"À la sainte Catherine, tout bois reprend racine..."
Le proverbe est bien connu et le public y est fidèle en se rendant en masse dans les pépinières.
A la Sainte Catherine, ce n'est pas seulement la fête des filles célibataires mais aussi l'occasion d'entreprendre la saison des plantations dans les jardins et les parcs.
Bonne fête aux Catherine, mais aussi bon travail aux mains vertes!
Crocki
ÉLOGE DE LA PARESSE (extrait)
"La paresse n'a pas toujours bonne réputation. Longtemps péché capital pour les uns, crime contre la société du travail pour les autres, elle demeure encore aujourd'hui une notion suspecte. On la réduit souvent à un état de molle indifférence, voué à la veulerie ou à l'accablement. On se trompe. La paresse peut être joyeuse , contemplative, contestataire. Elle bouscule la logique économique et le temps réglé des loisirs. Par l'inaction et le vide, elle favorise la reconquête de soi. Elle est à la fois un acte de résistance et la voie de la sagesse. D'Épicure à Gaston Lagaffe, petits tableaux de la vie paresseuse...
(Magazine littéraire N° 433, juillet-août 2004)
UN PEU D'HISTOIRE...
Le 15 novembre, on l'oublie souvent, c'est en fait la fête patronymique de Léopold (dans le calendrier liturgique germanique) et d'Albert (dans le calendrier latin). Le roi Baudouin a décidé, en 1951, de ne pas changer cette date. Le roi Albert II en a fait de même.
SAINT NICOLAS À NANCY ...
Les festivités liées à St Nicolas sont grandioses, à Nancy et à St Nicolas de Port. Belle occasion pour passer du temps de manière intéressante, lors du WE des 03 et 04 décembre dans la cité des Ducs et ses environs. Je vous en fais l'éloge en connaissance de cause.
Crocki
DANS LES DICTIONNAIRES COURANTS, LA « VIVENCIA » (MOT ESPAGNOL) EST LA VIE EN TRAIN DE SE VIVRE. LA VIVANCE REPRÉSENTE PLUS QUE LA SIMPLE EXPÉRIENCE D’UN PHÉNOMÈNE ET S’EN DISTINGUE PAR CE QU’ELLE MODIFIE NOS EXPÉRIENCES EN CONTRIBUANT À FAIRE ÉVOLUER NOTRE PERSONNALITÉ. AUTREMENT DIT, CHAQUE MOMENT VÉCU , QU’ON EN SOIT OU NON CONSCIENT, INTERVIENT DANS NOTRE CHEMINEMENT. RIEN N’EST INUTILE. TOUT A UN SENS !
La Pentecôte est appréciée par la plupart des gens, qui l'associent à un "pont" au cours duquel on prévoit des activités, de la détente. Les Chrétiens ne dédaignent pas cet avantage, mais ils ont d'abord une autre interprétation de cette fête...
La Pentecôte est à la fois un achèvement, celui du temps pascal, et un début, la naissance de l'Église. "Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils (les apôtres) se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain (...). Ils furent tous emplis de l'Esprit-Saint et se miernt à parler d'autres langues" (... ) (Ac Ap2:1-13)
Icône de la Pentecôte du monastère de Stavronikita, au Mont Athos, en Grèce. Cette icône date duXVIIe s.
Si l’Esprit de Pentecôte s’exprime par le miracle des langues, c'est en réponse au drame de Babel, dont l'histoire a été faussée par la confusion des langues, suite au refus de communiquer avec l’autre. Les hommes ont cherché à se relier à Dieu par un projet unitaire qui était en réalité un système de pensée unique excluant ceux qui n'étaient pas semblables. Dieu est jaloux de son pouvoir, et refuse cete attitude d'orgueil. Il a demandé la construction de ponts entre les hommes sur la terre, pas vers le Ciel. C'est lui qui envoie son Esprit du Ciel pour nous unir à lui par son Amour, langage simple, mais pas simpliste, loin de là.
Jésus a promis de ne pas nous laisser seuls. Il reviendra! Mais Dieu ne se révèle pas avant que nous ayons d’abord eu l’expérience du Christ ressuscité, après avoir traversé les jours de la Passion. Cinquante jours de Dieu ne se mesurent pas à la manière humaine. Ce temps ne dépend pas de la volonté divine, mais de notre lenteur à nous rendre capables de recevoir l'Esprit-Saint et à entrer dans la dynamique de l'histoire du salut. Bref, les semaines comprises entre Pâques et Pentecôte offrent un temps pour mûrir spirituellement. Elles préparent à accueillir le retour du Christ. Mais nous ignorons la durée réelle de l'attente.
Une voie nouvelle s’est ouverte devant les disciples. Mais ils s’y étaient préparés! Comme eux, nous ne pouvons pas entrer dans la Pentecôte à l’improviste. Celui qui surprend, c'est l'Esprit-Saint. Ce qui me frappe, c'est la soudaineté, la brusquerie, la radicalité, de sa manifestation. D'un coup de vent, il vient faire exploser les cloisons des tours de Babel modernes que nous fabriquons. Il force les verrous de nos peurs, ouvre larges les portes et fenêtres de nos prisons intérieures, que nous appelons "tours d'ivoire". Nous sommes "condamnés" à sortir hors les murs pour la rencontre avec "l'autre", et entrer en dialogue avec lui!
Nous ne pouvons plus nous satisfaire d’une foi au rabais, d’un ersatz de doctrine, d’une religion où l’homme détrône Dieu pour se glorifier lui-même. Dieu n'appartient à personne, ni à aucune organisation. C'est nous qui lui appartenons. C'est lui qui nous choisit, en sondant notre coeur, et en nous envoyant de par le monde.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière.(Jn 16, 13)
Devant l'évidence de notre impuissance, nous nous interrogeons sur la manière de témoigner de notre foi au cœur de l'humanité. Heureusement, tout ne dépend pas de nous! Pour laisser Dieu être Dieu au cœur de notre vie et de celle du monde, il suffit de nous laisser "pousser" par l’Esprit comme Jésus aux jours de sa vie terrestre.
Par sa pésence libératrice, l'Esprit-Saint transforme la confusion des langues en Communion des coeurs. C'est lui qui rétablit le pont de l'authentique liaison entre la Terre et le Ciel...
Pendant l'invasion de la Russie, Napoléon et ses troupes combattaient dans une petite ville isolée par l'interminable hiver de la plaine de Russie. Se retrouvant accidentellement séparé de ses soldats, Napoléon fut reconnu par un groupe de soldats cosaques qui se précipitèrent pour le faire prisonnier. Courant, à bout de souffle, Napoléon entra dans la boutique d'un marchand de fourrures en suppliant : "Sauvez-moi, sauvez-moi, où puis-je me cacher?"
"Vite", dit le marchand, "venez sous ce tas de fourrures dans le coin ». Et il recouvrit Napoléon de plusieurs épaisseurs de peaux."
Les soldats russes firent irruption dans le magasin en exigeant : "Remettez-le nous, nous l'avons vu entrer ici". Le marchand eut beau protester, son magasin fut pillé, des soldats enfoncèrent leurs épées dans le tas de fourrures. Ne trouvant Napoléon nulle part, ils abandonnèrent leurs fouilles.
Après quelque temps Napoléon osa s'extirper de dessous les fourrures, juste au moment où ses gardes arrivaient. S'adressant à Napoléon le marchand demanda avec beaucoup de révérence comment il s'était senti sous les fourrures, sachant qu'à tout moment il pouvait être trouvé ou transpercé. Napoléon prit son air hautain et indigné et dit : "Comment pouvez-vous me poser une telle question, à moi, l'empereur! Gardes, emparez-vous de cet homme, sortez-le dehors pour l'exécuter, je donnerai moi-même le commandement ". Le pauvre marchand fut traîné à l'extérieur pieds et mains liés, on l'adossa au mur et un soldat lui mit un bandeau sur les yeux. Il ne voyait rien mais il entendait le mouvement des soldats, le bruit des fusils qu'on prépare. Le vent dérangeait ses vêtements et glaçait son corps. Ses jambes tremblaient de façon incontrôlable. Il entendit Napoléon crier : "Prêts ... en joue". À ce moment, conscient qu'il n'en avait plus que pour quelques secondes, il fut envahi d'une sensation jusque-là inconnue et les larmes coulaient de ses yeux, intarissables.
Le silence se prolongeait ... le marchand entendit des pas qui s'approchaient, quelqu'un retira le bandeau. Ouvrant les yeux il rencontra ceux de Napoléon qui lui dit doucement : "Maintenant vous savez". (Steve Andrea).
