• EN PASSANT PAR LA LORRAINE

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    Ce soir, départ avec mon mari vers la Lorraine française. Plus précisément en région Messine, où nous sommes invités et retrouverons des amis.

    Nous nous sommes déjà arrêtés à Metz, mais pas longtemps assez pour dire la connaître.
    En compagnie d'un de nos amis, passionné d'histoire, je sais déjà que cette ville me plaira, car sa manière de raconter me passionne.

    Ceci étant dit, la région est vaste et propose de nombreuses visites...Voici une carte des espaces possibles à explorer.

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    Bon WE à tous, et à la semaine prochaine...

  • JUS DE SALADE

    01enfantsÀ la maison, chacun doit “mordre sur sa chique “ de temps à autre, pour supporter les autres. Ce qui est vrai dans ma famille, l’est aussi dans la plupart des milieux de vie collective.
    Les communautés religieuses n’y échappent pas davantage. Dans les institutions, des équipes s’organisent, des projets se construisent et chacun rêve d’une communauté où le courant passe, où tout membre trouve sa place…
    Ce n’est pas chose aisée. Il y aurait moyen d’épiloguer longuement longuement sur le sujet, mais je préfère vous proposer un petit texte qui illustre de manière plaisante la richesse des différences
    :

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    On rêve de communauté où chacun, censément, serait le tout de l'autre.

    Non pas comme des pommes sur le pommier où chacune est finalement pour soi et le soleil pour tous.
    Ni comme des fruits dans une même corbeille : il y a diversité, mais juxtaposée.

    Alors on invente la communauté passée dans la moulinette ou le mixer. Tout y passe en effet... la peau, les pépins. Il en sort un jus uniforme, plein de vitamines. Mais chacun y a perdu de sa personnalité.

    C'était, dit-on, le résultat de certains ordres religieux autrefois. C'est peut-être aujourd'hui l'idéal de telle communauté de base où l'on ne sait plus très bien reconnaître laïcs, religieuses, gens mariés, célibataires.images

    Une solution meilleure ? La salade de fruits. Chacun reste lui-même : poire, pomme, banane, ananas. Et chacun bénéficie du goût propre de l'autre.

    Mais à une condition : accepter évangéliquement d'être coupé en quatre, dix ou douze morceaux si l'on est un beau gros fruit. Seuls, les très humbles restent entiers : une cerise, un grain de raisin, une groseille.

    "Farandoles et Fariboles"
    Jacques Loew
    Ed. Fayard


    À déguster avec bonheur, plutôt que de se morfondre... Bon appétit!

  • OSER DES " NON" POUR DE PLUS BEAUX "OUI"

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    Elle a 26 ans, et vient de terminer ses études de médecine. En juillet, nous avons eu l’occasion d’avoir des conversations profondes, au cours desquelles elle a clairement exprimé sa préférence pour la médecine générale, qui lui permettrait de rencontrer les patients dans leur cadre de vie, et dans toutes leurs dimensions. Elle était désireuse de pratiquer une médecine de proximité et de qualité, ça ne faisait pas l’ombre d’un doute. Partant de là, elle était bien disposée à prendre le temps pour combiner harmonieusement l’ art de guérir avec l’art de vivre, en réservant des plages libres pour ses besoins personnels.

    Ensuite, elle est partie en vacances. À son retour, des propositions l’attendaient, bien plus nombreuses qu’elle ne pourrait en assumer la charge ! Depuis septembre, le dilemme commence. tn200Oui_Non

    Le ver ronge déjà un fruit prometteur… Non pas que l’idéalisme chute, mais la crainte tenaille. Elle a peur de dire des « non », de décevoir, et ne sait comment délibérer.
    L’agenda se remplit si dangereusement qu’il ne reste plus d’espace pour la détente, pour les loisirs désirés. Musicienne, elle voulait reprendre des cours au conservatoire, et y renonce déjà. Pareil pour sa participation dans la chorale de sa sœur…

    La connaissant, ce ne sont pas ses patients ou associés qui risquent de souffrir de son emploi du temps. Elle ne le tolèrerait pas, et aurait mille fois raison. S’il doit y avoir une victime, ce sera elle. Ce ne serait pas plus juste !

