• J'AI APPRIS...

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    - Qu'as-tu appris sur le chemin ?
    - J'ai appris,
    dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n'est ni triste ni gai. Il est là ; il existe ; c'est tout.

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    Ce n'était pas le monde qui me troublait, mais l'idée que je m'en faisais. J'ai appris à accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement.
    - C'est la 3ème Sagesse,
    dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde.

    Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit le Prince. Le Silence l'habita.
    - Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du silence de la plénitude à la Plénitude du Silence.7100187_p
    Et le Vieil Homme disparut.

    Texte de Charles Brulhart

  • ACCEPTE...

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    "ACCEPTE-TOI TOI-MEME."



    Le Prince s'étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu'il avait franchi la porte la première fois, dans l'autre sens. "Quand on combat on devient aveugle," se dit-il.
    Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu'il avait rejeté et combattu en lui : ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer. Il apprit à s'aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer.
    Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda :
    - Qu'as-tu appris sur le chemin ?
    - J'ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c'est me condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. J'ai appris à m'accepter moi-même, totalement, inconditionnellement.
    - C'est bien,
    dit le Vieil Homme, c'est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la 3ème porte.

    À peine arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut:

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    "ACCEPTE LES AUTRES"

    Tout autour de lui il reconnut les personnes qu'il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu'il avait aimées comme celles qu'il avait détestées. Celles qu'il avait soutenues et celles qu'il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l'avait tellement gêné et contre quoi il s'était battu.
    Il rencontra à nouveau le Vieux Sage :
    - "Qu'as-tu appris sur le chemin ? demanda ce dernier.<>
    - J'ai appris,
    répondit le Prince, qu'en étant en accord avec moi-même, je n'avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d'eux. J'ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement.
    - C'est bien,
    dit le Vieux Sage. C'est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte.

    Arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut :

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    "ACCEPTE LE MONDE"

    "Curieux, se dit-il, que je n'aie pas vu cette inscription la première fois."
    Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu'il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l'éclat et la beauté de toute chose. Par leur perfection. C'était pourtant le même monde qu'autrefois. Etait-ce le monde qui avait changé ou son regard ? Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :

    ?...? Plus qu'un peu de patience! Suite et fin demain...

  • CHANGE...

    fig4

    "CHANGE LE MONDE""



    C'était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d'autres ne me conviennent pas." Et il entama son premier combat.

    Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et l'ivresse du conquérant, mais pas l'apaisement du coeur. Il réussit à changer certaines choses mais beaucoup d'autres lui résistèrent. Bien des années passèrent.

    Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande :
    - Qu'as-tu appris sur le chemin ?
    - J'ai appris,
    répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m'échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n'en dépend pas.
    - C'est bien,
    dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise.
    Et il disparut.

    Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire:

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    "CHANGE LES AUTRES"

    "C'était bien là mon intention, pensa-t-il. Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d'amertume et de frustration."
    Et il s'insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat. Bien des années passèrent.

    Un jour, alors qu'il méditait sur l'utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :
    - Qu'as-tu appris sur le chemin ?
    - J'ai appris,
    répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n'en sont que le révélateur ou l'occasion. C'est en moi que prennent racine toutes ces choses.
    - Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu'ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même. Sois reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t'enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir.
    Et le Vieil Homme disparut. Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots :

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    "CHANGE-TOI TOI-MEME"

    "Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c'est bien ce qui me reste à faire," se dit-il. Et il entama son 3ème combat.

    Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal. Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais aussi des échecs et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda :
    - Qu'as-tu appris sur le chemin ?
    - J'ai appris,
    répondit le Prince, qu'il y a en nous des choses qu'on peut améliorer, d'autres qui nous résistent et qu'on n'arrive pas à briser.
    - C'est bien,
    dit le Sage.
    .- Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de me battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos ? J'ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise.
    - C'est justement ton prochain apprentissage,
    dit le Vieux Sage. Mais avant d'aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru. Et il disparut.

    Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la 3ème porte et s'aperçut qu'elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait :
    (?...?) Vous le saurez demain!...

  • LES TROIS PORTES DE LA SAGESSE

    "Ecce homo". "Voici l'homme!" Celui qui, aux portes du prétoire, apparut à la foule, il y a deux mille ans.
    Quoique aveuglément, nous devinons la distance qui nous sépare de lui, fils de Dieu et fils de l'homme.

