• REGARD DE MES SEIZE ANS…

    En feuilletant un classeur, mon regard s’arrête sur le brouillon d’un travail d’école qui date de1966, alors que j’avais seize ans.

    Il est intéressant de se relire, non pas par narcissisme, d’autant plus que le style n’avait rien de transcendant, (Quelle horreur! J’ai pourtant résisté à l’envie de faire des corrections…) mais pour le fond. En quarante ans, j’ai bien sûr découvert beaucoup de choses. Elles m’ont permis d’évoluer (en régressant, parfois!), appris à faire des nuances, mais elles n’ont pas démenti le pressenti de ma jeunesse…

    Belle ou pauvre humanité de demain?

    Un des problèmes les plus importants actuellement est la délinquence juvénile. Depuis un certain temps, on semble s’intéresser à des domaines qui étaient restés longtemps comme indignes d’intérêt, ou presque. Beaucoup de jeunes sont atteints de ce même mal. Pourquoi donc? Pour de multiples raisons, mais surtout, du moins je le pense, à cause de la vie trépidante et mouvementée qu’est la vie moderne.
    Bien sûr, avant cela il y eu la guerre qui a amené beaucoup d’esprits à la déroute, mais aujourd’hui c’est fini et les répercussions ne pourraient atteindre des résultats aussi flagrands si une autre cause ne venait s’y ajouter.

    Si le 20 ème siècle est le siècle de la vitesse, il est aussi celui des dépressions nerveuses, et par là même, des meurtres, des suicides, etc… Tous ces actes sont justement commis par des gens qui ne savent plus où, ni quand, trouver un petit moment de calme et de méditation. Ils se rendent esclaves de la modernisation et pensent être les maîtres de l’univers!

    La vie moderne a aussi un autre tranchant: c’est celui du confort. Nous sommes bien installés, dans notre maison! Pour nous déplacer, pas question d’aller à pieds, la voiture est à notre disposition!
    Des faits semblables se succèdent et nous transforment en automates, en hommes-robots, dépendants de notre luxe. De ce fait, nous ne sommes plus capables d’autant de volonté et commettons des actes que nous pourrions éviter en nous imposant une autre vie, un peu plus rude peut-être, mais beaucoup plus souhaitable pour notre équilibre psychique.
    Si nous nous plaçons au niveau des jeunes, on peut remarquer que ceux qui pratiquent un sport, qui fréquentent un mouvement de jeunesse, etc… ont un caractère plus stable que les autres. Il existe donc des moyens pour éviter l’ensorcellement du bien-être.

    Mais la vie moderne peut aussi atteindre les jeunes indirectement. Ils peuvent être victimes de parents hyper- matérialistes, qui n’entrevoient plus qu’à peine le bonheur de leurs enfants. En effet, certains pensent que leurs enfants sont heureux, puisqu’ils ont tout le confort voulu, toutes les permissions demandées. Déduction bien facile et erronée au plus haut degré!
    Les jeunes préfèrent être compris, aimés, choyés, manquer d’aise, plutôt qu’ être saturés de luxe, sans plus. Malheureusement, de moins en moins de parents semblent le comprendre, et de plus en plus de jeunes se dévergondent. Car il faut bien penser que ce qu’ils ne trouvent pas chez eux, ils tâcheront de l’avoir ailleurs…Trop jeunes encore pour juger, la plupart mènent une vie de débauche, attirés par les plaisirs les plus mauvais. Leur morale en est atteinte, et ils se livrent aux jeux les plus dangereux.
    Pourtant, il serait trop facile de nous dire: “Nous sommes dans de trop mauvaises conditions pour mener une vie normale. Laissons – nous aller”. Si nous ne sommes pas aidés, tant pis. La partie sera plus dure, peut-être, mais ce n’est pas pour cette raison qu’il faut laisser tomber les bras. Au contraire: réagissons et tâchons de voir là où est le bon et le moins bon. Demandons conseil à des personnes compétentes. Inscrivons-nous dans un bon club de jeunes, ou un groupe sportif.

