• CLAIR-OBSCUR

    Hier matin, pleine d’entrain, j’ai l’énergie prête à « casser la baraque ». Le travail va avancer ! Trop vite dit, car…

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    La sonnerie de mon portable retentit. Un SMS m’ apprend le décès de l'amie d'une de mes amies. À force d’avoir entendu parler d’elle, j’ai l’impression de perdre une connaissance, bien que nous ne nous soyons jamais rencontrées.

    papillon
    Trop affligée, Ma n’a pas eu le courage de me tél pour m’annoncer cette nouvelle. Elle me téléphonera plus tard, quand elle réprimera ses sanglots.

    De loin, je compatis. Impossible de rester insensible à la peine d'une amie, ou d'un ami! Et je prie pour le repos de cette âme.

    Peu après, un de mes frères tout heureux, m’appelle. Chloé, son deuxième petit-enfant, est née peu avant l'aube, à 3h. Cet heureux événement a tout pour me réjouir, d’autant plus que j’ai toujours eu beaucoup d’affection pour la maman du nouveau bébé.

    naissance
    Sortant de la pesanteur de ce qui a précédé, le sourire gagne mes lèvres, et mon cœur « chatouille » de bonheur. De suite avertis, mes fils s'associent à ma joie pour saluer l’arrivée de leur nouvelle petite-cousine.
    J’aime ces moments de réjouissance collective !

    Début d’après-midi, je pars faire des courses. À la porte d’entrée de l’AD, un avis est affiché, selon lequel le magasin n’ouvrira qu’à partir de 13h, en raison de l’enterrement du neveu de la gérante, mais aussi collègue du personnel et ami de certains d’entre eux.
    J’avais entendu parler de l’accident qui a entraîné le décès de ce garçon. Il allait souffler ses 23 bougies lundi prochain, 04 juin.

    papillon Aussi un inconnu. Pas tout à fait cependant, car il était le fils d’un membre d'une chorale dirigée pendant un an par mon fils Gi.
    Dans le supermarché, la musique de fond se fait entendre, mais elle a l'accent d’une marche funèbre. Le personnel semble prostré, vraiment accablé. Je sens qu’ils appréciaient celui à qui ils ont fait les adieux ce matin.
    J’achète du fil. Rouge-grenat. Presque la couleur du sang. Il servira à coudre les tentures pour la maison de La, qui aménage progressivement, avec le plus grand soin possible. Je l'aide comme je le peux. En ce moment pourtant, je me sens presque coupable, comme indécente de participer à une telle perspective.
    Une mère vient d’enterrer son fils, et l’autre aide le sien à faire son nid…

    Songeuse, je m’achemine vers la caisse. Il faut patienter. À cause d' un défaut d’étiquetage pour un article de la cliente précédente. Bah ! Qu’est-ce que quelques minutes « perdues », à côté des joies, et des drames qui se déroulent sans doute en ce moment même, un peu partout dans le monde?
    Par contre, en voyant la mine affectée de la caissière, mon sang se glace. J’ai froid. Le chagrin qu’elle éprouve me transperce la peau. Je refoule mes larmes. Nos yeux embrumés se rencontrent. Nous nous entendons sans mot dire…

    Sur le chemin du retour, je songe à la vie. Belle absurdité, à certains croisements comme ceux d’aujourd’hui!

    Que comprendre? Qui me comprendrait d’ailleurs, maintenant?
    Il ne faut pas me méprendre. Il y a peu à comprendre. Plutôt me laisser surprendre. Peu à peu apprendre.

    Je suis à la frontière entre la terre et le ciel. Tiens, comme le thème de l’expo d’Arcabas!
    De ces deux univers, le premier me semble solide. Ne l’est-il pas, puisque je le palpe, je le goûte, je le hume, je l’entends, je le vois…?

    images

    Naissance,
    Présence
    Mort,
    Absence
    Un monde en effervescence,
    Plongé dans l’indifférence,
    Qui va dans tous les sens…
    « Ence »,
    « Sence »,
    « Scence »,
    « Ssance »,

    Choisir quel sens ?