    Avant d'arriver à la Résurrection de Pâques, il y a trois portes à franchir au cours du Carême, pour nous guérir de notre stérilité. Elles sont:
    - Quand tu pries...
    - Quand tu jeûnes...
    - Quand tu fais l’aumône...

    Voici un conte qui s'associe bien à ces trois conseils. Je le propose en plusieurs étapes, afin de prendre le temps de bien le savourer...


    Les trois portes de la sagesse

    Texte de Charles Brulhart

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    Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l'envoya auprès d'un Vieux Sage.
    - Eclaire-moi sur le Sentier de la Vie, demanda le Prince.
    - Mes paroles s'évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras 3 portes. Lis les préceptes indiqués sur chacune d'entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t'en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t'en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi.
    Le Vieux Sage disparut et le Prince s'engagea sur le Chemin de la Vie. Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire :"?...?" .

    La patience est une des vertus indispensables pour parvenir à la Vérité! À demain, pour la deuxième partie...

  • DON DE VIE


    Dans ce qui suit, je fais un "mixage" de ce qui s'est encore dit dans les conversations des quatre jours "suisses".

    On ne reçoit jamais aussi bien que lorsque l'on est à jeûn. Il n'est en effet possible de se laisser emplir que après s'être vidé, ce à quoi nous sommes invités pour bientôt recevoir la Vie de la Résurrection de Pâques.

    Cependant, pour les sceptiques, ce qui est creux est inutile, voire bon à jeter puisque stérile comme le figuier de la parabole qui, décidément, est mon fil conducteur en ce Carême!
    Pourtant, quand je demande à Dieu avec insistance, il m' accorde la grâce de sa paix, parce que je suis sûre d'être entendue. Néanmoins, avant d'intervenir plus concrètement, Il attend patiemment, le temps que je trouve le bon "truc" pour préparer le terrain à mon arbre desséché, premier signe prometteur de beaux fruits qui doit dépendre de ma volonté!

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    Ceci me plonge aussi dans la parabole des noces de Cana, où l’eau apportée par les serviteurs est changée en vin. Dans l’âme des convives, l'allégresse fait alors rebondir la fête, fleurir les sourires. Mais le miracle ne s'est produit qu'à l'heure de Jésus, non à celle de la demande de Marie...

    C'est Jésus qui décide du délai: « Mon heure n’est pas encore venue ». Pourquoi?
    Résiste-t-il à sa mère parce que, comme tout homme, il connaît l’angoisse devant des actes importants qui engagent son destin et sa responsabilité?
    Essaye-t-il de repousser l'idée de naître à sa vie publique?
    Ou veut-il montrer à sa maman comment elle peut l'accompagner efficacement, sans trop le retenir par l'affectif ou pour des motifs trop "terre à terre", et l'aider à aller au bout de sa mission jusqu'au courage de la Croix?
    Marie est mère. Elle comprend l'essentiel et se tait: la réaction de son fils témoigne d’un désir, celui du passage à l'acte. Il n'évite donc pas, mais agira au moment opportun.
    Elle a dit, a entendu la réponse qu'elle respecte, et n'insiste pas. Elle attend.
    Après avoir recommandé aux serviteurs: "Faites tout ce qu'il vous dira", son rôle se limitera à assurer une présence confiante et discrète auprès de son fils. Jésus ne tardera d'ailleurs pas à passer à l'action.

    Parfois, je manque de courage, soit que je ne vois pas d'intérêt à m'attarder à une situation, soit que je crois que c'est vain. Or, pour obtenir, je dois communiquer, demander explicitement, en prenant le risque d'ignorer ce qui suivra.
    Je sais que je ne suis jamais seule, que Dieu veille et agira toujours. Cependant, je dois passer par l'épreuve du don de moi dans l'abandon, dans l'ignorance du temps et de la manière que Dieu utilisera pour intervenir dans ma vie, pour transformer mon eau en vin...