    Hier, nous avons eu l’occasion d’en parler assez longuement, et je l’ai encouragée à se recentrer autour des valeurs essentielles qui lui garantiraient une vie équilibrée dans le long terme, y compris dans les moments de débordement. Je lui ai aussi conseillé de veiller à ne pas se laisser éteindre, alors qu’elle est si rayonnante ! J’ai enfin ajouté que demander n’est pas exiger. Refuser n’est pas rejeter la personne, mais la proposition.
    Bien sûr, elle me recevait 5/5, et était bien consciente de devoir faire des choix d’urgence, mais ne savait comment s’y prendre.

    Ce matin, je lui ai envoyé le SMS suivant : Pensée du jour : oser des « non » pour de plus beaux « oui ».
    Elle m’a renvoyé un message peu de temps après, dans lequel je sentais que le petit clin d’œil avait été utile, parce qu’il lui transmettait de la force là où il lui en manque. Je ne connais pas ce qui suivra, mais peut-être que ma modeste intervention contribuera à aider cette fille à se réaliser dans toute sa richesse.

    ouverture


    Je pense que la plupart d’entre nous ont connu la fièvre de l’excès de zèle, en début de carrière. Pour ma part, je n’y ai pas échappé.
    Plus que par vanité, c’était souvent pour ne pas déranger, ne pas contrarier, par crainte de ne pas être comprise, d’être moins appréciée. Du coup, je n’osais pas oser annoncer mes limites. Ce qui m’a amenée à un épuisement tel, que j’ai dû admettre que je m’égarais. artwork_images_295_128217_Markus-Raetz

    Au fil du temps, j’ai appris à dire non, sans agressivité. J’ai compris que dire non, c’est aussi oser dire oui. Oui à l'autre, oui à la vie, oui à moi-même: car oser dire non, c'est souvent oser me dire oui.
    Oui à moi n'est pas une agression envers l’autre, c’ est juste une affirmation, un respect de moi, et un respect de l'autre. En effet, si je ne m'autorise pas à être qui je suis, comment puis-je autoriser l'autre à être lui?
    Si je ne m'autorise pas un non déterminé, comment puis-je l'autoriser à l'autre?

    Maintenant, je dis non en souriant, sans me confondre en excuses, ni me sentir obligée de fournir mille et une excuses pour me justifier de ne pas dire oui.

    Dire un non qui est juste, ce n'est pas une opposition à l'autre, c'est un acte d'amour, envers moi et envers l'autre.

  • CORPS, PUIS ESPRIT...

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    Hier, c'était le corps, et ce soir c'est au tour de l'esprit...

    Depuis quelque années, je suis élève libre au cours du mardi soir donné au Séminaire. Les matières sont enseignées par de professeurs de qualité. J'ai ainsi la possibilité d'aborder des branches diverses de manière plus active que par un apprentissage en autodidacte, avec des sources fiables.

    Je n'ai jamais été très scolaire, et n'envisage pas de le devenir. Autant j'apprécie m'instruire, autant les examens me rebutent. Aussi ai-je passé ceux du premier cours, traitant des épîtres pauliniennes, juste pour me prouver que j' étais encore capable de fournir l'effort. Les résulltats obtenus ont été très honorables, après quoi j'ai estimé que j'arrêtais les frais.

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    Durant le premier semestre de cette année scolaire 2006-2007, le sujet est l'introduction à la théologie.
    Le professeur est très clair, a des pointes d'humour, son timbre de voix est agréable, avec un débit de paroles qui permet la prise de notes. Je sens que je vais me passionner.