    « Reconnaissance »
    « Appartenance »
    « Évanescence »
    « Re-naissance »

    Même résonance!

    Je ferme les yeux, puis je les ouvre.

    Dans le clair-obscur où je me touve, le deuxième univers m’annonce un autre sens. Il m’indique une direction. Il m'invite à le rejoindre.

    Roi_mage

    croixfleurie

    La vie, ce sont des embryons d'histoires qui coïncident avec une double gestation : celle d'un enfant à naître et celle d'une vie à être, les deux mamelles de l’être humain...

    La vie, c'est un élan vital qui, jour après jour, guide mes faits et gestes, mes affections, mes choix anodins comme les plus décisifs.

    La vie, c'est surtout une fidélité à moi-même, à mes désirs, à mon destin. À l'écoute de mon corps, j' essaye de communiquer ce que je vis, de décrire mes remous intérieurs, mes ressacs hormonaux, mes épanchements humoraux, mes états d'âme, ma Foi.

    Chaque étape de la vie est reliée aux autres. Commencer, c’est aussi arrêter. C'est renoncer à des projets pour continuer des choses entamées, de telle sorte que l'on ne parle plus que de re-commencement.
    Naître n’a de commencement que pour une finalité qui engendre à la Vie Éternelle.

    Finalement, je n’ai presque rien fait hier. Je me suis laissée vivre, et n’en retire ni honte ni regret. La vie vaut plus que ce détail–là.

    Je sais que la vie d'ici-bas vaut la peine, et les peines! d'être vécue. Elle est l'antichambre de la vraie Vie qui attend quelque part. Nous avons la grâce d'en recevoir régulièrement des échantillons. Là, il n’y a que des larmes de joie...

  • PRIÈRE DE L'ARTISTE ET DE L'ARTISAN

    En conclusion du post d'hier, voici la superbe prière des artistes et artisans que récite Arcabas avant de se mettre à l'ouvrage. Celle que chacun peut réciter, si l'on admet que chacun possède une petite touche artistique...

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    Prière de l'artiste et de l'artisan

    Apprends-moi, Seigneur,
    à bien user du temps que tu me donnes.

    Apprends-moi
    à tirer profit des erreurs du passé
    sans oublier les réussites,
    les unes et les autres
    ont quelque chose à m'apporter.

    Apprends-moi à unir la hâte à la lenteur,
    la sérénité à la ferveur,
    le zèle à la paix.

    Aide-moi au départ de 1'ouvrage...
    c'est l'instant où je suis faible.

    Aide-moi au cœur du labeur...
    pour que soit bien tendu
    le fil de mon attention.

    Dans tout labeur de mes mains, Seigneur,
    laisse une grâce de toi pour parler aux autres
    et un défaut de moi qui me parle à moi-même.

    Seigneur, ne me laisse jamais oublier
    que tout savoir est vain,
    sauf là où il y a travail,
    que tout travail est vain
    sauf là où il y a l'amour,
    que tout amour est creux
    qui ne me lie qu'à moi
    sans me lier aux autres,
    sans me lier à Toi.

    Rappelle-moi
    que 1'ouvrage de mes mains t'appartient.

    Si je l'accomplis par goût du profit,
    comme un fruit oublié,
    je pourrirai à l'automne.

    Si je 1'accomplis pour plaire et pour briller,
    comme la fleur de l'herbe,
    je fanerai au soir.

    Mais si je le fais pour 1'amour du bien,
    je demeurerai dans le bien.

    Et le temps de faire bien...
    et pour Ta gloire!
    c'est aujourd'hui,
    c'est tout de suite.

    Alors... qu'ainsi soit-il.

    Auteur inconnu...

