• EN CES MARDIS GRAS-LÀ...

    Voici la période du Carnaval. Retour à ma petite enfance, au cours de laquelle on insistait sur le sens de chaque fête. Les fêtes assuraient la cohésion sociale au sein des communautés et des familles. Ces moments de joie se prolongeaient encore longtemps. Leur souvenir nourrissait la routine et l’éventuelle rigueur des jours ordinaires. Durant les périodes dites creuses, il se passait finalement de grandes choses : on se construisait intérieurement. Je n'ai pas la souvenance d'avoir subi la monotonie. J'ai plutôt appris à la déjouer...

    « Quelle joie c’était, de se déguiser le jour du Mardi gras! Pas question d’acheter des costumes tout faits. À cette occasion, je trouvais toujours le moyen de me faufiler chez mes grands-parents. D’autres m’y rejoindraient probablement !

    Là, nous étions autorisés à pénétrer dans le grenier pour fouiller dans les malles de vieux vêtements, ceux d’oncles, de tantes, de maman, des grands-parents. Vivants ou disparus ne faisaient qu’un, toutes générations confondues. Devenir de nouveaux personnages demandait des recherches qui révélaient des talents insoupçonnés jusque là.

    Mais surtout, en jouant, nous interrogions :" À qui était-ce, ceci, et ça? Comment se portait cet accessoire ?" Invariablement, c’est à ce moment que défilaient les anecdotes du temps passé. Nous découvrions des modes anciennes. Mais aussi, en nous revêtant de leurs atours, nous faisions revivre les défunts, tandis que subitement les seniors rajeunissaient.

    Notre regard changeait par une nouvelle connaissance. Du coup, nous nous sentions transformés par nos racines, qui s’accrochaient à du plus concret.

    L’arbre généalogique de la famille reprenait vigueur et sa sève se déversait dans tout notre être.

    Ce n’est bien souvent que l’heure d’un repas qui interrompait ces moments privilégiés. Retour à la réalité! Mais aussi banale pouvait-elle paraître, notre petite tête avait tant reçu d’informations que les réserves étaient suffisantes pour tenir le coup jusqu’à une prochaine occasion de réjouissance d’un autre style (Pâques,).

    Grâce à ce stock emmagasiné, les passages ”à vide” nous préoccupaient finalement peu, puisque nous avions en nous la présence de tout un monde... Par nos propres moyens, nous étions capables de conjurer les mornes journées, et je ne me souviens pas de m’être plainte d’ennui. La question qui me venait était : ”que pourrais-je bien faire ?” Le reste s’organisait.

    C’était la génération du ”tu dois”, de l’autorité suprême des parents, les enfants n’ayant qu’à s’incliner. Mais le "doigt" était prioritairement pointé sur notre moralité. Tout compte fait, nous restions fort libres, agrémentant nos loisirs dans une insouciance échappant au gavage d’activités programmées.

    Sous-tendue par la certitude d’être aimés, cette discipline ne nous paraissait pas injuste. Sans doute, elle a provoqué des frustrations, mais elle a suscité des désirs. À partir d’eux, nous devions nous interroger sur la possibilité ou non d’un jour les réaliser. Nous filtrions parmi eux les incontournables, auxquels se fixer à tout prix, sous peine de rater nos projets de vie.

    Les recommandations de nos proches, que nous ne comprenions pas toujours, rejoignaient notre "moi" profond. Profondément plantés, ils seraient les repères solides auxquels s’accrocher durant les tempêtes futures...

    Pour ma part, c’est ce qui explique la place de mes choix pour “le petit Jésus”, cet ami de ma tendre enfance que ma grand-mère aimait tant et m’a si bien appris à aimer! C’est au cours de ces mêmes réflexions que la famille à fonder et à laquelle me consacrer prioritairement, s’est trouvée en peloton de tête.

    C’était ainsi, et je ne regrette rien. Aujourd’hui, je suis loin d’avoir épuisé toutes mes curiosités, et l’empreinte de mes tendres années est si forte que dans le sillon des rides apportées par l’âge, je pense que le regard attentif peut lire toute une histoire qui s’y rattache. »

    Pour lire l’article en entier, intitulé « masques et squames », cliquer sur les masques de la colonne de droite.

  • BROKEBACK MOUNTAIN

    C'est l'été 1963 dans l'Etat du Wyoming. Deux jeunes cow-boys, Jack Twist (Jake Gyllenhaal) et Ennis Del Mar (Heath Ledger), sont engagés pour garder ensemble un troupeau de moutons à Brokeback Mountain. Seuls au milieu d'une nature sauvage, leur complicité se transforme lentement en une attirance inattendue…

    Les deux acteurs principaux campent leur personnage tout en nuances. Il est important de souligner la présence de paysages somptueux à l'arrière- plan. Les sentiments qui se révèlent sont loin d'être rassurants. Ennis et Jack sont perturbés par des doutes. Devant une évidence, ils jouent la carte du déni et se quittent à la fin de la transhumance. Chacun va poursuivre sa vie ainsi qu'il l'avait programmée. L'un et l'autre se marie, et a charge de famille. Après une séparation de quatre ans, ils se retrouvent. Lors des retrouvailles, ils s'aperçoivent que l'attirance mutuelle est restée pareille.

