"À la sainte Catherine, tout bois reprend racine..."
Le proverbe est bien connu et le public y est fidèle en se rendant en masse dans les pépinières.
A la Sainte Catherine, ce n'est pas seulement la fête des filles célibataires mais aussi l'occasion d'entreprendre la saison des plantations dans les jardins et les parcs.
Bonne fête aux Catherine, mais aussi bon travail aux mains vertes!
Crocki
ÉLOGE DE LA PARESSE (extrait)
"La paresse n'a pas toujours bonne réputation. Longtemps péché capital pour les uns, crime contre la société du travail pour les autres, elle demeure encore aujourd'hui une notion suspecte. On la réduit souvent à un état de molle indifférence, voué à la veulerie ou à l'accablement. On se trompe. La paresse peut être joyeuse , contemplative, contestataire. Elle bouscule la logique économique et le temps réglé des loisirs. Par l'inaction et le vide, elle favorise la reconquête de soi. Elle est à la fois un acte de résistance et la voie de la sagesse. D'Épicure à Gaston Lagaffe, petits tableaux de la vie paresseuse...
(Magazine littéraire N° 433, juillet-août 2004)
UN PEU D'HISTOIRE...
Le 15 novembre, on l'oublie souvent, c'est en fait la fête patronymique de Léopold (dans le calendrier liturgique germanique) et d'Albert (dans le calendrier latin). Le roi Baudouin a décidé, en 1951, de ne pas changer cette date. Le roi Albert II en a fait de même.
SAINT NICOLAS À NANCY ...
Les festivités liées à St Nicolas sont grandioses, à Nancy et à St Nicolas de Port. Belle occasion pour passer du temps de manière intéressante, lors du WE des 03 et 04 décembre dans la cité des Ducs et ses environs. Je vous en fais l'éloge en connaissance de cause.
Crocki
DANS LES DICTIONNAIRES COURANTS, LA « VIVENCIA » (MOT ESPAGNOL) EST LA VIE EN TRAIN DE SE VIVRE. LA VIVANCE REPRÉSENTE PLUS QUE LA SIMPLE EXPÉRIENCE D’UN PHÉNOMÈNE ET S’EN DISTINGUE PAR CE QU’ELLE MODIFIE NOS EXPÉRIENCES EN CONTRIBUANT À FAIRE ÉVOLUER NOTRE PERSONNALITÉ. AUTREMENT DIT, CHAQUE MOMENT VÉCU , QU’ON EN SOIT OU NON CONSCIENT, INTERVIENT DANS NOTRE CHEMINEMENT. RIEN N’EST INUTILE. TOUT A UN SENS !
Dans une relation, il se peut que ma parole soit un obstacle...
Lâchée dans ma trop grande spontanéité, il arrive qu’elle me trahisse. Imprécise, infidèle, mal dite, mal entendue, elle ne reflète pas toujours ce que je voudrais partager de ma pensée et encore moins de ma vie intérieure.
Adolescente, j’ai déjà expérimenté que si parler est propre à tous, il en allait autrement pour "me dire", qui n'allait pas de soi. Me sentant incapable de parler facilement de mon essentiel à quelqu’un, j'ai très vite ressenti le besoin de l’exprimer par écrit. Je ne peux spontanément livrer cette face de moi que devant une personne ouverte dans la même dimension que la mienne, qui peut donc m’accueillir dans ma vérité et se livrer dans la sienne, sans que l’une cherche à dominer l’autre. En me confiant sur papier, je ne me risque pas beaucoup! Un jour, j'ai pourtant osé faire un pas...
Ce blog, à la vocation imprévisible lorsque je m’y suis aventurée un certain dimanche 06 novembre 2005, a été conçu dans l'esprit de partage que je viens de décrire. Il contient beaucoup de singularité, mais aussi de consentement et de lâcher prise de ma part, qui ont provoqué des “coincidences” heureuses, sans toutefois être exemptes d’ombres. Certaines rencontres virtuelles sont devenues des amitiés fidèles et sincères, vécues dans le réel.
Le compteur marque le passage de plus de 400.000 visites, dont environ 100.000 au cours des six derniers mois. Pourtant, comme dans toute chose, ce qui a un début a une fin, et je pense être parvenue au bout de ce que j’avais à donner ici. Pendant quatre ans, j’ai tenté de faire passer au jour le jour ce qui surgissait du plus profond de moi. Tout un travail réellement accaparant lorsque j’abordais des sujets plus délicats. Une fois ceux-ci écrits “en vrac” et enregistrés comme brouillons, venait un temps de lecture, de relecture, de polissage, de réécriture, pour préciser, nuancer, exposer “ma vérité” sans tricherie, ni manoeuvre de séduction, en évitant de provoquer la polémique, de heurter et encore moins blesser quiconque. Il m'est souvent arrivé de prier en rédigeant, demandant l'inspiration au Seigneur, à qui mon désir était de laisser la place d'honneur.