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    Je voudrais avoir la foi de Marie! Une foi qui dégage les saveurs enivrantes de l'Amour qui lie cette mère à Dieu. Un amour qui devine, qui s'oublie, et accepte déjà le choix de Jésus: Il deviendra la grappe de raisins mûrs.
    Elle se prépare à souffrir avec lui et l'encourage à accepter l'épreuve du pressoir pour devenir Vin. Quand? Elle l'ignore. Mais son amour va jusqu'à l'aider à perdre la vie qu'elle lui a donnée pour qu'Il donne la Vie à l'humanité...

  • FÉCONDITÉ

    Prolongement des quatre jours en Suisse. Le sujet qui suit s'adapte à merveille avec les lectures de l'Annonciation de ce jour...

    Si l’amour c’est de se sentir « bien » avec quelqu’un que l’on aime et qui nous aime, c’est aussi se laisser toucher comme Dieu s’est laissé toucher par les cris et la souffrance de son peuple, ou comme le Samaritain par le blessé au bord de la route.
    L'Amour et non l'amour, est l'histoire d'un enfantement, et il dépend de notre capacité de transmettre la vie largement et gratuitement, en faisant alliance avec Dieu et par la grâce de l'Esprit-Saint. Ce sujet a largement été abordé entre Ca et moi au cours de notre promenade de mardi dernier. Bien que n'étant pas en situation d'envisager avoir un enfant biologique, Ca par son choix de vie et moi par mon âge, nous nous sentons être toutes deux "mamans spirituelles", des "petites Marie"dans notre vie.

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    Jésus, dans le mystère de l’incarnation, nous révèle l’Amour Trinité. Il s’est fait homme pour nous témoigner de cet amour. Il est venu jusqu'au bout à la rencontre de l'humanité entière. Il l'a fait jusque sur la Croix, avec le larron au coeur endurci, quand il dit à son Père : « Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

    Le Christ est venu nous tendre la main, et nous laisse dans l'entière liberté de la saisir ou de la rejeter. Entrer dans sa manière d’aimer est d’une fécondité extraordinaire. C’est à cette conversion que nous sommes invités durant le Carême.

    Hier, j'évoquais le temps de Dieu, qui n'a pas la même mesure que le nôtre.
    Fréquemment, nous tranchons dans le vif et expédions ce qui n'est pas encore fini, ou nous portons des jugements à l'emporte-pièce à propos de certaines situations!" Pourtant, derrière la supposée logique qui inspire un verdict radical, disais-je, n'est-ce pas un besoin personnel de sécurité qui se cache?"
    Autrement dit, une soif d'Amour?
    Qui enclenche à son tour une soif d'enfanter?
    Qui génère finalement une soif de donner la Vie dans tous les actes posés?

    N'est-ce pas tout le monde qui est concerné, hommes et femmes, sans distinction? Avec l'aide de Dieu, tout est possible...

  • QUEL TEMPS FAIT-IL?

    Dernièrement, l'histoire du figuier stérile m'a interpellée ! De près, de très près, à travers des événements qui me touchaient. Ils ont aussi fait l'objet de certaines conversations durant les quelques jours passés en Suisse...

    Dans notre impatience à vouloir parfois trop rapidement que tout aille bien, nous confondons (mais est-ce innocemment?) facilement survie avec vie! Par sa banalité, sa logique, son "va de soi", nous croyons atteindre le degré de maturité que requiert la vie. Et pour bien gérer les événements, nous voulons en délibérer sans délai, en adjugeant de suite, sans appel. C'est-à-dire sans avoir le détachement suffisant pour les laisser mûrir!

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    Comme avec le figuier : "Pourquoi perdre encore du temps…?
    Trois ans, n'est-ce pas amplement suffisant? Faut-il vraiment encore faire preuve de patience? À quoi donc servirait un an de plus? L'argument de "poids"pour justifier qu'il est indispensable de passer aux choses "sérieuses" vient alors au secours: "Le temps c'est de l'argent!" La plupart du temps, nous portons des jugements expéditifs! Pourtant, derrière la supposée logique qui inspire notre verdict précipité et souvent radical, n'est-ce pas un besoin personnel d'être sécurisés qui se cache? N'est-ce pas surtout notre volonté de ne pas perdre de temps à nous poser des questions sur notre foi et nos certitudes?

    Notre distance "sûre" se mesure souvent de nos yeux au bout de notre nez. Pourtant, quand on regarde dans le rétroviseur de la vie, on constate que chaque temps est une durée nécessaire pour devenir à l'image du Créateur, elle débarrasse de tout ce qui entrave, pèse, tient éloigné...