Faire une expérience de rencontre du Christ ressuscité c'est Ce fut le cas de Paul quand il fut renversé par l'éclatante lumière du Christ ressuscité qu'il rencontra sur le chemin de Damas.
Dieu entre parfois ainsi dans ma vie. C'est en vivant des expériences jusqu'à la limite du supportable que j'ai pris conscience de la présence du Christ ressuscité, avec qui j'avais une rencontre personnelle. C'est lui qui fait tomber le bandeau de mes peurs, me relève, et transfigure mon coeur.
Qui ne s’est jamais demandé, même s’il se sent très "bien dans ses baskets", ce que serait sa vie, si …? ...
...Si on avait fait d’autres rencontres, si on ne s’était pas laissé influencer par ses parents dans le choix de ses études, si on avait mis un peu plus de conviction et d’énergie à la réalisation de ses rêves, si on s’extirpait du moule dans lequel on est entré, si c'était encore comme avant…
La sacro-sainte liberté nous attire tous, et pourtant, je suis frappée de voir combien de personnes s'enfoncent délibérément dans des contraintes. Elles aspirent à une existence plus libre tout en s'enfermant de plus en plus dans les obligations qui entravent leur disponibilité et, dans le même temps, se lamentent de ne pas pouvoir se distraire, flâner, voyager...
Certaines représentations répondent à un stéréotype d'attitudes acquises et immuables, inspirées par du déjà vu, entendu, vécu, qui justifient que tout doit se répéter. Nombreux sont ceux qui fonctionnent dans une sorte de dictature morale déterminée par un passé qui leur interdit de se faire plaisir. Comme s'ils étaient "possédés" par une "mémoire pathologique" à pouvoir conserver, à tout mémoriser, et à lester le temps présent de ce qui n’est plus.
Il est impossible d’ignorer les faits d'hier, et encore moins de les effacer, je suis bien d'accord. Pourtant, s'ils sont indéniables, le regard sur eux ne devrait plus être le même. C’est lui qui crée aujourd'hui les représentations du passé.
"Avant", "après", "actuellement"... Il n'y a que le présent qui soit réel. Et encore: tel qu’il est perçu! Il est le passage obligé du passé vers l’avenir. On peut faire le poirier, mettre la charrue avant les boeufs, tout inverser, sauf le temps, quand bien même on évoluerait à contre-temps!
"Le voyageur revient à son point de départ, mais il a vieilli entre-temps ! ( Jankélévitch- L’irréversible et la nostalgie).
Il ne s'agit pas forcément d'être "Carpe Diem", profitant du moment présent en faisant n’importe quoi ! Vivre au présent, cela signifie pour moi me rendre disponible pour la rencontre avec Celui qui donne un sens à ma vie, mettre tous mes fardeaux (aussi bien ceux qui sont liés au passé que ceux qui sont liés au futur) au pied de la Croix et m'en remettre à chaque instant à la volonté de Dieu...
Un certain oubli, loin d’être une défaillance mémorielle, me paraît comme la condition d’une véritable mémoire, travaillée, habitée, pensée.
L'intérêt de "faire mémoire de..." est la transmission non pas d’un "tout fini" qui me rattache au passé, aliène mon aujourd'hui et compromet les lendemains, mais d’une dette qui m'engage dans l’a-venir, vers l'"in-fini".
Comme tout le monde, il m'arrive de ne pas apprécier mon actualité, et d'avoir besoin de me réfugier dans un espace respirable de rêve conscient, pour décider posément comment réagir. Là, je convoque le passé et le futur, et je dépose "ce qui est", qui va affronter "ce qui pourrait être". Là, j'offre à la "vraie vie" un lieu où se loger pour se rhabiller d'espérance, le temps d'ordonner chagrins, désirs, nosatlgie, réalités, et de redémarrer sur les rails de maintenant.
"Entre le passé où sont nos souvenirs et l'avenir où sont nos espérances, il y a le présent où sont nos devoirs." Saint Exupéry
Vivre dans le présent demande le courage d'accepter la "réalité rugueuse" à vivre là où l'on est présentement, et le "dur devoir" de se donner le moyen d'être heureux...
Partir est avant tout sortir de soi. Briser la croûte d’égoïsme qui essaie de nous emprisonner dans notre propre "moi".
Partir, c’est cesser de tourner autour de soi-même, comme si on était le centre du monde et de la vie. Partir, c’est ne pas se laisser enfermer dans le cercle des problèmes du petit monde auquel nous appartenons : quelle que soit son importance, l’humanité est plus grande et c’est elle que nous devons servir. Partir ce n’est pas dévorer des kilomètres, traverser des mers, ou atteindre des vitesses supersoniques. C’est avant tout s’ouvrir aux autres, les découvrir, aller à leur rencontre.
S’ouvrir aux idées, y compris à celles qui sont contraires aux nôtres, c’est avoir le souffle d’un bon marcheur. Heureux qui comprend et vit cette pensée : "Si tu n’es pas d’accord avec moi, tu m’enrichis".
Il est possible de cheminer seul. Mais le bon voyageur sait que le grand voyage est celui de la vie, et qu’il suppose des compagnons.
Le compagnon, c’est celui qui mange le même pain. Heureux qui se sent éternellement en voyage et qui voit dans tout prochain un compagnon désiré...
Le bon voyageur se préoccupe de ses compagnons découragés. Il devine le moment où ils en viennent à désespérer. Il les prend surtout avec amour, il leur fait reprendre courage et retrouver goût au voyage.
Avancer pour avancer, ce n’est pas voyager. Voyager, c’est aller à la recherche d’un but ; c’est prévoir une arrivée, un débarquement.
Mais il y a voyage et voyage. Pour les vrais voyageurs, partir signifie se mettre en mou-vement, et aider beaucoup d’autres à se mettre en mou-vement, pour construire un monde juste et plus humain.
Vendredi dernier, je suis allée voir "Soeur Sourire" avec une amie...
L'histoire tragique de Jeannine Deckers (1933-1985) est adaptée au cinéma par Stijn Coninx. Comme il l'a fait précédemment avec Daens, il évoque les autorités religieuses de manière assez caricaturale, prenant beaucup de liberté avec la vérité historique. Certes, la rigueur était bien présente à cette époque dans les couvents, comme elle l'était aussi dans les institutions laïques, n'en déplaise aux détracteurs de l'Église.
Jeannine entre chez les Dominicaines de Franchimont à Waterloo en 1959, où elle devient soeur Luc-Gabriel. Elle espère y trouver l'amour qu'elle recherche, tout en évitant celui vers lequel elle se sent confusémant attirée, et aussi pour échapper à l'autorité maternelle. Mais elle y trouve à nouveau un enfermement, une privation de ses envies de liberté qu'elle va réussir à briser par la musique.
Continuant à gratter la guitare amenée au couvent, elle compose des chansons. Entre autres DOMINIQUE, que sa hiérarchie consent à faire éditer, sous la condition que ni son nom, ni son image n'apparaissent sur les pochettes, ce qui lui vaut le pseudo de soeur Sourire.
En 1963, la chanson Dominique obtient un tel succès mondial (2millions d'albums vendus!) qu'elle dépasse les tubes des Beatles et d'Elvis.
Révolution sociale, révolution intérieure, elle quitte le couvent et s'installe avec Anne, son ancienne amie avec laquelle elle a conservé le contact. Amour tourmenté, retournement de situation dans la chanson, échec dans un projet d'institution pour enfants, et le fisc qui la rattrape! Rien ne va plus pour Jeannine! Abandonnée de tous, sauf par sa compagne, c'est la pente douce vers la descente aux enfers! Elle sombre dans l'alcool, se drogue aux médicaments, et finit par se suicider avec Anne en 1985.
« Dominique-nique-nique s'en allait tout simplement, Routier pauvre et chantant. En tous chemins, en tous lieux, il ne parl'que du Bon Dieu, Il ne parl'que du Bon Dieu. »
Les paradis artificiels ne lui ont pas réussi. Pauvre, dés-en-chantant, elle n'a pas trouvé d'autre chemin que la mort, s'en allant rejoindre le Bon Dieu au Paradis auquel elle ne croyait plus sur terre. Tout simplement!
Le film se termine sur l'image de volets qui se baissent. Ils évoquent pour moi des paupières qui se ferment à jamais sur des réalités devenues insupportables à regarder en face, sur une vie gâchée, sur un idéal qui n'a pas pu se stabiliser, sur les yeux las de celle qui a tant pleuré et restera toujours Soeur Sourire dans ma mémoire. Une femme touchante, fragile, pleine de doutes et d'enthousiasme, en quête de l'amour, la quête universelle par laquelle nous sommes tous semblables...
