VIVANCE

  • ON VERRA...

    Dans les brouillons de Vivance sommeillent des notes, des billets presque prêts à être édités. Mais actuellement, l'envie me manque d'aller plus loin...

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    Pourtant, je continue à observer la vie, à m'intéresser, à m'interroger, à chercher des nuances, à m'étonner, à m'émerveiller, à m'amuser, à frémir, à redouter, à espérer, à organiser, à participer... 

    Le blog reste ouvert et peut reprendre du service à tout moment.

    On verra... 

    C'est dans cette dimension que je vis de plus en plus. Toujours aussi active, mais autrement: dans l'accueil de ce qui se présente et devient souvent plus prioritaire que mes priorités. Et ce n'est pas mon petit Parkinson "tremblant" qui m'en empêche, Dieu merci! Ce sera ainsi aussi longtemps que mes facultés le permettront.

    Le train-train qu'adoptent certains retraités me terrorise! Il me rendrait frileuse par rapport à ce que la vie me demande. 

    Curieusement, j'ai le sentiment que cet abandon aux circonstances me prépare à accepter ce qui suivra, quand bien même je deviendrais dépendante des autres. Inutile de m'inquiéter! 

    On verra...

  • MORT, OÙ EST TA VICTOIRE ?

     

    Pâques, une espérance pour tous (extrait de texte).

    Par Enzo Bianchi.

     

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    (...) Ô mort, où est ta victoire ? Ô mort, tu n'es plus

    le dernier mot pour les hommes, mais tu es devenue un passage, l'heure de

    l'exode de la vie terrestre à la vie éternelle, de ce monde au

    règne de Dieu... Voilà ce qui devrait être le chant du

    chrétien en ce jour de Pâques, la fête des fêtes.

    Parce que Christ est ressuscité, prémices de nous tous. Parce que

    la vie règne définitivement et qu'en toute créature a

    commencé un processus secret mais réel de rédemption, de

    transfiguration.

    La mort est une dominante qui pèse sur tous les hommes, une

    véritable puissance efficace : non seulement parce qu'elle inspire la

    peur et l'angoisse, contredisant la vie des hommes, mais aussi parce que,

    à cause d'elle, les hommes deviennent mauvais, et pèchent. Le

    péché est toujours égoïsme, qui contredit la

    communion avec les hommes et avec Dieu. Et c'est précisément la

    présence de la mort qui déchaîne ce besoin de « se

    » sauver, voire de vivre sans les autres ou contre les autres. La mort

    n'est pas seulement « le salaire du péché » (Rm 6,

    23) ; elle est aussi instigation au péché... Si les hommes sont

    poussés à pécher, c'est à cause de l'angoisse de la

    mort, de cette peur qui rend les hommes esclaves pour leur vie tout

    entière (cf. Hé 2, 14-15). En raison de l'angoisse et de la peur,

    le désir de vie des hommes devient haine, méconnaissance de

    l'autre, concurrence, rivalité, violence. L'angoisse peut tout

    défigurer, même l'amour. La mort apparaît ainsi active et

    présente, non seulement au moment où la vie physique du corps

    humain s'éteint, mais aussi auparavant : elle est une puissance qui

    réalise des incursions dans la sphère de l'existence et porte

    atteinte à la plénitude des relations et de la vie. Telle est la

    mort contre laquelle Jésus a lutté jusqu'à remporter la

    victoire (...).

     

    « On ne meurt pas chacun pour soi, 

    mais les uns pour les autres, 

    ou même les uns à la place des autres,

    qui sait ? »

     Georges Bernanos,

    Dialogue des carmélites

     ************************************

     

  • LA GRANDE SEMAINE

    Nous allons entrer dans la Semaine Sainte, dite aussi la grande Semaine...

