• L'ÎLE DES SENTIMENTS

    En cette fin d'année, je pourrais faire un bilan, à l'instar de beaucoup. Je m'abstiendrai. Je retiens juste que le temps a été le remède à une expérience particulièrement douloureuse. Mais aussi l'amour de mes proches! C'est dans des moments difficiles que l'on compte ses amis. Je remercie la vie, qui me gâte dans ce domaine et me l'a bien prouvé cette année. Le mot Espérance a acquis plus de sens. Je comprends mieux qu'il rime si bien avec patience, elle-même associée avec longueur de temps par La Fontaine. Je cède la parole à un auteur inconnu, qui exprime bien ma conclusion pour 2005...

    "Il était une fois une île sur laquelle vivaient tous les sentiments et toutes les valeurs humaines : la Bonne humeur, la Tristesse, la Sagesse... ainsi que tous les autres, y compris l’Amour.

    Un jour, on annonça que l’île allait être submergée. Alors tous préparèrent leurs embarcations et s’enfuirent. Seul l’Amour resta, attendant jusqu’au dernier moment. Quand l’île fut sur le point de disparaître, l’Amour décida de demander de l’aide.

    La Richesse passa près de l’Amour dans un bateau luxueux et l’Amour lui dit : _"Richesse, peux-tu m’emmener ?" _"Je ne le peux pas car j’ai beaucoup d’or et d’argent dans mon bateau et il n’y a pas de place pour toi."

    Alors l’Amour décida de demander à l’Orgueil qui passait dans un magnifique bateau : _"Orgueil, je t’en prie, emmène moi." _"Je ne peux pas t’emmener, Amour, tu pourrais détruire la perfection qui règne dans mon bateau."

    Ensuite l’Amour demanda à la tristesse qui passait par là : _"Tristesse, je t’en prie, emmène moi." _"Oh Amour" répondit la Tristesse "je suis si triste que j’ai besoin de rester seule."

    Ensuite la Bonne humeur passa devant l’Amour, mais elle était si heureuse qu’elle n’entendit pas qu’on l’appelait.

    Soudain une voix dit : _"Viens, Amour, je t’emmène avec moi." _C’était un vieillard qui l’avait appelé. L’Amour était si heureux et si rempli de joie, qu’il en oublia de lui demander son nom. Arrivés sur la terre ferme, le vieillard s’en alla.

    L’Amour se rendit compte combien il lui était redevable et demanda au Savoir : _"Savoir, peux tu me dire qui est celui qui m’a aidé ?" _"C’est le Temps" répondit le Savoir"

    "Le Temps ?", demanda l’Amour, "Pourquoi le Temps m’aurait-t’il aidé ?" _Le Savoir plein de sagesse répondit : _"Parce que seul le Temps est capable de comprendre combien l’Amour est important dans la vie"

    (Auteur inconnu)

    Ce qui est offert avec amour n'est jamais du temps perdu. Merci à 2005 de me l'avoir confirmé! Bon réveillon à ceux qui festoieront. À l'année prochaine...

  • LE MONDE DE NARNIA

    Narnia est le pays dans lequel quatre enfants, Lucy, Peter, Edmund et Susan vont vivre de aventures incroyables. En entrant dans une armoire magique, ils se retrouvent au cœur d’un monde plongé dans l’hiver depuis cent ans par la sorcière blanche. En compagnie d’un lion, Aslan, ils devront libérer cet univers peuplé d’innombrables créatures de l’emprise maléfique de la sorcière ….

    Ce récit initiatique me semble être un bon moyen pour conduire un jeune public du même âge que les héros sur le chemin de l'apprentissage de la vie. On y fait référence à l’histoire, à la Bible, à des rites, à des valeurs morales… La nature toute entière se mobilise avec les humains, pour permettre à la prophésie prometteuse de paix de se réaliser. En se confrontant à l'éternelle lutte du bien et du mal, du jour et de la nuit, de la sagesse et de la force, de la fidélité et de la trahison, le film invite à faire des choix personnels.

