• SEMAILLES

    Saint Paul dit qu’il faut toujours agir au nom de Jésus, que ce soit par la parole ou par l'action : "Tout ce que vous pouvez dire ou faire, faites-le au nom du Seigneur Jésus, en rendant grâce par lui à Dieu le Père." (Col 2. 17)

    J’ai pris l'habitude de dire, "Seigneur !", très souvent chaque jour. Ainsi, en m’ habillant, en travaillant, tout en marchant, dans les moments de tristesse, chez moi et dans la rue, partout où je suis, je demande au Seigneur de m’accompagner dans ce que je fais. Je lui confie mes actions, et lui demande de les transformer en ce qui est bon qui soit fait au service de sa cause. Surtout, j’implore pour que ce qui est maladresse de ma part ne devienne pas nocif pour les autres, alors que tel n’est pas mon désir.


    « Le Royaume des cieux est comparable à une graine de moutarde qu'un homme a semée dans son champ. C'est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel font leurs nids dans ses branches. » (Mt, 13, 21-32).

    Au début de l’an dernier, des événements douloureux dans lesquels j’étais victime innocente sans pouvoir me défendre, m’ ont beaucoup fait pleurer. Bien que cette peine m'ait fortement ébranlée, je n'étais pas désespérée.
    À cette époque, une minute de grêle a suffi à anéantir un travail soigneusement construit dans un projet collectif proclamé être avec un esprit chrétien. Un tissu relationnel que je pensais être celui d’une belle amitié, s’est déchiré en un rien de temps.
    Plutôt que de m’acharner à prouver ma bonne foi, aidée d’un accompagnement spirituel, j’ai fait un travail personnel de pardon.
    Offrant le tout au Seigneur, je lui ai demandé d’utiliser comme il le trouvait juste ce que je ne comprenais pas, mais qui avait sans doute une bonne raison d’être.
    Hier, j’ai encore reçu la preuve que: « Ceux qui sèment dans les larmes moissonnent en chantant. »( Psaume 126), lorsque les semailles sont faites par amour désintéressé, et dans un souci de vérité...


    Plutôt que de me laisser écraser par le poids de l'épreuve, je me suis donc confiée à la tendresse du Seigneur. À travers des personnes qui m’étaient proches, Il m’a consolée, m’a portée, m’a permis de rester debout, conservant humour et bonheur de vivre.

    Mon énergie n’a pas été perdue à me servir. J’ai continué à semer ailleurs, là où c’était possible, dans la joie et l’espérance.

    Jugeant stérile de m'évertuer à convaincre des personnes trop emmurées dans leurs certitudes, j’avais donc choisi de donner la parole au silence.
    Depuis quelques mois, la situation s’éclaircit de plus en plus, grâce à des événements qui parlent à ceux qui n’auraient pas été en capacité de comprendre ce que j’aurais tenté de défendre.

    Ce qui était invisible devient visible, mais sans avoir fait inutilement mal à quelqu’un. Une lente germination s’est opérée à bas bruit, le temps nécessaire pour faire sortir la vérité au grand jour, mais aussi le temps d’une patiente maturation personnelle au cours de laquelle j’ai refait un travail d’humilité, d’abandon, de patience et de confiance en Dieu.

    Ce que je place dans la Foi et l’Amour est toujours producteur de Vie.
    De cette façon, tout ce que je fais devient un acte utile, non pas par mes forces, mais par les grâces qui me sont données, aussi insignifiante soit ma participation.

  •  HUMILITÉ ET PAIX

    " Ayez beaucoup d'humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour; ayez à coeur de garder l'unité dans l'Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il n'y a qu'un seul Corps et un seul Esprit."

    Après ces paroles fortes de St paul dans la 2ème lecture de ce jour (Eph, 4,1-6), je n'ai plus qu'à me taire et à tâcher de les appliquer ...

  • PEUT-ÊTRE...

    Peut-être que Dieu veut que nous rencontrions quelques personnes qui nous font du mal
    avant de rencontrer LA bonne personne et ce,
    afin que quand nous rencontrerons LA bonne personne,
    nous sachions comment être reconnaissants pour ce cadeau.

    Quand la porte du bonheur se ferme, une autre s'ouvre;
    mais souvent nous regardons si longtemps la porte fermée
    que nous ne voyons pas la porte qui s'est ouverte pour nous.