    De n’importe quelle façon, agissons afin de rester ce que nous devons être et pas ce que la vie veut nous faire devenir. Ce n’est qu’à cette condition que nous, les adultes de demain, les futurs constructeurs de l’humanité, serons dignes de notre rôle à remplir…

    Crocki, année 1966

  • "DONNE-MOI DE TON EAU!"

    « Donne-moi de ton eau ! »

    « Jésus répondit à la Samaritaine : Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c’est toi qui l’en aurais prié et il t’aurait donné de l’Eau Vive » (Jn 4,10)

    Saint Jean ne donne pas de nom à la Samaritaine. Peut-être parce que beaucoup de monde peut se retrouver en elle ?

    « Donne-moi de ton eau ! ».

    Je me vois souvent assise au bord du puits en compagnie de Jésus, venu me faire cette demande.
    Mais que de refus ne lui ai-je pas déjà infligés ? Pour la simple raison que je trouvais inconcevable de lui offrir de mon eau trouble et impotable !
    Combien de fois a-t-il dû insister, avant que je saisisse enfin qu’il désire m’investir de certains services à lui rendre, en m’utilisant telle que je suis?

    « Donne-moi de ton eau ! »

    Que me veut-il exactement ?
    Surtout pas à me couvrir de honte à cause de ma médiocrité. Ni me reprocher mes manques, mes turbulences, pas plus que mes doutes ou mes excès.
    Il cherche à entrer en relation avec moi, tout simplement, en partant de ma vie...

    Hier, c’est au travail que Jésus avait humainement très soif ! Presque tous les patients se plaignaient de fatigue extrême. Sans doute à cause du long hiver que nous avons connu, du décalage horaire du WE dernier, et de la maladie.
    À travers eux, j’entendais Jésus me dire : « Donne-moi de ton eau ! ». Et je lui renvoyais la balle :

    Entre chaque patient, j’adressais rapidement une petite prière : « Seigneur, tu connais ma misère. J’ai besoin de ta grâce. S’il te plaît, donne-moi de ton eau, pour satisfaire leur soif ! »

    « Donne-moi de ton eau ! »

    Aujourd’hui, ces mots ne résonnent plus en moi comme des extraits de récit lointain. Ils me parlent, deviennent des visages, des prénoms, des personnes à réconforter et à aimer, à qui je dois donner à boire de mon eau, quand bien même sa qualité serait-elle moyenne !

    La soif qui me sensibilise le plus, que je perçois à l’hôpital, mais aussi en différents autres lieux, comporte d’autres dimensions que le simple besoin du corps, la fatigue, ou tout autre fardeau passager. Elle est recherche de la source éternelle.
    La banale eau de mon puits doit être sans cesse renouvelée, et s’ épuise rapidement. Elle ne suffit pas à répondre aux besoins que je rencontre.


    Grâce à mes manques personnels, j’ai appris à connaître le besoin d’être désaltérée par Dieu et à lui demander de l'aide. L’exercice de mes nombreuses demandes me facilite la tâche pour les autres. L’eau vive que m’ offre le Seigneur se déverse sur ceux que je croise et calme leur soif intérieure … J'incarne la Samaritaine ayant atteint l'âge mûr, avec toute une richesse de compréhension de la vie. À travers mes affects et mes émotions, Dieu instille en moi une nouvelle manière de vivre.

    Sans me juger, il pose son doux regard sur moi. Je me sens flattée et encouragée, stimulée à bien travailler pour lui et à me laisser transformer par son eau pour mieux le servir.

    « Donne-moi de ton eau ! »

    J’aimerais être une oasis pour ceux dont le puits est à sec. Comme l’eau, l’amour de Dieu peut s’infiltrer dans les sinuosités de ma vie. Je voudrais qu’il devienne le torrent qui inonde les déserts invivables de notre humanité.