Dans ce film franco-belge que j'ai apprécié dans l'ensemble, tout en mettant des réserves sur certains détails ou en notant des manques, c'est la pétillante Cécile de France qui interprète remarquablement le rôle de cette femme pas banale. Il paraît que, très engagée sur ce long-métrage, l'actrice a également participé à l'écriture. -> ICI.
Les scènes se passent dans le décor des années sixsties, avec un souci du détail qui répercute la résonnance d'une époque: l’esthétique des voitures, les coiffures, les costumes et même la typographie. J'y ai retrouvé l’atmosphère de ces années-là: le désir d’une jeunesse qui aspire à la liberté et qui veut faire sauter les verrous d’une société rigide et conservatrice. Une jeunesse qui dose difficilement ses ardeurs et reste parfois déboussolée toute sa vie. Mais ça, c'est une autre histoire...
Dimanche, mon mari était aux 400 coups à l'idée de me suivre...
Faire cavalière seule n'est pas forcément ma préférence, et il me semble indispensable que nous partagions un minimum d'activités. Je lui avais donc demandé d'accepter l'invitation de Serge (L'optimiste) et son épouse, à qui je promettais de rendre visite depuis un an.
L'appréhension de Guy n'était surtout pas dirigée envers les personnes que nous allions retrouver, mais suscitée par un a priori négatif pour une ville qu'il avait vue, entrevue devrais-je dire, en... 1981, époque où une de mes soeurs y était étudiante à l'IHECS (où Ephrem a été son prof et directeur)!
Quelle est cette "maudite"? Si je dis "quatre sans coups", vous devinez? Si j'ajoute "les cinq clochers" (dont quatre sans cloches), tout le monde trouve. Tournai, évidemment!
Nous avons été très touchés par l'accueil spontané et chaleureux de nos hôtes, que j'avais déjà eu l'occasion de rencontrer. Mais Serge ne se limite pas à l'optimisme! En amoureux de sa cité natale, ceci n'est plus un secret pour les lecteurs de son blog, il s'est révélé être un guide passionnant. Tellement irrésistible, que je suis rentrée à la maison en compagnie d'un époux ravi, sous l'action d'un coup... de foudre cette fois, prêt à louer les beautés de celle qu'il assassinait verbalement jusqu'à ce 24 mai, date à marquer d'une croix dans le calendrier.
Nos fils ne seront pas très surpris par ce revirement. Ils avaient prédit à leur papa que, selon son habitude, il râlait avant de partir, et reviendrait enchanté.
Dans un mesage envoyé hier matin, Serge exprimait :"(...) Comme dans tout bon menu, considérons que cette visite fut une mise en bouche que Guy semble avoir appréciée (...)".
En bref, voici ce que nous avons vu, (pour les détails je vous renvoie directement au blog de l'Optimiste): Après avoir assisté à la messe de 10h à la Cathédrale Notre-Dame, nous en avons fait la visite. Classée dans le patrimoine mondial de l'UNESCO, elle est en pleine restauration, et un détour par le site en vaut la peine -> ICI
Le temps passe vite, et c'était déjà l'heure du dîner. Serge et Ch. nous ont emmenés pour une pause ourmande dans un lieu typique, une ancienne brasserie réaménagée et tenue par des jeunes, de qui nous avons apprécié les talents culinaires.
Après un bon repas, rien de tel qu'une promenade digestive. Je cite notre parcours dans le désordre: la Grand place; le Beffroy; la Halle aux draps; l'église St Quentin; l'église St jacques; l'Hôtel de ville; le fort "dit rouge"; l'ancien béguinage; non loin de l'église St Brice, l'habitation sous laquelle fut découverte la tombe de Childeric, père de Clovis; les anciens bâtiments Casterman; puis la maison natale et l'école primaire de notre guide. Et j'en passe...
En fin de parcours, nous sommes allés saluer Martine, celle du dessinateur Marlier, qui a enchanté et enchante encore, de nombreux petits lecteurs.
Avec son art de rapporter la petite histoire dans l'Histoire, Serge est parvenu à éveiller la curiosité de mon "chou". Je gage que la prochaine fois, il ne se fera plus prier pour m'accompagner dans une des plus vieilles villes belges, le berceau de la France, se plaisent à clamer les Tournaisiens.
Merci pour tout, Serge et Ch, et à bientôt! La prochaine rencontre, ce sera à notre tour de vous faire parcourir les abords de Namur et quelques lieux paradisiaques de notre belle vallée mosane...
En plus d'un concert dans le cadre de l'inauguration du nouvel orgue, le Séminaire de Namur organise une vente de livres d'occasion le dimanche 31 mai...
Bibliothèque du Séminaire et Studium Notre-Dame
Grande Brocante - Foire aux livres d’occasion Dimanche 31 mai 2009 de 14h à 19h00 Entrée libre : des milliers d’ouvrages à des prix dérisoires
Rue du Séminaire, 11b B-5000 Namur Tél. : 081 25 64 72 Mail : bibliotheque (at) seminairedenamur.be
Vous ne serez pas déçus en venant y jeter un oeil, mais aussi tendre une oreille à lécoute de :
Rudi JACQUES, organiste et facteur d'orgues
Radovan HASIK, séminariste, licencié en musique sacrée et orgue (Vienne)
Entrée libre (sans réservation)
Il est intéressant de savoir que le nouvel instrument est un modèle unique d'orgue baroque dans le grand Namur, où ses prédécesseurs ont été réaménagés pour une musique plus contemporaine entre la fin du IXX ème siécle et 1960.
De l'Évangile d'hier (Jn 16,23-28), je retiens surtout : "Demandez, et vous recevrez : ainsi vous serez comblés de joie" et dans celui de ce dimanche (Mc 16, 15-20) :"Que tous soient un".
Je fais le lien avec cette prière de Saint François, qui me plaît beaucoup...
Ce jeudi 21 mai a été doublement un jour de fête à la maison...
Avec l'Ascension, mais aussi les 40 ans d'un ami, à qui nous réservions une journée un peu spéciale.
Suite à quelques empêchements, nous n'étions que 12, et une amie qui est venue nous rejoindre en début de soirée. La juste dose pour le héros du jour, qui n'aime pas les grands comités.
La formule "maison" nous a bien réussi, puisqu'il a fait beau. Les enfants (22 mois et 5 ans) ont pu gambader à loisir, et nous avons pris l'apéro dehors...
Comme entrée, j'avais préparé un plat printanier: une terrine de chou-fleur et de brocolis qui a éré appréciée par tous.
Le plat principal se composait de croquettes -maison, accompagnées de poulet aux poires et au boursin. Sans oublier la mayonnaise (maison également), que mes fils, comme tout belge qui se respecte, associent obligatoirement à toutes les formes de pommes-de-terre frites.
Le dessert, un gâteau glacé commandé chez "Le glacier de Namur", était non seulement superbe, mais excellent!
C'est le moment choisi pour offrir les cadeaux. Avant le "pour du vrai", il y a ceux "pour du rire", tournant gentiment en dérision de petites choses vécues.
...de fil en aiguille, ça en devient parfois réponse du berger à la bergère
La décoration varie selon le thème du jour. Jeudi, un petit bonhomme tônait sur la table, entouré de bougies-cailloux. Mignon, sans aucun doute, mais néanmoins étrange pour un adulte de cet âge!
Pas vraiment, si j'explique la symbolique qui m'a inspirée. Le personnage sympa représentait le Petit Poucet qui sème sur sa route, parfois jusque tard dans la vie. Les cailloux étaient associés à trace, semis, fil, sentier, chemin, pas, trajet...
Nous sommes tous des chercheurs à des réponses aux questions qui se posent à nous durant toute l'existence. La re-naissance qui nous est promise prend des chemins de traverse et semble sans cesse vouloir se dérober à nous, ce qui explique qu'il y a pour chacun une sorte de nécessité de se perdre régulièrement. Mais la peur de l'inconnu met l'accent sur l'image du caillou. Il y a autant de petits cailloux disséminés dans notre vie que d'événements charnières qui nous placent à des croisements de routes.
Le marcheur répète son geste de semer derrière lui de multiples fois, pour retrouver le chemin de "la maison". Parfois, il ne lui reste que des miettes de pain à jeter. Elles disparaissent ou durcissent, devenant dures comme pierre. Et après?...