    Le meilleur ami est celui avec qui on peut s'asseoir sans jamais dire un mot et puis s'éloigner en se disant que cela était la meilleure conversation que nous ayons jamais eue.

    Il est vrai que nous ne savons pas la chance que nous avons d'avoir quelque chose
    jusqu'à ce que nous la perdions; mais il est aussi vrai que
    nous ne savons pas ce que nous avons manqué jusqu'à cela arrive.

    Donner à une personne tout votre amour
    n'est jamais une assurance qu'elle vous aimera en retour.
    N'attendez pas d'amour en retour,
    attendez seulement que cela grandisse dans le coeur des autres.
    Même si cela ne se produit pas,
    soyez content tout de même
    que cet amour ait grandi dans le vôtre.

    Ça prend seulement une minute pour remarquer quelqu'un,
    une heure pour l'apprécier et une journée pour l'aimer.
    Mais ça prend toute une vie pour oublier quelqu’un.

    Ne vous fiez pas aux apparences,
    elles sont souvent trompeuses.
    Ne vous basez pas sur la richesse,
    elle peut disparaître.
    Recherchez quelqu'un qui vous fait sourire
    car ça ne prend qu'un sourire
    pour illuminer une journée sombre.
    Trouvez la personne qui fait sourire votre coeur.
    Il y a des moments dans la vie où une personne vous manque tellement
    que vous voudriez la sortir de vos souvenirs pour la prendre réellement dans vos bras.

    Rêvez ce que vous voulez,
    allez où vous voulez aller,
    parce que vous n'avez qu'une seule vie et une seule chance
    de tout faire ce que vous avez envie de faire.

    Puissiez-vous avoir assez de bonheur pour vous rendre agréable,
    assez d'embûches pour vous rendre plus fort,
    assez de chagrin pour vous garder humain
    et assez d'espoir pour vous rendre heureux.

    Les gens les plus heureux ne sont pas nécessairement
    ceux qui ont le meilleur de chaque chose,
    mais ceux qui profitent simplement de tout ce qui vient sur leur voie.

    L'amour naît dans un sourire, grandit dans un baiser et meurt dans une larme.

    Quand vous êtes né, vous pleuriez
    et les gens autour de vous souriaient.
    Vivez votre vie de telle sorte
    qu'à votre mort vous soyez celui qui sourit
    et que tout le monde autour de vous pleure.

    Auteur inconnu

  • UNIQUE, AVEC QUI?

    PARDESSUS TOUT REVÊTEZ L’AMOUR : C’EST LE BIEN PARFAIT (Col. 3,12)

    QUELLE EST MA RAISON PRINCIPALE D’EXISTER ?

    Le point de vue chrétien est que tout a été créé pour l’homme. Cependant, jamais pour soi seul, mais en étant poussé en relation avec les autres.

    L’arbre ne porte pas de fruits pour lui-même.

    On a besoin de liberté, de se savoir unique, tout en étant en harmonie avec la nature, avec l’humanité, et avec Dieu.

    Je suis unique, mais je ne dois pas être mon propre Dieu, ne comptant que sur moi, voulant atteindre la perfection uniquement par moi-même.

    Le souci du prochain est une motivation efficace pour affronter deux grands défis : la quête de sens et le sentiment d'appartenance.
    J’ai beau proclamer mon indépendance, les autres me sont nécessaires pour exister, et j’ai besoin d’appartenir à une famille, à une communauté humaine. Non pas pour me soumettre à des contraintes, à des règles imposées par l’extérieur, mais pour mieux découvrir qui je suis au fond de moi et trouver ma liberté intérieure

    Celui qui n’envisage rien d’autre que donner et vivre pour les autres, sans se préparer à recevoir en reconnaissant que lui-même vit aussi du don d’autrui, ne fonctionne pas avec « l’être » fondamental de l’homme. Il falsifie par conséquent le vrai sens du « vivre les uns pour les autres ».

  • MOEURS ET MORALE

    Voici la réflexion qui m’a été suggérée par un courrier que j’ai reçu dernièrement…

    Quel est le but suprême de l'homme et de son action dans le monde? Les notions du bien et du mal répondent à des critères variables, selon la moralité de chacun.

    Qu'est-ce que la dégradation de l'homme? Pour moi, c'est qu'il s'installe dans un système primaire duquel il ne sort pas, et qui l'empêche d'évoluer, de découvrir ses valeurs profondes et sa complétude.