    L' histoire entre Jack Twist et Ennis Del Mar est étalée sur vingt années et se concrétise par des rencontres épisodiques, des rendez-vous par carte postale, des mensonges pour tromper leur femme, et un appel irrésistible vers Brokeback Mountain, trace d'un certain passé! Dans cet espace isolé du monde, les retrouvailles sont apparemment purement sensuelles, coupées du reste des réalités familiales et sociales. Cependant, tout se déroule dans le respect, au milieu de silences parfois très parlants.

    Quelques scènes plus "expressives" ne m'ont pas choquée, car elles tendent à faire comprendre plutôt que de déballer impudiquement. Totalement perdus, les deux hommes n'arrivent pas à assumer leurs infidélités et leurs mensonges. L'un est prêt à vivre l'homosexualité et ses conséquences : le regard et le rejet des autres, sans exlure un engagement débridé. L'autre n'ose pas affronter les dangers extérieurs et a le désir de refouler ses aspirations profondes afin de privilégier ses responsabilités familiales.

    S'ils envisagent des solutions différentes, leur problématique est pareille: deux amours s'entrechoquent en un seul être. Écorchés, ces amours cherchent leur place et aspirent à trouver l'unité. Nous sommes face à l'éternelle quête d'idendité qui mène à l'Amour libérateur. Comme souvent, elle est ici puisée chez l'autre plutôt qu'en soi. Mais un(e) autre autre peut-il (elle) combler ce genre de manque?

    À ce propos, il est à noter que les épouses respectives tiennent un rôle plus subtil qu'il n'y paraît... Alma et Lureen feignent l'innocence, par crainte d'inquiéter la stabilité de leur couple et de leur vie. Chacune résoudra à sa manière ce qui n'en est pas moins un drame personnel.

    Sans verser dans le pathos, le film montre brillemment le désespoir et la désorientation de deux hommes épris l'un pour l'autre. Leur amour est une épreuve pour enterrer le père symbolique. Dans le cas qui nous occupe, l’un comme l’autre aurait un chemin à suivre pour se réconcilier avec son passé.

    Sous une liaison passionnée, deux corps qui se cherchent... Derrière des manifestations physiques, j'ai surtout vu des sensibilités. Des visages, des voix, des regards, joignent leurs pulsions pour résoudre une solitude affective qui espère désespérément une voie de sortie.

    Les choix de la vie sont parfois plus forts que les nôtres. C'est elle qui décidera du sort des deux héros. Entremêlé de rêve et de réalité, le film se termine sur la photo d'un paysage idyllique qui restera le seul souvenir d'un amour désiré au milieu d’un amour morcelé...

    Loin des clichés souvent trop faciles, le film qui dure 135 minutes, ne m'a pas paru long. Des moments d'émotion m'ont étreint la gorge à plusieurs reprises.

    Un film éblouissant par la splendeur des paysages, mais aussi et surtout par la sobriété de l’histoire et toute sa force. Une histoire sans voyeurisme ni aucun jugement, qui montre combien l’Amour peut être complexe et douloureux à vivre .

  • LE GRILLON

    PETITE HISTOIRE POUR LE DIMANCHE...

    Un amérindien et son ami, en visite au centre ville de New York, marchaient près de Times Square dans Manhattan. C'était durant l'heure du lunch et les rues étaient bondées de monde. Les autos klaxonnaient de plus belle, les autos taxi faissaient crisser leurs pneus sur les coins de rue, les sirènes hurlaient et les bruits de la ville rendaient presque sourd…

    Soudain, l'amérindien dit, "j'entends un grillon."

    Son ami répondit, "Quoi? Tu dois être fou. Tu ne pourrais jamais entendre un grillon au milieu de tout ce vacarme!"

    "Non, j'en suis sûr," dit l'amérindien, "j'entends un grillon."

    "C'est fou," dit l'ami.

    L'amérindien écouta attentivement pendant un moment, puis traversa la rue jusqu'à un gros planteur en ciment où poussaient quelques arbustes. Il regarda à l'intérieur des arbustes, sous les branches et avec assurance il localisa un petit grillon. Son ami était complètement stupéfait.

    "C'est incroyable," dit son ami. "Tu dois avoir des oreilles super-humaines !"

    "Non," répondit l'amérindien. "Mes oreilles ne sont pas différentes des tiennes. Tout ça dépend de ce que tu cherches à entendre."

    "Mais ça ne se peut pas !" dit l'ami. "Je ne pourrais jamais entendre un grillon dans ce bruit."

    "Oui, c'est vrai," repliqua l'amérindien. "Ça dépend de ce qui est vraiment important pour toi. Tiens, laisse-moi te le démontrer."

    Il fouilla dans sa poche, en retira quelques sous et discrètement les jeta sur le trottoir. Et alors, malgré le bruit de la rue bondée de monde retentissant encore dans leurs oreilles, ils remarquèrent que toutes les têtes, jusqu'à une distance de sept mêtres d'eux, se tournaient et regardaient pour voir si la monnaie qui tintait sur le pavement était la leur.

    "Tu vois ce que je veux dire?" demanda l'amérindien. "Tout ça dépend de ce qui est important pour toi."

