• JARDIN D'ESPÉRANCE



    Durant ces deux derniers mois, j’ai parcouru pas mal de KM. Ceci pourrait faire penser que je cours après l’aventure, que j’ai soif d’espace et de pays lointains.

    Pourtant, je ne suis pas dupe: il est une seule terre que j’affectionne particulièrement, dans laquelle j’aspire souvent à me retirer. Elle est si proche qu’elle me suit partout… puisqu’elle est en moi.

    C’est là que j’ai nourri beaucoup de rêves qui se sont ensuite volatilisés, que j’ai cru à des mirages qui se sont évanouis, mais aussi que de très belles rencontres m'ont été offertes… C’est en la traversant que j’ai découvert un jardin d’espérance où il fait bon me reposer, là où j’aime de plus en plus souvent me retrouver…

     

     

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    Au plus profond du coeur de ce jardin, je rejoins Jésus qui m’attend. Rayonnant comme le soleil d’été, il me berce de son infinie tendresse, m’abreuve de son eau claire comme celle d’une fontaine au printemps, son souffle léger me caresse comme un vent tonique mais rassurant de soir d’automne. L’ Amour immense qu’Il m’offre me prépare aux nuits d’hiver. Je ne peux éprouver qu'une affection confiante pour ce jardinier de ma vie. 
    Auprès de Lui, je découvre un monde riche et intense, celui que j’aimerais habiter en permanence, mais qu’il me faut quitter pour vivre mon humanité.

     

     

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    Alors, puisant ma force dans sa Force, j’aborde la vie autrement. C’est Lui qui fait luire mille reflets d’amour dans le regard que je pose sur l’extérieur.

    L'Amour vrai est un Mystère qui me dépasse, une réalité que je ne peux qu'accueillir du Père divin.

     

     

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    En toutes saisons, Il me permet de voir et d’aimer le monde avec plein d’autres possibles...que je ne connais pas, et que je place entre ses mains !…

     

     

     

  • TOUT LE MONDE EST UTILE

     
    Aujourd'hui, je vous ferai grâce d'une longue lecture. Relâche? Non!
    Plutôt simple temps d'arrêt sur la seule conclusion à tirer après l'enterrement auquel j'ai assisté hier.
     
    Le triple message que laissait Pierre était que l'important dans la vie est d'apprendre
    à Aimer, à Donner et à Pardonner. 
    Qu' ajouter à un tel contenu? 
    Tout est dit!...
     
    Bonne journée!Clin d'oeil
     
     
     
     
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  • AVE MARIA(mois de mai)


    Mois de Marie : en occident les premiers témoignages concernant la coutume de dédier le mois de mai à la Vierge Marie remontent à la fin du 16ème siècle. Au cours du 18ème siècle le MOIS DE MARIE est déjà bien attesté.

     

     

    VOICI UNE VESRSION DE L'AVE MARIA AVEC LES PETITS CHANTEURS DE ST MARC (LYON)

     

     

  • VOCATION

     

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    Chacun est appelé à faire quelque chose de sa vie. Quand une personne décide de se consacrer à une cause qui dépasse ses seules préférences  et ses intérêts personnels, on dit qu’elle répond à une vocation...

    À l'origine, la vocation n'est qu'un signe, à peine un appel qui murmure au-dedans, comme un frémissement léger de l'âme.
    Dans ma compréhension, la vocation n’est pas d’abord action, mais intuition puis orientation, qui induit bien sûr réactions dans la vie pratique par la suite, avec des choix et des engagements qui s’ensuivent..

     Si je parle aujourd’hui de la vocation, c’est d’abord parce que j’ai assisté hier à une célébration au cours de laquelle un Religieux a prononcé des vœux solennels  qui l’engagent définitivement dans sa communauté.
    C’est  ensuite parce que je file doucement vers la fin de carrière, et que je me dis que ma vocation ne se limite pas à ma profession, bien que celle-ci m’ait grandement permis de « me réaliser ».

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    Ma vocation, c'est la vie tout entière qui me la révèle. Me voici à l'âge où il faut faire des comptes de mon existence passée.