    Si tous les gens de la terre pouvaient dire ensemble au Seigneur : « Donne-moi de ton eau ! », plus personne n’aurait jamais soif…

  • C.P.E.- TÉMOIGNAGE D'UNE ÉTUDIANTE

    Bien que je ne destine pas ce blog à des discussions tous azimuts, je pense que le rôle du Chrétien consiste à poser un regard d'Évangile sur les problèmes de société. Par conséquent, il faut oser certains débats contradictoires et ne pas forcément suivre ceux qui crient le plus fort... J'observe, je m'informe, mais ne me prononce pas encore au sujet des C.P.E.

    Ce message m'est parvenu hier, provenant d'une amie française bien au courant du problème des C.P.E. Il s'agit d'un témoignage anonyme, vraisemblablement crédible : texte d'une étudiante qui ose prendre la parole et tenter de rétablir la vérité.

    "Je sais que pour la plupart vous n'en avez rien à faire et vous ne vous sentez pas concernés mais c'est important pour nous étudiants en fac...

    Je vous écris pour vous demander votre soutien aux étudiants qui se trouvent pris en otage par les manifestations actuelles mais aussi pour vous exposer la réalité de notre situation bien loin de celle que les médias comme à leur habitude déforment.

    Je suis étudiante en master de droit des affaires à Paris X_ Nanterre et je suis révoltée face au blocus des universités.

    Premièrement il faut rétablir la vérité, la majorité des étudiants sont contre ce blocus sauf que nous subissons des menaces et des intimidations alors peu d'entre nous osent prendre la parole. De plus, les médias font preuve d'une véritable manipulation dans leurs reportages et oublient bien souvent de mentionner les moyens totalement anti-démocratiques utilisés par ces manifestants.

    Tout d'abord, les assemblées générales qui ont été diffusées à la télévision ne sont qu'une mascarade : ainsi lorsque le résultat d'une première AG avait donné le non au blocus majoritaire, dès le lendemain une seconde AG était organisée par une minorité de manifestants pour revoter illégitimement le blocus, ne respectant pas la décision des étudiants.
    Enfin l'AG réunissant le plus grand nombre d'étudiants jeudi dernier était un véritable scandale: nous étions majoritaires contre le blocus alors ils nous ont d'abord imposé 3 heures de faux débats ( temps de parole inégalet les intervenants autorisés étaient à 90% leurs partisans).
    Ils ont mené une véritable propagande anti-gouvernementale bien loin du problème du CPE et énoncé des aberrations telles que le CPE facilite le licenciement des femmes enceintes et permet de licencier pour une tenue vestimentaire non conforme en dehors des horaires de travail... Le problème c'est que la plupart des jeunes (non juristes) le prennent pour parole d'évangile!!!

    D'autre part pendant cette assemblée la sécurité laisse des individus circuler avec des foulards cachant leurs visages et manifestement menaçants. Enfin le vote s'effectue à main levée avec des gens qui pour la plupart ne sont absolument pas étudiants mais des syndicalistes ou autres appelés en renfort: nous étions 2000, seulement 750 ont voté pour le blocus et ils ont quand même déclaré que nous avions perdu!!!

    Mais le plus grave ce sont les intimidations et la violence de ces gens que les médias ne dénoncent pas: jeudi et vendredi lorsque des étudiants ont voulu entrer dans leur faculté des bagarres ont éclaté à coups debarres de fer, une jeune fille a été poussée dans les escaliers par des représentants de l'Unef et a été sérieusement blessée mais là encore personne ne dit rien ou ne se scandalise: non toute cette violence est légitimée par le droit de grève?!!!

    Enfin lorsque les manifestants étaient minoritaires face aux vrais étudiants qui voulaient accéder aux cours, ils ont fait appel à des lycéens de Nanterre arrivant en masse et criant. Ces jeunes n'étaient là que pour nous intimider et n'ont trouvé rien de mieux que de se prendre en photo avec leurs portables devant l'université en nous narguant et chahutant démontrant leurs réelles motivations!!!

    C'est donc un appel à l'aide que je vous adresse pour les vrais étudiants qui veulent que leur droit à l'éducation et celui de ne pas faire grève soient respectés. Les dirigeants de notre université étant démissionnaires et les médias refusant de prendre en compte notre témoignage, je vous sollicite donc pour nous aider à rétablir la vérité et pour que l'université française redevienne un lieu où les libertés individuelles peuvent s'exercer loin des propagandes et de la violence.