    Auteur inconnu

  • LE CIEL S'OUVRIRA

    Voici une courte poésie qui en dit long et me touche beaucoup...

    Si tu savais combien ton visage s'altère, lorsque dans le regard calme et pur qui te lie à moi, tu te perds soudain et te détournes de moi !

    Comme un paysage lumineux qui s'obscurcit, cela m'exclut de toi. Alors, j'attends.

    En silence, j'attends parfois longuement.

    Serais-je humain , comme toi, mon Amour méprisé deviendrait peine mortelle.

    Mais une patience infinie m’est donnée par le Père et inébranlablement je t’attends, quand tu voudras venir.

    " à l'Ange..." Christian Morgenstern

    * * *

    Ceci me renvoie à un article que j'ai écrit l'an dernier, intitulé "Chemin de Croix". Je l'ajoute dans les liens, mais en voici la conclusion:

    "LE CIEL S’OUVRIRA

    Tes étonnements, tes contemplations, tes expériences, marquent ta physionomie, changent ton regard. Si tu es un chercheur de Dieu, Il se fait connaître à toi. Sans t’en rendre compte, tu Lui deviens progressivement plus ressemblant. Le visage que tu offres au monde est un peu celui du Christ.

    Lors de tes périples, si tu rencontres quelqu’un que tu croises seulement, ne pense pas que tu n’as rien à lui donner. Ton rayonnement lui suffira. S’il reflète l’Amour de Dieu, c’est le Ciel que tu lui ouvriras.

    L’amour véritable est Communion, joie du don et de la Présence. Le signe du Chrétien est celui de la Croix. Aucun acte inspiré par cet Amour ne mène à la mort."

  • SALLE DES PAS... PAS PERDUS!

    Dans la salle des pas perdus où j'attendais que des passants s'arrêtent, je n'ai pas eu de regret, cette semaine. J'y ai rencontré Dieu à travers différents visages...

    Il y a eu Didyme, de qui les prières m'ont sûrement soutenue. De plus, il a retrouvé un livre dont il parle dans un post, "De la mélancolie", de Romano Guardini, qui m'intéresse beaucoup, et que mon fils m'a rapporté de la bibliothèque. Je vais le lire durant ce WE.

    Il y a eu Angel, de qui le blog est poignant et qui montre quelles souffrances cette jeune femme endure. Pour elle, et grâce à elle, j'ai mieux vécu certaines tranches de vie.

    Il y a eu la nouvelle recrue, qui va remplacer Su. qui part à la pré- retraite. Le médecin chef du laboratoire a tellement bien compris quel type de personne il faut dans notre service, qu'il a su faire passer le message auprès de la direction du nursing. Je crois que nous pourrons collaborer avec notre nouvelle collègue dans la continuation du même esprit.

    Il y a eu la maman de Br, vingt mois. C'est à ce dernier que je faisais une prise de sang. La dame ne supporte pas la vue d'un tube de labo et encore moins d'une goutte de sang. Je ne rentre pas dans les explications, mais elle a fait une quasi crise d'hystérie, provoquée par une anxiéte exacerbée, et j'ai eu droit à tous les noms d'oiseau, en terminant par la sale connasse! Première fois que je subis une telle agression dans pareille circonstance. Portée par un amour qui excusait, je ne me suis pas laissée ébranler. Mon travail a été poursuivi dans la paix.

    Il y a eu le retour à la maison ce jour-là. Un de mes fils était royalement vautré devant la télé, des objets étaient épars dans le living, le bol de céréales restait sale sur l'évier de la cuisine. Tout ce qui ne me plaît pas et me donnerait l'envie de quitter les lieux. Mais le souvenir de la patience vis-à-vis de la dame du matin m'a permis de bien réagir. Ou plutôt, de rester impassible. Pourquoi ne pas accorder à mon fils la même attention que pour cette autre?

    Il y a eu un fermier de cinquante ans, atteint d'un cancer, et très affaibli par sa chimio. Ce colosse à l'air bourru n'admettait pas sa fragilité, se promettant de rapidement mettre un terme à sa vie s'il devait réduire le rendement de son travail. Par des paroles de réconfort et d'encouragement, il s'est senti autorisé à enfin pleurer et d'un coup a laissé s'épancher un coeur tendre enfoui sous son épaisse carcasse... Il semblait libéré en quittant le local, et son épouse qui l'accompagnait paraissait aussi soulagée que lui.

    Il y a eu cette jeune dame de trente -cinq ans, qui est en thérapie pour une FIV (fécondation in vitro). Plusieurs tentatives ont abouti à un échec. Nous en avions parlé il y a quinze jours. Au cours de la conversaton, j'avais avancé une autre manière d'accepter d'enfanter, qui est tout simplement d'adopter ou de donner le meilleur de ce que l'on est pour insuffler la vie dans tout ce que l'on fait, de générer l'amour autour de soi. En arrivant cette semaine, elle a d'emblée abordé le sujet, me disant qu'elle terminait le dernier traitement, puis qu'elle stopperait, quel que soit le résultat. "Ce que vous m'avez dit fait son chemin. Dans le fond, je le sais, mais il faut que je replace les bons shémas en tête", a-t-elle précisé.

    Il y a Cé. qui annonce qu'elle pourrait venir demain à la maison. Cette façon spontanée, sans carton d'invitation, me fait toujours fort plaisir.