Que souhaiter à celui qui souffle ses 40 bougies? De trouver la direction à suivre, et ne jamais se décourager quand il tourne en rond, se perd, s'interroge sans percer le mystère de la vie.
Que lui dire? Que, en lissant ses petits cailloux entre ses mains, plutôt que de les abandonner sur la route, ils finiront par ressembler à des oeufs, là où est le germe de la vie.
Pour terminer, à l'intention de P., qui aime parler italien: "Che cosa cerco andano, in tondo e encora, in tondo"...
Voici ce que raconte une vieille histoire du Moyen Âge :
Quand Jésus croise l’archange Gabriel… Le jour de l’Ascension, Jésus s’élève donc devant ses Apôtres et disparaît à leurs regards mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que ce jour-là, Jésus croise l’archange Gabriel qui lui dit : « Ah ! quelle joie de te voir ! Mais qu’est-ce qui se passe sur la terre ? C’est un peu bizarre, tout est noir, tout est dans la nuit, je vois juste quelques petites lumières là-bas. »
Jésus lui explique alors : « C’est la nuit sur la terre : c’est vrai. Mais compte bien les petites lumières : il y en a douze : c’est Marie, ma mère, et mes Apôtres, qui sont en train de prier au Cénacle. Et mon plan, une fois retourné chez mon Père, est d’envoyer de là-haut l’Esprit-Saint. Alors, une fois que j’aurai envoyé l’Esprit Saint, tu verras : toute la terre va être embrasée. Les petites flammes qui sont là dans cette petite maison vont se répandre partout, et toute la terre ne sera qu’un grand feu. » L’archange Gabriel, parce qu’il nous connaît bien – cela fait déjà quelques années qu’il nous suit –, tire une tête un peu sceptique…Et il demande à Jésus: « Qu’est-ce qui se passera si ton plan ne marche pas? »
Alors Jésus répond : « Je n’ai pas d’autre plan. »
Le Christ n'a qu'un plan pour l'humanité! Il veut son salut, et il est le Rédempteur...
Nous n'avons pas besoin d'attendre le jour de notre mort pour savoir si nous serons sauvés. Le message de Jésus est clair: nous sommes sauvés si nous le reconnaissons comme Sauveur dans notre vie. « Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu » (Eph. 2 :8)...
- Une question à se poser: Qu'est-ce que je fais de ce que je suis?
- L'important est de ne pas se laiser aller à des comportements destructeurs.
- Il faut aller ver soi, continuer à se construire, en se déculpabilisant, en s'acceptant et en vivant de l'amour que l'on a en soi.
- Le péché est à différencier d'une faute morale. Le péché, c'est l'oubli de Dieu, c'est Dieu mis à distance. Par contre, ce qui est péché c'est l'homophobie, contraire à la charité chrétienne.
- Que faut-il mettre au service de l'annonce de l'Évangile?
- Faire une "Gay-Church" ne semble pas la meilleure solution. Mieux vaut vivre des principes universels, qui permettent l'unité à partir des idées communes à toutes personnes confondues.
Je m'exprime maintenant en sortant du contexte de l'émission...
Pendant des années, j'ai cru "connaître" le sujet, me limitant à l'enseignement reçu à l'école d'infirmières. En quelques phrases, un tableau réducteur nous était dépeint: les homosexuels sont des déviants sexuels, vicieux, quasiment associés à des pervers ou des sadiques. On nous les présentait comme étant clairement responsables (coupables!) de leur orientation sexuelle.
L'Église en remettait une couche, encore bien épaisse aujourd'hui: Les rapports sexuels, c'est pour la procréation. Je reconnais que le message ne visait pas une catégorie particulière. Les hétéros étaient concernés, mais avec des restrictions forcément moins radicales que pour les homosexuels.
J'ignorais que dans le même temps, je "cotais" avec un de mes frères, Ma, qui, et je ne l'apprendrai que beaucoup plus tard à ses 40 ans, était homo. Pendant toutes ces années, je le qualifiais de misogyne, de célibataire endurci, sans jamais songer à autre chose. Il est vrai que, en dehors de ma vie de couple, les pratiques sexuelles des gens ne me préoccupent pas, ma relation avec eux étant d'un autre ordre.
C'est à partir de la rencontre avec ceux qui sont devenus nos meilleurs amis, que le voile s'est soulevé pour moi à propos des homosexuels. Faire de la route auprès d'eux m'a ouvert les yeux, mais surtout le coeur. Ce blog a aussi permis de riches partages qui m'ont encouragée à continuer dans ce sens. Bien m'en fut, puisque je suis finalement concernée de très près, par un de mes fils.
Ayant été douloureusement témoin de la lutte menée par ce dernier contre lui-même pour se forcer à être malgré tout hétéro, je suis maintenent sûre que demander à un homosexuel de choisir de devenir hétéro c'est comme demander à un zèbre de perdre ses rayures pour devenir un poney. Je préfère mille fois mon zèbre heureux depuis un an et demi, que le poney malheureux, crispé et rigide qu'il était, à force de lutter contre sa nature!
Comme chrétienne, comment me situer? Croire est une démarche personnelle, quelle que soit la sexualité, et Dieu seul connaît chacune de ses créatures. Je ne trouve pas que le rôle de l'Église soit d'alourdir, de compliquer, l'observance de la Loi d'Amour du Christ, la mettant hors de portée des gens affrontés à des conditions de vie déjà fort complexes. Le message moral ne passera jamais en l'absence d'amour et d'espérance.
Jésus s'insurgeait contre cette façon "d'imposer de lourds fardeaux" aux autres. En parlant des Pharisiens, il disait : "... Ils mettent sur votre dos un joug qu'eux-mêmes ne veulent pas porter" (Mth:23, 2-4), montrant par là que les règles imposées par les religions dépassent celles de Dieu.
En Colossiens 3,11, Paul annonce la nouvelle humanité:" Il n'y a ici ni Grec ni Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni libre; mais Christ est tout et en tous".
Plus que celle du corps, c'est la fécondité de l'âme qui prime pour chacun. L'âme est le lieu qui permet à tous les poètes et les inventeurs de trouver leur inspiration, c'est là que se passe la rencontre pour chacun avec Dieu, et où une relation d'Amour avec lui permet d'engendrer la Vie au monde...
J'avais le sentiment que le billet qui suit, retrouvé dans mes brouillons, avait déjà été publié. Peut-être est-il en effet paru, sous un autre titre que celui-ci. Pas grave si c'est une redite, parce que c'est encore bien de circonstance...
Voici une citation qui me convient parfaitement...
La perfection est la tranquillité dans le désordre.
Tchouang Tseu
Il y a longtemps que j'ai abdiqué devant les exigences, voire le terrorisme, de la perfection! Sachant qu'elle m'est quasi inaccessible, j'ai décidé de me satisfaire de mes imperfections et d'en tirer un profit maximum. Cette formule libératrice mise au service de ce qui m'épanouit devient source de réjouissances que je peux partager avec le plus grand nombre de personnes possible, sans craindre les regards qui se posent sur moi.
La fête, c'est le désordre organisé, celui auquel je consens par amour, parce que je me laisse bousculer par la vie, qui se présente autrement que dans l'ordre théoriquement idéal que j'ai en tête
"Quand il ne se passe rien"? Ce temps, que je refuse à laisser devenir stérile, me sert pour me préparer à accueillir la vie à venir !
Temps mort n'est pas forcément mortel. Une nuance qui fait toute la différence...
Quand des tâches annoncent de beaux partages, ma perception change à leur égard...
En ce début de semaine, ce sont essentiellement des activités ménagères qui figurent à mon programme.
Ce ne sont pas des corvées, car elles anticipent des moments agréables, à partager avec des personnes pour qui je veux que tout soit bien prêt, afin d'être entièrement disponible lorsqu'elles seront chez nous.
Pendant que le fer glisse, non seulement le linge devient beau, pour l'agrément de mes yeux, mais mon esprit travaille. Je m'évade, et me retrouve dans un environnement plaisant, en présence de ceux à qui je dédie en quelque sorte mon travail. Vu sous cet angle, le repassage (c'est pareil pour le reste) devient une attraction véritablement plaisante.
C'est ma manière d'être reliée aux choses, aux êtres, et à Dieu, qui détermine la qualité de tout ce que je vis...
Mathieu rappelle chaque jour sur son blog "Mai, le mois de Marie". À mon tour d'évoquer brièvement cette femme ordinaire, qui est pourtant devenue la mère de Jésus...