    Je vous remercie de votre attention et d'essayer de diffuser au maximum ce message.

    Sophie

    P.S: Il est 14H30. Voici que je rentre du travail. En relevant mon courrier, je lis un mail provenant d'un ami étudiant à Paris, un garçon plein de bon sens, doté d'un esprit critique qui lui permet d' avoir une opinion bien mesurée. Voici son commentaire: - "A confirmer !!! ???... C'est plus que malheureusement vrai !-

  • PLUS DE VIN!

    Trois jours après la rencontre au désert avec Jean-Baptiste qui l’a baptisé, Jésus est convié à un mariage qui se déroule à Cana.

    Il participe à la fête en compagnie de sa mère et des disciples qu’il vient de choisir. Il se retrouve au milieu d’une assemblée variée, composée par des gens du village, des voisins, des personnalités, des proches des deux familles, tous joyeux de partager un heureux événement.

    Parce qu’il est venu pour le salut du monde, il sait aussi consacrer du temps aux gens, partageant leurs joies et leurs peines. Cependant, il refuse de s’imposer et attend une invitation.
    S’il tarde à se manifester lorsque je l'appelle, c’est parce que je lui exprime trop tièdement le désir de sa présence auprès de moi.

    Soudain au milieu du repas survient un malaise !....
    Marie remarque que quelque chose de fâcheux se passe, s'approche de l'un des serviteurs et lui demande la cause de l'émoi.

    « Il n'y a plus de vin » répond-t-il.

    En un instant Marie comprend la gêne et les conséquences que cet incident risque d'occasionner. Elle voit déjà la joie des convives s'arrêter. Elle retourne près de son fils et lui glisse à l'oreille :

    « Ils n'ont plus de vin ! »

    Souvent au cours de la vie, je suis confrontée à des situations délicates où j’ aimerais mieux ne pas intervenir, et devant lesquelles je me sais impuissante. Ma vie toute entière est entre les mains d’un « destin » qui me met ainsi à l'épreuve pour sonder ma force et ma foi.

    Le premier réflexe de Jésus ressemble à un reproche : « Femme, mon heure n'est pas encore venue ! »
    Jésus veut exprimer la différence qui existe entre les liens naturels qui le rattachent à sa maman et ceux qui sont de l’ordre du fils de Dieu. Marie n’a aucune autorité à exercer sur le ministère qui lui est confié par le Père.

    Marie accepte la leçon de son Fils, sans pour autant douter qu'il va exaucer sa prière muette. Elle se tait, mais d’un silence qui en dit long. Son attitude est assez éloquente pour son fils qui la connaît. Il a compris la demande implicite de sa maman, il saisit son insistance. Au bout d'un moment, il finit par céder à son désir.

    Ce n'est pas un fait unique. Par la suite, combien de fois Marie n’ a-t-elle pas entendu les prières de ceux qui vivent des situations dramatiques, parfois sans espoir ? Elle est toujours intervenue et intercède encore aujourd’hui pour soulager ses enfants ! À son exemple, je fais part au Seigneur des manques dont je suis témoin et je crois fermement qu’il m’entendra. Marie s’est tournée vers Jésus. C'est ainsi que j’essaye d’ agir à l'heure de la souffrance ou simplement quand je rencontre des difficultés, jusqu’au plus petit ennui. Jésus répond à tous les besoins. Il n’est pas seulement disponible dans les grandes causes. Pour manifester sa bonté, il attend ma prière, mes demandes. Cependant je n’ai aucune consigne à lui donner ni à lui préciser le jour, l'heure et sa manière d’agir. Il lui arrive d’ailleurs de m’ exaucer autrement que ce que j’aurais pu l’imaginer. Il lui arrive aussi de me laisser attendre, pour m’apprendre l'humilité et la confiance en ses promesses.

    Tout vient du Seigneur. Donc, tout peut être reçu avec actions de grâce et dans la louange, même l’incompréhensible.