    Il y a eu Ma qui vient régulièrement se faire remonter le moral auprès de moi . Elle est stupéfaite d'avoir lu le SOS de vendredi dernier sur le blog. Elle n'a Jamais songé un instant que des sentiments pareils pouvaient m'effleurer et propose que nous" nous fassions" une soirée resto.

    Je pense que l'Esprit de Dieu m'a bien aidée, durant cette semaine. Comme toujours, sans doute. Mais il fallait peut-être que je retrouve le besoin de l'entendre, pour bien tendre mon être à son écoute? Vraiment, avec Lui, je ne manque de rien...

  • VÉNIELLE TENTATION...

    Cette semaine, j’ai succombé à l’achat superflu d’un pantalon. Pour la modeste somme de vingt-neuf euros. Ce n’était pas la ruine. Mais c’était ça de trop, puisque je n’en avais pas besoin. J’achète, ou je n’achète pas? Dilemme…Pour ne pas répondre de suite à la tentation, j’ai mis au point une technique que j’utilise assez souvent. J’essaye le vêtement. S’il est à mon goût, je prends le risque de le remettre en place, en décidant d’attendre trois ou quatre jours. Passé ce délai, je retourne voir si l’article est toujours au rayon. Si oui, c’est qu’il m’ attendait. Si non, c’est qu’il ne m’était pas destiné, et je n’éprouve pas de regret.

    Mardi, le sort a decidé que j’aurais le pantalon qui m’avait plu le jeudi précédent. Comme toujours, ma pensée a voyagé en s’étendant sur ma coquetterie et ses conséquences éventuelles, puis sur ma manière plus générale de consommer .

    J’entends rester une femme, et ne pas ressembler aux trois hommes de la maison. Il paraît qu'on ressent ma féminité dans mon habillement, comme dans la décoration de la maison, de la table…

    Sans chercher l’extravagance et encore moins la provocation, je suis vigilante sur ma présentation générale, car je trouve que c'est agréable. Je fais donc assez attention à de petits détails, tout en refusant de jouer la carte de la séduction. À la fois naturelle et féminine, j’exclus certaines tenues sophistiquées qui me paraissent déplacées. Je n’ai nulle envie d’abuser de ma féminité, et le côté poupée Barbie est très peu pour moi.

    J’ai eu une période plus frénétique que maintenant, et le shopping était une activité à laquelle je m’exerçais volontiers. Avec l’âge, ma conception change, même si je prends encore soin de moi et de mon image. C’est une autre qualité, celle de mon habillement intérieur, qui prime sur le look.

    Il s’agit de poser un regard qui déjoue les tentations futiles et inutiles. Le système marchand, avec ses endoctrinements de faux-gratuits, de cadeaux bidons, et d’arnaques de tous genres, peut en effet mener à l’enfer tout en promettant le paradis.

    Insensiblement et alors que je ne l’ai pas déclaré à un moment particulier, j’adopte un mode d’existence plus sobre. Sans frustration, puisque je ne me prive pas d’un bien. Ce qui était sans doute un peu excessif se remplace par autre chose qui m’apporte davantage, en réponse à mes intérêts actuels.

    Ma philosophie va plus loin que l’ « écosophie », (lutte contre la pollution, le gaspillage, l’exploitations des enfants, etc.).

    Je suis créée par Dieu pour Dieu et non pas pour les biens.

    «Mais Dieu lui dit : 'Tu es fou : cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l'aura ?' Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d'être riche en vue de Dieu. » (Lc. 12, 20-21)

    « Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. » (Matth. 6,24)

    "Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu".

    Cet état d’esprit m’apprend à apprécier un certain dépouillement, à savourer, à rechercher la qualité de ce que je vis. Il rend superflus, inutiles et inintéressants, des gadgets qui m’ encombrent, me polluent, et m’empêchent d’aller au bout de mes engagements de vie.

    La possession de biens ne fait obstacle à ma libération que selon la nature de l’attachement qui en découle. Je n’estime pas que le plaisir que procurent les choses agréables soit condamnable, si je n’en suis pas esclave.

    En règle générale, mes actes d’achat sont des actes conscients et réfléchis, motivés par des idéaux non égoïstes, tournés vers le partage et le respect.

    J’autorise encore à certains petits coups de cœur à satisfaire mon péché de coquetterie! Sans me conformer docilement à la mode, je prends d’elle ce qui me plaît et correspond à ma personnalité. À peu de frais, car mon esprit fouineur me guide vers des trouvailles intéressantes. Je suis raisonnablement déraisonnable...

  • L'INCARNATION CHEZ ST JEAN

    Compte-rendu d'une conférence biblique présentée par Yves-Marie Banchard le 16-02-06 aux FNDPN.

    J'ai conscience que certains lecteurs de ce post n'apprendront pas grand chose. Profane, mais curieuse, je suis allée à la conférence. En voici le contenu, pour ceux que ça intéresse.

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    Dans le contenu du quatrième Évangile, on peut parler de christologie johannique narrative.

    La christologie est un discours raisonné sur la personne du Christ.

    L’Évangile de St Jean est un récit et pas une somme théologique. Ce ne sont pas des concepts ou des discours abstraits, ce sont des récits qui font signe et sens.