J’ai encore beaucoup de chemin à parcourir, et ne prétends rien détenir, tant il est vrai que plus je vais et plus je comprends que l'on ne sait pas grand-chose. Je quitte la blogosphère en étant plus que jamais persuadée qu’il faut se délester du prêt-à-porter de la pensée pour rejoindre une identité originelle pareille en chacun, qui fait que, au-delà de nos différences, il y a surtout un lieu de la ressemblance où l'on peut s'entendre et s'aimer.
Je clôture Vivance, mais la porte reste cependant ouverte. Au cas où vous auriez l'envie d'entrer, installez-vous et sentez-vous-y comme chez vous. Peut-être reviendrai-je un jour au clavier, poussée par l'inspiration du temps qui se sera écoulé, pour recommencer une nouvelle aventure, ici ou sous une autre forme. Qui vivra verra!
Il me reste à remercier du fond de l’âme chacun d’entre vous de m’avoir appris à mieux marcher sur un chemin d’empathie, de compassion, et d’humanité évangélique. Je reste en unité avec vous, et souhaite bonne continuation à chacun dans sa vie personnelle…
Quelle que soit notre place dans le monde, chacun est nécessaire là où il est, n'ayant rien d'autre à offrir que lui-même dans sa force et sa vulnérabilité...
Il y a pourtant des comportements que je ne pourrai jamais cautionner, essentiellement tous ceux qui bafouent la dignité de l'humanité ou le respect du monde vivant. Par contre, il en est que je suis arrivée à admettre aujourd'hui par rapport à hier, tout en ne les comprenant pas toujours beaucoup mieux.
Toutefois, suis-je assez prudente avant de modifier ma perception? Cela ne veut bien sûr pas dire que je doive me faire peur et décider de ne pas décider. Pour éclairer et nuancer mon appréciation avec un continuel regard de confiance sur autrui, j'ai besoin de prier et de confier. Ma vision sur les autres change sans forcément intervenir dans mon propre code moral, mais renforce assurément mon besoin d'approfondir ma foi.
Ma "justesse" consiste à apporter une contribution pour rendre le monde meilleur, en réponse à l'appel incessant de Jésus qui me demande dans le coeur de chaque autre: "M'aimes-tu?". Il me semble que ma démarche est juste lorsqu'elle répond à:
- Est-ce que j'agis pour le bien commun des autres, ou est-ce que je les pousse dans un certain sens pour qu'ils me ressemblent, me rassurent, ou parce que c'est plus attractif aux yeux du monde?
- Est-ce que je vois l'autre comme un enfant de Dieu?
- Ma volonté est-elle de l'encourager à grandir?
Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude. (Gal 5,1).
À bien y penser en relisant ce verset, il est clair que l'observance stricte de chacun des préceptes contenus dans la bible serait un joug pour moi, et aussi aride qu'un "laisser -aller " excessif. Car, à force de mettre mon plein d'énergie à analyser mes actions (ou celles des autres!) je finirais pas ne plus voir le Christ. Je ne dis pas qu'il faille banaliser le mal, loin de là! Mais je me base sur le fait que les exigences "d'accessibilité" au salut se résument en deux commandements: Aimer Dieu, et aimer mon prochain comme moi-même. C'est dans cette dimension que l'on doit s'encourager mutuellement, se faisant serviteurs les uns des autres.
Partant du principe que les chemins de Dieu ne sont pas nos chemins, je lui confie ce qui me dépasse, et lui fais confiance. Peu importe combien nous sommes faibles, insignifiants, ou peu doués : Il peut faire des miracles à partir de chacun!
Prenez mon joug et apprenez de moi, car je suis doux et humble de cœur et vous trouverez du repos pour vos âmes" (Mat. 11:28-29).
Le christianisme n'a rien à voir avec une comptabilité de mérites. Seule compte la participation à la vie même de Dieu, qui est Amour...
Aujourd'hui, ce sera Pascal qui vous accompagnera en pensées sur ce blog...
- Il est bien plus important de savoir quelque chose de tout que de savoir tout d’une chose; cette universalité est la plus belle.
- C’est le Coeur qui sent Dieu, et non la raison. Voilà ce que c’est que la foi: Dieu sensible au Coeur et non à la raison.
- Si les portes de la perception étaient nettoyées, toute chose apparaîtrait à l’homme telle qu’elle est, infinie.