    Cet imaginaire m’a paru moins violent que le Seigneur des Anneaux. J’avoue que le stimuli audio-visuel a aussi bien travaillé que chez les juniors, au point de me faire réagir avec toutes mes émotions. Pour de plus amples détails, je vous propose de consulter les nombreux articles qui traitent du sujet ou mieux encore, d'aller le voir en salle

    Narnia est le genre de film dans lequel je rentre sans difficulté. Ma respiration se bloque aux moments de grand suspens, mon sang se glace durant les combats, et je suis toujours prête à me cacher les yeux. Une envie folle d’agir pour accélérer certaines opérations me démange. Lorsque le danger approche, je dois réprimer un «attention» prêt à s’échapper. Certaines scènes me font frissonner et d'autres trembler. Je soupire de soulagement si la situation se dédramatise en faveur des «bons». Dans les moments de souffrance, mon élan me porterait à aller consoler. Vous comprendrez sans peine la présence d'un mouchoir à portée de main, nécessaire pour écraser des larmes difficiles à "ravaler"! Bien sûr, les passages cocasses et les gags m’amusent énormément et ce n’est que par bienséance que je ne ris pas à gorge déployée. En partant, encore sous l'emprise de ce qui vient de se vivre, je ne manque pas de tirer des conclusions, voire de prendre des résolutions… Bref: assise sur un siège, je deviens un personnage anonyme, mais non négligeable, celui qui n’apparaît jamais dans le générique et à qui s’adresse le film. J’ai nommé le spectateur qui fait partie de la catégorie du public, sans qui le septième art serait inutile.

    Grâce à des films de la qualité de Narnia, le cinéma est assuré de ma fidélité. Vivement la suite de cette saga!...

  • CHOCOLAT, TU NOUS TIENS!

    Noir, au lait, blanc, avec des noisettes ou des amandes, solide, en tablettes, en barres, en poudre, en pâte, liquide, en confiserie, en sauces,… le chocolat est un symbole de volupté universellement apprécié.

    Rien qu’à le nommer, il déclenche instantanément la salivation chez les gourmands… Peu d'entre nous résistent au petit carré de chocolat qui, en fondant doucement sur la langue, excite les papilles gustatives et flatte le palais. Pas facile d’y résister en cette période de fêtes! Surtout lorsque, comme dans notre service, les patients marquent leur gratitude par des ballotins de pralines…

    Pour déculpabiliser, on trouve heureusement des arguments scientifiques. De fait, le chocolat n'est pas seulement à considérer comme une méchante tentation, mais au contraire un aliment plaisir qui regorge de micro-nutriments.

    Encore des doutes? Cliquez sur les chocolats de la colonne de droite... des surprises agréables vous y attendent. De quoi donner bonne conscience aux plus "accros", le temps de faire une trêve du chocolat ...

    Pour sourire, voici quelques citations :

    “La force c’est de pouvoir casser une barre de chocolat en quatre et de n’en manger qu’un carré.”(Judith Viorst)

    “Quiconque a bu une tasse de chocolat résiste à une journée de voyage.”(Goethe)

    “Heureux chocolat, qui après avoir couru le monde, à travers le sourire des femmes, trouve la mort dans un baiser savoureux et fondant de leur bouche.”(Anthelme Brillat-Savarin)

    “La vie c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber.”(Robert Zemeckis)

    “Ne croyez pas que le chocolat soit un substitut à l’amour... L’amour est un substitut au chocolat.”(Miranda Ingram)

    Bon appétit! Si, comme c’est mon cas, les kilos ne vous vous menacent pas, succombez sans discontinuer … en observant la juste mesure!

  • JOUONS!

    À la maison, nous jouons encore volontiers. Régulièrement, nous passons des soirées ou des après-midi autour d’un jeu de société.C’est une manière de se retrouver agréablement ensemble, sans se prendre au sérieux, de rire en oubliant momentanément les petits soucis, de s’affronter gentiment, de se découvrir aussi.Hier soir, mes fils ont joué au trivial poursuite. Sans doute était-ce un bon moyen pour évacuer les petites émotions de la journée !

    Les adultes qui continuent à s’amuser et à sourire sont des créatifs , ai-je lu dernièrement.Parce qu’ils savent que la réalité est flexible, ils ont du plaisir à jouer avec elle pour, sans cesse, la recréer. Il est vrai que si on prend l’existence trop au sérieux, on se prive du pouvoir de la modifier. On ne la vit pas, on la subit. C’est ainsi que ce sont parfois des personnes qui revendiquent le plus, des «ayant droit»en tous genres, qui perdent leur liberté. À force de vouloir des choses bien précises, déjà prêtes à l’emploi, qu'elles estiment légitimement devoir posséder sous peine d’être lésées, elles perdent la notion d’inventer autre chose, qui leur conviendra tout autant, et qu’elles auront la satisfaction d’avoir acquis par elles-mêmes.

