• LES VIEUX

    Dimanche, nous avons écouté un CD de Brel pendant le trajet de retour d'Alsace. Un titre continue à chanter en moi, comme si Jacques me parlait un peu de mes parents...

    Même si le contexte diffère pour papa et maman, les paroles me saisissent par leur justesse, m'émeuvent par leur tendresse. Elles me bousculent par la vitalité qui se dégage à travers des personnes qui s'effacent en caressant le relief de leur mémoire, des esprtits "absents" chargés de toute une Histoire, des ombres encore bien présentes, aimantes, à ne pas oublier et à aimer...

    Pour écouter, cliquer sur la photo:

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    LES VIEUX (1963)


    Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux
    Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un coeur pour deux
    Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan
    Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps
    Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier
    Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières
    Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent
    Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit: je vous attends

    Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés
    Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter
    Les vieux ne bougent plus leurs gestes ont trop de rides leur monde est trop petit
    Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit
    Et s'ils sortent encore bras dessus bras dessous tout habillés de raide
    C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide
    Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent
    Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend

    Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
    Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
    Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
    Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer
    Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
    Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin
    Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent
    Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit: je t'attends
    Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend.

  • PORC-TONS-NOUS BIEN!

    Après la vache folle, le SRAS, la grippe aviaire, voici la grippe porcine...

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    Enquêtes et chiffres à l'appui, un vent de panique souffle sur le monde entier. L'OMS prend la chose au sérieux et tire le signal d'alarme. Le virus responsable est de type"A", semblable à celui de la grippe espagnole qui a sévi chez nous en 1918 et 1920. Les communiqués qui nous parviennent sont quelque peu ambigüs: il n'y a pas moyen d'enrayer, mais on recommande de ne surtout pas paniquer. Entre silence fautif et alarme excessive, le bon ton est difficile à trouver, j'en conviens. Par ailleurs, il est intéressant de se souvenir que, en 1976, on a déploré 25 décès dûs à un vaccin agissant contre le virus de la grippe porcine (qui n'a fait qu'une victime mortelle), et supposé empêcher une pandémie... qui n'a jamais eu lieu!

    Psychose collective? Manipulation? Danger réel? Plus personne ne croit personne! Comment se positionner, dans tout ça? Par quel moyen reconnaître le vrai du faux? La méga-médiatisation à laquelle on assiste sert-elle la cause d'intérêts, du genre vaccin à vendre, ou est-elle une parade pour que la banque mondiale ait prétexte à prêter de l'argent (il a été question de 25 millions de dollars, excusez du peu!) au Mexique, de quoi l'endetter un peu plus, ou encore, vise-t-elle à nous détouner de vrais problèmes de fond qui devraient retenir notre attention?

    Remettons les pendules à l'heure! Sur 100 millions d'habitants, on dénombrait lundi 1000 personnes contaminées, parmi lesquelles 20 cas mortels. Il faut relativiser, sachant que la grippe saisonnière tue davantage de monde chaque année. La vigilance légitime ne doit pas déboucher sur une peur irraisonnée, et encore moins virer à la paranoï. Suspicion ou mise en observation ne sont pas à confondre avec diagnostic confirmé. L'événement est sérieux, certes, mais n'est pas un cataclysme planétaire. 

    L'aurai? L'aurai pas? Sais pas! Dans le doute, je continue à vivre sans me faire de mauvais sang, et m'auto-vaccine en restant sereine dans ma tête Clin d'oeil...


  • QUESTION DE POINT DE VUE

    Ce matin, beaucoup d'idées, mais aucune envie d'écrire. Je donne, non pas ma langue, mais la parole, au Chat...

     

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  • FIGUIER





    Napoléon disait que l’histoire nous contemple du haut des pyramides. En Israël, c’est l’Histoire Sainte que j'ai contemplée...

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    Chacun peut la reconnaître dans une place, dans une rue, dans un arbre. Un figuier suffit! Là-bas, je me suis mentalement absentée devant un jeune arbre, parce que sa vue me ramenait dans les textes de la Bible...