    Le logos, qui est le début de l’Évangile, est Parole et raison.Prologue (1, 1-18)

    Logos désigne moins un discours sur Jésus le Christ que la personne même du Christ comme Fils unique , Verbe préexistant de la création, donc Verbe créateur.

    1, 4-5: “En lui était la vie… et la lumière brille dans la ténèbre…” Rien n’arrête le diffusion de cette lumière.

    "Le Verbe est devenu chair... nous avons vu sa gloire" 1.1.14.

    Modalités de ce logos. V 18 : Dieu, personne ne l’a jamais vu. Le Fils reçoit la qualification de révélateur de Père en devenant sujet de la narrativité. Le récit évangélique est la révélation du Père par le Fils, sous la forme d’un récit où Jésus est à la fois héros et narrateur.

    C'est à l'occasion de fêtes liturgiques d'Israël que Jésus développe sa mission et c'est sur leur symbolisme qu'il fonde la doctrine qu'il enseigne aux apôtres. D'autre part, la mission messianique de Jésus consiste à accomplir des signes qui manifestent la Gloire venue parmi les hommes pour y dresser son Tabernacle.

    ''En vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au dessus du Fils de l’homme.'' (1, 51) L’échelle de Jacob est dressée. Le lecteur est invité à en gravir les échelons, à se rapprocher de Dieu par une vie spirituelle digne de l’événement.

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    Semaine inaugurale de sept jours achevée par le premier signe à Cana: l'eau changée en vin.( Jn.2.1-2)

    Si Jésus est l’exégète du Père, ce n’est pas tant qu’il explique, mais plutôt qu’il révèle le Père à travers sa vie d’homme. Au cœur du prologue, Jean-Baptiste est en position de témoin historique. (V 8-15)

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    Exemple d’un récit: le double retournement ou la double conversion de Marie de Magdala.

    Il y a deux fois un mouvement physique pour un retournement à 180°: elle quitte le tombeau, lui tournant le dos (déplacement physique extérieur) et la présence des anges l’accompagne ( déplacement intérieur); dans un second retournement de 90°, elle reprend la place initiale, devant le tombeau vide du corps, mais habité par la présence du Seigneur, autre, inaccessible: le Christ est ressuscité !

    Marie de Magdala est le personnage du double détournement. Elle quitte les larmes humaines pour retrouver ensuite le tombeau autrement.

    Le récit donne des détails qui pourraient être exploités pour comprendre mieux: Jardin; Premier jour de la semaine; À l’aube…

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    Les discours du quatrième Évangile échapperaient-ils à la narrativité? seraient-ils théologiques? Non. Les verbes d’action y abondent. La relation des personnages, bien caractéristiques, explique ce que fait chacun.

    En contrepoint du récit premier, la Trinité est expliquée à travers les dialogues et les discours placés sous l’autorité de Jésus.

    Jésus est protagoniste et locuteur.

    D’une part narratif et christologique comme tout autre Évangile, le quatrième Évangile est plus explicitement théologique en réunissant les trois personnes divines. Il s’agit d’une christologie trinitaire, qui affirme que Jésus est le Christ, le Fils du Père dans la communion de l’Esprit.

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    QUI EST DIEU ?

    Personne ne l’a jamais vu, mais le Fils l’a raconté.

    Exemple au chapitre 3, dans le discours à Nicodème.

    Ciel- Terre -> rencontre de deux verbes de mouvement. Monter et descendre. La phrase est énoncée au passé, et les deux verbes ne sont pas conjugués au même temps. Monter est à l’imparfait, ce qui fait durer l’action dans le temps, tandis que descendre est au passé, ce qui limite l’action dans le temps.

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    Exemple au chapitre 5, où l’égalité du Père et du Fils est démontrée. Il s’agit d’un langage imagé, que certains sont tentés de considérer comme parabole. Le Fils est dans l’atelier du Père. Il ne sait rien faire de lui-même, qu’il ne voit faire par le Père.

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    Dieu a tellement aimé le monde qu’il lui a donné son Fils, afin que le monde ne périsse pas”. Il s’agit de la forme narrative qui se double de forme spéculative, les deux récits s’interpénétrant.

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    Dans le récit premier, la scène avec Jean-Baptiste (1, 18-51) :

    « Jean-Baptiste est interrogé sur son identité. Il dit : « Ce n’est pas moi »

    Puis arrive Jésus…

    …Jean-Baptiste lui donne des titres messianiques : "Agneau de Dieu, Esprit, comme une colombe, élu de Dieu".

    … André dit : "Nous avons trouvé le Seigneur».

    …Nathanaël confesse:” Tu es le Fils de Dieu, le roi d’Israël”. La condition royale sera déplacée. La royauté de Jésus est fondée en toute humilité, sans violence.

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    La trame narrative du quatrième Évangile a pour mission de rétablir la titulature messianique de Jésus. Elle vient corriger. Le recours au futur anticipe la relation du récit évangélique avec Jésus. Jésus est d’une part le Fils de l’homme, et médiateur entre le Dieu et l’homme, selon sa position sur l’échelle de Jacob.

    Originalité et ambiguïté.

