• UN TEMPS POUR CHAQUE FÊTE!

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    Le climat est trop doux en hiver? Trop pluvieux en été? N’y a-t-il vraiment plus de saisons ? Quand bien même ce serait, que l’on resterait impuissants devant les forces de la nature.

    Les événements de la vie semblent logés à la même enseigne, mais par la force de l'homme. Et là, on peut agir…

    À voir le juxtaposition des événements à travers le système marchand, on ne sait parfois plus très bien à quelle fête s’atteler! J’ai beau le savoir, je m’en désole à chaque fois que je m’en aperçois.bonnefete2003

    Hier en faisant les courses au supermarché, quelle ne fut pas ma déception en voyant des œufs de Pâques. Pensez donc! J’étais à 100 lieues d’avoir ce programme en tête, puisque sur ma liste d’achats figuraient notamment les ingrédients pour les crêpes de la Chandeleur, qui se fêtera vendredi. gateau-anniversaire-04

    Ce que je déplore est révélateur de ce qu'il se passe dans moults domaines de notre société. La tendance actuelle est de s'agiter à contre-temps du rythme naturel de la vie.
    La consommation a elle aussi de l’avance à l’allumage. Et pour le coup, il me semble que le commerce nous vole nos repères. La chasse aux oeufs est ouverte, bien avant les dates précisées par le calendrier.
    Bien sûr, libre à moi d’acheter ou pas. Là n’est pas le problème. La question est vite résolue, puisque je ne suis pas preneuse. Mais tout de même!

    Car enfin… Prévoir, c’est bien. Planifier les choses ne me déplaît pas non plus.
    Quant à passer à l’action en dépit d’une chronologie naturelle devenue culturelle, et d’autant plus utile à respecter que nous vivons dans un monde trépident, il n’y va pas d'abord de la volonté du consommateur, mais plutôt de celle des fournisseurs, dont la finalité est d’étendre la période de chasse à la vente. Pour eux, peu importe que le petit poussin sorte de sa pascale coquille chocolatée avant que la douceur des crêpes n’ait rempli sa mission. L'essentiel, c'est la recette financière, n'est-ce pas!

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    Pour ma part, j’ai décidé de tourner ostensiblement le dos au rayon oeufs “momentanément proscrits”, et me prépare au rituel d’ une recette culinaire bien de cette époque de l’année. Si on mélange tout, je goûte à peine à chaque chose, n’en fais pas la distinction, et ai l’impression de ne profiter pleinement de rien.

    Une réserve d’oeufs frais est dans le panier de la cuisine. Jeudi, ils entreront dans la pâte, tandis les crêpes sont programmées pour vendredi 02 février, selon ce que veut la tradition. De chocolat, point ne manquerons, mais en accompagnement, sous forme de pâte choco.
    Tous les éléments seront présents, bien dans l'esprit de la Chandeleur.

    Que la fête vienne! Vive le chant de l'heure!
    Non mais... Ils ne vont tout de même pas nous faire tourner en bourriques, ces commerçants-là!
    C’est qui qu’est maître? Ben, heu… c’est nous.
    Tiens donc…

  • 5 minutes...

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    Le 1er février 2007 : Participez à la plus grande mobilisation des citoyens contre le changement climatique !

    L'Alliance pour la Planète (groupement d'associations environnementales) lance un appel simple à tous les citoyens :5 minutes de répit pour la planète : tout le monde éteint ses veilles et lumières le 1er février 2007 entre 19h55 et 20h00.

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    Il ne s'agit pas d'économiser 5 minutes d'électricité uniquement ce jour-là, mais d'attirer l'attention des citoyens, des médias et des décideurs sur le gaspillage d'énergie et l'urgence de passer à l'action ! 5 minutes de répit pour la planète : ça ne prend pas longtemps, ça ne coûte rien, et ça montrera aux candidats aux élections législatives de juin 2007 que le changement climatique est un sujet qui doit peser dans le débat politique.

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    Pourquoi le 1er février ? Ce jour là sortira, à Paris, le nouveau rapport du groupe d'experts climatiques des Nations Unies. Cet événement aura lieu chez nos voisins : il ne faut pas laisser passer cette occasion de braquer les projecteurs sur l'urgence de la situation climatique mondiale.

    Si nous y participons tous, cette action aura un réel poids médiatique et politique, quelques mois avant les élections !