    Sous un soleil de plomb, l'ombrage de cet arbre est très apprécié. En retombant, ses branches garnies de feuilles palmées forment un écran impénétrable, à l'abri duquel l'Oriental aime à se retirer pour y rêver longuement. Nathanaël était ainsi en méditation sous un figuier, quand Jésus le remarqua (Jn 1,48).

    Un figuier lent pour commencer à produire, mais que l'on continue à soigner dans l'espoir qu'il finira par porter du fruit, sert d'illustration à Jésus pour montrer la patience de Dieu envers le peuple d'Israël, mais aussi envers l'humanité (Lc, 13, 5-9)

    Il ne faut jamais regarder quelqu'un en le dévisageant mais persévérer en l'envisageant, quelles que soient les apparences!

  • QUAND...

    L’humanité tout entière deviendra messianique quand les hommes auront fait passer la fraternité au-dessus de la volonté de dominer.

    Jacques Attali

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  • TENDRESSE

     

     

     

     

     

    Jeudi, j'ai ré-écouté Bourvil chanter "LA TENDRESSE" <-cliquer...

     

    À lui seul, le mot évoque pour moi finesse, délicatesse, caresse, liesse, richesse, promesse. Et, peut-être paradoxalement pour certains, vieillesse...

    Il me semble en effet que plus on avance en âge, et plus on fait preuve de tendresse, de ce bel amour qui donne sans accaparer, qui offre sans imposer, qui console sans rien réclamer, qui pleure sans rien reprocher, qui accueille sans questionner, qui espère sans jamais exiger...

     

    V. De tendresse

    La tendresse est l’ennemie du pouvoir, puisqu’elle est l’ennemi du désir de pouvoir.

    Jacques Attali


    À partir du moment où le désir est ajusté à la vie intérieure, la tendresse vient de soi, comme attitude équilibrée d’ouverture de l’autre.

    Ysé Tardan-Masquelier

  • MOMENTS-BONHEUR

    Rentrée depuis dix jours déjà d'Israël, j'y retourne régulièrement en pensée au quotidien...

    Absolument pas pour fuir quelque chose de déplaisant dans ce que je vis chez moi. Au contraire, depuis mon retour, je ne suis plongée que dans des choses agréables.

    À commencer par le spectacle de notre jardin, fleuri comme je le préfère...


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    Ensuite, nous avons fêté Pâques en famille le mardi, dans une ambiance détendue, bien sur le ton de la joie pascale. Pour l'occasion, j'avais rapporté de petits cadaux symboliques, achetés dans une boutique d'art arménien, qui ont plu à chacun. Même La., pourtant très sélectif, a apprécié mon choix. Merci, l'inspiration! Sourire

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    Jeudi dernier, j'avais rendez-vous pour l'essayage de la robe pour le mariage de Gi et Va. Étant donné sa réaction lors de mon premier achat, j'avais proposé à Gi de m'accompagner, afin qu'il se rende compte, et il est venu avec Va. L'évaluation s'est conclue par un "sans faute", obtenu malgré un mal de crâne qui rendait Gi plutôt contrariant ce matin-là. Ouf! Pour l'instant, je n'en ferai qu'à ma tête, en ne dévoilant pas encore ma toilette Clin d'oeil...

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    Faisant d'une pierre deux coups, un rendez-vous avait été pris pour la visite du lieu de la réception du mariage, que j'ai découvert pour la première fois. Très beau cadre, dans un espace aménagé avec goût, et qui m'a d'emblée conquise...

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    Le samedi, La et moi avons enfin été faire la connaissance d'un bout d'chou de deux mois, le premier enfant de jeunes amis. Contemplation devant ce bébé tout neuf, fragile, dépendant, et déjà si fortement présent dans la vie de ses parents. Bonheur de voir ce couple épanoui, touchant, mais bien assuré, dans ses premiers pas d'éducateurs.

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    Et puis et puis...

    À peine les pieds posés à la maison, qu'une cousine revenue pour quelques semaines du Canada me demande de la rejoindre à Nîmes, comme l'an dernier. Sans doute en fin mai.