    Loin de moi l'idée d'imposer ma conduite aux autres!J'admets donc que certains, peut-être la majorité, aient une morale plus permissive que la mienne. Pour autant que ça ne porte pas atteinte aux bonnes moeurs, c'est à leur entière liberté.

    La morale appartient aux individus, tandis que les bonnes moeurs sont l'affaire de tous.
    Au-delà de la sphère pénale, l'aire du temps est à la liberté des moeurs. La tension entre liberté sexuelle (la notion des bonnes moeurs se réduisant souvent à ce seul sujet) et dignité humaine reste pourtant d'actualité, quelle que soit l'attitude adoptée par une majorité grandissante.
    La moralité a perdu de sa légitimité dans les états qui se veulent démocratiques et qui prônent donc leur neutralité éthique. Pourtant, comme l'ordre social est nécessaire, l'ordre moral l'est tout autant. Ils vont de pair, car à eux deux, ils influencent les domaines politique et culturel.

    Ma conscience morale estime immorales certaines valeurs ou pratiques pourtant licites. Je ne me sens pas pour autant en droit de juger le comportement des autres, et me contente de suivre ma morale.
    Mon "devoir" n'est pas l'effet d'une nécessité extérieure pesant sur moi, pas plus que je n'agis par prudence, par peur, ou pour obtenir des mérites quelconques.
    La morale suppose des choix, et je ne conçois pas de choix sans liberté. Je juge que quelque chose est bon pour moi parce que je m'efforce d'y accéder, je le désire, je le veux. Ce qui explique que ma morale s'oppose à certaines conduites susceptibles de nuire à mes valeurs.

    La morale se pose dans l'intimité de la conscience de chacun et implique un sentiment d'humanité, c'est-à-dire la reconnaissance de la valeur d'autrui et de l'obligation de préserver l'intégrité de l'existence et la dignité de chacun!

    L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit. (Gandhi)

    Une vertu n'est qu'un vice qui s'élève au lieu de s'abaisser ; et une qualité n'est qu'un défaut qui sait se rendre utile. (Maurice Maeterlinck)

  • REGARDS

    Jamais je ne me sens aussi bien que quand se pose sur moi un regard intelligent de bonté, un regard tout entier consacré à ce qu'il faut me donner et me recevoir. Est-ce Dieu qui se penche ainsi sur moi? Est-ce sa présence qui se manifeste à travers l'autre ?
    Et voilà qui me relance sur cette grande question de la proximité avec l'autre à la manière évangilique…

    L'autre est marqué de l'empreinte de Dieu, sans être Dieu. Dans l’autre, qui m’est confié par la vie, il y a l‘Autre. Partant de cette logique, je peux contempler quelque chose de Dieu dans l’autre. Il me devient précieux et aimable, car Dieu le rend digne d’amour.

    L’autre devient alors sujet de mon émerveillement, ainsi que je suis saisie d’admiration devant une fleur. Elles ne sont pas toutes belles, les fleurs, mais elles possèdent toutes la grâce infinie du cadeau gratuit que me fait le Créateur. Elles deviennent belles de cette beauté qui est nourriture pour mon âme.

    Quelle responsabilité, contenue dans un regard!

    Il est de ces regards qui foudroient et ceux qui relèvent, ceux qui blessent et ceux qui guérissent, ceux qui dévisagent et ceux qui envisagent, ceux qui condamnent et ceux qui pardonnent…




    Le regard de l'autre sur moi !

    Bien que j’aie développé un sens de la répartie ou même d’ une certaine indifférence, je demeure en partie vulnérable au regard de l'autre.
    Pourtant, consciente de mes limites, je sais que je ne correspondrai jamais à l’image idéale de ce que j’aurais désiré être, secrètement abritée en moi.

    Mon regard sur l’autre!

    Si je suis sensible au regard sur moi, sans pouvoir le changer, il est en mon pouvoir de soigner mon propre regard.


    Bienveillant et aimant, mon regard devient le cadeau le plus inestimable que je puisse offrir à ceux que je croise. Il est la porte que j’ouvre pour vraiment rencontrer l’Autre dans l’autre…


  • LE THÉÂTRE DU PEUPLE

    Dans un écrin de verdure, le Théatre du Peuple de Bussang fait actuellement son festival d'été.