    Il y a deux niveaux différents, deux récits qui se croisent sans cesse. Le narrateur raconte le récit de Jésus et les incessantes interventions du locuteur. Jésus raconte la même histoire et élève le récit au Père.

    Le prologue comprend”gloire”, qui désigne la relation du Père avec le Fils (1-14). La gloire est un contrepoint dans les signes de la vie publique. Elle occupe le premier plan à travers le Mystère Pascal.

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    Paradoxe

    Une histoire d’homme, Jésus, reconnu comme Christ, Messie, envoyé de Dieu, est racontée. Ce récit premier a pour effet de manifester la gloire, donc la relation entre Père et le Fils, sans cesse ravivée par le Paraclet, celui qui protège.

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    Conclusion

    C’est une approche narrative privilégiée, qui permet au destinataire de lire le récit évangélique construit comme un procès continu, fait de rencontre en rencontre. Le lecteur est tenu de choisir son camp, en conscience. Puis, il devra se laisser guider par le récit de Jésus et se laisser transporter dans le Mystère divin, qui est la gloire.

    Il lui restera enfin à articuler les deux récits.

    Il s’agit moins d’un exposé à distance d’une vérité objective, que d’une provocation à rendre indisociable l’histoire de Jésus, qui parle de la gloire, nommant le Père et l’Esprit, avec celle de Dieu. Il s’agit de croiser et tenir inséparables l’histoire de jésus et l’histoire de Dieu.

    "Jésus a fait sous les yeux de ses disciples encore beaucoup d'autres signes, qui ne sont pas écrits dans ce livre. Ceux-là ont été mis par écrit, pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu'en croyant vous ayez la vie en son nom". ( Jn.20.30-31).

    L'Évangile de Jean a donc fait une sélection. Il relate certains des signes miraculeux du Christ accompagnés des discours qui les éclairent, pour démontrer que Jésus est le Messie et le Fils de Dieu, et pour susciter la foi qui donne la vie en Lui.

  • VIVANCE

    Voici le conte qui m’a inspirée pour le titre du blog. La grand-mère explique bien ce qu’elle veut transmettre à son petit-fils. C’est ce à quoi je faisais allusion à propos d’héritage qui puisse m’intéresser. Bien sûr, plutôt que de rester dans des idées vagues, je précise que ce sont les valeurs qui me rattachent à Dieu qui me sont indispensables et qui sont ma vivance…

    Le conte de la grand-mère qui inventa un mot nouveau et rare.

    « Contes à aimer, Contes à s'aimer »

    Jacques Salomé (Albin Michel)

    Grand-mère! dit le petit garçon, apprends-moi des mots neufs. Des mots encore plus beaux que ceux d'hier, plus beaux que ka-léi-dos-co-pe, plus rigolos que ceux qui font des bruits comme cla-po-tis, chu-cho-te-ments... Encore, grand-mère, encore! La vieille femme sourit. Le temps est venu, se dit-elle. Il est prêt !

    - Oui, j'ai un beau mot pour toi. Je vais t'aider à le trouver...

    - Oh! oui, j'adore les devinettes, dit l'enfant en sautillant.

    - Voilà. C'est un mot qui contient les plus belles valeurs du monde...Un mot qui est présent en toi et tout autour de toi si tu sais le ressentir.

    - C'est facile ! C'est...la Vie ! Ce qui est présent en moi et tout autour de moi, c'est la Vie !

    - Oui bien sûr, il y a de la vie dans ce mot, d'abord de la vie. De la vie vivante, toute joyeuse. De celle qui chante dans tes oreilles chaque matin, avant même que tu ouvres les yeux. Un élan de vie qui te fait dire en regardant le ciel chaque jour : Merci pour ce bleu. Tant mieux pour cette pluie, la terre a soif. Quel vent ce matin ! ça nettoie tout le ciel, mais fermez un peu les portes en haut, ça fait courant d'air! Un mot qui peut dire l'élan, la fougue, l'enthousiasme.

    Imagine-toi grimpant vers le haut d'une colline. Tu es presque au sommet, c'est tout clair, c'est tout rond d'herbe verte. Tu marches, il y a l'air vif qui souffle à tes oreilles, tout autour s'étend à perte de vue l'immensité du paysage. C'est tellement beau que tu en as le souffle coupé. Ton cœur déborde presque. Tu te sens fort, grand et petit en même temps, léger comme un oiseau, tu te sens aussi libre que le vent. Tiens, tu pourrais t'envoler, être le vent toi-même...

    - C'est le bonheur, grand-mère ?

    - Il y a du bonheur dans le mot, oui, mais cherche encore... Quand tu mets du bon dans tout ce que tu fais, quand tu sais ouvrir tes yeux pas seulement pour voir, mais pour regarder, alors tu peux t'émerveiller de tout et d'un rien, du gazouillis d'une mésange, d'un sourire reçu, de la force du brin d'herbe qui pousse dru dans le bitume du trottoir, de la lumière d'or des étoiles. Quand une fleur devient le plus beau des bouquets du monde, que ton regard se fait caresse pour dire en silence toute ton émotion, quand tu accueilles les bras qui t'aiment et que tu est si plein de désir et d'amour que tu rayonnes comme un soleil...

    - J'ai trouvé, j'ai trouvé, c'est Soleil d'Amour! C'est un petit nom que tu me donnais, grand-mère, quand j'étais petit !

