• SUITE DES SURPRISES

    Avant de présenter une carte de visite de Dinan, je ferai un bref retour dans le Namurois pour en terminer avec la série des surprises...

    Nous sommes rentrés à la maison jeudi soir, jour de mon anniversaire. Sinon un peu de courrier de circonstance, qui m'a évidemment fait fort plaisir, rien de spécial ne nous attendait. Normal, en pleine semaine! Il n'empêche que les manoeuvres de Guy, qui avait rechaussé ses gros sabots, annonçaient visiblement l'arrivée d'un large public. Mais je ne voulais pas en connaître davantage, et me suis volontiers prêtée au jeu, obéissant à l'injonction de déserter les lieux le vendredi après-midi. Avec la même docilité (effort qui ne se reproduira peut-être plus avant dix ans!), j'ai laissé le champs libre à Guy (et l'équipe qui devait le rejoindre, ai-je appris par la suite) samedi en fin de matinée, avec pour consigne le retour vers 18H. Heureusement, des âmes compatissantes m'ont accompagnée. Le temps estival nous a permis de flâner paisiblement pendant que les "compagnons-organisateurs" s'affairaient pour la fête à la maison.


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    Comme pour le voyage en Bretagne, j'ignorais le contenu de ce qui se tramait. Sans être fine mouche, j'étais malgré tout convaincue que certains "incontournables" seraient présents, mais je n'ai pas cherché à creuser au-delà. Seul aspect duquel je me suis souciée vendredi soir, parce que je savais que ça échapperait à Guy: "faut-il préparer des lits et du linge de toilette pour des logeurs éventuels", ai-je demandé, tout en pensant "Oui, évidemment!". Avec raison...

    Puisque je n'ai pas été dans le secret des lieux, je vous entraîne de suite à samedi soir, à l'heure souhaitée par Guy. Quelle ne fut pas mon étonnement en voyant une grande tonnelle dressée dans le jardin! Une superbe décoration d'automne avait été disposée un peu partout, à travers laquelle, par quelques détails, j'ai rapidement identifié la touche particulière de certaines personnes. Mais aussi la somme de travail que ça avait représenté pour elles! Ce spectacle à lui seul a déjà été un grand moment d"émotion!

    On m'a ensuite dirigée à l'arrière de la tonnelle. C'est là que l'effet surprise a joué. À la vue de proches, desquels je n'étais pas sûre de la présence, je me suis exclamée à plusieurs reprises: "Que je suis contente que vous soyez là!" Peu de mots, les seuls qui acceptaient de sortir, mais qui étaient le cri du coeur. Pour moi, le bonheur le plus doux est celui que je peux partager. L'essentiel était donc accompli. Quelle que soit la suite du programme, Guy avait une fois de plus réussi son challenge!

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    La fête s'est déroulée à la lumière d'une véritable amitié vécue à l'unisson et sans fard. Vers deux heures du matin, c'était l'extinction de la dernière lampe de notre demeure, qui avait été une nouvelle fois le témoin d'un joyeux rassemblement. Il devait sa réussite à la participation de tous, chacun à sa manière.

    Des cas de force majeure ont empêché à quelques invités d'être parmi nous. À ces absents, il faut ajouter les "géographiquement loin, mais proches du coeur", qui n'ont pas été oubliés. Nous les avons tous associés en transmettant leur message, en plaçant leurs fleurs à l'honneur, en joignant leur carte aux autres... 

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    (Lamartine)

    "Il y a dans la vie des instants de bonheur qu'aucun poème ne peut résumer". (Jean Tetreau)

    Qu'ajouter, sinon que la semaine dernière a représenté pour moi un cadeau de quelques jours de plénitude, dont les derniers ont été marqués par l'intensité d'une coopération créative vécue dans la bonne humeur. Je les ai reçus en étant plongée dans l'abandon, mais aussi emplie de certitudes, confiante en ceux qui m'aiment.

    Toute une fécondité de vie a fait naître ces formidables journées, que j'ai lues en effeuillant soigneusement page après page. Il ne s'agissait pas d'un calendrier quelconque, mais de mon livre-bilan duquel ressort la célébration à la Vie.