  • ARCABAS DE TERRE ET DE CIEL

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    Du 10 mai au 1er juillet, l’association Solid’art Saint Maurice de Lille organise une exposition du peintre Arcabas, bien connu dans le monde de l’art sacré. Samedi, nous sommes partis à quatre vers Lille, pour découvrir en grandeur nature l’oeuvre intitulée “L’’enfance du Christ”, et “Passion – Résurrection”.

    Splendide, c'est le mot. Mais il s'accompagne de profondeur, de sensibilité, de beauté, d'harmonie, de piété, d'Amour...
    Bref: Les peintures sentent le travail de l'homme, assisté par l'inspiration divine. On y trouve une subtilité qui ne transparaît que devant les tableaux eux-mêmes, alors qu'on n'en devine qu'un pâle reflet sur les photos des livres et revues.

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    Le premier polyptique, propriété de l’archevêché de Malines, nous a semblé être plus soigné, avec un souci dans les détails, une technique plus élaborée, et une recherche plus grande de beauté plastique

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    Pourtant, nous avons préféré la Passion et Résurrection, qui nous a davantage émus par l'expression intense des visages, par l'économie des gestes qui posent l'attention sur l'acte qu'ils annoncent.
    En se rapprochant de la Croix, on devine une sorte de douce sauvagerie désireuse de toucher, sans la blesser, l'émotion de ceux qui regardent et hésitent encore à croire. Ici, l’emballage devient plus superfétatoire. L’artiste ne tergiverse pas, comme mû par un besoin subit d’accélérer l'allure, car impatient d’arriver enfin au but! Il nous invite à cheminer vers l’essentiel, à tel point que l’oeil n‘est nullement heurté par certains traits baveux.
    Puis vient le ralenti. Tout est dit? Presque! La suite se déroulera au rythme du Ressuscité...

    Il s’agit d’une sorte de ‘testament' de Arcabas, selon ses propres dires lorsque nous avons été reçus chez lui l’an dernier à pareille époque.

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    Pour résumer en peu de mots : tout commence dans le paraître pour se terminer dans l’ëtre. Le Verbe a pris chair, puis la chair fait place au Verbe. Comme le chemin de l’homme…
    Je vous recommande de pousser la curiosité jusque là. Surtout si vous voulez profiter des tons réels, principalement le doré, le bleu et le rouge. Autant dire les dominants…

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    Vous pensez regarder sans danger ces images,
    mais ce sont elles qui vous regardent, qui vous cernent.
    Et vous voilà pris à ces toiles mieux que par la soie de l’araignée.
    Lecteur, c’est l’heure d’être lu.
    Visiteur, l’heure d’être visité.
    Tu venais à une exposition et, sans conteste,
    Tu es ici spécialement exposé. Exposé sûrement .
    Sûrement sans sûreté.
    Car de quoi s’agit-il? sinon de toi.
    Ces tableaux sous tes yeux sont les cartes jetées
    D’un tarot clairvoyant où se mire ton âme.

    Fabrice HADJADJ
    (Texte original publié en regard des tableaux d’Arcabas dans Passion Résurrection , éd du cerf.)

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    Il est vrai que celui qui contemple cette oeuvre échappe difficilement à l'intériorité à laquelle le pousse l'artiste. C'est en ça que je lui reconnais surtout le génie artistique!

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    « Dieu m’a donné le don de peindre. C’est ma façon de prier, plus que de plonger dans l’étude des textes ».
    De plus, dit-il dans un dossier de Panorama de ce mois-ci qui lui est consacré, la Bible est la sève dont il a besoin pour vivre et pour peindre. Il ajoute: « Je ne sais pas si l’expression, “avoir la foi “est tout à fait juste. On ne possède pas la foi. Le plus souvent, on ne fait que courir après. La foi n’est jamais acquise définitivement, c’est un combat. Il faut juste se battre pour croire, comme on se bat pour rester libre.
    (…). C’est une mystérieuse alchimie: ma foi en Dieu m’aide à peindre, mais la peinture est aussi une voie vers la foi. Je suis autant un croyant qui peint qu’un peintre qui tente de croire.. (…)
    Il y a des trous dans l’inspiration, comme il y a des doutes dans la foi… »

    Avant de commencer à travailler, Arcabas récite la prière des artistes.

