• LE BONHEUR

    Bon WE à tous!
    Partante pour les Vosges, je vous laisse en compagnie d'un peu de bonheur...

    Si tu veux être heureux, ne cueille pas la rose
    Qui te frôle au passage et qui s’offre à ta main;
    La fleur est déjà morte à peine est-elle éclose.
    Même lorsque sa chair révèle un sang divin.

    N’arrête pas l’oiseau qui traverse l’espace;
    Ne dirige vers lui ni flèche, ni filet
    Et contente tes yeux de son ombre qui passe
    Sans les lever au ciel où son aile volait;

    N’écoute pas la voix qui te dit : « Viens ». N’écoute
    Ni le cri du torrent, ni l’appel du ruisseau;
    Préfère au diamant le caillou de la route;
    Hésite au carrefour et consulte l’écho.

    Prends garde… Ne vêts pas ces couleurs éclatantes
    Dont l’aspect fait grincer les dents de l’envieux;
    Le marbre du palais, moins que le lin des tentes
    Rend les réveils légers et les sommeils heureux.

    Aussi bien que les pleurs, le rire fait les rides.
    Ne dis jamais : Encore, et dis plutôt : Assez…
    Le Bonheur est un Dieu qui marche les mains vides
    Et regarde la Vie avec des yeux baissés !

    Source: Henri de Régnier, « Le bonheur », Revue de Paris, année 19, tome 5, 1er octobre 1912, p. 449

  • UN JOUR J'IRAI, LÀ-BAS!

    Il est un pays superbe que je rêve de visiter, et mieux encore, que j’ai l’espoir d’un jour habiter.

    C’est une vraie contrée de paix où tout est beau, riche, tranquille, honnête, où le luxe est le plaisir de se mirer dans l'ordre et la justice. La turbulence et l'imprévu y sont, il est vrai, un peu présents, seulement pour apporter la touche tonique qui rafraîchit sans être menaçante, parce que le bonheur y est ardeur souriante mariée avec silence libérateur.

    C’est une patrie où la cuisine est poésie, fine, subtile, pimentée juste à point pour donner de la saveur.

    C’est une terre où tout possède la beauté de l’Eden initialement offert aux hommes…




    Je n’échappe pas toujours à une maladie d’impatience. Celle qui s'empare de moi dans mes nuits de froide misère, et me plonge dans la nostalgie de cette Terre promise que mes pieds n’ont encore jamais foulée, transmettant l’angoisse de ne jamais y arriver.

    Elle existe pourtant bien, cette nation qui ressemble à Dieu, où la vie est douce à caresser, où la miséricorde accueille toutes les confidences.

    C'est là que j’aurais voulu vivre, c'est là que je voudrais aller mourir!

    C'est là que j’espère un jour respirer, rêver, m’allonger, ne pensant plus qu’à rien, de ce rien empli du Tout, du Tout qui me fera être.

    C’est là qu’il fera bon vivre.

    Là-bas, les horloges sonnent la permanence avec un détachement qui vient de l’Éternité. Les aiguilles, hors de tous faux-mouvements, y trottent avec une placide solennité.
    Les heures sont plus lentes, sans tic ni tac, parce qu’elles ne contiennent plus qu’une Vérité.

    Là, de ses mille lumières, le soleil innonde le paysage et tout ce qu’il contient, il rehausse d’éclat les peines et les ombres. Par des reflets créés, il sculpte les reliefs les plus tristes, il lifte les visages fatigués.
    Le vent, la pluie, la lune et les étoiles se joignent à lui. Ensemble, ils jouent pour l’émerveillement des yeux et pour le ravissement des oreilles.
    D’un subtil jeu de sons et lumières, ils pénètrent jusqu’aux entrailles les plus profondes, réparent les fissures les plus graves, emplissent tous les coins oubliés, donnent chaleur, lumière et vie à ce qui est inanimé.
    De leurs mouvements s’échappe un parfum généreux qui invite à suivre leur trace.


    Dans cette région céleste, les trésors affluent, offerts à Dieu, si laborieux qu’il a bien mérité les richesses du globe entier.

    C’est là que se trouve un monde supérieur aux autres, que l'art se fond dans la nature, que la créature rejoint le Créateur.

    Là, le rêve n’a plus besoin de rêver, tout est rêvé, beau, corrigé, parfait, achevé.

    J’ai cherché, je cherche, je cherche encore, je chercherai toujours ce là-bas qui me semble à la fois si près et pourtant si lointain…

    Pour le trouver, il me faut vivre. Non pas en me sauvant pour échapper à ce qui me pèse, mais en y demeurant, me laisser sauver par l’Amour qui libère. Je dois être du monde et être en Dieu, suivre le chemin qui est passage de l’existence à l’Être.