    « En cas de conflit ou de crise personnelle, dans les moments où l’on est malheureux ou désemparé, avoir pris l’habitude de jouer, donc d’être en contact avec son enfant intérieur, permet de retrouver plus facilement son équilibre émotionnel, explique la thérapeute américaine Margaret Paul (1). Lui seul est capable d’utiliser naturellement ses facultés d’intuition et de spontanéité pour trouver les bonnes solutions lorsque l’adulte est enfermé dans son mental, ses peurs et ses a priori. »

    Non seulement jouer permet d’être plus créatif, plus heureux et plus performant, mais empêche aussi… de vieillir ! Ainsi, « chaque personne vieillit selon l’image qu’elle se crée elle-même du vieillissement, explique le psychologue Guido Verbrugghe (2). C’est ce que l’on appelle une “croyance limitante”.

    Ceux qui restent jeunes sont ceux qui gardent l’aptitude à jouer. Dès que l’on cesse d’avoir du plaisir à jouer, on vieillit…

    1- “Renouez avec votre enfant intérieur”, Le Souffle d’or, 1993.

    2- “Vieillir au-delà des clichés”, Bernet-Danilo, 1998.

  • TOUT VA TRÈS BIEN!

    Cet après-midi, mon mari et nos fils partaient pour quelques jours en destination de la France alors que, retenue par le travail, je restais chez nous. Par facilité, ils utilisaient la voiture «familiale», tandis que je conservais celle du cadet. Bien m’en fut !

    En plein parcours, leur voiture a calé net. Appel fut fait à un service de dépannage, qui a confirmé ce qui était subodoré: moteur cassé. Autrement dit, nous sommes bons pour l’acquisition d’une nouvelle auto, et «mes hommes» seront de retour avant même d’être arrivés!

    Pas très rigolo, tout ça. Et poutrtant, à tout bien considérer est-ce très grave?

    Ennuyeux, tout au plus, dirais-je. En effet: la neige encombrait certaines routes, et par-ci par-là se cachaient vicieusement des plaques de verglas. Le drame eût été que survînt un accident avec blessures graves, ou pire encore, que je préfère ne pas imaginer.

    Personne n’est dans la grosse difficulté. Nous ne sommes pas ruinés. Seulement apauvris par un achat imprévu, qui anticipe celui que nous envisagions pour dans un an ou deux. Mais notre essentiel est indemne

    Voici à quoi sert le rechargement des batteries dans les moments “creux”. Les bonnes : les nôtres!…

  • PAS DE PANIQUE!

    Pas d’affolement ! Je ne suis pas en délire mystique depuis quelques jours… Comme je l’ai dit, certaines périodes m’invitent à un travail plus intérieur. Les découvertes de l’homme ne se réalisent qu’à la recherche de la lumière. En l'occurrence Dieu, pour moi.

    N’étant pas un ange, pas plus qu’un volatile, je ne me suis donc pas envolée. Simplement, je me suis psychiquement absentée. Consciemment et volontairement! Icare n’est pas mon prénom. Le poids de mon humanité assure bien le lest et permet à mes pieds de rester fermement posés au sol. D’ailleurs, au vu de mon activité extérieure inchangée, nul ne pourrait soupçonner ce qui se passe en moi. Sauf si je l’exprime, comme je l’ai fait dernièrement.

    «Chez les anciens, l’expérience personnelle tout entière se laissait investir par le dogme. Tout devient objectif : états, expériences, émotions, efforts subjectifs intérieurs, ne sont là que pour saisir d’une manière plus profonde et plus pleine le contenu objectif de la révélation, pour l’orchestrer» ( Hans Urs von Baltasar)

    Telle un végétal, je m'octroie le droit de petites pauses pour me régénérer. L’offrande de la nature me permet de renouer avec mon humanité profonde, avec non "moi" enfoui. De cette réconciliation, du fond de mon être résonne alors un hymne de louange à la vie. Le terrain se prépare pour une nouvelle floraison. Peu importe que je ne sois qu’une vulgaire fleur des champs, si je jonche la terre de pétales au parfum d’amour.