    Jésus veut nous nourrir et nous réjouir. Mais son but est plus grand : il désire que nous fassions l’expérience de son Amour. Les biens temporels servent à nous faire tourner les yeux vers les trésors spirituels. C’est pour notre salut que Jésus est venu nous révéler cette magnificence.

    À Cana, c’est la personne de Jésus qui est au premier plan, pas celle de sa mère. Pourtant, Marie y tient une place importante. Elle est là, la mère de Jésus, présence du cœur. Elle précède le signe et le provoque. Elle est la femme qui intercède pour ceux qui manquent de vin. Lorsqu’elle confie nos maux à Dieu, il ne peut plus arriver que le meilleur…

  • KAYSERSBERG-SCHWEITZER

    Retour des Vosges. Nous avons eu des échanges qui regonflent, ainsi qu'il en est à chaque fois que nous y retrouvons nos amis... De la promenade dans les bois, en passant par des conversations profondes, de joyeux partages de tâches domestiques, à la visite de lieux superbes, tout était réussi!

    Je ne résiste pas à vous présenter de plus près Kaysersberg , dont voici une photo toute fraîche d'hier...

    Par la même occasion, j'ai fait un petit retour sur la personne d'ALBERT SCHWEITZER, natif de cette ville.

    (voir: http://www.schweitzer.org/french/asfind.htm)

    Voici l'essentiel de son message...

    «Qu'est-ce que le respect de la vie et comment naît-il en nous? Le fait le plus élémentaire dont l'homme est conscient s'exprime ainsi: Je suis vie qui veut vivre, entourée de vie qui veut vivre. C'est en méditant à tout instant sur lui-même et sur le monde qui l 'entoure que l 'homme devient conscient qu'il est volonté de vivre au milieu d'autres volontés de vivre.
    «L’homme qui s'est mis à réfléchir comprend alors en même temps la nécessité d'accorder à toute volonté de vivre le même respect de la vie qu'il accorde à la sienne propre. On vit la vie d'autrui en la sienne propre. On lui apparaîtra comme étant bien le fait de: maintenir la vie, développer la vie, amener une vie qui peut se développer à sa plus haute valeur comme étant mauvais le fait de anéantir la vie, porter atteinte à la vie, réduire une vie qui pourrait se développer.»

    «C'est là le principe fondamental absolu de la morale qui mérite réflexion.»

    «L’homme n'est éthique que lorsque la vie en elle-même, aussi bien celle des plantes que celle des animaux lui est sacrée, comme celle des hommes, et lorsqu'il se dévoue pour porter aide à une vie qui est en danger. Seule l’éthique universelle d'une vie qui se sent démesurément responsable à l'égard de tout ce qui vit peut se justifier en pensée.»

    «L’éthique du respect de la vie comprend donc en elle-même tout ce que couvrent les notions d'amour, de dévouement, de partage de souffrances, de partage de joies et d'engagement pour le bien.»

  • ENTENDRE ET ÉCOUTER

    Il y a quelques années, j’ai repris une formation en psychiatrie. Tout un programme qui comprenait des cours et des stages. Ce qui m’a investie au régime du temps-plein durant une certaine période, mais avec les engagements d’un temps partiel (pour rappel, je travaille à mi-temps). Plus le loisir de rêvasser, ni de traînailler…
    Un soir, après une longue journée, je préparais le souper sans même avoir pris le temps de décompresser. Je me revois encore, les mains occupées à nettoyer les légumes, tandis que je mettais en place la foule de pensées me traversant la tête, à propos de ce que je venais de vivre, de ce qu’il faudrait prévoir pour le lendemain, et de, et de, et de…
    Faisant irruption dans la cuisine, mon plus jeune fils (11 ans) m’interpelle tout de go et me pose une question bien précise. Presqu’aussitôt, je réponds, me fiant plus au ton utilisé qu’attentive au contenu de ce qui venait de se dire. Mon inattention n’échappe pas au fiston , habitué à autre chose! Mécontent, il s’exclame :”Tu ne m’écoutes pas!” Je proteste, mais intérieurement j’admets qu’il a raison. “Non, insiste-t-il, tu m’entends, mais tu ne m’écoutes pas”.