    Pas à pas, j’essaye d’avancer vers le pays d’où je ne reviendrai jamais.
    Un jour viendra, où je trouverai le vrai bonheur, celui d’ être re- devenue, enfin retrouvée à mon origine.
    J’irai un jour, là-bas! Le Paradis, c’est pour demain…

  • CITOYENNETÉ RESPONSBLE

    En échangeant des avis avec Designer, la question de la citoyenneté s’est remise à l’ordre du jour de mes réflexions. Ceci d’autant plus à l’approche des élections prochaines, pour lesquelles je suis très perplexe.
    Ne me reconnaissant plus d’aucune famille politique, quel sera mon choix, sachant que je refuse le bulletin blanc?

    Au cours des dernières années, j’ai pris de la distance avec le monde politique, dans lequel j’avais pénétré d’assez près, au point d’ être candidate à trois reprises sur une certaine liste. Après quoi j’ai compris que je n’avais pas l’envergure pour continuer sur cette voie, me réservant toutefois la liberté d’interpeller les mandataires politiques lorsque j’aurais des réflexions à soumettre.
    Parallèlement, je suis restée engagée syndicalement et ai été chaque fois élue aux élections sociales, avec un score plus qu'honorable. Si sur le terrain de mon entreprise ma modeste représentation a permis d’améliorer la qualité de la vie, je continue à déplorer l’absence d’un grand débat de fond, à l’échelle nationale, qui obligerait chacun à se repositionner, à se recolorer et à se réinvestir de manière intègre, hors de tout clientélisme, avec des projets solides portant sur le long terme.

    “L’union fait la force”. Je n’avais pas d’âge, que je connaissais déjà la devise de mon pays!
    Qu’est-ce à dire? Que si je me sens concernée par quelque chose, je me sens automatiquement co-responsible, donc partenaire.

    C’est le fondement de la citoyenneté, dont le but ultime est le bien vivre ensemble. Elle nous invite tous à devenir acteurs dans la société. Les exclus y compris, à qui il fait rendre la dignité, et pas installer dans leur précarité.
    Chacun de nous a la possibilité et le devoir, là où il se trouve, d’exercer son rôle de citoyen actif, critique et solidaire, pour participer à la construction d’une société plus équitable.
    Le réflexe est trop souvent de se laisser démotiver, et d’argumenter qu’avec la politique telle qu’elle est menée, on ne pourra jamais rien changer. Mais n’a-t-on pas les politiciens que l’on mérite? Si on ne s’implique pas, on cautionne en effet leur programme. Les regardants n’ont que le droit de se taire!

    Le mécanisme du bouc émissaire est une planche de salut. C'est la faute à... Les pouvoirs publics et politiques, bien sûr! Qui ne sont pourtant que les élus du peuple...
    Un projet de société me paraît urgent, dans lequel on redéfinirait une hiérarchie des valeurs, en commençant à repositionner l'éducation.
    Tout changement commence par soi-même. Bien sûr, ceci demande une certaine ferveur, celle de croire à ce que l’on fait.

    L’enseignement instruit des jeunes qui veulent comprendre et apprendre, ce qui durera ensuite pendant toute leur vie. Il est là pour aider ces futurs adultes à se construire eux-mêmes, mais aussi pour leur donner conscience de la part à apporter dans la société

    Personnellement, je préconise l’instauration d’un service civique pour garcons et filles dès la sortie des humanités, ou équivalent, et ce durant un an. Je ne nie pas l’intérêt que peut apporter une année sabbatique, style deuxième rétho à l’étranger, mais je la place en second lieu. “L’ ailleurs” ne sera la réalité future que pour une minorité, tandis que la majorité conservera son milieu de vie actuel.


    Le monde commence au pas de sa propre porte, pour s'élargir de plus en plus.

    Chacun est quelqu’un! “Je” est en capacité de savoir qu’il est en liaison avec les autres. “Moi”, c’est plus que mon intelligence: je suis les liens que je tisse. L’individu n’a pas d’intérêt, et la personne n’a d’importance que si elle est immergée dans une collectivité.

    Trois éléments autistes d’Hélium réunis donnent un élément de Carbone bavard.
    De même, si on fait la mise en commun du savoir-faire de chacun, ça donne des choses merveilleuses .

    Le bonheur, c’est de savoir que l’on est beau dans le regard des autres.

    L’homme a le pouvoir…
    … de tuer, de faire vivre, de créer des chimères, de manipuler la génétique…Chacun doit se dire : “je suis maître de moi, mais que vais-je faire pour produire la vie, qu’ai-je de particulier?
    … de communiquer, de mettre en commun les angoisses, les émotions.