    « Ce » que je « sentais » dans ma jeunesse, sans pouvoir l’affirmer ou du moins le prouver est maintenant authentifié par mon vécu....
    En posant un lent regard sur ma vie et les étapes  franchies, je comprends vraiment ce qu'a été ma vocation, ce qui en a été le fil conducteur, comment des commencements ont pu s'accomplir dans les mûrissements de l'âge adulte.

    Le sentiment qui domine en moi quand je me retourne sur les routes du passé, c'est l'émotion d'une vie qui a  été bien remplie en passant par des voies banales. Cette émotion devient action de grâces au Seigneur qui m'a assistée et qui m'a conduite, parfois sur des chemins où je ne pensais pas m’aventurer, à la rencontre de gens que je ne pensais pas côtoyer et encore moins fréquenter.

     

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    À partir de l’enfance, à peine émergée de ce qu'on nommait  « l'âge de raison », j’ai le souvenir assez net d’avoir eu divers pressentiments. Comme si Dieu était présent et venait à ma rencontre pour déjà m’avertir de l’élan à prendre pour vivre ce qu’Il me demanderait, non pas dans la forme, mais dans le fond. Je m'en souviens comme de moments privilégiés, d'une grande douceur et de paix intérieure, avec la conviction intime que jamais je ne serais abandonnée. C'est ce qui m'a permis de ne jamais perdre confiance.

     

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    Aujourd’hui, je peux affirmer que c’est vrai. Il s'est toujours trouvé quelqu'un sur ma route pour me protéger!

    Des "Anges " aux divers visages m’ont permis de comprendre ma vocation et d’ordonner ma vie entière comme un  service en réponse à l’appel de Jésus …

  • IMPERMANENCE




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    Nous avons facilement tendance à revenir sur le passé et à anticiper l’avenir. Or nous n’avons de prise réelle ni sur l’un ni sur l’autre...

    On prend aussi un plaisir vain à vouloir fixer les choses, les gens dans une boîte ou un temps de notre vie, alors que tout est en perpétuel mouvement. Pour bien le comprendre, il suffit d’observer de quelle manière la nature et les animaux se synchronisent à leur milieu.

    C’est pareil pour moi : je ne suis plus absolument celle d'hier, puisque je meurs à moi-même tous les jours. C'est le cycle de la vie. Il n’y a pas de quoi m’apesantir là-dessus. Quand bien même je voudrais résister, la charge deviendrait plus lourde à porter.

    Il faut apprendre à jongler avec des chemins qui se croisent. On se rapproche, puis on s’éloigne. On naît, on meurt. On projette, on renonce. On promet, on se délie...

    Si j’évoque ceci, c’est parce que ce 28 août est un jour particulier, qui touche plusieurs points sensibles en moi, avec du triste et du joyeux...
    Rien de grave en soi, les choses normales de la vie. Mais ne dit-on pas que des petites piqûres d’épingle à divers endroits sont plus douloureuses qu’un seul coup de canif ? Sauf si je trouve un onguent efficace...

    Il y a aujourd’hui 5 ans, mes parents m'appelaient à 4 heures du matin au chevet de mon frère handicapé. J’ai dû leur annoncer ce qu’ils avaient peine à admettre : leur fils était mort ! Je sais qu'ils vont beaucoup pleurer aujourd'hui.

    L'ami prêtre qui a célébré l'enterrement est parti pour l’étranger. Un autre programme l'attendait aujourd'hui!

    Ce mardi, Ju, de qui j’ai dernièrement parlé à deux reprises, déménage définitivement. Mais on se reverra!

    En fin matinée, j’assisterai aux vœux solennels d’un Père de l’Abbaye de Leffe. Ce jour est choisi parce que c’est la fête de St Augustin, qui a inspiré la règle de St Norbert, devenue celle des Prémontrés. Nous nous réjouirons tous ensemble.

    L’amie d’une visiteuse de ce blog avec laquelle j’ai entamé des liens, sera opérée au cours de la journée. Elles sont toutes deux présentes dans ma prière.