    Manque de temps? Manque d'inspiration? Manque de ? Sans motivation? Sans doute un peu tout à la fois, qui explique la rareté de mes billets sur le blog en ce moment. Néanmoins, je voulais partager quelque chose à l'occasion de la Semaine Sainte. Pas du blabla, mais pour rappeler que Pâques approche à grands pas.

    Ceux pour qui ça a un sens se préparent à accueillir le Ressuscité. Au préalable, ils vont accompagner Jésus dans ses derniers moments et faire des pas avec Lui sur le Chemin de la Croix.

    Quelques jours pour se rappeler combien le comportement de l'homme est souvent injuste et contradictoire, passant des acclamations envers quelqu'un pour le condamner peu après sans qu'il n'ait démérité en quoi que ce soit, sinon en étant trop parfait! Sept jours sont bien nécessaires pour se réajuster avant de repartir avec la Vie dans l'âme et la distribuer partout où l'on ira. Bonne Semaine Sainte!

    semaine sainte,lamartine,pâques

     

    Ce texte de Lamartine aide à approfondir la réflexion:

     

    La Semaine Sainte à la Roche-Guyon

    Alphonse de Lamartine (Méditations poétiques)

     

    Ici viennent mourir les derniers bruits du monde 

    Nautoniers sans étoile, abordez ! c'est le port :

    Ici l'âme se plonge en une paix profonde,

    Et cette paix n'est pas la mort.

     

    Ici jamais le ciel n'est orageux ni sombre ;

    Un jour égal et pur y repose les yeux.

    C'est ce vivant soleil, dont le soleil est l'ombre,

    Qui le répand du haut des cieux.

     

    Comme un homme éveillé longtemps avant l'aurore

    Jeunes, nous avons fui dans cet heureux séjour,

    Notre rêve est fini, le vôtre dure encore ;

    Eveillez-vous ! voilà le jour.

     

    Coeurs tendres, approchez ! Ici l'on aime encore ;

    Mais l'amour, épuré, s'allume sur l'autel.

    Tout ce qu'il a d'humain, à ce feu s'évapore ;

    Tout ce qui reste est immortel !

     

    La prière qui veille en ces saintes demeures

    De l'astre matinal nous annonce le cours ;

    Et, conduisant pour nous le char pieux des heures,

    Remplit et mesure nos jours.

     

    L'airain religieux s'éveille avec l'aurore. ;

    Il mêle notre hommage à la voix des zéphyrs,

    Et les airs, ébranlés sous le marteau sonore,

    Prennent l'accent de nos soupirs.

     

    Dans le creux du rocher, sous une voûte obscure,

    S'élève un simple autel : roi du ciel, est-ce toi ?

    Oui, contraint par l'amour, le Dieu de la nature

    Y descend, visible à la foi.

     

    Que ma raison se taise, et que mon coeur adore !

    La croix à mes regards révèle un nouveau jour ;

    Aux pieds d'un Dieu mourant, puis-je douter encore ?

    Non, l'amour m'explique l'amour !

     

    Tous ces fronts prosternés, ce feu qui les embrase,

    Ces parfums, ces soupirs s'exhalant du saint lieu,

    Ces élans enflammés, ces larmes de l'extase,

    Tout me répond que c'est un Dieu.

     

    Favoris du Seigneur, souffrez qu'à votre exemple,

    Ainsi qu'un mendiant aux portes d'un palais,

    J'adore aussi de loin, sur le seuil de son temple,

    Le Dieu qui vous donne la paix.

     

    Ah ! laissez-moi mêler mon hymne à vos louanges !

    Que mon encens souillé monte avec votre encens.

    Jadis les fils de l'homme aux saints concerts des anges

    Ne mêlaient-ils pas leurs accents !

     

    Du nombre des vivants chaque aurore m'efface,

    Je suis rempli de jours, de douleurs, de remords.

    Sous le portique obscur venez marquer ma place,

    Ici, près du séjour des morts !

     

    Souffrez qu'un étranger veille auprès de leur cendre,

    Brûlant sur un cercueil comme ces saints flambeaux;

    La mort m'a tout ravi, la mort doit tout me rendre;

    J'attends le réveil des tombeaux !