    Unis dans un même esprit, pas communiste pour autant, mais dans un respect commun qui dépasse des intérêts personnels au profit d'une collectivité que l'on veut plus belle, on se rejoint sans besoin de grandes manoeuvres, car tous les courants se complètent dans l'harmonie.

    Mettre en commun (pas à la manière de Staline!), c’est choisir la liberté, et décider de mettre en commun certaines contraintes, qui ne sont ni caprices, ni sanctions, pour des intérêts communs.
    La complémentarité annule la rivalité. Tant mieux, si mon voisin est plus fort, parce que je vais y gagner. De mon côté, je l’enrichis de ce que je suis. La compétition n’a donc pas sa place dans la notion d’échange.

    Albert Jacquard déclarait il y a quelques années, et peut-être encore actuellement, que la solution du chômage devrait être... de supprimer le travail! Selon lui, il ne faut pas craindre les machines: elles nous empêchent des corvées , à nous qui sommes irremplaçables pour aimer.

  • SUDOKU

    Depuis quelque temps, j’avais vu apparaître des grilles bizarres à la maison. C’est ainsi que j’ai découvert le sudoku, dernière passion de mon fils Gi. Ça m’a intriguée sur le moment, puis je ne m’y suis plus attardée. Jusqu’au jour où un ami venu à la maison s’y est intéressé et a demandé pour tester…

    En suivant les opérations, j’ai compris le principe sans trop de mal. Mais je n’avais pas la rapidité de Gi, et Geo semblait plus apte que moi à suivre sa technique. Je me suis contentée de les observer, me promettant toutefois de ne pas en rester là!
    Après avoir bien intégré les principes de base, il faut en effet que je sois seule, à mon rythme, avant de jongler dans de nouvelles matières.

    Si toutes les routes mènent à Rome, Rome mène à pas mal de découvertes. Cette année, j’y ai donc, et pourquoi pas ?, appris la pratique de Sudoku !
    Avec mon amie, qui en était au même niveau que moi, nous avons décidé, d’utiliser chaque pause de midi en “sudokuant “ au soleil, pour “bronzer intelligemment”. Parfois trop généreusement...
    Notre règle étant de ne pas redémarrer avant d’avoir réussi deux grilles, les premiers essais forcément plus lents m’ont valu… une insolation. Et pas n’importe où: sur les marches de la place St Pierre!

    “Bien brunir, mais pas rôtir”, devint notre devise. Pas démoralisées, nous avons persisté, avec un temps de réaction cérébrale accéléré.
    Avec les indispensables, un crayon et une bonne gomme, la chasse aux chiffres a continué de plus belle. La gomme devenait de plus en plus inactive.
    Nous étions bien rôdées, et les grilles se remplissaient comme par enchantement. Notre peau était sauvée!
    Comme quoi la nature s”adapte à tout. Même au sudoku!

    Retour à la maison.
    Négligemment, (mais pas innocemment) déposé à vue, mon magazine de sudoku attendait que Gi pose la question qui me donnerait l’occasion de lui annoncer triophalement: “Ça y est! Je suis dans le coup!”
    Modestement, bien sûr, mais le temps arrangera les choses. Les experts, c’est pour plus tard!

    Allez! Encore un point de gagné, à placer dans la colonne "branchée!"...

    Voici ce que dit une rubrique, tirée de « sudoku, jeu gratuit »,

    (…) L'intérêt du jeu réside dans la simplicité de ses règles, et dans la complexité de ses solutions. La véritable difficulté du jeu réside plutôt dans la difficulté à trouver la suite exacte de chiffres à ajouter.
    (…) Sa forme en grille et son utilisation ludique le rapprochent d'autres casse-tête publiés dans les journaux, tels les mots croisés et les problèmes d'échecs.
    (…) Des professeurs recommandent la pratique du Sudoku comme un entraînement aux raisonnements logiques. Le niveau de difficulté peut dans ce cas être adapté au public.
    (…) Le sudoku a des ancêtres français qui remontent à 1895. Le jeu n'est apparemment pas une invention récente comme beaucoup le pensaient. À la fin du XIXe siècle, les Français jouaient en effet à remplir des grilles très proches de ce jeu, qui étaient publiées dans les grands quotidiens de l'époque, révèle "Pour la Science" dans son édition de juin 2006.

  • GAGNER SON TEMPS

    Le texte qui suit est sans doute connu par beaucoup. Il fait partie des courriers en circukaire que la plupart reçoivent dans leur messagerie. Il est si vrai que, tant pis, ce jour il sera quand mêmel'invité du blog ...

    Imaginez que chaque matin une banque vous ouvre un compte de 86 400 €. Simplement, il y a 2 règles à respecter.