    Je viens d’apprendre le décès d’un ami âgé de 65 ans. Tout en ne faisant pas partie des relations fréquentes, nous avons partagé des morceaux de vie intéressants, de ceux que l’on n’oublie pas. Son départ m'attriste plus que ce que je ne l'aurais imaginé. Sans doute parce que je songe aussi à son épouse, que j'ai pas mal côtoyée à une certaine époque.

    Mon fils aîné, après avoir soigneusement choisi ses meubles, tentures et divers accessoires pour aménager ce mois-ci dans sa nouvelle maison…est contraint de la mettre en location, et de revendre son mobilier (pas de place pour le stocker) !  Ayant récemment défendu, pourtant très brillammant, sa thèse, il n’a pas d’emploi certain pour l’an prochain !

    Du coup, les projets de réorganisation des espaces chez nous tombent à l'eau!

    Dans tout ça, où trouver la stabilité et l’harmonie desquelles j'ai besoin?

    J’écrivais dernièrement à un ami :
    « Les moments où la vie interpelle sont surprenants. Bien souvent, des obstacles extérieurs viennent contrarier nos choix. Ils nous rappellent durement que l’individu n’est pas programmable, qu’il n’est pas un objet prévisible scientifiquement. (…)»
    Et je lui souhaitais : « Bonne vie ! ».
    Qu’est-ce à dire ?

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    « Il y eut un soir et il y eut un matin...» (Gn 1, 5) : Ainsi commence le récit de la Bible. Ainsi entrons-nous dans la vie…

    En dépit de ce qui précède, plus j’avance dans ma vie, plus je me rends compte que le bonheur absolu recherché par quasiment tous les  gens n’est pourtant pas utopique, encore moins  quelque chose de lointain. Il peut jaillir instantanément de mon coeur, provoqué par un sourire d’enfant, un rayon de soleil à travers les nuages, une prise de conscience, un enseignement, une lecture, une randonnée.

     Naturellement, la loi de l’impermanence ne me permettra pas de goûter bien longtemps à cet état. Peu importe : l’expérience est vécue, m’a nourrie et ce bonheur me permet ainsi de bien vivre l’acceptation des aléas.


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    Rien ne dure jamais, ni un orage, ni le ciel bleu... ni le malheur, ni le bonheur... tout est éternel recommencement... permanence de l'imprévu.


    Je sais qu’il faut pouvoir tenir compte des trois dimensions de  l’histoire : le passé, le présent et  l’avenir, et suivre  la logique de : « gouverner, c’est prévoir ».

    Mais je sais surtout que ce n’est seulement qu’en vivant chaque moment présent avec Dieu et en Dieu que je peux vivre pleinement et heureusement...

  • DOUTES

     
    comment-dieu Hier, Dydime postait un article selon lequel la Foi de Mère
    Teresa aurait été tiraillée par des doutes. Ensuite, en réponse à un commentaire, il dit qu' il interprète ces doutes pour des actes de Foi.
     
    Ce à quoi j'ai renchéri:
    "Comme toi, Dydime, je vois dans ces "lamentations" un acte de Foi.
    Croire veut dire être travaillé par Dieu, parfois heureusement, parfois durement, toujours positivement. Donc poussé dans l'agir, qui amène forcément un changement. Ce qui n'est pas toujours plaisant, et que l'on essaye parfois d'éviter. Si  Dieu n'existe pas, tout est adjugé!
    La foi se débat avec Dieu et surtout avec soi-même.
    Si Mère Teresa n'a pas échappé au doute ni à la contestation, pas plus que la plupart des Saints et des  Mystiques, elle les a affrontés et surmontés.
    Elle laisse l'image d'une croyante dans toute son humanité. Je trouve que ce modèle de sérénité qui se laisse ébranler est finalement assez rassurant..."

     
     
     
     
    Comme de bien entendu, mes souvenirs tout frais de "L'oeuvre au Noir" m'ont renvoyée au passage dans lequel le Prieur des Cordeliers s'adresse à Sébastien (Zénon, revenu incognito à Bruges)
     
     
    DIALOGUE AVEC UN INCROYANT :
    SAUVER DIEU?   

    L'Oeuvre au Noir(Gallimard, 1968)

    À la p 276, Marguerite Yourcenar raconte la quête de l'absolu.