    Nous sommes invités chez divers amis. Nous fixons des dates. L'agenda se remplit...

    Mercredi soir, nous recevions à la maison, et  La. Jé s'était joint à nous avec Jé. Conversation très intéressante, que la fatigue a interrompue, sauf pour notre invité et moi, qui avons joué prolongation jusque 2H30, dans un beau partage d'âmes. J'ai souvent remarqué que la nuit est propice à ce type de rencontres.

    Demain matin, nous prendrons la route en direction de l'Alsace, pour fêter dimanche les 50 ans d'un ami...

    Mouvement, tendresse, amour. Des moments -bonheur. Des fleurs plein le coeur. Merci la vie! Merci, Seigneur!

     

  • VERS LA LUMIÈRE

    Hier, Christian annonçait sur son blog que "Comme tous les ans, le 27 Nissan (21 avril chez nous) est le Yom HaShoah, journée de la commémoration universelle de la Shoah."

    La visite du Mémorial de l'Holocauste, Yad Vashem, situé sur la colline du Souvenir à Jérusalem, n’est pas celle de la plainte, de la rancoeur, du règlement de compte...

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    Elle est celle de l’histoire et de sa mémoire, qui répond à l’impossibilité d’oublier. Parfois avec un ton féroce ou acerbe. Avec aussi des pointes d'humour, celui des désespérés, qui montre combien la capacité d'utiliser toutes ses réserves possibles pour déjouer le malheur est en l'homme.

    Ce carrefour de l'humanité dans un moment de son histoire m'a fait surgir des questions, la principale étant: comment exister lorsqu’on a perdu les êtres les plus chers? Sans réponse, peut-être n'y a jamais de conclusion, parce que exister, c'est marcher sans cesse vers une nouvelle histoire. Vivre, c'est toujours se diriger vers une autre aventure dans laquelle interfèrent de nombreuses temporalités, où le temps est à la fois comme une époque que l'on date et comme une durée, celle des horloges, mais aussi comme des moments de pause pendant lesquels on fait un arêt sur images pour réfléchir.

    L’intériorité peut devenir espace libre, non pas pour devenir dupe en espérant gommer les souvenirs, mais pour devenir prometteur. Il me semble qu'il en va ainsi dans toute situation difficile: le temps et l'espace se confrontent dans l'être souffrant jusqu’à trouver une harmonie.

    On ne peut pas supprimer toutes les épreuves, ni toutes les injustices, mais on peut s'entraider pour s’arracher à l’espace de ce qui est mort, et s'encourager à marcher vers la lumière.

    Le temps qui s’écoule est celui de la vie, quoi qu'il arrive...

  • COEUR NOUVEAU

    En Israël, j'ai regardé les gens, humé l'air ambiant, le matin, à midi, le soir, et même la nuit, et ça m'a permis de me faire une idée de ce qu'a été la vie de Jésus sur cette terre-là...

    Dès les premiers jours, j'ai cherché ses traces et j'essaie de conserver religieusement en mémoire celles qui m'ont parlé. C'est plus que de l'archéologie! Je trouve émouvant de penser que le ciel, le lac, la mer, les collines, la campagne de la Galilée, que j'ai contemplés, sont ceux que Jésus a vus, où il a croisé des gens pareils à ceux d'aujourd'hui, et vécu avec eux. 

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    On s'est croisés aussi! Le fait d'être en Terre Sainte m'a donné le sentiment de mieux entendre Jésus Vivant me parler. Ça m'a incitée à m'associer comme jamais aux témoins oculaires qui ont retrouvé Jésus ressuscité, celui qu'ils croyaient disparu pour toujours, au matin de Pâques.

    "Ne savez-vous pas que vous êtes un temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, celui-là, Dieu le détruira. Car le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c'est vous." (1 Corinthiens 3, 16)

     Le Seigneur est à l'oeuvre. Pour l'éternité, demain, aujourd'hui. Maintenant...

  • INSTANTS BÉNIS

     

    Est-ce auprès d'un hypothétique tombeau que l'on rencontre Jésus aujourd'hui ?