    Il m'entraîne sur sa toile...
    La voie vers la foi, c’est la quête de toute la vie. Celle que recherche tout artiste, parfois bien inconsciemment. C’est ce que recherche l’artiste qui existe en chacun de nous!

    Comme Platon, et bien d’autres encore la trilogie de Arcabas est: « Beauté, bonté, vérité ». Pour lui, tout se lie, mais il place la vérité en tête du trio. Mozart, Bach et Monteverdi sont les compositeurs qui permettent le plus à Arcabas de donner libre cours à son inspiration.
    La beauté attire la beauté
    N’étant pas artiste moi-même, ma recherche du beau est cependant très attirée par l’art, qui me permet de communier avec la plus belle part de l’homme: la créativité. Je n’ai aucune peine à rejoindre Arcabas et à aimer ses œuvres, qui me parlent au-delà de ce que j’en vois.
    Le but de ma vie, n’est-ce pas de partir des formes perceptibles pour atteindre de plus en plus un niveau suprême de la beauté-bonté-vérité qui s’efforce de s’exprimer au fin fond de moi comme en tout être humain?

    « Depuis que je peins, j’ai un tableau en tête, que je ne parviens jamais à réaliser. Alors, à chaque fois je recommence… Ce qui explique la quantité de mes oeuvres!». arcbas02b
    Je continue aussi sur ma lancée...
    Celui qui reste ouvert à la beauté, adapté à la vie de tous les jours, se veut nuancé dans ce qu’il dit, parce qu’il sait qu’il doute, ayant conscience de n’être jamais « accompli », est plus rassurant pour moi que celui qui proclame des vérités indiscutables et définitives.
    Le fait que je sois toujours en mouvement est la preuve que je reste réellement vivante, et non « morte-vivante ».
    Néanmoins, plus je suis fascinée par une approche de Dieu au-delà de mon être, plus je souffre de ne pas encore l’avoir rejoint. Mais je suis consciente de devoir mourir de moi-même pour y accéder. Ceci revient à admettre, accepter et assumer trois réalités fondamentales de mon humanité : « solitude, incertitude, finitude », ce qui signifie parvenir à renoncer à une partie de ce à quoi je rêve, pour faire l'adieu à un moi idéalisé.
    En fait, ma vie est le long exercice d'un deuil, celui de l’illusion de moi, pour donner vie à mon vrai « n’être », que je ne trouverai qu'en me recevant de Dieu.
    Cette vision des choses n’est en rien macabre, car elle est l’histoire d’une gestation pour un aboutissement dans l’Éternité.

    En plein accord avec Maître Eckhart je pense que Dieu est : « Un Dieu insaisissable, qui est une « chose trop sérieuse » pour en parler autrement que par quelques allusions. »
    Aussi, je n’en dirai pas davantage. Je ne possède aucune vérité, sinon celle de dire en vérité ce qui me touche, qui passe notamment par ma sensibilité artistique! Il me reste à rendre grâce au Seigneur de placer des artistes sur ma route...

  •  AH! CES ÉLÈVES...

    Puisque le lundi de Pentecôte est un jour de congé en Belgique, que dites-vous d'une petite récré? Aujourd'hui, les écoles sont vides. Sauf une, semble-t-il. Je vous y emmène, si tel est votre désir.
    Vous venez?

    perso_bigoudi


    Réponses d'élèves de primaire français (véridiques, paraît-il !?)

    eleves


    1- Dans la phrase 'Le voleur a volé les pommes', où est le sujet?
    Réponse: 'En prison.'

    2- Le futur du verbe ' je baille ' est?
    Réponse: 'je dors'.

    3 -Que veux dire l'eau potable?
    Réponse: 'C'est celle que l'on peut mettre dans un pot'.