     

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     - Nous doutons, dit le prieur de sa voix soudain tremblante, nous avons douté... Pendant combien de nuits ai-je repoussé l'idée que Dieu n'est au-dessus de nous qu'un tyran ou qu'un monarque incapable, et que l'athée qui le nie est le seul homme qui ne blasphème pas...

    Puis, une lueur m'est venue: la maladie est une ouverture. Si nous nous trompions en postulant sa toute-puissance, et en voyant dans nos maux l'effet de sa volonté ? Si c'était à nous d'obtenir que son règne arrive ? J'ai dit naguère que Dieu se délègue ; je vais plus loin, Sébastien(alias Zénon). Peut-être n'est-il dans nos mains qu'une petite flamme qu'il dépend de nous d'alimenter et de ne pas laisser éteindre ; peut-être sommes-nous la pointe la plus avancée à laquelle II parvienne...
    Combien de malheureux qu'indigne la notion de son omnipotence accourraient du fond de leur détresse si on leur demandait de venir en aide à la faiblesse de Dieu ?

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    - Voilà qui s'accorde fort mal avec les dogmes de la Sainte Eglise, dit Sébastien.

    - Non, mon ami ; j'abjure d'avance tout ce qui déchirerait un peu plus la robe sans couture.
    Dieu règne omnipotent, je le veux bien, dans le monde des esprits, mais nous sommes ici dans le monde des corps.

    Et sur cette terre où II a marché, comment L'avons-nous vu, si ce n'est comme un innocent sur la paille, tout pareil aux nourrissons gisant sur la neige de nos villages de Campine dévastés par les troupes du roi, comme un vagabond n'ayant pas une pierre où reposer sa tête, comme un supplicié pendu à un carrefour et se demandant lui aussi pourquoi Dieu l'a abandonné ?

    Chacun de nous est bien faible, mais c'est une consolation de penser qu'IL est plus impuissant et plus découragé encore, et que c'est à nous de L'engendrer et de Le sauver dans les créatures.

     

    Comme conclusion, je "passe parole" à Georges Bernanos:
    "La Foi : vingt-quatre heures de doute... mais une minute d'espérance."

     

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  • QU'EN PENSEZ-VOUS?

     Ma réflexion d'hier continue son petit bonhomme de chemin...

     

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    Croire en Dieu ne résout pas le problème du mal.

    La souffrance demeure une expérience de l'absurde. Se limiter à dire que Jésus nous rachète par ses souffrances est un raccourci qui  risque de faire croire à l'intérêt de s'y installer, voire de s'y complaire, pour paticiper au Salut...

    " Ce qui rachète, ce ne sont pas les souffrances du Christ, c'est qu'au bout de ses souffrances Jésus a été un homme pleinement aimant, croyant, et espérant. Ce qui rachète, c'est ce qui construit et qui libère l'être humain. Or la souffrance en tant que telle ne le fait pas. Elle ne peut donc pas racheter. Ce qui va le faire, c'est la façon dont chacun va essayer d'humaniser sa vie au cœur de ses souffrances. Cela grâce à Dieu et avec Dieu " (X. THEVENOT, Don Bosco aujourd'hui, déc. 1987).

     

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     Dieu est bon et innocent de tout mal. 

    Jésus annonce d'ailleurs être venu pour les mal portants. Il  ne se résout pas à la souffrance et tâche d'y apporter une consolation.

    Dieu a besoin de nous pour continuer à créer. Il nous aide à transformer la souffrance en vie, Il nous appelle, nous accompagne. Il pardonne, il ressuscite...

     

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    Voici un questionnaire
    Il ne vient pas de moi (revue "Le Cap, du diocèse de Liège), trouvé sur internet.
    Qu'en pensez-vous? Votre avis m'intéresse... 

     

    D'ACCORD, OU PAS D'ACCORD?                               OUI         NON

        

    -    Le mal est ce qui empêche l'expansion de la vie (NIETZSCHE).


    -    Il faut souffrir pour réussir.


    -    Nous sommes impuissants face à la souffrance des autres.


    -    La sagesse, c'est d'accepter les épreuves du réel, et de demeurer
    stoïque devant les épreuves de la vie.