    Me voici prête à replonger dans du plus “consistant”. Bientôt, vous relirez les petites anecdotes de ma vie courante. Les plus futés les décrypteront à la lumière de ce que j’ai partagé.

  • NOËL! JÉSUS EST NÉ... ET APRÈS?

    Le bébé de la crèche vient nous révéler à nous-mêmes. Sans rien imposer, Il propose et montre. Il m'a fallu beaucoup de Noëls, avant de me sentir interpellée plus profondément. Sous cette nouvelle lumière, je trouve que la vie est vraiment palpitante. Elle en devient une merveilleuse aventure, quoi qu'il arrive. Elle se vit plus qu’elle ne se raconte...

    En mars 2004, j'ai écrit un rexte. En le relisant, je ne puis qu'en confirmer le contenu. Plus encore: les événements ont renforcé ma conviction. Voici ce que j'exprimais...

    La vie s’écrit par notre manière d’être et se dicte par notre témoignage personnel. Autant dire que toute personne y a sa part et qu’il est demandé des choses différentes à chacun, selon un plan qu’il ignore, mais auquel il est nécessaire d’adhérer avec une confiance puisée dans la Foi en Dieu créateur. Ainsi, tous sont appelés, en dépit des diversités les plus contradictoires, dans un projet commun qui aboutit au rassemblement ultime, vers le Père unique. Pour nous y aider Dieu s’est fait homme et, plongé dans notre réalité en la personne de Jésus, nous éclaire, nous précédant sur le chemin qui mène à la rencontre de la divinité qu’Il a inscrite en nous.

    M’arrêter, la durée d’une nouvelle compréhension extraite du tréfonds de mes entrailles, si je lui prépare un passage...

    M’arrêter pour permettre à la Vie de rejoindre ma vie, de l’épouser jusqu’à faire corps avec elle.

    M’arrêter dans une immobilité désireuse d’action, abandonnée au choix de Celui qui sait..

    M’arrêter, prendre le temps de me taire, écouter le silence intime, sentir le Verbe gravir mes lèvres, pour qu’elles s’expriment en son Nom...

    M’arrêter, confier la nudité de mon incarnation au manteau divin, habit céleste qui me protègera des intempéries du dehors...

    M’arrêter, puis enfin repartir offrir au monde le Fruit d’une maternité consentie... Ainsi parée d’ornements spirituels, dons du Très-Haut, je deviens capable de vivre plus en connivence avec Lui ici-bas, témoignant de son message...

    Par l’action du Tout Autre qui me fait autre, je fais l’expérience d’une libération qui me met hors de tous, de moi, et rend possible la présence du "Je suis"...

    Créer le vide dans un espace étriqué par mes propres rétrécissements, pour laisser s’installer la Création...

    Merveilleuse révélation de Dieu qui fait que je ne veux plus être, afin qu’Il soit.

    Et la Vérité s’est faite chair...

    Par sa grâce, je deviens son sujet.

    Par Amour, Il s’accorde à ce que je suis.

    La vie, un chemin de rencontres avec Dieu...

    Parcours rythmé par des dialogues...

    Alternance d’enseignement et de mise en pratique...

    Conversations retransmises, exemples à l’appui, pour "qu’ils sachent et se souviennent, eux aussi "...

    Spiritualiser le séculier...

    L’exprimer à tous les temps, à toutes les personnes, à toutes les modes...

    Retour au passé seulement pour mieux se projeter dans le futur, en acceptant l’imparfait tout en donnant le meilleur sens possible au présent...

    Composer avec chaque "maintenant" et me préparer à inlassablement recomposer, afin de rendre la Parole plus vivante...

    Feuille après feuille, avancer dans les saisons de l’Histoire, sous l’inspiration de l’Esprit- Saint et du Père, ceux-là mêmes qui ont permis à Jésus d’être le Fils de l’homme parfait et accompli.

    Dans un dernier effort, escalader l’épaisseur du livre de la vie, et plonger dans l’Eternité de la Vie...

    ****************************************

    Fermer, ouvrir,

    Partir, revenir,

    Expirer, inspirer

    Mort, Vie,

    Naître, re-n’ être,

    Donner, recevoir,

    Terre, Paradis,

    Homme, Dieu,

    Incréé, créé;

    Temporel, Eternel,

    Extériorité, intériorité...

