• COMPRENDRE LES FEMMES

    Ce n’est pas parce que je suis souvent sérieuse que je suis dépourvue d’humour.
    Ceux qui me connaissent le savent bien. Pour les autres, en voici un petit exemplaire.

    Il n’empêche que … Derrière la blague, je trouve qu'il y a du vrai !… ;-))
    Qu’en pensez-vous, messieurs, dames?

  • AMÉLIE ET MOI

    Parmi les films qui m’ont énormément plu au cours de ces dernières années figure « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain ».

    Pour Amélie, tout bascule avec le hasard qui brise un morceau de carrelage. Les événements se déroulent...
    Cette histoire apprend à regarder et aimer son voisin, à vouloir le bien de tous!
    Amélie et ses coquetteries, se découvre un but : améliorer la vie des autres par petites touches, à leur insu. Un entourage de toutes sortes de gens avec leurs défauts et leurs qualités, lui donne fort à faire…

    Dans ce film, j'ai trouvé des similitudes entre Amélie et moi.

    Comme dans le mur, j’essaye de voir ce qu’il se passe derrière les brêches humaines. Non pas pour m’en servir, mais pour servir.
    En découvrant le trésor contenu en chacun, je cherche quelles attentions pourront le toucher et lui rappeler toute la richesse qu’il possède. Ensuite, le travail suit son cours, avec ou sans moi.

    Je retrace brièvement les aspects par lesquels je me suis sentie proche d’Amélie :

    *Elle possède une imagination féconde : je ne me défends pas mal en cette matière. Mais je soumets cette propension à l'appréciation del'inspiration divine.

    *Ses rêveries la maintiennent en décalage partiel avec les autres: c’est également ce qui me permet un recul nécessaire pour ne pas me laisser happer par n’importe quel mouvement de masse. Sinon que mes évasions se nomment entre autres méditation et priére.

    *Son destin la mène à devenir une sorte de bon Samaritain en coulisses : je ne peux pas rester l’observatrice indifférente de ce qui se joue autour de moi, et je préfère aussi l’action dans la discrétion.

    *Comme elle, je voudrais avoir la faculté de transformer l’existence en véritable fête foraine, dans l’ambiance des petits chevaux de bois. Sans doute est-ce pour ça que j’aime tant les églises baroques ? Elles me transmettent une ambiance de fête au paradis et me donnent l’envie d’y participer, alors que le style roman me convient mieux pour m’intérioriser .

    Dans la vie ordinaire qui impose impitoyablement des maux face auxquels je suis impuissante, mon plaisir est d’allumer un maximum de petite étincelles dans des yeux voilés de tristesse, de lassitude, de déception, de découragement.
    J’essaye de souffler du bonheur pour qu’il se faufile en tourbillonnant gaiement jusqu’aux cœurs les plus fragiles, et qu’il s’y pose avec délicatesse…

    Je voudrais n’exister que pour rappeler combien l’Amour, avec son pouvoir d’émerveillement, peut nous transformer. Chaque étincelle est une incarnation de l’amour du Prochain. Avant de le communiquer, je dois d’abord travailler à me laisser embraser par l’Amour.

    Mon prochain commence par moi-même…

    « La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue.(…) Mais à tous ceux qui l'ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu. » (Jn 1,5-13)

  • UN  JOUR DE FÊTE

    Hier c’était la fête à la maison, à l’occasion de deux anniversaires , les septante ans d’une amie et les trente-sept ans de son fils. Pour la circonstance, le chiffre rond était le plus à l’honneur.

    Ceux qui me lisent depuis un petit temps ont compris que la décoration de la table est incontournable pour moi, parce qu’elle donne un ton à l’ambiance générale. C’est avec plaisir que j’y ai apporté le soin voulu. Le choix du menu devait bien sûr répondre en priorité au goût des deux “jubilaires”.

    Après un apéro festif au champagne, le plat a tout simplement été … une raclette. Étrange, et plutôt banal , comme choix. Sauf si vous apprenez que mon amie n’avait jamais mangé de raclette et se réjouissait d’en goûter une.