    À travers les textes de la Bible, Jésus nous fait découvrir Celui qui l'envoie.
    Dieu crée le monde, libère l’être humain, fait alliance avec lui. Il s'incarne dans le Fils, qui accepte de nous offrir sa vie pour nous sauver avec lui, pour nous faire passer de la mort à la résurrection.

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    Le temps de Dieu, n'est pas un point qui s' insrit sur la ligne du temps.
    C’est un temps de relation, de Bonne Nouvelle, d’Alliance où chaque instant de la vie peut être réponse à l’appel de Dieu, peut être ouverture à l’autre qui est donné.

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    Et moi ?
    Est-ce que je me sens créée par Dieu, à son image ? Est-ce que j’accueille cette alliance qui m’est proposée ? Est-ce que le baptème que j’ai reçu me fait renaître à une vie nouvelle, en Jésus Christ ?
    Comment vivre ce temps avec Dieu, au-delà du temps qui passe ?

  • QUATRE JOURS...

    Quatre jours. Même pas une semaine complète, et pourtant un contenu si dense que j’ai bien du mal à savoir par où commencer pour vous les raconter.
    Aussi, avant d’aborder l’essentiel des échanges avec les amis, desquels se dégagent les sujets de l’Amour, du don de vie et de la fécondité, je propose de pénétrer en douceur dans l’ambiance qui m’a enveloppée et par un aperçu des lieux que j’ai découverts.

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    Cette petite église fait face au bâtiment qui m'hébergeait.

    Lundi soir, après un voyage très agréable d’une durée de 8H, j’ai deposé ma valise à Montet, où se trouve un centre de formation pour les Focolari, ainsi que des ateliers de travail.
    Ca, l’amie à qui je rendais visite, m’attendait et m’a reservé un accueil plus que chaleureux. Nous restons en contact par mails, et avons eu l’impression de nous être quittées la veille, alors que nous ne nous étions plus vues depuis quinze mois. Après un souper partagé avec une de ses compagnes, nous avons continué à parler. Nous étions intarissables, mais monsieur Sommeil réclamait …
    Ca m’a conduite dans ma chambre, très spacieuse et confortable, dans laquelle je me suis d’emblée sentie chez moi. Et ce d’autant plus que, explorant la pièce, mon regard est tombé sur une pancarte de bienvenue posée sur le bureau. Elle m’était adressée. Cette attention m’a émue, bien qu’elle ne m’étonnât qu’à demi, car elle s’inscrivait dans l’esprit de notre mouvement.

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    Le séjour devait-il se dérouler sous le signe de la chance? À croire que oui. Depuis deux semaines, le jour de congé de Ca, qui est logopède dans une école proche, est passé du jeudi au mardi. Nous avons donc pu passer toute une journée ensemble.
    Mardi, Ca m’a emmenée dans la superbe petite ville médiévale de Estavayer. Le lieu et la température étaient propices à la flânerie et à la discussion.

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    Au départ, Ca est une amie de mon fils La. Nous avons été assez rapidement rapprochées par des réflexions en profondeur qui ne tiennent pas compte des différences d’âge, et c’est par elle que j’ai connu les Focolari.
    Ca est engagée plus radicalement dans le mouvement, et prononcera sans doute ultérieurement des voeux privés d’obéissance. Rien de troublant à cette perspective, car je l’ai sentie heureuse, épanouie et bien installée dans une vocation que je n’avais pas tardé à déceler, bien avant qu’elle n’en parle officiellement.

    Dans l’après –midi, nous avons visité les différents ateliers du centre de Montet: fafrication d’objets en bois, saumon fumé, chaises de bureau ergonomiques, vêtements de bébé et accessoires de nursery… Le tout fonctionne avec succès sur le principe de l’économie de communion. Partout, j'ai ressenti ce quelque chose d’impalpable, mais pourtant d'étrangement presque tactile, qui est empreint de paix, de calme, de bonheur

    Le soir, j’étais invitée dans le focolare de Ca. Il est composé de deux Brésiliennes, une du Nord et l’autre du Sud, une Coréenne, une Portugaise, une Suisse de langue allemande, deux Belges, une francophone et la seconde néerlandophone, une Italienne et une Portugaise. Leur langue commune est l’italien, celle de Chiara Lubich, et ça ne pose aucun problème.
    Une table de fête était dressée, et nous avons mangé une raclette. Chacune s’est présentée, on m’a posé des questions …Toute une soirée dans l’amour réciproque, comme je voudrais toujours pouvoir vivre, qui s’est clôturée par des chants à la guitare spécialement préparés en mon honneur!