     

    Ah ! puissé-je près d'eux, au gré de mon envie,

    A l'ombre de l'autel, et non loin de ce port,

    Seul, achever ainsi les restes de ma vie

    Entre l'espérance et la mort !

     

  • MODE- ET- RATION

    Vivre sans excès est un choix individuel et libérateur, dans la mesure où l'on rêve à la mesure du possible...

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    Bien entendu, ceci n'est vrai que si l'on peut régler ses désirs sans être réduit à des restrictions imposées par la pauvreté ou par l’idéologie inégalitaire.

    Il est frappant de voir à quel point certaines personnes deviennent aigries parce qu’elles n’ont pas atteint les objectifs qu’elles s’étaient fixés: scolaires, professionnels, familiaux, sociaux... Pourtant, ne pas vouloir toujours plus permet d’être heureux en ne ressentant pas de jalousie envers ceux qui possèdent davantage.

    La modération est la cerise sur le gâteau! Elle apaise nos ambitions, nos soifs affectives, notre besoin de valorisation. Elle inspire à accepter l’ordre des choses. Elle n'est pas résignation, mais décision. Sans se replier sur soi, on laisse sans amertume les autres s’agiter et les plus voraces prendre la place qu'ils convoitent. 

    Au fur-et-à mesure que l’on avance dans la vie, le fait de réajuster ses aspirations au regard de la réalité permet de se libérer du rôle que l'on s'était initialement imposé, ou voulu par les autres. On se détache de la pression sociale, on cesse d’être dans la comparaison. On arrête d’être dans l'effervescence, la course, de vouloir remplacer chaque désir satisfait par un nouveau désir. On organise ses priorités et on apprécie le bonheur de petites choses. Ça simplifie la vie et c’est reposant. On rêve petit, par choix, mais on rêve encore! 

    La modération est tout un travail sur soi, qui permet de vivre en "mode- et- ration". Ses "fans" cherchent à "parvenir", mais pas au sens mondain: en se sentant utiles, en goûtant un "vivre tranquille" en se donnant les moyens de jouir d’un bonheur accessible.

    Plus je vieillis, plus je prône la modération. Elle me semble être est la voie qui mène à une vie heureuse...

  • PLAISIR

    La plupart des gens tendent par-dessus tout au plaisir. Nous sommes en effet créés pour le bonheur, et le plaisir y contribue...

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    Tous les plaisirs ne rendent pourtant pas heureux, car si certains sont bons, d'autres deviennent ravageurs pour soi ou pour les autres à qui on fait subir ses caprices. Quels sont les plaisirs que j'accueille dans ma vie, en moi, sont-ils humanisants ou hypertrophiants? Pour être libérateur, le plaisir demande la culture du don de soi pour ne pas rester au stade de l'égoïsme. Le bonheur provient de l'équilibre judicieux entre les plaisirs immédiats et le bien-être durable. Ceci suppose d'évaluer les situations, de se connaître, d'avoir la capacité à se projeter, à anticiper les événements. Je travaille mon jardin pour la satisfaction de la récolte qui suivra et le plaisir d'en faire profiter les autres. Même si mon blog est beaucoup moins alimenté qu'au début de sa création, je continue à y publier des articles pour apporter quelque chose qui intéressera ceux qui le lisent encore...