    C’était il y a treize ans, mais je n’ai jamais oublié cette anecdote. Je pense qu’à partir de ce jour, j’ai vraiment saisi l’importance de la communication, dans le sens d’un réel contact entre émetteur et récepteur. Dans le cas d’une indisponibilité, le risque de blesser est moins grand en l’exprimant franchement .

    Mis à part de petits faits isolés, comme celui que je viens de rapporter, je pense être généralement à l'écoute des autres. Est-ce mon côté préventif qui me met en alerte dès les premiers petits dysfonctionnements? Ce qui est sûr, c’est que je perçois rapidement ce qui se cache derrière des mots, des attitudes, des silences. Et je m’étonne souvent de l’aveuglement de beaucoup de gens, qui se contentent d’une grille de lecture basée sur les “évidences”. Sauf s’ils ont un intérêt personnel à guetter certains “symptômes”! Solution peut-être plus confortable, qui n’engage qu’à peu de choses, sinon à ce que l’on a pré-établi? Selon moi cette pratique a le goût de l’indifférence, sans en être tout à fait !

    Qu’est-ce que communiquer ?
    À cette question, beaucoup de personnes répondraient que c’est parler, écrire, exprimer des sentiments, enseigner, et un tas d’autres termes qui décrivent un moyen de partager entre deux ou plusieurs intervenants. En commençant par un « je » qui les désigne : «ce que je veux dire »....
    Le terme « écouter » est rarement cité spontanément ! Il faut souvent le suggérer par un : « Mais encore… »

    Émettre un message n’est que la moitié du processus de communication. Si personne n’écoute ce que nous disons, nous n’avons pas communiqué grand-chose. D' une part la difficulté réside dans la manière dont on s'exprime et d'autre part dans celle dont l’autre nous écoute.
    La communication n'est pas simplement un échange des mots. C'est un échange de sentiments, de sensibilités, de pensées. Une partie de soi-même y est engagée.

    Nous devons nous exercer à entendre non seulement les faits, qui sont de l’ordre de la vérité objective, mais au-delà d’eux un cœur qui exprime la vérité subjective. Ce sont deux messages différents.

    Écouter l'autre dans ses émotions n'est pas forcément cautionner ses actions ou réactions, ou être d'accord avec lui, mais simplement « prêter l'oreille ». Quelqu'un qui s'exprime ne cherche d’ailleurs pas nécessairement « un arbitre » qui juge les situations, qui évalue ou qui donne des solutions..

    Le simple fait de remarquer et de verbaliser, sur un ton aimable, : « j’entends que tu es…, que tu vis… » ! peut apaiser l’autre, le libérer et l’encourager à chercher la piste qui lui convient..

    « La préparation du coeur est à l'homme, mais de l'Éternel est la réponse de la langue » (Proverbes 16,1).

    « Les paroles agréables sont un rayon de miel, douceur pour l'âme et santé pour les os » (Proverbes 16, 24).

    Dès qu’une démarche devient à la fois intellectuelle et spirituelle, elle établit des connexions entre raison, intuition et imagination et permet un réel échange.
    Une telle rencontre est une authentique relation d’amour dans laquelle chaque interlocuteur se sent écouté…

  • UNE PETITE ROBE DE FÊTE 

    C'est par "Le Très Bas", livre sur St François, que j'ai découvert Christian Bobin. Son côté poète me plaît énormément. De plus je m'étonne toujours, et ça m'émerveille, quand un homme écrit avec autant de justesse sur une femme, jusqu'à en saisir les émotions les plus cachées...

    Je vous partage ces quelques lignes, parce que "elle" a un peu de parenté avec moi...

    Christian Bobin – UNE PETITE ROBE DE FÊTE.(extraits)

    "(...)Elle écrit pour le pain de silence, la mie de lumière. Le blé de l’encre.