    Faites circuler au maximum cet appel autour de vous et dans tous vos réseaux!
    Faites-le aussi apparaître sur votre site Internet et dans vos newslettres.

    Contact/ information : Cyrielle, Les Amis de la Terre :00 33 148 51 18 95.

  • COMMUNAUTÉS

    Un ami me disait être extrêmement déçu par "Le grand silence"qu’il est allé voir dernièrement.
    « Je trouve ce film très esthétisant. À aucun moment, il ne m'a porté vers Dieu. »
    Ce à quoi j'ai répondu : « Ce film est passé dernièrement chez nous et j'avais très envie d'aller le voir. Malheureusement, mes horaires n'ont jamais été compatibles avec les heures de séance, et je ne l'ai pas vu. De toute manière, monastères, communautés, abbayes, rien ne semble jamais si simple qu'il n'y paraît de l'extérieur, quand on passe derrière les coulisses.»

    Ceci m’a renvoyée à des notes que j’ai dernièrement écrites à ce sujet, suite à du « toucher » sur le terrain…




    Observées de l’extérieur, les communautés religieuses représentent aujourd’hui le signe le plus visible et le plus compréhensible de la forme de vie de personnes qui vivent dans la recherche de l'amitié fraternelle, dans le don et l'acceptation de chacun, avec ses qualités et ses limites. Un certain nombre de gens découvrent la notion d’esprit de famille par le contact avec des communautés convaincues et heureuses.
    Ceci devrait inciter les religieux à vivre d'un seul coeur, unanimes dans la prière, l'écoute de la Parole de Dieu, la fraction du Pain eucharistique et du pain gagné par le travail et les activités diverses porteuses de vie.

    Être une famille, c'est croire les uns dans les autres, partager la foi et les doutes, vivre unis les jours ensoleillés et les nuits obscures.
    L’Évangile en lui-même, est une aventure, et ses annonciateurs doivent être disposés à vivre une aventure, comme Marie, qui se lança dans un « oui » rempli de risques et inconditionnel. Rien n’est jamais fini.

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    Comme tout chrétien, chaque membre de la communauté est invité à aller au large avec Jésus dans l’aventure. Il n'a pas seulement une histoire à raconter, mais un projet auquel travailler personnellement, et pour cela, il faut oser de nouvelles décisions pleines d'espérance.
    S’il y a des critiques à formuer entre soi, il est important qu’elles soient ouvertes et constructives, chaque membre y étant attentif, parce que la réponse est de tous.

    Comme le dit le poète Rilke : « les demandes il faut aussi savoir les aimer, car il n'y a pas toujours une réponse pour chacune d’elles. ».
    Il faut éviter des jugements de valeur, de chercher à imposer une sorte d'infaillibilité personnelle. Il est nécessaire de promouvoir un esprit critique positif avec des propositions réalisables et évangéliques, qui partent de la réalité et tendent vers un avenir éclairé par un vrai discernement de ce qui est le mieux pour tous.

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    La dimension évangélique du provisoire, de l'incertitude et de la disponibilité à aller là où il est urgent de prêter service, rappelle l'importance de savoir dire oui au Seigneur et aux frères, à la vie et aux événements de l'histoire.

    Assumant des projets de foi qui permettent de construire un avenir prometteur de Vie, les communautés ouvrent à un demain joyeux qui fait place à la réalité du Christ éternellement présent.

  • FRÈRES -AMIS

    Dans une conversation ce n’est pas la contradiction qui me gêne, mais l’intention qu’elle dissimule.
    Si je sens que l’un veut écraser l’autre, je suis mal à l’aise, parce que le but ultime est d’imposer, de dominer, de détruire.
    Par contre, lorsqu’il y a manifestement la volonté de se comprendre, de s’allier pour s’entendre et en finalité construire, rien ne me dérange.

    Il ne s'agit pas que l’un se fonde en l’autre. Il s’agit de savoir s'arrêter ensemble, se rencontrer dans une proximité qui ouvre à un vrai partage, malgré les différences.