    - Oui, tu es ce soleil-là et il y a de l'amour dans ce mot, mais cherche encore, cherche... C'est un mot qui te dit aussi d'avoir du courage, même quand il y a du gris dans ta vie. Un mot lucide qui n'exclut pas les peines et les difficultés. Un de ceux qui te permettra aussi de trouver toi-même dans chaque évènement difficile, le petit bout de ciel bleu, l'infime lumière qui te redonnera confiance en toi, et surtout en la vie qui est en toi.

    - C'est l'espérance !

    - Tu y es presque, continue, continue... Un mot qui contient la Vie, la Joie, l'Enthousiasme, la Tendresse des petits bonheurs, le Courage, le Désir, l'Amour, la Confiance, l'Espérance !

    - Il existe, grand-mère, ce mot qui dit tout ça à lui tout seul ?

    - Oui, mon petit... C'est le mot Vivance. C'est la Vivance dans la vie !

    - C'est un joli mot Vivance, grand-mère !

    - Murmure-le, écoute-le... Tu l'entends rire dès que tu le prononces...

    - Vivance !

    - C'est un mot précieux, tu sais...

    - Un mot près-des-cieux ?

    - Oui, dit-elle en souriant. Il vient certainement du ciel, peut-être même du pré-des-cieux...

    C'est un mot si précieux qu'il est mon héritage pour toi! C'est qu'il me vient de loin, tu sais, de mon enfance, de ma maman à moi, de mon histoire... Il vient de toute ma lignée et je te l'offre aujourd'hui car le temps est venu... Cette Vivance, elle est la force vive qui donnera plus de vie à ta vie. Je la dépose en toi comme une graine pour qu'elle germe, qu'elle éclose, qu'elle resplendisse, qu'elle fructifie, afin qu'un jour toi aussi tu puisses à ton tour la transmettre à d'autres, à ceux que tu aimeras, que tu aideras, que tu accompagneras... Ouvre la bouche, tire la langue, ferme les yeux, mon petit Soleil d'Amour...

    Et...hop ! dit la grand-mère, en riant, la graine de Vivance est en toi ! N'oublie pas, c'est pour toute ta vie. La Vivance de la vie, c'est le plus beau cadeau que tu puisses faire à ta propre vie.

  • RIVALITÉ MIMÉTIQUE

    Alors que depuis hier je suis branchée sur le problème de la rivalité mimétique, voici que le texte de la première lecture de la messe de ce jour traite de ce sujet! Encore le hasard ???

    Lettre de saint Jacques 3,13-18.Y a-t-il parmi vous un homme de sagesse et d'expérience? Qu'il prouve par sa vie exemplaire que la douceur de la sagesse inspire ses actes. Mais si vous avez dans le coeur la jalousie amère et l'esprit de rivalité, ne soyez pas, contre toute vérité, pleins d'orgueil et de mensonge. Cette prétendue sagesse ne vient pas de Dieu; au contraire, elle est terrestre, purement humaine, diabolique.(…)

    Papa et maman ont récemment déménagé. Ils sont très bien installés et se préparaient à goûter paisiblement au confort de leur nouvel appartement. C’était sans compter sur des conflits entre certains de leurs enfants. Un triste acharnement envers un de mes frères, qui aurait été privilégié en rachetant la maison que quittaient nos parents! Ma seule participation est de redoubler d’affection . J'essaye de transmettre un message d’espérance et de pardon, face à des démarches peu nobles, mais suscitées par de la souffrance. Mon mari et nos fils sont aussi très solidaires dans ce sens, ce qui met du baume au coeur de mes parents. Pour le reste, je vous épargne les popotes internes à la famille. Bien que je ne sois pas engagée ouvertement dans le conflit, je suis amenée à une réflexion …

    La rivalité entre frères et sœurs est normale et universelle. Elle est induite par le rêve d’un amour exclusif. Le frère ou la sœur peut devenir le rival envers qui est nourrie une véritable aversion.

    Le premier récit de meurtre dans la Bible est celui d'un frère par son frère aîné (Caïn et Abel). Dans Lc15, la parabole du fils prodigue aborde autrement la question.

    À l’origine de la jalousie entre frères et sœurs, il y a le désir profond qu’éprouve chaque enfant d’avoir tout l’amour de ses parents, de manière exclusive. Il redoute tout ce qui pourrait menacer l’essentiel de son bien-être. Ce qui est craint, c ‘est « le moins ». « Si l’autre reçoit davantage des parents, c’est qu’il est estimé à plus, donc que je vaux moins à leurs yeux? Ils me protègent moins, je suis en danger! ». Un processus se met en place. Il est cohérent, tout en étant dévié par un état émotif lié à une fausse perception! Derrière l’objet de la discorde se trouve la volonté de se positionner par rapport au « coupable », qui est à la fois modèle et rival. Le désir ne vient pas de la satisfaction de ce que l’on convoite, mais du désir de l’autre, et par là de ce qu'il possède.