    -    Le mal dans le monde, c'est comme une panne dans une
    machine. Il est normal que la machine tombe parfois en panne.


    -    Dans l'épreuve, il faut trouver une nouvelle manière d'être.


    -    Avec les progrès de la médecine, la souffrance disparaîtra.


    -    D'un mal peut sortir un bien.


    -    Si un homme parle ou agit avec un mauvais mental,
    la souffrance le suit toujours (bouddhisme).


    -    La souffrance, ça me fait peur, et je préfère ne même pas en parler.


    -    Quand je vois quelqu'un qui souffre, je détourne mon regard, ça me ferait m'évanouir.


    -    N'importe quoi, mais pas souffrir...


    -    La souffrance est la loi... de la nature (EURIPIDE).


    -    Les leçons apprises dans la douleur ne s'oublient jamais
    (proverbe africain).


    -    L'homme est un apprenti, la douleur est son maître et nul ne se connaît tant qu'il n'a pas souffert (A. DE MUSSET).


    -    Nous vivons dans une société qui a trop peur de la souffrance et qui dit trop vite : mieux vaut mourir que souffrir (P.VERSPIEREN).


    -    Nous savons faire de belles phrases sur la souffrance... nous ignorons ce qu'elle est (cardinal VEUILLOT).


    -    Jésus nous rachète par ses souffrances.    

     

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  • APPEL

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    Hier, mon coeur s'est serré en voyant pleurer un patient à chaudes larmes. Depuis dix ans, ce monsieur, âgé d'environ 78 ans, vient tous les vendredis en fin de matinée, pour un contrôle sanguin. À 11H30 tip, top, il est  invariablement au poste! Si bien qu'en cas d'exceptionnel retard, nous nous demandons s'il lui est arrivé quelque accroc...
     
    En dehors du personnel de notre service, du médecin et des caissières de la grande surface où il fait ses achats, il n'a qu'un chat chez lui, avec qui parler. Aussi, depuis le temps que nous le connaissons, nous sommes devenues ses confidentes.
    Depuis ces quelques mois, Ju, la jeune docteresse de qui j'ai dernièrement parlé sur ce blog, est la remplaçante de sa généraliste, en congé de maternité. Cette circonstance n'a fait qu'améliorer un contact déjà excellent entre eux via le labo.
     
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    Sachant que ce vendredi était la dernière prestation de Ju, il s'est présenté chez nous sans chercher à cacher son vide, son sentiment d'abandon:
    "Vous pensez bien qu'à mon âge, je ne pourrai plus renouer des liens. Et puis avec qui? Tout le monde s'en va! Bientôt, je n'aurai plus personne..." Et d'énumérer: mes deux anciennes collègues déjà pré-retraitées, Ju qui ne sera plus là, ni son médecin traitant (qui prend une autre orientation). Et il ajoute en s'adressant à moi: "Et bientôt vous!" 
     
    Nous avons pris du temps, l'avons rassuré, faisant valoir les qualités des personnes avec qui il aurait affaire. Mais il persistait: "Je n'ai plus envie de raconter mes histoires une nouvelle fois à quelqu'un. Toujours recommencer, ça me fatigue..."
     
    On a beau dire qu'il faut éviter l'affectif dans le rapport avec les patients, il y a des cas où c'est difficile d'y échapper.  Aussi, la pensée de cette solitude mal vécue m'a trotté dans la tête jusqu'au soir. Que faire, hors d'une attention hebdomadaire et ne pas dépasser la dose de "réserve",  sinon à nouveau confier à Dieu?

     Ci-joint, le texte d'une demande qui correspond à ce que vit ce patient...Peut-être prie-t-il ainsi aussi? Car je sais qu'il est croyant.
     
    Puis-je vous demander de vous joindre avec moi à cette prière, afin qu'il trouve rapidement le réconfort et la paix auxquels il aspire?
     
     
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    AU SECOURS
    (Dans Chemins de Pâques 95. Editions du Signe.)
     

    Oui, aujourd'hui j'ai envie de crier,
    de crier au secours,
    de l'appeler toi, mon Dieu!
    Comme la reine Esther au temps de l'angoisse.
    Comme toutes celles et tous ceux qui,
    dans la vie, n'en veulent plus, n'en peuvent plus.