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    Vendredi soir, nous sommes les quatre de la famille à table. À la fin du repas, alors que la discussion est amicale, une phrase met le feu aux poudres… Une joute verbale s’engage entre mes deux fils…
    Dans ces moments de tension, le danger qui guette est qu’ils n’en viennent à la comparaison, à la rivalité, aux excès, à la surenchère. Je sens que ça part dans ce sens-là ! Dommage, alors qu’ il est si riche de recevoir l’autre dans le respect de sa différence, de le découvrir dans ses propos.
    L’alerte ne durera heureusement pas…

    Assez rapidement, j’interviens, non pas pour maîtriser le sujet, ni pour m' y introduire, mais pour modérer : « Parlez -vous! Ne vous mangez pas ! ».
    Ce petit rappel a été reçu 10/10, et a fait contrepoids au mécanisme dualiste. freres-3-5_blanc-2

    Les « garçons » ont continué à s’expliquer en se lançant des vérités à l’état brut, mais sans brutalité. Chacun avait visiblement le souci de ne pas blesser.
    G. répétait d’ailleurs de temps à autre : « C’est parce que je t’aime, que je te dis ça ! Je veux te voir heureux ! ». Son frère semblait ne pas vouloir l’admettre: "Si tu crois que tu me fais du bien ainsi!" Mais son ton et l’intérêt qu’il accordait au message qui lui était adressé prouvait le contraire…

    Dès leur petite enfance, c’est ainsi que j’ai essayé d’orienter les discussions entre mes fils. Sans être grande psychologue, j’ai rapidement compris qu’il ne va forcément pas de soi que des frères de sang deviennent frères de coeur. Quel bonheur pourtant, de se comprendre, de ne pas se juger, quoi qu’on se dise…

    Tout en laissant s’exprimer ce qu’ils pensent, qui doit pouvoir se dire, je les ai encouragés à le faire sans s’agresser, les aidant à ne pas dépasser certaines limites, sans chercher à désigner un gagnant et un perdant.
    Je leur ai appris que le contenu de celui qui parle est sa vérité, et qu’il a raison en s’exprimant. Si son raisonnement est faux dans l’absolu, ça se partage en un second temps.

    Étant régulièrement prise à témoin, je me suis toujours appliquée à parler en mon nom, m’abstenant de jouer à l’arbitre entre eux, les laissant seuls à leurs conclusions. Ils ont ainsi osé exprimer le fond de leur pensée sans que l’un ne se sente sérieusement menacé par l’autre.

    Se rejoindre sans toutefois penser forcément la même chose, et pouvoir se quitter en sachant que l’on continue peut-être à penser différemment, mais qu’on s’est compris, c’est ainsi que je désirais que mes fils deviennent des frères …amis !
    Et ils le sont ! Leur « rentre-dedans » peut être décapant, déstabilisant, mais se termine toujours sans animosité et sans rancune car ils s’aiment vraiment par-dessus tout…

  • LES LIVRES

    En ce moment, j'assure une présence plus intensive à la bibliothèque où je suis bénévole. Ceci pour participer à la préparation de la vente de livres qui aura lieu le 03 février prochain, ainsi que je l'ai annoncé dans un post précédent.

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    Étant trempée dans ce domaine, comment rester indifférente au beau texte qui suit, qui a pour auteur Henri Michaux? Le voici. Je vous souhaite de le savourer avec autant de plaisir que moi...


    « Les choses sont une façade, une croûte.
    Dieu seul est.

    Le monde est mystère, les choses évidentes sont mystère, livresles pierres et les végétaux.

    Mais dans les livres peut-être y a-t-il une explication, une clef.
    Les choses sont dures, la matière, les gens, les gens sont durs, et inamovibles.

    Le livre est souple, il est dégagé.
    Il n’est pas une croûte.
    Il émane.
    Le plus sale, le plus épais émane.
    Il est pur.
    Il est d’âme.
    Il est divin.
    De plus il s’abandonne ».

    « ... Dans les livres, il cherche la révélation.
    Il les parcourt en flèche.
    Tout à coup, grand bonheur, une phrase ....un incident... un je ne sais quoi, il y a là quelque chose...

    Alors il se met à léviter vers ce quelque chose avec le plus qu'il peut de lui-même,
    parfois s'y accole d'un coup comme le fer à l'aimant.
    Il y appelle ses autres notions « venez, venez ».
    Il est là quelque temps dans les tourbillons et les serpentins
    et dans une clarté, qui dit « c'est là ».
    livres-1 Après quelque intervalle, toutefois, par morceaux, petit à petit, le voilà qui se détache, retombe un peu, beaucoup, mais jamais si bas que là où il était précédemment.
    Il a gagné quelque chose.
    Il s'est fait un peu supérieur à lui-même.