    La 1ère règle est que tout ce que vous n'avez pas dépensé vous est enlevé le soir. Vous ne pouvez pas virer cet argent sur un autre compte, vous ne pouvez que le dépenser... Chaque matin au réveil, la banque vous ouvre un nouveau compte, avec à nouveau 86 400 € pour la journée.

    La 2ème règle est que la banque peut interrompre ce "jeu" sans préavis, à n'importe quel moment elle peut vous dire que c'est fini, qu'elle ferme le compte et qu'il n'y en aura pas d'autre...

    Que feriez-vous ?

    Vous dépenseriez sans doute chaque euro à vous faire plaisir et à offrir quantité de cadeaux aux gens que vous aimez. Vous feriez en sorte d'utiliser chaque euro pour apporter du bonheur et de la joie dans votre vie et dans celle de ceux qui vous entourent ...

    Or, cette banque magique, nous l'avons tous : c'est le temps de notre vie ! Chaque matin, au réveil, nous sommes crédités de 86 400 secondes de vie pour la journée et, lorsque nous nous endormons le soir, il n'y a pas de report. Ce qui n'a pas été vécu dans la journée est perdu. Et chaque matin, cette magie recommence.

    Nous jouons avec cette règle incontournable : notre "compte" peut être fermé à n'importe quel moment, sans aucun préavis : à tout moment, la vie peut s'arrêter. Alors, que faisons-nous de nos 86 400 secondes quotidiennes ?

    Investissez-le de façon à obtenir le maximum en santé, bonheur et succès!
    L’horloge avance.
    Faites le maximum aujourd’hui.

    Apprécions chaque moment que nous avons! Et apprécions-le plus quand nous le partageons avec quelqu’un de spécial, assez spécial pour avoir besoin de votre temps.
    Et rappelons-nous que le temps n’attend après personne.

  • AUCASSIN ET NICOLETTE

    Pour que vous compreniez ce qui suivra, il faut que je vous branche sur du theâtre en plein air vécu à St Sauveur, petit village vosgien en Meurthe et Moselle où nous aimons rejoindre nos amis, et où nous irons encore le WE prochain.

    La première expérience remonte à l’été 1998. Cette année-là, baptisée "année de Aucassin et Nicolette", tout a été mis en place en une semaine, partant de rien du tout, que ce soit la scène, les bancs, les décors, les costumes, la musique, la sono, l’éclairage, les rôles. Nous étions seulement une équipe de motivés et déjà rôdés dans le domaine, parmi lesquels le metteur en scène, grand connaisseur de théâtre et d’opéra, des semi-professionnels parisiens, mon mari, un habitué des planches, nos fils, assez artistes.
    Je faisais office de petite main polyvalente, mais surtout côté intendance et il paraît que je rendais du moral à la troupe lorsqu’elle se décourageait.
    Il était essentiel que tous soient unis, or au départ personne ne connaissait tout le monde. À cela s’ajoutait que, pour nourrir les estomacs affamés, les repas devaient être prêts, mais pour un horaire imprévisible, selon le temps et les répétitions.
    Venus en bénévoles, nous ne bénéficions d'aucune aide financière. Chacun devait y aller de sa poche, à fond perdu, puisque les entrées du spectacle seraient gratuites.

    Nous étions assez fous pour croire au presque impossible, atteints de cette folie qui soulève des montagnes.

    Nous étions surtout tous prêts à relever un défi dans le but d’ offrir aux habitants désoeuvrés du village et des environs l’exemple d’une fête qui ennoblit l’homme, différente des habituels“repas– bouffe” qui leur servaient de norme culturelle.

    À l’issue de la semaine, les spectateurs enthousiasmés applaudissaient chaleureusement une prestation presque parfaite de “Aucassin et Nicolette”, chantefable du XIIIème siècle, et demandaient déjà ce qui était prévu pour l’année suivante.

    Objectif réussi! C’était un merveilleux cadeau. Pas seulement pour le public, car d’autres fruits avaient aussi mûri…les meilleurs!

    Depuis lors, notre famille est assimilée aux autochtones. Nous sommes “leurs Belges”, francisés par adoption.

    Mais cette expérience a aussi permis aux actifs du projet de nouer des liens d’amitié incroyables, sans lesquels tout aurait foiré. Nous en reparlons encore tous aujourd’hui.

    Voici ce que j’écrivais le 03-11-2000, en évoqant tout ce que nous avions vécu en 1998:

    « Je me souviens d’une harmonie fantastique. Une cascade de notes s’échappait avec grâce, laissant entendre dans son flot une douce mélodie qui s’écoulait au rythme de notre fantaisie du moment. Elle ne manquait pas d’altérations, ardentes mais paisibles.
    Chacun y ayant ses propres nuances, ses vibrations personnelles, l’interprétation avait des modulations assez inattendues. C’était sans gravité. Tout restait limpide.
    La valeur d’une oeuvre ne réside-t-elle pas dans l’équilibre entre la chaleur de certaines imperfections et la froide théorie technique? L’important, c’est que tous s’accordaient. La musicalité ambiante avait ce ton juste et subtil qui ne peut se créer que dans l’unisson parfaite.
    Il y avait ce plus qui humanise tant l’art, tout en élevant l’humanité! Nous étions les artisans de cette beauté sereine.