    4- Qu'est-ce qu'est un oiseau migrateur?
    Réponse : ' C'est celui qui ne peut que se gratter la moitié du dos'.

    5- Quoi faire la nuit pour éviter les moustiques?
    Réponse: 'Il faut dormir avec un mousquetaire'.

    6- À quoi sert la peau de la vache?
    Réponse: 'Elle sert à garder la vache ensemble'.

    7- Pourquoi le chat a-t-il quatre pattes?
    Réponse: ' Les deux de devant sont Pour courir, les deux de derrière pour freiner'.

    8- Quand dit-on 'chevaux '?
    Réponse: 'Quand il y a plusieurs chevals'

    9- Qui a été le premier colon en Amérique?
    Réponse: 'Christophe'.

    10- Complétez les phrases suivantes :

    À la fin les soldats en ont assez...
    - d'être tués.

    Je me réveille et à ma grande surprise...
    - je suis encore vivant.

    La nuit tombée...
    - le renard s'approcha à pas de loup.

    11-L'institutrice demande: Quand je dis «je suis belle» quel temps Est-ce?
    - Le passé, Madame

    Pourquoi les requins vivent-ils dans l'eau salée?
    - Parce que dans l'eau poivrée, ils tousseraient tout le temps.

    Ah ces enfants! Toujours aussi déconcertants! Mais si adorables...

  • UNITÉ

    La Pentecôte, avec la venue de l’Esprit, peut donner un certain dynamisme spirituel.
    Elle me fait prendre conscience de l’action de l’Esprit en moi et m' encourage à faire grandir ma dimension spirituelle. Elle m' invite à ne pas réduire ma vie chrétienne à une morale et me donne un autre regard sur l’existence humaine.
    Si je veux l'unité, je la cherche en moi, à partir de ce que je suis pour l'offrir aux autres, à partir de ce qu'ils sont. Si nous le voulons tous, nous aurons l'unité, dans la diversité de nos unités...

    babel

    Devons-nous répéter l'histoire?...
    « Babel » signifie « confusion ». Cette tour fut appelée ainsi à cause de la confusion des langues qui provoqua l’arrêt de sa construction.
    Dans la tradition chrétienne, le contraire de cette confusion des langues se trouve dans le récit de la Pentecôte, où les gens comprennent dans leurs langues ce que disent les apôtres (Ac 2,6).

    « Si le Feu est descendu au cœur du Monde, c’est finalement pour me prendre et pour m’absorber.
    Dès lors, il ne suffit pas que je le contemple, et que par une foi entretenue, j’intensifie sans cesse autour de moi son ardeur.
    Il faut qu’après avoir coopéré, de toutes mes forces, à la Consécration qui le fait jaillir, je consente enfin à la Communion qui lui donnera, en ma personne, l’aliment qu’il est venu finalement chercher ».

    (« La messe sur le monde » -La Communion- Teilhard de Chardin, 1923).

    L'Église, en tant que communion, sert le but ultime de Dieu, qui est de réconcilier l'humanité. C'est ainsi qu'elle rend Dieu visible dans le monde. Le partage des souffrances et des luttes de l'humanité fait aussi partie de la nature et de la mission des Baptisés.

    pentecote1p

    L'Eglise est une,
    elle forme une multitude
    toujours plus étendue
    grâce à une fécondité
    toujours plus grande.

    Ainsi les rayons du soleil sont nombreux,
    mais sa lumière est unique
    nombreuses sont les branches de l'arbre,
    mais unique est le tronc vigoureux,
    planté sur des racines tenaces;
    d'une seule source
    viennent bien des ruisseaux,
    et bien que leur multiplicité
    ne découle que de la surabondance des eaux,
    leur origine est cependant unique.

    Sépare un rayon de soleil de sa masse
    et l'unité de la lumière
    n'en subit pas de division;
    arrache une branche à l'arbre
    et la branche arrachée
    ne pourra plus germer;
    coupe un ruisseau de sa source,
    et coupé il tarit.