    Que craindre de notre corps défaillant, s'il reste l'énergie de l'âme?...




  • EN PLEIN DANS LE MILLE

     

     

    En partant lundi dernier au matin, j'étais véritablement dans l'ignorance la plus totale à propos de la destination à laquelle Guy m'emmenait...

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    Une certitude m'habitait pourtant: la direction vers laquelle nous allions nous diriger. Ce qui n'était que pure intuition  n'a pas tardé à se confirmer au fur et à mesure que nous avancions. À la frontière franco-belge, une idée a soudain jailli dans mon esprit: On va vers la Bretagne! J'ai même osé penser:" Et si c'était jusque Dinan?"

    (Pour faciliter la compréhension, il est utile que je précise que Dinan est la ville natale de ma grand-mère paternelle, et c’est là que mes grands –parents se sont mariés, à la basilique St-Sauveur. Je n’y étais jamais allée, alors que j’en nourrissais le désir depuis ma tendre enfance).

    La raison m'a vivement rappelée à l'ordre, d'abord avec la distance que ça réprésenterait, ensuite parce que si je me trompais, le risque serait d'être déçue et de mal recevoir ce qui demeurait pourtant bel et bien un cadeau d'amour de la part de mon casanier de mari! Lequel, d’un naturel pourtant très bavard, a héroïquement tenu le secret pendant tout le trajet, répondant très évasivement à mes quelques tentatives pour en connaître un peu plus, allant jusqu'à nier énergiquement la possibilité d'aller en Bretagne.

    Mais, les kilomètres me trompaient de moins en moins. Ils nous acheminaient clairement vers le pays de mes ancêtres. Mon espoir reprenait le dessus, et je sentais monter en moi une émotion grandissante. Lorsqu'un panneau a annoncé "Dinan", il n'y a plus eu aucun doute. J'ai dit à Guy que, vraiment, ce serait le plus beau cadeau reçu de lui depuis longtemps. Il m'a "avoué" que c'était bien sûr là que nous allions. Du coup, mes yeux se sont transformés en fontaines...

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    Avant de découvrir quoi que ce soit de cette cité médiévale bretonne, réputée être un petit joyau, le cadeau de mon mari a de suite reçu le prix d'excellence, parce qu'il était une réponse à un souhait rarement exprimé tout haut, et jamais sous forme de demande, étant donné que je ne voulais pas l'embarquer vers mes racines, qui ne le concernaient pas. Pourtant, ça continuait à me trotter dans la tête, et j'avais encore récemment abordé le sujet avec ma cousine revenue du Canada pour le mariage de Gi. Notre conversation n'avait pas eu de témoins. Quand bien même, ça n'aurait rien changé puisque tout était organisé depuis le mois de juin,  sauf que Guy aurait été conforté de la justesse de sa perspicacité.

    Il est vrai que Dinan est jumelée avec Dinant, superbe ville mosane située non loin de chez nous. Vous devinez bien que ce n'est évidemment pas ce qui m'a émue, ni ce qui a motivé le choix de Guy.

    Mon si souvent "pied dans le plat" a cette fois tapé en plein dans le mille!  Il s'est révélé délicat, attentif, amoureux, adorable, me rappelant d'un coup ses grandes qualittés, les principales, impérissables, celles que j'ai décelées très tôt en lui et qui me réjouissent encore aujourd'hui de l'avoir pour époux. Celles qui font de lui ce que j'oublie parfois de voir, parce que enfoui sous une masse de détails secondaires: quelqu'un de merveilleux...

     

  • LE TEMPS QU'IL NOUS RESTE

    Avant d'entamer demain le récit des jours derniers, je propose aujourd'hui une chanson rétro, qui sera pour cerains du sirop musical, en compagnie de Nana Mouskouri ...

  • PORTE MULTICOLORE

    Jean d’Auferville (+ en 2007), prêtre et auteur du poème "Chères chaises" publié sur Vivance il y a quinze jours, a laissé un texte sur un vitrail de l’église de Mijoux (Jura), où on le surnommait "Le super curé de la vallée":

    « la porte du Paradis n’est ni noire,
    ni grise, ni blanche ; elle est multicolore, avec
    le rouge, le vert… que traverse la lumière du
    Christ ».