    Je passe les détails de ce qui fut un repas très agréable, pour arriver au dessert. Avec le gâteau viennent les cadeaux. Du moins, chez nous, c’est ainsi que ça se déroule. Personnellement, j’aime trouver la petite touche qui marque et restera dans la mémoire de celui qui reçoit. Il s’agit rarement de quelque chose de valeur marchande. Après avoir creusé pour trouver, j’ai choisi d’offrir à l’amie une visite surprise dans un musée assez spécial. Il s’agit du musée Monopoli, que je vous invite à découvrir, et qui ne décevra personne. Faites un petit "clic", et la porte s'ouvrira!

    L’accueil de son propriétaire est si chaleureux, le contenu si hétéroclite, qu’il y a là de quoi satisfaire toutes les curiosités. Seule exigence: avoir conservé une âme d’enfant.

    La surprise a été totale, l’émerveillement complet. Le visage rayonnant de mon amie, son sourire, ses exclamations, étaient à eux seuls un spectacle enchanté et enchanteur. Challenge réussi: elle était heureuse avec son cadeau.

    Rentrés à la maison, nous avons encore prolongé la journée jusqu’à la soirée bien entamée. Incroyable! Car mon amie a été gravement souffrante il y a quelques mois. Elle a besoin de sieste (pas faite ce dimanche), de calme, et évite les sorties tardives.
    Hier, elle se sentait à l’aise et détendue avec nous. Nous ne sommes pas entrés dans de grandes discussions qui l’auraient indisposée et fatiguée. Ça lui a permis de se découvrir une capacité de résistance qu’elle croyait définitivement perdue.

    Avant de m’endormir, j’ai resongé au déroulement de la journée qui se clôturait. Pour la résumer en un mot, je dirais “amour”.
    Je pense que nous avons tous ressenti les effets du bonheur d’être ensemble et de se partager des petis riens qui faisaient plaisir à tout le monde. Ils ont fait un tout chargé de bonheur, celui de s’aimer tels que nous sommes.

    Hier m’a aussi offert un merveilleux cadeau. Il me restera gravé dans la mémoire….

  • LES PARABOLES

    Dans l’Évangile d’hier, j’ai relevé :

    « J'ai employé des paraboles pour vous parler de tout cela. L'heure vient où, sans employer de paraboles, je vous annoncerai ouvertement tout ce qui concerne le Père. En ce jour-là, vous demanderez en invoquant mon nom »(JN 16, 25-26)

    Mais ailleurs, il est dit aussi :

    "Jésus dit à la foule toutes ces choses en paraboles, et il ne lui parlait point sans parabole(…)"(Mt 13.35)et...
    "(…)afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par le prophète: J'ouvrirai ma bouche en paraboles, Je publierai des choses cachées depuis la création du monde.(Mt 13.36)"

    Ceci me fait remonter le temps, à propos d'un livre connu de tous.

    La plupart des gens ont lu comme moi un grand classique, « le Petit Prince », de St Exupéry. Ce genre de livre peut se redécouvrir sans cesse à la lumière nouvelle de toutes les étapes de la vie. Il me parlait avec mes mots d’enfant et me parle encore dans mon langage actuel. Il m’a aidée à ne pas entrer trop vite dans le monde des adultes stressés! Avec le Petit Prince il est plus facile de prendre son temps, de rire encore de tout et de rien. Ceci toutefois avec la dimension qui me convenait et me convient encore: beaucoup de sérieux pour les choses essentielles, facilité par l’insouciance face aux vaines préoccupations.
    Dans les années 60, il m’a en partie permis de prendre conscience des valeurs profondes qui peuvent nous habiter. Il a contribué a mieux choisir ma vie. Aujourd'hui il me parle encore, car il me rappelle l'essentiel : vivre chaque jour comme si c'était le dernier, prendre le temps de comprendre le plus possible les phénomènes actuels, et aimer toutes les personnes que je croise sur mon chemin. Ceci dit mon éducation chrétienne travaillait certainement dans ma lecture.