    Situé à Bussang, en Hautes Vosges, fondé par Maurice Pottecher, écrivain et fils d’un riche industriel vosgien, le Théâtre du peuple était au départ destiné à " l’éducation et au divertissement des populations des hautes vallées vosgiennes ".
    D’où la devise placée au-dessus de la scène : " Par l’art. Pour l’humanité ".

    C’est en 1895 que fut créé le premier spectacle, tandis que les bases de la construction sont lancées en 1896. Sa singularité est alors d'être un théâtre de plein air, dont seule la scène est construite, les spectateurs restant debout dans la prairie. Il est progressivement aménagé, pour en arriver à la configuration d’aujourd’hui.
    Le théâtre du Peuple a été classé aux Monuments Historiques en 1975.

    Outre le souci " pédagogique " du festival, la conception de l’ espace attire aussi la curiosité du spectateur. Entièrement fait de bois, et offrant une acoustique excellente, le bâtiment actuel peut contenir 1200 places.
    Le parfum boisé et l’harmonie des volumes font de ce lieu théâtral une œuvre très réussie. La grande attraction est le fond de scène qui s’ouvre sur la nature vosgienne. Le double décor, théâtral et naturel, provoque des " oh ! " admiratifs à chaque représentation.

    Les grandes pointures du théâtre tels que Jouvet ou Vilar, ont soutenu et participé à l’oeuvre du Théâtre du peuple. C’ est l'un des plus anciens rendez-vous théâtraux de France.
    Contrairement à l’origine, les habitants du terroir ne sont maintenant plus repris comme comédiens improvisés, mais la population reste cependant très attachée au lieu.



    Durant cet été 2006, du 14 juillet au 27 août, les comédiens amateurs y présentent « Ubu roi
    , d'Alfred Jarry, pièce mise en scène de Pierre Guillois.
    Ubu, le bon vieux roi d’Alfred Jarry, a le même âge que le Théâtre du Peuple, et est devenu légendaire dans le monde des planches. Nous avons été l’ applaudir avec samedi avec nos amis…

    « Merdre ! La pièce, valeur sûre de la dramaturgie française, s'ouvre sur ce juron et a des similitudes avec Lady Macbeth, en moins tragique.

    Ubu roi, satire universelle de la stupidité et de la vulgarité, est peuplé de profils typiques du genre humain.
    Inspiré par son professeur de physique dont le personnage principal est une caricature, Jarry raconte à travers Ubu Roi l’histoire d’un bourgeois sans consistance, bien que très démonstratif extérieurement, et qui agit sous la direction de sa femme.

    Il est difficile de décrire la pièce. Ubu est écrit avec humour. Alfred Jarry y a introduit la « Pataphysique » ou science des solutions imaginaires. On la découvre avec "Ubu Roi", personnage qui jure comme un charretier, et tabasse allègrement sa femme, la Mère Ubu. Cette dernière, véritable diablesse, convainc son mari de tuer le roi et de s’installer sur le trône de Pologne. Bête et lâche, après beaucoup d’hésitations, Père Ubu tue le roi et toute sa famille …
    Dans un esprit de rébellion et de sottise dirigé contre tous, Père Ubu, devenu roi de Pologne, tue ensuite systématiquement chaque noble de l’ancien royaume, fait courir les pauvres pour quelques pièces d’or, et récolte personnellement les impôts, qu’il n’hésite pas à majorer « pour vite faire fortune »...

    Né dans une pièce créée par des lycéens, ce personnage qui accède au pouvoir sans y être destiné et qui, par la suite, commet crimes et atrocités, est représentatif de l’esprit arriviste des «petits bourgeois». Il est le symbole universel de l'absurdité du pouvoir, du despotisme, de la cruauté. Jarry en montrant le ridicule du tyran, utilise le comique et l'humour pour le changer en marionnette.

    Cette parodie, tout en étant une manière de se moquer, permet d'affirmer en même temps que quelque chose est sérieux.

    Ce rendez-vous estival est idéal pour les spectateurs qui, comme nous, aiment retrouver la poésie du lieu, la magie du spectacle et la proximité avec les artistes.
    Je conseille à ceux qui en auraient l’occasion d’aller tester sur place !

  • UNE CLOCHE POUR UN CLOCHER!