    Un "moi" suprême est en chacun de nous, en paix. Tout serait simple si la nature humaine était en tandem avec la nature spirituelle. Mais elles sont fréquemment en rivalité, et c'est en nous détournant de l'égo que nous parvenons à la communion au divin. Il ne s'agit pas d'anéantir notre esprit, mais de trouver un moyen, un lieu, où être en paix avec lui. Il est capital de ne pas idolâtrer le plaisir au point de se fourvoyer dans la spirale de faux-plaisirs auxquels nous sommes constamment invités d'adhérer par des publicités, sous prétexte de profiter "à fond" de la vie, alors qu'ils mènent hors d'elle! Le plaisir comme don de Dieu s'éduque. Il est le couronnement d'un désir qui apprend à partager pour se mettre au rythme de l'autre, un désir qui va jusqu'à l'abandon, la "démaîtrise", la vulnérabilité, l'humilité, l'Amour. Le plaisir "juste" nous dit quelque chose de la plénitude que nous sommes appelés à vivre dans l'Éternité et en même temps de la finitude de nos expériences terrestres... 

    Ce temps de Carême devrait servir à rejoindre Dieu. Ce qui Lui plaît, c'est que l'homme vive, qu'il habite cette vie qui lui est donnée, à travers son corps qui est l'expression de sa personne et le lieu du don de soi et à partir duquel on ressent ou on ne ressent pas le plaisir. 

  • AMOUREUX OU AIMANTS?

    Comme chaque année, ce 14 février, dit "la St Valentin", est le jour des amoureux, terme auquel je préfère "aimants"...

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    Il y a une différence fondamentale entre "aimer" et "être amoureux". Si j'en parle aujourd'hui, ce n'est pas pour être rabat-joie, mais parce que j'assiste à trop d'échecs dans les couples! Être amoureux, c'est ressentir, c'est une émotion, subir un état qui ne dure pas. C'est inéluctable! Beaucoup de personnes font fausse route en l'ignorant, et nombreuses sont les unions qui éclatent pour cette confusion. On observe souvent que le sentiment de n'être plus amoureux, puisqu'on ne ressent plus le "grand frisson", s'accompagne d'envie de séparation, voire de rupture. Au risque, mais on s'en rend malheureusement compte trop tard, d'entrer dans un cercle infernal d'éternelle recherche des premiers émois avec un "autre produit", ailleurs, où avec le temps la relation s'étiolera à nouveau, et il faudra recommencer. Lorsque le lien avec autrui doit être jouissance, on entre dans une sorte d'addiction. Dommage pour les impatients, parce que ça les prive de la plus belle part! Pour qui sait attendre vient alors la place d'Aimer, qui révèle combien il est passionnant de s'émanciper ensemble. Même si ce n'est pas de tout repos...

    "Le couple, c'est la grande chance du travail" (Christiane Singer)

    Aimer, c'est vouloir, c'est décider. IL est ridicule de chercher l'impossible, croyant vivre la symbiose avec l'autre. Un amour appelé à durer n'est pas du domaine du sensible. Il intègre bien sûr encore le coeur, mais aussi la raison. C'est réfléchi, volontaire et progressif. L'Amour vrai a besoin de temps. Il doit mûrir. C'est un travail de jardinier responsable, qui ne redoute pas les peines et les difficultés qu'il va rencontrer parce qu'il ne pense qu'à la belle récolte qui suivra... Parmi les quelques personnes que l'on pourrait aimer, on s'engage avec une (eh oui, choisir, c'est obligatoirement renoncer) avec qui on entre dans la gratuité de la rencontre. On ne choisit plus son partenaire pour remplir son propre besoin d'aimer, mais pour ce qu'il est et que l'on veut son bonheur.

    "Tel que tu es, je t'aime. Sans illusion, sans projections". Ce n'est pas un sentiment, mais un acte posé consciemment. Il n'est ni rêvé, ni idéalisé, et il tire vers le haut (l'inverse de "tomber" amoureux). Il paraît que la lune de miel aveugle disparaît après 3 ans. En ouvrant alors les yeux, on s'aperçoit que les besoins des deux ne coïncident pas vraiment. Si on renonce à l'illusion du "grand amour" passionné, la relation vraie avec l'autre peut commencer dans la richesse des différences assumées et acceptées, parce que comprises comme des occasions de se laisser surprendre par le partenaire, qui reste intéressant et attirant. 