       Il y a des jours sans joie, sans enthousiasme,
    on a l'impression que tout s'en va...
    Ceux que nous aimons nous semblent
    tellement loin...

    Bien sûr, on nous le dit :
    " Tu peux compter sur moi, je suis là ".
    Alors, mon Dieu, je me tourne vers toi.
    Car toi, mieux que quiconque,
    tu sais voir dans la détresse
    l'espoir en train de naître.

    Toi, tu sais me révéler au-delà des cris
    la parole qui met debout.

    Toi, tu sais deviner au cœur de la demande
    la réponse qui va éclairer ma route.

    Toi tu devines, plus loin
    que nos mots et nos questions,
    notre attente...

  • L'OEUVRE AU NOIR


     

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    "L'oeuvre au noir", de Marguerite Yourcenar (1903-1987). est un livre qui m'a été offert depuis un certain temps par un ami. Devant son insistance pour que je le lise, et vu qu'il me connaît très bien, je lui faisais confiance. Encore fallait-il  trouver l'occasion de me  consacrer à cette lecture sans trop d'interruption, afin de bien suivre le fil de l'histoire.

    Ce fut chose faite en juillet, pendant mon séjour au Canada...

    Le récit, qui est magnifiquement construit, tant par la beauté, la précision et la finesse de son écriture que par l'esprit qui s'en dégage, prend sa source dans les Flandres, au milieu du XVI ème siècle. Il raconte la vie de Zénon, médecin alchimiste en quête de vérité, le suit en Europe et dans les pays méditerranéens, jusqu'à son retour clandestin à Bruges, sa ville natale. Malgré de puissants protecteurs -dont le Prieur des Cordeliers -, Zénon, recherché depuis longtemps pour ses écrits catalogués subversifs, est arrêté,  jugé, puis condamné au bûcher...

     

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    Il paraît que  Maguerite Yourcenar disait que "L’Œuvre au Noir" pouvait se résumer en deux mots : l’histoire d’un homme intelligent, persécuté et broyé par l’intolérance.
    Ce livre est passionnant à lire, je ne peux que vous le recommander chaudement. Je comprends l'insistance de mon ami...

     

    Quelques "morceaux" pour vous mettre en appétit?


     . Qui serait assez insensé pour mourir sans avoir fait au moins le tour de sa prison ?

     . On n'est bien que libre, et cacher ses opinions est encore plus gênant que de couvrir sa peau.

    . Vaut-il la peine de s'évertuer durant vingt ans pour arriver au doute, qui pousse de lui-même dans toutes les têtes bien faites ?

     . Ce n'était pas trop de toute une vie pour confronter l'un par l'autre ce monde où nous sommes et ce monde qui est nous.

    . Peu de bipèdes depuis Adam ont mérité le nom d'homme. 

     . [...] il m'advient rarement de quitter une maîtresse sans ce petit soupir de soulagement de l'écolier qui sort de l'école, et je crois bien que ce sera un soupir du même genre que je pousserai à l'heure de ma mort.

     . Frère, il y a dans presque toutes les choses terrestres je ne sais quelle lie ou quel déboire qui vous en dégoûtent, et les rares objets qui par hasard ont la perfection en partage sont mortellement tristes.  

    . Je sais que je ne sais pas ce que je ne sais pas.

      . Je me suis gardé de faire de la vérité une idole, préférant lui laisser son nom plus humble d'exactitude.

     . [...] la voie qui consiste à tout nier, pour voir si l'on peut ensuite réaffirmer quelque chose, à tout défaire, pour regarder ensuite tout se refaire sur un autre plan ou à notre guise [...]

     . Il était de ces hommes qui ne cessent pas jusqu'au bout de s'étonner d'avoir un nom, comme on s'étonne en passant devant un miroir d'avoir un visage, et que ce soit précisément ce visage-là.

      . [...] ce vice de l'entendement qui consiste à appréhender les objets afin de s'en servir, ou au contraire à les rejeter, sans entrer assez avant dans la substance individuée dont ils sont faits.