    C’est avec émotion que je revis ces merveilleux moments , et j’ose encore les espérer pour demain…
    Nous ne sommes pas des Merlins, mais nous pouvons “être” en chanteurs de la Vie!
    Revenez vite, éclats de rire décapants, libre expression, coudées franches, embrassades fraternelles… Vous me manquez!”

    Ce texte était resté dans mes archives. En me relisant, je me dis souvent que je serais bien stupide de partager ce que personne ne peut comprendre, sinon ceux qui ont vécu les mêmes choses que moi.
    Étrangement, je ne sais trop pourquoi, ce blog me donne l’audace de déterrer ce qui devenait lettres mortes. Peut-être parce que je sais que seuls s’y attardent des gens que je crois capables de me recevoir sans ironie?
    Vous qui me lisez, soyez remerciés pour votre indulgence!
    Certains liens ne se créent-ils pas aussi entre nous, qui me font un peu retrouver de ce “plus” , typique de l’art d’aimer? Sans doute que oui, sous une autre forme...

    Toute vibration des profondeurs participe à une musique universelle, qui est le langage commun de l’Amour .
    On reçoit toujours en retour de ce qui a été donné, là et quand on s’y attend le moins…

    Bon dimanche à tous!

  • BIENVENUE CHEZ NOUS!

    Objets inanimés, avez-vous donc une âme
    Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer?

    Cette phrase de Lamartine, je l‘ai entendue des fois et des fois de la bouche de mon mari, alors que nous étions simplement bons copains et qu’il n’était encore question d’aucun projet de vie commune entre nous. J’appréciais la sensibilité qui apparaissait à travers ses citations. Cet aspect de lui a sûrement influencé mon choix de l’épouser.

    Dans une maison, il y a toujours quelque chose de l’âme de ses habitants qui s’exprime. L’imaginaire y rôde, avec ses rêves, ses projections, ses souvenirs, ses non-dits et ses secrets de famille. Lieu privilégié de l’intimité, le domicile est chargé de souvenirs, d’émotions heureuses ou malheureuses.
    Je suis très jalouse de mon intérieur et je revendique le droit de l’aménager et de le décorer selon ma convenance tout en tenant compte du goût de tous et de notre mode de vie familial.
    Pas pour exposer comme dans un musée, mais pour que chacun, adulte ou enfant, se sente bien « à la maison », qu’il puisse trouver sa place dans les lieux qui l’accueillent. Mes prétentions n’ont jamais été de posséder une demeure splendide, mais un havre de paix et d’harmonie, dans lequel il fait bon vivre.
    Vœu pieux ?

    Une maison ne se pense donc pas une fois pour toutes. Elle est en évolution constante, à l’image de ceux qui l’habitent et l’animent.
    Papa m’a souvent répété qu’une maison dans laquelle on ne prévoit plus d’aménagements est le signe que ses occupants n’ont plus rien à partager. J’ignore si cette vision des choses se vérifie, mais ce que je sais , c’est que nous n’aurons pas l’occasion de la tester, au vu de la progression de nos aménagements et des projets encore non réalisés!

    Notre habitation est modeste et de capacité moyenne. L’important est que les personnes qui y viennent s’y sentent bien, et je pense que c’est le cas. Dernièrement, alors que je faisais remarquer que nous disposions de peu d’espace pour caser beaucoup de monde, quelqu’un m’a répondu que « là où il y a la charité, on se sent toujours bien ». Ce compliment valait tout l’or du monde, pour moi !

    J’éprouve le besoin de sentir que chacun circule avec bonheur dans la maison.
    Même si nous déplorons parfois de ne pas disposer d’une pièce ou deux supplémentaires, nous y sommes plutôt bien parvenus. La preuve, c’est que, à l’âge où la plupart des enfants vivent hors du toit des parents, La et Gi partagent encore le gîte familial.

    Une "bonne" maison est une maison qui "bouge". Une maison qui, à force d’être animée par la vitalité intérieure de ses occupants, finit par leur ressembler.Ses portes s’ouvrent et se ferment. Désordre et ordre se succèdent. On y trouve un coin pour se retirer en soi-même et d’autres pour échanger.
    Je vous assure que ça vit, chez nous! Ce qui est pour ma joie, et aussi pour ma fatigue, à forte dose...