- Que nous importe aujourd’hui ce que nous fûmes autrefois? Que nous importe ce que le temps fera de notre substance? Tournons nos regards vers l’immensité…
Nous sommes mis au monde pour « devenir enfants de Dieu » (Jn 3: 1-3), pour naître lentement à la vie que Dieu ne cesse de nous donner en Jésus...
Nous ne sommes pas sur terre pour éloigner le plus possible la mort et retarder l'échéance fatale en nous crispant sur ce que nous sommes, sur ce que nous possédons. Nous sommes aussi des ambassadeurs,invités à placer notre existence dans le sillage de celle du Christ qui se donne à nous.
Il y a en tous une capacité à se donner pour que l'autre advienne. Beaucoup nous ont précédés sur la route de la sainteté, et nous savons que nous sommes solidaires avec eux, car nous participons au même Corps, à la même famille. C’est ce que nous fêtons aujourd’hui. Nous sommes encouragés et soutenus par ceux qui ont fidèlement aimé le Christ sur terre. Ces témoins réconcilient Dieu avec les hommes et les hommes avec Dieu.
Quand nous mourons à ce que nous avons pensé ou voulu être, nous comprenons ce pour quoi nous sommes ici-bas. Nous expérimentons déjà la victoire de la vie sur la mort, qui est le fruit du travail de l'espérance en nous...
Jeudi dernier, j'ai assisté à un véritable chef-d'oeuvre, en allant voir "Incendies"...
Cette pièce de 2h45, écrite et mise en scène par Wajdi Mouawad, raconte une histoire bouleversante qui amène le public à réfléchir autour de la question de l'origine, et à méditer longuement sur les beautés et les atrocités du genre humain.
Un notaire lit à deux jeunes gens, Jeanne et Simon, frère et soeur jumeaux, le testament de leur mère Nawal. Elle leur a laissé deux lettres. L'une pour un père qu'ils croyaient mort, l'autre pour un frère dont ils ne savent rien. À partir de ce noeud dramatique, on pénètre dans des terres déchirées par la guerre. Traversé par de nombreux incendies ravageurs, le récit est remarquable dans son acuité d'analyse des coeurs et des âmes.
On entend le cri muet d'une femme, Nawal, celui d’une amoureuse, d’une mère, d’une fille. Il est aussi l'expression du chaos et du sang, celui d’un pays où l'on se tue. Jusqu’où l’horreur peut-elle aller? Jusqu’à quel point les mots peuvent-ils l’exprimer? Jusqu'à vouloir se taire...
Horrifié par ce qu'il voit, entend, ou n'entend pas, le spectateur ne comprend pas comment l’humain peut obéir à des ordres inhumains. «Comment vivre après avoir répandu la terreur?», se questionne-t-on. La réponse est clairement donnée dans la pièce: en essayant de sortir de l'engrenage de la haine, afin de conserver sa dignité! «Il faut couper le fil», «La vengeance ne mène à rien».
« Le tragique de l’existence, dit-il, rappelle qu’il faut célébrer les occasions de jubiler et de faire jubiler. Offrir la joie là où s’imposent d’aventure la pitié et la tristesse. S’appuyer sur les mille petites joies de notre condition. Le métier d’homme, sujet grave, austère parfois, réclame donc un engagement constant, une légèreté qui veut jeter un regard neuf sur le monde. La plus perdue de toutes les journées est celle où l’on n’a pas ri. Le rire devient ici, avec la joie, l’arme que l’on oppose au découragement. A la différence de la moquerie, le rire rassemble, réunit, rend plus fort. Ultime audace, le rire brise la routine et met à distance l’épreuve. Rire et combattre sauvaient nos vies. Et si les deux allaient de pair, s’ils ne pouvaient se passer l’un de l’autre ? »
L'IMPATIENCE DE DIEU
Le désert met l’âme nue devant Dieu et manifeste la fragilité de ce qui est humain et la grandeur de Celui qui a fait le ciel et la terre. Il n’est plus question de parures et de têtes. L’homme s’y montre tel qu’il est, et les conventions tombent d’elles-mêmes. Les conformismes y sont impensables. Nul ne peut y jouer un personnage comme dans les grandes villes. Le vrai visage de l’homme apparaît durci par la lumière brutale, tanné par le vent. Il n’y a plus qu’à marcher d’étape en étape, sans regarder en arrière… et en direction de la Terre promise. C’est par amour pour l’homme que Dieu le conduit dans le désert – lieu de l’épreuve – afin de le " décaper " de ses encombrements et de ses mesquineries.
(L. de St Joseph)