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    Les portes du Paradis
    Lorenzo Ghiberti (1378-1455)
    Baptistère Florence

     

    Non seulement je rejoins cette affirmation, mais je pense surtout que chaque être humain porte en lui la lumière intérieure du Christ.

    L'expérience de Dieu est accessible à tous...


  • TOUT SIMPLEMENT VIVRE...

    Impossible de faire l’impasse sur les effets de l'âge sur soi au fil des ans, qui annoncent ce qui peut se profiler à l’horizon. Sans rien précipiter, je m'apprête en acceptant joyeusement ce qui m'est donné au fur et à mesure..

     

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    Un jour viendra, qui se rappoche...

    Une chose est incontournable: nous naissons et nous vieillissons, puis nous mourrons, comme tout organisme vivant. Le mystère là-dedans, c'est l'obstination de ceux qui ne veulent rien en savoir. Aussi, au lieu de me poser continuellement des questions qui demeureront sans réponses et de cristalliser ainsi des angoisses sur ce qui n’est pas, et ne sera peut-être jamais, je m'applique tout simplement à vivre! En utilisant le meilleur d'un moi, non pas qui diminue, ni qui dégénère, mais qui continue à se transformer. Sans doute jusqu'à ce qu'il ne reste plus que l'essentiel pour la Vie future...

  • HORLOGE BIO-LOGIQUE

    Après les témoignages de sympathie que, ici ou ailleurs, vous avez été nombreux à me témoigner lors de mon anniversaire, l'heure est aux remerciements. Je les adresse avec un regard posé sur chacun en particulier...

    Votre présence fidèle et chaleureuse m'indique que je suis en bonne compagnie pour poursuivre la route. Merci, du fond du coeur!

    Guy et moi sommes rentrés hier en fin d'après-midi du voyage surprise qu'il me réservait. Pour l'instant, je dirai seulement qu'il n'aurait pas pu mieux choisir! Vous en saurez davantage dans quelques jours, lorsque tout sera terminé, car certaines ondes mystérieuses me font penser qu'il y a encore de la fête dans l'air. 

     Puisque "l’horloge biologique" marque l'heure d'un bilan, voici brièvement celui que m'inspire mon nouveau chiffre rond:

     

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    Tous les efforts déployés par ceux qui refusent leur âge pour remodeler l’extérieur ne sont qu’illusion, rien d’autre qu’un déguisement. Le vrai travail personnel consiste à s’accorder avec soi-même, à se laisser porter en douceur avec le temps. Pour ce faire chacun sa méthode.

    Mon choix? Surtout pas de scalpel, ni de régime, mais du confort, du "bien être", le partage, un style naturel, élégant, et en accord avec qui je me sens être. Autre méthode souveraine qui m'aide à bien vieillir: l’oubli de moi, plus facile à 60 ans, quand je n’ai plus rien à prouver aux autres et à moi-même.

    En cherchant à me donner plus et mieux, avec moins d’avidité, j'ai appris beaucoup sur l'amour, quel qu'il soit. Le recul, un détachement, une plus grande tolérance, donnent davantage de place à autrui et permettent à tous d’exister dans mon espace vital avec leurs différences. 

    Mon existence actuelle m'offre la possibilité de profiter pleinement des amis, bien sûr, mais aussi des connaissances en général, avec qui je partage les fruits de mon expérience. Et, surtout pour les plus jeunes, je m'efforce de transmettre un message qui soit un repère de stabilité, de continuité, dans l'espérance.

    Ma vie s’est fameusement embellie! Jamais je ne voudrais retourner en arrière...

  • SOIXANTE BOUGIES

    6o ans aujourd'hui. À priori, ça ne change que le calcul de l'âge. Mais chaque chiffre rond m'incite à faire un peit bilan, une sorte "d'état des lieux" de ma vie...

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    Les saisons sont ce qu'une symphonie devrait être : quatre mouvements parfaits en harmonie intime les uns avec les autres.
     