    Fermant cette parenthèse, j'enchaîne avec les paraboles, et je cite une phrase, cueillie je ne sais plus où: "Placée sous le signe de la lecture évangélique, la lecture du monde devient une véritable médiation incarnée qui voudrait engager le lecteur dans l'apprentissage d'une lecture spirituelle, qui participe à une éducation du regard à porter sur les événements, les êtres, et le visage de Dieu qui se cache sous ces masques. "

    Or, lorsque je lis les différents textes de la Bible pour en saisir l'image globale, imperceptiblement une idée se fraie, une piste s’ouvre dans mon esprit, qui m’explique ce que signifie: « Je proclamerai des choses cachées depuis la fondation du monde ». Autant de fois je relis, autant de fois ma lecture varie selon mes moments de vie.
    Derrière le récit conté dans les paraboles, se cache en effet une histoire qui a un sens caché, qui se dévoile à ma compréhension au fil du temps. Elle me fait découvrir un Père aimant qui n'a rien de menaçant. Ce Père m'invite à le rejoindre et m'indique le chemin pour y arriver. Chose unique: il envoie son Fils pour me sauver avec l'humanité entière. Il me prend telle que je suis, sans me reprocher quoi que ce soit et me demande seulement de répondre à son Amour.
    Le contenu des récits reste fixe, mais leur sens fait peau neuve en se réincarnant différemment à chaque époque de ma vie.

    D'une manière plus élargie, je me surprends à faire des liens entre les textes, comme je n’aurais jamais osé le faire auparavant, « obéissant » à un ordre donné, m’arrêtant au contenu proposé. C’est ainsi que j’assemble Cana et la Samaritaine, Pâques et Noël.
    Pourquoi ceux-là et pas d’autres? diront certains qui feraient d’autres associations. Parce que c’est ainsi que je suis touchée, et sans doute que par leur vécu ils le sont autrement.

    Par mon expérience personnelle du toucher de la vie, je découvre Dieu à travers ce que dit le Christ dans les paraboles, et je comprends son message d’Amour comme aucune connaissance intellectuelle ne pourrait m’apporter. Je ne nie cependant pas l’intérêt de l’étude, et depuis plusieurs années, je suis inscrite à des cours pour compléter mes connaissances religieuses.

    Mes pas me guident vers des situations que je n'aurais pas imaginées. Elles me ramènent aux récits de la Bible et finissent par engendrer d'intéressants états de conscience, une vie spirituelle plus intense. Au cours d'un incessant pèlerinage intérieur, je suis touchée différemment, mes sens s'aiguisent, surtout les plus subtils, ceux qui me font percevoir la nécessité de la traversée de ces lieux invisibles.

    À travers les paraboles, la Parole de Dieu m'apprend l'Amour et l'Espérance et m' encourage à les semer à travers mon histoire contemporaine...

  • FRATERNITÉ

    En début d'année, les Focolari ont organisé un forum sur "Le dialogue interreligieux pour former l’unité de la famille humaine" au centre de rencontres de Rotselaar.

    Un des thèmes abordés était :"la fraternité, une chance, un défi".

    Le grand Rabbin Guigui était présent parmi les invités, et a raconté cette histoire, qui est un bel exemple de fraternité:

    "C'était un homme qui avait deux enfants. Avant de mourir il leur offrit son terrain et leur dit: " Vous allez le travailler et partager la récolte à vous deux ".

    Le père mort, les enfants travaillent au champ de blé et obtiennent une belle récolte. Ils moissonnent et chacun forme son tas de blé. Ils partagent équitablement et tout se passe bien.

    Un soir, l'un des frères qui était célibataire a perdu le sommeil. Il pense: « Comment est-ce possible que je partage équitablement avec mon frère? Il a une famille nombreuse. Il a plus de besoins que moi ».
    Il se lève pendant la nuit, prend des gerbes de son tas et va les poser sur le tas de son frère.

    L'autre frère a aussi perdu le sommeil. Il se dit : « Comment est-ce possible que je partage de façon équitable avec mon frère? Il n'a pas d'enfants. Quand il sera vieux, qui va s'occuper de lui ? C'est donc aujourd'hui qu'il doit faire des réserves ».
    Il se lève, prend des gerbes de son tas et les met sur le tas de son frère.

    Le lendemain, étonnement: les tas sont les mêmes!

    Deuxième soir, même scénario.