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    Mercredi, Ca m’a déposée aux abords de Fribourg, et j’ai pris direction gare, où il était convenu que P, l’ami de voyage, viendrait me rejoindre. Nous avions prévu faire la visite de la vieille ville. Le tour est vite fait, mais vaut vraiment la peine du coup d’oeil. À recommencer par temps plus chaud car, Brrrr… , ce jour-là, le thermomètre boudait!

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    Vers midi, cap vers Gruyères, où nous avons passé l’après-midi. Les mérites de cette petite ville m’ont été vantés la semaine dernière par la fille d’une colègue qui habite Neufchâtel, et ne sont pas surfaits. Elle m’a conseillé de ne pas manquer les meringues à la crème. Je n’ai évidemment pas laissé échapper une telle information. Chose dite, chose faite!
    L’estomac bien repu, nous sommes allés visiter le château, entretenu de manière impeccable, ainsi que les abords de la petite cité… pleine de trous pour l’aménagement des voieries! Pour plus de poésie, elle demande aussi à être revue, surtout avec les bacs de géraniims à tous les balcons, paraît-il.
    Avec P comme avec Ca, les quelques heures passées ensemble ont été l' occasion de riches partages.

    Le soir, Ca nous a rejoints après son travail. Nous avons assisté à une belle messe festive, animée par un choeur de jeunes universitaires, après laquelle nous avons dégusté une fondue dans un resto.

    Pendant ce temps, la neige tombait et la voiture était cachée sous une couche ouatée de 5 cm lorsque nous l’avons récupérée.


    Jeudi était le jour “J” du retour. Les adieux n’ont été qu’un au revoir. Je perçois maintenant avec sérénité des séparations qui m’auraient auparavant fait souffrir
    Soit je retournerai voir Ca, soit nous communiquerons par mail, ou par tél, mais surtout nous resterons reliées par l’Esprit de Dieu à un point tel que nous resterons proches en toutes circnstances, je le sais…

  • MERCI!!!

    MERCI!

    Ce mot est un peu court, mais il exprime tant de choses...

    Merci tout d'abord à Florent, qui a remarquablement tenu le blog durant mon absence, ce dont je ne doutais évidemment pas. Pour ne pas mettre son humilité à l'épreuve, je m'arrêterai là!

    merci

    Merci à l'ami avec qui je suis partie. Ensemble, nous avons un peu refait le monde, en commençant par le nôtre. Le trajet n'a pas été un seul instant monotone, et nous avons roulé dans la bonne humeur.

    Merci à l'amie que je rejoignais, ainsi que les compagnes avec lesquelles elle partage sa vie de Focolarine. Elles m'ont confirmé qu'une vie collective est pleinement épanouie, quand elle est sous le signe de l'Amour mutuel.

    Merci à mon mari et à mon fils aîné, qui m'ont accueillie joyeusement dans une maison impeccable à mon retour, avec du bon café chaud, petite délicatesse que j'apprécie, ils le savent!

    Mais pour l'heure, le travail m'attend et je ne puis m'étendre davantage.

    Le registre des posts va reprendre mon style. Dommage pour certains, sans doute!

    Bonne journée et à demain...

  • C'EST PAS MOI, C'EST L'AUTRE

    Je livre une réflexion de Karl Barth, le théologien protestant, dont la vie (1886-1968) a illuminé bien des ténèbres. Qu’on le lise de suite, puis je le commenterai en le situant.

    DIEU ET NOUS

    En recevant le Saint-Esprit et en devenant membre de l'église, nous profitons d'un échange, comme l'appelle Paul {voir II Cor.5; Romains 5). On traduit d'ordinaire par "réconciliation", mais c'est "échange" qu'il faut dire. Il se produit, par la grâce de Dieu en Jésus-Christ, un échange entre Dieu et nous.
    En Jésus-Christ, Dieu nous donne sa vie et nous prend la nôtre. Notre vie devient son affaire, et sa vie devient notre affaire. Ce n'est plus notre affaire, cela ne nous regarde plus que nous soyons pécheurs. C'est l'affaire de Dieu qui, à notre place, veut être le pécheur […] Il s'est chargé de toute ma détresse. Et, maintenant, je suis, pour ainsi dire, hors de moi et je le regarde.