    Ainsi retourne la vie à cet Invisible pour les yeux de chair, mais que, ô combien l’âme sensible pressent !

    Sans rien pouvoir prouver, elle transmet toutefois à celui qu’elle habite une Espérance qui permet déjà la Paix sur terre, en dépit des épreuves de la vie.

    Pas à pas, j’avance vers Lui et l’appelle: "Abba"! Sans cesse, Il répond: "suis-moi. Parle, Seigneur, ta servante t’écoute... .

    le 02 mars 2004.

    JOYEUX NOËL À TOUS, AUJOURD'HUI ET TOUS LES JOURS QUI VIENDRONT!...

  • NOËL EN ACTION

    Depuis quelques semaines, des décorations illuminent nos maisons. Avec beaucoup de créativité, certains réalisent de véritables oeuvres d’art. Dans les villes, des cabanes poussent comme des champignons pour les désormais traditionnels marchés. Sortant leurs articles les plus alléchants, dans les effluves de vin chaud, de cannelle et de marrons chauds, les vendeurs espèrent convaincre une clientèle assez sensible en cette période. Dans notre quartier, on se réunit autour de la crèche.

    Depuis une douzaine d’années, début décembre, les manuels se mettent à l’ouvrage pour la construction, la mise en place des guirlandes, des branchages, l’installation des personnages… Je soupçonne certains de s’improviser bricoleurs, rien que pour le plaisir de se joindre à la joyeuse équipe. De chez nous, on entend résonner les coups de marteaux. Les rires et les exclamations ne sont pas de reste. Ils rappellent la belle saison, lorsque les jardins réclament des soins particuliers, que les portes restent ouvertes, que les barbecues sont en action, que les enfants jouent dehors.

    Venant interrompre la monotonie de la morte saison, la crèche devient un but de réjouissance collective.

    Le goûter devenu" passage obligé" a eu lieu samedi dernier. Après nous être réunis autour de la crèche, nous nous sommes rendus dans le garage de voisins, gracieusement mis à notre disposition et aménagé pour la circonstance. Nous y avons partagé gâteaux et boissons apportés par chacun. Belle occasion pour faire circuler les petites nouvelles (pas les potins!), faire la connaissance avec les nouveaux venus, faire mémoire des disparus ou de ceux qui ont déménagé… Mais aussi voir évoluer les générations. Voir grandir ceux que nous considérions encore enfants, qui nous dépassent en taille, et que nous reconnaissons grâce aux parents!

    Au coeur de la grisaille, notre petite population locale apprécie ces retrouvailles toutes simples et amicales. On ne se se reverra que l’an prochain pour la même occasion, ou on se croisera simplement en voiture, en faisant des emplettes, à l'arrêt d'autobus, pendant que les liens s’entretiendront entre les plus proches. Ce qui est sûr, c'est que la bûche de Noël est un élément de rapprochement et de chaleur dans les relations de notre quartier.

    Le courrier avec nos voeux a été glissé dans les boîtes aux lettres, et je sais qu’ils seront lus sur le ton de nos récents partages… Dans notre microcosme, Noël aura un effet prolongé.

    Si tous les quartiers du monde…

    DU COEUR DE NOS FRAGILITÉS ET DE NOS DIFFÉRENCES PEUT JAILLIR LA VIE...

  • VIRGINITÉ

    Devenir vierge pour être féconde… Cette idée me traverse l‘esprit depuis tout un temps, mais n’est pas facile à exprimer.

    Comme chaque année à pareille époque, les lectures de la Bible m’interpellent. Au-delà de la narration, certains personnages qui y figurent m’amènent à la réflexion. Inmanquablement, je me rapproche d’Élisabeth, la stérile devenue féconde. Progressivement, au cours des année qui passent, ce qui n’était que sensation devient de plus en plus certitude. Bien que je n’aie aucune preuve de la véracité de ce que je pense, si ce n’est le cheminement parcouru grâce aux expériences de la vie, je vais essayer d’expliquer…

    Il est en moi, comme en chacun je présume, un rêve d’amour qui unit.