    Le troisième soir chacun se lève, prend des gerbes et se dirige vers le tas de son frère.
    Mais cette fois ils se sont levés à la même heure et chacun portant ses gerbes avance vers l'autre et à mi-chemin ils se rencontrent, ils s'embrassent.

    A ce moment-là Dieu dit : " C'est sur ce lieu de la fraternité que je construirai mon temple, car mon temple doit être le symbole de l'unité et de la fraternité ".

  • CONTRE TEMPS

    Puisque je n'ai pas le pouvoir de faire la pluie et le beau temps, je pourrais faire comme la plupart des gens: pester contre les intempéries qui se prolongent.
    Mais comme je préfère aussi conserver ma bonne humeur, je choisis la dérision.

    Question de me défouler un peu, voici une photo prise en rentrant de vacances. "Je ne marquerai que l'heure des beaux jours"

    On arrête les aiguilles de l'horloge en attendant le retour du soleil?...

    Passons au plus sérieux; je vais m'apprêter pour partir au boulot. Les patients ne doivent pas devenir impatients!

    Bon travail à ceux qui ne "pontent" pas, et aux autres aussi...

  • EN UN TEMPS, QUELS MOUVEMENTS?

    Lucky Luke tire peut-être plus vite que son ombre, mais hier je ne me suis pas mal défendue dans le domaine de la rapidité.

    18 heures sonnaient, lorsque je suis rentrée du travail. En roulant sur le trajet du retour, je récapitulais les tâches à faire dès les pied posés à la maison...
    Déjà, je renonçais à ce qui me paraissait secondaire, rentrant dans mon confort d'organisation en vue d'aujourd'hui, mais qui n'affecterait personne d'autre que moi si je ne la faisais pas.

    Sortir du coffre de la voiture les quelques courses effectuées durant ma demi-heure de pause de midi,...
    Les déposer, puis les ranger après les salutations à ceux qui sont déjà au bercail,...
    Me laver les cheveux,...
    Préparer le souper,...
    Confectionner un tiramisu pour le lendemain ,...
    Souper,
    Laver la vaisselle,(je ne possède pas de lave-vaisselle, par choix)...
    Boire un café, que mon mari m'a gentiment préparé...

    Incroyable, mais vrai: à 20 heures, contrairement à mon doute, je n'ai dû renoncer à aucune opération. Il n'y a pas eu d'énervement, juste de l'adrénaline qui s'est activée.

    20H20: Je sonne à la porte de chez une amie, qui habite à 20 Km de mon domicile. Nous avons décidé de passer la soirée ensemble, et il était prévu que j'arrive à 20H 15. Je suis dans les temps...

    Une nouvelle fois, j'ai eu la preuve que l'on fait bien plus de choses dans le détachement que dans l'agitation.
    Ce qui me permet d'être à l'aise et d'écrire ce post en ce matin de jour de fête de l'Ascension...

    Cette fête marque pour moi un détachement plus fondamental que celui que je viens de décrire. Elle me rappelle que je dois me tourner vers les autres et les servir avec un Amour désintéressé.
    Plongée dans les réalités de la vie, je me rapproche de Dieu chaque fois que je les vis dans la confiance et l'Espérance. Dans ma Jérusalem terrestre, Dieu se révèle à moi et m'aspire vers la Jérusalem Céleste...

  • BIENTÔT CONGÉ!

    Pour certains, ce sera plus qu'un pont. Ce sera un aqueduc…Ignorant les projets que vous nourrissez, je vous entraîne vers une destination très agréable. De quoi faire du tourisme en fauteuil, si vous choisissez de rester chez vous, et si le soleil boude encore.

    Ça vous tente? Je vous propose d'abord un saut jusque dans la région de la Loire, réputée pour ses châteaux.

    Un petit “clic”et…

    Bienvenue au château de Chenonceau!

    Vous pouvez vous y déplacer à volonté et explorer les lieux comme si vous y étiez vraiment. Pour ce faire, actionnez bien la souris.

    Dernièrement, c'est mon fils aîné qui m'a fait découvrir ce site, et je vous le partage à mon tour. J'espère qu'il vous plaîra autant qu'à moi.
    Contents?

    Bon WE à tous!!!