    Il en est de même de l'Église.
    Illuminée de la lumière du Seigneur,
    elle répand ses rayons dans le monde entier:
    mais une est sa lumière partout diffusée,
    sans que l'unité de son corps en soit morcelée.

    Ses branches couvrent la terre entière
    de leur vitalité exubérante,
    ses ruisseaux s'épanchent au loin avec largesse;
    pourtant unique est la tête,
    unique la source,
    unique la mère aux fécondes et successives maternités.

    C'est elle qui nous enfante,
    son lait qui nous nourrit,
    son esprit qui nous anime.

    (Cyprien, évêque de Carthage, mort martyr en 258)

    Bonne fête de Pentecôte à tous!

  • L'AMI

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    Ce We, nous recevons nos amis de France. Entre nous s’est nouée une amitié que j’attendais depuis très longtemps, celle qui permet de vivre des moments que je qualifie de spirituels, qui atteint la mystérieuse profondeur de l'âme.
    En leur hommage, voici un extrait de « Citadelle », qui m’avait d’ailleurs été offert par Ér, un de ces deux amis. Ce livre a servi de support pour la rédaction du livret des 30 ans de mariage de Gu et moi. (voir archives au 06-03-2006: "existence-ciel")

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    L’ami d’abord c’est celui qui ne juge point..
    Je te l’ai dit, c’est celui qui ouvre sa porte au chemineau, à sa béquille, à son bâton déposé dans un coin et ne lui demande point de danser pour juger sa danse.

    Et si le chemineau raconte le printemps sur la route du dehors, l’ami est celui qui reçoit en lui le printemps.
    Et s’il raconte l’horreur de la famine dans le village d’où il vient, souffre avec lui la famine.
    Car je te l’ai dit, l’ami dans l’homme c’est la part qui est pour toi et qui ouvre pour toi une porte qu’il n’ouvre peut-être jamais ailleurs…

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    Et l’ami dans le temple, celui que (…) je coudoie et rencontre, c’est celui qui tourne vers moi le même visage que le mien, éclairé par la même lumière car alors l’unité est faite, même si ailleurs il est boutiquier quand je suis capitaine ou jardinier quand je suis marin sur la mer.
    Au-dessus de nos divisions je l’ai trouvé et suis son ami. Et je puis me taire auprès de lui, c’est-à-dire n’en rien craindre pour mes jardins intérieurs et mes montagnes et mes ravins et mes déserts, car il n’y promènera point ses chaussures.

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    Toi, mon ami, ce que tu reçois de moi avec amour c’est comme l’ambassadeur de mon empire intérieur. Et tu le traites bien et tu le fais s’asseoir et tu l’écoutes. Et nous voilà heureux.
    Mais où m’as-tu vu, quand je recevais des ambassadeurs, les tenir à l’écart ou les refuser parce qu’au fond de leur empire, à mille jours de marche du mien, on s’alimente de mets qui ne me plaisent point ou parce que leurs mœurs ne sont point miennes ?
    L’amitié, c’est d’abord la trêve, et la grande circulation de l’esprit au-dessus des détails vulgaires.

    Et je ne sais rien reprocher à celui qui trône à ma table.
    Car sache que l’hospitalité et la courtoisie et l’amitié sont rencontres de l’homme dans l’homme.
    Qu’irais-je faire dans le temple d’un dieu qui discuterait sur la taille ou l’embonpoint de ses fidèles ou dans la maison d’un ami qui n’accepterait point mes béquilles et prétendrait me faire danser pour me juger ?

    Tu rencontreras bien assez de juges de par le monde. S’il s’agit de te pétrir autre et de te durcir laisse ce travail à tes ennemis. Ils s’en chargeront bien comme la tempête qui sculpte le cèdre.

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    Ton ami est fait pour t’accueillir. Sache de nous quand tu viens dans ce temple qu’on ne te juge plus, mais te reçoit..