    M’étant pas mal investie dans le social, j’ai capté que l’amour humain ne me suffisait plus. Il produit des fleurs, mais elles fânent, et des fruits, mais ils gâtent. S’il n’y a qu’eux, la terre devient un vaste cimetière. Il me fallait plus! D’autant que je voulais transmettre le plus beau possible à ma famille, là où personne d’autre que moi ne s’en soucierait. Ma recherche m’a forcée à me “convertir”, c’est –à dire apprendre à connaître Dieu autrement, à l’intégrer réellement dans ma vie active…

    Sur terre, toute rencontre permet de répondre en partie au besoin de "se réaliser", mais jamais en totalité puisque le “complément”, aussi parfait soit-il, est lui aussi à la quête de son unité. À moins qu’en vivant dans les moindres nuances avec une parfaite synchronisation, donc en ne se séparant jamais pour quoi que ce soit, l’équilibre obtenu pour un certain temps est tôt ou tard déstabilisé. Autrement dit, l'harmonie parfaite et définitive est inaccessible ici-bas!

    Jusqu’au bout de ma vie, selon la logique implacable d’une loi naturelle malheureusement occultée par beaucoup aujourd’hui, je serai en quête de mon complément. Ceux que je rencontrerai ne seront jamais pareils au désir irrésistible qui est en moi. Ma dimension humaine m’apporte l’épreuve de la division, et me laisse sur ma soif d’unité parfaite. Ce n’est la faute à personne. Il m’appartient de touver les réponses à mes manques…

    Au cours des années, j’apprends à me détacher de ce qui meurt pour ne conserver qu’une graine précieuse, capable de produire un fruit impérissable. Mon côté sensible est bien sûr écorché, mais cette souffrance est joyeuse, parce que pleinement consentie, libératrice et purificatrice. Il ne s’agit pas de renoncer à l’amour, mais de le transcender en répondant à ma vocation ultime qui est de rejoindre Dieu et de faire “un” avec Lui. La plénitude ne se réalisera que par la rencontre parfaite avec l’Être intérieur présent en moi.

    L’Amour est dans mon âme. Il suscite une espérance plus forte que mes incertitudes et que mes attaches terrestres. Il est la lumière qui brille comme une étoile dans la nuit de mes jours. Il est réponse au “un” que je veux atteindre. Il me permet d’entrevoir à l’horizon la dimension surnaturelle qui m’attend! C’est alors que se fondront mon visible et mon invisible. Ma mission sera terminée car le “un” pour lequel j’ai été créée prendra enfin vie pour l’Éternité…

  • BÉBÉS D'AMOUR...

    Selon mes prévisions d’adolescente, je ne me voyais pas à l’âge adulte avec une toque de cuisinière sur le crâne. Mais les circonstances en ont décidé autrement. L’amour, devrais-je préciser.

    C’est pour éveiller les miens au plaisir de goûter au produit du travail de nos mains, que je me suis lancée dans ce domaine qui ne m’attirait absolument pas. Ensuite, comme le résultat leur a plu, je me suis prise au jeu. De fil en aiguille, pour offrir à plus de gens tout en ne dépassant pas le budget, j’ai pris l’habitude de multiplier les doses. Durant cette période, c’est au tour des cougnous….

    Sous l’effet d’une infime quantité de levain, la pâte pour ces «bébés d’amour» lève sans que personne n’y prête attention. Un rien de levain, modeste commencement…

    « Il en est du Royaume de Dieu comme du levain qui tient dans le creux de la main et que la femme mélange le soir à trois mesures de farine, dont elle fera le pain pour sa famille à l’aube du jour suivant ».

    Comme le levain lève dans le silence, la minuscule graine pousse dans le secret de la terre, de l’humanité, sans que personne ne s’en préoccupe. Pourtant, c’est en vertu de ce qu’ils sont, sans intervention extérieure, que la semence comme le levain, accomplissent leur mission. Le monde est dans ce temps de croissance durant lequel le levain de la Parole doit encore travailler le cœur des hommes dans l’invisible. Le cosmos tout entier s’en trouvera transformé. Tout cela est objet d’espérance.

    Dans l’attente prometteuse de sa levée, il faut demeurer vigilant à ne pas exposer la pâte qui monte aux courants d'air. De même, il faut éviter d’abandonner les plus fragiles dans le vent froid de notre indifférence. Avec douceur, nous pouvons leur proposer des ferments d'amour, afin de leur permetttre de résister aux intempéries de la vie.

    Seigneur, ouvre nos yeux sur le sens profond de notre pèlerinage ici-bas. Donne-nous de prendre généreusement notre part aux douleurs de l’enfantement du monde nouveau!