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    Le voici, Jésus-Christ, voici, sur sa personne, tout ce que je suis, tout ce qui me déplaît en moi et en autrui. Toute la misère humaine est en lui. E toutes les plaintes qu’on pourrait m’adresser, et toutes les plaintes que j'aurais à adresser à autrui, se dirigent maintenant contre Jésus-Christ. Voilà l'agneau de Dieu qui ôte le péché du monde.
    Quiconque veut m'attaquer et m'accuser et quiconque veut accuser mon prochain, eh bien, qu'il accuse d'abord celui-là, qui est chargé de toute la responsabilité. […]
    L'attitude de Dieu est plus que cela : il fait ce que personne ne peut faire pour autrui. Il entre dans sa détresse, il la fait réellement et totalement sienne. Il la porte, il la supporte et il l'emporte. Il est assez fort pour pouvoir le faire et il est assez bon pour vouloir le faire. Dans la personne de son Fils, Dieu souffre son propre jugement contre le péché. Il est en même temps juge et jugé. Et c'est ainsi que le péché est effacé radicalement et efficacement.

    Ce texte est tiré du livre Esquisse d'une dogmatique, traduit de l’allemand en 1984 par MM. Ryser et Mauris, avec une préface de Pierre Gisel. Cerf, Labor et fides, coll. Traditions chrétiennes, pp. 148-149. L’ouvrage, qui est une sorte d’abrégé des trente et quelque volumes consacrés par Barth à la Dogmatique, est aujourd’hui introuvable et le texte me vient, via un tiers ami, de l’abbé Jourdain, ancien curé de St Marc à Uccle.

    Une circonstance de la création de ce texte lui donne un relief particulier. Le texte original, selon le préfacier Pierre Gisel, est « un cours que Barth donne à Bonn, en 1946, dans un château à moitié détruit. L'Allemagne est en ruines. Au début du cours, on chante un psaume, ou un cantique, pour se donner du courage, ou pour avoir chaud, car il fait froid et l’on a faim. Un cours adapté aux circonstances ? Oui et non. Un cours qui peut paraître intemporel. Mais c'est un autre style de rapport au temps. »

    Qui, en 1946, à Bonn, suit des cours de théologie, sinon des jeunes gens rescapés du nazisme, lequel ne peut qu’avoir endommagé leur cœur, leur sensibilité, et au mieux leur entourage si par extraordinaire ils en ont été personnellement préservés ? C’est l’année même où à Munich, Joseph Ratzinger, 20 ans, terminait sa philosophie et commençait sa théologie. Que la faculté de Bonn fût protestante et celle de Munich catholique importe-t-il ? Pour ce sujet, pivot de l’Epitre aux Romains, on peut en douter, et croire que le pape Benoît ait eu alors les mêmes méditations que les jeunes théologiens de Bonn. Dans cette Allemagne où le Juif Jésus venait d’être massacré des millions de fois sous les yeux indifférents du peuple le plus cultivé du monde, où l’abomination était désormais patente, en même temps qu’était totale la déchéance, comment regardait-on son péché sans désespoir ?

    Dire que le Christ, et non l’Allemand, doit désormais répondre du nazisme, est-ce que ce n’est pas bouleversant ? Ce n’est nullement un subterfuge pour se dégager de sa propre responsabilité. Le pécheur le sait bien, que c’est lui qui a péché. Mais il peut voir ici ce que c’est que racheter : expier, réparer, rénover, ressusciter. Le faire n’est pas en son pouvoir. Ce qu’il peut, lui, l’indigne, c’est s’attacher à Jésus, l’Autre, l’Amour majuscule, qui est aussi le Juste et le Saint par essence, - et le voir se charger volontairement de son péché et le dissoudre dans cette essence même.
    Merci.

    Florent

La "Vivencia" est la vie en train de se vivre. La vivance représente plus que la simple expérience d'un phénomène...