    On s’éprend de son style comme on pourrait s’éprendre d’elle. C’est la même chose. La même rivière sous la feuille blanche, sous la robe rouge. Elle est devant la langue comme devant le miroir des légendes.

    Dans l’enfance elle contemplait le ciel dans une flaque d’eau. Son cœur se prenait aux plus simples lumières.

    C’est cela qu’elle trouve dans l’écriture. C’est cela qu’elle trouve dans la lecture. Elle lit beaucoup, des romans. Les livres sont comme une eau de fontaine. Elle en approche son visage pour le rafraîchir. Il n’y a aucune différence entre la lecture et l’écriture.

    Celle qui lit est l’auteur de ce qu’elle lit. Parfois l’auteur est inégal, elle s’ennuie de sa propre lecture comme on dort d’un sommeil laborieux, épuisant.(…) Elle va jusqu’au bout du livre, elle ne sait pas plus abandonner un mauvais livre qu’un mauvais mari.
    Tant pis elle reste, elle va jusqu’à la dernière page, jusqu’à la fin des temps. Le mari souvent s’étonne : encore un roman. Elle ne répond pas.

    D’ailleurs allez répondre à cette question : pourquoi tu lis des romans, pourquoi cette manie de bonne femme, ce temps gâché à lire.
    Qui entendrait la vraie réponse : je lis pour faire sa place à la douleur. Je lis pour voir, pour bien voir –mieux que dans la vie – l’étincelante douleur de vivre ». (…) Oui, allez donc répondre ça.

    Il y a besoin de si peu, pour écrire. Il n’y a besoin que d’une vie pauvre, si pauvre que personne n’en veut et qu’elle trouve asile en dieu, ou dans les choses.
    Une abondance de rien. Une vie à l’inverse de celles qui sont perdues dans leur propre rumeur, pleines de bruits et de portes. On écrit mal avec de telles vies. Elles sont sans intérêt à dire.

    On ne peut bien voir que dans l’absence.

    On ne peut bien dire que dans le manque.

    On ne peut, pour voir le pur visage de la mendiante, que tourner les pages d’un carnet, regarder ces écritures qui s’entassent dans le soir : l’héritage fabuleux qui grandit dans le sommeil de l’enfant.(...)"

  • PAS DE VIDE, PAS DE MANQUE!

    PAS DE VIDE, PAS DE MANQUE!

    Cette formule que j'utilisais dernièrement dans un courrier m'a encore fait réfléchir après coup...

    Durant toute sa vie, l’ être humain cherche à trouver le délicat équilibre entre les courants conflictuels qui le travaillent, tels que les besoins, les buts, les devoirs, les responsabilités, les ordres, etc..
    L’âge aidant, au parcours balisé par des événements déterminants, on acquiert une discipline qui permet de se rapprocher d’une harmonie. Pour l’atteindre, il faut pouvoir renoncer à soi…

    « Celui qui n’a pas Dieu en lui, écrit Simone Weil, ne peut pas en ressentir l’absence ». Si je désire progresser dans ma foi, il faut que je me redéfinisse, de façon à aborder le domaine spirituel avec plus de profondeur. Je peux renoncer à une identité que je me suis préalablement forgée. Ou la corriger, ou encore la confirmer.

    Question principale: qui suis-je ? Une femme aux multiples curiosités, mais surtout une infatigable chercheuse de Dieu.
    Toute personne saine doit évoluer. L’abandon de l’ancien moi fait partie intégrante de mon évolution spirituelle et mentale. C’est en renonçant à l’ego (mais il en reste une fameuse dose!) que j’ai pu trouver la joie la plus durable, la plus solide. Ce processus de renoncement est en effet une progression. Il mène à une sorte de mort, qui est passage dans le désert et qui donne tout son sens à la vie.