    Il a toujours pensé qu'une idée de plus n'est pas une addition.
    Non, un désordre ivre, une perte de sang-froid, une fusée, ensuite une ascension générale.

    Les livres lui ont donné quelques révélations.
    En voici une : Les atomes.
    Les atomes, petits dieux.
    Le monde n'est pas une façade, une apparence.
    II est : Ils sont., Ils sont, les innombrables petits dieux, ils rayonnent. Mouvement infini, infiniment prolongé. »

    Henri Michaux(Plume précédé de Lointain intérieur), Gallimard - 1938

  •  PENSÉE DU JOUR

    Voici une sage pensée, qui m'a dernièrement été envoyée. De quoi rendre un peu de courage à ceux qui en manqueraient...

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    Bonne fin de semaine, et bon WE à tous!

  • VOCATION : BONHEUR

    Qu'est-ce que être heureux? Est-il égoïste de l'être, alors que tant de gens ne le sont pas? Ou faut-il l'être, pour devenir capable de rendre les autres heureux ? André Gide nous offre une réponse. À nous de trouver la nôtre...

    "Du jour où je parvins à me persuader que je n'avais pas besoin d'être heureux, commença d'habiter en moi le bonheur ; oui, du jour où je me persuadai que je n'avais besoin de rien pour être heureux.

    Il semblait, après avoir donné le coup de pioche à l'égoïsme, que j'avais fait jaillir aussitôt de mon coeur une telle abondance de joie que j'en pusse abreuver tous les autres.
    Je compris que le meilleur enseignement est d'exemple.
    J'assumai mon bonheur comme une vocation."

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    " Il y a sur terre de telles immensités de misère, de détresse, de gêne et d’horreur, que l’homme heureux n’y peut songer sans prendre honte de son bonheur. Et pourtant ne peut rien pour le bonheur d’autrui celui qui ne sait être heureux lui-même. Je sens en moi l’impérieuse obligation d’être heureux.
    Mais tout bonheur me paraît haïssable qui ne s’obtient qu’aux dépens d’autrui…
    Je préfère le repas d'auberge à la table la mieux servie, le jardin public au plus beau parc enclos de murs, le livre que je ne crains pas d'emmener en promenade à l'édition la plus rare, et, si je devais être seul à pourvoir contempler une oeuvre d'art, plus elle serait belle et plus l'emporterait sur la joie ma tristesse.
    Mon bonheur est d'augmenter celui des autres. J'ai besoin du bonheur de tous pour être heureux."

    André Gide ( Nourritures terrestres)

  • TRANSPARENCE

    Le décès de l’abbé Pierre, mon récent tête – à –tête avec papa, le souvenir de l’audience privée avec Jean-Paul II en 2002, me lancent une fois encore dans les hautes sphères…

    Quel sens a la vie, si on ne la partage pas avec quelqu’un à qui la transmettre? Dans la mort, ce qui fait surtout peur, c’est que tout s’arrête.Transparence-III-Robin-148361

    Je pense aux inévitables contradictions apparentes de la vie, le jour et la nuit, la vie et la mort...
    Puis je pense aux « têtes blondes et têtes blanches », que l’on appelle « les extrêmes », et qui s’attirent si bien, parce qu’elles n’ont pas besoin de mots pour se dire et se comprendre.

    On dirait que la dualité a été créée pour nous faire rêver d’une unité apparemment inaccessible ici-bas, rêver d’un monde où le bonheur n’aurait pas pour pendant le malheur, l’amour ne craindrait pas la haine...
    Il semble que, dans son ignorance, l’homme s’acharne de toutes ses forces à établir cette unité sur terre. Pour la trouver, il cherche à traverser les mystères de la vie… La transparence l’attire.

    La transparence permet de fonctionner dans la limpidité, jusqu’à espérer atteindre la pureté même. Elle ressemble au soleil et à la lumière. Elle ne peut souffrir le mensonge, ni tous les artifices qui dissimulent la vérité.
    Elle n’est même plus seulement un droit, elle est une exigence morale placée au centre de la société. Au nom d'une devenue "sacro-sainte" transparence, le droit à l’information tend à devenir un droit absolu. Tout doit être transparent : notre naissance, nos amours, nos conversations, notre domicile, notre fortune, notre pauvreté, notre mort doivent être exposés à la lumière. Ce qui est caché devient suspect : l’intimité, la confidence, la relation personnelle.