  • PASSE-PAROLE

    Hier, un ami m’a envoyé un mail, en réaction au post sur le sujet « chrétien et homosexuel », du 19 mai, qui s’intitulait « aimer c’est aussi réagir ». Sa réponse, vibrante de vérité, m’a bouleversée, tant je ressentais la force de son contenu. Avec sa permission, je vous en propose la lecture :

    En lisant un texte- témoignage que tu viens d’écrire sur l’homosexualité, il ne me vient à l’esprit qu’un mot : «action de grâce» ou bien «reconnaissance» pour un tel texte.
    Ce sont des mots sans doute «prophétiques» ! Ne verrais-tu pas ce que d’autres ne voient pas ? Nos communautés sont-elles capables d’un tel accueil? Sont-elles capables d’accueillir quelqu’un sans étiquette? Chacun est une histoire sacrée...
    Il reste encore un travail immense. À nous, pourquoi pas, d’ouvrir dans nos Églises avec humilité l’Évangile pour y découvrir un chemin d’humanisation, de dignité et de dialogue...
    Voici quelques réflexions qui me viennent à l’esprit quand je te lis.

    Peut-on préjuger de la réaction du Christ si les Pharisiens avaient poussé devant lui un couple homosexuel? Non évidement! Oui, Dieu a créé les gays et il les aime d’un immense amour.
    L’homosexualité n’est pas une « déviance », ni une maladie. Elle est peut-être une grâce, un cadeau, ni voulu, ni choisi, mais elle est un chemin quand on a pu trouver sur la route des personnes qui savent ouvrir le « placard », le « tombeau » où sont encore malheureusement enfermés tant de jeunes et de moins jeunes.
    Si, le jour est encore loin, à mon avis, où l’Eglise reconnaîtra, que l’amour du semblable est porteur d’une promesse qui le transcende, cela ne nous empêche pas déjà d’ouvrir des chemins pour que cette aurore se lève comme par anticipation ! Ton texte s’inscrit, je crois, dans cet aube nouvelle !

    Pourquoi, diable ! la promesse d’une fécondité ne se trouverait-elle pas aussi contenue, comme une source cachée et scellée, dans l’amour d’un homme pour un homme ? Quand comprendront-ils que le Dieu vivant n’assigne aucune limite à la puissance de sa grâce qui brise les sceaux et libère les sources ! Je crois qu’au cœur d’existences parfois blessées par ce désir, brûlées à ce feu, Lui seul sait encore avec sa douceur et sa tendresse desceller la source captive, encore trop fusionnelle, pour faire entendre la Parole qui peut « retourner » un destin en vocation.
    Je crois que c’est là le cœur d’une découverte qui donne sens. J’aime l’image de Jacob , qui lutte jusqu’à l’aube pour se faire bénir par Dieu, quitte à ne plus marcher de la même façon sur le chemin de la vie ; plus personne, d’ailleurs, n’est le même après une rencontre…

    Car Dieu en dépit de toutes les défigurations qu’on lui a fait subir à travers l’histoire, se présente essentiellement comme un Dieu de la libération, un Dieu de l’Exode.
    C’est-à-dire un Dieu qui fait sortir. D’Égypte, de toutes les Égyptes de l’oppression humaine, des intolérances religieuses, des rives du Nil aux prisons d’Auschwitz. De cette Égypte très particulière qui, pour des millions d’homosexuels et de lesbiennes, s’appelle la clandestinité, la peur, la culpabilité, la discrimination, le « placard ». Un Dieu qui, en dépit de ses scribes et de ses grands prêtres, sera toujours du bord de ceux qui sont prisonniers et voudraient en sortir.
    Le double cri de Jésus: « Lazare, viens dehors ! » (Jean 11,43), « Déliez-le et laissez-le aller » (Jean 11,4), alors que Lazare toujours lié surgit des ténèbres, contient tout un itinéraire de libération.

    S’accepter homosexuel et se vouloir chrétien n’est pas sûrement pas aisé, il reste peut-être à découvrir comme un défi que lance la Providence. Le relever, ce sera prendre le chemin de la réconciliation avec soi-même, ce sera réconcilier le désir d’aimer et d’être aimé, ce sera se vouer à la recherche d’un équilibre, qui n’est pas désengagement précautionneux, mais immersion dans toute la plénitude à la fois de la condition homosexuelle et des exigences de la foi chrétienne.