    (Citadelle-St Exupéry)

    amitie

  • SIMPLEMENT...

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    Avant-hier, mon petit filleul est venu passer l'après-midi à la maison, accompagné de sa grande soeur et de ses parents.

    Par chance, le temps était splendide, et nous avons pu dîner dehors. L'ambiance était si décontractée que nous avions l'impression d'être en vacances.

    Pendant un court instant, l'idée que les enfants puissent s'ennuyer m'a effleuré l'esprit. Ils n'avaient rien emporté de chez eux, et je ne dispose plus de grand chose pour jouer à l'extérieur. À prévoir...
    Très vite, je me suis ravisée, en pensant combien l'imaginaire des petits peut mettre en action un tas de jeux passionnants.
    Cette intuition était la bonne!

    Pendant 4H, les pt'tis bouts d'chou se sont amusés comme des fous. D'abord à grimper au cerisier du Japon duquel, tour à tour, ils jouaient des rôles différents. Nous n'avons pas suivi les sénarios, mais de loin, fusaient des éclats de rires joyeux qui nous en disaient long.
    Du côté des "grands", nonchalamment installés au soleil, ça conversait très plaisamment de tout et de rien. De temps à autre, nos regards se croisaient, et nous échangions un sourire entendu, qui signifiait que nous étions bien ensemble.

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    Après un certain temps, les têtes blondes ont rappliqué dans notre zone. Ils n'étaient plus seuls! Au passage, ils avaient adopté des escargots, qu'ils ont ensuite lancés dans une course éperdue. Enfin, on disait que... Il ne leur manquait plus que le dossard! Chaque enfant encourageait son préféré avec acharnement. il y avait de l'ambiance.
    Les bêtes seraient-elles plus conciliantes que les humains? Aucun de ces gastéropodes ne semblait être candidat à une victoire en solitaire, et chaque tentative s'est soldée par un ex aequo...

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    Toute peine mérite salaire. Les petits très attentifs, se sont fait un devoir de sustenter les marathoniens avec de l'herbe et des feuilles, ainsi que de l'eau.

    Ainsi se sont déroulées quelques heures très agréables. Elles ont permis à chacun de se délasser, sans rien compliquer. Elles nous ont aussi fait redire que un des plus grands plaisirs des enfants est de se retrouver dans la nature avec leur seule créativité pour s'occuper.
    Encore faut-il leur en fournir l'occasion...

  • JE CROIS, JE VEUX

    Chacun a sa vocation, selon l’appel que lance le Christ à le suivre.
    De leur place, tous peuvent dire : « Je crois et je veux ! »
    Mon Credo me permet de vouloir...

    credo




    Je crois, je veux
    Deux verbes, l’un devant l’autre.
    L’abstrait et le concret.
    La réflexion et l’action.
    Mon croire agit sur mon vouloir agir.

    Je crois, je veux
    C’est grâce à mon « Je crois » que je trouve la force de dire « Je veux ».
    Cette petite phrase sous-entend que je me dispose à me battre quotidiennement pour persévérer dans la vie que j’ai librement choisie.

    Je crois, je veux
    Je crois en Dieu, je crois en la vie, je crois en l’humanité, je crois au bonheur. Alors...
    Je veux agir comme Jésus me l'a appris.
    Je veux aimer les autres comme le Père m'aime.
    Je veux faire partie de l’Eglise vivante d’aujourd’hui.

    Je crois en ce que Dieu veut, donc je veux y répondre.
    Chaque matin, j’offre au Seigneur mes actions, mes sentiments, mes rencontres, tout ce que j’espère faire de bien, mais aussi toutes mes fautes, mes erreurs.
    C’est ma façon toute simple de lui dire : « Voilà je t‘offre ma vie, avec toute la faiblesse de mes moyens. Fais-en ce que tu veux ! »

    Je crois en ce que Dieu peut, donc je veux m'y abandonner.
    Parce que je crois que, par le don de son Esprit, le Seigneur unifie mes contradictions, je renouvelle chaque jour mon « oui » à son appel.