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    Sans doute que oui pour certains, chez qui la représentation du lieu est si forte qu'ils entrent en résonnance avec lui. Sans doute aussi pour les pèlerins qui, imprégnés par les textes bibliques, et accompagnés dans leur parcours par des enseignements, sont plongés en permanence dans une dimension spirituelle "organisée". Je ne discute absolument pas cette manière, mais ma démarche de voyage en Israël ne partait pas sur un projet semblable. D'ailleurs, il n'y en avait pas. Je savais que j'allais rejoindre Mathieu dans son milieu de vie, et qu'à partir de là je ferais des découvertes dont j'ignorais complètement le contenu. Je m'étais juste documentée sur le pays en général, question de connaître un peu le mode de vie de là-bas, et n'avais fait aucune projection concernant l'emploi du temps, étant disposée à faire confiance à ce que l'on me proposerait. Bien m'en a pris, car le résultat a dépassé ce que j'aurais osé espérer! Ces quinze jours vivent encore intensément en moi, et ne sont pas près de s'évanouir. Impossible de tout raconter: Jérusalem, ses monuments de diverses religions, ses souks et boutiques, ses rues montantes ou descendantes aux détours enchanteurs, sa citadelle, sa culture, ses restos, ses habitants au quotidien; Ein Karem, lieu de naissance de Jean-Baptiste et de la Visitation, ses atistes, ses rues pittoresques, la messe chez les soeurs de Sion; le Mémorial de Yad Vaschem, la Procession des Rameaux, découverte du Désert de Judée, avec une nuit à la belle étoile, la Mer Morte, le Seder vécu en famille par respect envers les Juifs, et le lendemain la cérémonie de la dernière Cène à Abu Gosh, suivie d'un repas silencieux dans le réfectoire des Pères, puis passage à la crypte pour le début de la lecture du récit de la Passsion; la traversée de la Galilée avec le lac de Tibériade, Capharnaüm, Nazareth, ...,  et les nombreux points de vue sur le superbe panorama rehaussé par une nature abondamment fleurie en cette saison; la visite chez des autochones et partages intéressants avec eux; découverte de lieux inconnus de la plupart des touristes, faisant pourtant partie de fouilles archéologiques très sérieuses et éclairantes.

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    Un jour, peut-être, je me lancerai dans de nouvelles narratuions plus étoffées. Plus tard! En attendant, je vous laisse les photos des instants qui m'ont le plus permis de rencontrer Jésus:

    CLIQUEZ ->

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     Je le répète, j'ai fréquemment été plongée dans des méditations au cours de mon séjour en Israël, qui sont bien imprimées dans mon âme. Elles me redisent que ma vérité est de vivre avec d'autres. Pour que j'approche de Dieu il faut que je m'approche de mon semblable, d'où qu'il vienne. L'existence est le lieu de la découverte de Dieu et ma vocation est de le suivre. Être fidèle à Dieu, ce n'est pas quitter ma vie pour le rejoindre, c'est apprendre à cheminer avec Dieu dans ma vie.

    Dieu m'appelle à œuvrer sans relâche pour maintenir ouvertes portes et fenêtres par lesquelles l'Esprit pourra souffler, et à vivre ainsi l'Évangile comme il doit l'être : au présent !


    (...) Et que la vue de ton sépulcre, ô Jésus, nous émeuve et nous instruise. C’est pour nous, que toi, la lumière du monde, tu as consenti à passer par les ténèbres de la tombe. Quand il nous semblera que la méchanceté du monde est sur le point d’anéantir ton Evangile, et que l’incrédulité va remplacer pour toujours la foi ici-bas, rappelle-nous que ce triomphe n’est jamais que momentané, et que c’est à toi qu’appartient la victoire définitive. Et, quand nous nous sentirons à notre tour enveloppés des ténèbres du tombeau, vivifie notre espérance et redis-nous qu’il n’y a plus de mort pour ceux qui vivent avec toi et pour toi.

    Amen.(St Augustin)