Étant donné mon séjour à Ain Karem en avril, lieu de la visitation, dont la fête sera oubliée cette année, puisque le 31 mai sera le jour de la Pentecôte, c'est sous cet angle que j'ai envie de parler de Marie.
Marie est la femme préférée de Dieu, choisie pour réaliser l’œuvre du Salut. Pour cela, il a fallu un "Oui". Sans sa liberté et sa coopération, rien n’aurait été fait. Elle s'est laissée visiter par l'Esprit- Saint, avant de se laisser habiter et d'enfanter…
Le sens du Magnificat, c’est le chemin " Accueillir la Vie". Marie de Nazareth n’a pas refusé de concevoir en son sein Celui qui est l’image et la ressemblance de toute incarnation, bilolgique ou symbolique.
Toute conception d’un être humain est un avenir "pour le meilleur et pour le pire". Chacun est appelé à transmettre la vie, selon sa vocation propre.
Le "Magnificat" est maintenant proclamé et chanté en toutes les langues, partout dans le monde, à travers toutes les générations.
Un "oui" parfait attend le nôtre, humainement imparfait, toujours à parfaire. Un oui fondateur, qui magnifie le Seigneur et est au service de l'Amour. Un oui qui fait exulter d'une telle joie que l'on ne craint plus rien. Un oui qui change le monde et le fait tressaillir.
Mon oui à Dieu a besoin d'être sans cesse renouvelé, dans une fidélité créatrice. Mon Fiat est appelé à devenir Magnificat ...
Le pardon, libérateur de... celui qui pardonne!...
"Pardonne à ton prochain le tort qu'il t'a fait; alors, à ta prière, tes péchés seront remis" (Siracide 28, 2). "Saisi de pitié, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit toute sa dette" (Math 18, 27).
Un ex-détenu d'un camp de concentration nazi rendait visite à un ami qui avait partagé l'épreuve avec lui. - As-tu pardonné aux nazis? - Oui. - Moi, je ne l'ai pas fait. Je suis encore rongé par la haine envers eux. - En ce cas, dit gentiment son ami, ils te détiennent encore dans leur prison.
A. De Mello
( Histoires d'humour et de sagesse, p128)
Au cours du voyage qu'effectue actuellement le Pape en Israël, il lui a été reproché de ne pas demander pardon d'avoir fait partie des Jeunesses hitlériennes. Or, d'après une enquête allemande, citée par l'agence de presse religieuse catholique française i.media, le souverain pontife a adhéré aux Jeunesses hitlériennes, contre sa volonté, en 1941, le jour de son 14e anniversaire. Il a été catalogué "membre obligé" (Zwangs-Hitlerjunge), différent donc des volontaires (Stamm-Hitlerjunge). Et ce n'est que le 2 août 1943 qu'il a été incorporé comme auxiliaire dans la défense antiaérienne. (Sic le point.fr)
Pour le coup, je touve que l'on fait un mauvais procès à Benoît XVI, qui avait 12 ans en 1939! Que comprenait un gamin de cet âge aux affaires politiques, sinon ce qu'on lui enseignait, qu'il entendait, ou qu'il lisait? En outre, il semble que sa famille n’avait aucune sympathie pour le régime nazi, au contraire. Par contre, il ne fait aucun doute que l’armée du III ème Reich ait enrôlé dans les Jeunesse hitlériennes tous les natifs de la période entre 1925 et 1930.
Aujourd'hui, de toute la force de leur petit être, des enfants demandent la paix. J'en ai vu en Israël, comme il y en a partout dans le monde. Qu'est-on prêts à leur offrir? Ou à leur imposer! ...
D'une manière plus large, je me pose des questions...
L'humanité peut-elle continuer de vivre dans ce genre de violence nourrie par les rancunes, les provocations et les vengeances? Le message de Jésus propose une démarche de pardon, qui se fait libération, délivrance et re-création.
Comment pourrions-nous espérer le pardon de Dieu, si nous le refusons à nos frères et sœurs? Celui qui pardonne ne garde pas le poing serré pour taper, mais ouvre des mains généreuses, parce que, au creuset de son coeur, la souffrance et la rancune finissent par être submergées par ll'espérance d'un meilleur avenir.
"Pardonner... c'est l'acte le plus puissant qu'il soit donné aux hommes d'accomplir. L'événement qui aurait pu faire grandir la brutalité dans le monde sert à la croissance de l'amour. Les êtres blessés qui pardonnent transforment leur propre blessure. Ils guérissent - là où ils sont - la plaie qui défigure le visage de l'humanité depuis ses origines: la violence. L'homme qui pardonne ressemble à Jésus. L'homme qui pardonne rend Dieu présent"
( G. Bessière, Dieu si proche).
"Si vous apparteniez au monde, le monde vous aimerait, car vous seriez à lui. Mais vous n'appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous" (Jn; 15, 18-21)
Avant-hier, mes fils et Jé récupéraient chacun, après retouches, le costume prévu pour le mariage de Gi et Va..
Ne cherchez pas. Vous ne trouverez aucun des trois
Gi avait proposé à un ami, qui sera un témoin du mariage, de les accompagner. Il introduit volontiers certaines personnes (dont nous!) dans des démarches du genre, ce qui est une manière plaisante de nous associer dans cette tranche importante de sa vie. Nous n'intervenons d'ailleurs que sur sa demande, de façon à ne pas nous approprier de son histoire. Cette formule permet de ne pas empiéter sur son terrain au-delà de ses besoins. Et puis, orgueil (?), je préfère être invitée que congédiée!
Le fiston m'avait demandé de préparer un souper crêpes, que nous avons partagé en fin de soirée, après le retour des quatre compères. Tant qu'à faire, j'avais invité notre amie Ch, qui fait partie de tous nos coups, à rejoindre notre table. Qu'est-ce que cuire quelques crêpes en plus? Quelqu'un aurait d'ailleurs encore pu s'ajouter, parce qu'il y en a eu de trop.
Ce qui était une simple démarche est devenu un événement joyeux comme je les aime. Je me suis laissée porter par la simplicité, dans le bonheur de prendre ce repas avec mon mari, mes fils, des amis, de rire ensemble, tout en parlant de choses sérieuses (hum!) de la vie!
J'ai le coeur rempli de reconnaissance pour ces instants magiques, pour cet entourage plein d'attentions et de gentillesses vraies...
De mai à juillet, leurs fleurs donnent une couleur jaune aux pelouses et aux pâturages verts...
Les pissenlits sont l’un des signes les plus courants de l’arrivée du printemps, mais maints jardiniers s’en passeraient volontiers. Les adeptes du terrain "nickel", ennemis jurés des pissenlits, se soucient peu de leurs bienfaits et mènent contre eux une guerre impitoyable!
Par contre, la médecine naturelle les recommande en cure de détoxication au printemps. Ils sont aussi une denrée recherchée par les gourmets, qui les consomment en salade, crus ou à l'étuvée. Et enfin, leurs racines sont utilisées pour fabriquer des boissons gazeuses, du vin et la chicorée, un substitut de café!
Sans doute possèdent-ils encore d'autres vertus, que je n'ai pas explorées.
Voici une petite hisoire à l'intention de ceux qui pestent en cultivant leur jardin ou en entretenant leur gazon...
Cet homme était très fier de sa pelouse, aussi, quand les pissenlits l’envahirent il mit tout en oeuvre pour s’en débarrasser, mais en vain. En dernier ressort, il écrivit au Ministère de l’Agriculture, énumérant tout ce qu’il avait essayé, terminant sa lettre par une question : "Que faire ?" Quelque temps plus tard, il reçu une réponse: "Nous vous suggérons d’apprendre à les aimer."
Ce judicieux conseil peut être mis en oeuvre dans notre jardinage quotidien, y compris dans ce qu'apporte la vie.
En aceptant d'ac-cueillir les simples fleurs, (ou les gens!), selon les saisons et en posant sur elles un regard aimant, on découvre toute leur richesse...
Apprendre à exprimer la voix cachée des choses, voilà le chemin et le but de l’art.
Giorgio de Chirico
Les fleurs ont un langage qui parle à mon âme. Elles disent en silence des mots dictés par l'Amour...
Elles font partie des choses qui m'accompagnent tout au long de la vie. Qui vient régulièrement chez nous est habitué d'y voir en permanencce des fleurs dans une cruche posée sur le coffre de notre salon...