    Voici quelques questions qui seront abordées lors de nos soirées:

    Certains passages de la Bible sont étonnants (droit d’avoir des esclaves, interdiction de travailler le samedi...).
    Ces passages sont-il dépassés ? Si oui, doit-on trier le donné biblique ? Comment interpréter les textes de l’Ecriture ?
    De même, certaines affirmations des papes et des conciles semblent se contredire ! Comment s’y retrouver ? Qui a raison ? Comment interpréter ? D’après quels critères ?
    Finalement, qu’est-ce que la théologie ? Y a-t-il diverses théologies ? Y a-t-il plusieurs méthodes théologiques ? Lesquelles ? Est-ce nécessaire ? Est-ce heureux ?
    Est-ce normal que des évêques ou des théologiens ne soient pas toujours d’accord entre eux ? Qui sont Irénée, Origène, Thomas d’Aquin et Luther ?
    De quoi parlent les conciles de Trente, de Vatican I et de Vatican II ?
    Et la Tradition de l’Église... est-ce une chance ou un poids ?
    Et les dogmes... ne sont-ils pas une entrave à la liberté ?
    Et les laïcs... jouent-ils un rôle dans l’élaboration du contenu de la foi et de la morale ?
    De quoi parle-t-on quand on évoque le magistère de l’Église ? Le pape a-t-il tous les pouvoirs ?

  • UNE, DEUX!...

    Non, je n'ai pas l’obsession des calculs. J’ai tout simplement décidé de reprendre des séances de remise en forme. Ce soir commençait le premier cours, combinant l’aérobic et le stretching.

    Je craignais tomber au milieu de snobs maniérés, mais il n’en est rien du tout. Ouf ! Il est certain que dans l’affirmative, j’aurais mis les jambes à mon cou, mais pour me sauver. L’ambiance cool, bien que le rythme soit tonique, m’a mise très à l’aise. Aucun regard moqueur ne m’a été adressé, même lorsque je n’étais pas performante.

    Après une journée de travail au cours de laquelle j’ai pas mal trotté, j’ai en effet déclaré forfait pendant plusieurs exercices, spécialement ceux qui demandaient de l’endurance. Par contre, pour une reprise, je m’en suis plutôt bien tirée dans les abdos et les fessiers.

    Une, deux… Aïe, les muscles! Ouïe, une crampe! Et ce Coeur qui bat la chamade, va-t-il se calmer? Décidément, alors que j’ai tant pratiqué de sport, il y a du pain sur la planche. Demain, je sentirai des courbatures, c’est quasiment assuré, mais ce sera pour la bonne cause.

    La situation est sérieuse, mais pas désespérée. Avec un peu d’entraînement, je récupérerai rapidement la forme. Une , deux…

  • X + 1

    Ne vous y trompez pas, je ne vous emmène pas dans l'algèbre! Mon calcul indique simplement que je viens d'ajouter une année à mon âge respectable.

    Puisque j'avais annoncé le projet d'assister à un concert cet après-midi (Bernard Foccroulle jouant du Buxtehude et du Bach à l'orgue; ce fut un régal!), la fête d'anniversaire s'est déroulée hier soir.

    Une amie a proposé que le repas se déroule chez elle. Elle prenait en charge la décoration de la table et le dessert, tandis que mon mari s' occupait des courses et du repas .

    Chez nous, il est d'application que la personne à l'honneur du jour ne participe à aucun préparatif. Lorsque je suis concernée par cette faveur, elle est une véritable épreuve pour moi!
    Une fois encore, j'ai constaté à quel point il m'est plus aisé de servir que de me laisser servir. Hier, j'ai donc réalisé un exercice d'humilité...Celui de ne faire aucun commentaire, quant à l'organisation et d'apprécier tous les efforts de mon mari. Vraiment, il mettait le paquet pour que tout soit au plus parfait, se donnant bien plus de mal que je ne l'aurais fait, étant plus drillée dans ce genre de manoeuvres. Ce qui rendait encore plus attendrissant de voir tous ses déplacements, mais qui m'obligeait à contenir mes envies d'intervenir...

    Gu. est sans doute moins rationnel que moi, mais n'a rien à m'envier question art culinaire. Il est même un excellent cuistot. En petit comité, nous avons passé une soirée charmante, sans excès, dans la bonne humeur et le plaisir de la bonne table, le tout dans un cadre soigneusement décoré.

    Aujourd'hui, de nombreux messages me sont parvenus, me montrant combien je suis entourée de gens qui pensent à moi.