    Selon moi, si le toit familial représente une seconde peau, un refuge, un abri, il est aussi un lieu privilégié où chacun peut s’exercer à la relation et au partage, en apprenant à tenir compte de l’autre et à se mettre au service du bien commun.
    Pour nous, la partie n'est pas gagnée à 100%, chacun ayant sa patite idée sur le sujet...

    La « bonne » maison s’adapte aux nouveaux modes de vie. Souvent, la chambre de l’adolescent devient multifonctionnelle puisque il y dort, y travaille, écoute de la musique, surfe sur Internet, reçoit ses copains.
    Mais encore une fois, nous faisons exception, car bien que disposant de chambres spacieuses et bien aménagées, nos fils  (qui ont largement dépassé le stade ado) ont tendance à squatter la salle de séjour, où ils préparent leurs cours et travaux divers. Ils ont besoin de la vie qui bouge autour d’eux. La situation était déjà pareille pendant les sessions d’examens , alors que nous continuions à vivre normalement, avec du passage et du mouvement. Ce qui ne les a pas empêchés de bien réussir. Allez comprendre !!!

    Mon plus grand désir est animé par le besoin que notre logis serve à réunir agréablement ceux que nous aimons.
    Le mobilier de notre intérieur, sa disposition, la décoration, les objets parlent un langage familier à ceux qu’il abrite et accueille. Parent ou enfant, jeune ou vieux, tous aiment s’y tenir pour rire ou pleurer, se distraire, échanger. L’ambiance qui y est créée est assez tonique, du fait de nos tempéraments qui s’y expriment à fond.

    Notre « chez nous » est un lieu simple mais où, dans l'ensemble, il fait bon vivre. Il s'y crée une sorte d'alchimie qui laisse en chacun des traces mémorables, et qui fait dire à la plupart qu’il est toujours difficile de quitter la maison.

    Voici quelques années, j'ai lu le livre d'Alain Vircondelet: "La maison devant le monde". En voici un extrait, qui sera ma conclusion:

    "C'est peut-être cela vocation des maisons, apaiser les exils, aider à retrouver sa place, à connaître le bonheur de se caler dans son espace, d'y éprouver une curieuse solitude, celle d'une mémoire ancienne, sauvage, qui permet cependant de se rassembler, de se ramasser, d'être dans un état natif où s'effacent les douleurs. C'est dans cette simplification des choses et des êtres, dans cet apparent appauvrissement que peut alors s'effectuer le travail des charnières.
    Charnières entre le ciel et la terre, pour que le paysage et soi-même atteignent à l'icône : le paysage en Dieu, l'être en Dieu. Il y a des lieux où s'écartent les tentures qui obscurcissent le monde, où Dieu, comme disent les théologiens, "sort en quelque sorte de lui-même" et fait accéder à l'apparition."

  • SANS PAPIER!

    AU BOUT DU ROULEAU

    "AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! » C'est le cri de rage que je réprime quand, tranquillement installée aux toilettes, je cherche à tirer une feuille de papier.

    Ben oui, ce qui n'est normalement qu'une simple formalité se transforme parfois en râlerie. En principe, la personne qui quitte cet espace dit d’aisances prend soin de laisser du papier prêt à l’emploi pour la personne suivante. Mais fréquemment, le support de carton est tristement vide, le papier brillant lamentablement par son absence. Or, la réserve est sur place!
    Comme par magie les feuilles se sont sans doute désolidarisées d’un rouleau que personne n’avoue jamais ne pas avoir remplacé! Rouleau, que pourtant une utilisatrice a bel et bien négligé de changer pour la personne suivante!!! Ma qué!

    Si j’utilise le féminin, c’est parce que les lieux dont il s’agit sont les "toilettes dames" de notre service. Aucune personne venant de l’extérieur n’y ayant accès, on ne peut pas soupçonner des visiteurs indélicats.
    Mais dites donc, ne faisons-nous pas partie des personnes « bien élevées » ? Normalement, oui. Il est vrai que nous sommes cataloguées « civilisées » . D’où animées par des scrupules supposés plus grands pour la collectivité que pour soi-même ? Malheureusement ce n’est pas d’application pour tout le monde. « Après moi, les mouches », semble être la devise de certaines.

    Tant pis pour qui suivra ?
    C’est à ce moment que mon sang ne fait qu’un tour. Rien ne m’horripile autant que la négligence par indifférence, qui devient pur manque de respect.

    Ma réaction dépasse la question d’un rouleau à changer, ce qui ne demande pas un gros effort, sinon celui d'accepter d'être mise devant le fait accompli.
    Le comportement que je déplore révèle quelque chose de plus profond : le chacun pour soi semble bien inscrit dans bon nombre de mentalités.
    Pour la collaboration au travail aussi, partant de ce principe ? Or, il me paraît inconcevable de fonctionner sans veiller à assurer un bon relais, dans le but d’un meilleur confort des travailleurs, de la bonne ambiance du service, d’un gain de temps, et surtout pour la garantie d’un maximum de sécurité en faveur des patients...