Que disent les fleurs? "Quand j'étais enfant, ma chère Aurore, j'étais très tourmentée de ne pouvoir saisir ce que les fleurs se disaient entre elles. Mon professeur de botanique m'assurait qu'elles ne disaient rien ; soit qu'il fût sourd, soit qu'il ne voulût pas me dire la vérité, il jurait qu'elles ne disaient rien du tout. Je savais bien le contraire".
G. Sand
Un même montage a servi samedi et dimanche, dans des circonstances et des lieux différents, pour décorer une table de fête. Ces fleurs sont très significatives pour moi, car au-delà de leur beauté, elles ont été témoins de moments heureux, emplis de complicité, avec des gens qui me sont chers. Sans que je n'en dise davantage, j'espère que leur vue leur rappelle, comme à moi, tout l'amour qu'elles évoquent
Quel est l'essentiel? "À quoi bon les loupes et les microscopes? Les véritables verres grossissants, ce sont les fleurs elles-mêmes. Il nous faut les contempler jusqu'au moment où elles deviennent transparentes, comme des lentilles, et nous verrons alors, derrière elles, au foyer de la gerbe des rayons, une lumière: la splendeur de la semence spirituelle, qui n'a aucune étendue. Telle est la véritable plante originaire. Quand le monde nous semble vaciller sur ses bases, un regard jeté sur une fleur peut rétablir l'ordre".
Ernst Jünger (écho à Ghoëthe)
Démodées, les fleurs?
" Savons-nous ce que serait une humanité qui ne connaîtrait pas la fleur ? Si celle-ci n’existait pas, si elle avait toujours été cachée à nos regards, comme le sont probablement mille spectacles non moins féeriques qui nous environnent mais que nos yeux n’atteignent point, notre caractère, notre morale, notre aptitude à la beauté, au bonheur, seraient-ils bien les mêmes ?
"Maurice Maeterlinck
Le jardin de ce monde ne fleurit que pour un temps!
Le 25 avril dernier, le Séminaire de Namur a fêté l'inauguration de son nouvel orgue.
Une série de 6 concerts est donnée en cet honneur. Une invitation est adressée à tous les amateurs qui voudraient mieux connaître l'instrument. Voici le programme pour samedi prochain, et les dates suivantes:
1er CONCERT D’INAUGURATION
DU NOUVEL ORGUE
dimanche 17 mai 2009
chapelle du Grand Séminaire de Namur 11b rue du séminaire, Namur
15h et 18h José Dorval à l’orgue et Henri Ganty à la flûte à bec dans un répertoire d’oeuvres de : Haendel, Lavigne, Loeillet,Scheidemann, Telemann et Veracini
Le NOUVEL ORGUE du Séminaire a été réalisé par RUDI JACQUES (Hastière)
Buffet d’orgue en bois massif, sculpté et orné à l’ancienne – tuyauterie à l’ancienne, mécanique suspendue – esthétique générale influencée par les instruments de la première moitié du XVIIIème siècle. Orgue à deux claviers et pédalier, 14 jeux.
Prix : 10 euros. Renseignements et réservations : 081.25.64.66 ou 081.22.28.54 ou par e-mail: studium@seminairedenamur.be
Les prochains concerts :
* dimanche 24 mai, à 15h00 et 18h00 Firmin Decerf dans un répertoire d’œuvres de : Scheidemann, Haendel, Buxtehude, Bach, Rinck, et une improvisation en hommage à la construction du nouvel orgue * dimanche 31 mai, à 15h00 et 17h00 audition de l’orgue par Rudi Jacques, facteur d’orgues et Radovan Hasik, séminariste, premier prix d’orgue du conservatoire de Vienne entrée libre (sans réservation)
* dimanche 7 juin, à 15h00 et 18h00 Emmanuel Clacens dans un répertoire d’œuvres de : Valente, Sweelinck, Buxtehude, Bach, Rinck et Gherarsdeschi
* dimanche 14 juin, à 15h00 et 18h00 Jean-Christophe Leclère et l’ensemble ‘Académie Sainte-Cécile’ de Champagne-Ardennes dans un répertoire d’œuvres de Haendel, Stanley, Sammartini et Graun : Londres 1745
Certains métiers semblent plus attrayants pour les femmes que pour les hommes...
Ils ne sont pas inexistants, mais très rares, à être "aide-ménagère" ou "maîtresse d'école maternelle". Il paraît qu'ils s'osent timidement dans la profession de diététicienne, perdent du terrain chez les pharmaciens, en gagnent dans l'informatique, et le conservent entièrement là où il faut "du muscle": chez les menuisiers, les conducteurs de travaux, les bûcherons...
Les statistiques révèlent que les instituteurs perdent définitivement du terrain, et que dès lors, les bambins ont de moins en moins de chance d'avoir un homme pour les instruire. En 1993, on avait 71,8 % d'institutrices. Elles sont 10 % de plus en 2008 (81,3 %).
Égoïstement, cette information me réjouit pour notre fils Gi, qui termine ses études d'instit en juin, et se marie en août. Peut-être aura-t-il une chance supplémentaire de trouver rapidement un emploi? Je croise les doigts...
Il existe dans le monde deux types d’amour : celui qui donne et celui qui prend. Cela s’applique à tous les genres d’amour, mais en ce jour de fête des mères en Belgique, je prends l'exemple de l’amour maternel...
Il est facilement convenu qu'une mère peut souvent s’oublier, se "sacrifier", (expression que j'ai toujours aborrhée, estimant faire des choix et non des sacrifices!) pour ses enfants. Pour autant que la relation qu'elle crée avec eux reste libératrice, afin de bien faire la différence entre le moi et le nous!
Lorsque je n'étais encore que jeune adolescente, je me projetais déjà dans une vie d'épouse et de mère, et adhérais pleinement au texte "Vos enfants" de K. Gibran:
Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à la Vie.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne sont pas à vous.
Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées.
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez héberger leurs corps, mais pas leurs âmes.
Car leurs âmes résident dans la maison de demain que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne cherchez pas à les faire à votre image.
Car la vie ne marche pas à reculons, ni ne s'attarde avec hier.
Vous êtes les arcs desquels vos enfants sont propulsés, tels des flèches vivantes.
L'Archer vise la cible sur le chemin de l'Infini, et Il vous tend de Sa puissance afin que Ses flèches volent vite et loin.
Que la tension que vous donnez par la main de l'Archer vise la joie.
Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime également l'arc qui est stable.
Khalil Gibran, le Prophète
Dépositaire, pas propriéaire!
Avant même de les concevoir dans ma chair, il était clair pour moi que mes enfants, si telle était ma destinée, me seraient juste confiés, placés sous ma responsabilité et celle de leur papa, afin que nous les aidions à grandir, à se développer, à se renforcer, pour qu’ils puissent affronter la vie. Je n'ai jamais pensé que le reste du monde (moi comprise) était appelé à servir La. et Gi. au point de leur aplanir toutes les routes, à écarter tous les obstacles devant eux, à larguer tous les concurrents.
Puis, grâce à ma foi, j'ai vu l’image de Dieu dans mes fils, qui ne leur était pas particulière, mais se reflétait au contraire en tous les hommes. Ce regard m'a rendue plus lucide aux réalités des autres, plus attentive à eux, et mon cœur s’est élargi jusqu’à aimer chacun en Jésus.
Je suis une maman comblée, proche de mes fils, pas indispensable, seulement ressource utile pour eux, ce qui me rend libre pour continuer à "enfanter" dans le monde...
Bonne fête à toutes les personnes qui engendrent l'Amour autour d'elles ...
Dans moins d'un mois, plus précisément les 06 et 07 juin prochain, auront lieu les élections européennes...
L'Union européenne c'est l'affaire de tous !
À la veille des élections au Parlement européen, la Fondation Nicolas Hulot publie un guide d'une vingtaine de pages: « L'Union européenne ça me regarde ! », pour mieux comprendre le rôle de l'Europe sur les questions de l'environnement , exclusivement accessible par internet.
Pourquoi sont-elles importantes, ces fameuses élections européennes, même si on se croit peu concerné par la politique ? Parce que l'Union européenne oriente pour une large part les politiques environnementales de ses Etats membres. Pour exemple, les problématiques liées à l'environnement, qui concernent tout le monde sans exception, dépassent le cadre des frontières et appellent des réponses collectives! Et bien d'autres domaines suivent la même logique.
Ceux qui sont intéressé peuvent télécharger le guide « L'Union européenne ça me regarde ! » en cliquant ici..
Dans Jean 21, 14-25, Jésus interroge Pierre par trois fois, avec la même question à chaque reprise. “M’aimes-tu?” Il radote, ou quoi? Pas vraiment. Il insiste pour entendre une réponse ferme, radicale et exclusive, et s’assurer de sa constance! L'amour du maître pour Simon se veut une relation exceptionnelle, plus forte que celle des autres: « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci (ne m’aiment)? ».