    Lorsque ce conflit n'est pas résolu dans l'enfance, les rivaux continuent à rechercher la faveur des parents à l'âge adulte, ou à revendiquer des droits. Les parents ne doivent pas ignorer cette difficile vérité. Ils peuvent aider à la rendre supportable en réaffirmant :"Je t'aime beaucoup, mais je n'aime pas que toi",

    Par chance, je n’ai eu que peu d’efforts à fournir pour me protéger de ce poison virulent. Assez rapidement dans l’enfance, j’ai trouvé des pistes qui me permettaient de m’engager dans d’autres logiques. Le tout était dominé par un besoin impérieux d’ « amour par-dessus tout », qui a orienté mon rapport aux autres.

    Ma « défense » a été de choisir mes centres d'intérêts et d’adopter un comportement qui me différenciait ou me rapprochait, mais qui évitait absolument la compétition et les comparaisons risquant de m’opposer vainement à quelqu’un.

    Les moyens qui m’ont permis de me dégager du problème de la rivalité se perpétuent pour résoudre des différends dans ma vie d'adulte. Tout au long de l’existence, il me faut continuellement intégrer une foule de renoncements et de deuils, pour sauvegarder l’ harmonie désirée. J'accepte le combat dans le sens du rapport de force, lorsqu'il est d'absolue nécessité, et le plus souvent pour défendre autrui.

    Bien avancée dans la deuxième moitié de ma vie, je recherche mes racines profondes, au lieu de les fuir.

    Un regard vers le passé me permet de voir l'héritage qui m'est légué. Le seul qui me soit indispensable. Mes parents ont été modelés par leur histoire, qui m’a en partie modelée … Il y a belle lurette que j’ai abandonné l’illusion par rapport à leur perfection. Ils m'inspirent, mais je ne me calque pas sur eux, pas plus que sur quiconque. J’ai appris à me connecter avec eux et à la plupart des gens que je côtoie. Imparfaitement, mais étant en très bon terme avec la majorité d’entre eux .

    Mes amitiés n’échappent sans doute pas à ces imparfaites connexions! Malgré tout, elles sont plus fortes pour moi que les liens du sang. Probablement parce qu’ils constituent la famille de substitution que je me suis construite, les amis représentent des relations réconfortantes. Ils élargissent ma faculté d'aimer. Ce qui n’est pas pour autant de la dévotion. L’amitié n’occulte pas les fragilités, mais elle les intègre, les accepte (parfois difficilement, j'en conviens), ou aide fraternellement à les surmonter, car elle ne souffre ni concurrence, ni dualité.

    .

    Le philosophe Martin Buber dit que " Tout ce qu'il y a de vrai dans la vie c'est la rencontre d'un MOI et d'un TOI et qu'à travers le TOI, un homme devient JE".

    Une part de mes rêves reste encore active, où sécurité infaillible et amour inconditionnel se côtoient (image de la mère idéale?).

    Les amis m’ aident à m’ identifier. De plus, en m’ accordant de l’importance, ils m’ encouragent dans la progression. Mes relations choisies, celles qui sont créées dans une véritable amitié, ne sont que partages de goûts, de passions, d’idées, de morceaux de vie. Elles procurent plaisir, secours, confort et mettent à l'abri de la solitude (sauf...) et de la jalousie. L’essentiel m’est offert.

    Mes parents, bien lucides de leurs actes, disposent comme ils l’entendent de ce qui leur appartient. Quand bien même ils distribueraient leur avoir de manière inégale, ça me serait indifférent. Je ne manque de rien, sinon de ce qui est inhérent à un travail qui m'appartient. Surtout pas de ce qui devrait ( ?!) me revenir du patrimoine familial.

    Pour les plus intéressés, j’ai mis un lien qui permettra d’entrer en contact avec la pensée de René Girard, qui est notamment l’auteur du livre « Le bouc émissaire ».

  • CHAUSSE-PIEDS...

    Voici l’histoire survenue à une institutrice de dernière année de maternelle.

    Un des enfants lui demande de l'aide pour mettre ses bottes et, en effet, elles sont vraiment dures à enfiler.

    Après avoir poussé, tiré, poussé, tiré dans tous les sens, les bottes sont chaussées et le gamin lui dit: "elles sont à l'envers madame". La maîtresse attrape un coup de chaud quand elle s'aperçoit qu'en effet, les bottes sont à l'envers.

    Bref..., nouvelle galère pour les enlever, et elle réussit à garder son calme jusqu'à ce que les bottes soient rechaussées, aux bons pieds. Et là le gamin dit: "c'est pas mes bottes".

    À ce moment, elle fait un gros effort pour ne pas lui mettre une baffe, elle se calme et demande pourquoi il ne l'a pas dit avant. "Bon, allez, on les enlève" dit-elle et elle se met au boulot.

    Le gamin poursuit : "c'est pas mes bottes, c'est celle de mon frère, mais maman a dit que je dois les mettre". Là, elle a envie de pleurer et entreprend de lui re- re- mettre ses bottes.

    Pour finir, elle le met debout, lui enfile son manteau, son cache-nez et demande "où sont tes gants?". "Je les ai mis dans mes bottes."

    Ce que ne dit pas l’histoire, c’est si l’institutrice a ensuite suivi des formations sur le self contrôle et la communication, ou si elle s'est recyclée dans un autre domaine...

La "Vivencia" est la vie en train de se vivre. La vivance représente plus que la simple expérience d'un phénomène...