    Grande réflexion, dans deux petits mètres carrés, ne trouvez-vous pas ! Elle ne m’est pas venue du premier coup, mais à force de me retrouver dans la même situation, parfois trois ou quatre fois par jour ! Et quelle conclusion ?

    "Cette fois-ci, on ne m’y aura plus. Puisque ce n’est pas moi qui ai vidé le rouleau, je ne le changerai pas, na !" , est le premier réflexe. Si chacune réagit ainsi, plus jamais de rouleau en bonne place ? Des innocentes payeront pour la coupable? Je vais infliger à d’autres ce que je n’ai pas apprécié ? Quand s ‘arrêtera la cascade ?

    Le temps de me défouler, de penser que je peux décider de faire ou de ne pas faire, puis invariablement je rétablis la logique des choses. Par amour du prochain (la prochaine, en l'occurrence).
    Les suivantes seront servies selon les convenances…

    Cette anecdote semble puérile. Mais aussi bébête soit-elle, elle reflète malheureusement l’état d’esprit de beaucoup de gens. Déjà dans une entreprise « correcte et évoluée », mais combien plus encore dans la société qui est parfois au bout du rouleau à force de subir des citoyens qui ne jouent pas la carte de la solidarité ?

    On y va pour le premier exercice ?
    Bon, sans plaisanter, faisons un effort pour les suivants, laissons du prêt à l’emploi !

    « Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes » (Luc 16:10).

    C’est là que beaucoup échouent. Nous acceptons volontiers de relever de grands défis, particulièrement ceux qui donnent du crédit devant les hommes. Par contre, ceux qui se font dans le secret, nous les refusons. Mais voilà, le regard de Dieu se pose sur ceux qui acceptent de marcher par don d’Amour dans les plus petites choses.

    Pour assurer le confort des personnes, je dois être animée d’autant de zèle que n’en déploient ceux qui cherchent à assurer leurs propres intérêts. Même ardeur, mais pas pour les mêmes causes!
    Aux toilettes comme partout dans la vie, dans les choses courantes comme dans les choses morales…

  • MARRAINE

    Lorsque CH et Al m’ont demandé d’être la marraine de leur deuxième enfant, j’en suis tombée des nues, tant c’était inattendu. Ils ont de la famille et bien d’autres amis, et jamais je n’aurais imaginé qu’ils pussent songer à moi .
    Néanmoins, la stupéfaction étant passée, j’ai compris le message, sachant le profil de la personne recherchée pour remplir un rôle très important pour eux. Je savais aussi que leur souci principal était la présence régulière du parrain et de la marraine, plutôt que des cadeaux sans partage. Il ne m’a fallu fournir aucun effort pour rejoindre leurs désirs.

    Déjà marraine à douze ans et demi, de ma plus jeune sœur, j’ai été bien rôdée dans cet apprentissage. Prise très au sérieux, cette mission m’a appris l’importance d’offrir en payant de ma personne plutôt qu ‘en dépensant de l’argent, dont je ne disposais d’ailleurs que très peu à l’époque.
    Par contre, grâce à Fa, je me suis souciée de l’éducation de l’enfant, de son évolution, au point que ce rôle est devenu un tremplin solide pour la maman que je suis devenue quelques années plus tard.

    Par la suite, j’ai eu une nièce pour filleule, mais ne suis pas devenue marraine-cadeaux pour autant.
    Nos contacts ont été très bons, bien que plus espacés par les circonstances. Ce qui n’empêche pas que les occasions de nous revoir soient toujours source de plaisir.

    Avant-hier, mon petit filleul avait trois ans, âge à partir duquel l’enfant commence à appréhender autrement ce qui se passe autour de lui.
    Jusque là, il n’était encore que bébé apprenant à découvrir son environnement et à s’y situer.

    À trois ans survient l’étape où le moi devient plus indépendant et s’enrichit. Les expériences deviennent marquantes, et permettent d’imprimer des sentiments à l’enfant par rapport à lui et son environnement, de sa place parmi les autres. Il s’identifie doucement, commence à bien se distinguer des autres et institue une distance entre lui et autrui.
    Cette découverte de la réalité extérieure par rapport à l’ individualité se traduit par une phase d’indépendance, au cours de laquelle l’enfant s’oppose, pique des colères, contredit, veut manger seul, s’habiller tout seul…

    Cl. reste un petit garçon très facile et de compagnie bien agréable, même si son caractère s’affirme et qu’il entend agir par lui-même dans pas mal de situations.
    Il entre dans une portion d’âge qui me plaît beaucoup. Il pourra de mieux en mieux exprimer ses goûts, ses préférences, ses attentes, et c’est en réponse de ce qu’il me dévoilera de lui que nous partagerons des loisirs ensemble.
    Mais ça ne se pourra que si des liens se créent entre nous, qu’ il faut provoquer.