    Il est bien agréable d'ajouter une bougie à un gâteau, lorsqu'il se partage dans de pareilles conditions...

    X+1=? Quelle importance? Quand on aime, qu'on se sait aimée,et qu'on se laisse aimer, ça ne compte pas...

  • SEMER POUR S'AIMER

    Un jeune homme entre en rêve dans un magasin. Derrière le comptoir se tient un ange.
    Le jeune homme lui demande : « Que vendez-vous »?
    L'ange répond : « Tout ce que vous désirez ».
    Alors le jeune homme commence à énumérer : « Si vous vendez tout ce que je désire, alors j'aimerais bien : la fin des guerres dans le monde, la fin des bidonvilles en Amérique latine, l'intégration dans la société de tous les marginaux, du travail pour tous les chômeurs, plus d'amour, d'humanité et de communautaire dans l'Église »…
    L'ange lui coupe la parole : « Excusez-moi, monsieur, vous m'avez mal compris. Ici nous ne vendons pas de fruits, nous ne vendons que les graines.
    »


    Pendant longtemps, je me sentais sociale ET d’Église. Estimant que la « Vérité » était du ressort des spécialistes, des érudits, des "pros" de la religion, je questionnais beaucoup, pensais tout bas bien plus que ce que je n'affichais dehors. Me cataloguant d'ignare, j’appréhendais de faire rire de moi par ce qui serait forcément perçu comme des ânerie.
    La parabole de Zachée a servi de fil conducteur à la retraite suivie lorsque j’étais enceinte de mon plus jeune fils. Elle m’a fait comprendre que Jésus s’invitait chez moi à l’instant même, dans l’ état qui était le mien, avec mes défauts .
    À cette époque, j’étais une « chercheuse de Dieu » tellement rétrécie dans ma perception, que je ne faisais rien d’autre pour l’Église que d'observer, de pratiquer, voire de critiquer, sans m'y investir davantage. J’étais engagée dans la vie, avec un esprit chrétien, mais en séparant les affaires humaines avec le spirituel. Dieu d’un côté, et moi de l’autre, chacun sa spécialité! Je choisissais d’aimer à ma manière, ne donnant pas le droit à Dieu de me diriger. Tout au plus, Il pouvait me conseiller. Bien pratique,mais peu productif à long terme! Bien sûr, je m’en suis rendue compte par la suite, Il était actif en moi, mais en silence, pour ne pas me contrarier.

    À partir de Zachée, j’ai voulu laisser vivre Dieu en moi en l’intégrant vraiment, en vivant Lui en moi toujours et en tous lieux. J’ai compris que je ne devais pas être une consommatrice d’un travail fini, revendiquant à l'occasion de meilleurs services, mais que j’avais ma part à assurer aussi bien dans l’Église qu’ailleurs. Mais aussi, que je devais devenir d’Église dans les ailleurs que je fréquentais.

    En fait, le Seigneur ne me demande pas de faire quoi que ce soit. Il me demande simplement de mourir. Il ne me demande pas de le servir. Il me demande de me semer moi-même, tout comme Il l'a fait.
    Dieu me fournit les graines, assure leur vitalité, tandis que j’entretiens la terre. Le fruit de mes entrailles, lui-même porteur de semences, est le reflet de son action en moi.

    Ceci me conduit à Marie, la Mère de Jésus. Car qui mieux qu'elle peut recevoir la Parole de Dieu et la méditer dans son coeur? C’est pourquoi je demande si souvent à la Vierge d'intercéder auprès de son Fils. Par elle et avec elle, je peux participer au règne de Dieu sur terre comme au Ciel!

    Semer pour s’aimer! Mon seul but est de propager de l’espoir avec des graines d’Amour, celles de Dieu !..

    Il faut oser ne semer que par et pour l' Amour, en prenant le risque de ne rien récolter pour soi.

    Il n'y a pas d’amour sans aventure, mais il n'y a pas d'amour sans fruit...

  •  ÉCONOMIE DE COMMUNION

    Voici le début d’un article écrit en 2004, qui parle de l’Économie de Communion, projet mis en route dans le cadre de « Humanité nouvelle »...