    Ce qui s’appelle transparence devient alors pour moi du voyeurisme. Il en est une autre qui me convainc mieux…

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    Je retiens en moi certaines « fortes personnalités », des êtres animés d'une passion qui transfigure. Paradoxalement, si elles m’impressionnent, c’est au nom d’une apparente faiblesse, qui laisse transparaître une force intérieure incroyable et donne du crédit à leur discours, celui d’une vie passée par les épreuves. Ce sont des personnages tenaces, acceptant la vie sous toutes ses formes et au courage sans faille. Ils subissent avec simplicité leur quotidien et utilisent leurs ressources d’amour pour avancer dans la vie et y inviter les autres.

    Les plus usés ne sont-ils que des morts en latence? Peu importe, si la Faucheuse les tire vers elle, pourvu qu’ils se servent de leur sursis pour laisser franchement transparaître la Vie, car alors, ils incarnent déjà l’Éternité! Ces inactifs sont animés par un abandon qui leur sied et a le goût de l'Espérance, dans lequel ils semblent finalement si bien se complaire que j’ai envie de les y rejoindre. Leur force particulière génère en moi une vitalité particulière, qui crée un lien spirituel mystérieux, auquel je m’attache volontiers, parce qu’il est rassurant.

    Par contraste, les gens dits « en pleine force de l’âge » sont finalement bien moins solides. C’est sans doute le besoin de se donner une contenance qui les oblige à s’accrocher aux choses matérielles et à s’agiter dans le « faire » et le « paraître ».

    Je resonge au chemin de Compostelle, et aux bagages à emporter. Partant avec un sac lourd, le pèlerin ne tarde pas à s’apercevoir en cours de route qu’il doit lâcher des choses pour continuer à avancer. Peu à peu, il comprend et abandonne ce qui n’est pas vital. Et je relie la naissance à la mort…

    Les tout petits, encore vierges d’une conscience « éclairée » par tous les artifices de la vie, acceptent ce qui est. Les personnes âgées, si elles se sont « réalisées », ont appris joyeusement à limiter leurs besoins. Le terme de la vie, c’est la période de l’enfantement de l’âme. C’est Élisabeth qui se croit stérile et devient mère de celui qui précède le Christ.

    Tous ces phénomènes me suggèrent que l’on peut perdre quelqu’un à différents niveaux. On peut déjà être absent en restant vivant, comme ne jamais disparaître après la mort. Quand quelqu’un veut donner, c’est jusqu’au bout qu’il s’y applique, et ce bout est infini…

  • 53 HIVERS PLUS TARD...

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    Dans les studios de Radio-Luxembourg, un jour glacial de février 1954, rue Bayard à Paris, il est 12 h 59. Dans un instant, le journal va commencer. De quoi va-t-il être question ?

    (cliquez)UNE VOIX D’HIER VOUS LE DIT

    Un capucin barbu, âgé de 42 ans, va tenter un pari…

    Cette voix s’est éteinte pour de bon hier matin.
    Mais elle résonnera encore longtemps dans les oreilles de milliers de gens.

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    Henri Grouès, dit l’ Abbé Pierre, a gagné son pari.
    Il a touché les cœurs, suscité «une insurrection de bonté ».
    Il a bravé les valeurs d’un monde séduit par le veau d'or, conquis par la tentation d'oublier les exigences évangéliques.
    Il a osé rappeler haut et fort : « J’étais nu et vous m’avez vêtu. » !

    Il aura suffi de la foi d'un seul, celle dont l'Évangile dit qu'elle peut déplacer les montagnes.

    Il aura suffi d’un seul homme pour déclencher des marées de générosité et de charité chrétienne.

    Il est parti, mais son action continuera. Car rien ne meurt, quand c’est semé pour la Vie…
    Merci, Monsieur l'Abbé! Votre oeuvre a été belle, et le demeurera...images

  • TOUS SUR LE MÊME CHEMIN

    Voici que je rentre d’un We passé dans les Vosges avec mon mari. Hier soir, nous assistions à une comédie musicale.

    Pendant l’entracte, je bavarde avec ma voisine, que je connais. Elle m’apprend son prochain départ pour un SacFactagevoyage sur la route de St jacques de Compostelle. Tout en conversant, j’imagine être à sa place. La plus grande difficulté serait de faire mon bagage.