  • PRIÈRE ET ACTION

    De la Prière à l’ActionLa Prière est essentielle. Sans elle, l’âme s’asphyxie.Mais, à l’exception des ordres contemplatifs (qui ont aussi une vie de labeur « ora et labore »), la prière ne saurait se suffir à elle-même.Saint Paul le rappelle : "... Frères, si je parle les langues des hommes et des anges, mais que je n’aie pas la charité, je suis en bronze sonore ou une cymbale retentissante. »Qu’est la Charité ?C’est la mise en pratique du premier des Commandements qui est d’aimer Dieu et de son corollaire qui est d’aimer son prochain.Aimer son prochain, c’est vouloir pour lui le meilleur.Le meilleur, c’est participer, en fils, en ce monde et après la mort à la Vie Divine.Le vouloir c’est bien. Le mettre en situation de réaliser ce destin, c’est mieux et suppose un Ordre Politique qui non seulement ne l’en détourne pas mais se réclame ouvertement de cet objectif.La Doctrine Sociale de l’Eglise qui n’a cessé de s’enrichir aucours des siècles et qui trouve son expression la plus achevée dans les Encycliques sociales, décrit avec précision les moyens de cette mise en situation.Or ces moyens sont avant tout POLITIQUES en ce que leur mise en œuvre dépend du pouvoir que Dieu donne aux souverains.C’est pourquoi la vie chrétienne est, à la fois et de façon indissociable, Prière et Action.L’Action ne peut s’affranchir de la sphère politique.« Seigneur, vous m’avez pourvue d’une âme, Graal qui ne peut être remplie que de Vous.Vous m’avez aussi donné un corps pour Vous servir et servir mon prochain.Un corps pour travailler et me nourrir.Un corps pour donner l’Amour et transmettre la Vie.Un corps pour écouter, voir, sentir et toucher les merveilles de votre Création.Mais un corps, aussi, pour défendre votre Cité terrestre, chaque fois que c’est nécessaire, au prix de mon sang.»posted by I. Bars

  • KHALIL GIBRAN

    Pour rester dans la suite d'avant-hier, où je disais: "Le don gratuit n’attend rien en retour! Il est bien utile que de petits rappels de ce genre me le redisent"!, j'ai revisionné le diaporama qui suit, un court extrait du « Prophète ». Le mois dernier, j'avais déjà mis un poème sur "Vivance", tiré du même livre. Ces écrits me parlent beaucoup par leur sagesse, sans me demander de creuser trop les méninges.
    Un petit voyage dans le livre vous intéresse? Entrez donc...
    :

    prophete

    Voici quelques détails qui permettent de situer le texte dans le temps et dans la vie de son auteur:
    En l'année 1903, Gibran est appelé à Boston où sa mère, son frère et une de ses soeurs, décèdent de la tuberculose. C'est dans un état de détresse et de détachement qu'il entame une version anglaise du Prophète, oeuvre dont il avait déjà esquissé les grandes lignes en arabe dès l'âge de quinze ans et qu'il travaillera jusqu'en 1923.

    En 1923, il publie donc « Le prophète », qui le fera connaître du monde entier. Il meurt le 10 avril 1931 à l'âge de 48 ans, après avoir écrit des poèmes et des méditations, empreints de symboles et de spiritualité. Ses oeuvres ont reçu un accueil enthousiaste aussi bien en Orient qu'en Occident.

    Il dit de lui même :
    « Je suis venu afin de vivre dans la gloire de l’Amour et dans la lumière de la Beauté, qui sont les reflets de Dieu.
    Sur cette terre je vis, et personne ne peut me chasser des sphères de la Vie. Car, à travers mon mot chargé de vie, je continuerai d’exister, même dans la Mort. »

La "Vivencia" est la vie en train de se vivre. La vivance représente plus que la simple expérience d'un phénomène...