    Économie de Communion ? Quelle drôle d’expression ! Economie et communion sont deux mots qui cohabitent mal ensemble dans la pensée contemporaine. D’ailleurs pourquoi vouloir les marier ?
    L’économie c’est le monde du travail, de la création de richesse, de l’échange de biens, le domaine régi par l’argent et le profit, un domaine où l’efficacité est la norme ultime.
    La communion, dans le fond, on se demande ce que c’est, on imagine des rapports harmonieux entre les personnes d’un groupe. On pense à une certaine unité entres des personnes, mais d’une unité ouverte aux tiers qui sont dans le besoin, en tout cas un idéal pour l’au-delà, quelque chose qui n’a pas sa place dans le monde économique sérieux et rationnel fait de clients, fournisseurs, de capitaux et d’investissements et dont la seule ligne qui compte c’est celle du bas.

    Eh bien voilà 13 ans que des entrepreneurs d’un nouveau type ont l’audace de croire que l’on peut vivre la « communion » de façon pratique et concrète au sein d’une entreprise.
    Pratiquemment tout cela a commencé en 1991 au Brésil, par une intuition de Chiara Lubich. Devant la pauvreté des membres du mouvement qui vit depuis ses origines, en 1943, un partage des biens, Chiara leur a proposé de créer des entreprises dont le profit serait partagé en trois tiers. Un premier est réinvestit dans l’entreprise, un deuxième est utilisé à la formation d’homme nouveau à la culture du don, et un troisième est donné aux pauvres (du mouvement).
    Bien évidemment cela n’a de sens que si en même temps il y a un respect des salariés, des clients, des fournisseurs et aussi de l’environnement.

    En 2004 déjà 800 entreprises essayent de vivre dans cet esprit et 300 donnent pour un total de 300000$. Une goutte d’eau dans la mer des entreprises, diront certains. Certes mais ce qui importe c’est de montrer qu’il est possible d’envisager la vie économique d’une autre façon.

    Loin du débat idéologique sur les profits indus des entreprises, l’économie de communion pose comme principe que les profits nécessaires ont pour fonction de faire grandir la communion, c’est-à-dire en fait le bien commun. Le bien commun de l’entreprise, mais aussi du monde qui entoure l’entreprise, le client, le fournisseur, l’environnement et le pauvre. En effet comme nous le faisait remarquer un professeur d’économie de l’université de Bologne, l’économie de communion manifeste concrètement que le profit n’est pas un but mais un moyen.

    A quoi peut donc servir la création infinie de richesse qui sous-tend la pensée économique moderne ? Luc Ferry dans son livre le « Nouvel ordre écologique » écrit : « …nous pressentons bien que l’homme n’est pas sur terre pour procéder à l’achat de voiture et de téléviseurs toujours plus performants ».C’est bien la question : toujours plus riche mais pourquoi faire ?(…) suite de l’article

    Cet article n'est pas exhaustif. il y en a eu beaucoup d'autres par la suitre, dans diverses revues. Les exemples ne manquent pas, et en attendent d'autres...

  • MISÉRICORDE

    (…) les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »

    Cet extrait de l’Évangile de ce jour (Mt 9, 9-13) me ramène à un commentaire qui m’a dernièrement été fait, qui me laissait supposer que je m’égare « de la bonne voie ». J'ai longuement réfléchi, questionné, prié, avant de réagir. Je le fais via ce post.


    Je reviens inlassablement à l’unique commandement, qui englobe tous les autres : Aimer : mon prochain comme je m’aime, et comme je suis aimée par Jésus. Ce qui fait de moi un être de relation.