Jésus demande avec exigence à Pierre de confirmer sa foi parce qu’il ne lui réserve pas la plus petite part. Il est intéressant de constater qu'il n’est finalement interpellé que au sujet de l’amour, et pas sur le triple reniement, avant d'être appelé:
“ Suis-moi ” (Jn 21, 19. 22). L'appel de Pierre par Jésus ouvre à l’espérance de soi, malgré soi, parce qu’il annonce clairement que Dieu ne choisit pas forcément des gens hyper-doués, ni parfaits, pour le servir, mais il les rend capables là où il les appelle. Pierre suivra Jésus...
Tout se réduit d’ailleurs à la question de l’amour, dans la vie chrétienne.
Mais pour le comprendre, combien de fois doit-on s’entendre questionner ? Ne nous faut-il pas parfois de l’insistance, avant d’être touché au vif par quelque chose ?
« M’aimes-tu ? » Aujourd’hui encore, Jésus pose cette question à chaque chrétien. Comme pour Pierre, il ne demande pas l’impossible, et accepte nos maladresses, nos questions, nos aveuglements. Il nous demande une seule chose : aimer comme il nous a aimés, d’entendre son appel, d’oser confesser notre foi au milieu de nos frères qui cherchent des raisons de vivre et d’espérer. Ni plus, ni moins, que pour Pierre, Dieu ne se fait aucune illusion à notre sujet, et pourtant, il mise tout sur nous. Il nous entraîne dans le même pari : pas d’illusions sur nos proches ni sur l’humanité, mais miser sur eux, sur la confiance, sur la certitude qu’ils peuvent beaucoup plus que ce qu’ils sont, et que ce pari sur la confiance produit lui-même ce qu’il espère : elle nous fait devenir plus que ce que nous sommes. La confiance de Dieu. La confiance des autres. La confiance que nous offrons aux autres, à celui ou celle que nous aimons, à notre enfant. La confiance que nous offrons à Dieu.
Ne jamais dévisager l’autre, mais toujours l’envisager ! Si nous misons sur Dieu, il est possible de miser sur l’être humain. Malgré tout …
Dimanche, il était demandé de prier pour les vocations en Église. Est-ce à dire pour les religieux et les prêtres seulement? À la messe, le célébrant a au contraire rappelé la palette de misssions différentes auxquelles le chrétien peut se sentir appelé...
Puisque nous sommes dans l'année St Paul, il est intéressant de visiter la jeune Église de Corinthe, fondée par Paul en 50-51, soit 20 ans après Pâques, que l’on connaît par les deux Lettres aux Corinthiens. Elle était composée de quatre ou cinq communautés de base, fragiles, petites, minoritaires, ce qui aurait dû les pousser à se souder très fort. Mais il semble qu'elles aient au contraire été divisées entre elles. Une situation qui ressemble un peu à la nôtre...
Dans 1 Corinthiens, ch 12 ->14, Paul offre aux chrétiens de Corinthe, et à nous encore aujourd'hui, un idéal d’unité, symbolisée par l’image du corps, dont chaque membre est essentiel, bien qu’assumant des fonctions diverses, pour témoigner du Christ.
Il y a de multiples ministères et de nombreux charismes dans l’Église. L’unité est possible dans la diversité et la complémentarité, s'il y a avant tout écoute et partage de la Parole...
Que de fois ne me suis-je pas fait dire, notamment au travail, et surtout dans l'équipe syndicale: "Marie! Tu es idéaliste. Les gens ne sont pas si bien intentionnés que tu ne le crois"...
Tout en gardant les pieds sur terre, mon espérance dans l'homme est telle que je continue à miser sur le meilleur de ce dont il est capable, et à le visualiser comme tel. Il m'est arrivé d'être déçue, blessée, mais jamais découragée au point de regretter mon choix. Et je persiste!
Un article de "magazine santé" a dernièrement retenu mon attention. Par la manière dont le sujet: l'idéalisation, était traité, je me suis sentie "justifiée" de ce que certains nomment ma naïveté, ma candeur, mon grand optimisme, mes illusions. Pour ne pas dire ma douce folie...
En voici un résumé:
"Au total, l'idéalisation est un mécanisme de défense extrêmement répandu et certainement précieux. Il est impossible de le considérer comme une anomalie systématique. Tomber amoureux entraîne par exemple naturellement une idéalisation passagère. Garder un zeste d'idéalisation en tous les domaines permet de voir la vie du bon côté et de se protéger des angoisses. Néanmoins, l'idéalisation peut être pathologique quand elle se transforme en un aveuglement et un refus de voir la réalité, et cela peut parfois aller très loin."
Le jeune couple qui s'est marié en septembre, et duquel j'avais parlé sur ce blog, vient d'être durement éprouvé, suite à un accident de voiture auquel Ge., l'époux, a survécu miraculeusement.
Il a de nombresue fractures, hématomes, un pneumothorax, des déplacements d'organes. Après une semaine de coma, le voici redevenu conscient, et par bonheur, les médecins l'ont déclaré hors de danger. Sa convalescence sera longue, mais c'est secondaire par rapport au pire auquel il a échappé.
En ce moment, une amie traverse une période de grande fatigue liée à de sérieux soucis de santé.
Son dernier SMS, envoyé avant-hier, était révélateur: "Que je suis faible! On verra demain en clinique (...)"
Celui de jeudi était plus laconique: "Où es-tu chère Marie? Je me sens faible et malade (...)". Comme sous-entendu (c'est moi qui interprète!): "Je te contacte sur ton GSM, tu ne réponds pas au tél. Tu es sûrement de sortie, puisque tu es bien. Or, j'ai besoin de toi, car je suis mal! "
Le précédent message remontait à deux jours plus tôt: "Bonjour Marie. Quelle fatigue! Quelle faiblesse! Apprécie ta santé! (...)". C'est celui-là qui m'a le plus marquée, et qui m'a fait réfléchir...
On s'étonne trop de ce qu'on voit rarement et pas assez de ce qu'on voit tous les jours. (Madame de Genlis)
Quand on a mal quelque part, on souffre. C'est une évidence! Ce qui l'est moins, c'est que, quand on n'a mal nulle part et que l'on a donc la chance de ne rien ressentir de douloureux, il est étonnant de voir combien on oublie de se réjouir d'être bien ! Comme les enfants gâtés, on devient capricieux face au bonheur, boudant l'ordinaire, et convoitant l'extra-ordinaire. Ça me paraît injuste et insultant pour la vie!
On ne se débarrasse pas d'un mauvais réflexe en un jour, mais on peut s'y exercer.
En cultivant l'habitude de chercher les moindres petites pousses de bonheur au quotidien, on acquiert petit à petit la capacité à apprécier les choses de la vie sans plus les attendre seulement dans les grands moments.
Le bonheur est l'art de faire un bouquet avec les fleurs qui sont à notre portée. S'en servir ne fait courir que le risque de vouloir continuer. S'il est là aujourd'hui, il sera encore là demain, à travers des choses "courantes", et tous les jours qui suivront. Apprécier l'absence de douleur, l'absence de malheur, c'est réaliser que c'est déjà un petit bonheur en soi, que j'ai beaucoup appris grâce aux patients, souvent les plus mal en point.
Je n'ai pas toutes les chances, ne les aurai jamais, mais qu'est-ce que j'ai du bonheur!
" J'ai de la chance d'être en bonne santé, de pouvoir me déplacer facilement, de disposer de temps libre" , " Mon mari est formidable, nos fils merveilleux, nous avons de vrais amis, et à ma connaissance aucun ennemi", "Nous ne manquons de rien de vital et ne sommes pas en situation de danger"...
Le titre de ce billet donne à penser que je vais vous entraîner au théâtre. Pas du tout! Bien que...
Question de laisser planer un peu de suspens, j'ai omis volontairement un "x"en fermant le rideau.
À la maison, la vie ressemble à une véritable succession de scènes théâtrales. Tragédie (souvent à la sauce comique), comédie, vaudeville, la palette est assez représentative de ce que l'art des planches propose, en échappant heureusement toujours au drame.
Ce WE, fait rarissime, baisser de rideau pour Guy et moi, qui avons joué en duo et en coulisses.
Pour occuper une partie de notre dimanche, nous avons simplement consacré l'espace -temps libre qui nous était accordé à du travail manuel. Pendant que j'ai confectionné, non pas des rideaux, mais des tentures, destinées à la future ex-chambre de Gi, Guy a fixé la barre à laquelle les suspendre.
