égal à tous les autres. Il n’y a point d’autre lumière ni d’autre nuit...

    En tant que chrétienne, la vraie vie est pour moi l'acceptation de Dieu, qui implique le don aux autres. Elle n'est pas fuite de l'existence terrestre, bien au contraire, mais elle m'ouvre au cœur de cette vie dans une dynamique de don jusqu'à l'extrême de mes possibilités. Et ça durera jusqu'à ma mort, jusqu'à l'ultime dépossession qui m'introduira dans l'éternité...


     



  • VIEILLE LÉGENDE

    Une vieille légende hindoue raconte qu'il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux...

    Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette.

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    Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci : "Enterrons la divinité de l'homme dans la terre." Mais Brahma répondit : "Non, cela ne suffit pas, car l'homme creusera et la trouvera."

    Alors les dieux répliquèrent : "Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans."

    Mais Brahma répondit à nouveau : "Non, car tôt ou tard, l'homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu'un jour, il la trouvera et la remontera à la surface."

    Alors les dieux mineurs conclurent : "Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour."

    Alors Brahma dit : "Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c'est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher."

    Trouvé sur "CMF" France

     

  • LÀ-HAUT

     

     

    Mercredi après-midi, je suis allée voir : « Là-haut » avec mon petit filleul...


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    Ce n'est pas un dessin animé, mais un film d'animation en 3D qui, loin d'être uniquement un conte pour enfants, s’adresse au contraire à un large public, notamment les seniors. À la fois classique et original, abordant avec une grande sobriété des sujets délicats comme le deuil, la solitude, le destin et par extension la vie, le film amène le spectateur dans un univers décalé et loufoque et lui offre de vrais moments d’émotion.


    Carl est un vieux veuf grincheux au cœur tendre, qui est presque impotent, et ne vit plus qu’avec dans la tête un rêve de jeunesse jamais assouvi, un pacte conclu, juré "croix de bois, croix de fer" à son épouse. Menacé d’aller en maison de retraite, de laquelle il ne veut pas, il transporte sa maison chargée de tous ses souvenirs jusqu’au bout du monde comme on porte son deuil. Bien malgré lui, il traîne partout Russel, un jeune boy-scout très enthousiaste, collant et encombrant. Durant leur périple ils rencontreront Kevin un grand oiseau au somptueux plumage multicolore et Doug un chien doué de la parole qui m’a fait penser à Rantanplan, mais en moins stupide. Tous ces personnages sont drôles et attachants à leur manière… 

    L’histoire propose un regard poétique sur la vieillesse, le temps qui passe, sur les rêves auxquels on s'accroche une dernière fois, et sur la façon dont la vie peut encore venir surprendre par un renouveau libérateur auquel on ne croyait plus. Mais la surprise est que ce dont on rêve pendant toute une vie est parfois très décevant une fois qu’il est réalisé. C’est une belle leçon de vie qui enseigne comment se délester des biens matériels, des souvenirs du passé, pour continuer à vivre jusqu’au bout dans un avenir à construire et non plus imaginer.

    Là-Haut est à mon sens un parcours initiatique, une aventure fantastique qui tente de montrer qu’il est possible de vivre vraiment à tout âge, pour autant qu’il existe toujours de l’espoir et un défi à relever. Il suffit juste de rêver les yeux ouverts…


     

  • BIENFAITS DE LA MUSIQUE

     

     

    ROME, Lundi 19 Octobre 2009 (ZENIT.org) -

    Benoît XVI a salué « la beauté de la musique, langage spirituel et donc universel, véhicule plus que jamais adapté à la compréhension et à l'union entre les personnes et les peuples », à l'issue du concert auquel il a assisté Salle Paul VI au Vatican, le 17 octobre dernier.

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    Un concert offert par l'Académie internationale de piano d'Imola, qui pour l'occasion, a exécuté, sur 7 pianos de différentes époques, des musiques de Bach, Scarlatti, Mozart, Czerny, Beethoven, Chopin, Tchaïkovsky et Liszt.

    « La musique fait partie de toutes les cultures et, pourrait-on dire, accompagne toute expérience humaine, de la douleur au plaisir, de la haine à l'amour, de la tristesse à la joie, de la mort à la vie », a affirmé le pape.

    « Nous voyons comment, au cours des siècles et des millénaires, la musique a toujours été utilisée pour donner forme à ce qu'on ne réussit pas à faire avec des mots, parce que sinon, cela suscite des émotions difficiles à communiquer », a ajouté le pape. « Ce n'est donc pas un hasard si toutes les civilisations ont donné de l'importance et de la valeur à la musique dans ses différentes formes et expressions ».

    Enfin, « la musique, la grande musique, détend l'esprit, suscite des sentiments profonds et invite presque naturellement à élever l'esprit et le cœur vers Dieu dans toutes les situations de l'existence humaine, qu'elles soient joyeuses ou tristes », a conclu Benoît XVI. « La musique peut devenir prière ».