    Dimanche dernier, un ami chez qui nous étions nous a rapporté la réponse d'un papa à ses enfants qui l'interrogeaient au sujet de son couple: "C'est seulement quand j'ai cessé d'être amoureux que j'ai pu commencer à aimer". 

    "Apprends à me connaître, découvre qui je suis, comme moi je vais apprendre à te connaître", dit la Rose au Petit Prince.

    Bonne fête à tous les "Aimants"!Sourire

     

  • UN ART DE VIVRE...

     

    « Tous les hommes font la même erreur, de s’imaginer que le bonheur veut dire que tous les voeux se réalisent » (Léon Tolstoï)

     

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     Nourrir un trop grand espoir de voir les voeux se réaliser peut entraîner manque et frustration de ce que nous ne possédons pas et de ce que nous ne sommes pas. Pourtant, le bonheur n’est pas qu’une illusion. C’est un idéal qui sert d'émulation, un objectif qui nous invite à prendre en main notre propre existence.

    Le bonheur s'obtient lorsque l'on parvient à discipliner sa pensée et qu'on ne le cherche plus là où il n'est pas. Il est dans des plaisirs ponctuels que l'on peut vivre. 

    Le bonheur est un véritable art de vivre, une manière d'aborder l'a vie sans se laisser affecter outre mesure par les désagréments. C'est un équilibre à trouver, qui dépend de nous...

  • POUR ÊTRE HEUREUX

    Alors que je me proposais de préparer un billet pour nourrir le ventre affamé de Vivance...

    ... j'y ai renoncé après avoir lu cet article, paru sur le site de Notre Dame  du Web, et que je reprends intégralement ici...

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    Pierre Teilhard de Chardin fut un jésuite français (1881-1955). Paléontologue et géologue reconnu, il fut aussi théologien et philosophe.

    Le texte suivant nous présente sa vision du bonheur.

     

    (Vous pouvez lire la biographie de Teilhard sur cette page).

     L'auteur s'exprime bien mieux que moi  au sujet du bonheur, qui est un sujet sur lequel j'ai  beaucoup médité ces deux derniers mois, et que j'allais aborder (NDLR)...

    1. Pour être heureux, premièrement, il faut réagir contre la tendance au moindre effort qui nous porte, ou bien à rester sur place, ou bien à chercher de préférence dans l’agitation extérieure le renouvellement de nos vies.Dans les riches et tangibles réalités matérielles qui nous entourent il faut sans doute que nous poussions des racines profondes. Mais c’est dans le travail de notre perfection intérieure, – intellectuelle, artistique, morale –, que pour finir le bonheur nous attend. La chose la plus importante dans la vie, disait Nansen1, c’est se trouver soi-même. L’esprit laborieusement construit à travers et au-delà de la matière – Centration.

    2. Pour être heureux, deuxièmement, il faut réagir contre l’égoïsme qui nous pousse, ou bien à nous fermer en nous-mêmes, ou bien à réduire les autres sous notre domination. Il y a une façon d’aimer, – mauvaise, stérile –, par laquelle nous cherchons à posséder, au lieu de nous donner. Et c’est ici que reparaît, dans le cas du couple ou du groupe, la loi du plus grand effort qui déjà réglait la course intérieure de notre développement. Le seul amour vraiment béatifiant est celui qui s’exprime par un progrès spirituel réalisé en commun. –Décentration.