Normalement, ceci était prévu pour septembre, après le mariage. Suite à des dégâts causés par la pluie en hiver, avant le remplacement de la toiture, les opérations ont dû être devancées. Vidée de tout son contenu (le hall de nuit est un véritable souk!), la pièce a été retapissée, et nous attaquons les finitions avant de la réaménager.
Tiens! Comment ai-je pu oublier de citer l'impro, tout-à-l'heure? Pourtant, s'il y a un genre qui est bien présent, pour ne pas dire omniprésent, sur la scène de notre quotidien, c'est celui-là. C'est la vie, quoi, dans toute son expression ...
Du pasteur Oberlin, puis du pasteur de dimanche dernier, je passe au Bon Pateur, celui de l'évangile de ce jour (Jn, 10, 11-18). Coïncidence? Cette parabole était le sujet de l'homélie, très intéressante, de la semaine dernière, qui induit donc ma réflexion d'aujourd'hui...
Fréquemment, dans l’Ancien Testament, il est dit que Dieu est le berger de son peuple (Gn 49. 24 – Jé 31. 10 – Mich 7. 14...), l'image étant choisie en raison des bergers nomades en marche vers la Terre Promise.
" Le Père m’aime parce que je donne ma vie... (V 17) "
Ce qui différencie un mercenaire d’un pasteur, c’est la relation qu’ils ont avec leurs brebis. Le vrai berger, en effet, "connaît ses brebis, et les brebis le connaissent" (V14). Il s'agit d'une rencontre très personnalisée, dans une réciprocité de connaissance qui est aussi une réciprocité d’amour, analogue à celle qui unit Jésus à son Père. Pour que soit étendue à tous les hommes cette connaissance personnelle, parfaite et intime, il est indispensable que tous les croyants, églises confondues, cherchent à vivre entre eux dans une dimension telle qu'elle devient source de vie.
La parabole du Bon Pasteur préfigure l’Église qui est un peuple rassemblé. L'Église n'est pas d'abord et seulement un attroupement d'hommes qui pensent la même chose et partagent les mêmes idées. Elle est essentiellement la communion d'âmes désireuses de suivre l'enseignement de Jésus, qui nous conduit à la découverte de la vie avec son Père.
L'Église vers laquelle je me sens appelée est celle du Christ, universelle, par-dessus toutes les divisions, formant un seul troupeau de brebis librement rassemblées. Elle est essentiellement le lieu de la Vie reçue du Père et du Fils et de l’Esprit. Comme par trois fois à Pierre, Jésus me demande aussi: "M’aimes-tu ?" Éternelle question, à cause de mes faiblesses et de mes reprises! Incessante, parce que ma réponse doit dépasser une simple déclaration affective, et m'engager dans une unité qui me relie à tous les hommes.
" Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père"...
Dimanche dernier, nous avons participé au culte protestant, plutôt que de nous rendre à une messe...
Il y a longtemps que je me promettais de faire cette démarche. Le fait de se rerouver dans une région majoritairement protestante en a fourni l'occasion.
Mon impression? Vêtu de la robe pastorale et portant le rabat, le pasteur était très accueillant, souriant, simple. On le sentait convaincu par les lectures, convaincant dans son homélie. Pourtant, il m'a manqué la solennité, la gestuelle, le côté sacré, les silences, qui m'aident à m'intérioriser pendant nos messes. Je suis sortie comme en quittant un cours duquel l'enseignement m'a plu, mais avec une sensation de manque, celui d'un partage. Peut-être parce qu'il n'y a pas eu la Sainte Cène?
J'ai assisté à un rite qui m'a informée, mais ne suis pas tentée d'y regoûter dans l'immédiat. Il serait pourtant injuste de conclure après une seule approche. Ceci m'indique plutôt qu'il me reste à rencontrer des Protestants, afin de m'ouvrir à une religion que je connais mal.
En cherchant, je lis que, pour Schleiermacher, "le catholicisme et le protestantisme se séparent essentiellement par la manière dont ils articulent et relient entre eux les grands thèmes de la foi chrétienne".
Il donne l'exemple de l'Église. "Elle joue un rôle important aussi bien dans le protestantisme que dans le catholicisme. Mais les deux confessions situent ce "lieu" à des places différentes. Dans le catholicisme, l'Église fonctionne comme un point de passage obligé entre le Christ et le croyant. Elle assure la présence du Christ. Au contraire, selon le protestantisme, le Christ entre en contact avec le croyant par sa parole et son Esprit. Il établit un lien direct, sans autre intermédiaire. Et le Christ envoie ceux qu'il a touchés dans l'Église. L'Église découle de notre lien avec le Christ. Elle n'est pas la mère de la foi, elle en est la fille. C'est parce que j'ai rencontré dans mon existence le Christ que j'entre dans l'Église".
Quant à moi, c'est parce que j'ai rencontré le Christ dans mon existence que je reste dans l'Église, aussi imparfaite ou décévante soit-elle parfois. Ceci ne me donne pas à penser que le catholicisme soit le rival du protestantisme. Leurs différences ne signifient pas que les uns auraient tort et les autres raison. Ils sont deux pôles de la foi chrétienne. Il n'est pas nécessaire de devenir identiques pour s'aimer et cheminer ensemble vers l'oecuménisme...
L'anniversaire de l'ami que nous avons fêté le WE dernier s'est déroulé au lieu dit "le Ban de la Roche", situé dans la vallée de la Bruche (Bas-Rhin), endroit de prédilection de notre jubilaire...
Non, vous ne recevrez pas une part de dessert gros gourmands! Il était tellement extra que nous n'en avons fait qu'une bouchée. Mais vous pouvez le manger des yeux. Sans l'abîmer
Si vous êtes de passage dans cette contrée, je vous conseille de faire un détour jusqu'au musée Oberlin. Pour plus de détails, cliquer sur la photo:
À la charnière du 18 ème et 19 ème siècles, le célèbre pasteur Oberlin eut une importante action sociale et pédagogique dans cette vallée, très intéressante à redécouvrir ou à découvrir.
Très sensible au surnaturel, et prompt à voir l'intervention divine, il encourageait les villageois à raconter leurs légendes.
Voilà comment il commente un épisode dans lequel les autochtones retrouvent miraculeusement deux enfants perdus dans la neige depuis plusieurs jours alors qu’un voyageur perdu et son cheval ont été retrouvés gelés (extrait du journal de Sara Banzet) :
« Papa Oberlin a réuni les villageois de Waldersbach à l’église, et y rendre grâces tous ensemble. Il a rappelé le sort de l’homme gelé, de son cheval, et dit que, dans l’invisible, des choses ont lieu, qui ne nous sont pas données à comprendre, mais que, peut- être pour le compte des vies, cet homme et son cheval sont morts gelés, afin que nos enfants nous soient rendus... »
« Le tragique de l’existence, dit-il, rappelle qu’il faut célébrer les occasions de jubiler et de faire jubiler. Offrir la joie là où s’imposent d’aventure la pitié et la tristesse. S’appuyer sur les mille petites joies de notre condition. Le métier d’homme, sujet grave, austère parfois, réclame donc un engagement constant, une légèreté qui veut jeter un regard neuf sur le monde. La plus perdue de toutes les journées est celle où l’on n’a pas ri. Le rire devient ici, avec la joie, l’arme que l’on oppose au découragement. A la différence de la moquerie, le rire rassemble, réunit, rend plus fort. Ultime audace, le rire brise la routine et met à distance l’épreuve. Rire et combattre sauvaient nos vies. Et si les deux allaient de pair, s’ils ne pouvaient se passer l’un de l’autre ? »
L'IMPATIENCE DE DIEU
Le désert met l’âme nue devant Dieu et manifeste la fragilité de ce qui est humain et la grandeur de Celui qui a fait le ciel et la terre. Il n’est plus question de parures et de têtes. L’homme s’y montre tel qu’il est, et les conventions tombent d’elles-mêmes. Les conformismes y sont impensables. Nul ne peut y jouer un personnage comme dans les grandes villes. Le vrai visage de l’homme apparaît durci par la lumière brutale, tanné par le vent. Il n’y a plus qu’à marcher d’étape en étape, sans regarder en arrière… et en direction de la Terre promise. C’est par amour pour l’homme que Dieu le conduit dans le désert – lieu de l’épreuve – afin de le " décaper " de ses encombrements et de ses mesquineries.
(L. de St Joseph)