    Une petite « cloche » au pied droit, loin d’être douloureuse, me rappelle plutôt sympatiquement certains souvenirs plaisants. Ils remontent à vendredi. Ce 21 juillet, nous avions convenu de nous retrouver Didyme et moi, à l’Abbaye de Leffe…

    Après la messe, le dîner, la vaisselle et un peu de conversation avec quelques Pères, nous sommes partis aux environs de 14H15 pour une balade au cours de laquelle Didyme allait me faire découvrir une superbe petite église située à Ivoy, près de Crupet!


    Laissant la Picasso au pied de l’église de Crupet nous avons poursuivi notre route à pieds, soit une distance estimée à plus ou moins 6km aller-retour, non pas sous la traditionnelle drache nationale, mais sous un soleil de plomb.

    Notre temps était minuté, car mon mari avait insisté pour que je ne rentrer trop tard à la maison, de manière à partir vers 17  H en direction des Vosges, où nous allions passer le WE. C’est donc à une cadence quelque peu accélérée que la marche s’est déroulée, ce qui explique la cloche (phlyctème pour les puristes!) découverte par la suite.

    Mais rien à regretter! Nous avons eu le loisir de parler de sujets variés, notamment de l’homosexualité et de ses diverses formes, les étapes à traverser pour l’accepter et la vivre sereinement, en insistant sur les autres aspects qui déterminent une personne en dehors de sa sexualité.
    Nous avons aussi abordé les études théologiques entamées à Strasbourg par Didyme, chose compliquée à concilier avec le travail, ainsi que la difficulté à étudier durant cette chaleur caniculaire.

    Devant mes efforts croissants pour maintenir le rythme, une ancienne méthode, datant de quand j’étais adolescente, m’a été d’un grand secours. À cette époque, j’ai appris à fragmenter les obstacles en plusieurs portions facilement accessibles. Chaque objectif atteint était une petite victoire. Cette suite de “possibles qui s’additionnaient” m’amenait au but final sans m’essouffler exagérémént.

    Vendredi, tout en récupérant mon ancien réflexe, j’ai dit à Didyme que dans la vie, c’est ainsi que j’ai aussi pris l’habitude d’aborder les problèmes que je rencontrais, ce qui m’a permis de ne jamais me décourager et de ne surtout pas désespérer.

    ”Pas à pas, avancer sans peur,” telle est devenue ma devise.

    Ceci dit, je dois me sentir portée à l’extérieur de moi-même, avoir quelqu’un pour qui agir, ou avec qui agir, pour me sentir pleinement motivée. Pour moi seule, je capitulerais rapidement, je pense.
    Sans Didyme, j’aurais rebroussé chemin au bout du premier kilomètre. Mais grâce à lui, j’ai persévéré et il m’a permis de me prouver que je possède encore une certaine dose de résistance…Sa présence m’a aussi rappelé que j’ai besoin des autres pour fonctionner, afin qu’ensemble nous partagions nos savoirs, nos avoirs, nos forces et nos faiblesses, nos expériences, nos espérances, notre Foi. Merci, Didyme!

    Fatiguée, écarlate, mais ravie, lorsque je suis entrée dans l’auto au terme de la promenade, le thermomètre enregistrait une température extérieure de 41 degrés.

    À recommencer, au rythme plus paisible et à une température plus clémente…Les thèmes abordés ne demandent qu’à être prolongés dans la réflexion…

  • L'UNION FAIT LA FORCE!

    Durant des siècles, la Belgique n'a été qu'une partie d'un ensemble plus vaste d'états.

    Le pays été déclaré indépendant en 1830.
    Le 21 juillet 1831 le premier roi des Belges, Léopold Ier prêtait le serment constitutionnel
    La fête nationale est fixée au 21 juillet par une loi du 27 mai 1890.
    Les couleurs du drapeau belge sont celles de l'écu de l'ancien duché de Brabant. Il représentait un lion d'or (jaune) sur fond de sable (noir), griffes et dents de gueules (rouge).
    L’hymne national est la Brabançonne.

    Chez mes parents, lorsque la Brabançonne était diffusée à la radio, les enfants devaient se tenir debout et avec respect. Il n’était pas question de papoter, ni de rigoler.
    C’était un moment sacré, un peu comme quand on lit l’Évangile à la messe.
    Aujourd’hui, je ne sais même pas si beaucoup d' enfants reconnaissent cet air! On a désacralisé . Le lien entre nationalité et citoyenneté est devenu flou. Il y a une crise identitaire.