    Ses parents travaillant tous les deux, alors que j’étais en congé, j’ai proposé d’organiser un goûter au jour exact de sa date anniversaire, les festivités élargies étant prévues pour début juillet (agendas à accorder !).
    Les préparatifs se sont déroulés en toute simplicité, d’autant plus que la veille mon mari était à l’honneur pour célébrer son âge respectable de ?… .

    En me retrempant dans l’ambiance tant de fois vécue pour mes fils, mon imagination a fourni les détails utiles pour donner le bon ton.
    Le gâteau que j’avais préparé était agrémenté par des petits oursons mignons tout plein, (en gomme, plus tendre pour les quenottes !), et des trompettes qui se déroulent. Il n’avait rien de professionnel, mais il possédait la qualité visuelle qui a fait scintiller les petits yeux de Cl de mille éclats joyeux (ceux de sa sœur et des parents aussi, d’ailleurs).
    La table était décorée avec une touche de fantaisie, rehaussée des couleurs toniques qui plaisent aux plus petits.

    Nous avons passé des moments de bonheur. Nous étions tous bien ensemble. L’effet escompté a été obtenu.
    En repartant, Cl a conclu par un : « Il était bon, le gâteau », et: « C’était chouette ! », expression encore jamais utilisée jusqu’alors, aux dires de sa maman.

    Dans quelques jours, Cl recevra le cadeau « officiel » d’anniversaire . Mais il n’aura de sens que parce que nous aurons d’abord vécu des moments de complicité qui nous ont rapprochés. C’est ainsi que je conçois offrir à ceux que j’aime : en me gênant pour eux, afin de mieux les rencontrer…

    À l’heure actuelle, Fa me dit encore « Marraine » (titre que je ne revendique plus depuis belle lurette !), et me rappelle des détails qui se sont totalement effacés de ma mémoire, mais qui ont beaucoup compté pour elle. Rien de matériel, seulement de ce que j’ai fait pour et avec elle…
    Ce qui ne s’abîme pas avec le temps, parce que contenant des gouttes de la Vie reçue au baptême. C’est le genre de cadeau que je préfère offrir . C’est ce que je souhaite aussi laisser à Cl…

  • LES IRRÉDUCTIBLES

    Dimanche, je suis allée voir un film français, les irréductibles, de Renaud Bertrand avec Jacques Gamblin, Edouard Collin, Kad Merad, Rufus, Anne Brochet, Hélène Vincent, Valérie Kaprisky, Stéphanie Sokolinski, Sacha Briquet, Violaine Barret.

    Que se passe-t-il lorsque, à 40 ans on se retrouve au chômage après avoir été licencié, que son fils vient de rater le bac et doit le recommencer, ce bac que l’on ne possède pas soi-même et sans lequel on ne retrouve pas de boulot en dépit d’une grande expérience? Michel se lance dans l’aventure. Ce bac, il le décrochera, et il entraîne son ami d’infortune, Gérard (qui préférerait trouver l’âme-sœur !), à l’accompagner dans ce défi assez audacieux…

    Différents thèmes se succèdent dans le film : la communication entre époux, la relation parents- ado, l’amitié entre potes, contacts avec l’entourage, avec l’administration, problèmes financiers, solitude…

    Le film démontre comment une seule problématique peut avoir une incidence sur pas mal de monde et de domaines, allant jusqu’à enclencher des crises existentielles. Entre réalisme, tendresse, amour, amitié, révolte , incompréhension, ironie, courage, manque de confiance en soi, on entre facilement dans l’histoire, pris de sympathie pour les uns et pas du tout pour les autres.

    Je ne dévoilerai pas davantage pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui iront le voir. Sachez juste que "les irréductibles" m’a beaucoup plu par son authenticité et sa simplicité. De grands sentiments y sont exprimés sous des apparences banales et parfois grotesques.

    J’ accorde une bonne note toute spéciale à ce film qui ne craint pas d’aller à contre-courant des clichés habituellement proposés lorsqu’un couple « bat de l’aile ».
    Pour une fois une version rarement véhiculée au cinéma montre des époux qui se séparent, ne pouvant momentanément plus se supporter, mais sans toutefois envisager le divorce…Le temps nécessaire pour lâcher l’excès de pression entre eux, après quoi ils finissent par se renouer, ayant retrouvé la complicité perdue…

La "Vivencia" est la vie en train de se vivre. La vivance représente plus que la simple expérience d'un phénomène...