    3. Et pour être heureux, – tout à fait heureux, troisièmement – il nous faut, d’une manière ou de l’autre,indirectement ou à la faveur d’intermédiaires graduellement élargis (une recherche, une entreprise, une cause…) transporter l’intérêt final de nos existences dans la marche et le succès du Monde autour de nous.Comme les Curie, comme Termier2, comme Nansen, comme les premiers aviateurs, comme tous les pionniers dont je vous parlais plus haut, il faut, pour atteindre la zone des grandes joies stables, que nous transférions le pôle de notre existence dans le plus grand que nous. Ce qui ne suppose pas, rassurez-vous, que nous devions pour être heureux faire des actions remarquables, extraordinaires, mais seulement, ce qui est à la portée de tous, que, devenus conscients de notre solidarité vivante avec une grande Chose, nous fassions grandement la moindre des choses. Ajouter un seul point, si petit soit-il, à la magnifique broderie de la Vie ; discerner l’Immense qui se fait et qui nous attire au cœur et au terme de nos activités infimes ; le discerner et y adhérer : – tel est, au bout du compte, le grand secret du bonheur… – Surcentration.

    Teilhard de Chardin (1881-1955)
    texte extrait de 
    Sur le bonheur.

    1 Fridjdoft Nansen (1861 – 1930) fut un grand explorateur, un éminent scientifique et un grand diplomate norvégien ; il reçut le prix Nobel de la paix en 1922.

    2 Pierre Termier, (1859-1930) est un géologue français. Spécialiste de la tectonique et de la synthèse structurale des Alpes, il a étudié les mouvements tangentiels de la chaîne.

  • SAINTE (s) FAMILLE(s)

    Le thème de notre dernière rencontre "Familles nouvelles" a été inspiré d'une homélie dont le lien est ci-dessous...

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    Je vous invite vivement à la lire parce qu'elle contient un message d'espérance pour chaque famille, aussi atypique soit-elle... 

    Sainte Famille 2014.docx.pdf

     

     

  • UN "RIEN"QUI CHANGE TOUT

    Hier, je me suis rendue à l'Acinapolis avec B., mon petit-fils de 3ans 1/2, qui assistait pour la première fois à une séance de cinéma...
    Son enthousiasme pour découvrir cet univers ne m'a pas étonnée, étant donné qu'il raffole des dessins animés. Le choix de ses parents s'est arrêté sur "Les pingouins de Madagascar", et nous sommes partis pour la séance de 17H. Tout était bien réglé, sauf que...
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    Je n'avais pas prévu que notre petit bonhomme serait fortement impressionné par la méduse! L'ayant pris sur mes genoux pour le rassurer, j'ai tenté au mieux de dédramatiser, mais malgré mes efforts, la peur dominait. Pour éviter la crise de panique, j'ai choisi de quitter la salle. 
    Toutefois, je craignais que l'enfant imprime ce souvenir désagréable dans sa mémoire et associe définitivement le cinéma avec une expérience négative. Je me suis rendue auprès d'un monsieur qui tenait la permanence au guichet et lui ai exposé le problème, demandant s'il était possible de rejoindre un autre film, même entamé, qui corrigerait un mauvais ressenti.
    Il n'y a pas eu besoin d'insister! Avec beaucoup de délicatesse, cette personne a demandé à B. de quoi il avait eu peur, puis a cherché où nous diriger, et nous a conduits vers Paddington, au moment de l'entracte. Passant par les "bonbons", il en a proposé quelques au petit, qui ne s'est évidemment pas fait prier pour accepter... 
    100561.jpgNous avons suivi la deuxième partie du film sans difficulté, et c'est avec un petit garçon réjoui que j'allais rentrer à la maison! Toutefois, avant de regagner ma voiture, j'aurais aimé remercier une fois encore notre "sauveur", et lui annoncer que sa démarche était fructueuse, mais je ne l'ai plus revu à notre sortie. Je ne connais pas l'identité de ce monsieur, mais j'ai contacté par courrier une"big-boss" que je connais, qui pourra peut-être le repérer d'après le jour et l'heure et lui transmettre le message.
    Mais aussi, je félicitais l'équipe de direction d'encore permettre qu'un esprit humain ait sa place dans leur établissement. Un plus qui ne coûte rien, mais qui change la qualité des relations et est porteur de la meilleure publicité que l'on puisse leur faire. 
    Quant à moi, ce sera encore plus volontiers que j'irai à l'Acinapolis...