    Arthur Rubinstein

    Le temps qui passe m'apprend, plus facilement que ce que je n'aurais cru, à museler l'angoisse de vieillir, qui apparaît de plus en plus jeune dans notre société occidentale. Mue pas une envie de continuer à découvrir comment progresser, je reste ouverte et curieuse face au changement, à travers lequel mon ultime souci est invariablement la rencontre de l'être.

    Loin d'être triste, l'automne dans lequel je me trouve se révèle être une saison de promesses tenues. Elles ne sont autres que les fruits de mon expérience venus à maturité, qui me dégagent de nombreux questionnements. Les angoisses et les incertitudes de la jeunesse sont bien apprivoisées, il n'y a plus d'obligations professionnelles, la charge familiale est réduite au minimum, les préoccupations du quotidien ne sont plus que léger fardeau. Ceci me permet de vivre de plus en plus dans le détachement de "normes" emprisonnantes, de goûter au simple bonheur d'être vivante, de profiter de mon âge, et d'accepter joyeusement tout ce que la vie me donne en le remettant dans les mains de Dieu.

    J'ai 60 ans,  je respire, hume, savoure, la vie à pleins poumons. Mon intention est de continuer sur cette lancée, tant que faire se pourra...


  • PASSIVITÉ

     
    « Chaque homme est une histoire qui n’est identique à aucune autre. »
    Albert Camus

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    Pourtant...


    « (...) très peu d'hommes savent se forger une opinion par eux-mêmes...

    Aussi répètent-ils ce que leur ont dit leurs parents, puis leurs professeurs et enfin ce qu'ils ont entendu aux informations du soir, et ils finissent par se convaincre qu'il s'agit là de leur opinion personnelle, au point de la défendre ardemment face à d'éventuels contradicteurs.

    Il suffirait pourtant qu'ils tentent d'observer par eux-mêmes, de penser par eux-mêmes et ils découvriraient le monde tel qu'il est et non pas comme on les conditionne à le voir.»


    "Nous, les dieux" de Bernard Werber

  • LA FOI

     

    La foi (Mc 6,45-52)

    Lire d'abord Mc 6,45-52

    La foi, c’est tenir ferme dans l’adversité
    Habité que l’on est
    Par un Souffle de sérénité.
    C’est marcher calmement sur des eaux agitées
    C’est passer à travers des flots de méchanceté
    Avec candeur!

    C’est traverser les flammes
    Protégé (Dn 3) par une douce fraîcheur.
    C’est aimer le Seigneur
    À chaque battement de son cœur.

    Yolande Girard 

  • BILLET D'AUTOMNE

    Étant donné la date du calendrier, vous comprendrez le sujet de ce jour, que je propose sous forme de poésie, à lire ou (et) à entendre ...

    Cliquer ici ->

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    Chanson d'automne
    Verlaine

    (Poèmes saturniens/paysages tristes V 1866)


    Les sanglots longs
    Des violons
    De l'automne
    Blessent mon coeur
    D'une langueur
    Monotone.

    Tout suffocant
    Et blême, quand
    Sonne l'heure,
    Je me souviens
    Des jours anciens
    Et je pleure

    Et je m'en vais
    Au vent mauvais
    Qui m'emporte
    Deçà, delà,
    Pareil à la
    Feuille morte.

     

    Quant à moi, je souhaite à tous de pénétrer dans la saison nouvelle au milieu d'éclats de rires, avec dans le coeur une chanson enjouée, aux notes entraînantes qui feront tournoyer les feuilles mortes dans une joyeuse valse insouciante des lendemains ...

    L'automne? Une saison. Comme les autres, elle est, et ne se discute pas. On peut juste choisir de bien l'accueillir pour en vivre pleinement...

    PS: J'ignore de quoi il s'agit, mais je sens que Guy prépare des surprises. Je sais seulement que j'ai été invitée à préparer une valise, et à me tenir prête à partir, vers une desination inconnue. Vous en saurez davantage dans quelques jours. En attendant, je vous laisse avec les billets que j'ai préparés par précaution pour la semaine...