    « Les communautés chrétiennes auraient tort d’ignorer les homosexuels, dit Mgr J. Gaillot, sans eux, elles ne comprendraient pas toute la richesse de l’Evangile. En cherchant à les exclure, elles affaibliraient leur témoignage. Les homosexuels nous précèdent dans le Royaume de Dieu ».

    L’amitié, l’amour demandent d’être éclairés par l’Évangile pour se chercher une résolution. Celle-ci, même si elle n’est qu’esquisse, fragile et partielle, fera goûter à coup sûr, quelque chose de la douceur de Dieu, elle aidera à anticiper une réconciliation avec soi-même, atteindre la certitude parfois obscure, que l’on est accepté, aimé de Dieu, tel qu’on est, tout simplement.
    Je crois, que quelles que soient les lignes singulières des destins, Dieu y est présent et ne cesse d’y écrire, d’y calligraphier sa tendresse et son amour, même si les lignes nous semblent parfois si courbes…
    C’est aussi cela la fécondité ! C’est sans doute difficile de trouver un chemin, un équilibre, mais c’est jour après jour, que le monde se réinvente…

    Pour terminer je te livre quelques mots d’un auteur cistercien que tu connais peut-être :
    « Ainsi, à partir du saint amour qui nous unit à un ami, nous montons vers celui qui nous unit au Christ pour déguster à pleine bouche et avec joie le fruit spirituel de l’amitié, en attendant pour plus tard le plein épanouissement de toutes choses... » (Aelred de Rievaulx, Amitié spirituelle, III, 134).

  • AIMER COMME...

    C’est au milieu des gens avec qui je partage l'existence que l’occasion de vivre des pages d'Évangile m’est souvent donnée.

    De l’Évangile d’hier, je retiens le passage suivant : (Jn 15, 11-13)

    «Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.»
    « C'est ici mon commandement: Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. »
    « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »

    Quelles rencontres me parlent de l’Amour évangélique ?

    J'ai eu des grands-parents et des parents (encore en vie) croyants qui intégraient la prière dans leur vie quotidienne et qui savaient y découvrir la présence et l'action de Dieu. Ils ont maintes fois fait mon admiration, spécialement quand ils étaient dans la peine ou la difficulté.

    Comment ne pas retrouver l'obole de la veuve, le geste du bon Samaritain, l’amour du prochain, dans l'abnégation de la mère et du père de famille, dans le don du pauvre qui trouve plus pauvre que lui, dans le riche qui se fait humble et miséricordieux, dans tous les partages désintéressés?
    Je suis sensibilisée par la Foi recueillie de celui qui cherche les fondements de sa religion, et tout autant par la prière naïve du « charbonnier » qui ne s’interroge guère, mais qui est pourtant inébranlable, solide comme du roc et capable de soulever des montagnes...
    Ce qui me touche aussi, c’est la disponibilité à accueillir l’invité ou l’inconnu, la patience sereine parfois voisine de l'héroïsme, le geste gratuit, la confiance et la fidélité de l'ami !...

    J’ai moi-même été et le suis encore, l'objet de gestes spontanés de bienveillance, de la part de nombreuses personnes.

    Ces élans proviennent de personnes de croyances diverses, voire contradictoires. Ils me rappellent pourtant tous la parole de Jésus:

    « Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »
    « C'est ici mon commandement: Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. »
    « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »

    Ce que nous appelons « humanité nouvelle » chez les Focolari, c’est que les hommes se reconnaissent dans l’Amour, au-delà des divergences des professions de foi.

    J'aime ce compagnonnage de vie qui me fait découvrir ce que je crois pouvoir appeler la grâce de la rencontre.

    La rencontre du Chrétien avec ses "frères en humanité", c'est le dialogue de la vie partagée dans lequel l'amitié a plus d'importance que les paroles et qui permet dans la confiance l'échange de ce que chacun porte en lui de meilleur, donnant autant qu'il reçoit.

La "Vivencia" est la vie en train de se vivre. La vivance représente plus que la simple expérience d'un phénomène...