    Il est recommandé de ne pas emporter une charge dépassant le dixième de son poids… 4,6 Kg, en ce qui me concernerait! Si je compte le sac de couchage, la veste imperméable et le pull indispensables, la trousse et serviettes de toilette, un minimum de linge de rechange, il ne me reste guère de possibilité pour des petits “divers”. Ce serait un exercice très difficile pour moi, je le sais.

    Comme toujours, mes idées planent. J’en viens à me demander si je ne suis pas ainsi dans le quotidien…
    Ai-je difficile à me débarrasser des “encombrants” qui dépassent mes capacités et alourdissent ma marche sur les sentiers de la Vie? Sans nul doute, j’éprouve quelque peine à me détacher d’un bon nombre d’inutilités

    Or, voici que ce matin, nous sommes allés à la messe dans une paroisse du coin. La vue de l’assemblée nombreuse et composée de personnes d’âges variés est d’abord prometteuse. Mon enthousiasme diminue assez rapidement. La musique et les chants sont catastrophiques! Pour intensifier l’horreur, un monsieur de la rangée derrière nous chante de tout son coeur… Archi-faux! "Il devrait se mettre en sourdine", me sussure une voix au creux de l'oreille!
    Pas loin de lui, un autre monsieur s’époumone, à force de tousser. "Bientôt fini? insiste la tentation.
    Un peu plus tard, l’homélie du prêtre, visiblement de très bonne volonté, mais décidément pas du tout orateur, n’améliore pas mes dispositions. La totale, qui me porterait à commenter en sortant: “Ce n’était pas une belle messe!”. Sauf que…body-of-christ

    Les lectures me travaillent. Dieu vient me rendre visite à travers elles. Il me dit qu’Il est le même que Celui que je retrouverais dans une autre célébration, avec une belle chorale, accompagnée d’un beau jeu d’orgue.
    Il me demande d’être plus indulgente, d' apprécier ce qui m’est donné.
    Il me rappelle qu’il est venu pour tous, devenus “membres du Corps du Christ”, et m’encourage à mieux regarder autour de moi.
    Il m’apporte un regard d’Amour d’une profondeur particulière. Ce que je contemple contient l’affirmation que Lui seul a le pouvoir de me faire connaître la beauté intérieure en tous, indépendamment des prestations extérieures, aussi prestigieuses soient-elles.
    Lui seul corrige la faiblesse de chacun, sans lui reprocher. Il s’est fait Rédempteur du monde, pour rendre la dignité à ses enfants, afin qu’ils soient à nouveau ”Un” en Lui.


    Sur un chemin inattendu, une variante de celui de Compostelle, Dieu est venu me rejoindre au coeur de la messe de ce dimanche. L’expérience de ce matin m’a rappelé que ce qu’aiment mes sens n’est utile que si ça me mène à l’Essentiel. Il est vain de m’encombrer du poids de ce que je n’ai pas. Même en Église, je n’ai aucune exigence à avoir, sinon sur moi-même…

    Par la suite, je n’ai plus entendu que des voix qui s’unissaient pour louanger Dieu, et la toux ne m’a plus indisposée.
    Pendant la consécration, des larmes me coulent sur les joues. Que suis-je, pauvre membre, pour revendiquer quoi que ce soit? Pardon, Seigneur! Merci pour tout ce que tu me donnes qui, par toi, devient chef d'oeuvre!

    À la bénédiction finale, un groupe de personnes a été invité à s’approcher de l’autel. Un monsieur tenait un bébé dans les bras. Ce petit, qui allait être baptisé, a d’abord été présenté à la communauté. La famille du nourrisson paraissait être composée en majorité de marginaux, exceptionnellement endimanchés pour la circonsatance, plutôt mal à l'aise dans leur tenue. Je les ai trouvés beaux!

    Cet épisode complétait bien le message reçu au cours de la messe. La Vie était là, présente en tous et pour tous. Chacun donnait le meilleur de ce qu’il pouvait. C’était ça, le côté merveilleux à retenir, la beauté à voir.

    Sur le chemin du retour, ce qui m’a aussi émue, c’est de m’apercevoir que mon mari a ressenti la même impatience, qui s’est aussi apaisée dans un regard d’Amour.
    Au cours de notre démarche dominicale, la même grâce nous a touchés...

La "Vivencia" est la vie en train de se vivre. La vivance représente plus que la simple expérience d'un phénomène...