    La devise de notre pays est : « l’union fait la force ! ». Elle m’interpelle doublement : comme citoyenne et comme chrétienne.

    « L'éducation civique n'est pas une discipline ou encore l'affaire de spécialistes mais l'affaire de tous et puisqu'il est nécessaire de " Penser le présent pour appréhender l'avenir " (Michelet).

    La citoyenneté se vit, se pratique. Il faut des circonstances pour que le citoyen se sente membre. Hors des impôts, des jurés populaires, et des élections, mais surtout de leurs droits, comment les Belges et assimilés se sentent-ils concernés?

    Et je rêve…La cité du ciel de Saint-Augustin ne laisse personne sur le côté. Elle descend sur terre. Le thème des deux cités, céleste et terrestre, donne des correspondances entre anges et citoyens, mais aussi entre le législateur divin et le législateur humain.
    La pensée chrétienne induit une équivalence entre citoyen et chrétien. Le citoyen transcende la personne.
    C'est la reprise d'un héritage gréco-romain concevant une concordance morale et politique entre l' " homme bon " et le " citoyen bon ".

    Une communauté suppose un espace défini dans lequel des gens vivent en communiquant en toute sécurité. Les frontières s'espacent aujourd'hui, où mettons-nous notre palissade qui nous permet de définir l' espace dans lequel peut commencer à s'exercer «l’union fait la force»?
    Il me paraît impossible de se sentir citoyen du monde si on ne l'est pas d'abord de son pays. La case départ est de commencer à découvrir qui on est...

  • UNE COMMUNAUTÉ,N'EST PAS UNE INSTITUTION

    L'être humain est une fin, disent les philosophes, non un moyen.
    La philia, c'est l'incarnation de cette pensée dans la vie de tous les jours. Et le degré atteint dans cette incarnation est la mesure de la possibilité de constituer une communauté, et ensuite de sa qualité.

    Aristote remarque dans l’Ethique à Nicomaque : « Quand deux hommes marchent ensemble, alors oui, ils ont plus de vigueur pour penser et pour agir ».
    La philia inclut aussi toutes les formes de liens selon lesquelles s’élabore et s’entretient la vie des hommes. En tant qu’appartenance réciproque, elle est à la source de toute communauté possible.

    Les concepts de sens communautaire et d'amour des proches sont pourtant assez difficiles à définir, sauf peut-être dans des circonstances extrêmes où leur présence est évidente. Ils apparaissent plus clairement à l’entendement des gens dans des situations d'urgence, lors des crises, des tempêtes, des incendies de forêt, des grandes catastrophes naturelles ou sociales… En de telles occasions, l'entraide, la générosité et le souci des autres surgissent spontanément. Les sauveteurs et la bonne volonté de toutes les « petites mains » forment ensemble une vraie chaîne de solidarité.
    Dommage que ces gestes dignes d'éloges disparaissent ou, ce qui ne vaut pas mieux, se réduisent en mesquineries dès que reviennent les temps dits «normaux».
    Ce qui pourrait devenir une belle communauté se disloque et l’individualisme reprend son cours…On garde en mémoire la possibilité des mouvements collectifs en cas d’urgence, c’est déjà ça.

    Une communauté n'est pas une institution, une organisation, quelque chose d’imposé ou de donné, mais une manière collective de s’accommoder entre soi. C'est une forme de vie qui ne se résume pas simplement à vivre dans un environnement humain. Elle est un « tous qui vivent ensemble dans espace localisé » : ceux qui ont choisi de former une famille, non pas pour combler des carences affectives ou sociales, mais pour partager leur vie en déployant leur être propre.
    La solitude n'existe normalement pas dans un tel programme, car tous sont supposés se connaître individuellement, tout en s’ accompagnant les uns les autres dans leur recherche personnelle. Par l’effet miroir, le sentiment de l’ « incomplétude » de ce que chacun est se manifeste et montre l’importance du flux énergétique qu'apporte le monde communautaire à la qualité vie.

    Aristote dit que l’homme bon est celui qui réalise bien sa fonction, son télos (le programme qui le mène à sa finalité).
    Il s'agit donc de devenir véritablement un être humain, c’est-à-dire de développer ce qui en moi fait qu’on peut me reconnaître comme faisant partie de la communauté des êtres humains "debout"!

La "Vivencia" est la vie en train de se vivre. La vivance représente plus que la simple expérience d'un phénomène...