    Si je désire que mes rapports aux autres soient le reflet de l’Amour de Dieu, je commence par me laisser toucher par Lui, pour être fortifiée et conserver précieusement en mémoire cette force qui m’a été donnée.
    Dans l’Église, comme dans toute structure, chacun a une place, et chacun doit rester à sa place. Je me sens d'Église, là où je vis, auprès des gens que je côtoie. Je n'ai aucun titre particulier et n'en revendique aucun.
    M’adressant au peuple, parce que placée sur le devant de la scène, je resterais dans les généralités et selon les règles de base, nécessaires pour une cohérence, plus strictes que mon discours en privé, mais que je n’ai pour ma part pas trop de difficulté à intégrer.
    Me trouvant derrière les coulisses, je me permets plus de « tolérance », par une approche plus personnalisée.
    Il ne me semble pas que ces positions s’opposent. Je crois qu’elles doivent se compléter, mais en intervenant en des lieux et à des périodes différentes.
    Ce qui suppose que les différents partenaires se concertent en Amour pour bien s’accorder entre eux, par Amour pour ceux à qui porter cet Amour.


    Pour aimer, je me mets au service de celui ou celle que je rencontre, selon son besoin et sa capacité de me recevoir.
    Pour aimer j’entre en relation avec l'autre, je l'accueille, je l'écoute... dans le meilleur et dans le pire.

    Seule la miséricorde de Dieu est capable d’irriguer les déserts de l'âme et de faire refleurir l'espérance.
    Je prie beaucoup, et confie les âmes assoiffées, afin que Dieu les protège. Par moi-même, je ne peux pas grand chose, sinon les rassurer, les toucher là où je sais que je ne les blesserai pas et ne les effaroucherai pas. Si on me questionne, j’explique où puiser l'eau de la Vie.
    Pour aimer par-dessus les différences, mes incompréhensions, mes questions, mes impatiences, mes doutes, mes certitudes, je dois passer par un travail d’abandon, afin de me laisser porter par Dieu et éviter d'imposer ce que je suis.

    Que faire devant celui qui refuse de s’abreuver à l’eau de vie ?
    User de méthodes directives, le prendre de haut et le traiter de mécréant ? Il ne se rebellera que plus !
    Jésus enseigne les foules, répond aux interpellations, se réfère à la loi. Mais lorsqu’il agit en particulier, il adopte une autre manière. En excellent pédagogue, il commence par toucher la personne, par l’intéresser, par attendre qu’elle soit désireuse de plus, avant de lui donner des conseils ou des directives.

    Alors comment faire boire, tout en respectant la liberté ? Faut-il seulement faire boire avant que l’envie ne se manifeste?

    Je ne vois qu’une seule réponse, qui consiste à boire moi-même ! Non pas pour donner le bon exemple ou faire la morale, mais parce j’ai vraiment soif, vraiment, perpétuellement soif, d’une soif toujours plus intense répondant au besoin que les autres me révèlent.
    Par les autres, vis-à-vis de qui je me sens démunie, grâce à qui je me découvre donc une très grande soif de Dieu, je bois avec joie et volupté, de plus en plus longuement, restant attentive à ceux qui boivent peu ou pas de cette eau.
    Un jour peut-être, l’un ou l’autre se demandera s’il ne ferait pas bien de goûter de cette eau qui semble si fraîche, pris d’envie parce que je lui aurai partagé ma joie profonde à en boire.


    Et je conclus par un passage des notes prises lors du congrès de la semaine dernière :

    Nous devons être des lettres vivantes.
    Pour arriver à l'aimer, il faut apprendre de l'autre.
    Dieu veut sauver le monde, même si le monde ne le veut pas. Il parle avec l'étoffe dans laquelle il nous a créés, chacun étant différent. Nous sommes tous beaux, chacun étant un morceau du corps infini.
    La culture du don met en acte la fraternité. Elle est le chemin à suivre pour réaliser la justice et l'égalité. La liberté et la créativité de chacun sont mises à contribution.

    Tous croient en l'autre et à ses valeurs. "Fais aux autres ce que tu aimerais qu'ils te fassent".

    Dieu nous pousse. Croyons-y!

  • HYMNE À LA CHARITÉ

    La deuxième lecture de ce jour est l’hymne à la charité, de St Paul, que presque tout le monde connaît. Première lettre de saint Paul aux Corinthiens12,31.13,1-13.