    Qu’est-ce que le désert ? C’ est un lieu où je me suis retrouvée à plusieurs reprises, où j’ai vécu chaque fois différemment et surtout duquel je suis sortie autre, transformée par l’exercice d’un détachement de moi-même. Lorsque je me retrouve seule dans cette étendue, je n’ai pas d’ autre repère que moi, et je me vois comme dans un miroir. Ma vérité se hurle dans le silence du désert. Ce regard, cette voix, effilochent mes vaines illusions, puis me transpercent la peau, les os, jusqu’à la moelle. Toujours la même conclusion à tirer :

    Toute dépendance à quelqu’un ou à quelque chose est aliénante, quelles que soient les bonnes intentions qui m’animent.

    Lorsque j'ai mal, c'est que je suis touchée émotionnellement par un manque de ce que j’attendais. Ma souffrance ne cesse d’être douloureuse que lorsqu’elle est complètement acceptée, qu’elle n’est plus placée dans un projet que j’ai bien ficelé, dans lequel je m'octroie trop d'importance.

    C’est ma capacité (ou mon incapacité !) à souffrir qui m’indique où j’en suis.

    Les crises existentielles sont des phénomènes normaux faisant partie du tableau classique du parcours de chacun. Elles n’ont rien de redoutable et le traitement ne réside pas dans une formule chimique à absorber. Le remède est de donner du temps au temps, de manière à entendre le message qu’elles contiennent, qui doit permettre de progresser dans la maturation.

    Chacune de celles que j’expérimente marque la présence d’un virage incontournable pour réussir mon évolution dans les étapes de la vie.

    Au cours de cette période d’état dépressif (qui n’est pas dépression), un vide s’ installe, qui doit être comblé. Après avoir affronté ce vide, osé regarder ce que je suis, je me réajuste dans mon rapport à Dieu. Une paix m’envahit et m’entraîne dans les sphères d’une joie spirituelle.

    Dieu me comble de ses biens. Avec Lui, je ne manque de rien!

  • BONNE JOURNÉE PRINTANIÈRE!

    C"EST LE DÉBUT DU PRINTEMPS,
    BIENTÔT, IL VA FAIRE "LA FÊTE"!...

    Le Printemps ?
    C’est bien plus qu’un poème :
    C'est tout un éveil, l'éclosion d'un rêve, la nature qui s’anime.
    Perché sur une branche au vert prometteur,
    un oiseau chante et prédit que tout va refleurir.
    Dans le jardin, va à nouveau retentir
    la cascade fraîche de nos fous-rires.

    Le Printemps?
    C'est tout cela et bien plus encore,
    car il inspire de nous laisser entraîner
    par la merveille d'une beauté retrouvée.

    Il invite au bonheur de vivre,
    tout simplement....,

    AUJOURDHUI LE PRINTEMPS BOUDERA PEUT-ÊTRE ENCORE UN PEU,
    MAIS IL REVIENDRA, N'EN DOUTONS PAS :
    IL EST DÉJÀ LÀ!

  • BELLE PLACE D'ORHESTRE POUR CÉCILE...DE BELGIQUE!

    Hier, je suis allée voir le film "fauteuils d'orchestre", de Danièle Tompson. Les critiques en étaient positives et j'avais envie de découvrir une vedette bien de chez nous, qui plus est, de notre capitale wallonne. Cécile de France ne m'a pas déçue. Cocorico!

    Dans le personnage de Jessica, qu'elle incarne avec brillo, elle se réjouit de se retrouver à Paris, la ville lumière et d'y côtoyer des célébrités.
    Jessica accroche les gens par sa candeur, sa fraîcheur et sa spontanéité et attire les confidences.

    Derrière les façades, elle découvre peu à peu de l'indifférence, du ras-le-bol, beaucoup de tension nerveuse, que le succès et le luxe n'arrivent pas à compenser.
    Les vaines richesses, les spots, les déguisements de scène éteignent les émotions et les désirs les plus simples...
    Il en resort un besoin immense de temps pour rêver, de retour à l'anonymat, à des valeurs plus simples et authentiques, une envie de donner l'art gratuitement en étant seulement soi.

    La meilleure place d'orchestre, c'est ni trop près, ni trop loin. C'est de là que la vie se découvre le mieux...

La "Vivencia" est la vie en train de se vivre. La vivance représente plus que la simple expérience d'un phénomène...