     . On n'est pas libre tant qu'on désire, qu'on veut, qu'on craint, peut-être tant qu'on vit.

     . [...] il goûtait cette froide connaissance qu'on a des êtres quand on ne les désire plus.

     . La démarche de l'esprit se frayant un chemin à l'envers des choses menait à coup sûr à des profondeurs sublimes, mais rendait impossible l'exercice même qui consiste à être. Il avait trop longtemps aliéné le bonheur d'aller droit devant soi dans l'actualité du moment, laissant le fortuit redevenir son lot, ne sachant pas où il coucherait ce soir, ni comment dans huit jours il gagnerait son pain. Le changement était une renaissance et presque une métempsycose.

     . [...] tout soldat rencontré dans un lieu désert tourne aisément au bandit.

     . Magiques enfin l'amour, et la haine, qui impriment dans nos cerveaux l'image d'un être par lequel nous consentons à nous laisser hanter.

     . L'homme est une entreprise qui a contre elle le temps, la nécessité, la fortune, et l'imbécile et toujours croissante primauté du nombre. [...] Les hommes tueront l'homme.

     . [En parlant de Dieu] Peut-être n'est-Il dans nos mains qu'une petite flamme qu'il dépend de nous d'alimenter et de ne pas laisser éteindre ; peut-être sommes-nous la pointe la plus avancée à laquelle Il parvienne...

     

  • JEU D'ADRESSE




    À la lecture du titre du post de ce jour, je parierais bien que vous  vous apprêtez à affronter un test ou un tour de passe-passe. Détrompez-vous !
    Quoique, tout compte fait… Je vais vous parler du parcours d’une carte postale. Énigmatique ? Je vous explique…

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    Une enveloppe correctement affranchie et glissée dans la boîte : ce simple geste suffit pour qu’une lettre parvienne à son destinataire, généralement dès le lendemain, même lorsqu’elle est expédiée de l’autre bout du pays. Il n’y a personne aujourd’hui pour s’en étonner, mais bien des personnes pour rouspéter en cas de retard !

    Comme beaucoup de gens, je ne manque pas d’occasions pour déplorer la qualité des services dits publics. Il serait pourtant trop court de conclure que « rien ne va ».

     

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    Habituellement, une séance courrier est assurée au cours de  chacun de mes  voyages. Pour ne pas allonger ce temps, je fais une tournante entre les destinataires.  
    C’est ainsi que lorsque nous sommes partis  dans le Sud de la France, j’ai entre autres envoyé une carte de la Grande Chartreuse à Va, la copine de Gi. En prior, SVP, pour une réception rapide!

    C’était sans compter sur le tour qu’allait  jouer ma distraction…que des personnes consciencieuses déjoueraient!
    La carte n’est parvenue que dix jours plus tard, envoyée non pas en Belgique, mais … en France !
    En relevant  différents indices, Va a  retracé le périple parcouru par la carte. Visiblement, le code postal a d’abord été modifié, probablement adapté à un lieu portant approximativement le même nom. Il semble qu’un particulier français ait réceptionné le courrier, puis déposé dans une boîte aux lettres ou dans un bureau de poste, après avoir écrit : mauvaise adresse.

     

    L’erreur ne lui étant pas imputable, je comprendrais que la poste ait placé cet envoi  au rebut, et ce d’autant plus que, n’étant pas sous enveloppe, il était visible que son contenu n’avait aucun caractère  d’importance majeure.
    Pourtant, quelqu’un a eu le souci de chercher plus loin, et a fini par expédier cette correspondance dans la bonne direction. Elle aurait  très bien pu ne jamais arriver...

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    Ceci démontre que, dans un système duquel on a à se plaindre à juste titre pour certains points, il est injuste de généraliser en enfermant tout le monde dans le même sac. Il  y reste toujours des personnes pour qui  la mission demeure inchangée : satisfaire le public, avec toujours la même diligence et la même efficacité.

     


    On déplore  promptement les dysfonctionnements, mais  on  songe trop rarement à ceux qui, dans l'ombre, réalisent  parfois des prouesses hors du commun. 

    À tous ceux-là qui me lisent peut-être, je dis très sincèrement : Merci !…

     

    merci03