    « Parmi les dons de Dieu,vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur. Eh bien, je vais vous indiquer une voie supérieure à toutes les autres.
    Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit.
    Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien.
    Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien.
    La charité est longanime ; la charité est serviable ; elle n'est pas envieuse ; la charité ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas ; elle ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas, ne tient pas compte du mal ; elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle met sa joie dans la vérité. Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout.
    La charité ne passe jamais. Les prophéties ? elles disparaîtront. Les langues ? elles se tairont. La science ? elle disparaîtra. Car partielle est notre science, partielle aussi notre prophétie. Mais quand viendra ce qui est parfait, ce qui est partiel disparaîtra. Lorsque j'étais enfant, je parlais en enfant, je pensais en enfant, je raisonnais en enfant ; une fois devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant. Car nous voyons, à présent, dans un miroir, en énigme, mais alors ce sera face à face. A présent, je connais d'une manière partielle ; mais alors je connaîtrai comme je suis connu. Maintenant donc demeurent foi, espérance, charité, ces trois choses, mais la plus grande d'entre elles, c'est la charité. »




    Pendant le congrès à Budapest, au cours des enseignements ou des témoignages, l’hymne à la charité m’est venu en tête plus d’une fois, devenant plus limpide et plus criant de vérité. C’était ma seule conclusion possible au contenu que je recevais..

    Il n’y a pas d’autre chemin que l’amour pour connaître Celui qui est Amour ! St Jean va droit au but: « Qui n’aime pas n’a pas découvert Dieu, puisque Dieu est amour. » (1 Jn 4/7). C’est aussi simple que cela !

    Bien souvent, je constate que l’on déplore les manques de la vie, bien réels, mais que l’on oublie l’essentiel de la réponse, qui consiste à retourner personnellement s’abreuver à la source de l’Amour. On complique en cherchant midi à quatorze heures, alors qu’il suffit d’apprendre à aimer, sans se poser d’autre question, « comme Il nous aime », et le reste vient par surcroît.

    Je n’ai rien à programmer, aucun projet incontournable, sinon celui de vivre simplement ce qui m’ est donné, selon la manière que Dieu n’ indique, afin que ça devienne vraiment son œuvre. Son Esprit pousse à un dialogue authentique, car il me fait saisir la part de vérité qui est en l’autre. Les différences ne sont alors plus des limites, mais bien des richesses.

    Les défis de l’Évangile sont à vivre au quotidien, à travers des oeuvres de miséricorde. En chercant à vivre selon le seul commandement qui est : « Aimez-vous les uns les autres », je participe à la plus grande des révolutions, celle de l’Évangile dans le monde.

    Il ne suffit pas de me purifier spirituellement, je dois porter cette spiritualité dans le monde. Ma seule « voix » c’est de répandre l’amour dans ma vie, avec l’intention de la sanctifier, en choisissant radicalement d’aimer.
    En comprenant la valeur de l’amour, je ressens un besoin d’unité et de paix. Je ne brûle plus que du désir de répandre autour de moi ce qui peut inspirer de la beauté, celle qui sent bon le parfum de l’Amour Dieu.

    Grâce à de nombreux témoignages, je sais que par le monde, nous sommes des quantités à penser pareillement. Des millions de petits feux d’amour, qui enclencheront des millions d’autre feux semblables, seront un jour capables d’embraser l’humanité entière. C’est le seul message que je trouve utile de clamer, c’est celui que les jeunes qui observent ont besoin d’entendre…

    Il faut d’abord privilégier la relation. Je dois d’abord emplir d’amour le cœur de l’autre.
    Rien ne change, mais tout change ! Seule la force de l’Amour est capable de combattre le mal qui ronge le cœur des hommes!

    C’est l’amour contenu dans mes actions qui rend possible la présence de Jésus. Quand je lui en laisse l'occasion, Il devient visible à travers elles.

    Je voudrais avoir 1000 voix et 1000 cœurs pour parvenir à tous, dit Chiara. Je la comprends sans peine. Je ressens tant d’appel d’amour en chaque personne que je croise!
    Je n'ai qu'un coeur, je n'ai qu'une voix, mais je les ai, et qu'en fais-je?...

La "Vivencia" est la vie en train de se vivre. La vivance représente plus que la simple expérience d'un phénomène...